• Paris - Consécration du 1er temple français

    La foule au temple de la rue Vergnaiud (Excelsior 26 octobre 1913 - L'arrivée à Paris d'un pélerinage antoiniste)

    La foule au temple de la rue Vergniaud

    (Excelsior 26 octobre 1913 - L'arrivée à Paris d'un pélerinage antoiniste)

  • Un nouveau Messie à Paris (Le Temps, 27 octobre 1913)AU JOUR LE JOUR

    Un nouveau Messie à Paris

        Depuis ce matin Paris possède une nouvelle Eglise, un nouveau culte, un nouveau Messie. Une brave femme de Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique, est venue, suivie de six cents fidèles tout de noir habillés, propager en France le culte d'Antoine : non point du saint personnage dont Flaubert, après Téniers et Jacques Callot, immortalisa les tentations, mais d'un bon vieillard qui mourut l'an dernier, entouré du respect et de la reconnaissance d'un peuple entier.
        Qu'était le père Antoine ? Un jour, un obscur ouvrier reconnut en lui la vertu qui fait les prophètes. Il s'en alla vaticinant, et comme il était convaincu, il persuada les hommes qui l'entendaient. Il y avait parmi ceux-ci des malades, des infirmes. A la voix du nouveau Messie, les paralytiques se levèrent, les aveugles virent : ils l'assurent, du moins. Car des six cents fidèles qui, un petit sac à la main, vêtus, les hommes d'une lévite noire et coiffés d'un chapeau mat à bords plats, les femmes d'une robe noire et couvertes d'un voile, débarquaient hier à Paris, au grand émoi des badauds, il n'en est guère qui ne soient prêts à témoigner du miraculeux pouvoir du père Antoine.
        Miraculeux en effet ; le culte antoiniste dédaigne les formes extérieures qui sollicitent l'admiration des foules. Il suffit de posséder la foi pour être guéri des maux du corps et de ceux de l'âme. Foin des drogues, des thérapeutiques grossières, des chirurgies sanglantes ! La mère Antoine, dépositaire après décès du pouvoir spirituel de son mari, étend la main sur la foule recueillie – et chacun s'en retourne guéri ou amélioré selon la ferveur de sa foi ; le mécréant seul s'en va comme il était venu, car les dieux ne prennent soin que de leurs fidèles.
        Pour les croyants français, on a donc édifié au fond de la Glacière, rue Vergniaud, un temple que la mère Antoine inaugurait ce matin. C'est un vilain petit monument de style indéterminé, surmonté d'un clocheton minuscule et possédant pour tout mobilier une manière de chaire adossée au chevet, devant laquelle est un panneau portant l'image sommaire d'un arbre, avec cette inscription : « L'arbre de la science de la vue du mal ». Langage hermétique évidemment. Le plus grand miracle de la foi antoiniste est sans doute de le rendre clair aux sectateurs du vieil ouvrier guérisseur.
        D'autres inscriptions ornent le chevet : ce sont des formules dogmatiques : « L'enseignement du Père, c'est l'enseignement du Christ révélé à cette époque par la Foi... Un seul remède peut, guérir l'humanité : la Foi ; c'est de la Foi que naît l'amour, qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. »
        – En effet, nous expliquait hier un frère antoiniste, le Christ, venant après les prophètes, marquait une étape nouvelle dans l'évolution morale : à la rigoureuse loi du talion, il substituait le pardon des offenses. Le Père (c'est Antoine) a fait mieux : comme nos ennemis sont les meilleurs auxiliaires et les seuls guides de notre progrès en nous révélant à nous-mêmes les défauts qui ternissent la netteté de notre conscience, ils sont les véritables instruments de notre épuration. Il ne suffit plus de leur pardonner ; nous devons reconnaître en eux nos fidèles amis, et les aimer comme tels.
        » Il faut, ajoutait notre interlocuteur, retourner à l'essence même, au principe initial des religions : à la loi de la conscience ; il faut dégager cette loi de toutes les formes extérieures, de tous les rites, de toutes les liturgies qui en obscurcissent la notion. Puisque nous vivons entourés d'un fluide fait de tous les actes et de toutes les pensées commis ou conçues pendant nos existences antérieures – fluide que le Père maniait à sa volonté et d'où il tirait ses guérisons, – il faut l'exalter au cours de l'existence actuelle en pratiquant le désintéressement le plus absolu. La douleur, les épreuves nous sont envoyées pour nous permettre de nous élever successivement jusqu'à la quasi-perfection morale et à l'amour universel...
        – Mais, interrompons-nous, fort inquiet, ce dogme des réincarnations n'est-il point hérétique ? Ne sentez-vous pas quelque peu le soufre ?
        – Nullement, cher monsieur, nous respectons toutes les religions : nous remontons seulement à leur principe commun.
        – Mais vous ne les pratiquez pas ?
        – Nous sommes les fidèles du Père. Il est pour nous la réincarnation du prophète qui parut plusieurs fois pour révéler au monde la loi de la conscience...
        – Et votre foi justifie vos miracles ?
        – Assurément.
        – Et vos miracles justifient votre foi ?
        – Sans doute... comme dans toutes les religions, ajoute le frère antoiniste.
        Cependant une femme vient interrompre notre entretien. Avec quelle conviction notre interlocuteur lui répond-il :
        – Tout à l'heure... Ici je suis utile...
        Et comme elle revint peu après le tirer par sa lévite, il nous a semblé surprendre une grimace irritée... Pour être saint, n'en serait-on pas moins homme ? – G. J.

