• On fait des miracles à Paris (Le Voltaire, 27 octobre 1913)

    On fait des miracles
    à Paris
    Un nouveau culte, un nouveau messie
     

        Les « Antoinistes » font reparler d’eux. Ils ont inauguré hier, dans le quartier de la Glacière, un temple où ils vont célébrer leur culte. Une foule énorme a assisté à l'inauguration.
        La « Mère » propagandrice de la religion instituée par le « Père Antoine », était venue de Jemeppe-sur-Meuse, pour bénir le nouveau temple, simple construction carrée surmontée d'un clocheton.
        A dix heures, « l'Opération » – ainsi se nomme l'unique office du culte – commença. La « Mère » monta en chaire. Grande, maigre, vêtue de noir, pâle sous ses bandeaux blancs, elle commença de prier silencieusement. Tout à coup, le « Père » (c'est du moins un antoiniste qui me l'affirma) lui apparût ; alors la « Mère » projeta violemment le bras droit vers la vision, et pendant quelques secondes promena sa main ainsi imposée sur les assistants, en partant du nord et en s’arrêtant successivement sur les quatre points cardinaux.
        Certains adeptes affirmèrent voir une nuée fluidique descendre sur eux. Quoi qu'il en soit, un phénomène remarquable d'auto-suggestion se produisit hier matin. Quand la « Mère » eut ainsi donné sa bénédiction, on vit une femme de trente ans, Mme Thévenoux, de Vichy, que l'on avait apportée sur un brancard, paralysée et les mains tordues, recouvrer tout à coup la liberté de ses mouvements et se mettre à marcher. Il y avait neuf ans que Mme Thévenoux était atteinte de paralysie. Trois autres personnes, atteintes également de maladies nerveuses à un degré plus on moins grave, se trouvèrent subitement guéries et fondirent en larmes. Une autre, Mme A..., demeurant 154, rue de Montrouge, à Malakoff, nous déclara avoir été guérie naguère d'une carie des os.
        Nous n'avons certes pas assisté à ces miracles qui ne sont ni plus, ni moins idiots que ceux qui sont opérés à Lourdes.

    Le Voltaire, 27 octobre 1913


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  • M. Ribot, au centre, en 1915 (gallica)

    M. Ribot, au centre, en 1915 avec Aristide Briand (à sa droite) et Louis Barthou (à gauche) à l'enterrement de M. Decou (source : gallica)


        Alexandre Ribot, né le 7 février 1842 à Saint-Omer (Pas-de-Calais) et mort le 13 janvier 1923 dans le 7e arrondissement de Paris, est un magistrat, conseiller d'État et homme politique français (ministre notamment sous Raymond Poincaré, député puis sénateur du Pas-de-Calais). Le principal lycée de Saint-Omer porte aujourd'hui son nom.
        Des articles relatent la méprise des Antoinistes qui l'auraient pris pour un des leurs le jour de la consécration du Temple de Paris 13e, rue Vergniaud.

    M.Ribot (Alexandre) pris pour un autre

    M. Ribot pris pour un autre
    (Courrier de Saône-et-Loire, 29 octobre 1913

    M.Ribot (Alexandre) pris pour un autre

     

     

    M. Ribot et les Antoinistes
    (L'Echo d'Alger, 27 oct 1913)

     

     

     


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  • Billet d'annonce de consécration du temple (in L'Écho du merveilleux, 1er novembre 1913)#

    source : L'Écho du merveilleux, 1er novembre 1913


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  • L'Inauguration du Temple Antoiniste de Paris (Le Fraterniste, 14 novembre 1913)L'Inauguration du
              TEMPLE ANTOINISTE
                                de Paris

         Nous avons annoncé en temps utile, dans notre numéro 152 du 24 Octobre, l'inauguration du temple antoiniste de Paris.
        Aujourd'hui, nous publions la relation de cette cérémonie qui nous est envoyée par l'une de nos abonnées parisienne, Madame de Poncey.

     *
    *   *

        Le train spécial arriva en gare le samedi vers 3 heures du soir, amenant près de 500 adeptes, presque tous en costume Antoiniste. Les adeptes parisiens de cette religion spirite faisaient la haie sur le passage de la mère, de M. Deregnaucourt et de leurs frères belges. Le métropolitain avait lui aussi formé un train spécial. A la sortie du métro, le cortège se reconstitua rue de la Glacière et de là, par la rue Vergniaud, arriva au temple nouveau.
        Puis, les Antoinistes Parisiens, qui avaient bien fait les choses, amenèrent leurs frères de Belgique dans différents hôtels où des logements leur avaient été réservés.

