•     Prophète ultime ? Quel type de prophète ? Louis Antoine insiste sur l'exemplarité : il a été éprouvé et il propose à ses disciples de suivre la voie qu'il a suivie : le travail moral, montrant ainsi "à ses frères le chemin qui conduit au bonheur suprême". A ce titre il apparaît d'abord comme un mage que les expériences et la méditation conduisent à des états de conscience de type extatique puis comme un prophète exemplaire, c'est-à-dire un homme qui montre par son expérience vécue une voie de salut ou de libération sans revendiquer une mission divine. Quand, en annonçant les Dix principes, il dit "Dieu parle", cela ne signifie pas qu'il soit un messager d'un Dieu personnel et transcendant. Ceci serait contraire à la conception même que Louis Antoine se fait de Dieu. Il faut comprendre que c'est la partie divine qui se trouve en tout homme, la 'conscience' que chaque épreuve a éveillée un peu plus en lui-même (Révélation, p.175) qui s'exprime.

    Régis Dericquebourg, Les Antoinistes, p.130-131


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  • The Washington Herald, Sunday, December 25, 1910

                CURES EFFECTED BY ABSENT HEALER
                Belgian ex-Miner Soon Gets a Large Following.
                Faith is only requirement

                No Collections Taken, but Subscriptions for Maintenance of Church Accepted-Antoine, the "Good Father", Has Not Spoken to Any One for More Than Six Months.

        London, Dec. 24. - Some mention was made recently of Antonionism, the new religion, founded in Belgium by an ex-miner named Antoine.
        Antoine, the "Good Father", or the "Parent One", as his followers call him, is a man of sixty-five, with flowing white locks and a patriarchal beard. His followers now number 160,000, of whom 300, including his wife, the "Good Mother", are adepts.
        Antoine's home is at Jemeppe-lez-Liege. Hidden in a block of similar small houses, the prophet's dwelling is only conspicuous by the spire of his church, which adjoins it. The door of the church is also the door of the house and bears a notice: "Ring bell at night for M. Antoine".

                Uses Telephone Only.
        For three years Antoine has not left his house or garden. He lives entirely on vegetables, which he prepares himself. He sleeps little, resting for only two hours during the night, the greater part of which he spends walking in his little garden, which has electric lamps fitted up all around the walls. He never reads anything; he will not see newspaper men and only holds communication with the outside world by means of the telephone.
        He confines his healing to ceremonies in the church where the services are of the simplest description. They take place at 10 o'clock a. m. on Monday, Tuesday, Wednesday and Thursday, At 9 o'clock a. m. the congregation assembles, and an adept, M. Deregnancourt, the publisher of the sect's literature, takes his place at a desk under a raised platform. There is complete silence for half an hour, then M. Deregnancourt announces that operations will take place at certain hours on certain days, and that all who wish to be cured must have perfect faith.
        He then continues sitting perfectly still, not a muscle moving, and his watery blue eyes fixed in an unblinking stare straight before him. At the stroke of 10 every one rises and the "Parent One" enters by a side door and slowly walks up the steps to the rostrum.

                Service of Two Minutes.
        Wearing a black cassock and with his gray hair falling around his shoulders, Antoine faces the congregation for a full minute without moving or uttering a sound. He then lifts his right hand toward them and holds it thus extended for another minute. That is all. Those two minutes make the service. The "Good Father" walks slowly out, the adept remarks "Every one whose faith is strong enough must be cured", and the church empties silently. No collection is made but subscriptions are taken for maintenance of the church, which Antoine himself built himself with a legacy of $4,000.
        For six months Antoine has not spoken a word to any one. People come at all hours with all sorts of ailments and appeals. Antoine effects his cures now by deputy. His wife, or some other adepts, stands in front of the applicant, and turning her eyes upward slowly waves her hand in the air, which means that she is invoking Antoine, "the healer".