    Le Temps, 27 octobre 1913


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  •  Los antonistas en Francia (Diario español, 21 de noviembre de 1913)CEREMONIA CURIOSA

    Los antonistas en Francia

    Visiones y otros excesos

        Paris.–Los adeptos del culto antonista, fundado en Jemmapes (Bélgica), por el famoso magnetizador, herrero de oficio, Antonio el Generoso, decidieron hace algunos meses levantar un templo en Paris.
        El antonismo cuenta en Bélgica con cientos de miles de prosélitos, muchos de ellos en buena posición.
        Es jefe de la secta, desde la muerte del fundador, una parienta suya, muy vieja, llamada Antonia.
        Días pasados celebróso la inauguración del primer templo antonista parisiense.
        Vinieron de Bélgica, Antonia y unos cien fieles.
        Acudieron también bastantes Antonistas de diversos puntos de Francia.
        Antonia, una vez estuvo el templo lleno, mandó cerrar las puertas.
        Subió al púlpito y arrodillóse.
        Vestia de negro, y llevaba tendida sobre su cuello y espalda su blanca y larguisima cabellera, que no habia peinado.
        Empezó á recitar oraciones de las e que Antonio dejó escritas.
        Luego se puso en pié, y extendiendo los brazos y abriendo mucho los ojos, quedóse inmóvil.
        Al cabo de algunos minutos declaró que acababa de ver á Antonio, entre nubes.
        Otros antonistas dijeron que no habían visto á Antonio, pero sí una nube blanca.
        De pronto, una mujer de treinta años, natural de Vichy, que habían llevado en un carrito, levantóse y empezó á gritar:
        –Llevaba ocho años paralítica. Acabo de curarme.
        Y comenzó á dar saltos.
        Otras tres personas empezaron á gritar a su vez:
        –Estamos curados, estamos curados.
        So trataba de sedicentes enfermos de dolencias nerviosas.
        Prodújose gran alboroto.
        Parecía aquello una reunión de locos.
        Al fin todos se calmaron y fueron saliendo.
        Y así ha comenzado el culto antonista en París.

    Diario español, 21 de noviembre de 1913

     

    Traduction :

    CÉRÉMONIE CURIEUSE

    Les Antonistes en France

    Visions et autres excès

        Les adeptes du culte Antoiniste, fondé à Jemmapes (Belgique) par le célèbre magnétiseur, forgeron de métier, Antoine le Généreux, ont décidé il y a quelques mois d'élever un temple à Paris.
        L'Antoinisme compte en Belgique des centaines de milliers de prosélytes, dont beaucoup sont de bonne situation.
        Le chef de la secte, depuis la mort du fondateur, est une de ses parents, très âgée, appelé Antoine.
        Il y a quelques jours, elle a célébré l'inauguration du premier temple Antoiniste à Paris.
        Antoine et une centaine de fidèles sont venus de Belgique.
        Il y avait également de nombreux Antoinistes venus de différentes régions de France.
        Antoine, une fois l'église pleine, a ordonné la fermeture des portes.
        Elle est montée sur la chaire et s'est agenouillée.
        Elle était vêtue de noir, et ses longs cheveux blancs, qu'elle n'avait pas peignés, étaient drapés sur son cou et son dos.
        Elle a commencé à réciter certaines des prières qu'Antoine avait laissées.
        Puis elle se leva, et, étendant les bras et ouvrant grand les yeux, elle resta immobile.
        Au bout de quelques minutes, elle déclara qu'elle venait de voir Antoine parmi les nuages.
        D'autres antoinistes ont dit qu'ils n'avaient pas vu Antoine, mais qu'ils avaient vu un nuage blanc.
        Soudain, une femme de trente ans, originaire de Vichy, qui avait été emmenée dans une charrette, se lève et se met à crier :
        –Je suis paralysé depuis huit ans. Je viens d'être guéri.
        Et elle a commencé à sauter de joie.
        Trois autres personnes se sont mises à crier à leur tour :
        –Nous sommes guéris, nous sommes guéris.
        Il s'agissait de personnes prétendument souffrantes de maladies nerveuses.
        Il y a eu une grande agitation.
        On aurait dit une réunion de fous.
        Finalement, tout le monde s'est calmé et est parti.
        C'est ainsi qu'a commencé le culte antoiniste à Paris.

    Journal espagnol, 21 novembre 1913

    Le récit est très librement adapté d’autres articles français, comme celui du journal Le Voltaire.


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  • Les Antoinistes à Paris (Excelsior, 25 octobre 1913)

    Les antoinistes à Paris.

         Si la mort du zouave Jacob creuse un vide dans les rangs des « guérisseurs » parisiens, ce vide va être abondamment comblé.
        En effet, c'est demain dimanche que sera inauguré, à Paris, à l'angle de la rue Vergniaud et de la rue Wurtz, le temple élevé par les antoinistes de la capitale.
        La « Mère », veuve du « Père » Antoine, décédé il y a un an environ à Jemmapes-lez-Liége, centre de la nouvelle secte, arrive aujourd'hui de Belgique, accompagnée de cinq ou six cents pèlerins d'outre-Meuse. Dimanche, elle procédera à l'inauguration du temple et opérera les malades qui se présenteront à elle à partir de dix heures du matin.

    Excelsior, 25 octobre 1913


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  • On fait des miracles à Paris (Le Voltaire, 27 octobre 1913)

