• Boekbespreking
    Robert, Vivier: Délivrez-nous du Mal, Antoine le Guérisseur. Bernard Grasset. Paris.

    Een geromanceerde levensbeschrijving van onzen landgenoot Louis Antoine, stichter van het Antoïnisme, in de omstreken van Luik in 1845 geboren. Eerst mijnwerker zooals zijn vader, ging hij na zijn dienstplicht, werk zoeken in Polen en Duitschland, huwde, en vestigde zich in 1875 te Jemeppes. Hij was een goede Katholiek, alom geacht voor zijn goedheid en eerlijkheid. Doch in de jaren 80 leerde hij het spiritisme kennen, werd een vurig aanhanger van de nieuwe leer, en stichtte weldra een spiritische kring ‘les Vignerons du Seigneur’. Voortaan werd zijn leven gewijd aan het oproepen der geesten, maar vooral aan de genezing der zieken. Er scheen een kracht van hem uit te gaan, en weldra gingen heele drommen troost en gezondheid bij hem zoeken. Hij preekte nu ook een nieuwen godsdienst, zonderling mengsel van spiritisme en katholicisme, vooral gesteund op de liefde, en samengesteld uit enkele verheven gedachten, ongelooflijke kinderachtigheden. Hij werd als een profeet vereerd, niet alleen door arbeiders, maar zelfs door intellectueelen. Sedert zijn dood in 1912, wordt hij bijna vergoddelijkt. In 1922 telde de Antoinistengodsdienst 16 tempels in België; nu zijn er ingsgelijks te Parijs en in andere Fransche steden, duizenden aanhangers.
        Het boek van Robert Vivier, alhoewel een weinig lang, is interessant om lezen, want het beschrijft goed de persoonlijkheid van Louis Antoine, de langzame evolutie van zijn gedachte, en den verrassenden bijval van zijn leering. Het is daarbij goed geschreven.
        L.D. [Louisa Duykers]
    Dietsche Warande en Belfort. Jaargang 1936 [p. 636]

    source : https://www.dbnl.org/tekst/_die004193601_01/_die004193601_01_0095.php

    Traduction :
    Revue littéraire
    Robert, Vivier : Délivrez-nous du Mal, Antoine le Guérisseur. Bernard Grasset. Paris.

    Une biographie détaillée de notre compatriote Louis Antoine, fondateur de l'antoinisme, né dans la région liégeoise en 1845. D'abord mineur comme son père, après son service militaire, il est parti chercher du travail en Pologne et en Allemagne, s'est marié et s'est installé à Jemeppes en 1875. C'était un bon catholique, largement considéré pour sa bonté et son honnêteté. Mais dans les années 80, il fait connaissance avec le spiritisme, devient un ardent défenseur de la nouvelle doctrine et fonde bientôt un cercle spirituel "les Vignerons du Seigneur". Dès lors, sa vie est consacrée à l'évocation des esprits, mais surtout à la guérison des malades. Une force semblait émaner de lui, et bientôt une multitude de personnes commença à chercher chez lui le réconfort et la santé. Il prêche désormais une nouvelle religion, un mélange excentrique de spiritisme et de catholicisme, basé avant tout sur l'amour, et composé de quelques nobles pensées, d'une incroyable puérilité. Il était vénéré comme un prophète, non seulement par les ouvriers, mais aussi par les intellectuels. Depuis sa mort en 1912, il a été presque déifié. En 1922, la religion d'Antoine comptait 16 temples en Belgique ; aujourd'hui, des milliers d'adeptes sont présents à Paris et dans d'autres villes françaises.
        Le livre de Robert Vivier, bien qu'un peu long, est intéressant à lire, car il décrit bien la personnalité de Louis Antoine, la lente évolution de sa pensée, et le caractère surprenant de son enseignement. Il est par ailleurs bien écrit.
        L.D. [Louisa Duykers]
    Dietsche Warande en Belfort. Année 1936 [p. 636]


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  • Antoine le Guérisseur (Le Jour, 9 février 1936)

