• Antoinisme

    Numéro 253/26

    N'est pas un culte public au sens fiscal de la loi, le culte qui ne repose pas sur un corps de doctrine particulier et suffisant à lui-même, dans les cérémonies duquel aucun hommage n'est rendu publiquement à la divinité et dont les rites et cérémonies sont pour ainsi dire inexistants et se bornent à des lectures moralisantes qui ne revêtent pas le caractère de religion. L'existence de temples et de pasteurs est sans influence dans ces conditions (Liège, 21.11.1949, ASBL "Le culte Antoiniste", Pas. 1950, II, 57).
     

    Numéro 253/27
     
    L'Antoinisme constitue plutôt un centre d'émulation morale à caractère désintéressé et un cercle de conférence d'éthique à base religieuse et spiritualiste ; ces manifestations n'ont pas complètement le caractère de l'exercice d'une religion, c.-à-d. d'un culte public.


    La disposition de l'art. 4 § 3, LCIR est de nature exceptionnelle et ne souffre pas d'interprétation extensive ; elle n'est pas applicable à un immeuble affecté à l'exercice du culte antoiniste (Liège, 7.1.1944, ASBL "Le Culte Antoiniste").

    source : https://lex.be/fr/doc/be/fisconet-fiscal-discipline/commentaire-de-l-art-253-cir-92-10-decembre-2015-befp_201512101788436f_fr


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  •      Attendu que les principes constitutionnels s'opposent à ce qu'il soit fait défense à l'intimé de se présenter et d'agir en qualité de desservant d'un temple antoiniste, soit que l'on considère l'antoinisme comme une religion, comme le font les deux parties, soit qu'on le considère comme un centre d'émulation morale à caractère désintéressé et un cercle de conférence d'éthique à base religieuse et spiritualiste, comme l'a fait Ia Cour d'Appel de Liège en son arrêt du 7 janvier 1944, soit qu'on l'envisage comme une opinion, une théorie, une doctrine, une philosophie ; que, dans Ia première hypothèse, l'article 14 de la Constitution garantit la liberté des cultes et celle de leur exercice public, et les tribunaux ne peuvent s'immiscer dans des conflits de dissidence confessionnelle ; que, dans les autres hypothèses, les dispositions constitutionnelles qui garantissent la libre manifestation des opinions (article 14), Ia liberté d'enseignement (article 17) et la liberté de réunion (article 19) s'opposant à ce qu'il soit apporté une entrave aux enseignements que donne l'intimé dans un local où le public et ses adeptes se réunissent paisiblement et sans armes.

    Jurisprudence de la Cour d'Appel de Liège (27 mai 1949) à propos du Temple dissident d'Angleur


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  • La Wallonie, le Pays et les Hommes - Tome 4 - Culture

    L'Antoinisme. Phénomène wallon, l'Antoinisme a été fondé à Jemeppe-sur-Meuse par un ancien ouvrier, LOUIS-JOSEPH ANTOINE (1846-1912). Après une période de spiritisme, il devient guérisseur. Condamné en 1901 pour exercice illégal de la médecine, il se consacre désormais à des séances de guérison excluant tout acte médical, tout en amplifiant la portée spirituelle de son action. Son activité de thérapeute, sa doctrine, vague syncrétisme, fait d'aspirations morales et mystiques, l'accent qu'il met sur la solidarité et la tolérance, lui attirent de nombreux adeptes d'origine populaire, qui après sa mort continueront à se multiplier jusqu'à dépasser les 100.000 dans l'entre-deux-guerres. En 1967, il y avait 27 temples en Wallonie, deux à Bruxelles, un à Schoten et 27 en France, mais des centres de lecture ont été créés dans plusieurs autres pays : Luxembourg, Angleterre, Italie, Congo et Brésil.

                                                                     André TIHON

    La Wallonie, le Pays et les Hommes
    Tome 4 - Culture (2ème partie - La place du spirituel)
    (source : issuu.com)


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  • Antoinisme (M.M. Thiollier, Dictionnaire des religions, 1971)

    Auteur : Marguerite-Marie Thiollier
    Titre : Dictionnaire des religions
    Éditions Le  Sycomore - L'Asiathèque, Paris, 1971 (à lire sur numilog.com [http://excerpts.numilog.com/books/9782901795070.pdf])

        antoinisme, religion fondée par le Père Antoine (1845-1912), ancien mineur belge, de tendance théosophique et spirite, dont le but est surtout la guérison des malades par la prière et l'imposition des mains. — L'Église antoiniste possède un clergé organisé. Elle s'est répandue dans toute l'Europe.


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  • Katholieke Encyclopaedie deel 2 (p.496-497)Katholieke Encyclopaedie deel 2 (p.496-497)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

        Antoinisme, sekte in België en Frankrijk; mengelmoes van Christendom, spiritisme en pantheisme. Stichter is Louis Antoine, mijnwerker, later metaalbewerker in het Luiksche. Eerst medium, daarna geneemeester; vanaf 1904 (’05) doet hij zich voor als profeet met de zending een nieuwen godsdienst te stichten. Bij zijn dood (25 Juni 1912) geeft hij de gewaande macht aan zijn vrouw over. Aanhangers vooral werklieden, meest in het nijverheidsgebied van het Luiksche Walenland, waar eenige tempels zijn opgericht. Propagandatijdschrift: Antoine le guérisseur.               Allossery.
        Antoinisten, Antoinisme.  

    Source : https://www.ensie.nl/katholieke-encyclopaedie/antoinisme

     

    Traduction :

        Antoinisme, secte en Belgique et en France ; mélange de christianisme, de spiritisme et de panthéisme. Le fondateur est Louis Antoine, mineur puis métallurgiste dans la région liégeoise. Dès 1904-05, il se fait passer pour un prophète ayant pour mission de fonder une nouvelle religion. À sa mort (le 25 juin 1912), il a remis le pouvoir qu'il avait assumé à sa femme. Ses adeptes sont principalement des ouvriers, principalement dans la zone industrielle de la Wallonie liégeoise, où des temples ont été érigés. Revue de propagande : Antoine le guérisseur.       Allossery.
        Antoinistes, → Antoinisme.  


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  • Medical sentinel. v.20 (1912) Medical sentinel. v.20 (1912)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    MEDICAL SENTINEL

    EXTRACTS

              Antoinism.

        An ex-miner named Antoine has founded in Belgium a new religion, which is said to number 160,000 followers, and in which the element of psychic healing forms a conventionally essential part. Antoine, the “Good Father” or the “Parent One,” as his adherents call him, is a man of 65, with flowing white locks and a patriarchal beard; his wife is "the Good Mother" in this sect. Antoine's home is at Temeppe-lez-Liege; hidden in a block of similar small houses, the prophet's dwelling is conspicuous only by the spire of his church, which adjoins it. For three years at least he has not left his house or garden. He is reputed a vegetarian, preparing his own food; he sleeps little, resting (it is said) only two hours during the night, the greater part of which he spends walking in his little garden, which has electric lights fitted up all around the walls; he never reads anything and will not see newspaper men (wise prophet!); he confines his healing to ceremonies in the church, where the services are of the simplest description. At 9 a. m. the congregation assembles; and an "adept,” the publisher of the sect's literature, takes his place at a desk under a raised platform. There is complete silence for half an hour, when the adept announces that operations will take place at certain hours on certain days, and that all who wish to be cured must have perfect faith. He then continues sitting absolutely still, not a muscle moving, and his watery eyes figed straight before him in an unblinking stare. At the stroke of 10 every one rises, and the "Parent One" enters by a side door and slowly walks up the steps to the rostrum.
        Wearing a black cassock, and with his gray hair falling over his shoulders, Antoine faces the congregation for a full minute without moving or uttering a sound. He then lifts his right hand toward them and holds it thus extended for another minute. And that is all! These two minutes make the service. The “Good Father” walks slowly out, and the adept observes: “Everyone whose faith is strong enough must be cured” – whereupon the church empties silently. No collection is made; but subscriptions are taken for the maintenance of the church.
        For six months Antoine is averred not to have spoken a word to any one. People have come at all hours, with all sorts of ailments and appeals. It seems he now effects his “cures” by deputy. His wife (or some other adept) stands in front of the applicant, and turning her eyes upward slowly waves her hand in the air, meaning thus to invoke Antoine, “the Healer.” The patient then departs, cured; or if not it is considered there has been a lack of faith. The badge of the sect is “the tree of the knowledge of the sight of evil,” represented by a white tree on a black background.
        One should not off-hand assume Antoine to be a charlatan. He seems to be very like Schlatter, who some twenty years ago, appeared in Albuquerque, New Mexico, and declared himself to be the Messiah, and that he could heal all bodily diseases and infirmities. But Schlatter seemed sincere, as seems also Antoine today. One may perhaps the betters comprehend Antoine by a brief consideration of the career of Schlatter.
        Francis Schlatter, a shoemaker, came to this country from Lorraine; he drifted out West, and led a roving life. At one time he lay in an Arkansas jail for six months, on a charge of vagrancy, and he behaved 80 well and was so much liked that, when his time was up, the authorities were loath to let him go. At Albuquerque he declared he had been twice called of God; and at each time had resisted. At the third call he obeyed, left his shoemaker's bench, went out into the mountains, bareheaded and barefooted, and fasted many days before returning to begin healing. At Denver, to which city he came in 1895, he received some two hundred thousand people in less than three months; these had all been attracted by the reports of his power to do medical miracles. He claimed that his power came direct from God. The laying on of his hands, the pressure of his hands, and his touch were the only means be employed. When the numbers became so great that he could not personally meet them all, he gave out that if the handkerchiefs of those who could not reach him or come to him were taken to him, he would bless these handkerchiefs; and that this would be as effectual as his personally touching the patients. He was a most powerful man physically; not large, he was wonderfully broad across the shoulders. Shaggy haired, blue eyed, he stood dressed in a leather wamus, such as butchers wear while at work. He invariably refused compensation; he never took money. “The Father will care for me” – and his statement was genuine and made in all sincerity.
        Schlatter was not consciously a charlatan; undoubtedly he believed he had a God-appointed mission. He was obsessed, if you will; but in like manner with Peter the Hermit, or Joan of Arc. His powers were, of course, exaggerated; stories of his cures were sure to be amplified and to multiply as they went abroad. Nor was there anything miraculous in the power he exhibited; but he was no doubt as much a victim of the delusion that such power was miraculous, as were those who believed in him. His “cures” would not surprise the student of psychotherapy. The characters of Antoine and Schlatter would seem to have much in common. – Medical Times.