    On fait des miracles
    à Paris
    Un nouveau culte, un nouveau messie
     

        Les « Antoinistes » font reparler d’eux. Ils ont inauguré hier, dans le quartier de la Glacière, un temple où ils vont célébrer leur culte. Une foule énorme a assisté à l'inauguration.
        La « Mère » propagandrice de la religion instituée par le « Père Antoine », était venue de Jemeppe-sur-Meuse, pour bénir le nouveau temple, simple construction carrée surmontée d'un clocheton.
        A dix heures, « l'Opération » – ainsi se nomme l'unique office du culte – commença. La « Mère » monta en chaire. Grande, maigre, vêtue de noir, pâle sous ses bandeaux blancs, elle commença de prier silencieusement. Tout à coup, le « Père » (c'est du moins un antoiniste qui me l'affirma) lui apparût ; alors la « Mère » projeta violemment le bras droit vers la vision, et pendant quelques secondes promena sa main ainsi imposée sur les assistants, en partant du nord et en s’arrêtant successivement sur les quatre points cardinaux.
        Certains adeptes affirmèrent voir une nuée fluidique descendre sur eux. Quoi qu'il en soit, un phénomène remarquable d'auto-suggestion se produisit hier matin. Quand la « Mère » eut ainsi donné sa bénédiction, on vit une femme de trente ans, Mme Thévenoux, de Vichy, que l'on avait apportée sur un brancard, paralysée et les mains tordues, recouvrer tout à coup la liberté de ses mouvements et se mettre à marcher. Il y avait neuf ans que Mme Thévenoux était atteinte de paralysie. Trois autres personnes, atteintes également de maladies nerveuses à un degré plus on moins grave, se trouvèrent subitement guéries et fondirent en larmes. Une autre, Mme A..., demeurant 154, rue de Montrouge, à Malakoff, nous déclara avoir été guérie naguère d'une carie des os.
        Nous n'avons certes pas assisté à ces miracles qui ne sont ni plus, ni moins idiots que ceux qui sont opérés à Lourdes.

    Le Voltaire, 27 octobre 1913


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  • M. Ribot, au centre, en 1915 (gallica)

    M. Ribot, au centre, en 1915 avec Aristide Briand (à sa droite) et Louis Barthou (à gauche) à l'enterrement de M. Decou (source : gallica)


        Alexandre Ribot, né le 7 février 1842 à Saint-Omer (Pas-de-Calais) et mort le 13 janvier 1923 dans le 7e arrondissement de Paris, est un magistrat, conseiller d'État et homme politique français (ministre notamment sous Raymond Poincaré, député puis sénateur du Pas-de-Calais). Le principal lycée de Saint-Omer porte aujourd'hui son nom.
        Des articles relatent la méprise des Antoinistes qui l'auraient pris pour un des leurs le jour de la consécration du Temple de Paris 13e, rue Vergniaud.

    M.Ribot (Alexandre) pris pour un autre

    M. Ribot pris pour un autre
    (Courrier de Saône-et-Loire, 29 octobre 1913

    M.Ribot (Alexandre) pris pour un autre

     

     

    M. Ribot et les Antoinistes
    (L'Echo d'Alger, 27 oct 1913)

     

     

     


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  • Billet d'annonce de consécration du temple (in L'Écho du merveilleux, 1er novembre 1913)#

    source : L'Écho du merveilleux, 1er novembre 1913


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  • L'Inauguration du Temple Antoiniste de Paris (Le Fraterniste, 14 novembre 1913)L'Inauguration du
              TEMPLE ANTOINISTE
                                de Paris

         Nous avons annoncé en temps utile, dans notre numéro 152 du 24 Octobre, l'inauguration du temple antoiniste de Paris.
        Aujourd'hui, nous publions la relation de cette cérémonie qui nous est envoyée par l'une de nos abonnées parisienne, Madame de Poncey.

     *
    *   *

        Le train spécial arriva en gare le samedi vers 3 heures du soir, amenant près de 500 adeptes, presque tous en costume Antoiniste. Les adeptes parisiens de cette religion spirite faisaient la haie sur le passage de la mère, de M. Deregnaucourt et de leurs frères belges. Le métropolitain avait lui aussi formé un train spécial. A la sortie du métro, le cortège se reconstitua rue de la Glacière et de là, par la rue Vergniaud, arriva au temple nouveau.
        Puis, les Antoinistes Parisiens, qui avaient bien fait les choses, amenèrent leurs frères de Belgique dans différents hôtels où des logements leur avaient été réservés.

    *
    *   *

        Le lendemain dimanche, bien avant dix heures, il y avait autour du temple une foule nombreuse. Beaucoup de malades y avaient été amenés soit sur des voitures, soit dans des autos, ou même sur des civières.
        Il y eut 4 ou 5 opérations et à chacune d'elles on put entendre plusieurs malades dire : je suis bien maintenant, je suis guéri.
        A la première opération, une paralysée de Vichy sortit guérie sous les yeux de personnes qui, au cours de l'opération avaient vu le travail s'opérer en elle. J'ai vu à côté de moi une dame d'un certain âge qui était soutenue sous les bras par deux personnes. En entrant, sa figure était verdâtre et marbrée de violet. Elle ne pouvait se tenir debout et personne ne pouvait circuler tout près d'elle sans lui faire pousser des cris.
        Ses souffrances étaient atroces. Après l'opération et à la sortie du temple, son teint était devenu normal et elle ne s'appuyait plus que sur un seul bras.
        Combien de personnes incrédules ai-je vues qui étaient venues à cette cérémonie en simples curieux ou même pour plaisanter et qui, après avoir vu la douce et sainte figure de la Mère en train d'opérer, son bras largement étendu sur la foule, se mirent eux aussi à pleurer. Ils avaient vu des guérisons se produire presque instantanément autour d'eux.
        D'autre part voici l'opinion d'un occultiste que j'avais prié de se joindre à nous.
        « Nous avons assisté à une opération de Mère Antoine dont le visage est bien celui des Grands Inspirés ».
        Ces quelques paroles vous diront mieux qu'un long discours l'impression produite sur la foule.
        Et ceci met la joie en nos âmes, à nous qui savons la Vérité et qui désirons la faire connaître à tous, et vous savez comme moi, combien l'humanité en a besoin en présence des luttes fratricides auxquelles nous assistons dans le but de jouir de plus en plus et de calmer le plus possible les appétits matériels et le besoin insatiable de luxe.
        La cérémonie prit fin vers midi et chacun accompagna ses frères de Belgique jusqu'à la gare du Nord où un train spécial devait repartir à 5 heures.
        A 4 heures, Mère arriva à la gare. Comme la veille, les Antoinistes Parisiens formèrent la haie sur son passage. Puis lorsque Mère accompagnée de M. et Mme Derégnaucourt ainsi que de Mlle Vittart ; cette française qui par son éclatante guérison fut la première à importer l'Antoinisme en France, eut pris place dans son wagon, tous les Antoinistes Parisiens attendirent sur les quais que le train se fut ébranlé. Quand le train partit, ce fut du délire. Une indescriptible ovation fut faite à la Mère, et, certes, il faut vivre ces minutes dans leur grandiose simplicité, pour pouvoir y croire. On sent bien que le souffle qui passe en ces moments par les âmes, n'est pas d'ici bas.
        Et n'allez point croire qu'il y ait de ma part, dans ce récit, de l'emballement, du fanatisme, ou de l'auto-suggestion. Non ! C'est du réellement vécu.
        Je suis persuadée qu'un médium voyant jouirait en ces moments d'un spectacle peu commun. C'est le vrai fluide divin qui pénètre les cœurs.
        Enfin quand comprendra-t-on que la nourriture du corps compte bien peu comparativement à celle de l'esprit ? Et combien il est pénible pour nous d'être obligés de retomber au terre à terre pour les besoins de la vie matérielle qui nous astreint.