                Cures Effected by Faith.
       The patient or the patient's deputy then departs. The cure is effected, or if it is not then there a lack of faith. There is nothing to pay. The badge of the sect is "The tree of the knowledge of the sight of evil", represented by a white tree on a black background.
        One of Antoine's chief disciples is an American woman, Mrs Guillaume, who came over to be treated by him for chalky rheumatism, which compelled her to walk on crutches. She says she is now practically cured, and has herself become an adept with power to heal by faith.
        Antoine's power of second sight, says Mrs. Guillaume extends to America, for he told her that her husband had hurt his back in New York, and a week later a letter came from her daughter confirming it, and adding that he had quickly got better. This, too, was in accord with what Antoine had told her, for he had said that she need not worry about her husband, as he was "in fluidic communion" with him, and that he would soon be better.

    The Washington Herald, Sunday, December 25, 1910 (page 5)

    source : chroniclingamerica.loc.gov

     

    Traduction :

                CURES EFFECTUÉES PAR UN GUÉRISSEUR ABSENT
                L'ex-mineur belge reçoit bientôt un grand nombre d'adeptes.
                Rien que la foi n'est exigée

                Pas de collectes, mais des abonnements pour le maintien de l'Église acceptés – Antoine, le "bon père", n'a parlé à personne depuis plus de six mois.

        Londres, le 24 décembre. – Il a été fait mention récemment de l'Antoinisme, la nouvelle religion, fondée en Belgique par un ex-mineur nommé Antoine.
        Antoine, le "Bon Père", ou le "Père", comme l'appellent ses disciples, est un homme de soixante-cinq ans, aux cheveux blancs et à la barbe patriarcale. Il compte aujourd'hui 160 000 adeptes, dont 300, dont sa femme, la "Bonne Mère", sont des adeptes.
        La maison d'Antoine est à Jemeppe-lez-Liège. Cachée dans un bloc de petites maisons similaires, la demeure du prophète n'est visible que par la flèche de son église, qui jouxte celle-ci. La porte de l'église est aussi la porte de la maison et porte une mention : "La nuit, sonnez pour M. Antoine".

                Utilise uniquement le téléphone.
        Depuis trois ans, Antoine n'a pas quitté sa maison ou son jardin. Il vit entièrement de légumes qu'il prépare lui-même. Il dort peu, ne se repose que deux heures pendant la nuit, dont la plus grande partie est consacrée à la promenade dans son petit jardin, qui est équipé de lampes électriques tout autour des murs. Il ne lit jamais rien, il ne voit pas les journalistes et ne communique avec le monde extérieur que par téléphone.
        Il limite sa méthode de guérison aux cérémonies dans l'église où les services sont de la plus simple description. Elles ont lieu à 10 heures le lundi, mardi, mercredi et jeudi, à 9 heures l'assemblée se réunit et un adepte, M. Deregnancourt, éditeur de la littérature de la secte, prend place à un bureau sous une plate-forme relevée. Il y a un silence complet pendant une demi-heure, puis M. Deregnancourt annonce que les opérations auront lieu à certaines heures certains jours, et que tous ceux qui souhaitent être guéris doivent avoir une foi parfaite.
        Il continue alors à s'asseoir parfaitement immobile, sans qu'un muscle ne bouge, et ses yeux bleu marine fixent devant lui un regard fixe qui ne clignote pas. A 10 h sonnante, tout le monde se lève et le "Père" entre par une porte latérale et monte lentement les marches jusqu'à la tribune.

                Service de deux minutes.
        Vêtu d'une soutane noire et les cheveux gris tombant sur ses épaules, Antoine fait face à l'assemblée pendant une minute entière, sans bouger ni faire de bruit. Il lève ensuite la main droite vers eux et la tient ainsi tendue pendant une autre minute. C'est tout. Ces deux minutes font le service. Le "Bon Père" sort lentement, l'adepte dit : "Quiconque a une foi assez forte doit être guéri", et l'église se vide en silence. Aucune collecte n'est faite, mais des souscriptions sont prises pour l'entretien de l'église, qu'Antoine lui-même a construite avec un legs de 4 000 $.
        Depuis six mois, Antoine n'a dit un mot à personne. Les gens viennent à toute heure avec toutes sortes de maux et d'appels. Antoine effectue ses cures maintenant par un suppléant. Sa femme, ou un autre adepte, se tient devant le demandeur, et en tournant les yeux vers le haut, fait lentement un mouvement de la main, ce qui signifie qu'elle invoque Antoine, "le guérisseur".