    Medical sentinel. v.20 (1913)

     

    Traduction :

              Antoinisme.

        Un ex-mineur nommé Antoine a fondé en Belgique une nouvelle religion, qui compterait 160.000 adeptes, et dans laquelle l'élément de guérison psychique constitue une partie conventionnellement essentielle. Antoine, le "Bon Père" ou le "Père", comme l'appellent ses adhérents, est un homme de 65 ans, aux cheveux blancs et à la barbe patriarcale ; sa femme est, dans cette secte, "la Bonne Mère". La maison d'Antoine est à Jemeppe-lez-Liège ; cachée dans un ensemble de petites maisons similaires, la demeure du prophète n'est visible que par la flèche de son église, qui jouxte celle-ci. Depuis au moins trois ans, il n'a pas quitté sa maison ou son jardin. Il est réputé végétarien, préparant sa propre nourriture ; il dort peu, ne se reposant (dit-on) que deux heures pendant la nuit, dont la plus grande partie est consacrée à se promener dans son petit jardin, qui est éclairé par des lampes électriques tout autour des murs ; il ne lit jamais rien et ne voit jamais de journalistes (sage prophète !) ; il limite sa guérison aux cérémonies dans l'église, où les services sont des plus simples. A 9 heures du matin, la congrégation se réunit ; et un "adepte", l'éditeur de la littérature de la secte, prend place à un bureau sous une plate-forme élevée. Il y a un silence complet pendant une demi-heure, quand l'adepte annonce que les opérations auront lieu à certaines heures certains jours, et que tous ceux qui veulent être guéris doivent avoir une foi parfaite. Il continue alors à rester assis, absolument immobile, sans qu'un muscle ne bouge, et ses yeux larmoyants fixés droit devant lui dans un regard sans vie. A 10 heures, tout le monde se lève, et le "Père" entre par une porte latérale et monte lentement les marches jusqu'à la tribune.
        Vêtu d'une soutane noire, les cheveux gris tombant sur ses épaules, Antoine fait face à l'assemblée pendant une minute entière sans bouger ni faire de bruit. Il lève ensuite la main droite vers eux et la tient ainsi tendue pendant une autre minute. Et c'est tout ! Ces deux minutes font le service. Le "Bon Père" sort lentement et l'adepte observe : "Tous ceux dont la foi est assez forte doivent être guéris" – sur quoi l'église se vide silencieusement. Aucune quête n'est faite, mais des souscriptions sont acceptées pour l'entretien de l'église.
        Pendant six mois, on affirme qu'Antoine ne dit un mot à personne. Les gens sont venus à toute heure, avec toutes sortes de maux et d'appels. Il semble qu'il effectue maintenant ses "guérisons" par adjoint. Sa femme (ou un autre adepte) se tient devant le demandeur, et en tournant les yeux vers le haut, elle effectue un lent mouvement de la main, ce qui signifie qu'elle invoque Antoine, "le guérisseur". Le patient s'en va alors, guéri ; ou sinon on considère qu'il a manqué de foi. L'insigne de la secte est "l'arbre de la connaissance de la vue du mal", représenté par un arbre blanc sur fond noir.
        Il ne faut pas présumer qu'Antoine est un charlatan. Il ressemble beaucoup à Schlatter qui, il y a une vingtaine d'années, apparut à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, et se déclara le Messie, et qu'il pouvait guérir toutes les maladies et infirmités corporelles. Mais Schlatter semblait sincère, tout comme Antoine aujourd'hui. On peut peut-être comprendre Antoine par une brève réflexion sur la carrière de Schlatter.
        Francis Schlatter, cordonnier, est venu de Lorraine dans le pays ; il a dérivé vers l'Ouest, et a mené une vie itinérante. À un moment donné, il a passé six mois dans une prison de l'Arkansas, accusé de vagabondage, et il s'est si bien comporté et était si apprécié que, lorsque son temps était écoulé, les autorités ont été réticentes à le laisser partir. A Albuquerque, il déclara qu'il avait été appelé deux fois par Dieu et qu'à chaque fois il avait résisté. Au troisième appel, il obéit, quitta son banc de cordonnier, sortit dans les montagnes, la tête et les pieds nus, et jeûna plusieurs jours avant de revenir pour commencer la guérison. À Denver, ville dans laquelle il arriva en 1895, il reçut en moins de trois mois quelque deux cent mille personnes, toutes attirées par les rapports sur son pouvoir de faire des miracles médicaux. Il prétendait que sa puissance venait directement de Dieu. L'imposition de ses mains, la pression de ses mains et son toucher étaient les seuls moyens employés. Quand les nombres devinrent si grands qu'il ne pouvait pas personnellement tous les recevoir, il a annoncé que si les mouchoirs de ceux qui ne pouvaient pas l'atteindre ou venir à lui étaient pris, il bénirait ces mouchoirs ; et que ce serait aussi efficace que de toucher personnellement les patients. C'était un homme très puissant physiquement ; pas grand, il était merveilleusement large d'épaules. Cheveux longs, yeux bleus, il se tenait debout vêtu d'un wamus en cuir, comme le portent les bouchers au travail. Il refusait invariablement l'indemnisation ; il n'a jamais pris d'argent. "Le Père prendra soin de moi" – et sa déclaration était authentique et faite en toute sincérité.
        Schlatter n'était pas consciemment un charlatan ; il croyait sans doute qu'il avait une mission fixée par Dieu. Il était obsédé, si vous voulez, mais de même avec Pierre l'Ermite, ou Jeanne d'Arc. Ses pouvoirs étaient, bien sûr, exagérés ; les récits de ses guérisons étaient sûrs d'être amplifiés et de se multiplier à mesure qu'ils allaient à l'étranger. Il n'y avait rien non plus de miraculeux dans le pouvoir qu'il montrait ; mais il était sans doute autant victime de l'illusion qu'un tel pouvoir était miraculeux, que ceux qui croyaient en lui. Ses "cures" ne surprendront pas l'étudiant en psychothérapie. Les personnages d'Antoine et de Schlatter semblent avoir beaucoup en commun. – Medical Times.


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  • Petru David - Călăuză creștină - Sectologie, p.106

     

        V. SECTE „UMANE” EUROPENE

        1 Antoinismul. - Fondată de minerul belgian Louis Antoine (1846-1912), recunoscut de adepţi ca profet, secta susţinea că posedă un fluid magnetic, cu ajutorul căruia poate vindeca orice boală şi poate învinge chiar moartea, fiindcă acest fluid acționează asupra sufletului. „Vindecarea” se făcea prin punerea mîinilor sau prin bucăți de pînză despre care se spunea că e „magnetizată”. Deşi nu se acorda nici o importanţă corpului, totuşi în scopul vindecării, se recomanda un regim sever, în special vegetal.
        Secta antoinistă are un caracter ocult, adică „vindecă” apelînd la un spirit din lumea cealaltă, chemat printr-un medium, în cadrul unor şedinţe de spiritism. Adepţii sînt liniștiți, lucrători în subterane, nu fac prozelitism şi posedă o biblie a sectei.

    Petru David, Călăuză creștină - Sectologie, p.106

     

    Traduction :

    V. SECTES "HUMANISTES" EUROPEENNES

         1 L’Antoinisme. Fondée par le mineur belge Louis Antoine (1846-1912), reconnu par les adeptes comme un prophète, la secte prétendait posséder un fluide magnétique capable de guérir toute maladie et même de vaincre la mort, car ce fluide agit sur l'âme. "Guérir" se faisait en plaçant ses mains ou des morceaux de tissu dits "magnétisés". Bien qu'aucune importance ne soit attachée au corps, cependant, dans un but de guérison, un régime sévère, en particulier végétal, est recommandé.
         La secte antoiniste a un caractère occulte, c’est-à-dire qu'elle "guérit" en faisant appel à un esprit de l’autre monde, appelé par un médium, lors de séances de spiritisme. Les adeptes sont des ouvriers paisibles et discrets, ils ne font pas de prosélytisme et ils possèdent un livre spécifique à la secte.

    Peter David, Guide chrétien - Sectologie, p.106


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  • Antoinisme - a new sect (Fortnightly review)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

                    Antoinisme – A New Sect

        M. Louis Timmermans contributes to the Belgian Catholic review, La Cité Chrétienne (No. 124) an article on “Antoinisme,” which he calls “une religion burlesque.”
        Antoinism is a new sect, established by Louis Antoine, a metal worker, born at Flémalle-Grande in 1846, and later a resident of Jemeppe. After frequenting Spiritistic séances, he finally became president of a sect and a healer, who at first prescribed a certain liqueur Coune, but, after being tried for illegally practicing medicine, substituted plain water, to which, as he asserted, he had communicated a magnetic fluid. Later he used magnetized paper in working his alleged cures. His fame grew and he soon posed as a prophet and religious founder. From 1905 to 1910 he wrote and published four books, which are even more obscure and incomprehensible than our own Mrs. Mary Baker Eddy’s Science and Health.
        Louis Antoine, whom his followers fondly called “Le Bon Père,” died in 1912, at the age of 66. Before his death he communicated his powers to his wife, Jeanne Catherine Collon.
        M. Timmermans deals in two separate sections of his paper with the philosophy and the theology of Antoine, who seems to have many followers, especially in Belgium and Holland. The author shows from Le Couronnement de l’Oeuvre Révélée, the most important of Antoine’s books, published in 1910, that the new system, if so it may be called, is based on three fundamental ideas, namely, a pantheistic conception of God, the unreality of the material world, and the existence of two egos in every man, a “moi conscient” and a “moi intelligent,” which pass through a series of reincarnations.
        Antoine’s religious system is based upon “an absolute and unshakable certainty”, which is that Louis Antoine is God and entitled to divine honors. He arrived at this conviction gradually by means of private revelations, which he did not, however, impose as dogmas upon his followers, for, as M. Timmermans remarks, “Le Bon Père knew how to be tolerant and prudent” where the promotion of his pet schemes was concerned. He denied the existence of moral evil and advised his adherents to follow their natural inclinations. “Sequere naturam,” was one of his chief ethical maxims.
        Since Antoine’s death his cult has become accentuated and a “liturgy" has been built up in conformity with his teachings. At their meetings the Antoinists wear special costumes, which are said to have been revealed by “Le Bon Père.” Their leading emblem is the “tree of the view of evil,” which is to remind the adepts that their main task is to cleanse themselves from evil, the existence of which Antoine so strenuously denied. There are many such flagrant contradictions in the system of “Le Bon Père.”
        As to motives of credibility, Antoinisme has absolutely none whatever; every feature of it is “grotesque, vulgar, absurd, odious.” The spread of unbelief is the principal reason for the growth of this burlesque religion, which can be successfully combatted only by the inculcation of the Christian truths and principles of life.
        Those interested in the tenets and activities of this new sect are referred to M. Timmermans’ article, from which we have derived the above-quoted data, and to the following brochures: Het Antoinisme, zijn ontstaan, eijn ziekenbehandeling, zijn godsdienst en zijn eeredienst, by Pastoor Verlinden, Antwerp, 1929; Antoine le guerisseur, sa thérapeutique, sa philosophie, by Canon Leroux, Bruxelles, 1924; and Révélations sur Antoine le guerisseur, by Kervijn, Bruxelles, 1911.

