• Les adeptes de la première heure

        On évoquera ici quelques éléments de vie connus d'antoinistes convaincus de la première heure, mais aussi d'autres personnalités ou personnes inconnues qui évoquent leur relation avec l'antoinisme.

  • Photo de Louise Buchet (à dr.) et Soeur Marie (Archives du Temple de Retinne)

    Photo de Louise Buchet (à dr.) et Soeur Marie (Archives du Temple de Retinne)

    Photo de Sœur Louise Buchet (à dr.) et Sœur Marie (Archives du Temple de Retinne)


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  • Martin-Joseph Gaye, signature (acte de naissance de sa fille)Dor Catherine, signature (acte de mariage de sa fille)

          

        Martin Joseph GAYE (né à Grandhan, le 3 mai 1834 - meurt à Jemeppe-sur-Meuse, le 27 avril 1905), domicilié à Tilleur, est journalier en 1822, puis marteleur à la Société Cockerill en 1858. Il se marie le 7 janvier 1857 à Jemeppe-sur-Meuse avec Marie Catherine Josephine Dor (née à Jemeppe le 23 octobre 1833), verdurière en 1857, ménagère en 1858, sans profession en 1882. C'est une tante du Père Dor (cf. arbre généalogie).
        Il habite rue Surlet, impasse des jardins, à Liége en 1882 lorsque sa fille Marie Virginie GAYE née (Tilleur, 15 août 1858 - Liége, 9 juin 1884), Elle est journalière en 1882 (elle se marie à Liége le 10 juin 1882 à Henri Joseph MALLET (???? - Liége, 9 juin 1884)).

         C'est en 1884-1886, que Louis Antoine fut invité par son ami Gustave Gony à des réunions spirites se tenant chez M. Gaye à Tilleur. Robert Vivier (qui l'appelle Ghaye) indique qu'il tenait alors un "petit café honorablement estimé".  
        En 1891, on apprend qu'une Mlle Guillemine Gaye a prononcé un discours de condoléance lors des funérailles spirites de Mme Marie-Charlotte Piron (un des premiers de ce genre ). M. Gustave Gony a rendu hommage aux convictions et qualités de la défunte. Dans Le Messager, on apprend également qu'un Jules Gaye était engagé comme secrétaire pour la Société spiritualiste de Seraing. On ne connait pas les liens de parenté entre ces homonymes.

        Il meurt le 27 avril 1905 et c'est aux Vignerons du Seigneur (nommé Société spirite Antoine dans la nécrologie du Messager) que revient la tâche de procéder à son enterrement spirite. Sa tombe, rare spécimen d'une pierre tombale spirite, est toujours visible au vieux cimetière de Jemeppe (rue Aripette).

    Martin-Joseph Gaye et Marie Catherine Josephine Dor


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  • M. Pierre, antoiniste et thaumaturge, p.1 (La Presse, 26 février 1950)M. Pierre, antoiniste et thaumaturge (La Presse, 26 février 1950)

    L'étonnant M. Pierre pulvérise la maladie en joignant les mains

    Nous en sommes navrés pour nos amis de l'Ordre des Médecins, mais sans doute allons-nous devoir, à cause d'eux, ouvrir dans nos colonnes une rubrique permanente pour la défense des guérisseurs dignes de ce nom.
        Ceux-ci, en effet, continuent d'être l'objet, de la part des organismes médicaux officiels, de poursuites judiciaires que justifie sans doute la défense des intérêts matériels de la corporation médicale, mais que la logique, le bon sens ni l'intérêt des malades ne sauraient accepter.
        Ces procès n'ont, au surplus, qu'un résultat certain : attirer l'attention sur le guérisseur et drainer vers lui la foule des malades que la Faculté abandonne et que le guérisseur qui n'a que deux bras est à son tour dans l'impossibilité de soigner.
        Nous n'aurions, par exemple, probablement jamais entendu parler de « Monsieur Pierre » si, par la grâce des syndicats médicaux de la Seine, son nom ne figurait, cette semaine, au rôle des chambres correctionnelles. (Lire la suite page 5.)

    (Suite de la première page.)

        « Monsieur Pierre » est un thaumaturge de la lignée des Papus (Dr Encausse), du mage Philippe ou du fameux Charles Parlange. On peut s'interroger sur son étrange pouvoir, on ne peut nier qu'il guérisse. On a le droit de manifester quelque incrédulité devant ce qui est extraordinaire, inexplicable ; on n'a pas le droit d'appuyer cette incrédulité sur un article du Code et revenir au curieux temps de l'Inquisition.
        Jusqu'à ces dernières semaines, « Monsieur Pierre » ne demandait rien à personne ; il se contentait de recevoir dans sa bicoque de l'avenue Aristide-Briand et de soulager, voire de guérir à Montreuil, ceux qui souffrent des misères physiques devant lesquelles d'autres s'étaient avoués impuissants. Tout cela gratuitement.
        Devant les juges du tribunal correctionnel il ne pourra rien expliquer lui-même, si ce n'est donner la parole aux miraculés. Et ce sera, une fois de plus, devant un tribunal désarmé, le défilé classique des malades guéris venant crier leur reconnaissance et leur foi.
        Qu'est-ce que la médecine et l'ordre des médecins auront gagné à l'affaire ?

    Découverte d'une vocation

        Grand blessé de la guerre 1939-1940, Pierre Bouis eut la première et inconsciente révélation de ses dons lorsque les médecins voulurent lui couper le pied menacé par la gangrène. Bien qu'il ne fût pas particulièrement croyant, il fit, à ce moment, une fervente prière afin que Dieu lui épargnât ce supplice. Au moment où on l'étendait sur la table d'opération et où le chirurgien s'apprêtait à l'opérer, sa plaie s'ouvrit et se vida de tout le pus qui l'infectait. Pierre Bouis conserva son pied. Il mit cela sur le compte de la foi et n'y pensa plus. Jusqu'au jour de 1942 où la vieille femme chez qui il logeait alors, rue Joseph-Dijon, à Paris, lui dit à l'oreille à brûle-pourpoint : « Quel dommage, monsieur Pierre, de laisser inemployés d'aussi magnifiques dons. Vous devez guérir ».
        Incrédule, Pierre Bouis se laissa pourtant entraîner au culte Antoiniste où sa logeuse fréquentait assidûment, et en éprouva un tel bien-être physique qu'il en fut troublé. « Vous pouvez guérir » lui répéta la vieille femme.
        Il travaillait, à l'époque, aux Beaux-Arts. Le lendemain même de cette « révélation », une de ses collègues de bureau l'entretenait de l'état désespéré de son père. M. Werner, ancien directeur des Beaux-Arts, alors âgé de 72 ans, et qui se mourait d'une tumeur à l'estomac. Inconsciemment, Pierre Bouis lui demanda si elle n'avait pas une photo du malade, la prit entre ses mains et se mit en prière. Huit jours plus tard, M. Werner était sur pied et la radio ne révélait plus aucune trace de sa tumeur. M. Pierre ne devait plus cesser de guérir.

    Des guérisons miraculeuses

        Un numéro de La Presse ne suffirait pas pour citer toutes les lettres qui s'étalent sur la table de la petite cuisine de Montreuil. Il suffit de savoir qu'il y eut parfois jusqu'à deux cents personnes à la porte du guérisseur pour comprendre le succès de ses cures et... l'inquiétude des médecins. Car, encore une fois, Pierre Bouis ne demande rien à personne.
        Dans la seule rue de Romainville, à Montreuil, il a soigné soixante personnes. Cinquante-huit sont guéries – et l'écrivent – les deux autres n'ayant reçu qu'un soulagement passager. Voici un bébé que ne marchait pas, et qui est ressorti sur ses jambes de la petite maison de M. Pierre.
        Voici un jeune homme qui est venu frapper ici avec, dans ses bras, sa fiancée totalement paralysée par la poliomyélite : ils sont aujourd'hui mariés et heureux. Voici un malade qui avoue avoir consulté cinquante médecins et vingt et un guérisseurs avant de venir ici : guéri. Une femme de 71 ans qui ne pouvait plus marcher depuis plus de douze ans : guérie. Un gardien de la paix, tuberculeux : guéri. Un cafetier d'Enghien-les- Bains, laryngite tuberculeuse : guéri. Une vieille femme aveuglée par la cataracte : guérie. Un mutilé de 1914-1918, hypérité, qui a souffert le martyre pendant trente ans : guéri. Un tétanos abandonné par tous les médecins de Châteaudun : guéri. Et des sciatiques, des rhumatismes, des eczémas, des poumons mal en point, des cœurs qui flanchaient : guéris, guéris, guéris. Tous les malades, d'ailleurs, n'ont pas la force de venir jusqu'à la petite maison de Montreuil, M. Pierre prie pour eux et guérit à distance. Voici un jeune homme atteint de méningite, état désespéré. M. Pierre invoque la petite sœur Thérèse, il est pris d'un grand tremblement. A des kilomètres de là, l'enfant, à qui l'on n'a rien fait, la Faculté s'étant avouée impuissante, est guéri.
        Un de nos confrères, écrivain de talent à qui l'on a coupé la jambe au-dessus du genou et que la gangrène menace néanmoins, est condamné. Une de ses amies accourt chez M. Pierre qui se met aussitôt en prière. Il est sauvé, à la stupéfaction des chirurgiens, toute trace d'infection a brusquement disparu.
        Cette vieille femme de 71 ans, enfin, qui sera demain à la barre du tribunal, et qui, au Canada, atteinte de pneumonie double, était dans le coma. A la demande de sa belle-fille, M. Pierre se met ici en prière. Il est 17 heures. On saura plus tard qu'à 17 h. 03 (heure française), la vieille dame s'est soulevée sur son lit et a dit : « J'en ai assez de tous vos médicaments, je suis guérie ». Elle est aujourd'hui en France pour apporter son témoignage.
        Tels sont les faits que Pierre Bouis a, selon l'usage, été amené à confesser au juge Goletty, puis au Dr Desrobert de l'Institut médico-légal et enfin au Dr Gouriou, de Villejuif.
        Au siècle de l'atome, du radar et de la télévision, ils peuvent justifier quelque incrédulité. Nous ne nous faisons pas faute nous-mêmes d'en manifester à l'occasion. Nous demandons seulement, et très respectueusement, aux experts s'il est bien de la compétence d'un tribunal correctionnel d'en débattre ?

