• Joseph Massillon, imprimeur à Jemeppe

        On en sait peu sur Joseph Massillon qui tenait une imprimerie à vapeur à Jemeppe dans la rue du Grand Vinâve. On retrouve cependant quelques documents en ligne sur ce magasin qui imprima plusieurs des ouvrages de Louis Antoine et d’autres antoinistes (le fascicule d’Henri Hollange).

    Joseph Massillon, imprimeur à Jemeppe

        Voici sa signature retrouvée sur une lettre de 1901 :

     

    Et voici la devanture de son magasin dans la rue Grand Vinâve :

    Joseph Massillon, imprimeur à Jemeppe

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Joseph Massillon, imprimeur à Jemeppe

    Jemeppe-sur-Meuse - Rue Grand Vinâve
    (au numéro 8, la devanture de l'imprimerie J. Massillon, ici volet fermé)


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  • Antoine le Guérisseur et ses disciples (Excelsior, 16 déc 1910)


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  • Antoine le Guérisseur (La Liberté, 12 déc 1910)

    Antoine-le-Guérisseur

    (DE NOTRE CORRESPONDANT)

                             Bruxelles, 10 décembre.
        Je vous ai annoncé, il y a quelques jours, qu'une pétition couverte de 160.000 signatures demandait au Parlement de reconnaître officiellement le culte antoiniste.
        Le fondateur de ce culte nouveau, Louis Antoine, dit « le Guérisseur », est un ouvrier, né à Mons-Crotteux (province de Liège) en 1846, de parents pauvres. Il est le cadet de sa famille qui comptait onze enfants. Il débuta à 12 ans dans la mine, accompagnant son père et un frère qui étaient également mineurs. Ne voulant plus descendre dans la fosse, il devint ouvrier métallurgiste. A l'âge de 24 ans, il quitta la Belgique pour aller travailler en Allemagne où il séjourna pendant cinq ans. Deux ans plus tard, il alla en Pologne et y travailla pendant un nouveau terme de cinq années. Puis il s'installa définitivement à Jemmepe-sur-Meuse, près de Liège.
        Durant son séjour en Allemagne, il revint au pays épouser une femme qu'il avait connue avant son départ et de cette union naquit un fils qui mourut à l'âge de 20 ans. Cette perte douloureuse contribua sans doute à pousser les deux époux vers les bonnes œuvres. Ils avaient amassé une petite fortune, qu'ils sacrifièrent pour venir en aide aux malheureux.
        Antoine le Guérisseur vit très simplement et très sobrement. Il est végétarien dans toute l'acception du terme ; non seulement il s'abstient de viande, mais aussi d'œufs, de beurre et de lait. Depuis quelques années, il vit seul ; sa femme habite avec deux enfants qu'ils ont adoptés. Toutefois, les deux époux n'ont jamais cessé d'être en parfait accord. La femme partage la mission de son mari et le remplace en cas d'empêchement.
        Dès son jeune âge, Antoine se montra d'une piété peu commune. Non seulement il priait souvent, mais il aimait à se recueillir. Il professa le catholicisme jusqu'à l'âge de 42 ans ; puis, il pratiqua le spiritisme jusqu'en 1906, date à laquelle il fonda le « nouveau spiritualisme ».
        Antoine ne possède qu'une instruction rudimentaire. Il base sa doctrine sur la foi, l'amour et le désintéressement, et prétend qu'elle lui a été révélée.
        « Un seul remède, dit-il, peut guérir l'humanité : la foi ; c'est de la foi que naît l'amour, l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même ; ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu ; car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir ; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité. »
        Depuis une dizaine d'années, Antoine s'est mis à guérir les malades par l'imposition des mains. Jamais il n'ordonne de remèdes et il opère gratuitement. Des milliers de gens ont eu recours à lui, de nombreux cas de guérison sont avérés ; bref, sa demeure est devenue un lieu de pèlerinage, et un temple a été construit sur un terrain contigu.
        Voici comment Antoine opère : Quand tout le monde est réuni dans le temple, à dix heures, le Guérisseur paraît. Il gravit les marches de la tribune. Puis, sans prononcer une parole, il étend la main. Et c'est tout.
        Actuellement, il n'opère plus que le 1er et le 15 de chaque mois, ainsi que les jours fériés, sauf les dimanches. Lorsqu'un malade ne peut venir lui-même, il peut se faire remplacer par une personne qui a foi dans le Guérisseur. Souvent, le nombre des fidèles et des malades dépasse le millier. Il en vient de partout : de France, d'Italie, de Portugal, de Russie, voire du Mexique et de la Nouvelle-Zélande ! On raconte qu'un riche propriétaire du midi de la France, guéri par Antoine, vient de consacrer 20.000 francs à l'érection d'un temple, car il y a des groupes « antoinistes » disséminés partout.
        Le temple de Jemeppe est érigé aux confins de la commune. Il a été construit à l'aide des deniers des fidèles.
        Le Guérisseur a eu plusieurs fois maille à partir avec la justice, pour exercice illégal de la médecine, mais il a toujours été acquitté.
        A côté de ses cures, Antoine donne le dimanche un « enseignement » religieux ou plutôt moral, qu'il intitule « l'auréole de la conscience ». Il est parfois éloquent, mais certains jours sa parole est malaisée ; cela dépend des fluides de l'atmosphère...
        Il a une interprète, Mme Desart, qui sténographie l'enseignement d'Antoine, puis les paroles du maître sont publiées en une revue éditée par un des principaux adeptes, M. F. Deregnaucourt. C'est là tout le culte antoiniste.
        Au physique, Antoine est un homme de taille assez haute, mais au dos voûté. Il a les cheveux gris coupés ras. Il porte une redingote fermée jusqu'au cou par une seule rangée de boutons. Il mâche continuellement de la gomme. Son attitude est simple et franche. Pas de pose, pas de bluff. Il est modeste et convaincu.