    Antoine le Guérisseur
    UN PROPHÈTE AU PAYS DE LIÉGE

        Il ne faut pas confondre les antoinistes avec les antoniens. Les antoniens sont une secte fondée en Suisse, au début du dix-neuvième siècle, par un certain Antoine Unternoehrer, d'origine protestante. Cette secte ne pratique aucun culte et ne reconnait d'autre loi que la conscience individuelle. Les antoinistes sont les adeptes de Louis Antoine, ancien ouvrier du pays de Liége, né dans la confession catholique, devenu guérisseur et thaumaturge, et qui, après s'être livré à la pratique du spiritisme, prit figure de prophète dans les premières années de ce siècle. Le père Antoine, comme l'appelaient ses disciples, est mort en 1912. Les deux religions différentes portent également le nom d'Antoinisme.
        M. André Thérive, on s'en souvient, a décrit des milieux d'antoinistes français dans son roman « Sans Ame » (1), l'un des essais de psychologie populaire les plus profonds qui aient paru depuis la guerre.
        C'est encore M. Thérive qui persuada Robert Vivier d'écrire la Vie du père Antoine, qui vient de paraitre, sous ce titre « Délivrez-nous du Mal » (2).
        L'ouvrage n'est pas sans rappeler, littérairement, « La Vie d'un Simple », de Guillaumin. Il procède du même naturalisme honnête et se distingue par les mêmes vertus : soumission à l'objet, modestie du ton, émotion contenue et diffuse. Cet art scrupuleux fuit les lumières vives comme s'il pensait que, là où commence l'éclat, finit la sincérité. La grandeur du respect que l'auteur éprouve à l'égard des menus faits prête à chaque détail, en dehors de sa signification propre, une sorte d'orgueil d'humilité.
        Le danger de cette manière, c'est que le gris sur gris accable à la longue. A cela l'écrivain répondra : « Mon sujet est tel lui-même ». Ce sont, en effet, les destins asservis, les milieux pauvres et résignés, que cette esthétique un peu dolente, un peu morne choisit de préférence pour thème à ses peintures.
        Notez cependant qu'ici une lueur couve dans les fumées et les poussières du charbon : aux enfances sages et pieuses d'Antoine, à son apprentissage dans la mine, à son temps de caserne, à son mariage avec Catherine, à l'époque de ses voyages et de ses métiers divers (ouvrier métallurgiste, concierge, encaisseur, marchand de légumes) succèdent les années qu'on peut appeler sacerdotales.
        L'un des rares mérites de cette étude réside précisément dans la sûreté avec laquelle l'auteur nous fait passer par degrés insensibles de la période effacée à la période illuminée. Les tableaux réalistes de la campagne wallonne, les traits de mœurs empruntés à la vie des petites gens s'entrelacent à l'histoire toute intérieure d'une vocation religieuse, puis à celle, non moins étrange, d'une prédication et de la formation d'une secte.
        L'antoinisme réunit aujourd'hui une foule d'adeptes que d'aucuns, qui exagèrent peut-être un peu, évaluent au nombre de 300.000. La religion compte, en Belgique, une quarantaine de temples. Il y a deux temples antoinistes à Paris. On en trouve encore à Vichy, à Nice, à Monaco, à Tours, à Nantes, à Lyon, à Valenciennes.
        Si l'on met de côté certains caractères extérieurs qui lui sont particuliers (liturgie, cérémonial, costume des desservants, calendrier des fêtes, etc.), l'antoinisme présente, au fond, des analogies curieuses avec la christian science, voire avec les méthodes du pharmacien Coué. Ici et là, même principe : celui de la « guérison par l'esprit », comme dit Stéfan Zweig.
        Mais ce qu'il y a d'émouvant dans l'antoinisme, c'est l'humilité de ses origines. Il a pris source dans la conscience pure d'un simple, et de là s'est élevé, je n'ose pas dire avec prétention, mais avec une confiance naïve, jusqu'à devenir un corps de doctrine.
        C'est le mouvement inverse des religions établies. Celles-ci se penchent du haut de la chaire sur leurs ouailles. L'organisation séculaire du culte, sa grandeur, sa gloire, ne sont pas, quelquefois, sans mettre une distance énorme entre l'officiant et les fidèles, entre le consolateur et les affligés, Alors, au sein même du troupeau, Il arrive qu'un nouveau prophète se lève, il parle à ses frères de plain-pied, confondu qu'il est dans leurs rangs pressés, dans l'odeur âcre et sainte d'une sueur commune, et les malheureux l'écoutent, et l'hérésie fleurit.