    La Presse, 26 février 1950


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  • Octave Houart, spirite à Seraing

        0ctave Constant Houart (ca. 1845-1927) a été président de l'Union Spirite de Seraing. Il prononcera à ce titre le discours funéraire pour le fils du Père et de la Mère.
        Il faisait également partie des Vignerons du Seigneur d'après Robert Vivier. Mais à notre connaissance, il ne suivra pas le Père dans la fondation du culte antoiniste.
        Marié à Adèle Daloze (née vers 1848), une nécrologie paraît dans Le Messager du 15 avril 1876 pour leur fille, Octavie-Adèle Houart, décédée en bas âge (18 mois, née à Seraing le 29 septembre 1874), au domicile, rue des Houilleurs (à sa naissance, ils habitent rue Saint-Eloi). L'article indique simplement que les spirites de Seraing procèderont à l'enterrement (L'Union spirite de Seraing sera constituée en association deux ans plus tard). C'est Auguste Dor qui se chargea du discours lors des funérailles. On ne connaît pas son degré de parenté avec le Père Dor.
        0ctave C. Houart meurt vers le 31 mars 1927. On le dit ancien chef de bureau des Charbonnages Cockerill, à Seraing. Il est enterré au cimetière des Biens Communaux, à Lize-Seraing. Adèle Houart, née Daloze, meurt le 27 décembre 1906, à 69 ans.
     
        Ils ont un fils, Octave Adelin Houart (1872-1929), qui sera industriel.
        D'après un article de 1903, où il est mentionné comme président du Cercle d'arboriculture et de culture maraîchère de Seraing, on sait qu'il habite rue de la Baume, 146, à Lize. Il faisait également partie de l'Œuvre du vestiaire (sorte de bourse aux vêtements).
        Il possédait la Manufacture de caoutchouc Octave Houart (fondée en 1889), à Sclessin, Quai François Timmermans (quai de l'industrie avant 1886), et dont François Tinlot (architectes de plusieurs temples antoinistes) fit les plans en 1925.
        Ils ont encore un autre fils, Marcel qui reprendra la direction de l'entreprise industrielle familiale, qui est alors devenue les Etablissements Octave Houart, spécialisée dans les isolants électriques. L'entreprise existe toujours sous le nom Doedijns Fluid Industry (pneumatique et instrumentation). Marcel se marie religieusement avec Denyse Gérard, d'une famille de meuniers, brasseurs et bourgmestres de père en fils à Ocquier. Il reçoit en 1946 de la Croix Rouge la médaille de première classe avec barrette or pour sa "belle conduite pendant la guerre 1940-45". On évoque également un Jacques Houart dans un article de 1947 sur la reconstruction des locaux détruits par la guerre. Ce dernier, administrateur-directeur, meurt accidentellement le 9 août 1966 à 44 ans seulement.
        Né en 1872, Octave Adelin Houart meurt à 56 ans le 26 mars 1929. On le dit alors industriel et ancien conseiller communal.  
        Le caveau de famille dès lors est situé au cimetière d'Ocquier (commune de Clavier, entre Huy et Durbuy), mais Le Messager décrit également la sépulture de la famille O.C. Houart, au cimetière de Seraing.


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  • Arthur Haulot

    Arthur Haulot,  O.M.W. (Ordre du Mérite Wallon, 2012, à titre posthume), né le 15 novembre 1913 à Angleur, et mort le 24 mai 2005, est un résistant, poète et conteur belge.

        Né le 15 novembre 1913 à Angleur en Belgique, Arthur Haulot grandit dans un foyer peu riche mais heureux. Il est marqué très jeune par son père ébéniste, militant socialiste. Dans À la recherche de sens : 200 noms de dieux, de Jean Olivier (EdiPro, 2019, de l'émission télévisée "noms de dieux", d’Edmond Blattchen et Jacques Dochamps), on apprend que sa mère est croyante, antoiniste.
        À l'âge de 16 ans, Arthur quitte l'école pour travailler à la Fabrique nationale de Herstal puis dans une banque coopérative où le travail de comptable ne le passionne guère. Grâce à Isi Delvigne (orateur socialiste) qui remarque ses qualités littéraires dans le Journal des Petits Faucons rouges, Arthur Haulot est engagé en 1931 au journal La Wallonie où il entame sa carrière de journaliste. Quatre ans plus tard, il devient journaliste reporter à l'Institut national de radiodiffusion jusqu'en 1937, date à laquelle il devient attaché de cabinet du ministère des communications.
        En 1938 il est nommé inspecteur à l'Office National des Vacances ouvrières puis il fonde le commissariat général au tourisme avec son ami Henri Janne.

    La guerre éclate
        En mai 1940, lors de l'invasion allemande, Haulot est contraint d'entrer dans la clandestinité car il est membre du parti socialiste belge. Lors d'une opération clandestine qui se déroule à la fin de l'année 1941, il est arrêté par la Gestapo puis emprisonné à Bruxelles à la prison de Saint-Gilles. Malheureusement, à cause d'un attentat commis au restaurant ‘‘Le Cygne’’, réservé aux officiers allemands, Arthur Haulot se retrouve « incorporé » dans un groupe de 40 otages victimes de l'opération "Nuit et brouillard".

    Arthur Haulot, résistant, poète et conteur belge

     

    Arthur Haulot, Dachau (Wikimedia_Commons)

     

    Il est déporté au camp de Mauthausen où, âgé de 29 ans, il tient bon malgré les privations, les mauvais traitements et le travail exténuant. En novembre 1942, il est transféré au camp de Dachau où il participera au Comité international clandestin comme représentant des prisonniers belges. Il sera l'adjoint de Pat O'Leary (Albert Guérisse), Président du Comité, lorsque ce dernier assurera le commandement du camp lors de la libération de celui-ci par la division Rainbow de l'armée américaine.
        Considérant que « jamais nous ne tombons ni ne nous élevons si haut que dans des circonstances exceptionnelles » Arthur Haulot dit de sa tragique aventure : « Si je sors d'ici vivant, je ne regretterai jamais d'y être passé ».

    L'après-guerre
        À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il témoigne en 1945 de l'horreur des camps de concentration dans un livre intitulé Dachau. Afin de commenter personnellement le procès de Nuremberg, il exerce à nouveau durant quelques mois son ancien métier de journaliste au journal Le Peuple. [...]
        Afin de récompenser de telles actions, le roi Baudouin le fait baron alors qu'il vient d'obtenir le titre de docteur honoris causa donné par l'université Paris-8 à une personnalité étrangère, dont l'engagement et les œuvres s'inscrivent dans l'esprit de l'université. [...]
        Arthur Haulot était franc-maçon, membre actif de la Loge Action et Solidarité n°1 du Grand Orient de Belgique.
        Arthur Haulot est mort le 24 mai 2005 laissant la Belgique orpheline d'un « résistant, poète, conteur, nouvelliste, essayiste » soucieux des relations humaines entre tous les peuples. »

    Les sept merveilles de Belgique
        Soucieux de l'image touristique de la Belgique, il eut l'idée en 1978, en tant que Commissaire général au tourisme à l'époque, de la notion des sept merveilles de Belgique1.
    - L'Agneau mystique de Gand- Fonts baptismaux de Saint-Barthélemy de Liège
    - La châsse de Notre-Dame Flamande à Tournai
    - La Descente de Croix de Rubens à Anvers
    - La Chute d'Icare de Pieter Breughel à Bruxelles
    - Le reliquaire de Sainte-Ursule de Hans Memling à Bruges
    - Le trésor d'orfèvrerie d'Hugo d'Oignies à Namur

    source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Haulot

        Il intervient dans un livre de Christian Libens Sur les pas des écrivains à Liège où il évoque le temple de Hors-Château. 
        Frère Pierre précise encore : Arthur Haulot, Poète, grand résistant, a été une voix qui comptait, élevé au rang de baron par le Roi, il était né de parents antoinistes, il en a parlé lors d'une émission de tv, "au nom(s) de dieu(x)" au départ on demandait a l'invité d'écrire le titre au pluriel ou non, il a fait passer a l'écran la photo du Père, fier de ses origines, il était, cependant franc maçon déclaré, un très grand Monsieur


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  • M. Adam, huissier de la Chambre LE CULTE ANTOINISTE

        Nous avons dit naguère – et « La Meuse » l'a rappelé il y a trois jours – que les « Antoinistes » avaient adressé une requête au Parlement sollicitant la reconnaissance de leur culte. Cette requête était constituée de nombreuses fardes qui renfermaient 163 mille signatures. On y avait adjoint le texte, bellement relié, de la philosophie du fondateur du culte nouveau.
        La Commission des pétitions de la Chambre, après un rapide examen de cette requête, renvoya celle-ci au « ministre compétent », en l'occurrence le ministre de la justice, qui a les cultes dans ses attributions.
        Nous nous sommes adressé, à ce propos, aujourd'hui même, à une haute personnalité, qui nous a dit :
        – La pétition Antoiniste ... Oui, je sais bien : il y a une montagne de paperasses qu'on a reléguées je ne sais où, quelque part dans les combles... Cela vous étonne ?... Qu'est-ce qu'il y a de sérieux, là-dedans ?... Vous me dites qu'il y a 163,000 signatures. Soit. Mais qui les a apposées ? Ces signatures sont-elles authentiques ; ont-elles été données librement ou plutôt spontanément ? Voilà ce qu'il faudrait savoir. En réalité, pour avoir de la valeur, ces 163,000 signatures devraient être légalisées. Tel est « a priori », mon sentiment.
        – Et si elles étaient légalisées ?
        – Cela ne suffirait pas pour accorder la chose demandée.
        Dans vingt, trente ans, ou cinquante ans, si l'Antoinisme subsiste et s'il a pris du développement, nous en reparlerons peut-être ».
        Et le haut fonctionnaire, cela dit, s'est mis à compulser un dossier qu'il avait sous les yeux.

    UN ADEPTE

        Bruxelles possède une section du culte Antoiniste. C'est un officier retraité, aimable homme entre tous, qui la dirige. Elle compte un certain nombre d'adeptes – et même d'adeptes très fervents. Témoin, cet huissier de la Chambre que Père Antoine guérit d'une maladie d'estomac.
        – J'étais un incroyant ou, en tout cas, un sceptique, nous déclare M. Adam – c'est le nom de l'huissier – lorsque, souffrant atrocement d'une maladie d'estomac, je rencontre, dans le pays de Liége, une tante qui me dit : – Tu as bien tort de souffrir ainsi, quand tu peux être guéri sur le champ. – Guéri sur le champ ? Que dites-vous là, ma tante ? Et par qui donc ? – Mais par Antoine !
        Elle me fit un éloge enthousiaste du Guérisseur. J'allai le trouver, mais en simple curieux, toutefois, plus intrigué que disposé à ajouter la moindre foi aux déclarations de ma parente. Antoine me fit l'impression d'être un bon vieillard, extrêmement compatissant. Il me dit que je penserais à lui et que je guérirais. Je me refusais de penser à lui et pourtant son souvenir me revenait à chaque instant. Il me revint surtout à de certains jours qu'il m'avait, en quelque sorte, fixés lui-même. Bref ! Je sentais ma santé revenir ; elle revint même tout à fait... Aussi, je n'hésite pas à dire que c'est à Antoine que je dois ce miracle. A Antoine dont j'ai adopté les magnifiques préceptes de sagesse et d'humanité. A Antoine que je n'oublierai jamais...
        – Avez-vous signé la requête des Antoinistes réclamant la reconnaissance de leur culte ? demandai-je à M. Adam.
        – Des deux mains ! me répondit-il, simplement.
                                                           Valentin de MARCY.