                Les guérisons obtenues par la foi.
       Le patient ou son adjoint s'en va ensuite. La guérison est obtenue, ou si ce n'est pas le cas, c'est qu’il y a un manque de foi. Il n'y a rien à payer. L'insigne de la secte est "L'arbre de la connaissance de la vue du mal", représenté par un arbre blanc sur fond noir.
        L'un des principaux disciples d'Antoine est une Américaine, Mme Guillaume, qui est venue se faire soigner par lui pour des rhumatismes calcaire qui l'ont contrainte à marcher avec des béquilles. Elle dit qu'elle est maintenant pratiquement guérie et qu'elle est elle-même devenue une adepte avec le pouvoir de guérir par la foi.
        Le pouvoir de seconde vue d'Antoine, dit Mme Guillaume, s'étend jusqu'en Amérique, car il lui a dit que son mari s'été fait mal au dos à New York, et une semaine plus tard une lettre de sa fille est venue le confirmer, ajoutant qu'il s'était vite remis. Cela aussi était en accord avec ce qu'Antoine lui avait dit, car il avait dit qu'elle n'avait pas à se soucier de son mari, car il était "en communion fluidique" avec lui, et qu'il irait bientôt mieux.


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  •     Le Père Antoine avec son épouse en 1907 à la gare de Jemeppe-sur-Meuse, après avoir été acquitté en appel du procès qui lui avait été intenté pour exercice illégal de la médecine.

    Le Père en 1907 avec Mère

    Le Père sortant de la gare (archives Bec-fin Line)


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  •     Puis il se leva et se dirigea vers une porte qui donnait dans la salle. Il appela Peretz.
        - Regardez, fit-il en ouvrant les deux battants d’un geste ample.
        Peretz découvrit avec ébahissement que la salle ressemblait désormais à une sorte de temple avec des murs peints en vert clair, la couleur de la vie, un défi à une région qui étouffait sous la poussière noire comme le visage d’une veuve dissimulé sous un voile.
        - Il y avait, jadis, un arbre qui portait deux sortes de fruits.
        - L’arbre de la vie et de la mort, fit Peretz, celui de l’amour et celui de la haine, celui de la lumière et celui des ténèbres, du visible et de l’invisible et cet arbre existait avant Adam…     C’était un arbre de division, où le bien luttait sans merci contre le mal et comme la lutte apporte souvent la destruction et que la
    destruction entraîne la mort, la vie ne trouva refuge que dans l’amour vrai. Lorsqu’Adam mangea du fruit de l’arbre, un terrible combat s’engagea au plus profond de lui-même et lui coûta la vie…
        - Aussi, l’arbre sera notre principal emblème, s’exclama Antoine dont la voix résonnait en écho dans la salle.
        Peretz promena un regard admiratif autour de lui, attentif au moindre détail.
        Le plafond vitré et ces hautes fenêtres ogivales transformaient la salle en un véritable puits de lumière.
        Les deux versants de la toiture consistaient en de larges lanterneaux style art nouveau et quand la lune était à son plein comme aujourd’hui, elle projetait des ombres insolites sur le sol.
        - Quelle étrange atmosphère pensa-t-il en regardant les galeries à l’étage. Cette salle pouvait contenir jusqu’à quinze cent personnes...
        - Et là, demanda Peretz en désignant une porte.
        - Le cabinet de consultation. Tout le monde y est reçu gratuitement.
        - Et tous ces bancs, soupira Peretz en effleurant le bois fraîchement peint. Cela a dû vous coûter une fortune…
        - Oui, et c’est d’ailleurs pour cette raison que je ne possède plus rien, mais désormais jamais plus personne ne restera sans réconfort.