    *
    *   *

        Le lendemain dimanche, bien avant dix heures, il y avait autour du temple une foule nombreuse. Beaucoup de malades y avaient été amenés soit sur des voitures, soit dans des autos, ou même sur des civières.
        Il y eut 4 ou 5 opérations et à chacune d'elles on put entendre plusieurs malades dire : je suis bien maintenant, je suis guéri.
        A la première opération, une paralysée de Vichy sortit guérie sous les yeux de personnes qui, au cours de l'opération avaient vu le travail s'opérer en elle. J'ai vu à côté de moi une dame d'un certain âge qui était soutenue sous les bras par deux personnes. En entrant, sa figure était verdâtre et marbrée de violet. Elle ne pouvait se tenir debout et personne ne pouvait circuler tout près d'elle sans lui faire pousser des cris.
        Ses souffrances étaient atroces. Après l'opération et à la sortie du temple, son teint était devenu normal et elle ne s'appuyait plus que sur un seul bras.
        Combien de personnes incrédules ai-je vues qui étaient venues à cette cérémonie en simples curieux ou même pour plaisanter et qui, après avoir vu la douce et sainte figure de la Mère en train d'opérer, son bras largement étendu sur la foule, se mirent eux aussi à pleurer. Ils avaient vu des guérisons se produire presque instantanément autour d'eux.
        D'autre part voici l'opinion d'un occultiste que j'avais prié de se joindre à nous.
        « Nous avons assisté à une opération de Mère Antoine dont le visage est bien celui des Grands Inspirés ».
        Ces quelques paroles vous diront mieux qu'un long discours l'impression produite sur la foule.
        Et ceci met la joie en nos âmes, à nous qui savons la Vérité et qui désirons la faire connaître à tous, et vous savez comme moi, combien l'humanité en a besoin en présence des luttes fratricides auxquelles nous assistons dans le but de jouir de plus en plus et de calmer le plus possible les appétits matériels et le besoin insatiable de luxe.
        La cérémonie prit fin vers midi et chacun accompagna ses frères de Belgique jusqu'à la gare du Nord où un train spécial devait repartir à 5 heures.
        A 4 heures, Mère arriva à la gare. Comme la veille, les Antoinistes Parisiens formèrent la haie sur son passage. Puis lorsque Mère accompagnée de M. et Mme Derégnaucourt ainsi que de Mlle Vittart ; cette française qui par son éclatante guérison fut la première à importer l'Antoinisme en France, eut pris place dans son wagon, tous les Antoinistes Parisiens attendirent sur les quais que le train se fut ébranlé. Quand le train partit, ce fut du délire. Une indescriptible ovation fut faite à la Mère, et, certes, il faut vivre ces minutes dans leur grandiose simplicité, pour pouvoir y croire. On sent bien que le souffle qui passe en ces moments par les âmes, n'est pas d'ici bas.
        Et n'allez point croire qu'il y ait de ma part, dans ce récit, de l'emballement, du fanatisme, ou de l'auto-suggestion. Non ! C'est du réellement vécu.
        Je suis persuadée qu'un médium voyant jouirait en ces moments d'un spectacle peu commun. C'est le vrai fluide divin qui pénètre les cœurs.
        Enfin quand comprendra-t-on que la nourriture du corps compte bien peu comparativement à celle de l'esprit ? Et combien il est pénible pour nous d'être obligés de retomber au terre à terre pour les besoins de la vie matérielle qui nous astreint.

    *
    *   *

        J'espère, chers amis, vous faire part à l'avance de la consécration du temple de Monaco qui doit avoir lieu dans le courant de décembre prochain. Il y aura des billets à prix réduits et sinon un train, du moins plusieurs voitures mises à notre disposition.

                                                                          A. de PONCEY.

    Le Fraterniste, 14 novembre 1913


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  • In de Rue Vergniaud, te Parijs (De Expres, 3 décembre 1913)

    De XXe Eeuw.

         In de Rue Vergniaud, te Parijs, hebben zich eenige opgewonden tooneelen afgespeeld, zooals men ze alleen in het hartje van den zomer pleegt te zien, wanneer een groote menigte zich om de bronnen te Lourdes verdringt. Zaterdagavond was te Parijs de moeder van den Belgischen gezondbidder, Antoine, uit Jemappe, bij Luik, met ongeveer 400 aanhangers aangekomen, om den eersten tempel dezer sekte, die in de Rue Vergniaud opgericht is, in te wijden. Om tien uur zou deze plechtigheid plaats vinden en ongeveer 'n duizendtal personen, o.w. verscheidene zieken, waren opgekomen om daarbij tegenwoordig te zijn. Toen de moeder van Antoine, in een zwart kleed, een soort kansel besteeg, begon een gerucht en geweeklaag uit de menigte op te stijgen. Verscheidene geraakten in een overspannen toestand en wierpen zich op den grond. Een vrouw, die op krukken ging, wierp deze weg en schreeuwde: „Ik ben genezen”. Of dit werkelijk waar was, kon niet worden vastgesteld. De vrouw werd spoedig door de omstanders weggeleid. Geruimen tijd duurden deze tooneelen voort en eerst, toen madame Antoine zich verwijderde, keerde de rust terug. Des middags vertrok zij naar België en over eenige dagen begeeft zij zich naar Monte Carlo, om daar eveneens een gezondbidderstempel in te wijden.

    De Expres, 3 décembre 1913 (delpher.nl)

     

    Traduction :

        Dans la rue Vergniaud, à Paris, il y a eu des spectacles passionnants, car on a tendance à ne les voir qu'au milieu de l'été, quand une foule nombreuse se presse autour des sources de Lourdes. Samedi soir à Paris, la mère du guérisseur belge Antoine, originaire de Jemappe, près de Liège, est arrivée avec environ 400 adeptes, pour inaugurer le premier temple de cette secte, fondé dans la rue Vergniaud. C'est à dix heures que cette cérémonie devait avoir lieu et un millier de personnes, dont plusieurs malades, se seraient déplacées pour être là aujourd'hui. Lorsque la mère d'Antoine, vêtue d'une robe noire, est montée en chaire, une rumeur et des lamentations ont commencé à s'élever dans la foule. Plusieurs se sont retrouvés dans un état d'excitation et se sont jetés à terre. Une femme, qui était appuyée sur des béquilles, les a jetées et a crié : "Je suis guérie". Il n'a pas été possible de déterminer si cela était vraiment vrai. La femme a rapidement été emmenée par des passants. Un temps considérable s'écoula, et ce n'est que lorsque Madame Antoine s'éloigna que la paix et le calme revinrent. Dans l'après-midi, elle est partie pour la Belgique et quelques jours après, elle s'est rendue à Monte Carlo, où elle a également inauguré un temple de guérison par la prière.


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