    La Meuse, 29 juin 1912 (source : Belgicapress)


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  •      On n’en sait peu sur Mme A. de Poncey quant à son attachement avec l’Antoinisme. Dans le Fraterniste, elle demande à faire inclure dans les colonnes quelques moments importants de la création du culte, comme les Derniers Echos des Fêtes AntoinistesL'Inauguration du Temple Antoiniste de Paris ou encore celle du temple de Monaco.
        C’est à cette occasion qu’on apprend qu’elle habite Paris. Elle changera plusieurs fois d’adresse.

        C’est dans la presse qu’on en retrouve des traces, notamment par une petite annonce parue dans plusieurs journaux : Le Petit Parisien, Gil Blas ou Le Matin en 1905 et 1906) :

    Mme A. de Poncey, spirite médium... et journalisteMme A. de Poncey, spirite médium... et journaliste

    Le Matin, 16 novembre 1905                 Le Matin, 22 octobre 1906

        Elle figure encore parmi les médiums recommandés de la Revue Spirite (janvier 1907) : 191, rue du Faubourg-Saint-Honoré. – Médium voyant et Psychomètre. – Somnambulisme, de 2 à 6 heures, sauf le dimanche.

        C’est dans la revue spirite L’Écho du Merveilleux qu’on apprend qu’elle était également guérisseuse et comment elle procédait.
        On fait sa connaissance dans le numéro du 1er juillet 1905 (p.253) :

    Madame de Poncey
    MÉDIUM VOYANTE

        J'ai rencontré tout dernièrement une personne dont la lucidité a acquis un certain renom : Mme de Poncey.
        Elle habite au 113 de la rue du Temple et s'est associée avec Mme Renault, masseuse diplômée de l'école dé magnétisme d'Urville, afin d'être utile, le plus possible, à l'humanité souffrante.
        Les services que Mme de Poncey peut rendre aux malades sont multiples : elle ressent leurs malaises et dépeint leurs maladies ; à l'état de transe, et en donnant la main à la personne qui souffre, elle prend, momentanément, son mal et permet au malade un repos réparateur. Sur ses indications, son amie, Mme Renault, dont le fluide est puissant et bienfaisant, massé ou magnétise le malade. Elles peuvent, ainsi, s'aidant l'une par l'autre, obtenir une sérieuse amélioration et, en persévérant, la guérison.
        Mmes de Poncey et Renault ont soigné des tuberculeux, des épileptiques, etc., avec succès, m'assurent-elles.
        Je n'ai pas de peine à le croire ; j'ai été déjà témoin de ces phénomènes, et sais, par expérience, que le magnétisme peut améliorer, de façon sensible, l'état d'un malade.

        Mme de Poncey a les traits fatigués de la personne qui s'abandonne souvent aux expériences psychiques.
        Il n'est pas de jour où elle ne s'endorme, où on ne l'endorme, pour tenter quelques expériences.
        Elle me fait des récits qui tiennent du merveilleux ; elle me cite des noms, me prie, avec insistance, de prendre des renseignements, et, sûre d'elle, me demande de bien vouloir lui permettre de me donner des preuves de ce qu'elle avance.
        Intéressée, j'accepte la proposition.
        … Mais quelle force se met entre nous, pour empêcher toute expérience ? A peine endormie, Mme de Poncey se sent accablée ; elle ne peut arriver à se dégager, à se mettre dans l'état de transe, qui permet à son esprit de lire dans l'astral.
        Ce contre-temps me prouve la sincérité du médium, et s'il me contrarie un peu, il ne me décourage pas.
        Les médiums sincères sont ainsi faits : ils ont leurs heures et leur clairvoyance est sujette à ces intermittences.
        Après de vains efforts, je préfère, momentanément, abandonner l'expérience et je demande que l'on réveille le sujet, afin de pouvoir m'entretenir avec elle sur les causes qu'elle attribue à ces différents phénomènes.
        Mme de Poncey se réveille lentement, et reste accablée, étourdie.
        Elle se remet peu à peu, et je peux l'interroger :
        – A quoi attribuez-vous le malaise qui a nui à votre lucidité ?
        – A une force occulte qui se met entre nous. Cela arrive quelquefois. Elle émane, parfois, de la volonté des vivants ; d'autrefois, et le plus souvent, de la volonté des morts. Tenez, un exemple : j'ai reçu, il y a peu de temps, la visite d'une jeune femme qui venait me consulter au sujet de la fatalité qui s'attachait à elle, au sujet d'un mariage qu'elle voulait contracter. Les deux parties étaient consentantes et, malgré cette chose principale, la date fixée se reculait au fur et à mesure que les jours passaient. Toujours, un accident survenait pour mettre un nouveau terme de séparation entre les deux conjoints. Désolée, Mme X... venait demander à ma lucidité de lui révéler quelque chose à ce sujet.
        « A peine endormie, je fus sous le coup d'une impression pénible. Quelque chose s'acharnait après moi, me mettant dans le trouble.
        « Comme ma consultante, ignorante de ces sortes de phénomènes, avait déjà sur les lèvres un sourire sceptique, je résolus – et Mme Renault avec moi – de prolonger la séance et, coûte que coûte, d'arriver à vaincre la force mauvaise.
        « Après bien des tentatives vaines, je parvins à apercevoir une forme qui se dressait entre moi et la consultante. D'abord imprécise, elle se modela peu à peu et devint assez visible pour que je puisse en faire la description à Mme X... Bientôt, avec un étonnement mêlé d'effroi, ma cliente reconnaissait la première femme de l'homme qu'elle voulait épouser, – elle avait oublié de me dire qu'il s'agissait d'un veuf.
        « Maintenant, j'apercevais distinctement l'esprit. Il avait toutes les apparences d'un vivant, et brandissait, vers la consultante, un poing menaçant, qui avait presque apparence d'une griffe. »
        J'interrogeai :
        – Vous croyez donc, comme beaucoup d'occultistes, que les morts peuvent avoir une influence sur la vie des vivants, et que beaucoup d'événements sont leur œuvre ?
        – Je le crois, et, grâce au don de lucidité que je possède, je puis l'affirmer, car je les vois, et les démasque la plupart du temps.
        – Alors, vous croyez que c'est une volonté étrangère qui vous a séparée de moi, tout à l'heure ?
        – Oui, et si vous vouliez que nous recommencions l'expérience, je parviendrai, sans doute, à vous dire qui elle est.
        Mme de Poncey s'étant un peu remise pendant notre conversation, je me décidai à tenter, à nouveau, l'expérience.
        Et, cette fois, non sans difficultés, Mme de Poncey me fit un portrait que je reconnus. Mais... c'était celui d'une personne vivante !
        Dois-je imputer à elle, à sa volonté jalouse, tous les déboires de mon existence ?
        Etrange ! Etrange ! Etrange !!!
        Comme il se faisait tard, je ne voulus pas prolonger l'expérience et je remis à un autre jour les preuves de clairvoyance que le sujet tenait à me donner.
        Mme de Poncey se prête encore, volontiers, à l’extériorisation de la sensibilité. A distance, elle ressent les piqûres d’épingles et peut faire sentir la présence de son double à une personne sensitive.
        Actuellement, elle tente des expériences de ce genre avec une châtelaine éloignée, à laquelle elle veut apparaître à distance.
        Elle espère ainsi obtenir, à bref délai, des phénomènes de matérialisation.
        Je crois que Mme de Poncey est appelée à devenir un sujet très remarquable, et j'ai pris congé d'elle en l'assurant que, prochainement, je reviendrais tenter avec elle d'autres expériences.
        Malgré tout, les phénomènes de ce soir ont été intéressants puisqu'ils tentent à prouver que le malheur a un visage, la fatalité un nom.
        Que doit-on croire ?
                                                                    Mlle Louis MAURECY.

        Dans le numéro du 15 octobre 1909 (p.394-95), on lit :

    LES VOYANTES

        Nous recevons de notre collaborateur P. Borderieux l'intéressante communication suivante que nous publions tout en lui en laissant l'entière responsabilité.