    *
    *   *

        J'espère, chers amis, vous faire part à l'avance de la consécration du temple de Monaco qui doit avoir lieu dans le courant de décembre prochain. Il y aura des billets à prix réduits et sinon un train, du moins plusieurs voitures mises à notre disposition.

                                                                          A. de PONCEY.

    Le Fraterniste, 14 novembre 1913


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  • In de Rue Vergniaud, te Parijs (De Expres, 3 décembre 1913)

    De XXe Eeuw.

         In de Rue Vergniaud, te Parijs, hebben zich eenige opgewonden tooneelen afgespeeld, zooals men ze alleen in het hartje van den zomer pleegt te zien, wanneer een groote menigte zich om de bronnen te Lourdes verdringt. Zaterdagavond was te Parijs de moeder van den Belgischen gezondbidder, Antoine, uit Jemappe, bij Luik, met ongeveer 400 aanhangers aangekomen, om den eersten tempel dezer sekte, die in de Rue Vergniaud opgericht is, in te wijden. Om tien uur zou deze plechtigheid plaats vinden en ongeveer 'n duizendtal personen, o.w. verscheidene zieken, waren opgekomen om daarbij tegenwoordig te zijn. Toen de moeder van Antoine, in een zwart kleed, een soort kansel besteeg, begon een gerucht en geweeklaag uit de menigte op te stijgen. Verscheidene geraakten in een overspannen toestand en wierpen zich op den grond. Een vrouw, die op krukken ging, wierp deze weg en schreeuwde: „Ik ben genezen”. Of dit werkelijk waar was, kon niet worden vastgesteld. De vrouw werd spoedig door de omstanders weggeleid. Geruimen tijd duurden deze tooneelen voort en eerst, toen madame Antoine zich verwijderde, keerde de rust terug. Des middags vertrok zij naar België en over eenige dagen begeeft zij zich naar Monte Carlo, om daar eveneens een gezondbidderstempel in te wijden.

    De Expres, 3 décembre 1913 (delpher.nl)

     

    Traduction :

        Dans la rue Vergniaud, à Paris, il y a eu des spectacles passionnants, car on a tendance à ne les voir qu'au milieu de l'été, quand une foule nombreuse se presse autour des sources de Lourdes. Samedi soir à Paris, la mère du guérisseur belge Antoine, originaire de Jemappe, près de Liège, est arrivée avec environ 400 adeptes, pour inaugurer le premier temple de cette secte, fondé dans la rue Vergniaud. C'est à dix heures que cette cérémonie devait avoir lieu et un millier de personnes, dont plusieurs malades, se seraient déplacées pour être là aujourd'hui. Lorsque la mère d'Antoine, vêtue d'une robe noire, est montée en chaire, une rumeur et des lamentations ont commencé à s'élever dans la foule. Plusieurs se sont retrouvés dans un état d'excitation et se sont jetés à terre. Une femme, qui était appuyée sur des béquilles, les a jetées et a crié : "Je suis guérie". Il n'a pas été possible de déterminer si cela était vraiment vrai. La femme a rapidement été emmenée par des passants. Un temps considérable s'écoula, et ce n'est que lorsque Madame Antoine s'éloigna que la paix et le calme revinrent. Dans l'après-midi, elle est partie pour la Belgique et quelques jours après, elle s'est rendue à Monte Carlo, où elle a également inauguré un temple de guérison par la prière.


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  • Le Temple antoiniste de Paris est terminé (Le Franterniste, 24 octobre 1913).jpgANTOINISME

     

        Le Temple Antoiniste de Paris qui fait l'angle des rues Vergniaud et Wurtz, est terminé.
        Il sera inauguré par Mère Antoine le Dimanche 26 courant.
        Les Antoinistes Belges arriveront samedi soir dans la Capitale par train spécial.

     

    Le Fraterniste, 24 octobre 1913


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  • Temple de Paris (Les Succès de l'Antoinisme, in La Vie Mysterieuse, n°117, 10 nov. 1913)

    Un journaliste fait le récit de l'inauguration du Temple pour le journal La Vie Msytérieuse


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  • Les Succès de l'Antoinisme (La Vie Mystérieuse, n°117, 10 nov. 1913)

