•     Louis Antoine (1846-1912), ouvrier autodidacte wallon, un temps attiré par le spiritisme, rompit avec le catholicisme ambiant pour fonder une religion nouvelle basée sur une doctrine et des écritures monothéistes originales : le mal et la maladie viennent de la matière ; l'homme peut s'en débarrasser en prenant conscience de sa nature spirituelle. Le charisme et la réputation de thaumaturge du "Père Antoine" lui attirèrent beaucoup de sympathisants dans les couches populaires en voie de déchristianisation. Après la mort du "Père", son épouse, la "Mère", le relaya dans l'organisation de la nouvelle foi, largement décentralisée et dotée de rites fort sobres. Il existe ainsi en Wallonie et dans le Nord de la France une cinquantaine de temples antoinistes qui accueillent des fidèles, en nombre relativement restreint, mais aussi tous ceux qui cherchent un remède à leurs souffrances.
        Maître de conférences en psychologie sociale à l'Université de Lille, Régis Dericquebourg a mené une enquête sur le terrain. Resituant l'antoinisme dans le cadre des religions de guérison dont il est spécialiste, il donne ici la première description systématique et impartiale de cette religion méconnue, dont il souligne l'extrême discrétion, explicite la doctrine, cite les textes principaux et dévoile le fonctionnement concret.


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  • SECTES - L'interview de Régis Dericquebourg par le CICNS
    Régis Dericquebourg est Maître de Conférences en psychologie sociale à l'université Charles de Gaulle à Lille. Il est membre du groupe de sociologie des religions et de la laïcité au CNRS.
    Il étudie depuis plus de vingt ans les nouveaux mouvements religieux et nous donne, dans cette interview, son point de vue éclairé sur la situation en France.
    Vous pouvez vous procurer cette interview sur DVD en écrivant à contact@cicns.net
    Visitez notre site pour voir toutes nos interviews de sociologues, juristes, historiens, ethnologues et de personnes discriminées sur http://www.cicns.net/Video.htm


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  • Croire et guérir (Quatre religions de guérison), Paris, Dervy, 2001, 193 p.

        Ce livre est une version remaniée d’un ouvrage du même auteur paru chez Cerf / Fides en 1988 sous le titre « Religions de guérison ». L’ouvrage initial comportait trois études de cas portant sur des religions de guérison actives un peu partout dans le monde : l’Antoinisme, la Science Chrétienne et la Scientologie. La nouvelle version comprend une étude de cas supplémentaire et inédite sur le groupe français Invitation à la Vie (IVI) ainsi qu’une courte préface de Jean Baubérot et une postface plus substantielle d’Olivier-Louis Séguy.


        En effet, par rapport à l'ouvrage précédent chez Cerf/Fides, celui-ci se veut un complément. Le format du Bref est certes plus pratique, mais Croire et guérir est intéressant à plus d'un point, aussi concernant l'antoinisme. Tout d'abord par la postface d'O.-L. Séguy, chargé des cours au conservatoire national des Arts et métiers et avocat à la Cour d’Appel de Paris, spécialiste de la liberté de conviction, et membre du CESNUR (Centro studi sulle nuove religioni - Center for Studies on New Religions). Citons les différents titres de cette postface pour se rendre compte de la richesse de celle-ci :
    - Lien religion-guérison : novateur ou traditionnel ?,
    - La protection de la guérison religieuse,
    - L'absence de valeur juridique des rapports sur les mouvements religieux marginaux,
    - La déformation médiatique de la marginalité religieuse,
    - Les bornes à la liberté religieuse.

        Mais ce Croire et guérir comprend également un chapitre de plus (les autres n'ont à première vue pas été corrigés ou augmentés, hormis celui sur la Scientologie) sur le mouvement Invitation à la Vie (IVI). Mouvement intéressant à plus d'un titre, mais je vous laisse le découvrir en lisant le livre. Parlons plutôt de ce qu'on peut apprendre sur l'antoinisme avec ce chapitre.
        Evoquant les effectifs, Régis Dericquebourg fait un parallèle avec l'antoinisme : "le mouvement connaît une relative expansion dans le monde et une décrue dans le pays-mère. Selon les responsables d'I.V.I., les manifestations organisées par le mouvement rassemblent toujours autant de participants. Si leur constatation est exacte, on assisterait au passage d'une communauté d'adhérents à une population de sympathisants autour d'un noyau dur. C'est dans cette dernière qu'on trouverait des jeunes gens. Peu à peu, I.V.I. ne va-t-il pas ressembler à l'Antoinisme qui ouvre encore des temples, qui a peu d'adhérents et beaucoup de sympathisants ? C'est d'une manière générale le mode d'existence des mouvements religieux qui pratiquent la thérapie spirituelle et qui deviennent des "clients-cults" (mouvement qui a un public de personnes qui recourent à ses services dépassant largement le nombre de fidèles)" (p.103).
        Concernant le recous au médecin, faisant partie de la Vie dans la mouvement, et après l'exposé des chiffres montrant que 97% des personnes parmi les 217 qui ont répondu ont recours à un médecin, on lit : "Nous avons déjà observé ce phénomène à propos d'autres religions de guérison (sauf, en principe, la Science chrétienne) où la prière de guérison est un supplément d'âme et de sens qu'on ajoute à un traitement médical" (p.114-115).

        Voilà deux choses qui permettent d'en savoir plus le mode de fonctionnement de l'antoinisme.


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  •         Religions de guérison. Antoinisme, Sience Chrétienne, Scientologie. Paris, Ed. du Cerf et Fides, 1988, 125 p. (Coll. "Bref").

        Le titre et sous-titre de ce "Bref" en disent clairement l'objet : la 4e page de couverture précise, de plus : "Quand la maladie et la guérison sont à l'origine d'une expérience religieuse". A quoi l'on pourrait ajouter pour compléter le signalement, cette remarque de la page 111 : ces religions "ont incarné ou incarnent actuellement une forme de modernité religieuse". C'est de modernité qu'il s'agit ici.
        Chacun des trois chapitres de ce petit livre traire d'une des "religions de guérison" annoncées. Le fondateur, sa doctrine, l'organisation, les pratiques et croyances du groupe, le "style de vie" de ses adhérents retiennent tour à tour l'attention de l'auteur. Celui-ci, enseignant de psychosociologie à Lille III s'est fait connaître par une recherche doctorale sur les Témoins de Jéhovah dans le Nord (Paris V, 1979) et ensuite par divers articles et communications sur le même sujet. Depuis lors, il travaille sur les religions de guérison. Ce petit livre lui fournit l'occasion d'entrouvrir ses dossiers. On s'en réjouit, car ce sont ceux d'un homme informé (la bibliographie succincte en témoigne déjà) ; de plus Régis Dericquebourg s'est donné la peine de lire les fondateurs eux-mêmes - la chose est plus redoutable qu'elle n'en a l'air -, et d'enquêter auprès des intéressés. Ces efforts débouchent sur un ouvrage bien construit et clairement écrit, informé, et même irénique ; ceci, on le sait, ne va pas de soi.
        Dans son Introduction, l'auteur se défend d'avoir voulu faire autre chose qu'un dossier informatif et succinct. Il a réussi dans son propos, et au-delà. Ses notations de nature sociologique au sujet des leaders et des organisations nous paraissent très fines et précises en dépit de peu de place dont il disposait pour ce genre d'analyse. Il faut souhaiter que Régis Dericquebourg puisse continuer ses travaux sur les religions de guérison et nous livre bientôt sur elles une étude fouillée. Il semble bien armé pour cela.
                Jean Séguy.

    source : Persée - Numéro  67-2 - p.258


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