        Ce qui particularise les voyantes du genre de Mme de Poncey c'est l'absence absolue de moyens artificiels, employés pour se mettre en rapport avec l'être, ou le lieu, désigné comme champ d'étude. Point de magnétiseur auprès d'elle, aucun apparat mystérieux, sauf l'ample péplum blanc qu'elle affectionne, point enfin de ces crises pénibles, qui secouent la sybille et font songer aux antiques possédés de Saint-Médard.
        Sa vision est objective, mais à l'état de veille, sans trance. Elle voit, comme voyaient les jeunes pâtres des Cévennes, ou les austères jacobites écossais : spontanément.
        J'ai eu plusieurs fois, personnellement, l'occasion de vérifier l'exactitude d'une vision, ou d'une prédiction, faite par Mme de Poncey ; mais ces faits n'étant intéressants que pour moi seul, j'en dispenserai les lecteurs de l'Echo, préférant me faire le sténographe et le copiste fidèle de deux des personnes qui purent, mieux que moi, profiter des conseils et des pratiques de cette voyante, doublée d'une guérisseuse.
        Mme de Poncey s'occupe de spiritisme et est un excellent médium, mais ce point ne doit pas nous intéresser ; c'est une faculté jointe aux autres, et rien de plus.
        J'ai dit que sa voyance était naturelle, spontanée, sans aucune préparation. C'est, en quelque sorte, un état jaculatoire, soudain, qui projette tout à coup (dit-elle) son esprit hors de son corps, pour aller trouver l'esprit ou le lieu désigné.
        Une théorie occulte prétend que l'une des plus grandes forces du Verbe, c'est-à-dire de la parole proférée, est d'évoquer l'esprit d'une personne au simple prononcé de son nom. Ainsi, si je nomme à haute voix M. Edmond Rostand par exemple, à son insu l'esprit du poète, ou tout au moins une partie de ce moi nuageux, nommé l'inconscient par nos psychologues, se trouve à mes côtés.
        C'est certainement ce qui arrive à la voyante dont je parle.
        Croyant aller à la montagne, elle fait venir la montagne à elle et, vu ses facultés de voyance, elle peut se rendre un compte exact de l'état moral, sanitaire ou intellectuel de la personne visée et du milieu qui l'entoure.
        Pour les guérisons obtenues à distance, elles relèvent d'un ordre de lois similaires, mais que cette simple exposition nous interdit de développer ici.
        En sa qualité de sensitive, Mme de Poncey a chez elle, très marquée, la science de la sympathie et de l'antipathie. A priori, elle juge son interlocuteur et son accueil est selon les cas plus ou moins chaleureux. Il faut croire que mes fluides ne lui furent pas trop désagréables, puisque c'est dans son salon, au 191 du faubourg Saint-Honoré, que j'entendis de la bouche d'un témoin le récit qui va suivre.
        J'ajoute, avant cette relation sans commentaires, que cette voyante a surtout la sensation exacte de la sympathie qu'ont les gens pour elle par l'attitude qu'ont à son égard les animaux domestiques appartenant aux personnes chez qui elle se rend. Si, près d'elle, le chien de la maîtresse de maison grogne, si le chat se hérisse et jure à son arrivée, elle ne doit (du moins, l'affirme-t-elle) rien attendre de bon des maîtres du logis. Cette remarque incidente méritait d'être citée Mais revenons aux faits.
        Le premier nous est conté par M. M..., ami de Mme de Poncey.
        « Un après-midi de juin dernier, nous dit M. M..., distingué officier de marine, nous nous trouvions, Mme de Poncey et moi, parlant d'une de mes amies, Mme N. ., partie depuis deux ans, au Chili, et dont je n'avais pas reçu de nouvelles.
        – Oh ! la voici, dit tout à coup mon hôtesse en souriant...
        – Je la vois, continue-t-elle, dans une maison basse, au sein d'une forêt profonde. Dans une des salles que décrivit exactement la voyante, était Mme N... couchée sur lit de repos et profondément endormie. Je calculais mentalement la différence horaire entre Paris et Valparaiso et reconnus que Mme N... se reposait à l'heure de la sieste.
        Mme de Poncey me dit se dédoubler et, après m'avoir fait une description détaillée du pays environnant, elle s'écria : – Mon Dieu, cette femme est en danger, je vois sur elle... (Ici, hélas, l'annonce d'un danger d'ordre domestique qu'on me permettra d'omettre). Surtout, recommande Mme de Poncey, surtout ne marchez pas nu-pieds (sic).
        Un mois plus tard, je reçus une lettre de ma lointaine amie. Elle me confirmait l'exactitude de la vision précitée. La chaleur n'étant pas trop forte dans la forêt, il est très rare que Mme N... fasse la sieste. Une irruption soudaine de serpents venimeux rendit efficace le conseil de ne marcher que chaussé. Pour l'autre prédiction, elle se réalisa malheureusement. J'ajouterai que Mme N... eut, croit-elle, ce jour-là, un rêve dans lequel elle conversait avec un être qui lui donnait les meilleurs conseils. »
        Mme de Poncey m'ayant confié une lettre, je la reproduis ici, en lui conservant sa tournure naïve et franche :
                                                                             Lundi, 4 octobre 1908.
            « Madame de Poncey,
        « Au mois de juin dernier, mon enfant âgé de deux mois était très malade d'une inflammation d'intestins.
        « Je ne savais que faire ; quoique ne croyant pas, je l'avoue, à votre pouvoir de guérir (surtout de loin), je me suis décidée à vous demander secours pour mon petit garçon, mais presque en désespoir de cause, comme une mère qui cherche tout pour sauver son petit enfant.
        « Vous m'assuriez par lettre que le mercredi soir, entre neuf et dix heures, vous tenteriez de venir soigner mon entant, par dédoublement, et me conseilliez d'observer si, près de lui, un meuble ne craquerait pas, révélant votre présence occulte. Malheureusement, je n'ai reçu votre mot que le jeudi, voire lettre s'étant égarée.
        « Quoique ignorante de tout ce qui est de vos pouvoirs, j'ai, en effet, le mercredi, entendu craquer un meuble (ce qui ne se produit jamais chez nous) ; le vendredi, mon cher petit allait mieux elle voilà maintenant, grâce à Dieu et à vous, en parfaite santé. Ce qui m'avait donné tout de même confiance en vous, c'est que vous avez été la première à me prévenir de ma grossesse et à m'annoncer que ce serait un garçon, ce qui fut parfaitement exact.
        « En vous envoyant l'expression de ma vive reconnaissance, je souhaite que votre don soit connu par toutes les jeunes mères qui, comme moi, ont la crainte de perdre leur chérubin. Mon mari se joint à moi pour……. etc.                                          « Mlle LOUISE B.... »

         Voilà des faits. Ce n'est pas à moi de conclure. Certains diront que le procès des rebouteux est depuis longtemps clos. Pour ceux que Rabelais nommait sorbonistes, sorbonicoles : peut-être ; les honnêtes guérisseurs trouveront encore des témoins à décharge et de chauds défenseurs.

                                                                 P. BORDERIEUX

        La même revue l’interroge, avec d'autres voyantes, sur la disparition de La Joconde du Musée du Louvre en 1911.

    Mme A. de Poncey, spirite médium... et journaliste

    Mme de Poncey, in Louis Malteste - Voyants et Médiums (Le Monde illustré, 21 mars 1908)

       Dans cette même revue, on peut lire des témoignages de guérison (1er mars 1908, p.98 ; 1er mars 1909, p.98), et dans le numéro du 1er novembre 1905, une description de son salon de la rue Laborde :
        Mme de Poncey habite, maintenant, au 42 de la rue Laborde. C'est là que je la retrouve, étrange, dans un cabinet non moins étrange. Celui-ci a la forme d'un cercle. Ses murs disparaissent sous de blanches draperies. En face de moi, se trouve une glace, et devant cette glace, une sorte d'autel, sur lequel sont disposés un chandelier d'argent, où trois bougies sont allumées de chaque côté, et deux brûle-parfums d'où se dégagent des vapeurs de santal.
        La table, devant laquelle Mme de Poncey est assise, a la forme d'un croissant. Elle occupe le milieu de la pièce, et elle est revêtue de signes cabalistiques lunaires.
        La voyante elle-même est habillée de blanc et un croissant d'argent brille dans sa chevelure.
        Mme de Poncey m'explique que son costume et son cabinet ont été constitués avec un soin méticuleux, pour attirer les vibrations lunaires qui sont, par excellence, celles propices aux voyantes.
        Est-ce cette influence qui donne à Mme de Poncey la précision de vision dont je suis le témoin, en cette seconde visite ? Est-ce la direction du professeur des Sciences Hermétiques qu'elle s'est adjoint et qui préside à nos expériences ? Je l'ignore mais, cette fois, je n'éprouve aucune déconvenue ! […]
        – Et ce cabinet ? interrogeai-je.
        – Vous savez sans doute, me répondit M. le Professeur des Sciences Hermétiques, que les vibrations lunaires, mercuriennes et venusiennes sont celles qui correspondent le mieux aux influences de la voyance. En réunissant autour d'un sujet tout ce qui porte la signature lunaire, c'est-à-dire pour la couleur : le blanc ; pour le métal : l'argent ; pour la forme : le croissant, on double autour de lui l'influence favorable à sa lucidité.

        Le même numéro reproduit encore un portrait de Mme de Poncey. On peut voir un dessin de son cabinet du Faubourg-Saint-Honoré dans un article de la revue Le Monde illustré du 21 mars 1908.

    Mme A. de Poncey, spirite médium... et journaliste

        Elle contribua également à l’Unitif, puisqu’on peut en lire un extrait dans Pierre Debouxhtay.
        « Signalons encore la vision dont fut favorisé un disciple pendant son sommeil (9), et l'apparition d'Antoine, le lendemain de sa mort : « Dans son travail sur le premier Interprète du Père, notre sœur a signalé que lors de la désincarnation de notre Sauveur des personnes l'avaient vu se confondre avec Mère. Nous joignons notre témoignage au leur. Le lendemain des obsèques solennelles nous assistions à l'opération, le lundi, nous étions aux galeries bien en face de Mère et au moment du profond recueillement nous avons vu (je dis nous parce que nous étions trois adeptes ensemble dans le même cas) nous avons vu le Père se fondre avec Mère et ne faire plus qu'un, nous avons gardé le silence sur cette vision attendant que des personnes autres que des adeptes en parlent pour qu'on ne croit pas que c'était le résultat de notre désir, une illusion, qui nous donnait le bonheur de contempler notre Sauveur, présent parmi nous partout et toujours. – Poncey, 23, boulevard de Picpus, Paris. » (L'UNITIF, II, 9, p. 3).

        Par un heureux hasard, j'ai fait l'acquisition d'une carte postale postée par la médium-guérisseuse Mme A. de Poncey qu'elle a envoyé du temple de Jemeppe en Avril 1909. Elle envoie une bonne pensée de Jemeppe à M. et Mme Bouzerot de Paris 18e.


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  • Fr. Lovinfosse (Temple d'Hellemmes)    Dans chaque bibliothèque des temples français, on trouve une douzaine de classeurs dont les feuillets sont parfois reliés. Appelés les Tomes, ils sont mis à la disposition des adeptes costumés. Ces bulletins ont été rassemblés vers 1945 par trois adeptes : le couple Jeannin, qui a vécu auprès de la compagne de Louis Antoine, aidé par M. Lovinfosse. Ils rassemblent des pensée s de Louis Antoine qui n'ont pas été reprises dans ses oeuvres, mais ils contiennent surtout des lettre dictées par la 'Mère' ou des avis qu'elle a donnés à propos de certaines questions. C'est pour cela qu'on connaît ces textes sous le nom de "Pensées de Mère".
    Régis Dericquebourg, Les Antoinistes (p.62)

     

    Fr. Jean Lovinfosse (Temple d'Hellemmes)    Frère Jean Lovinfosse (ici à droite) assisté de sa femme Jeanne (fille de Frère Galliez, tout premier desservants du temple de Lille) furent parmi les premiers desservants du Temple de Lille, consacré par un délégué du Collège des Desservants au Nom du Père le 10 novembre 1946. C'est à ce titre qu'il prie, dans cette carte postale du Temple d'Hellemmes, un frère de participer à la réunion du Conseil et de la Cultuelle.


        On en sait pas beaucoup plus dans la littérature. Le nom de famille Lovinfosse est belge et plus particulièrement liégeois. Sœur Sylviane se rappelle que sa mère lui avait raconté que c'était la Mère qui avait marié frère et sœur Lovinfosse, très certainement à Jemeppe. Après avoir été desservant à Hellemmes, quand celui-ci a été bombardé pendant la Deuxième guerre mondiale, ils ont été desservants au temple de Lille.