                                                        Emile Mahieu.

    La Liberté, 12 décembre 1910


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  • Une nouvelle Religion (La Fraternité, 11 déc 1910)

    Une nouvelle Religion

        La Belgique possède une nouvelle religion, la religion Antonine. Cette nouvelle religion compte des centaines de milliers d'adhérents. Elle est donc la deuxième dans le pays d'Albert, puisque les israélites ne sont que 20.000 et les protestants 15.000.
        Les curés du monde entier verront certainement d'un très mauvais œil ce culte rival. Jusqu'ici ces messieurs faisaient étalage des prétendus miracles évangéliques et des guérisons obtenues, à Lourdes et dans les divers sanctuaires du monde catholique. Malgré les démentis que leur infligeait l'histoire, ils déclaraient pour prouver que leur religion était la seule vraie, que le catholicisme avait l'unique privilège de posséder des thaumaturges.
        Or, la religion Antonine possède elle aussi des thaumaturges, et elle peut faire à son tour étalage de guérisons. Comme la religion catholique, elle peut dire : « Je suis la vraie. Voilà mes preuves ! »
        Dans une pétition adressée, en effet, aux députés belges, pétition revêtue de 160.000 signatures, pétition qui a pour but d'obtenir la reconnaissance légale du nouveau culte, nous lisons : « Il est inutile que nous insistions sur le caractère si moral et si élevé de l'enseignement d'Antoine le généreux et sur les merveilleuses guérisons tant morales que physiques qu'il a obtenues et obtient chaque jour.
        « Un simple examen d'un des certificats joints à cette pétition fera comprendre pourquoi nous considérons Antoine le généreux comme un des plus grands bienfaiteurs de l'humanité qui puissent se rencontrer ».
       
    Un député belge à qui l'on demandait quel accueil peut faire la Chambres à une semblable pétition, a répondu : « Les 160.000 signatures sont parfaitement en règle et jamais pétition aussi importante n'est parvenue à notre Chambre, pas même quand il s'est agi de l'instruction obligatoire.
        Presque tous les adhérents du culte antonin sont des gens estimés, et il y a parmi eux beaucoup d'hommes cultivés : professeurs, médecins, etc... Des milliers d'attestations de guérisons sont jointes à la pétition. Des médecins réputés en ont signé plusieurs.
        « Nous ne pouvons donc pas traiter légèrement un mouvement de cette importance, qui persiste et progresse depuis plus de vingt ans, d'autant plus que la personnalité de son chef est digne de tous respects.
        « Et puis n'oublions pas, en ce qui concerne les pétitionnaires, que ces braves gens n'ont qu'un mot à dire pour que nous ayons à la Chambre un ou deux députés antonistes ».
        En lisant cette déclaration, on ne peut s'empêcher de constater que devant une pareille exhibition de certificats les récits miraculeux des Evangiles pâlissent beaucoup et qu'ils passent au second rang. Les miracles de Lourdes sont enfoncés. Les médecins en renom ont signé les certificats attestant les guérisons obtenues par le pontife de la nouvelle religion. Voilà donc une religion adversaire de la religion catholique qui a son thaumaturge et ses miraculés. Les curés, pour prouver la vérité de leur religion, devront donc chercher autre chose. Trouveront-ils ? Nous attendons.
        Peut-être parleront-ils de charlatanisme ? Peut-être feront-ils appel à des causes naturelles ? Mais alors, nous pourrons leur retourner l'argument !

                                                  A. B.

     

    La Fraternité : Journal de défense républicaine de la région du Nord, puis Organe hebdomadaire radical et radical-socialiste de Roubaix et de ses cantons, 11 décembre 1910


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