    L’Inauguration du Temple Antoiniste
    du XIIIe Arrondissement

    Par LE PROFESSEUR EU HAKIM

        Prié par l’Administration de la Vie Mystérieuse de remplacer son secrétaire général, mon ami F. Girod, à l’inauguration du Temple Antoiniste, je me rendis donc, le dimanche 26 octobre, muni d’un appareil photographique dans le XIIIe arrondissement où, à l’intersection des rues Vergniaud, Wurtz, Barreaut et Daviel, s’élève sur un large emplacement, le nouveau Temple d’Antoine le Généreux.
        Dès 8 heures du matin, l’affluence est considérable et met en rumeur la population du quartier, population gouailleuse, incrédule, moins qu’inconsciente, qui sourit et blague les adeptes (hommes et femmes) du nouveau culte, avec leurs costumes sévères de puritains. Vêtus de drap noir, les hommes portent la longue lévite à revers et à taille, à petits boutons, et le chapeau haut de forme à bords plats avec la calotte en tromblon, fort en faveur sous Louis-Philippe ; les femmes portent la robe à plastron, avec le derrière de la jupe formée de 3 gros plis plats et le bonnet avec voile et ruche de crêpe. Tout cet ensemble d’austérité dans la mise et le maintien leur donne un air de confrérie qui déplaît à cette population de faubourg, qui, demain, recevra néanmoins les dons des sœurs de la Charité. Les Antoinistes sont nombreux, d’aucun viennent de très loin, de Bruxelles, de Jemeppes, de Lille, de Bretagne, de Toul, de Vichy ; les groupes de Paris sont tous représentés. Mais, d’instant en instant, les tramways et les taxis amènent des éléments nouveaux et je reconnais parmi les assistants, des personnalités de l’occultisme, plusieurs membres de S. I. R. P., et je suis moi-même reconnu par plusieurs Sœurs de l’Antoinisme. J’en profite aussitôt pour solliciter l’honneur d'être présenté à la Mère, afin d’obtenir la permission de photographier « l’opération », mais malgré tout l’accueil sympathique et bienveillant qui fut fait à l’envoyé spécial de la V.M., la consigne est formelle, personne ne peut photographier l’intérieur du Temple, je me hâte de prendre un cliché de l’extérieur de l’édifice, et me mêle à la foule qui se presse à l’entrée du Temple pour la première opération. On s’arrache les numéros de la V. M. reproduisant le Temple de Jemeppes, qu’un distributeur donne à la porte ; pour contenter ceux qui n’ont pu s’en procurer, je prends des adresses, et promets l’envoi de ces numéros.
         Un taxi s’arrête non loin de moi, et j’en vois descendre un homme taillé en hercule, portant dans ses bras une femme d’une trentaine d’années, à la figure émaciée par la douleur, on fait place, et elle est bientôt dans l’intérieur du Temple, au premier rang. Je la suis et pendant que l’on attend la Mère je jette un coup d'œil autour de moi. Le Temple est une petite église toute neuve, comme on voit dans les campagnes, sans style, avec sa nef et ses bas côtés, au-dessus desquels courre une galerie, le chœur éclairé par un tryptique en vitrail blanc, et les côtés par quatre fenêtres doubles, vitrées de vert tendre qui répandent une lumière douce et quasi paradisiaque. Ce n’est plus l’irisée des cathédrales gothiques, avec les passions positives et négatives symbolisées par les couleurs rouges et bleues des vitraux d’art, et qui doivent s’harmoniser avec le flamboiement des cierges et les ors du chœur. Non, c’est ici la réalisation, la chose accomplie, la foie réelle, le vert résultant de l’idéalisme, bleu, et de la raison, jaune. C’est bien la lumière astrale dont semblent pénétrés tous ces fidèles et tous ces adeptes. A la place du chœur, une modeste tribune surmontée d’une autre, où tout à l’heure, montera la Mère.
        Au fond peint sur le mur, la parole du Père (voir le croquis.)

    Les Succès de l'Antoinisme (La Vie Mystérieuse, n°117, 10 nov. 1913)

        De chaque côté de la tribune un frère Antoiniste celui de droite tient en guise de croix l’arbre de la vue du Mal. Celui de gauche ganté de blanc est charge d’annoncer les offices à l’aide d’une simple clochette. Cette dernière retentit 3 fois, et la porte de gauche s’ouvre pour laisser passage à la Mère, suivie de son disciple. Ce dernier prend place dans la tribune du bas, la Mère monte à la tribune supérieure, après quelques secondes de recueillement, elle élève les mains, fait une invocation muette, puis étendant la main droite sur la foule des fidèles, elle va lentement de gauche à droite dans un geste solennel de bénédiction. Au milieu du calme impressionnant, un mouvement se fait, on se penche, on s’approche, c’est la malade que l'on portait, qui vient de se mettre sur ses pieds, et qui marche seule et remue les bras pour montrer qu’elle est guérie, on veut l’entourer, mais les frères font écouler lentement la foule par la porte du fond pour laisser la place à celle qui attend son tour à l’entrée.
        Je m’approche et demande des renseignements, une sœur me dit : « C’est une personne qui était paralysée depuis 9 ans... » « Pardon sœur, dit un frère derrière moi, n’exagérons pas, cette personne n’était pas paralysée, elle était atteinte d’une affection nerveuse », j’admire la bonne foi de cet adepte et ne puis m’empêcher d’établir mentalement, un rapprochement avec un prétendu miracle dont j’avais été témoin l’an passé à Lourdes. Je prie ce frère de vouloir bien me donner quelques précisions sur cette malade, très aimablement il me dit : « C’est une personne de Vichy, Mme Thevenoux, âgée de 30 ans environ, qui, depuis 9 ans est en proie à des attaques qui lui durent des heures et la laissent raide et inanimée, et à la suite desquelles elle ne peut mouvoir ni bras ni jambes ; elle a tout essayé, et vous voyez, la foi vient de la guérir. Je remerciai, et suivant le flot, j’arrivai derrière l’Eglise où, dans une grande baraque Collet, se tiennent la Mère et son disciple, et attendant la nouvelle opération car l'affluence était telle que la Mère dut consentir 4 opérations, ce qui, en évaluant à 500 le nombre d’assistants que peut contenir le Temple, porte à 2.000 ceux qui ont consacré par leur présence, le Temple d’Antoine le Guérisseur.
        Maintenant plus de titis gouailleurs dans la foule, on cause entre gens comme il faut, on discute le pour et le contre, dame tout le monde n’est pas converti, mais l’on s’accorde à trouver que cette nouvelle doctrine est belle par sa simplicité même, et que la loi d’amour qu’elle préconise est préférable au manifeste des évêques qui justement aujourd’hui, quêtent et prêchent dans nos églises, pour ameuter les croyants contre les non croyants. J’entends une autre réflexion qui vaut la peine qu’on la relate : « Au moins la Mère ne dit pas de mal, puisqu'elle ne parle pas. C’est pas comme notre curé, il a reproché en chaire à une femme le prix trop élevé de son chapeau, disant qu’elle aurait mieux fait de donner cet argent à la quête.
        Mais je tiens à donner aux lecteurs de la V.M. une idée visuelle de l’intérieur du Temple, et me glissant à nouveau dans l’assistance, je grimpe à la galerie supérieure et, (j’en demande humblement pardon aux frères et sœurs de l’Antoinisme) pendant la cérémonie je croquai en hâte ce que je pus de l’intérieur de l’édifice. Les lecteurs voudront bien excuser ce griffonnage qui a la prétention d’être un croquis, mais ce que je leur conseille, c’est de ne pas s’en rapporter à mon dire, et d’aller se rendre compte par eux-mêmes du solennel de cette simplicité, du calme bienfaisant que répand cette bonté, et ils comprendront, eux, qui ne sont pas étrangers au monde des fluides, qu’une ambiance créée par une communion de pensées sincères d’amour et de loyauté peut très bien, sur certains organismes, produire des réactions favorables car il n’y a pas eu que cette guérison ; un habitant du quartier m’a dit : « Moi je n’y crois pas à leur Antoine, mais il y a tout de même quelque chose, tenez, je connais une vieille marchande de lacets qui marche habituellement avec des béquilles, et bien, tout à l’heure après la messe (sic), elle est sortie avec ses béquilles sous son bras », encore un Antoiniste futur. On m’a cité aussi, le cas d’une enfant de 9 ans qui a été guérie d’une boiterie datant de 4 ans, mais je ne l’ai pas vue.
        En résumé, bonne manifestation pour le spiritualisme et la thaumaturgie, qu’importe aux malades la source du remède pourvu qu’ils guérissent, et de plus l’Antoinisme nous rappelle sous une autre forme, la parole du Maître « Aimez-vous les uns les autres » ; à ce titre seul, il a droit à nos sympathies. Tous nos vœux pour son succès.