    Fr. Lovinfosse (Temple d'Hellemmes)

    Fr. Jean et Sr.Jeanne Lovinfosse (Temple d'Hellemmes)

    Procession à Hellemmes (Le Grand écho du Nord de la France, 26 juin 1933)


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  • Joseph Wettinck, Souvenir de (numeriques.be)
    Souvenir de Joseph Wettinck - LIège 1852- Jemeppe 1907 (numeriques.be)

    la rue principale de Jemeppe (anciennement Rue de l'Hôtel de Ville), menant de la Rue de la Station à l'église, est nommée en honneur à Joseph Wettinck

    Joseph Wettinck

    Begrafenis van Joseph Wettinck, 1907. Zicht op de begrafenisstoet aan de schoenwinkel A. Bouhy-Wettinck
    Enterrement de Joseph Wettinck, en 1907. Vue sur le cortège funéraire devant le magasin A. Bouhy-Wettinck
    (opac.amsab.be)

    Joseph Wettinck

    Begrafenis van Joseph Wettinck, 1907. Zicht op de harmonie in de begrafenisstoet
    Enterrement de Joseph Wettinck, en 1907. Vue sur l'orchestre du cortège funéraire
    (opac.amsab.be)

    Joseph Wettinck
    Tombe de Joseph Wettinck, nouveau cimetière de Jemeppe
    (photo de Raphaël Castelain)

        Robert Vivier évoque une fois une Mme Wettinck dans la biographie romancée de Louis Antoine :

        Rue Bois-de-Mont, la séance du dimanche était commencée.
        Il faisait chaud dans la pièce, car la fenêtre était fermée et l'on était très nombreux : plus de quarante personnes. Les volets étaient poussés, et sur la cheminée on avait posé une lampe. Cela fait un effet bizarre, une lampe allumée en plein jour, dans cette obscurité toujours imparfaite des pièces closes. Mais les spirites y sont habitués, et cela ne frappait que les nouveaux venus.
        La lumière un peu trouble changeait les visages, allongeait une moustache, grossissait l'ombre au coin d'une narine, enfonçait en triangle le creux d'une joue. Il y avait là pas mal de figures connues. Les fidèles Vignerons y étaient : Gony, Pierre Dor, Houart, Herion, et le mineur Martin Jeanfils, et Léon Foccroule, qui venait de loin, – de Poulseur. Ils étaient assis sur des banquettes et des chaises le long des murs. Dans un coin se serraient les femmes : Mme Decœur, Mme Guillaume, Mme Wettinck, d'autres encore. Plusieurs visages d'hommes étaient tout a fait inconnus. Émaciés, semblant plus déformés que le autres par la lumière de la lampe, leur mobilité inquiète et curieuse tranchait sur les physionomies rigides et recueillies des spirites.
        Une gravure accrochée au mur représentait le Christ. La douce face extatique et blanche, aux paupières baissées, émergeait lumineusement de la pénombre. On distinguait mal le reste de la gravure.

     

        Par une généalogie en ligne, on apprend que Mme Wettinck s'appelait Marie Louise, née Warnier (1855 à Jemeppe-sur-Meuse - 1926). Ils auront eut trois enfants.


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  • Robert Crommelynck - Paysage (1937)

    Robert Crommelynck - Paysage (1937)

    CROMMELYNCK (Robert-Hubert-Napoléon), artiste peintre, né à Liège le 17 mars 1895, décédé à Liège le 7 mars 1968.
        Robert Crommelynck est issu d'un milieu modeste. Cadet d'une famille de quatre enfants, il passe son enfance dans la région de Liège et de Flémalle entre une mère sévère, aigrie par des années de sacrifices et un père affectueux, ébéniste de profession et artiste peintre à ses heures. [...]
        Ces toiles se caractérisent par une facture lisse, presque léchée, une gamme terne et assourdie, une composition dépouillée et solidement équilibrée, au total par une grande économie de moyens. L'origine de cette inspiration est complexe. Certains, dont son biographe Jules Bosmant, ont vu dans cette œuvre une influence indirecte de l'ascendance du peintre, son grand-oncle maternel qui n'est autre que le Père Antoine, fondateur du culte antoiniste. Mais plutôt que conséquence d'un phénomène d'hérédité ou d'une crise religieuse (Crommelynck se défend de tout sentiment religieux) ces œuvres ne sont-elles pas l'expression d'une profonde crise morale issue de la période d'accablement ressentie pendant la guerre ?
    Biographie nationale publiée par l'Académie Royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique
    Tome quarante-deuxième - Supplément Tome XIV (Fascicule 1er), 1981
    http://www.academieroyale.be/Academie/documents/FichierPDFBiographieNationaleTome2100.pdf

    illustration : http://www.artnet.fr/artistes/robert-crommelynck/paysage-z_aQHxEn_F1VRWxEX6ks_w2

        On a rapproché son art à celui de Manet et de Courbet, "le Courbet estompé et nuancé de l'Après-midi à Ornans" (Émile Daicer, La Revue de l'art ancien et moderne, 1823, p.351)

    Acte de naissance de Robert Crommelynck (17 mars 1895).jpgck (peintre, descendant du Père Antoine)

    Acte de naissance de Robert Crommelynck (17 mars 1895)

        Il est en effet le fils de Napoléon Bernard Robert Crommelynck (de Liège) et de Marie Joséphine Antoine, née à Flémalle Grande en 1843, nièce de Louis Antoine. Ils habitent alors dans la rue Grétry au numéro 78.

    Robert Crommelynck (peintre, descendant du Père Antoine)

    Robert Crommelynck - Gosse (non daté)

        Mais le personnage le plus singulier de la famille est sans aucun doute le grand-oncle maternel le Père Antoine. Louis-Joseph Antoine (1846-1912), cadet d'une famille de huit enfants, est le fondateur du culte antoiniste. Son influence est grande. Guérisseur, il forme une véritable secte avec ses temples, ses ministres, ses emblèmes et ses rites. A sa mort, le culte antoiniste compte de nombreux adeptes autour de la maison-mère de Jemeppe, à travers la Belgique, la France et l'Amérique. Il est difficile de savoir si cet homme peu ordinaire a joué un rôle dans la vie du futur peintre, Robert Crommelynck n'en parle guère dans sa correspondance. Pourtant, beaucoup plus tard, après l'incendie qui ravage son atelier en 1946, il écrit dans ses notes manuscrites cette courte réflexion qui mérite d'être relevée : « Mon désespoir fut profond. J'appelai à moi tous les secours que je pus. Seuls ceux qui n'avaient nulle matérialité me joignirent : le Père Antoine que je suppliais de m'aider, quand, couché à même un plancher étrange, je sentais tout le poids de la nuit et de ma solitude m'écraser dans l'obscurité ». (Carnet de notes)
    Régine Remon, Robert Crommelynck 1895-1968, exposition pour les cent ans de la naissance de l'artiste en 1995 à Liège.


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  • Frère Robert Pierrefeu nous a fait le plaisir de compléter les quelques informations trouvées sur la fiche généalogique d'Angèle Vertet. Voici ces indications :

    Marthe Buguet, née Fage

    Marthe BUGUET née FAGE, une des soeurs d'Angèle, que j'ai bien connue également, dirigea avec son mari les écoles publiques de MONTCEAU LES MINES en Saône et Loire. A leur retraite, au moment de l'occupation allemande, ils vinrent habiter dans une rue voisine du Temple de VILLEURBANNE.

    Peu de temps après, Frère BUGUET se désincarna et Soeur BUGUET fut successivement desservante des Temples d'ORANGE, d'EVREUX, de PARIS-VERGNIAUD, de CAUDRY et enfin de MARSEILLE où elle se désincarna en 1973.

    Une fiche généalogique a également été créée par Nadine Chamayou. On y apprend que Marthe (Marie Joséphine Augusta), est née le 3 août 1885 à Chambon-le-Château, en Lozère (Languedoc-Roussillon) et qu'elle est décédée le 23 janvier 1973 à Marseille, à l'âge de 87 ans où elle fut desservante du temple antoiniste.

    Marthe Buguet, née Fage

    Temple antoiniste de Marseille

    Institutrice publique adjointe à Verosvres (Saône-et-Loire) en 1906, institutrice à Collonge (sûrement Collonge-en-Charolais où vit la famille, en Saône-et-Loire) de 1911 à 1921. Elle se mari le 17 septembre 1904 à Castries dans l'Hérault avec Louis François Buguet.

    Lui est né le 7 mai 1875 à Saint-Trivier-de-Courtes dans l'Ain (Rhône-Alpes) et est décédé à Marseille. Il a été instituteur à à Verosvres en 1906 et à Collonge en Charolais en 1916. Il est témoin du mariage d'Angèle et Louis François Vertet.


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  • André et Aurore di Mauro, 16, Rue Labruyère à Paris

    J’ai acheté plusieurs cartes postales représentant des temples antoinistes, donc plusieurs étaient signées Jeannin et toutes adressées à M. et Mme Di Mauro, habitant à Paris rue Labruyère dans le 9e arrondissement.

    Les Archives numérisées de la ville de Paris permet de retrouver dans la liste du recensement de l’année 1936 à la même adresse André et Aurore di Mauro. Malheureusement les autres années ne sont pas disponibles.

    André et Aurore di Mauro, 16, Rue Labruyère à Paris

    On apprend là qu’André est né en Italie en 1898 et que son épouse Aurore est née dans la Marne en 1888. Lui est peintre artisan et elle est concierge.

    On n'en sait pas plus sur ces Antoinistes parisiens amis des Jeannin, mais on peut imaginer qu'il fréquentaient un des temples parisiens.


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  • Angèle Vertet, desservante du temple de Vichy    Angèle Vertet, desservante du temple de Vichy

        Une carte postale achetée par hasard, signée d’un certain Pastorelli (qu’on identifie comme Baptistin, puisque Louis meurt en 1954), est adressée à Madame Vertet de Cusset.
        De façon étonnante, on retrouve des informations de cette madame Fage sur le site Geneanet, l’arbre de Nadine Chamayou, petite-fille d’une soeur de notre Madame Fage, épouse Vertet.
        Grâce à cet arbre, on sait que Madame Fage est née le 29 juillet 1888 (prénoms Angèle Micheline Louise Victoire) à La Chapelle-du-Mont-de-France (Canton de Matour) dans le Saône-et-Loire (près de Mâcon). Elle est secrétaire à Toulon dans le Var avant son mariage. Elle est Marraine de guerre de celui qui deviendra son mari, le 28 août 1916 à Collonge-en-Charolais (toujours en Saône-et-Loire, Louis François Vertet. En effet, il devient Caporal au 10è RI, suite blessure d'éclat d'obus ayant emporté son bras droit le 7/4/1915. Il a été Professeur de lettres à Cusset.
        Elle devient donc Angèle Vertet, Madame Vertet. On sait que leur premier enfant, Marie Louise, dite Lilou, Vertet est née à Tunis (le 17 juillet 1917). On ne connaît pas les dates et lieu de naissance ou de décès de ses deux autres enfants.
        Là où on ne peut pas se tromper, c’est quand la fiche généalogique indique qu’elle s’est occupée du culte antoinisme à Vichy. On ne sait malheureusement pas durant quelle période.

    Angèle Vertet, desservante du temple de Vichy

    Temple de Vichy, construit en 1920

        Lui, meurt le le 28 février 1955 à Cusset à 66 ans. Elle décède le le 15 mars 1987 à Verdolier, commune de Sault, dans le Vaucluse, près de Carpentras. La fiche généalogique indique qu’il y a une erreur concernant la note sur l'acte de naissance qui indique Cusset comme lieu de décès. Elle est décédée à Verdolier et a été enterrée au cimetière de Cusset (source Marie Laure Vertet qui était présente au moment du décès).

    Frère Robert Pierrefeu complète ces informations dans un commentaire que je reproduis ici :

     

    Robert PIERREFEU  
    Dimanche 27 Octobre à 15:04
     

    Soeur VERTET, que j'ai bien connue, fut auxiliaire au Temple de VICHY à la désincarnation de son mari alors que Frère Amable MERY en était le desservant. Desservante à son tour à la désincarnation du Frère MERY en 1960, elle se retirera pour raison de santé près de sa fille aînée en Provence et sera remplacée par Soeur Denise MARJOU venue de BERNAY en 1964. Hugues VERTET, son fils professeur de lettres classiques puis chercheur au CNRS, fut un célèbre archéologue en Auvergne (Lezoux),il se désincarna en 2015. Son autre fille épousa M. CIMETIERE et habita la maison de CUSSET avec sa famille.