    Fortnightly review, April 1932,
    Vol. XXXIX, N°. 4, pp.86-87
    St. Louis, Missouri

    Source : https://archive.org/details/fortnightlyrevie3839unse/page/86


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  • La religion du miracle, l'Antoinisme (L'Essor, 7 juillet 1928)

    La religion du miracle : l'Antoinisme

    « Son corps n'était qu'une plaie et le père Antoine la guérie, les aveugles voient, les sourds entendent et les malheureux s'en vont consolés. »

        Ainsi parle d'un ton onctueux, une lueur en ses yeux clairs d'enfant, un petit homme à barbiche, vêtu d'une soutanelle noire qui lui descend jusqu'aux genoux, tandis que la miraculée, une sorte de diaconesse, également vêtue de noir, l'écoute, mains jointes, un sourire d'extase illuminant sa figure aux traits flétris.
        Nous sommes dans le parloir où frère Baptiste Pastorelli, tailleur de son état et desservant du temple antoiniste, accueille les malades, les soulage et même les guérit, si toutefois leur confiance est assez forte (et leur maladie assez faible).
        Le temple est froid et nu. Sur les murs on peut lire des préceptes antoinistes :
        « Si vous m'aimez, vous ne l'enseignerez à personne, puisque vous savez que je ne réside qu'au sein de l'homme. »
        Et encore :
        « Si vous respectez toute croyance et celui qui n'en a pas, vous savez, malgré votre ignorance, plus qu'on ne pourrait vous dire. »
        Dans le fond du temple est figuré l'arbre de la science et de la vue du mal « car la science est mauvaise et la vue aussi ».
        Il y a environ un demi-siècle, un ouvrier belge, nommé Antoine, eut, vers la quarante-deuxième année de son âge, une révélation. Très affaibli physiquement, il sentit autour de lui, et le reliant aux autres hommes, la présence de fluides sur lesquels il lui était possible d'agir par la prière. En même temps, il comprit que, les maux du cœur étant causés par les maux de l'âme, cette même prière devant les guérir les uns et les autres. Il pria, se guérit lui-même et guérit ses voisins ; bientôt son pouvoir était tel qu'il put soulager une foule tout entière, voire même agir sur elle au loin par des « opérations générales ». Il appartenait évidemment à notre seule époque de voir le miracle collectif – le miracle en série, pourrait-on dire – et transmis à distance comme la parole l'est par le téléphone...
        Lorsque « père » Antoine mourut, « mère », (ainsi s'appelle Mme Antoine pour les fidèles) hérita de ses prérogatives, et c'est ainsi que, du temple de Jemmapes-sur-Meuse, pays de l'annonciateur, à dix heures du matin, les quatre premiers jours de la semaine, s'épand sur le monde le flot des grâces et des bénédictions.
        Aux mêmes jours et aux mêmes heures, en tous lieux, les adeptes prient. Dans chaque temple, le frère desservant monte au second palier de la chaire et là, les mains jointes, le regard fixant la voute, il s'unit en pensée à l'opératrice lointaine, à l'humble petite vieille de Belgique, qui se hausse à l'immense orgueil de prier pour toute l'humanité. Les yeux sur lui, les fidèles tentent, eux aussi, de participer à cette communion spirituelle et ainsi, sans souci des distances, se noue par dessus les frontières, par dessus les océans, la chaîne mystique qui, peut-être, et qui sait ? a vraiment le pouvoir de guérir, puisqu'il est tant de choses sur la terre et dans le ciel que ne comprendra jamais notre philosophie, et puisque enfin nous venons à peine de découvrir le monde mystérieux des fluides.
        Puis, sur les cours ainsi tendus vers les extases, voici que glisse, voici que chante l'archet d'une voix aux féminines douceurs. Sur le palier inférieur de la chaire, une jeune sœur lit les huit principes, les huit commandements que, par l'intermédiaire de son serviteur Antoine, Dieu a bien voulu faire connaître au monde.
        C'est une doctrine humiliée de pauvres gens et de simples où l'on reconnait des traces du christianisme, du socialisme de 1848, du romantisme, etc., qui sont restées pêle-mêle dans le cerveau d'un autodidacte, inapte à les bien comprendre et à les digérer.
        Voici cette doctrine. Méprisons l'intelligence, qui nous trompe. Ne nous croyons supérieurs à personne, fût-ce aux plus coupables. Ne prêchons pas. N'ayons pas l'orgueil de faire la charité. Quand vous voudrez connaître les causes véritables de vos maux, vous les trouverez dans l'incompatibilité de l'intelligence avec la conscience. Si vous ne doutez pas, tout ce qui est nécessaire vous sera donné par surcroît. N'oubliez pas qu'il a été dit : « Frappez et je vous ouvrirai, je suis dans le connais-toi ! »
        Le vague même de ces préceptes semble leur donner plus d'ampleur. Ce n'est pas bien neuf, mais les mélodies les plus connues ne sont-elles pas celles qui, nous frôlant aux points déjà sensibles, nous émeuvent le mieux !
        En fait l'auditoire vibre, et certains s'en vont soulagés, quitte, l'excitation passée, à retrouver leurs anciens maux.
        Le dimanche matin et chaque soir à sept heures et demie, à l'exception du samedi, on lit, non plus les principes mais l'enseignement et la vie du « père » – les évangiles après les commandements – enfin, le jour comme la nuit, un frère et une sœur sont de service, prêts à verser le baume antoiniste à tous ceux qui viennent à eux.
        Le nombre des fidèles va s'accroissant tous les jours.
        La Belgique, seule, compte plus de vingt temples, dont deux à Bruxelles. Ils se multiplient surtout dans ce pays anglo-saxon où florissent toutes les formes du mysticisme ; la France, enfin, si sceptique qu'elle soit, ne résiste pas à la contagion, puisqu'elle a déjà des temples à Paris, Lyon, Tours, Vichy, Caudry, Vervins, Aix-les-Bains. Il y a même un temple à Monaco ! Dans toutes les villes de province un peu importantes, des cérémonies ont lieu, à défaut de temples, en des maisons privées. A Paris même, il n'est guère de semaine où l'on ne voie les femmes en noir, les hommes en soutanelles et coiffés de leurs chapeaux haut de forme tronqués, suivre un cercueil que couvre un drap vert, couleur de l'espérance. C'est un enterrement antoiniste, et ceux-ci vont se multipliant.
        Ainsi que le fut l'évangile, cette doctrine toute de renoncement est propagée par des humbles, ouvriers pour la plupart, et qui vont de ville en ville, prêchant, guérissant suscitant autour d'eux des enthousiasmes que notre indifférence ignore, comme les Romains ignoraient le travail profond que le christianisme naissant faisait subir à leur empire déjà plus qu'à demi vermoulu...

    E. GASCOIN.

    Un prochain article nous parlera de la Christian Science (science chrétienne).

    L'Essor, 7 juillet 1928


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  • Strange New Cult of Belgian Faith Healers

    Reportage sur les Antoinistes (Albany NY Times Union 1936 - 0709)

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    The Antoinists who believe prayer will care everything but that intelligence
    is man's wrong enemy, and if you help
    another you may thwart the divine purpose.