                                                              François PORCHÉ.

    (1) et (2) Grasset, éditeur.

     

    Le Jour, 9 février 1936


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  • Vivier a donné son chef-d'œuvre du genre avec Délivrez-nous du mal, une biographie documentée et romancée d'Antoine le guérisseur. Les lecteurs de ma génération qui ont, comme moi, passé leur enfance dans la région sérésienne, ceux qui n'avaient pas de «cathédrales pour uniques montagnes», mais les cheminées de hauts fourneaux, les belles fleurs des charbonnages et les terrils, tantôt plaines de jeux, tantôt secours naturel pour les pauvres qui venaient «ramasser» les escarbilles, ces lecteurs peuvent trouver dans Délivrez-nous du mal des images d'un réalisme cru que l'âge et la transformation du bassin mosan transforment aisément en nostalgie. On y retrouve ces hommes et ces femmes tout de noir vêtus qui se rendaient au culte du Père et de la Mère Antoine, ces autres hommes et autres femmes, habillés «normalement» quant à eux, catholiques ou libres-penseurs, qui se glissaient un peu honteux au fond de cours discrètes pour aller confier leurs misères aux guérisseurs, guérisseurs ou spirites antoinistes en qui ils mettaient leurs derniers espoirs.

    Mais Robert Vivier romancier ne s'est pas fait sans raison le chantre de cette atmosphère surannée. Lui, qui n'a rien d'un mystique, s'est penché sur l'incroyable destinée d'un ouvrier devenu prêcheur et pape d'une secte, pour mesurer la force persuasive d'une spiritualité purement humaine, quand elle s'adresse à la misère et à la souffrance des humbles.

    Délivrez-nous du mal est un grand roman, et il n'a pas vieilli. Pas plus que n'a vieilli Mesures pour rien, cette évocation frémissante d'un adolescent comme les autres qui, après des expériences apparemment stériles, découvre l'âge adulte avec détermination quand il comprend qu'il arrive un moment dans la vie «où plus aucun amour n'intercède»...

    Jacques de Caluwe, Portrait d'auteur - Robert Vivier
    Revue Lectures 15, sept-oct 1983 (Calaméo)


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  • Délivrez-nous du mal par Robert Vivier (L'Homme libre, 30 mars 1936)

        «o» Délivrez-nous du mal, par Robert Vivier (éditions Bernard Grasset). C'est une sorte de biographie romancée de Louis Antoine que nous offre ici M. Robert Vivier. Louis Antoine était un simple ouvrier mineur de Liége, excellent ouvrier qui fit quelques économies grâce à son travail en Allemagne et en Pologne. Revenu s'établir dans son pays natal il eut la grande douleur de perdre son fils et cela le fit verser dans le spiritisme et par là il en vint à construire une religion personnelle, à aller jusqu'à la métaphysique pour reconstruire Dieu et établir une croyance nouvelle. Guérisseur, en outre, Louis Antoine trouva auprès de ses concitoyens une audience peut-être imprévue même pour lui et sa religion s'étendit au delà même des frontières belges. Elle survécut à sa mort survenue en 1912 et « l'antoinisme » aujourd'hui compte encore de nombreux temples, a ses rites, ses prêtres et ses fidèles. La doctrine entièrement basée sur le fait que l'esprit ne peut que créer l'esprit et non la matière apparaît assez faible du point de vue métaphysique et le conduit à des conclusions parfois surprenantes.
        M. Robert Vivier a évoqué avec vie et vérité cette existence curieuse et d'un genre tout particulier.

    L'Homme libre, 30 mars 1936


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  • Délivrez-nous du mal par Robert Vivier (L’Œuvre, 29 sept 1936)

        Délivrez-nous du mal, par Robert Vivier. C'est l'histoire, nullement romancée, de Louis Antoine, le Guérisseur, cet ouvrier mineur des environs de Liége qui créa une religion dont les temples, les prêtres et les fidèles sont aujourd'hui nombreux dans le monde entier. « L'Antoinisme » avait déjà piqué la curiosité d'André Thérive, qui le met en scène dans son roman Sans âme. Et c'est d'ailleurs, Thérive qui a conseillé à M. Robert Vivier d'écrire cette intéressante biographie de l'homme du peuple thaumaturge. (Grasset.)

    L’Œuvre, 29 septembre 1936


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