    Marthe BUGUET née FAGE, une de ses soeurs que j'ai bien connue également, dirigea avec son mari les écoles publiques de MONTCEAU LES MINES en Saône et Loire. A leur retraite, au moment de l'occupation allemande, ils vinrent habiter dans une rue voisine du Temple de VILLEURBANNE. Peu de temps après, Frère BUGUET se désincarna et Soeur BUGUET fut successivement desservante des Temples d'ORANGE, d'EVREUX, de PARIS-VERGNIAUD, de CAUDRY et enfin de MARSEILLE où elle se désincarna en 1973.

    Les parents FAGE vivaient en Saône et Loire, le papa étant chef de gare dans une ville de ce département.

    Avec mes bonnes pensées fraternelles.

    Frère Robert PIERREFEU.

     

    Voici un message de la petite-fille d'Angèle : 

    Mes grands-parents se sont en effet mariés à Collonges où mon arrière-grand-père Fage venait d'acheter une maison après sa retraite de fonctionnaire des chemins de fer à Montpellier, non loin de sa fille Marthe et son gendre Buguet.
    Puis mon grand-père a été nommé professeur de philo, grec et histoire en Tunisie à Tunis, en Tunisie alors protectorat français ; 
    ils y restent jusqu'en 1922 et y ont deux enfants : Marie Louise (décédée à Nyons, Drôme, le 29/9/214 ) et Louis Hugues (né à Tunis le 2/4/1921 et décédé le 11/3/2015 à Lamothe-Montravel, Dordogne) dont je suis une des filles. 
    Leur troisième enfant, Marthe Vertet, est née à Cusset (où son père est nommé au collège de Cusset). Elle est décédée à Cusset le 19 /01/2008. 
    Elle a aussi été proche du culte antoiniste sans être desservante de temple ; deux de ses enfants sont restés proches de cette confession. 

    Angèle Fage épouse Vertet a habité l'appartement de fonction du temple de Vichy et en était desservante quelque temps après la mort de son mari  (le 19 février 1955 ) et y est restée de nombreuses années. Elle habitait alors le premier étage alors qu'un Monsieur Méry était au rez de chaussée (je me souviens de sa longue barbe blanche) ; elle a ensuite déménagé au rez-de-chaussée puis a regagné pour un temps sa maison de Cusset où habitaient mes cousins Cimetière avec leurs parents, Marthe Vertet et son mari Gaston Cimetière, puis elle est allée habiter dans le midi, chez Marie Louise, sa fille ainée, jusqu'à son décès le 15/3/1987. 

    Mon père Louis Hugues Vertet, professeur de lettres classiques puis directeur de recherches archéologiques est resté attaché à cette confession ; et bien que marié à une protestante, ma mère, nous avons lu lors de la cérémonie de crémation, un texte du livre du père Antoine sur l'après-vie, livre auquel il tenait vraiment.

    Marthe Fage, sa soeur épouse Buguet, a fini ses jours Traverse Tiboulen à Marseille comme desservante du temple situé là. Nous nous arrêtions à chaque retour d'Algérie où mes parents étaient enseignants de lettres classiques et elle est hélas, décédée peu de temps après que je me sois installée dans la région.

    En espérant que ces renseignements vous éclairent sur le parcours de ma grand-mère et grand-tante. 

    bien à vous 
    MLaure VERTET


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  • Frère Jean et soeur Joséphine Benedetto, desservants du Temple de Nice dans les années 30

    Frère Jean et soeur Joséphine Benedetto, pendant l'Opération au Temple de Nice (Magazine Détective, 1952)

        On connait les noms des desservants du temple de Nice par l'article du Magazine Détective de 1952. 

        On trouve donc Jean Benedetto pour le mari et Thérèse pour sa femme. Cependant une carte postale de 1931 représentant le Temple de Nice est signée "votre soeur toute dévouée J. Benedetto".

    Frère Jean et soeur Joséphine Benedetto, desservants du Temple de Nice dans les années 30

        Par ailleurs, la fiche de recensement de la ville de Nice en 1936 indique comme habitant le "Temple Antoinette" (sic)(alors numéro 26 de l'Avenue de l'Assomption) : Jean Benedetto, né en 1881 à Bagnasco (Italie) ; Joséphine, née en 1884 à Béziers (France) comme épouse et Maria Crouzet, née en 1839 à ??? (en Espagne), comme belle-soeur.

        On ne donnera pas crédit au magazine Détective, bienveillant mais peu fiable. On pense donc bien que la desservante se nomme Joséphine. Jean-Marie Defrance dans Réveil - L'Apôtre de Jemeppe et sa Révélation (1932) précise que "la desservante est blanchisseuse ; on entend de loin le bruit des fers à repasser tombant en cadence sur la table".

    Frère Jean et soeur Joséphine Benedetto, desservants du Temple de Nice dans les années 30

        Un Jean Benedetto, marchand ambulant, demeurant à Paris, né le 22 avril 1881 à Bagnasco (Italie, province de Coni, dans le Piémont) se fait naturaliser français en date du 10 août 1927 (Journal officiel de la République française. Lois et décrets).

        On sait par le Magazine Détective que les desservants du temple de Nice était amis avec un ancien boucher Pastorelli. Il s'agit de Louis Pastorelli.


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  • Louis Pastorelli à Nice, rue Von-Derwies 2 (Annuaire de Nice 1931)

    Louis Pastorelli à droite (avec frère Jean et soeur Joséphine Benedetto, desservant du temple de Nice)

        Dans la rue Von Derwiès (ancienne rue Valrose), au numéro 2, on connaît la présence d'une salle de lecture par le Journal officiel de la République française. Lois et décrets (4 février 1931).
        L'annuaire de l'année 1931 de la ville de Nice indique à ce numéro les noms notamment d'un Louis Pastorelli (avec le boucher Antoine Pin et le charcutier Dunghis), mais aussi un Coutin Vidal. 
       On peut se demander s'il ne s'agit pas là de notre Vital Coutin, desservant du temple de Saint Etienne (construit en 1935) et auteur de Le Maître de la Grande Pyamide (1937).

    Louis Pastorelli à Nice, rue Von-Derwies 2 (Annuaire de Nice 1931)

        Dans le recensement de la ville de Nice, à la rue Derwies en 1931, on retrouve Louis Pastorelli (né en 1866, sans profession) avec son épouse Cornélie. Ils se sont mariés le 10 octobre 1894 à Nice. C'est là qu'on apprend qu'il était d'origine italienne, bien que né au Cannet. Ses parents (Anastasio/Anastase et Francisca/Françoise Sassi) sont des pasteurs de Briga Maritima (Province de Coni, mais commune rattachée à la France en septembre 1947, à la suite du traité de Paris). Un frère Gioanni/Jean né en 1857 et une soeur Marianna/Marianne née en 1860 à Nice.
        Louis Pastorelli était alors en 1894 négiciant en vins à Nice. Il est légalement domicilié à Briga Maritima. Il se fait naturaliser Français le 6 mai 1911.
        Dans le magazine Détective de 1952, on le voit en photo avec les époux Benedetto et le présente comme un ancien boucher.
        Sur son acte de naissance on indique sa date de décès, en 1954.
        Son épouse Cornélie Modeste né Calviera, veuve d'un premier mariage (1886) d'avec Pierre Ghiran, est née à Levens (Alpes Maritimes) en 1867 et habite à Nice. Celle-ci décède à Nice en 1948.
        Le temple de Nice ouvre en 1931 et est tenu par le frère Jean et la soeur Joséphine Benedetto.

    Louis Pastorelli à Nice, rue Von-Derwies 2 (Annuaire de Nice 1931)

        Il ne faut pas confondre ce Louis Pastorelli avec Baptistin Pastorelli de Paris. Cependant il est possible que Louis soit un oncle de Bastistin. Impossible de le vérifier, le nom de Pastorelli étant très répandu dans la commune de Briga et dans la région de Nice en général. Cependant Baptistin habitait, au moment de son mariage en 1920, rue Caroline à Nice, une rue parallèle à la rue Derwies.


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  • Emile DURET & Julie CASTERMANT

    Emile DURET
    Né le 23 février 1873 - Silly, 7830, Hainaut, Wallonie, BELGIQUE
    Décédé
    Tailleur de pierre
    Marié le 9 mars 1901, Ecaussinnes-d'Enghien, 7190, Hainaut, Wallonie, BELGIQUE, avec Julie Emilie CASTERMANT 1878-?, couturière
    source : https://gw.geneanet.org/ecaussinnes?n=duret&oc=&p=emile

     

    dans les Satuts du culte de 1922 :

    M. Emile Duret, ouvrier carrier, né à Silly le vingt-trois février mil huit cent septante-trois, et son épouse qu'il assiste et autorise : dame Julie-Emilie Castermant, ménagère, née à Ecaussinnes-d'Enghien le treize janvier mil huit cent septante-huit, demeurant ensemble à Ecaussinnes-d'Enghien.

    Propriétés :
    M. Emile Duret et son épouse dame Julie-Emile Castermant :
    Commune d'Ecaussinnes-d'Enghien.
    Une maison-temple, sise lieu dit Pavé de Braine, reprise au cadastre section A, n° 562f, pour une contenance de septante mètres carrés, joignant la rue Pavé d'Ecaussinnes, le chemin de fer de l'Etat, Dumonceau-Pourtois.
    Et la nue propriété d'une maison et une terre, sise même lieu, reprise au cadastre section A, nos 562g et 562e, pour une contenance de neuf ares trente centiares, joignant le Pavé d'Ecaussinnes, le temple ci-dessus, le chemin de fer de l'Etat et Dumonceau-Pourtois.
    Les époux Duret se réservant l'usufruit de cet immeuble jusqu'au dernier vivant d'eux.


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  • Armand GOHY & Ida HALLEUX de Stembert

    Armand GOHY & Ida HALLEUX de Stembert

    Armand Joseph Dieudonné Gohy
    Né le 12 novembre 1880 - Stembert
    Décédé le 30 mars 1957 - Verviers, à l'âge de 76 ans

    Marié avec

    Armand GOHY & Ida HALLEUX de Stembert

    Ida Marie Louise Halleux
    Née le 30 décembre 1880 - Chaîneux
    Décédée le 9 mai 1955 - Stembert, à l'âge de 74 ans

    enfant(s)
    Alice Marie Catherine Gohy 1911-1988
    Née le 15 février 1911 - Campagne de Bronde (Stembert)
    Décédée le 25 novembre 1988 - Stembert, à l'âge de 77 ans
    Inhumée - Stembert

    Mariée le 2 septembre 1936, Stembert, avec Georges Henri Marie Joseph Nizet 1911-1988 dont
    Mariette Joséphine Josette Alice Nizet
    Georgette Victorine Armandine Guislaine Nizet
    Alice Marie Joseph Guislaine Nizet
    Marie-Paule Josette Renée Guislaine Nizet

    https://gw.geneanet.org/pierrepallage1?lang=fr&pz=loic&nz=pallage&p=alice+marie+catherine&n=gohy

     

    Statut du culte (1922) :
    Un temple, sis en lieu dit Campagne de Bronde, repris au cadastre section B, n° 164k, pour une contenance de nonante mètres carrés, joignant Gohy-Halleux, le chemin du Cerisier.