                                                                    El Hakim.

    La Vie Mystérieuse, n°117, nov. 10, 1913


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  • Inauguration du Temple à Paris (Annales des sciences psychiques, v23, 1913)

        On vient d'inaugurer un temple du culte Antoiniste à Paris. C'est un édifice assez simple, affectant à l'extérieur comme à l'intérieur l'aspect d'une chapelle catholique ; il se trouve rue Vergniaud, non loin de la Place d'Italie. La cérémonie, présidée par Mme veuve Antoine, a été très courte et très simple. Beaucoup de malades étaient accourus au temple à cette occasion. - Il y a en Belgique cinq de ces temples.

    Annales des sciences psychiques, v23, 1913


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  • Rue Vergniaud, on lit et on opère (Excelsior, 27 oct 1913)

          LES ANTOINISTES A PARIS

              Rue Vergniaud
           on lit et on opère

        Inaugurant le temple élevé par ses
    adeptes, la Mère Antoine monte à la tri-
     bune et y pratique quatre "opérations
                             générales".

        Lorsque la Mère Antoine monta à la tribune hier matin pour inaugurer son temple de la rue Vergniaud par une « opération générale », les huit ou neuf cents adeptes qui se trouvaient réunis dans cette salle, et sur qui retombait la lumière verte provenant des fenêtres, se laissèrent entraîner par une violente émotion extatique. Un véritable concert de sanglots et d'exclamations s'éleva, tandis qu'au premier rang, sous la chaire même, une douzaine de malades attendaient les effets de l'opération.
        La veuve du Désincarné, toujours vêtue de sa simple robe de serge noire, se contenta d'étendre ses mains au-dessus de cette foule silencieuse. Et après être demeurée quelques secondes en extase, elle redescendit l'escalier de la tribune pour aller se recueillir dans une petite cabane en bois momentanément édifiée dans un terrain vague derrière le temple.
        A trois reprises, la Mère revint opérer et la suggestion fut si forte que trois ou quatre assistantes, qui étaient venues se soumettre au fluide, se crurent guéries. L'une d'elles, une dame T..., amenée spécialement de Vichy pour voir la Mère, laissa tomber la béquille dont elle se sert depuis neuf ans ; mais il ne me fut pas possible de constater si l'« opération » avait agi, car ceux qui avaient transporté la pauvre femme la prirent sous les bras et l'entrainèrent. Les autres patientes, de simples névrosées, pleurèrent à chaudes larmes et répétèrent à qui voulait les entendre que la Mère venait de leur rendre la santé.
        Un phtisique, venu de Charleroi dans le train des Antoinistes et qui fut pris de vomissements de sang alors qu'il faisait les cent pas devant le temple, fit implorer la Mère et, comme l'hémorragie s'arrêta, on ne manqua pas d'attribuer son soulagement à l'intervention d'Antoine.
        Après les quatre « opérations » de la Mère, le lecteur habituel du temple de Jemeppe-sur-Meuse, M. Delcroix, sortit sur le parvis, précédé d'un antoiniste portant l'Arbre de la Science de la Vue du Mal et accompagné de M. Derégnaucourt, le grand-prêtre du culte, et de M. Noël, le « légat » à Paris.
        Devant la foule amassée, M. Delcroix, qui, on le sait, est un des plus distingués professeurs de l'Athénée royal de Liége, lut le Grand Livre de la Révélation, sans paraître se soucier des cinématographes et des photographes qui opéraient sans relâche.
        A midi, tout était fini et les pèlerins belges se dispersèrent pour visiter Paris.
        Vers 4 heures, la Mère prit place dans une automobile qui la conduisit à la gare du Nord, où l'attendaient les quatre cents adeptes belges. Et, à 5 heures, le train spécial démarrait pour regagner Jemeppe.
        D'ici peu, la Mère va entreprendre un long voyage : elle doit en effet inaugurer, le mois prochain un nouveau temple... à Monte-Carlo. – HENRY COSSIRA.