    Roland A E Collignon, La Vie tourmentée de Louis Antoine


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  •     - Quand un arbre devient trop grand, on l’abat, disaient ses détracteurs – ignorant sans doute que les racines de l’arbre coupé demeurent intactes et fortes, aussi fortes que la souffrance qui jaillit sans cesse tant que l’on n’a pas aboli la convoitise – et l’arbre ne mourut pas et devint son principal emblème.
        - Il y avait, jadis, un arbre qui portait deux sortes de fruits, racontait souvent le Père à ses disciples. Celui de la vie et celui de la mort, celui de l’amour et celui de la haine, celui de la lumière et celui des ténèbres, du visible et de l’invisible et cet arbre existait avant Adam… C’était un arbre de division, où le bien luttait sans merci contre le mal et comme la lutte apporte souvent la destruction et que la destruction entraîne la mort, la vie ne trouva refuge que dans l’amour vrai. Lorsqu’Adam mangea du fruit de l’arbre, un terrible combat s’engagea au plus profond de lui-même et lui coûta la vie.

    Roland A E Collignon, La Vie tourmentée de Louis Antoine


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  •     Nous savons que M. Antoine, le réputé magnétiseur belge, de Jemeppe-sur-Meuse, donne journellement des soins à distance à des animaux.
    Martin, L. (de Genève), Magnétisme humain en face de l'hypnotisme, l'action curative à distance, 1907, p.140
    source : gallica
     
        Souvenons-nous en effet de la raison de l'établissement d'un temple à Stembert, Jacques Cécius nous le rapelle : Déjà de son vivant le Père avait consacré un petit temple à Stembert, dans la campagne entourant la ville lainière, alors prospère, de Verviers. En fait un fermier dont le bétail était malade avait consulté le guérisseur et le cheptel avait été guérit. Il avait fait alors bâtir un modeste lieu de culte au milieu des pâturages.
    Jacques Cécius, Une religion de guérison : l'Antoinisme, p.36
        Anecdotiquement rappelons que, le jour de la consécration, le desservant, le vieux frère Gohy, reçut le Père dans son étable qui communiquait avec le temple. Le cabinet de consultation était dans une étable, séparé des boeufs par une simple couverture tendue en rideau. L'odeur de l'étable emplissait le Temple.
        extrait de Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET

        Il aimait la ferveur des plus simples, - cet Eliet Marchand, de Fond-de-Leffe, qui était venu un jour lui parler des maux qui accablaient sa femme et ses enfants, et qui s'était mis à pleurer, - ou bien le fermier Zénobe Orban, de La Neuville, dont il avait guéri le bétail.
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.331

    Le Magnétisme des animaux, zoothérapie, extrait du "Traité expérimental de magnétisme", par H. Durville
    Le Magnétisme des animaux, zoothérapie, extrait du "Traité expérimental de magnétisme", par H. Durville
    Source: Bibliothèque nationale de France


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  •     Répondons, enfin, que maints magnétiseurs, certainement, ont obtenu les mêmes phénomènes et que tous les magnétiseurs, certainement encore, peuvent les obtenir en s'y appliquant, en le voulant. A preuve, deux exemples, également authentiques ; le premier recueilli pendant notre séjour à Genève en 1906, le second pris chez nous-même.
        Voici le premier : Une jeune fille de Genève, fort gravement malade, fut transportée à l'hôpital ; après quelques jours de soins, les docteurs la déclarèrent incurable et fixèrent peur sa mort un délai restreint. Instruite de cet état de choses, une personne des plus honorables de Genève eut l'idée d'écrire à M. Antoine, magnétiseur, domicilié en Belgique, réputé pour des guérisons à distance. Ce magnétiseur, qui ne connaissait pas son correspondant et pas davantage la malade, répondit à cette lettre, indiquant dans sa réponse tout ce qui allait se passer, y compris la guérison. Tout ce qu'il avait annoncé arriva, et au bout d'un temps très court, la malade sortait de l'hôpital parfaitement guérie. Or, encore une fois, magnétiseur, magnétisée à distance et correspondant ne se connaissaient pas du tout, ne s'étaient jamais vus et la malade ignorait jusqu'à l'exictence du magnétiseur.
    Martin, L. (de Genève), Magnétisme humain en face de l'hypnotisme, l'action curative à distance, 1907, p.138
    source : gallica

