• L.A. : Guérisseur (1900-1906)

    après le procès de 1907, d'où le Père ressort sans condamnation

        Après avoir abandonné les expériences spirites, le Père continue de soigner, d#abord avec des médicaments, des conseils et de l'eau magnétisée, jusqu'à son procès en 1901 qui lui fait comprendre que la Foi suffit pour guérir. En 1907, un autre procès sera intenté contre lui, mais il ressort sans condamnation car il ne prescrit rien, il n'impose rien, il guérit.

  • Guide pratique du médium guérisseur (1888)

    Auteur : Sous l'égide de MUMS et Groupes de Chênée (Medium : M. Laurent)
    Titre : Guide pratique du médium guérisseur
    Éditions : Librairie des Sciences Psychologiques, Paris, 1888

        Marijke De Sadeleer, dans son travail de mémoire sur De Kracht Van Genezing (2013) évoque également un autre Guide Pratique du médium guérisseur, édité à Liège en 1873. Le célèbre spirite José Lhomme est également l'auteur d'un Livre du Médium Guérisseur. On a déjà évoqué cet auteur pour son livre L'Au-delà à la portée de tous, cité en référence par Pierre Debouxhtay.

         Quelques extraits de pratiques du médium guérisseur peuvent nous donner des éléments pour savoir comment opérait le Maître Antoine alors qu'il était encore spirite.

     

    METHODE EXPERIMENTALE

        Lorsque le patient peut s'asseoir, nous le mettons sur un siège et nous nous plaçons en face de lui, sans le toucher : plus tard on saura pourquoi.
        Nous restons debout, et si nous nous asseyons, nous tâchons toujours d'être sur un siège plus élevé que le sien, de manière à ce que les mouvements des bras que nous avons à faire, ne deviennent pas trop fatiguants.
        Lorsque le malade est couché, nous nous tenons debout près de son lit et l'engageons à s'approcher de nous le plus possible. Ces conditions remplies, nous nous recueillons un instant et nous regardons le malade.
        Lorsque nous jugeons que nous avons la tranquillité, le calme d'esprit désirables, nous dirigeons une de nos mains, ou les deux à la fois, les doigts légèrement écartés, sans être tendus ni raides, vers les parties malades, en suivant les instructions que l'on trouvera plus loin ; on répète les passes (1) d'une manière identique, pendant un quart-d'heure environ, en inspectant, avec soin, les phénomènes qui se développent sous l'action de ces passes.
        Notre pensée doit être active et n'avoir qu'un but: celui de pénétrer les parties sur lesquelles nous promenons les extrémités de nos doigts, par l'émission d'un fluide que nous supposons concentré dans nos centres nerveux ; ces fluides suivent le trajet de conducteurs naturels, tels que nos bras, et par suite, nos doigts.
        Nous avons dit supposons, quoique pour nous ce ne soit point une hypothèse, notre volonté met bien évidemment en mouvement un fluide qui se dirige et descend en suivant la direction des cordons nerveux jusqu'à l'extrémité des mains, pour franchir cette limite, et frapper les corps sur lesquels on le dirige.
        Lorsque la volonté ne sait pas le régler, il se porte, par irradiation, d'un objet sur un autre qui lui conviendra mieux ; dans le cas contraire, obéissant à la direction qui lui est imprimée, il produit ce que nous exigeons de lui, lorsque, toutefois, ce que nous voulons est dans le domaine du possible et de la raison.
        Les effets dont le développement suit d'ordinaire toute magnétisation, apparaissent en raison de l'énergie de notre volonté, de la substance émise et de la durée de notre action sur le sujet.
        Il faut toujours avoir l'intention que les émissions du principe fluidique soient régulières, et que, jamais, nos bras et nos mains ne soient en état de contraction ; ils doivent avoir toute leur souplesse, pour accomplir sans fatigue leur fonction de conducteur de l'agent.
        Lorsque nous nous sentons fatigués et supposons que l'émission fluidique n'est point suffisante, nous prenons cinq à dix minutes de repos ; puis nous recommençons le mouvement de nos mains (passes), comme précédemment, pendant un nouveau quart d'heure et nous cessons tout à fait quand nous pensons que le corps du sujet, ou du malade, est saturé du fluide que nous avons émis. »
        […]
        « L'Esprit peut agir directement, sans intermédiaire, sur un individu, ainsi qu'on a pu le constater en maintes occasions, soit pour le soulager, le guérir si cela se peut, ou pour produire le sommeil somnambulique. Lorsqu'il agit par intermédiaire, c'est le cas de la médiumnité guérissante.
        « Le médium guérisseur reçoit l'influx fluidique de l'Esprit, tandis que le magnétiseur puise tout en lui-même. Mais les médiums guérisseurs, dans la stricte acception du mot, c'est-à-dire ceux dont la personnalité s'efface complètement devant l'action spirituelle, sont extrêmement rares, parce que cette faculté, élevée au plus haut degré, requiert un ensemble de qualités morales que l'on trouve rarement sur la terre ; ceux-là seulement peuvent obtenir, par l'imposition des mains, ces guérisons instantanées qui nous semblent prodigieuses ; bien peu de personnes peuvent prétendre à cette puissance.