    Excelsior, 27 octobre 1913


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  • Le Temple - Culte antoiniste (Le Petit Parisien 27 oct. 1913)


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  • Les Antoinistes à Paris (Le Journal 27 octobre 1913)

     

               LES ANTOINISTES A PARIS

    La "Mère" consacre le Temple du nouveau culte

        Les Antoinistes ont maintenant leur temple à Paris. Leur « mère » l'a consacré hier. Ce fut une cérémonie d'une banalité lamentable, mais d'une délicieuse candeur.
        On connaît les Antoinistes. Ce sont les adeptes d'un brave ouvrier belge qui s'imagina un jour être le représentant du Christ, un représentant suffisamment qualifié pour prodiguer la parole divine et dispenser les bienfaits célestes. Le nouveau « Messie » se fit bientôt appeler « le Grand Guérisseur de l'Humanité pour celui qui a la Foi ». On crut en sa mission, on vint à lui. Par sa seule volonté des malades retrouvèrent la santé, des paralytiques purent de nouveau se servir de membres endormis depuis longtemps. Du moins c'est ce qu'on dit...
        En tout cas, ce qui est indiscutable, c'est que le père Antoine se vit bientôt entouré d'un nombreux troupeau d'adeptes, qu'il fonda le culte antoiniste et que, lorsqu'il adressa au Parlement de son pays une pétition demandant que la religion qu'il venait de créer fût reconnue officiellement, plus de deux cent mille signatures accompagnaient la sienne. Néanmoins les députés belges ne tinrent point compte de la supplique de leur prophète, qui mourut sans avoir la satisfaction de voir ses commandements enseignés avec l'approbation officielle.
        Mais avant de nous quitter il chargea sa femme, « la mère Antoine », de continuer son œuvre, et il faut convenir qu'elle suit au mieux les instructions de feu son époux, puisque les fervents de l'Antoinisme ne cessent d'augmenter, et que les temples où l'on peut entrer en relations avec le père Antoine se développent rapidement.
        Il y a en effet, en Belgique, cinq temples où l'on pratique le culte antoiniste, et, depuis hier, nous en avons un à Paris. Il a été édifié rue Vergniaud. C'est un modeste bâtiment sans style, d'une tristesse infinie. L'intérieur se compose d'une nef minuscule, réservée aux malades, et de deux galeries. Point d'autel, point de tableaux symboliques : une estrade et une chaire basse et très simple ornent seulement ce sanctuaire, sur les murs duquel on peut toutefois lire cette inscription :
        « Un seul remède peut guérir l'Humanité : la Foi. C'est de la Foi que nait l'Amour, l'Amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. Ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu, car c'est l'Amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir : c'est le seul Amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité. »
        Pour la consécration de ce temple, la mère Antoine avait daigné se déplacer. Un train spécial l'avait amenée avant-hier à Paris avec quatre-cents Antoinistes belges convaincus, qui se retrouvaient tous hier matin rue Vergniaud. Bientôt de temple, qui ne peut guère contenir plus de deux cents personnes, fut comble. Une grande partie des partisans du nouveau culte durent donc stationner dans la rue sous une pluie perfide. La plupart des hommes étaient revêtus d'une lévite sévèrement boutonnée jusqu'au col et coiffés d'un chapeau de forme assez haute et à bords plats. Les femmes portaient des robes noires recouvertes d'un voile, de même couleur, Dans la nef, quelques frères Antoinistes, gantés de blanc, stationnaient au milieu des malades, en majorité des vieilles femmes quasi impotentes qui attendaient avec un calme admirable la venue de la mère Antoine.
        A dix heures, elle fit son entrée. Un coup de sonnette l'avait annoncée. La veuve du Messie est une femme d'une soixantaine d'années, à la physionomie insignifiante. Elle pénétra dans le temple en conservant les yeux baissés : lentement elle gravit la chaire et, dès qu'elle fut parvenue, ses yeux se fixèrent sur la voûte du bâtiment. Durant quelques secondes, ses lèvres remuèrent imperceptiblement : elle étendit ensuite le bras droit, fit un grand geste circulaire comme pour bénir l'assemblée, puis ses deux mains se joignirent et la mère Antoine quitta la chaire et sortit. Je m'attendais à ce que M. Derégnancourt, le grand-prêtre de l'Antoinisme, qui avait pris place sur l'estrade, près d'un desservant portant une pancarte avec cette inscription : « L'Arbre de science de la vue du Mal», prit la parole, mais, tout comme la mère Antoine, M. Derégnancourt resta muet. La cérémonie était achevée.
         Comme je me trouvais à côté du frère Noël, qui va administrer le temple, je lui demandai :
        – La mère Antoine ne parle-t-elle jamais davantage ?
        – Mère, me répondit-il, ne parle jamais en public...
        Et il ajouta :
        – Mère se recueille pour atteindre au fluide éthéré de l'amour divin et en réconforter les fidèles suivant le degré de leur foi.
         » Ce n'est peut-être pas très clair, poursuivit le frère, mais vous comprenez, n'est-ce pas ? »
        – Naturellement, eus-je l'audace de répondre, et vite je m'enquis si la mère Antoine allait séjourner à Paris ?
        – Non, me déclara M. Noël : mère repart ce soir pour la Belgique. Elle est venue à Paris seulement pour consacrer le temple.
        Et, après un instant de réflexion, le frère continua :
        – Mère, voyez-vous, n'est que l'interprète du père Antoine.
        – C'est à sa mort que le père Antoine l'a chargée de poursuivre son œuvre ?
        – Le père Antoine n'est pas mort, me fit remarquer sévèrement mon interlocuteur : il s'est seulement « désincarné ».
        – Ah ! pardon, fis-je.
        – Oui, et mère, qui est dépositaire de son pouvoir spirituel, n'est que son exécutrice.
        – Est-ce que le père Antoine a guéri beaucoup de malades ?
        – Des milliers.
        – Et comment procédait-il ?
        – Il se contentait de regarder ceux qui venaient à lui et guérissait ainsi les malades ayant la foi. Ceux qui ne l'avaient pas suffisamment devaient revenir le voir.
        Et voilà ! J'en savais assez et pris congé du frère Noël, mais avant de pouvoir quitter le temple, je dus attendre la sortie des vieilles femmes impotentes qui étaient venues chercher un remède à leur mal et qui éprouvaient autant de difficulté à descendre les degrés conduisant au sanctuaire qu'elles en avaient eu à les gravir. Le geste de la mère Antoine de leur avait servi de rien.
        Elles parlaient tout de même ravies. Moi aussi... – parce que la pluie qui tombait depuis le jour venait de cesser.