    THE ANTOINISTS, a sect of more than a million faith healers, mostly in Belgium, pray to the soul of an old man dead since 1912, who had huge white whiskers but who was barely able to read and write.
        Members of the cult are convinced that all anyone has to do to be cured of any ailment whatever, is to go to one of their churches in Belgium, France or Holland, with sufficient faith in the goodness of the late Father Antoin. If the sick person does not get well or even feel any improvement that is because he hasn't sufficient faith. He then keeps right on attending services until his faith becomes sufficiently robust to bring results or he quits in despair.
        Some people must surely have believed that they were benefited or all these people, mostly very poor, would not be putting in so much time and even a little money. Unfortunately the cult gives out no statistics of names and addresses of cases because one is supposed to take everything on faith. Statistics are only for doubting-Thomases.
        Dr. Emile Coue achieved a fortune and world-fame by merely advising sick people to keep repeating: “Every day, in every way, I am getting better and better.” When one sad day, the good Coue got worse and worse and finally died, with his magic phrase on his Hips, the cult died with him.
        Not so with Father Antoin. Before that remarkable personage passed on, he left word that his spirit would come back and work as hard as ever curing believers through a successor, duly appointed by his widow. Though ignorant and illiterate, Father Antoin handed down among his precepts a startlingly new idea which undoubtedly never entered the head of any of the world's great thinkers.
        Most people have supposed that man's blunders and troubles came from not enough intelligence to handle them. Father Antoin actually cautioned his followers not to be too intelligent because he found intelligence likely to conflict with faith and conscience. It must be admitted that with only a little less intelligence the race would have remained in the unworried anthropoid ape stage and perhaps have become extinct long ago.
        Another of his rather novel thoughts is that in giving of money or any other form of charity to the needy, one takes on a great responsibility and should proceed with great caution, if at all. Otherwise one may be thwarting the plans of the Almighty to improve the afflicted person, through suffering by relieving him of his chance for improvement. Curing the sick by faith does not interfere with the Divine plan however, he thought, because the Divinity would not let the patient get well unless it would be good for him.
        This giving of charity is one of the instances where he thought intelligence dangerous. Intelligence, even of a fairly low order, would say that it could do no harm to hand a lot of breed and a bottle of milk to a hungry person. What would Father Antoin think of the billions being handed out in the United States for relief?
        The founder of the cult was the youngest and tallest of eleven children of Belgian coal miner and went to work early in the mines. The labor was too hard for him and often caused cramps. When these came upon him he would fall on his knees to pray loudly for strength and guidance. The strength did not come but he received guidance which caused him to take a less muscular job in an iron foundry.
        When he was about twenty-four, he began delving in spiritualism, causing some of his friends to criticize him. Annoyed at this, he left his native town of Liege, Belgium, and wandered around for the next ten years, visiting Germany, Prague and Warsaw. During this decade he seems to have taken up nearly all the world's well-known cults, including theosophy, but still remained a Catholic, which is not quite according to logic. This calls attention to another peculiarity. He often said:
        “I never quarrel with any faith. All faiths are equally good and the only real good in any of them is faith itself!”
        Returning from his travels, with the most impressive set of moustache, whiskers and beard in all Belgium, he was at once elected president of the Spiritualistic Association of Liege, and married a miner's daughter. There, due to his appearance and austere way he and his wife lived, shunning liquor, tobacco, coffee and meat he attracted much attention.
        He did not quarrel with the spiritualists but they quarreled with him because he seemed to be neglecting the spirits to go in for strange sorts of healing. The ghosts rented this so he stepped out and founded a cult of his own, the Antoinists. Anyone could come in and bring his religion with him, as long as on top of it he believed In Antoin and had faith that the founder could cure him of anything that ailed him.
        As long as the healing was done by “laying on of hands” and prayer. Antoin's was all right whether he got results or not. If patients failed to improve that was for lack of faith or because the deity had other plans and there was no use complaining about that. But he also took to prescribing a vegetable diet and finally medicine. The prescriptions he wrote out were in the form of weird hieroglyphics which neither druggist nor anyone else could decipher. He druggists however, filled them because they knew that all he wanted was a mild tonic with iron in it.
        Unfortunately, this was contrary to the law requiring that a person must have a license to practice medicine. Antoin was taken to court where the magistrate was astonished to find his court full of people eager to swear that they had been cured of every known deadly disease. The magistrate imposed a trifling fine but warned him to leave medicine to the regular doctors.
        Antoin then invited the entire medical fraternity to go into partnership with him. They would contribute the science and the drugs and he would contribute the faith. This grand combination and monopoly of all methods of healing was frustrated by the doctors, who would have nothing to do with it.
        That did not stop Antoin who now had given himself the title of Father. He went right ahead on faith alone and soon his followers were too numerous to have hands laid on them all. He therefore assembled them in crowds and waved his arms to the masses, which was supposed to have the same value, provided they had the requisite faith.
        For home treatment, in place of the forbidden medicine, he discovered that he could “magnetize” ordinary paper by passing his hand over it. The believing patient would take this home and when the pains came on, he would cut off a strip, plunge it in a glass of water and gulp it down before the “magnetism” escaped. If the pains did not go away, that showed what an unbeliever he was.
        His cures were not entirely among the poor and unschooled. The first Antoinist Temple in the little town of Jemeppe sur Meuse was largely paid for by the wealthy Liege family of Deregnancourt.
        A boy in that family had the habit of becoming paralyzed every time his parents crossed him. The doctors said he was just a spoiled child, a malingerer, with nothing the matter except a bad temper and all he needed was a swift kick. That information did no good perhaps because the prescribed treatment was not given. One day someone persuaded them to let Antoin try and the two were left alone with the door closed. What Father Antoin did has never been revealed but presently, so it is reported, the “paralyzed” patient burst out the door, his hair on end, and running like a deer. He not only was cured of the paralysis but became a model young man ever after.
        The Antoinists have no faith in doctors. On the other hand the doctors have some faith, not much in faith healers. They agree that faith will sometimes cure diseases of the body that are caused by derangements of the mind, such as shell shock. But it won't set a broken leg, cure s cancer or help an infection.
        At present Father Antoin's authorized chief representative on earth is Brother Hosias, an elderly man with a keen eye that indicates an intelligence which he, no doubt, regrets. Also he has a rather moderate-sized pair of side whiskers. A visitor to a Sunday service at the temple at Jemeppe sur Meuse describes it as follows:
        ”At ten o'clock I sit in the Temple of the Antoinints. It is crowded. Most of the men and women are dressed in the solemn black Sunday garb of the Antoinist sect. All of them have that peculiarly devout look which shows that they really believe this thing and each, on entering, remains for some moments in silent prayer. One who is in the know can tell from the length of the men's cloaks how long each has been a member and the amount of curl on the broad brim of his hat indicates his standing in the brotherhood.”
        An old man turning to the congregation makes the announcement: “Only those who believe will find satisfaction here.” At this moment the main door at the back opens wide. In the black robes and with clasped hands another elderly man enters and makes his way to the chancel. Brother Hosias himself; the earthly representative of Father Antoin.
        The Sunday service now conducted by Brother Hosias consists of three different parts. Putting himself into an “ecstatical trance,” he begins with a silent prayer. The congregation stands for three whole minutes staring at his trembling lip and clutched hands. After that another Brother mounts the chancel and reads about that which Father Antoin, while still on this plane of existence, dictated about the Goodness in Badness and the Badness in Goodness.
        Brother Hosias listens to this with a singularly blank expression. He has heard those words a thousand times before and many paragraphs seem to be almost devoid of meaning at least to the ordinary intelligence.
        When the reading is finished numbers are called. The sick persons who have these numbers go each with one of the brothers to cell. Here the priest goes into another trance-like prayer before a picture of the sainted Antoin, asking for a message on how to advise the patient.
        Some of the advice is the same for almost all cases. The sick and even the well must not eat anything but vegetables, cutting out even butter, eggs and milk. At all times they must keep in mind and obey the tenets of the Antoinist cult which are:

        1. Nobody is able to teach you anything about God. You have to find Him for yourself.
        2. Respect everyone who is a believer, in anything.
        3. Morals cannot be taught by words. Only your good example teaches others.
        4. To help the poor is not goodness but simply your duty in preference to yourself. Be careful, because you may thwart the divine purpose in causing this poverty.
        5. Try to love your enemies. It is the only way to get acquainted with your own true self.
        6. If your intelligence and your conscience are well-behaved, you will be free of all suffering.
        7. All suffering finds its origin in the overgrowing of intelligence over conscience.
        8. Do not let your intelligence be your tyrant. It trips up conscience.
        9. You find God if you recognize your true self.
        10. Your conscience is your only guide.

        The followers of Father Antoin de not claim that their faith-healing is in any way allied to miracles.
        The body, they say, but the reincarnation of the soul, and the diseases of the body they believe have been inflicted on humans to remind them of sins they have committed. Father Antoin repeatedly said his long experience had shown him that troubles of the spirit of the mind and conscience were very often accompanied by troubles of the body.

    Albany NY Times Union, 1936

     

        Un extrait traduit est à lire dans le billet suivant. Les images sont à retrouver dans la rubrique suivante.


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  • Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud - Marianne (6 jan 1937) Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud - Marianne (6 jan 1937)

     

     

    Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud (auteur des livres Les Religions Nouvelles de Paris et Les petites Eglises de Paris)

    Marianne (6 janvier 1937)

    source : gallica.fr

     

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  • Moderne magie - De Voorpost 28 februari 1975

    Extrait :

    ZO WORDT EEN SEKTE GEBOREN

    Als voorbeeld hebben we gekozen de sekte der Antoinisten die een grote invloed heeft gehad in eigen land (8).
    Louis Antoine werd geboren te Mons Crotteux in 1846 als zoon van een mijnwerker. Hij was zeer vroom, katholiek, verslond alle mogelijke boeken.
    Hij huwde met Catherine Collon, bracht vijf jaar door in Warschau en vestigde zich nadien als huisbewaarder in Jemeppe-sur-Meuse. Hij had, onvrijwillig, een werkmakker gedood en leed aan een pijnlijke maagkwaal. Hij maakte kennis met het spiritisme en zocht daar een antwoord voor zijn bekommernissen. In 1893 verloor hij zijn enige zoon. Hij begon de mensen door handoplegging te genezen van alle mogelijke kwalen. Zijn bezoekers bleven in stijgende lijn gaan. Hij verscheen voor de rechtbank voor het uitvoeren van onwettige geneeskunde en werd voorwaardelijk veroordeeld. Toen begon hij de mensen to genezen door het gebed en werd aldus 'n mysticus. In 1906 werd de zaal waar hij zijn bezoekers ontving omgebouwd tot een tempel. Voortaan verscheen hij in een zwarte toga en elke zondag predikte hij de « Openbaring ». in 1910 werd het Antoinisme definitief ingesteld. Het werd een nieuwe, godsdienst onder leiding van Pére Antoine. Hij stierf in 1912 na zijn echtgenote als opvolgster te hebben aangesteld. Meer dan 100.000 personen brachten hem een laatste groet. Tempel na tempel rees op en dertig jaar lang zou zijn vrouw de godsdienstige leiding in handen houden. Scheurgroepen ontstonden; onder meer die van Pierre Dor, een neef, die beweerde dat Antoine een voorloper was en dat hij de eigenlijke Kristus was. Momenteel zijn er in Belgie meer dan 30 tempels en de genezingen worden ofwel kollektief of wel individueel voortgezet.
    Een feit was dat hij oprecht was. Hij weigerde geldelijke tegemoetkomingen. Ook zijn discipelen waren doorgaans ter goeder trouw en legden dezelfde menslievendheid aan de dag. Het zou onrechtvaardig zijn om alle sekten over dezelfde kam van bedriegerij, erotisme, zwakzinnigheid te scheren. Misschien is het een zekere vorm van hoogmoed die hen vroeg of laat ten gronde richt.