     (1) On appelle passes, un mouvement ambulatoire des bras ; ces passes sont dites : longitudinales, transversales, à grand courant, selon leur direction ou l'étendue que le magnétiseur juge à propos de leur donner ; selon les effets produits, et par leur étude suivie sur le sujet malade, le magnétiseur se fait une méthode appropriée à la nature, à la qualité du fluide guérisseur qu'il émet à l'aide de ses passes.

    p.59-61

     

    INFLUENCE DU MÉDIUM
    DANS LES OPÉRATIONS

    Groupes de Chênée.                                                           Médium : M. Laurent.

        Evitez de manger avant les opérations ; n'opérez qu'une heure au moins après vos repas. Pendant la première digestion l'opération est difficile et donne peu ou point de résultats.
        La distraction, voici le grand ennemi des opérateurs ; occupez-vous toujours de votre malade et ne vous inquiétez pas de ce qui se passe autour de vous ; agissez comme si vous étiez seul.
        Dans l'opération magnétique le médium est tout, c'est lui qui doit attirer les fluides et les diriger par sa volonté. Le désir du souffrant ou plutôt son intention, doit-être de les attirer sur les parties malades.
        Tant que le médium se trouvera dans de bonnes conditions voulues, celles du désir, de la volonté, de l'attention, nous pourrons l'aider, le charger du fluide qui aura les qualités substantielles propres au mal qu'il veut guérir.

    p.62

     

        Ayant demandé l'avis du docteur Demeure sur l'opinion du baron Du Potet, en ce qui concerne les phthisies arrivées au 3e degré, voici sa réponse :
        « Certes, le baron Du Potet a raison pour des malades arrivés au point de ne pouvoir supporter aucune médication, mais tous les malades de la 3° période ne sont pas à ce point.
        « Il y a différents degrés encore, dans cette période, et je dis qu'on peut les guérir au moyen d'une influence douce et sympathique, si on sait s'y prendre à temps, et si on y met de la persévérance et une sage et tenace volonté. »

     

        Quelques remèdes magnétiques :

    Vomissements.

        Donnez d'abord à boire de l'eau magnétisée, puis vous opérez la tête, descendez sur l'estomac et tenez la main légèrement, pendant une minute ; dégagez le mauvais fluide par les jambes.
        Souvent l'eau magnétisée suffit pour guérir cette misère.

    DANSE DE SAINT GUY

        Magnétisez très légèrement la tête, avec la bonne intention de guérir ; puis, deux ou trois passes à grand courant. Eau magnétisée à boire.

    Magnétisation de l'eau.

        Les procédés les plus simples que nous employons pour magnétiser l'eau consistent à introduire le fluide par l'orifice du vase en y pénétrant le bout des doigts, et à faire des passes du haut en bas ; ou bien à tenir le vase entre les deux mains, à établir des courants fluidiques, et à diriger sur le liquide de longues insufflations ; cette dernière méthode, qui parait être la plus active, nous oblige cependant, pour des raisons de convenance, à recourir aux passes et aux courants.
        Suivant Deleuze (1) : on magnétisera une carafe d'eau en deux ou trois minutes, et un verre d'eau en une minute. Nous pensons que le temps nécessaire, pour ce genre de magnétisation, doit être subordonné aux effets qu'on veut réaliser, au tempérament du sujet ou aux forces du médium.