        Ils guérissait à distance. Bien des malades furent soulagés pour lui avoir expliqué leurs maux par écrit. Antoine recevait chaque jour plus de deux cents lettres et télégrammes. Il se les faisait lire par l'un ou l'autre de ses disciples et il se recueillait en songeant à ces malades qui avaient écrit, il leur envoyait sa pensée à travers l'espace. Ensuite les lettres n'étaient pas jetées. Il y en avait trop, on ne pouvait les garder, mais Antoine veillait à ce qu'elles fussent brûlées avec tout le respect dû à la souffrance et à la foi de leurs auteurs.
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.272


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  •     Nous ne sommes divisés que dans l'imperfection et au fur et à mesure que nous la surmontons, nous rentrerons insensiblement dans la même individualité, individualité consciente d'Adam devenue l'unité de l'ensemble.

    Couronnement de l'OEuvre Révélée, Nous n'acquérons la vérité que par notre erreur, p.LVII


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  •     Antoine le Généreux devenait "le Père", et il n'était plus question des "Vignerons du Seigneur", dont successivement avaient  disparu les cotisations, les statuts, les cérémonies, enfin la bannière où l'on eût pu voir un symbole de parti. On commençait à parler un peu partout des "Antoinistes".

            Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
            Ed. Labor - Espace Nord, p.311


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  •     Le frère Delcroix était dans le secret. Oui, Antoine méditait un grand changement.
        Il voulait  délaisser tout ce qui est effet, matière, pour ne plus s'attacher qu'à l'esprit, à la Cause. Mais, en père bienveillant, il sentait que plus d'un adepte était encore trop attaché aux phénomènes et que l'évocation des esprits désincarnés était pour ceux-là un appui, un réconfort. Il ne voulait pas leur enlever trop brusquement des mains ce jouet d'enfance, car nulle âme, il le savait, n'est plus démunie que celle d'un enfant à qui l'on reprend le jouet qui remplissait sa journée. C'est pourquoi, sans alarmer leur âme simple et fidèle, il avançait avec précaution dans la voie où l'évidence l'appelait.
        De plus en plus il leur apprenait à juger les communications selon la loi d'amour et d'épreuve. Il les détournait de cette trop facile idolâtrie de l'au-delà. Il ramenait leur attention à l'unique devoir, qui est de mériter. Il dépouillait les séances du groupe de tout ce qui était forme, mots, apparence. Il supprima les lectures d'Allan Kardec, il  raccourcit les prières, et enfin les remplaça par un recueillement silencieux. [...]
        Et un dimanche matin il les accueillit avec son sourire tranquille.
        - J'ai reçu une inspiration, mes enfants. Nous devons abandonner les évocations et la médiumnité. Le vrai spiritisme n'est pas là.
        Il expliqua :
        - Les phénomènes, c'est de la matière. C'est l'affaire des savants d'observer et d'étudier la matière. Laissons donc le spiritisme expérimental aux hommes à diplômes. Mais nous, qui avons fait tant d'efforts et acquis la sensibilité par l'expérience, nous avons un chemin plus direct, qui n'est pas le chemin détourné des effets, mais qui nous conduit tout droit à la cause.
        Certains n'étaient pas encore tout à fait préparés et le Maître savait bien qu'un combat se livrait dans leur coeur. Il n'en voulut pas à ceux qui le quittèrent pour rejoindre d'autres groupes où l'on continuait à faire du spiritisme expérimental.


            Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
            Ed. Labor - Espace Nord, p.300


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  •      Bien que toute connaissance soit illusoire pour qui cherche à progresser moralement, beaucoup de personnes sont attirées par des phénomènes psychiques et rien ne les réjouirait plus que le mouvement d'une table ou de tout autre meuble; elles croient qu'elles seraient vite converties, qu'elles auraient le courage de travailler à leur avancement et qu'elles seraient bientôt convaincues que la mort c'est la vie. Pourrions-nous avoir une ferme croyance et être plus heureux si nous obtenions ces preuves matérielles ? Je ne le crois pas car l'homme convaincu n'est heureux que par le fruit du travail qu'il effectue pour s'améliorer; cinq minutes de relâche sont pour lui un châtiment, parce qu'il sait qu'il laisse à désirer par sa conscience, il prévoit des tourments.

    La Révélation, La science et la foi, p.19-20.


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  •  source : patrimoine.met.wallonie.be


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  • Ici ce sera l'Enseignement directement qui nous servira :

        H. - Autrefois, nous allions un peu partout répandre dans des conférences ce que nous avions compris de votre enseignement. On se demande pourquoi aujourd'hui vous ne préconisez plus cette propagande que l'on croyait si grandement utile. Ne voudriez-vous pas nous dire, Père, quelques mots à ce sujet ?
        Le Père. - Il est vrai que l'on donnait des conférences sur ce que l'on avait compris de la question morale, mais cette manière faire est un peu le système des partis, elle ne s'accorde pas avec le spiritualisme que nous enseignons aujourd'hui. A celui qui croirait que je continue la propagande sous une autre forme, je dois lui dire que je me borne à révéler, pour ceux qui désirent les entendre, l'amour et la loi morale.  N'agirions-nous pas contrairement à notre enseignement si, croyant rendre de bons services à certaines personnes ou à certains peuples, nous voulions leur prêcher la morale ? Ne serait-ce pas encore voir le mal en eux, nous qui enseignons qu'il n'existe pas ? Enseignons toujours dans notre milieu tout ce que nous savons et par notre propre amélioration : l'exemple avant tout ; préparons les faibles en nous montrant faibles nous-mêmes, car la morale ne plaît pas toujours. De cette façon, nos intentions ne seront plus de nous expatrier pour aller éclairer nos semblables ; par notre amour et notre manière d'agir, ce sont eux qui viendront à nous. Nous savons que généralement le monde imagine le mal, même du bien ; n'étant pas développé moralement, il prend l'effet pour la cause.

        La Révélation, L'efficacité des lois morales, p.121-22


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  •     Je rappelle à ce propos combien l'oeuvre que nous poursuivons est diversement jugée, digne d'éloges suivant les uns, très répréhensible aux yeux des autres, c'est ce qui démontre encore la non-existence du mal. Mais je dois ajouter que si le mal n'existe pas, la souffrance existe proportionnément à l'imagination qui nous fait y voir une réalité.

    La Révélation, L'amour & la solidarité, p.61


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  •  image : Original First Spiritual Temple - Dedicated and consecrated on Sept. 26th, 27th and 28th, 1885 (www.fst.org)