    (8) Van Hageland: Moderne Magie en Hekserij

    De Voorpost, 28 februari 1975

     

    Traduction :

    ET C’EST AINSI QU’EST NE UNE SECTE

    A titre d'exemple, nous avons choisi la secte des antoinistes qui ont eu une grande influence dans notre propre pays.
    Louis Antoine est né à Mons Crotteux en 1846 en tant que fils d'un mineur. Il était très dévot, catholique, dévorant tous les livres possibles.
    Il a épousé Catherine Collon, a passé cinq ans à Varsovie et s’est installé par la suite à Jemeppe-sur-Meuse. Il avait involontairement tué un collègue de travail et souffrait de maux d'estomac douloureux. Il s'est familiarisé avec le spiritualisme et a cherché une réponse à ses préoccupations. En 1893, il perd son fils unique. Il a commencé à guérir les gens de tous les maux possibles en leur imposant les mains. Ses visiteurs ont continué à grandir. Il a comparu devant le tribunal pour médecine illégale et a été condamné à une peine conditionnelle. Puis il a commencé à guérir le peuple par la prière et est ainsi devenu un mystique. En 1906, la pièce où il a reçu ses visiteurs a été convertie en temple. Dès lors, il est apparu dans une robe noire et chaque dimanche, il prêchait la "Révélation". En 1910, l'antoinisme est définitivement institué. C'est devenu une nouvelle religion sous la direction de Père Antoine. Il mourut en 1912 après avoir nommé son épouse comme successeur. Plus de 100 000 personnes l'ont salué une dernière fois. Temple après temple, la religion grandit pendant 30 ans, sa femme tenait la direction religieuse entre ses mains. Des dissidences sont apparues ; dont celle de Pierre Dor, un neveu, qui a prétendu qu'Antoine était un précurseur et qu'il était le Christ actuel. Il existe actuellement plus de 30 temples en Belgique et les guérisons se poursuivent soit collectivement, soit individuellement.
    Le fait est qu'il était sincère. Il a refusé des avantages monétaires. Ses disciples, aussi, étaient habituellement de bonne foi et montraient le même genre d'humanité. Il serait injuste de mettre toutes les sectes sur un pied d'égalité en matière de tromperie, d'érotisme, de démence. C'est peut-être une certaine forme d'orgueil qui, tôt ou tard, les détruit.


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  • La Croix 7 mai 1930

    UNE RÉCENTE SUPERSTITION

     

    L’ANTOINISME ET SES ADEPTES

        Parmi les superstitions engendrées ces cinquante dernières années par le spiritisme et la théosophie, l'antoinisme est certainement l'une des plus extravagantes. Quand on prend le courage et la patience de lire les Révélations et l'Enseignement du Père Antoine, dit le Guérisseur (ses disciples l'appellent même le régénérateur de l'humanité !) on se demande comment il peut se trouver des gens assez crédules pour se prendre à cette espèce de mystique incohérente, issue du libre arbitre protestant et du spiritisme d'Allan Kardec.
        Le fait est pourtant que le culte antoiniste a ses adeptes. En Belgique, d'où il est originaire, il est exercé dans plus de vingt temples, surtout dans les régions de Liége et de Charleroi ; on ne lui attribue guère moins de vingt mille adeptes.
        La secte s'est également développée en France : dans la province, on trouve des temples antoinistes à Lyon, Monaco, Tours, Vichy, Aix-les-Bains, Orange, Caudry, Vervins et Hellemmes.
        Il y en a deux à Paris. Je suis allé, il y a quelques jours, à celui de la rue Vergniaud qui est le principal et le plus fréquenté. Le gardien, sanglé dans la robe noire que le Père a imposée à ses disciples, m'a non seulement accueilli avec ses meilleurs « fluides », mais vingt minutes durant, il m'a célébré l'évangile antoiniste. Oubliant que le « deuxième principe » de la Révélation du Père condamne « l'intention de convertir », il m'a tenu un langage singulièrement apostolique. Il est vrai qu'il m'a déclaré, d'autre part, que l'antoinisme n'est exclusif d'aucune religion et admet gratuitement – les croyants de toutes les croyances et même les incroyants.
        Le Père Antoine aime d'un amour égal et comble de faveurs pareilles tous ceux qui souffrent ! Pas de privilèges dans l'antoinisme. Pas de hiérarchie non plus : les ministres du culte antoiniste sont les fidèles eux-mêmes, à tour de rôle. Ce culte est d'ailleurs réduit à la lecture de l'Enseignement : ni rite, ni liturgie. La lecture est faite tous les dimanches à 10 heures et tous les jours, le samedi excepté, à 7 h. 30 du soir. Il y a, en outre, des « opérations générales au nom du Père » qui ont lieu les quatre premiers jours de la semaine, mais j'en ignore le secret.

                        Le Père Antoine

        Le fondateur de cette religion, ou plus justement de cette superstition, Louis Antoine, est né, en 1846, à Mons-Crotteux, dans la province de Liége. La mine, où il travailla dans sa jeunesse avec son père, ne lui plaisait pas. Il quitta la Belgique pour aller travailler dans la métallurgie, en Allemagne et en Pologne, y revint pour se marier, fit un séjour en Prusse et s'établit enfin à Jemeppe-sur-Meuse, dans sa province natale. C'est là qu'il reçut l'initiation au spiritisme. Il ne tarda pas là acquérir une « fluidité » extraordinaire, et à l'utiliser pour la guérison de l'humanité souffrante : ce qui lui valut une condamnation pour exercice illégal de la médecine. Cependant, ce singulier guérisseur ne parvint jamais à se guérir lui-même d'une maladie intestinale qui, en 1912, entraina sa mort... pardon ! sa désincarnation ! De ce jour, sa femme, – la Mère Antoine – qui l'avait assisté et secondé jusque-là, devint la grande prêtresse et l'évangéliste de sa religion.

                        Théories et élucubrations

        Cette religion est contenue dans divers écrits, dus, pour la plupart, à un sténographe qui transcrivait, au jour le jour, les improvisations spirituelles du Père. C'est un rabâchage, souvent inintelligible, d'élucubrations obscures, incohérentes et ineptes, au milieu desquelles il arrive cependant de rencontrer un principe raisonnable, une idée juste, un précepte élevé.
        Dans cet Enseignement, la partie négative est la principale. Le Père Antoine bouscule hardiment les notions philosophiques reçues et plus hardiment encore les dogmes et la morale du catholicisme.
        La matière n'existe pas, enseigne notre prophète. « Elle est le doute, le mal, les ténèbres, l'obstacle de l’être qui désire s'épurer. » Aux premiers jours de la création, Adam (sachez, entre parenthèses, qu'il n'était pas du tout le premier homme !) eut le tort de s'imaginer qu'Eve était une réalité : ce n'était qu'une apparence.
        Le mal n'existe pas davantage. C'est nous qui l'imaginons. « Ce que nous appelons le mal n'est qu'un aspect de l'évolution des êtres. » On vous casse un bras ou une jambe : eh bien, dit le Père, je vais vous démontrer que le mal n'est pas plus réel que tout autre. Permettez-moi de vous faire remarquer que votre argument, si naturel qu'il vous paraisse, ne s'appuie que sur l'effet et non sur la cause ». Suit une espèce d'argumentation à laquelle il est impossible de comprendre quelque chose.
        Quant à Dieu, le Père ne lui reconnait pas d'existence transcendante, Dieu, c'est nous-même, quand nous sommes épurés, quand il ne reste en nous que les « fluides les plus éthérés », « qu'amour, intelligence et conscience ».
        Mais, voici que cette intelligence, qui contribue à notre divinité, va passer un mauvais quart d'heure et se voit presque maudite ! Le Père Antoine n'en est pas à une contradiction près ! « L'intelligence, enseigne-t-il, est le doute, l'erreur, la cause de toutes les contrariétés que nous rencontrons dans le cours de l'existence. » « Tâchez de vous pénétrer que la moindre souffrance est due à votre intelligence qui veut toujours plus posséder. » « Ne vous laissez pas maîtriser par votre intelligence ! » Cette peur et ce mépris de l'intelligence s'expliquent par cette raison que le Père Antoine n'en avait pas beaucoup : il savait à peine lire et écrire !
        Une autre illusion est l'existence des lois divines. « Si Dieu avait établi des lois pour aller à lui, elles seraient une entrave à notre libre arbitre. Toute loi doit avoir la conscience pour base. Ne l'appelons pas loi de Dieu, mais plutôt loi de la morale, loi de la conscience. » L'antoinisme, en conséquence, a remplacé les dix commandements de Dieu par dix « principes » qui contiennent des préceptes, ou plutôt des exhortations, dont la plupart sont nettement opposées à la doctrine catholique.
                            *
        Essayons de démêler, dans le fouillis des Révélations du Père, la substance de l'Enseignement.
        L'homme est un être fluidique. Ces fluides sont à notre merci, à nous de les « manier », de les « raisonner », de les « épurer », de les rendre le plus « éthérés » possible, car « plus sont-ils éthérés, plus renferment-ils d'amour ».
        La conscience est infaillible ; les actes qu'elle dicte sont nécessairement bons. Aussi devons-nous suivre notre conscience et notre conscience seule.
        Il faut toujours obéir à la nature, ne jamais la violenter ni en nous ni dans les autres. « Je vais vous enseigner ceci, dit le Père : Faites le mal, ne cherchez pas à faire le bien ou si vous ne pouvez vous abstenir, cachez-vous pour le faire, faites-le plutôt la nuit, que nul ne puisse le voir. Mais, pendant le jour, faites le mal, agissez d'après votre naturel ». (Tiens, mais le Père oublie que « le mal n'existe pas ! ») Du moment que la nature ne doit pas être frustrée, on voit les conséquences : c'est la licence, c'est l'anarchie morale. La notion du péché est complètement absente de cet enseignement. Nous sommes revenus au Pecca fortiter, crede fortius, de Luther. Et quelle pédagogie nous promet une telle doctrine ! Le Père l'avoue d'ailleurs sans vergogne : « En conséquence de cette doctrine, dit-il, toute éducation est nuisible. Nous déformons les enfants, en prétendant les discipliner. »
        « Quel que soit l'âge de nos enfants, ajoute-t-il nous devons respecter leur libre arbitre ». Ce libre arbitre peut les conduire, par exemple, à tuer : eh bien, dit le Père « comparons le bourreau avec le martyr : si nous revenons à la cause, nous trouverons en celui-ci un bourreau non moins grand ». Et, dans sa mansuétude, il ajoute qu'il faut « témoigner beaucoup d'indulgence aux criminels, imputer leurs méfaits à l'ignorance, à la brutalité de la nature ». Il est vrai que la clémence et le pardon sont aussi enseignés par la religion catholique, mais dans un esprit singulièrement différent !
        Voulez-vous enfin connaître la conception antoiniste de la Providence ? Dieu ne peut pas nous épargner « les maladies, les accidents, les fléaux » qui nous viennent du démon... « Si nous disons que Dieu est notre Père, déclare le Père Antoine, ajoutons que le démon est notre mère qui nous nourrit de son sein et nous est utile. Et l'enfant n'appartient-il pas pour les trois quarts à sa mère ? Nous sommes donc plutôt enfants du démon qu'enfants de Dieu. »

        Voilà le dernier mot de l'antoinisme. Par la voie du protestantisme, nous sommes amenés au satanisme. Et c'est ce qu'on nous appelle... le nouveau spiritualisme ?