    M. Gohy :

    Ce dernier déclare renoncer à tous les droits de propriété quant à la citerne qui est construite sous le temple ci-dessus affecté par M. Bragard, droits qu'il s'était réservé dans l'acte de vente avenu devant Me Jaminet, ci-dessus rappelé.

    Tant que cette citerne existera, M. Gohy aura le droit de puiser l'eau par la pompe existant actuellement pour ses besoins.


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  • L'antoiniste Marie (L'Univers, 8 avril 1914)

                            LES TRIBUNAUX

                        L'ANTOINISTE MARIE

        La 4e section de la quatrième chambre civile, présidée par M. Molinié, a statué, hier, sur un procès en divorce intenté par Mme Welson, dessinatrice dans un journal américain, contre son mari, professant le culte antoiniste.
        Le tribunal a rendu le jugement suivant :
        Attendu que les époux Welson, sujets américains, se sont mariés, le 24 octobre 1906, à Rome (Italie) ; qu'ils habitent aujourd'hui Paul risque la dame Welson a formé contre son mari une demande en divorce ;
        Attendu que les documents et faits de la cause établissent que Welson à depuis longtemps déjà adopté, vis-à-vis de sa femme, une attitude incompatible avec les obligations que le mariage lui impose ; qu'il se refuse à subvenir aux besoins du ménage, en fondant son inertie sur la secte religieuse à laquelle il déclare appartenir et qui lui fait un devoir de négliger les détails matériels ; que cette manière de comprendre l'existence a eu malheureusement pour conséquence de rendre la vie très pénible pour la dame Welson ; que le travail personnel auquel elle est obligée de se livrer, au lieu d'être un réconfort, a aggravé la mésintelligence dont souffrait son ménage, car son mari y a trouvé un nouveau prétexte à la blesser et à s'éloigner d'elle.
        Que, lors d’une maladie qu’elle a faite, elle n’a trouvé chez sui que des reproches pour s’être fait soigner et de pas s’en être remis purement et simplement à la Providence ; que ce fait éclaire bien l'état d'esprit de Welson ; que celui-ci, d’ailleurs, a signifié formellement à sa lemme qu'il entendait ne reprendre la vie commune que la condition de la voir se conformer aux préceptes auxquels il obéit lui-même ; qu’on ne saurait faire grief à une femme de vouloir mener l'existence naturelle et normale pour laquelle elle est faite et que, si son mari la lui refuse, elle est fondée à se soustraire à des règles de vie qui ne dérivent ni de la loi ni même de son consentement, qu’en persistant dans son attitude, Welson marque, pour sa femme, un éloignement ou le tribunal est fondé à voir une injure grave.
        Le tribunal a prononcé le divorce aux torts et griefs du mari de secte antoiniste.

    L'Univers, 8 avril 1914

    _______________________________________________

     

    Les époux Giusepe / Welson

    Chronique des Tribunaux

                  De l'antoinisme au divorce
        « L’antoinisme », cette secte religieuse qui a même à Paris des églises, fait des victimes en faisant des adeptes.
        Pour donner libre cours à ses nouvelles croyances, car il les préférait de beaucoup à la vie conjugale, M. Eva Giusepe, entendant désormais vivre en toute liberté, a, par son attitude, obligé sa femme à demander le divorce.
        La quatrième chambre du tribunal sous la présidence de M. Molinié, vient de dissoudre l'union des deux époux en rendant le jugement que voici :
        Attendu que les époux Giusepe, sujets américains, se sont mariés le 24 octobre 1906 à Rome (Italie) ;
        Qu'ils habitent aujourd'hui Paris et que, suivant exploit de Chainant, en date du 26 janvier 1914, la dame Giusepe a formé contre son mari une demande en divorce ;
        Attendu que les documents et faits de la cause établissent que Giusepe a depuis déjà longtemps adopté vis-à-vis de sa femme une attitude incompatible avec les obligations du mariage.
        Qu'il se refuse à subvenir aux besoins du ménage en fondant son inertie sur les principes de la secte religieuse à laquelle il déclare appartenir et qui lui font un devoir de négliger les détails matériels ;
        Que cette manière de comprendre l'existence a eu malheureusement pour conséquence de rendre la vie très pénible pour la dame Giusepe, que le travail personnel auquel elle est obligée de se livrer (elle est dessinatrice), au lieu d'être un réconfort, a aggravé la mésintelligence dont souffrait son ménage, car son mari y puisait un nouveau prétexte à la blâmer et à s'éloigner d'elle ;
        Que lors d'une maladie qu'elle a faite, elle n’a trouvé chez lui que des reproches pour s’être fait soigner et ne pas s’en être remise purement et simplement à la providence ;
        Que ce fait éclaire bien l’état d’esprit de Giusepe, que celui-ci, d’ailleurs, a signifié formellement à sa femme qu’il entendait ne reprendre la vie commune qu’à la condition de la voir se conformer aux préceptes auxquels il obéit lui-même ;
        Qu’on ne saurait faire grief à une femme de vouloir mener l’existence naturelle et normale pour laquelle elle est faite et que si son mari la lui refuse, elle est fondée à se soustraire à des règles de vie qui ne dérivent ni de la loi ni même de son consentement ;
        Qu’en persistant dans cette attitude Giusepe marque pour sa femme un éloignement où le tribunal est fondé à voir une injure grave. Cette victime de l'antoinisme obtient donc à son profit le divorce de plano.

    Le Journal, 7 avril 1914


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  • Mrs. Nucci, adepte de Monaco

        “Who is this Mrs. Nucci ?”
        “She is the wife of a musician who plays in the Orchestra of Monte Carlo. She has herself been healed by Mr. Antoine after having been declared incurable by the Doctors. She went to Belgium to thank Mr. Antoine personally for having been healed by him and since then I think she has been healing the sick herself. She simply writes the name of the patient, sends it to Mr. Antoine and asks him to heal them. There are hundreds of people here in Monaco who have been healed by her through Mr. Antoine.”
        The Colonel looked at me with an inquiring gaze of astonishment. Continuing his questioning he asked, “Where does this Mrs. Nucci live? Will we be able to see her?”
        “Certainly. She receives everybody and will be glad, I am sure, to see you. She lives in the villa Montplaisir, Boulevard de L'Ouest here in Monaco. About ten minutes walk.”
        “I know where it is,” volunteered the Customhouse Officer, “and I will be glad to pilot you thither.”
        And to the Boulevard de L'Ouest we went following our volunteer guide.
        We soon found the Villa Montplaisir, a very simple little Villa. We ascended two stories and saw a name "Nucci" on the door. We knocked, a little girl opened, and upon our demand to see Mrs. Nucci she led us to the front room. A portly lady of about 40, short in statue, with healthy rosy cheeks and black hair, came to us with a very sympathetic smile. We asked her whether she was Mrs. Nucci. She answered in the affirmative and very amiably requested us to be seated, advancing a chair toward us and pointing also to a sofa near by.
        “Mrs. Nucci, we have just learned through one of your patients very much benefitted indeed by your treatment, that you have remarkable healing powers, and have brought to pass many cures in Monaco.”
        “I must beg your pardon, Gentlemen,” she answered with much earnestness while sweetly smiling, “I have no healing powers whatsoever myself. When sick people come to me I simply take their names, tell them to have full faith in Mr. Antoine, and that he will surely heal them. I write those names to Mr. Antoine, he receives the letters, works for these sick people, and if they deserve to be healed if they have the faith their healing quickly follows according to their merits.”
        “How did you come to know Mr. Antoine?”
        “I was very ill myself for many years. The doctors had vainly tried to help me. There were interior ulcers around my heart, and once or twice a week the doctors forced instruments into my chest to allow the pus matter to run out. I suffered untold agonies. A lady from Monaco, who is actually the Secretary of Mr. Antoine [Juliette Vittard], spoke to me about him-saying if I would have faith in his powers he would surely heal me. She named several persons here from Monaco who had been healed by him of reputed incurable diseases. I believed the lady knew of those healings in Monaco, and a sudden faith in Mr. Antoine's powers took possession of my whole being. The lady now his secretary, wrote to Mr. Antoine and within a week my pains left me; in two weeks I felt much better, and in one month I was entirely well, my appetite had returned and consequently my bodily strength. I have never felt any pains since and I repeat with infinite thankfulness, my cure was entirely due to Mr. Antoine, for I had forsaken the use of any kind of medicine from the moment my name was sent to the healer.”
        “This is really extraordinary,” I replied. “But how did you come to be a healer yourself—for people believe that you have the same healing powers?”
        “This is a mistake gentlemen. As I stated before, I have no healing powers myself. I only invoke the aid of the Master. I seem to draw strength from him and transmit it to the patients. I am simply an intermediary.”
        While we were thus entertained by Mrs. Nucci we had been interrupted several times by persons coming into the room, some sick desiring her to write to Mr. Antoine in their behalf and others came expressly with joyous countenance, to thank her for the complete healing of themselves or of their children. To the sick persons, Mrs. Nucci invariably told them to have faith and that they would soon be well—she would write to the Master that very night.
        We took leave of the good lady taking with us the decided impression that she was an honest, benevolent, tender-hearted, whole souled, and very truthful person.

    […]

        I took lunch with the Nucci's, got acquainted with a little sister of Madeleine [fille de Mrs. Nucci], and soon there entered Mr. Nucci, the husband and father. He just came from his daily morning rehearsal of the Casino's Orchestra. He plays the first bass viol. He was a striking personality, tall, slim, large black restless eyes, black hair, a true bundle of ever vibrating Italian nerves. He showed real politeness. In all, a sympathetic, attractive figure, was this husband of Mr. Antoine's favorite Apostle.
        I went nearly every afternoon, as I had become very interested in her work. I wanted to see more of it before arriving at my conclusion. It was all so strange—so fabulous—almost legendary.

    […]

        The Husband of Mrs. Nucci played in the orchestra of Monte Carlo, the most aristocratic gambling place in all Europe, during the winter season, and in the orchestra of Vichy, the aristocratic summer resort, with its wonderful springs in Central France, during the summer months.
        He generally leaves Monte Carlo for Vichy in the beginning of May. The year I was in Monaco Mrs. Nucci decided to pass thru Belgium on her way to the summer season at Vichy, to go and give thanks to the Master Antoine, in the name of all the sick people he had healed upon the intercession of Mrs. Nucci.