    (1) « Instr. pratique », p. 73. (à lire en ligne Instruction pratique sur le magnétisme animal par J.-P.-F. Deleuze, Paris, 1846)


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  •     Il est intéressant de retrouver ici le motif cher à la Christian Science et aux pentecôtistes, qu'il faut s'abstenir de prendre des médicaments, la prière suffisant à délivrer le malade de son mal.
        Mais, dans la pensée de Manduzio, il s'agit de quelque chose d'un peu différent : en réalité, il craint que si le malade absorbe des médicaments, on attribue à ceux-ci plutôt qu'à Dieu le mérite de la guérison. En lui, ce qui domine, c'est ce soucis que l'expérience dont le malade est l'objet se déroule dans des conditions telles que rien ne puisse mettre en doute le succès, ou hypothèse invraisemblable, l'échec de son intervention. Car, pour Manduzio, ce qui compte dans cette action religieuse, ce n'est pas tant la guérison du malade que le témoignage qu'elle porte de la vérité de Dieu. En ce sens, Donato se rattache étroitement et, pourrait-on dire, presque d'instinct, à la pensée religieuse de l'Ancien Testament, où maints exemples — il nous suffira de citer l'épisode du bûcher d'Élie (I Rois, 21-40) — illustrent un état d'esprit que l'on pourrait qualifier d'ordalique. L'ancien magicien-guérisseur est devenu l'intercesseur de Dieu, et son souci dominant est d'en prouver la grandeur.
        Pour les adeptes de la Science Chrétienne, l'homme doit s'en remettre à Dieu seul pour obtenir la guérison ; toute médication est inutile car c'est seulement par l'esprit que la guérison peut intervenir.
        Pour les pentecôtistes, la maladie est une possession devant laquelle la médecine est inefficace.
        Pour Donato, le mal est la conséquence d'une attitude qui déplaît à Dieu, d'un comportement qui n'est pas conforme à la Loi ; la maladie est, en quelque sorte, une émanation directe de la divinité. Il s'agit donc de rétablir l'intégrité du malade par un repentir sincère et surtout par la promesse de ne plus transgresser la Loi à l'avenir. 

    Elena Cassin, San Nicandro, Histoire d'une conversion, p.69-70
    Quai Voltaire, Paris, 1993 (cf. Recension de la première édition de 1957)

        Cette posture de Donato Manduzio se rapproche également de ce que l'on peut déduire du Livre de Job.


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  •     En 1892, le monopole de la médecine se voit définitivement entériné aux dépens de celui des guérisseurs. La médicalisation de toute la vie sera alors inéluctable.
       Avec l'avénement de la Sécurité sociale en 1945, tout le champ social est médicalisé. Se soigner (ne pas mourir ?) a pris une valeur normative. La mort prend place dans la grande mutation technique, rapide et spectaculaire de ces quartante dernières années, et son image actuelle est « médicalement appareillée ». La mort se réfère aux critères de la médecine moderne. 

    Nicole Léry, L'Heure de la mort, p.173-74
    in La mort à vivre, approches du silence et de la souffrance
    Autrement, série Mutations N°87 - Février 1987


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  • F.Delcroix - Aurore d'une civilisation moral (Revue spirite, 1er décembre 1905)