                                                                              Paul Erio.

    Le Journal, 27 octobre 1913


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  • Les Antoinistes à Paris - illustration (Le Journal 27 octobre 1913)

    CHEZ LES ANTOINISTES. – 1. On transporte une malade. – 2. La mère Antoine.
    3. Deux fidèles du culte antoiniste. – 4. Le temple dans la rue Vergniaud.
    5. Une miraculée.

    Le Journal, 27 octobre 1913


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  • Consécration temple Paris (La Gazette 27 octobre 1913)

     

       Le zouave Jacob s'en va, la mère Antoine arrive...
        On sait que le père Antoine, ancien meunier de Jemeppe, prétendait guérir les malades à la façon de Jacob, moins le trombone. Il est mort, mais il a, parait-il, légué ses dons de thaumaturge à sa veuve, la mère Antoine.
        Le culte antoiniste – […] c'est un culte avec ses rites et sa chapelle – va avoir une succursale à Paris, qui s'ouvre aujourd'hui.
        Pendant la journée d'hier, quantité d'Antoinistes, les hommes en longues lévites, les femmes en robes et bonnets noirs sont arrivés de Belgique, pour entourer la mère Antoine. Ils distribuaient des prospectus, que les Parisiens parcouraient avec une certaine nuance d'ironie.

                Frères,
        Mère Antoine consacrera au nom du Père le nouveau temple antoiniste de Paris, rue Vergniaud (XIIIe).
        La cérémonie aura lieu demain 26 octobre à dix heures. A cette occasion, Mère recevra les malades tous réunis dans le temple comme Elle le fait à Jemeppe-sur-Meuse.
        Recevez, chers frères, toutes nos bonnes pensées.
                                         Le Conseil d'administration du culte
                                                                    antoiniste.

        Illuminés ou roublards, les Antoinistes se trompent. Paris, pour de pareils extravagants, n'a que des petites chapelles.
        (Autrefois il y avait les Petites Maisons).
        Un temple c'est trop...

    La Gazette, 27 octobre 1913


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  • Le Temple - Cinq mille pèlerins célèbrent le culte d'Antoine le Guérisseur (Le Journal 26 juin 1924)


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  • La Tournée - Autour de la Butte-aux-Cailles (Paris-soir, 1 avril 1930)

    cliquez sur l'image pour agrandir


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  • A tous crins (Le Cri de Liége 1er novembre 1913)

    A tous Crins

        Paris, la grand' ville, que chantait l'homme aux rubans verts, vient de démontrer une fois de plus la stupidité dont l'homme, d'aujourd'hui comme d'hier, peut se montrer susceptible en élevant un temple dédié au culte Antoiniste.
        Les quotidiens ont rendu compte de l'inauguration par la mère Antoine et narré l'« éloquence silencieuse » de la brave femme qui, si elle se sent imprégnée d'esprit saint, me semble manquer totalement d'esprit tout court.
        Et voilà bien encore une preuve de l'éternelle superstition humaine. Nous n'avons pas fait un pas depuis l'âge de pierre, où notre ancêtre, vêtu de peaux de bêtes, s'inclinait devant les idoles de bois brut et les menhirs de la plaine celtique. Il y a, en nous, un inépuisable besoin de foi et nous devons seulement déplorer que ce ne soit pas vers de plus hautes aspirations qu'elle se tourne.
        Car il faut bien se dire que les fantoches antoinistes ne sont que ridicules dans leurs singeries. Leur culte peut trouver […] et alors, à quoi bon l'Antoinisme, puisqu'on connait la suggestion ?
        Leur costume, leurs prêches et le reste de leurs manifestations extérieures sont de la pale comédie.
        Nulle philosophie n'étaie leur croyance, nul charme, nulle poésie ne pare leur dogme. Les Antoinistes font sourire au même titre que les adeptes de ce Zouave Jacob (autre guérisseur), qui vient le mourir à Paris et qui connut, à la fin du Second Empire, une réelle curiosité. Lisez par curiosité, les inepties que contiennent les brochures Antoinistes. C'est d'un enseignement profond.
        Pour prendre la Foule, il suffit d'une grosse caisse vibrante et d'un charlatan clamant d'incompréhensibles paroles.
        Avec cela on édifie des temples et des parlements ; la Sottise de l'homme fait le reste.
        Ne nous étonnons donc pas trop du succès de l'Antoinisme, malgré l'aspect de crétins du Père et de la Mère, malgré les railleries dont nous les enveloppons et dont nous devons les envelopper, malgré l'air de croquemorts des fervents et le creux de leurs textes. Ils sont la perpétuation de l'Adam primitif, notre aïeul lourd et bestial qu'une pierre brillante effraie, que le soleil affole, que le feu tue parce qu'il les méconnait. Ils sont la Nature inconsciente, obstinée, instinctive. Ils sont l'Ignorance et en dépit de tous les cartels, de toutes les lois scolaires, de toutes les assemblées législatives nous vivons encore dans des Cavernes.

    Louis JIHEL.


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