    Albert Van der Naillen, Most sacred revelations given to the world by Antoine the wonderful Belgian healer
    The Park Printing Co., 1927, pp.10-13 & pp.36-37 & p.75

     

    Traduction :

        "Qui est cette Mme Nucci ?"
        "Elle est l'épouse d'un musicien qui joue dans l'Orchestre de Monte-Carlo. Elle a elle-même été guérie par M. Antoine après avoir été déclarée incurable par les médecins. Elle s'est rendue en Belgique pour remercier personnellement M. Antoine d'avoir été guéri par lui et depuis, je pense qu'elle guérit elle-même les malades. Elle écrit simplement le nom du patient, l'envoie à M. Antoine et lui demande de les guérir. Il y a des centaines de personnes ici à Monaco qui ont été guéries par elle grâce à M. Antoine."
        Le colonel me regarda avec un regard inquisiteur d'étonnement. Poursuivant son interrogatoire, il demanda : "Où habite cette Mme Nucci ? Pourrons-nous la voir ?"
        "Certainement. Elle reçoit tout le monde et sera heureuse, j'en suis sûr, de vous voir. Elle vit dans la villa Montplaisir, Boulevard de L'Ouest, ici à Monaco. Environ dix minutes de marche."
        "Je sais où il est," se proposa l'officier des douanes, "et je serai heureux de vous y conduire."
        Et jusqu'au boulevard de l'Ouest, nous sommes allés suivre notre guide bénévole.
        Nous avons rapidement trouvé la Villa Montplaisir, une petite villa très simple. Nous sommes montés sur deux étages et avons vu un nom "Nucci" sur la porte. Nous avons frappé, une petite fille ouvrit et, à notre demande de voir Mme Nucci, elle nous a conduits à la salle d'entrée. Une dame corpulente d'environ 40 ans, courte en statue, aux joues roses et aux cheveux noirs, est venue nous voir avec un sourire très sympathique. Nous lui avons demandé si elle était Mme Nucci. Elle répondit par l'affirmative et nous demanda très aimablement de nous asseoir, en avançant une chaise vers nous et en montrant aussi du doigt un canapé à proximité.
        "Mme Nucci, nous venons d'apprendre par l'un de vos patients que votre traitement a été très bénéfique, que vous avez des pouvoirs curatifs remarquables et que vous avez fait passer de nombreux traitements à Monaco."
        "Je dois vous demander pardon, messieurs, répondit-elle avec beaucoup de sérieux tout en souriant doucement, je n'ai moi-même aucun pouvoir de guérison. Quand des malades viennent me voir, je prends simplement leur nom, je leur dis d'avoir pleinement confiance en M. Antoine, et qu'il va sûrement les guérir. J'écris ces noms à M. Antoine, il reçoit les lettres, travaille pour ces malades, et s'ils méritent d'être guéris, s'ils ont la foi, leur guérison suit rapidement selon leurs mérites."
        "Comment avez-vous connu M. Antoine ?"
        "J'ai été moi-même très malade pendant de nombreuses années. Les médecins avaient vainement essayé de m'aider. Il y avait des ulcères intérieurs autour de mon cœur, et une ou deux fois par semaine, les médecins me forçaient la poitrine avec des instruments pour que le pus s'écoule. J'ai souffert d'innombrables souffrances. Une dame de Monaco, qui est en fait le secrétaire de M. Antoine, m'a parlé de lui – disant que si j'avais confiance en ses pouvoirs, il me guérirait sûrement. Elle a nommé ici plusieurs personnes de Monaco qui avaient été guéries par lui de maladies incurables réputées. Je croyais que la dame connaissaît ces guérisons à Monaco, et une foi soudaine dans les pouvoirs de M. Antoine a pris possession de tout mon être. La dame qui est maintenant sa secrétaire, écrivit à M. Antoine et en une semaine mes douleurs me quittèrent ; en deux semaines je me sentais beaucoup mieux, et en un mois je me sentais tout à fait bien, mon appétit était revenu et donc ma force physique. Je n'ai jamais ressenti de douleurs depuis et je répète avec une infinie reconnaissance, ma guérison était entièrement due à M. Antoine, car j'avais abandonné l'usage de tout médicament depuis le moment où mon nom a été envoyé au guérisseur."
        "C'est vraiment extraordinaire", lui ai-je répondu. "Mais comment êtes-vous devenu vous-même guérisseur, car les gens croient que vous avez les mêmes pouvoirs de guérison ?"
        "C'est une erreur, messieurs. Comme je l'ai déjà dit, je n'ai moi-même aucun pouvoir de guérison. Je n'invoque que l'aide du Maître. J'ai l'impression de puiser des forces en lui et de les transmettre aux patients. Je ne suis qu'un intermédiaire."
        Alors que nous étions ainsi divertis par Mme Nucci, nous avions été interrompus à plusieurs reprises par des personnes entrant dans la salle, certaines malades désirant qu'elle écrive à M. Antoine en leur nom et d'autres venaient expressément avec un visage joyeux, pour la remercier de la guérison complète d'eux-mêmes ou de leurs enfants. Aux malades, Mme Nucci leur disait invariablement d'avoir la foi et qu'ils seraient bientôt en bonne santé – elle écrirait au Maître le soir même.
        Nous avons pris congé de la bonne dame en emportant avec nous l'impression décidée qu'elle était une personne honnête, bienveillante, tendre de cœur, d'âme entière et très sincère.

    […]

        J'ai déjeuné avec les Nucci, j'ai fait la connaissance d'une petite sœur de Madeleine, et très vite M. Nucci, le mari et le père, est entré. Il revient tout juste de sa répétition matinale quotidienne de l'orchestre du Casino. Il joue de la première basse de viole. C'était une personnalité frappante, grand, mince, de grands yeux noirs agités, des cheveux noirs, un vrai paquet de nerfs italiens toujours vibrants. Il a fait preuve d'une grande politesse. Au total, un personnage sympathique et séduisant, c'était le mari de l'apôtre préféré de M. Antoine.
        J'y allais presque tous les après-midi, car je m'intéressais beaucoup à son travail. Je voulais en voir plus avant d'en arriver à ma conclusion. C'était si étrange, si fabuleux, presque légendaires.

    […]

        Le mari de Mme Nucci jouait dans l'orchestre de Monte-Carlo, la place de jeu la plus aristocratique d'Europe, pendant la saison d'hiver, et dans l'orchestre de Vichy, la station d'été aristocratique, avec ses magnifiques sources du centre de la France, pendant l'été.
        Il quitte généralement Monte-Carlo pour Vichy début mai. L'année où j'étais à Monaco, Mme Nucci décida de passer par la Belgique pour se rendre à la saison d'été à Vichy, pour aller remercier le Maître Antoine, au nom de tous les malades qu'il avait guéris par l'intercession de Mme Nucci.

    _____________________________________________

        Voilà ce qu'on apprend par le récit d'Albert van der Naillen dans son petit livre Most sacred revelations given to the world by Antoine the wonderful Belgian healer (1927). Dans les annuaires de la Principauté de Monaco, on trouve différentes références à des Nucci, notamment un musicien et une Joséphine, au 26, rue Grimaldi, sans pouvoir dire de qui il s'agit :

    Mrs. Nucci, adepte de Monaco

    Joséphine Nucci, recencée en 1906 à Beausoleil

    Mrs. Nucci, adepte de Monaco

    Nucci, musicien, habitant de la Condamine en 1913

    Mrs. Nucci, adepte de Monaco

    Nucci Mme J. habitant de la Condamine en 1923

     

        Une carte postale signée Clémentine Nucci est envoyée de Jemeppe : "Un grand bonjour à tous chez nous - le Maître a pu bien travailler, donc confiance - tout ira bien - amitiée - Clémentine Nucci".

    Mrs. Nucci, adepte de Monaco


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  • Roger Auque en 2004, sur le plateau de Thierry Ardisson (INA)

    Roger Auque en 2004, sur le plateau de Thierry Ardisson (INA), interview qui commence par sa foi avec Dieu après sa captivité. Il raconte ce point dans le bulletin de l'armée du Salut En Avant le 17 avril 1988 (il n'y parle jamais de Jésus, mais toujours de Dieu).

         Fils d'un assureur de Roubaix, gaulliste de gauche, ancien d'Indochine, et d'une mère communiste, Roger Auque, né le 11 janvier 1956 à Roubaix et mort le 8 septembre 2014, est un journaliste, espion et diplomate français.

        Il raconte dans Un Otage à Beyrouth (1987) :
         « Je n'ai pas reçu d'éducation religieuse bien qu'ayant été baptisé dans le culte antoiniste, un culte suivi par ma mère, qui respecte le christianisme mais qui se célèbre dans un temple. Je suis donc athée. Pourtant, au bout de deux heures, je me retrouve à genoux, sur le matelas, face au mur, à « prier » entre guillemets car je ne connais pas les phrases rituelles. Roger Auque, fils d'une antoiniste communiste de RoubaixJe prie Dieu, le Seigneur, et Jésus-Christ en même temps, mais sans vraiment faire la différence. Je demande aide et protection pour tous les miens. Je me surprends à annoncer : « Mon Dieu, Seigneur, protégez et aidez Marlène, la femme que j'aime. Aidez-moi et protégez ma vie. » Je ne suis pas devenu mystique, mais je ressens au plus profond de moi-même une émotion indéfinissable, comme si dans mon cachot je n'étais plus seul, mais pénétré par une forte présence que je nommerais Dieu. Je ne le sais pas encore. Je n'ai, en effet, pas de références pour l'analyser, mais, en moi, à côté et au-dessus de moi, quelque chose de tout puissant est présent, que je ne peux définir que par un seul mot : Dieu. Je découvre une spiritualité qui me pousse à communiquer. Je me rends compte que, dans mon désespoir, j'ai besoin d'aide. Cette première nuit, j'éprouve un sentiment inconnu jusqu'alors. Pourtant, je me suis déjà trouvé dans des situations difficiles et dangereuses où, généralement, je ne comptais que sur moi. »

     

    cf. l'article de Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Auque

    Roger Auque, libéré après plusieurs mois de captivité à Beyrouth,
    ici avec ses parents le 29 Novembre 1987 à Paris
    (par le photographe Chip Hires, source : gettyimages.fr)


       Les dernières lignes de son récit sont :
        « J'aperçois aussi Philippe Labro, le directeur de RTL, qui donne également des coups de coude pour tenter de se frayer un chemin. Il protège ma mère qui, toute petite, semble portée par la foule. Je tombe nez à nez avec Jacques Chirac qui me serre la main et me dit combien il est content que je sois enfin libre. Je reconnais Léotard. Il y a beaucoup de policiers.
    J'entends mon père qui me dit : « Enfin c'est fini. Le cauchemar est terminé. » Et dans ma tête, je répète : « Oui, le cauchemar est terminé. »
                                                     Paris, février 1988. »

    Roger Auque, fils d'une antoiniste communiste de Roubaix

    En avant, bulletin hebdomadaire de l'Armée du Salut (p.3, 17 avril 1988)


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