                                                 JEAN REVEL.

    La Croix, 7 mai 1930


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  • Antoinisme (Dictionnaire rationaliste, 1964)Antoinisme (Dictionnaire rationaliste, 1964)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ANTOINISME 

    Loin d'être (comme le décrivent à tort certains ouvrages d'inspiration confessionnelle) une simple nuance du spiritisme, l'Antoinisme est une véritable religion, et même une « Sotériologie » (du grec Sôter = sauveur), en ce qu'elle prétend assurer le bonheur posthume de ses adeptes. Cette religion, appelée parfois abusivement le gnosticisme, le mazdaïsme, le manichéisme, le docétisme, est issue d'éléments plus récents tels que les enseignements des Cathares (« Albigeois » et autres) et des Frères Moraves. 

    Son fondateur, Louis ANTOINE (1846-1912) né à Jemeppe près de Liège (Belgique), en pleine région houillère et industrielle, était le huitième enfant d'une très pauvre famille d'ouvriers mineurs. De santé débile, très sensible et impressionnable, avec une tendance innée au mysticisme, il dut descendre dans la mine dès l'âge de douze ans, fut ensuite apprenti métallurgiste, machiniste, colporteur, marteleur, et enfin contremaître métallurgiste. Marié en 1873 avec une très pauvre ouvrière, Jeanne COLLON (qui après la mort d'Antoine, deviendra en 1912 « la Mère » du mouvement religieux dont il restait « le Père), il partit en 1879 comme contremaître aux usines Cokerill de Varsovie, où sa femme exploita une pension de famille. Lui-même faisait des voyages annuels vers le sud de la Russie, chez les Doukhobores (les Lutteurs de l'Esprit), successeurs des Bogomiles, eux-mêmes successeurs des Cathares, et chez les Skopses et les Chlystes (ou Flagellants russes). Il revient avec sa femme en Belgique en 1886, nanti d'une assez jolie fortune de source mystérieuse, et acquiert dès son retour une vingtaine de maisons ouvrières à Jemeppe, tout en exerçant diverses professions en dehors de la gestion de ses immeubles. 

    Il commença vers 1895 son apostolat mystique et charitable, mêlé de pratiques thaumaturgiques, avec passes magnétiques (d'abord individuelles et plus tard collectives), et aussi, d'interventions médicales à base de perchlorure de fer (liqueur de Koene). Dès cette époque, il avait l'allure d'un illuminé, hirsute, névropathe, et impérieux. En outre, il fut, de 1889 à 1901, attiré par le spiritisme kardéciste, mais il rompit solennellement et définitivement en 1907 avec le spiritisme en le dénonçant en bloc comme un matérialisme. 

    Condamné en 1901 pour pratique illégale de la médecine, il épura sa thaumaturgie par une spiritualisation radicale, et fut triomphalement acquitté en 1907 des nouvelles poursuites pénales du même chef. 

    Un arrêt royal de 1922 devait approuver la constitution en établissement d'utilité publique de l'Antoinisme, qui jusqu'alors, aurait réuni en Belgique et aussi en France, environ un million d'adeptes, et qui posséda jusqu'à 1938 temples et « maisons de lecture », toujours dans des régions minières ou industrielles (Liège, le Borinage Belge, la région de St-Nazaire, etc.) où la pauvreté des masses ouvrières était intense et leur vie précaire. En tout cas, il y avait eu en Belgique, en 1920, 160 000 pétitionnaires pour demander au Parlement une loi spéciale de reconnaissance officielle de l'Antoinisme. 

    En 1912, Antoine meurt, et malgré les efforts de « la Mère » et de quelques disciples, l'Antoinisme tombe, vers 1920, à la moitié du chiffre des adeptes de 1912 et à un total de 66 temples et maisons seulement. L'Antoinisme se perpétue toutefois actuellement encore au pays de Liège dans les milieux ouvriers de mineurs et de métallurgistes, et même à Paris. 

    La presse de l'Antoinisme avait été successivement : Les Vignerons du Seigneur (1900, encore spirite) et le Petit Catéchisme spirite, le Flambeau (1907, antispirite et nettement spiritualiste), l'Unitif (1911) et la Revue du Nouveau Spiritualisme ou Aurore de la Conscience (1907). 

    L'enseignement de l'Antoinisme est basé sur la haine de l'intelligence et la foi dans la conscience, base de la morale et de l'action, avec un effort idéaliste de tendance déjà nettement « intérioriste » (recherche de la conquête du « Dieu intérieur » et individuel comme couronnement de la conscience morale de chaque homme). Cet enseignement a pu croître et en partie se maintenir grâce à un spiritualisme assez vague panthéiste mais candidement philanthropique, uni à un sentimentalisme charitable et agissant, et au prestige de la formule antoiniste nettement « sotériologique » de la « joie perpétuelle par la souffrance du dévouement et du sacrifice ». Perfectionnement individuel et inconscient par la succession, sans fin des réincarnations qui rapprochent progressivement l'homme de la Divinité.                         M. M. 

    Dictionnaire rationaliste,
    Editions de l'Union rationaliste,
    Paris, 1964, pp.34-35.

     


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  • Culte Antoiniste (Dimanche illustré n°787-27 mars 1938)

     

    Ce que c'est que le culte « antoiniste » ?
    L'ANTOINISME est une étrange religion, qui compte des adeptes en France et, davantage encore, en Belgique. Il naquit en 1906, au cours d'une expérience spirite, au cours de laquelle la révélation fut faite à un ouvrier mineur, le « père Antoine » de la « réincarnation de son fils ». Le centre de cette religion est à Jemappe-sur-Meuse, près de Liége. C'est là, en quelque sorte, la petite Rome du culte antoiniste. Il y a une dizaine de d'années, celui-ci groupait 300.000 adeptes, mais depuis quelque temps, il a beaucoup perdu. Quant à Antoine, il est décédé il y a peu d'années, après avoir professé que le mal ni la matière ne sont réels et qu'il suffit de s'en persuader pour être guéri de tous les maux physiques ou spirituels...

    Dimanche illustré n°787, 27 mars 1938


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  • Nos échos   -   A travers la vie
                   Dieux en marge
        Un modeste religieux vient de mourir aux environs de Montréal. Un million de personnes, venues de toutes les régions du Canada et de plusieurs provinces des Etats-Unis, assistèrent, nous dit-on, à ses funérailles. Il s'appelait Frère André et opéra - dit-on également - de milliers de guérison. Les Canadiens ont demandé sa canonisation. Je ne m'aventurerai aucunement sur la parcelle du terrain miraculeux détenue désormais par le prêtre canadien. Je préfère déambuler sur une autre parcelle du-dit terrain, celle qui est occupée par le Père Antoine, dont plus de sept cent mille zélateurs et vingt-deux temples dans le monde (en France : à Paris, à Lyon, à Tours, à Vichy, à Caudry...) attestent la « divinité ». A proprement parler, Antoine, ancien ouvrier mineur, surnommé Antoine le Généreux, après avoir, lui aussi, accompli des milliers de guérisons, devint après sa mort, de par l'effusion de ses adorateurs, non point exactement dieu, mais « Successeur du Christ, second Révélateur, deuxième incarnation de l'Esprit Consolateur ». Le don de guérison et les prodigieuses conséquences de ce don poussèrent l'ex-mineur à rédiger un évangile, dont je possède un exemplaire primitif. J'en extrais ceci :
    DIX PRINCIPES REVELES
    EN PROSE
    par
    ANTOINE LE GENEREUX
    DIEU PARLE :
    PREMIER PRINCIPE
    Si vous m'aimez,
    Vous ne l'enseignerez à personne.
    Puisque vous savez que je ne réside
    Qu'au sein de l'homme.
    Vous ne pouvez témoigner qu'il n'existe
    Une suprême bonté
    Alors que du prochain vous m'isolez

    SIXIEME PRINCIPE
    Quand vous voudrez connaître la cause
    De vos souffrances
    Que vous endurez toujours avec raison,
    Vous la trouverez en l'incompatibilité
    De l'intelligence avec la conscience.