    Revue Spirite - Novembre 1882

        Avis aux Spirites qui, dénaturant la portée de notre philosophie, fille du libre arbitre et de la raison, veulent être pontifes en créant un culte.
        Chez le Spirite, l'ambition est de mauvais aloi lorsqu'elle est personnelle, et pour arriver à se satisfaire, rien n'est sacré pour lui.
       Exemple. Aux Etats-Unis, le berceau du Spiritisme moderne, nous avons eu cette preuve que l'ambition et la vanité personnelle peuvent déconsidérer un homme de la valeur d'Andrew jackson Davis, et beaucoup d'autres, tous remarquables par leur talent et les services qu'ils ont rendus à la cause ; ces ambitieux ont tenté de changer le courant des idées, en proposant aux Spirites qu'ils fussent considérés comme des guides infaillibles ; ces ambitieux qui devaient diriger le spiritualisme moderne vers ses destinées, étant reconnus officiellement, comme étant les seuls capables de comprendre la haute portée de l'enseignement des Esprits, devaient avec leur expérience pontificale, mener la barque à bon port.
        En un mot, ils voulaient créer une secte religieuse, une église spirite en faisant passer cette prétention d'abord avec timidité, sournoisement, avec les plus minutieuses précautions.
        Les Spirites yankees flairèrent une anguille sous roche et démasquèrent l'ennemi, qui pouvait, par ses agissements, devenir un danger pour la cause et être son mortel ennemi.
        Andrew Jackson Davis, un des médiums les plus remarquables, avait donné des oeuvres considérables et étonnantes, lues par tous les hommes qui ont quelque valeur intellectuelle ; de plus, ses travaux, comme orateur et organisateur avaient été si importants, si utiles à la cause, qu'on fut, à juste droit étonné de le voir entrer dans la voie pleine de pièges des infaillibilistes et des grands-prêtres.
        Des ambitieux le poussaient en avant ; la plupart de ces novateurs ambitieux étaient des conférenciers de premier ordre, sortis presque tous du ministère de différentes églises protestantes, dont ils avaient pris les habitudes et le ton du commandement et de l'autorité ; ils désiraient être des prélats du pape en perspective et s'assurer une existence large et commode.
       Cet échafaudage croula sous les critiques, amères et plaisantes tout à la fois, des organes qui s'occupèrent de cette "sensations". [...]
        On proposait d'organiser, d'enrégimenter les médiums, surtout ceux qui produisaient des matérialisations, de façon à les mettre sous le contrôle disciplinaire de ces bons messieurs et de ces dames, qui prétendaient être les seuls capables de posséder le pouvoir, et avaient le droit d'établir des règlements et des conditions contre la fraude. [...]
        La seconde tentative de Jackson Davis est avortée, et il en sera de même pour toutes les tendances méprisables qui veulent recréer les dogmes, les cultes et les hommes tonsurés qui en vivent.
              Henri Lacroix

        Remarque. - Nos amis nous écrivent que les tentatives d'Andrew Jackson Davis, tendent à se renouveler en France et en Belgique.
        Chacun ayant son initiative, des vues que nous devons respecter, nous ne pouvons et nous ne devons, à la Revue Spirite, être des grands prêtres, et régler à chacun la dose de vérités qu'il doit enseigner ; l'opinion générale, seule, approuve ou improuve toutes tendances à créer une église, un dogme, des pasteurs.
        ce que nous savons bien, c'est que, soit en France, soit en Belgique, où pendant un mois nous avons étudié la vie des groupes ces tendances ne se sont pas fait jour ; à l'unanimité, à Jumet-Gohyssart,à Liège et aux environs, à Bruxelles, pendant la réunion des délégués des groupes belges, partout enfin, on a rejeté l'idée de fonder une église, d'avoir des pasteurs, une religion qui entraîne avec elle toute une série d'infractions au droit de penser, qui crée une oligarchie religieuse intolérante et infaillible. [...]