    Aurore d'une civilisation morale

        D'aucuns dont les conceptions sont pacifistes et humaines, se plaignent de la cruauté du présent et inclinent à croire au néant de tout effort qui a pour but de transformer l'humanité. Ils s'effraient du sang et des larmes que coûte le plus léger progrès. L'individu change peu, à leur avis, restant au fond cette bête de proie qui s'approprie aux dehors d'une prétendue civilisation et substitue la ruse à la force. Que les circonstances le libèrent, soit sur le champ de bataille, soit dans les milieux lointains de l'expansion coloniale, le fond meurtrier réapparaît. La convoitise et la haine sommeillent dans les cœurs ; l'occasion ou le moindre froissement les réveille, l'impunité les débride. La lutte fratricide des intérêts divise les enfants d'une même patrie et la guerre, plus destructive que jamais, fauche par milliers des vies jeunes et vigoureuses, alors que notre monde, ô ironie, déplore la dégénérescence des races.
        Dans les villes, la corruption grandit et s'étale sans vergogne ; partout, dans le livre, au théâtre, aux vitrines, on exploite la sensualité. Et c'est une surprise pour qui réfléchit que tant de passions, aguichées par toutes les tentations modernes, ne parviennent pas à dissoudre les sociétés.
        – Voilà précisément la meilleure réponse aux doléances des pessimistes. Notre résistance morale s'est accrue. De même que la jeune femme se garde plus malaisément dans le luxe et le sourire des villes où elle jouit de plus de liberté que sous les regards ombrageux de la médiocrité campagnarde ; de même les vertus sont autrement méritoires au sein de notre âge d'or économique, dont les merveilles auraient fasciné nos misérables ancêtres.
        Notre sensibilité est plus fine et plus intelligente. La plupart des hommes craignent de faire souffrir, et cette bonté sert de mesure à leurs instincts. Les rapports sociaux imposent plus de ménagements ; il règne une sorte d'opinion moyenne de l'honneur qu'on ne heurte ni volontiers, ni impunément. Mais où apparaît clairement l'adoucissement des meurs, c'est dans la naissance et le développement d'œuvres toujours plus nombreuses de protection et de préservation sociales. Les sanatorias et les dispensaires de tuberculeux, les ligues en faveur de l'enfance, de la jeune fille, les colonies scolaires, les patronages de tous genres, réalisent des formes plus délicates de la bienfaisance et sont comme les signes d'une orientation nouvelle. Le même mouvement d'avant-garde se dessine par ailleurs. La médecine évolue dans le sens de l'étiologie et de la prophylaxie ; elle espère plus de l'hygiène des milieux et de l'esprit de prévoyance général que de la thérapeutique individuelle. L'école prenant de plus en plus contact avec la vie ambiante, s'inquiète davantage de la formation du cœur et des caractères. Elle reconnaît qu'il ne suffit pas d'utiliser les intelligences pour les triomphes matériels, qu'il importe autant, dans nos sociétés policées, de cultiver les penchants altruistes, d'aviver le sentiment de l'étroite solidarité qui unit les individus et les groupes sociaux. Ces tendances rénovatrices se sont affirmées dans tous les derniers Congrès internationaux de Liège, où a passé comme un souffle d'espérance. On dirait qu'une pensée d'unité cherche à se faire jour, que ces organismes épars sont en marche vers un même but, qu'ils se rejoindront bientôt pour former une puissante ligue offensive et défensive contre les lois d'airain de la nature et du champ de bataille économique.
        Les sociétés qui propagent ce mouvement de pitié et de solidarité humaine rencontrent partout mille encouragements. Des protecteurs illustres leur offrent leur appui moral et financier ; les comités d'action, et parfois de représentation, se composent des plus grands noms de la noblesse, de la politique, de la finance. Combien cette tâche paraît aisée cependant, en regard de la mission que M. Antoine a eu le courage d'assurer au cœur des idées ouvrières (1). Il a fondé une société spirite dans des vues toutes chrétiennes, résolu à négliger les manifestations physiques et les médiumnités bruyantes dont, ailleurs, on s'occupe un peu trop. Il aime mieux former des caractères. Il détache du cabaret et fortifie la vie de famille. Il détourne les esprits de la guerre des classes et des préoccupations utilitaires pour les aiguiller vers l'étude des problèmes intellectuels et moraux. Il habitue les adeptes à réfléchir sur les obstacles de chaque jour, enseignant la résignation, qui est à la fois une noble vertu et un acte de bon sens ; il leur conseille partout et toujours, par la parole de l'exemple, la réforme de soi qui est bien la question primordiale dans l'amélioration des sociétés. Les fidèles se réunissent dans leur temple trois fois par semaine : deux soirées sont consacrées à la lecture et aux instructions pratiques que suscitent des questions variées précises et surtout vivantes, puisque l'activité quotidienne les suggère. Dans la matinée du dimanche a lieu la moralisation des esprits qui se communiquent par l'intermédiaire de médiums écrivains. Le silence recueilli qui règne dans cette assemblée de chrétiens est véritablement émouvant, et cette émotion grandit quand l'expérience nous révèle qu'il ne s'agit en rien d'idées toutes platoniques et que nous avons affaire à un intense foyer d'énergie morale. Les fidèles sont agissants. Ils pratiquent le bien avec émulation. L'ardeur que d'autres dépensent pour des joies frivoles et passagères est donnée tout entière à l'acquisition des vertus qui fondent le vrai bonheur. Ces cœurs dévoués honorent M. Antoine comme un père ; ils l'entourent de la plus vive affection. C'est l'unique et douce récompense de cet homme de bien qui, loin de bénéficier des encouragements du monde officiel et du respect sympathique des honnêtes gens en place, n'a guère récolté jusqu'ici que sourires, indifférence ou dédain.
        Faut-il s'en étonner, puisque, de son vivant, toute vraie grandeur a été méconnue ?

                                                                                     F. DELCROIX.

    (1) M. Antoine dirige la Société spirite : les Vignerons du Seigneur, qui comptent des milliers d'adhérents en Belgique. Il vient de publier un livre de questions et de réponses, travail collectif des adeptes et de leur chef. Ce livre est intitulé : Enseignement, par Antoine le guérisseur, de Jemeppe-sur-Meuse.

     

    Revue spirite, 1er décembre 1905


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  • Malade chez le Père

     

    Malade chez le PèreMalade chez le Père

    Malade chez le Père (colorisé par colourise.sg)

     

     

    Malade chez le Père colorisé (Colorized by MyHeritage)

     

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