        Il y a, vous dis-je, vingt-deux temples antoinistes...
        Quand le Père mourut, l'avis suivant fut affiché aur les murs de ses temples :
             « Frères,
        « Le conseil d'administration du culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner... Avant de quitter son corps, Il a tenu à revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que la Mère le remplacera dans sa mission... Mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine, à dix heures... »
        J'assistai à l'inauguration du temple antoiniste de Paris, rue Vergniaud, dans le XIIIe. Une foule énorme était là. Il y avait des malades et des gens qui marchaient avec des béquilles, comme à Lourdes. La Mère était venue. Elle monta dans une chaire, joignit les mains et pria en silence. Tandis qu'elle priait, je voyais la foule des fidèles ; les yeux étaient tendus vers elle avec une expression d'amour et de ferveur indicibles. Quand elle eut fini de prier, elle s'en alla. Elle n'avait pas dit un mot. La foule s'écoula. Des malades affirmèrent qu'ils étaient guéris. Un porteur de béquilles se redressa et envoya promener ses béquilles.
                    André Arnyvelde

    Le Petit Parisien 22 fév. 1937 (Numéro 21909)
    source : gallica


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  • Sans doute toute spiritualité s'organise-t-elle en fonction du vécu personnel. Louis Antoine, lourdement confronté à l'épreuve, souhaite soulager celles qu'il croise sur sa route; Et c'est bien ce qui qu'il fait, avec une grande générosité. Sa doctrine découle de ses expériences. Conjurer la souffrance en dissociant la matière et l'esprit, c'est aussi, mutatis mutandis, la démarche de Platon pour supporter l'insoutenable désillusion de la condamnation à mort de Socrate. Et c'est bien sûr hautement discutable. Nous avons demandé à Jacques Cecius de nous présenter l'Antoinisme et, dans la foulée, le Dorisme. La Rédaction

    Une religion née en Wallonie
    Louis Antoine, fondateur d'une religion présente en Belgique, en France, au Brésil, En République démocratique du Congo et d'autres régions encore, est né non loin du bassin industriel liégeois, à Mons-Crotteux, en 1846. Il était catholique.

    L'épreuve
    Lors de la mobilisation en 1870, à l'occasion de la guerre franco-prussienne, il tua accidentellement un de ses camarades de troupe. Il se posa alors la question que tant d'autres se sont posée : pourquoi cette épreuve ? Épreuve pour le copain, épreuve pour les parents de celui-ci, épreuve pour lui-même. Démobilisé il s'en va travailler en Allemagne. Il se marie quelque temps après avec Catherine Collon. De cette union naîtra un fils, lui aussi prénommé Louis. Ensuite le ménage part pour la Pologne russe. Antoine travaille comme métallo, Catherine tient une cantine. Lorsqu'ils rentrent au pays, les Antoine sont en possession d'une somme assez rondelette. Ils font construire plusieurs "maisons ouvrières" qu'ils louent.

    Antoine se convertit au spiritisme au sein de l'église catholique. Leur garçon, alors qu'il a vingt ans, fait une chute et meurt quelques mois plus tard. "Pourquoi cette épreuve ?" se demandent les deux époux. C'est la rupture avec le catholicisme. Ils finissent par retrouver courage dans la foi kardeciste - spiritisme latin codifié par Allan Kardec (pseudonyme de Léon Rivail). Antoine crée alors une société spirite officielle "Les Vignerons du Seigneur". Au sein de celle-ci il devient le médium-guérisseur. Il est condamné pour exercice illégal de la médecine. Il abandonne alors les prescriptions de tisanes mais continue à magnétiser les malades. En 1906, il annonce qu'il abandonne le spiritisme et qu'il va enseigner le "Nouveau Spiritualisme". Chaque dimanche, il donne ses enseignements dans une grande salle qu'il a fiat construire de ses deniers.

    Les principaux points de sa doctrine :
    -       1. Dieu n'existe qu'en nous.
    -       2. La matière est une illusion.
    -       3. Notre véritable moi se développe au fur et à mesure des épreuves subies.
    -       4. Le mal n'existe pas : si je fais souffrir mon prochain, c'est qu'il s'est attiré cette épreuve en ayant fait, lui-même, souffrir un autre. Un peu de son "côté matériel" va s'éliminer au profit de son "côté spirituel". Et moi-même je m'attire une épreuve… et je progresse à mon tour. Par la destruction de notre "moi matériel" nous finissons par rompre la chaîne des renaissances.
    -       5. Nous devons agir suivant notre conscience.
    -       6. Il faut aimer ses ennemis car ils sont la cause des épreuves purificatrices.
    -       7. Toutes les croyances sont bonnes, l'athéisme aussi. Il nous faut d'ailleurs passer ces phases (de l'athéisme à l'antoinisme, via d'autres religions au cours des incarnations) pour arriver, un jour, naturellement, à la doctrine révélée du Père.
    -       8.Le prosélytisme est interdit.

    Combien sont-ils ?
    L'antoinisme est actuellement en déclin en Belgique. Il progresserait lentement en France, rapidement au Brésil et au Congo. Il n'est pas possible de déterminer exactement le nombre des adeptes. Selon les auteurs, on évalue le nombre des antoinismes entre 10.000 et 150.000. Cette dernière estimation me paraît nettement exagérée.

    Le culte
    En Belgique, le Culte a "réformé" la liturgie qu'avait la Mère Antoine. Elle est réduite à sa plus simple expression : le desservant du temple préside, les quatre premiers jours de la semaine à 10h, l'«Opération générale du Père», suivie d'une brève lecture tirée de son enseignement. Le soir a lieu une lecture suivie d'un court moment de recueillement pour les âmes souffrantes. Le dimanche, à 10h aussi, l'«Opération» est suivie d'une lecture plus longue.

    En France et ailleurs les adeptes observent toujours la liturgie "primitive" : un(e) adepte revêtu de la "robe révélée" (soutanelle pour les hommes, habit ressemblant à celui des ursulines pour les femmes) annonce que le Père va opérer ; trois coups de sonnette; le desservant monte à la grande tribune et se recueille durant trois ou quatre minutes; un(e) autre adepte en robe se trouve à la petite tribune. L'«Opération» terminée, il/elle fait la lecture. Après quoi retentissent à nouveau trois coups de sonnette et les deux officiant(e)s se retirent. Les malades peuvent alors être reçus individuellement. En Belgique, la lecture a été supprimée après l'«Opération», laquelle n'a pas lieu le dimanche qui est réservé à la lecture seulement.

    L'emblème est un arbre en métal dont les ramures aux branches symétriques portent la mention "Culte Antoiniste". Le tout est superposé à un écusson portant "l'Arbre de la Science de la Vue du Mal", cette vue qui occasionne le "piétinement spirituel" des hommes.

    Aux dires de vieux liégeois, les guérisons obtenues à la "foi du Père" furent nombreuses.

    L'Auréole de la conscience :

    Un seul remède peu guérir l'humanité : la foi.
    C'est de la foi que naît l'amour;
    l'amour qui nous montre, dans nos ennemis, Dieu lui-même
    car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis
    qui nous rend digne de Le servir.
    C'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer
    parce qu'il est pur et de vérité.

    Jacques Cecius, Spa, le 12 avril 2003 complété le 2 juillet 2007

    source : http://prolib.net/pierre_bailleux/libresens/208.014.antoinisme.htm


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  •     La question 861 de l'ouvrage "Testez votre culture belge" est la suivante :
        Une seule religion a trouvé ses racines en Belgique. Comment s'appelle-t-elle ?
        La réponse est, vous le savez : L'antoinisme, culte fondé par Louis Antoine à la fin du XIXe siècle.

        C'est aussi la façon de définir l'antoinisme dans la brochure verviétoise Temps Jadis, Notre région au temps des Cartes Postales : La seule religion Belge : l'Antoinisme.

        La quatrième de couverture de Délivrez-nous du mal par les Editions Labor dit : "Roman vrai", Délivrez-nous du mal raconte la vie de Louis Antoine fondateur d'un culte dans la banlieue liégeoise à la fin du siècle dernier. [...] L'auteur jette aussi quelque lumière sur le phénomène passionnant que constitue la naissance d'un mouvement religieux.
        Le développement de Robert Vivier précise que la "désincarnation de Louis Antoine, loin de marquer un arrêt dans le développement de la nouvelle religion, semble au contraire avoir rétribué à exalter les adeptes et à étendre le mouvement."
        On parle ensuite de culte et de religion antoiniste.
        Puis le petit ajout signale les livres parlant de l'antoinisme, après la mort de Vivier : Alain Woodrow, Les nouvelles sectes et Régis Dericquebourg, Religions de guérisons.
        Ce dernier auteur, qui est sociologue des religions, pencherait pour dire cult ou groupe métaphysique (selon Stillson Judah), mais il se refuse à en faire une Eglise ou une secte (cf.p.138).

        Comme on peut s'y attendre, Pierre Debouxhtay se garde bien de se prononcer, définir d'un façon aussi brute aurait en effet constitué un point de vue. Il raconte comment les Antoinistes ont voulu "obtenir la reconnaissance de leur culte" (p.270). En effet, Pierre Debouxhtay alla fouiller dans les archives du Ministère de la Justice (section des cultes).
        Bref, à l'époque on parle de culte ou de religion, les spirites seuls parlent de secte. C'est en effet encore le seul sens de ce mot : Groupement organisé dont les membres ont adopté une doctrine et des pratiques différentes de celles de la religion majoritaire ou officielle (http://www.cnrtl.fr/definition/secte).