    source : spiritisme.net

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        L'idée de Jackson Davis n'a pas totalement disparu, puisqu'on trouve une page sur wikipédia traitant du Spiritualisme moderne anglo-saxon.
        Le spiritualisme moderne anglo-saxon est aujourd'hui une religion fondée en partie sur les écrits du mystique suédois, Emmanuel Swedenborg (1688-1772) et sur diverses expériences médiumniques menées depuis le XIXème siècles. Le Spiritualisme moderne affirme sa croyance en Dieu, en la survivance des esprits des morts et en la possibilité de contacter ces esprits par le biais de médiums naturellement doués ou entraînés pour cela. Des esprits susceptibles de fournir un enseignement sur l'au-delà. [...]
        De nos jours diverses Églises spiritualistes sont durablement implantées sous diverses dénominations, aux États Unis et au Royaume-Uni. [...]
        Le spiritisme, est une branche du spiritualisme moderne développée par Allan Kardec et présente dans tous des pays latins. [...]
        La figure emblématique qui combina le mieux les travaux de Swedenborg et de Mesmer dans une synthèse typiquement américaine fut probablement Andrew Jackson Davis. Il baptisa son système de pensée « la philosophie harmoniale ». Davis pratiquait le mesmérisme à des fins de guérison ainsi que la clairvoyance à Poughkeepsie, dans l'état de New York. Son livre de 1847 : The Principles of Nature, Her Divine Revelations, and a Voice to Mankind, fut entièrement dicté à un ami par Davis, alors que ce dernier se trouvait en état de transe. Ce livre représenta une sorte de Bible de réference pour le mouvement spiritualiste bien que ses valeurs très individualistes excluent toute vision unique du monde. [...]
        Le Spiritualisme intéressa essentiellement les classes moyennes aisées et tout particulièrement les femmes. [...]
        Aujourd'hui, l'Eglise Spiritualiste (Spiritualist Church) reste la principale héritière de ce mouvement aux Etats-Unis. [...]
        Une des branches du Spiritualisme pris la forme d'une organisation structurée, fortement teintée de Christianisme, avec un credo et une liturgie spécifique et une formation encadrée des médiums. Aux États-Unis, les Églises Spiritualistes sont majoritairement affiliées à la « National Spiritualist Association of Churches », alors qu'au Royaume-Uni elles sont regroupées par la « Spiritualists' National Union », fondée en 1901. Un cathéchisme spiritualiste commença dès 1920. Il est enseigné aujourd'hui par l'Université Arthur Findlay de Stansted Hall. Quelques divergences d'opinions ont provoqué des schismes dans l'Eglise Spiritualiste. Le plus notable s'est produit en Angleterre en 1957 entre ceux qui considèrent le Spiritualisme comme une religions rattachée à aucune autre et ceux qui le perçoivent comme une extension du Christianisme. Le mode de fonctionnement du Spiritualisme ressemble actuellement à celui de toutes les autres religions et a abandonné toute forme de spectacle sensationnel. Les médiums sont formés à transmettre les messages reçus mentalement de la part des esprits et ne s'exercent plus à réaliser des matérialisations d'esprits comme au siècle dernier.

    site : Worldwide directory of Spiritualist Churches
    National Spiritualist Association of Churches
    First Spiritual Temple


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  • carte postale rééditée d'une photo de l'article dans Excelsior en 1910


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  • A partir de ce jour-là, et pendant près de trois années, le Maître monta à la tribune du temple chaque dimanche, pour révéler le nouveau spiritualisme.
        Il enseignait que la maladie, la souffrance physique vient d'une cause qui est dans l'esprit. Mais cette cause n'est jamais un mal. Le mal n'existe pas. C'est notre intelligence qui, ne voyant que le monde de la matière, juge telle ou telle chose comme un mal. Or, le monde de la matière n'est que l'effet du vrai monde, le monde de l'esprit, le monde de Dieu. Dans ce monde-là, nous avons un guide qui nous conduit : c'est la conscience. Celle-ci ne voit le mal en rien, elle nous apprend à aimer, à triompher du côté matériel qui est en nous, et à nous rapprocher ainsi de Dieu, par la route de l'épreuve, au long de nos existences successives.
        Ainsi, le petit houilleur de Mons, après être devenu, suivant son rêve d'enfance, une guérisseur des corps, avait fini par se transformer en un guérisseur des âmes. Non pas seulement un consolateur, qui soulage cette âme-ci et celle-là : il avait trouvé un moyen de guérir à jamais l'humanité tout entière de sa vraie et unique maladie. Il avait découvert cette maladie : c'est la matière, c'est la vue du mal.

            Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
            Ed. Labor - Espace Nord, p.304


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