        On voit cela dans les journaux de l'époque :
    - The New York Times, le 25 décembre 1910 : Another new religion, another faith-healing religion, Jemeppe-lez-Liège, where the headquarters of the sect are situated, The badge of the sect is "the tree of the knowledge of the sight of evil", represented by a white tree on a black ground (remarquons le flou dans la définition pour ce premier article, notons aussi que le sens de sect en anglais peut être différent, et que les Américains étaient plus accoutumés à ce phénomène que l'Europe).
    - Albert-L. Caillet en 1911 : Guérisseur et de Révélateur d'une doctrine, "Culte Antonin" (il s'agit d'une erreur, car dès décembre 1910 au moins, on voit l'inscription Culte Antoiniste sur le temple de Jemeppe).
    - le Figaro en 1912 : Louis Antoine, un fondateur de religion.
    - Le Matin, en 1912 : religion nouvelle. Louis Antoine y avait instauré son culte il y aune vingtaine d'année. Sa religion, que l'on appelait l'"antoinisme", promettait la guérison des maladies par la prière et la foi. Il réussit ainsi à obtenir quelques cures sur certains malades du système nerveux.
    - Le Progrès spirite en 1912 : Il n'avait fait rien de moins que de fonder une religion, une espèce de variété de christianisme mélangé de théosophie.
    - L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, en 1912 : les fidèles de la religion belge viennent écouter la parole de leur prêtre improvisé.
    - La Liberté, en 1912 : Il n'avait fait rien de moins que de fonder une secte, une espèce de christianisme mélangé de théosophie (c'est le sens premier du terme secte, le journal se défini comme : Journal politique, religieux, social. L'article se termine par : Beaucoup d'incrédules ferment les yeux devant les merveilles de Lourdes, mais une superstitieuse crédulité les remplit de respect pour l'oeuvre de l'illuminé ou du charlatan Antoine).
    - L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, en 1913 : l'Antoinisme... La religion du Père Antoine.
    - La Liberté, en 1913 : De ses cendres est née une religion. Le culte "Antoiniste" a ses desservants et ses adeptes, de plus en plus nombreux.
    - L'Echo du Merveilleux, en 1913 : l'« Antoinisme », cette religion nouvelle dont l'apôtre, Antoine le Guérisseur, qui mourut l'an passé, fut suivi jusqu'à la fosse commune par un cortège de plus de quinze mille fidèles gémissant et pleurant !, Une religion de malades, tel est l'effet assez juste que produit l'Antoinisme à notre confrère.
    - Le Petit Parisien, en 1924 : le culte antoiniste, spiritualisme nouveau
    - Les Potins de Paris en 1930 : Connaissez-vous l'Antoinisme? C'est une nouvelle religion [...], culte mâtiné, de spiritisme et de christianisme.
    - La Croix en 1936 : Certaines sectes religieuses se livrent dans notre diocèse à une active propagande. nous apprenons que l'Armée du Salut et l'Antoinisme spécialement cherchent à recruter des adeptes, distribuent des brochures ou sollicitent des offrandes. (Remarquons ici l'emploi de secte religieuse, dit par un journal catholique, on peut encore penser que le terme secte renvoi à son sens premier).

        Dans les registres de loi :
        En Belgique, l'antoinisme n'a jamais été reconnu comme culte ou religion, on en a donc fait en 1922 une ASBL en tant qu'Etablissement d'Utilité Publique en Belgique. La jurisprudence belge lui fait accéder à la Protection d'une dénomination religieuse le 9 janvier 1947 et le classe, le 21 novembre 1949, comme oeuvre philanthropique, avec confirmation, le 31 mars 1949, de protection de la dénomination religieuse. Le 19 juin 1992, il obtient l'Immunisation fiscale des immeubles destinés au culte antoiniste (Jurisprudence belge relative à la condition juridique du fait religieux, par Louis-Léon Christians et http://www.uclouvain.be/207623.html).

        En France, il est d'abord considéré comme association culturelle loi de 1905. Puis il prend en 1988, la forme d'une association cultuelle, régie par la Loi de 1905 sur les cultes.

        Puis on évoque le mot secte. Cela, concernant l'antoinisme, plus souvent en France et depuis une trentaine d'année, ou pas beaucoup plus (le Quid le classe dans cette section). Le mot est vague, et le rapport 2468 de l'Assemblée Nationale française sur les sectes a été critiqué par des chercheurs, considérant, entre autres reproches, comme fallacieux d'édifier une liste sans plus de détail. Ce rapport classerait l'antoinisme dans le "catégorie des mouvements 'guérisseurs'". C'est ce qu'à fait également  le rapport belge (http://www.vigi-sectes.org/rapport/rapport_belge_enquete_parlementaire.html), mais de façon plus douce (Intervention de M. L. Nefontaine, collaborateur scientifique à l'ULB qui évoque l'antoinisme parmi d'autres comme "organisation tout à fait honorable").

        Le Bureau de Documentation sur les sectes et les Religions parle de secte d'origine occulte. On parle aussi de secte satanique (comme Jacques Valdour dans sa description des ouvriers parisiens d'après guerre : "Autodidacte et à demi dément, Antoine retrouve dans ses rêves confus les vieilles inspirations familières aux religions sataniques et au Maçonnisme", p.80). Parfois d'un groupe issu de la mouvance catholique, ou de la mouvance spirite.

        Passé la folie immodérée concernant les sectes, on parle maintenant de mouvement religieux ou nouveau mouvement religieux (comme la plupart des sociologues et le site Wikipedia, qui le classe parmi Petit mouvement religieux | Groupement spirituel), mouvement New Age (comme une chercheur sur le sujet), Eglise de guérison (quelques sociologues).

        Voyons maintenant les définitions dictionnairiques :
        Le TLFi donne comme définition : Religion fondée par le mineur belge Louis Antoine (dont les écrits sont parus de 1905 à 1910) qui considère l'individu comme un être divin, affirme que les hommes se « réincarnent » à leur mort et fait une place importante à l'imposition des mains et à la prière pour la guérison des malades. Ce dictionnaire cite une phrase de Maxence van der Meersch parlant également de religion. (d'après sa partie historique, c'est à partir des années 50 et surtout 60 que le mot secte prend son sens péjoratif presque exclusif).

        Médiadico donne : Courant théosophique qui considère l'individu comme un être divin et prétend que l'on peut guérir les maladies par le pouvoir de l'esprit.

        Reverso dit : (philosophie) doctrine prônant la lutte par l'esprit contre la maladie.

        Le site eculture.cs.vu.nl arrive à : Synthèse de spiritisme et de théosophie créée par Louis Antoine (1846-1912).

        Le Larousse réfère à : Religion théosophique fondée par Louis Antoine, dit « le Père Antoine ». (Le culte antoiniste fait une grande place à l'imposition des mains et à la prière en vue de la guérison des malades.)


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  •     * ANTOINISME, subst. masc.
    Religion fondée par le mineur belge Louis Antoine (dont les écrits sont parus de 1905 à 1910) qui considère l'individu comme un être divin, affirme que les hommes se « réincarnent » à leur mort et fait une place importante à l'imposition des mains et à la prière pour la guérison des malades :
    Du boudhisme au pythagorisme, du christianisme à l'antoinisme d'aujourd'hui, les religions reconnaissent cette réaction du physique sur le mental et l'allègement de l'esprit qu'apporte l'allègement des humeurs.
    Van der Meersch, Invasion 14, 1935, p. 295.
    Rem. 1re attest. 1935 supra; du nom propre Antoine, suff. -isme*.

    DÉRIVÉ.
    Antoiniste, adj. et subst.(Adepte) de l'antoinisme : ,,Elle abandonna une église aussi compliquée. Elle fut au temple réformé deux fois, séduite par le contraste de l'austérité et de la simplicité, s'y ennuya bientôt, rendit visite aux Antoinistes et ne retourna plus les voir ...`` (Van der Meersch, Invasion 14, 1935 p. 201). (1re attest. infra; du rad. de antoinisme*, suff. -iste*).
    STAT. − Fréq. abs. littér. : Antoinisme. 1. Antoiniste. 1.
    BBG. − Foi t. 1 1968. − Masson 1970.
    source : http://www.cnrtl.fr/definition/antoinisme

        Il s'agit ici de la première occurrence dans un texte de la base de données de ce dictionnaire. En effet, en 1934, Pierre Debouxhtay est déjà bien familiarisé avec les mots antoinisme et antoiniste.
        Le titre "Les Vignerons du Seigneur" était encore employé en septembre 1906 (Unitif, I, 5, p.12), en octobre 1907 (Auréole, p.95, 96), en décembre 1907 (p.126). En 1912, on voyait encore au-dessus de l'entrée du temple l'inscription "Les V. du S." (Gazette de Liége, 1er juillet 1912). D'autre part, la société était, déjà à l'époque spirite, appelée "La société spirite Antoine" (Le Messager, 15-3-1902, p.139; 15-5-1905, p.160). C'était marquer l'influence prépondérante d'Antoine.
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.123, note 39

        A partir de 1906, dans le temple qui venait d'être construit, les séances prirent un caractère de plus en plus religieux.
        "Lorsqu'il nous faisait l'instruction à la tribune du Temple, sensibilité palpait tous les fluides de l'assemblée et s'il n'y en avait de contraires, Il faisait appel à notre recueillement pour les remplacer par de meilleurs qui nous ramenaient dans l'unité. Le Père s'efforçait toujours de nous faire apprécier la valeur du recueillement" (L'Unitif, III, 2, p.8).
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.137

        En 1909, parut la Révélation, Pierre Debouxhtay précise que le nom Antoine le Guérisseur fut changé en Antoine le Généreux, et cela en 1911, nous précise l'Historique du Culte Antoiniste. Mais on ne sait pas si dès 1909, Culte Antoiniste paraissait sur la couverture.
        En tout cas, en 1910, date inscrite sur le temple, figure également Culte Antoiniste. Un article du New York Times du 14 décembre, nous précise également qu'à cette époque les Antoinists sont connus sous ce nom, pratiquant l'antoinisme. En 1911-1912, tous les journaux relatent les faits concernant cette nouvelle religion, indiquant le nom entre guillemets.

        Antoine le Généreux devenait "le Père", et il n'était plus question des "Vignerons du Seigneur", dont successivement avaient disparu les cotisations, les statuts, les cérémonies, enfin la bannière où l'on eût pu voir un symbole de parti. On commençait à parler un peu partout des "Antoinistes".
            Robert Vivier, Délivrez-nous du mal
            Ed. Labor - Espace Nord, p.311

        Notons que le terme antoiniste est employé comme dérivé du nom Antoine, ainsi il existe une grande des Antoinistes à Metz, dédié à Saint-Antoine, qui fut également guérisseur.


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  • Après une liste des grands principes de l'antoinisme, on lit :

    "Les malheureux affluèrent à JEMEPPE. ANTOINE les recevait et élevait ses pensées pour eux. De nombreuses guérisons furent signalées. J'ai encore rencontré quelques vieilles personnes qui me racontèrent avoir été guéries par ANTOINE. Je dois dire qu'il s'agissait surtout de maux psycho-somatiques.

    ANTOINE avait coutume de dire qu'il ne guérissait personne, que les malades venaient près de lui chercher la force pour se guérir eux-mêmes."

    source : Energies angéliques - amour et spiritualité (http://yeliel.midiblogs.com/archive/2009/02/10/le-culte-antoiniste.html)


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