• Les minorités religieuses en France (2019)Les minorités religieuses en France (2019)

     

       

     


    Titre : Les minorités religieuses en France, Panorama de la diversité contemporaine
    Éditions Bayard, 2019
    Sous la direction d'Anne-Laure Zwilling, avec Joëlle Allouche-Benayoun, Rita Hermon-Belot et Lionel Obadia


    Un atlas unique en son genre consacré à tous les groupes religieux présents en France.

    Cet ouvrage original, réunissant près de 80 sociologues, ethnologues, anthropologues, historien, veut permettre une meilleure connaissance des groupes religieux présents en France et leur évolution récente.

    Dans une approche inédite, l’organisation de l’ouvrage repose sur la saisie des grandes religions par « familles », puis en chacune d’elles, des différents sous-groupes confessionnels : les religions asiatiques, les catholicismes, les christianismes orientaux, les islams, les judaïsmes, les protestantismes et les groupes « hors classement traditionnel ».

    Ce livre offre une couverture inégalée dans la présentation des groupes religieux, en évoquant certains déjà connus, mais en éclairant également d’autres qui restent largement à découvrir.

    Présenter, dans un ouvrage unique, l’ensemble des groupes religieux minoritaires de France fournira certainement un outil de travail extrêmement précieux à toute personne cherchant à connaître l’un ou l’autre d’entre eux. Cette vue d’ensemble fournit un élément précieux de connaissance du panorama religieux français. Elle permet également de saisir le positionnement des groupes dans l’espace public et les uns par rapport aux autres, contribuant ainsi à une meilleure intelligence du fait religieux dans la France contemporaine.

    source : https://inshs.cnrs.fr/fr/les-minorites-religieuses-en-france

        Anne-Cécile Bégot est responsable du chapitre consacré aux Antoinistes, pp.1214-1227 (Section 7 : les groupes « hors classement traditionnel »).


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  • Pierre Debouxhtay corrige Michèle de Rienzi (Chroniques, p. 372, in Revue belge de Philologie et d'Histoire, Année 1931)

        Après les grandes religions, les Petites Eglises. Dans ce livre (Paris, Librairie Universelle, in-8°, 196 p. 15 frcs.) M. Michelis Di Rienzi jette un coup d'œil sur vingt cinq sectes religieuses – de petits lacs, comme dit l'auteur, autour desquels campent parfois seulement quelques dizaines d'adeptes, dans l'espoir d'y puiser l'oubli, la consolation, l'espérance : catholiques gallicans, adventistes du 7e jour, mithraïstes, mormons, antoinistes etc. Ce recueil, intéressant pour l'étude de la psychologie religieuse, contient une documentation qui nous a paru généralement exacte, du moins en ce qui concerne les sectes qui nous sont connues. Quelques remarques au sujet de l'Antoinisme : p. 18, en dessous de l'emblême antoiniste il faut lire « l'arbre de la science de la vue du mal » ; c'est pour avoir mal lu que l'auteur n'a pas compris ; en 1846, l'endroit où est né Antoine faisait partie de la commune de Flémalle-Grande lez-Liège ; ce n'est que plus tard qu'il fut rattaché à Mons-Crotteux ; l'auteur semble ignorer qu'Antoine fut spirite, pendant environ 30 ans, avant de devenir fondateur de religion ; ce fait a son importance pour l'explication de certaines doctrines antoinistes. Signalons enfin qu'on appelle aussi Antoinisme la secte fondée, en Suisse, par Antoine Unternaehrer (1759-1824). - Pierre DEBOUXHTAY.

    Chroniques, p. 372,
    in Revue belge de Philologie et d'Histoire, Année 1931


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  • Un livre de M. Kurth

         Avez-vous lu le petit livre de M. Kurth, la Nationalité belge ? Non ? Eh bien, courez chez votre libraire et achetez-le sur l'heure. C'est un ouvrage excellent, que tout bon belge doit mettre dans sa bibliothèque, à côté de l'admirable Histoire de Belgique de notre grand et cher Pirenne. Et quand on a ces livres-là dans sa bibliothèque, il faut les tirer souvent du rayon et les lire et les relire, tantôt d'un bout à l'autre, tantôt par petits fragments, jusqu'à ce que l'on ait le cerveau tout imprégné de leur enseignement et le cœur enflammé de leur superbe ardeur patriotique. J'ai lu ce volume en 1913, dès qu'il a paru. Pourquoi n'en ai-je point parlé aussitôt, comme c'était mon devoir ? Eh ! que sais-je ? Je suis, je le confesse, un pauvre écrivain, affligé de soucis divers et d'une si terrible lenteur de la plume, que je ne trouve pas le temps d'écrire la centième partie des livres que je rêve et des articles que je projette. Voilà ! Mea culpa ! Mais mon retard ne justifierait pas le vôtre, si vous remettiez au lendemain la lecture que je vous conseille.
        Ce que l'on trouvera dans le petit livre de M. Kurth, ce sont des leçons données en 1905, aux élèves d'un pensionnat de jeunes filles. C'est assez dire que leur enseignement est très simple et tout familier. Il est à la portée de la jeunesse des écoles, et j'estime que tout écolier devrait l'avoir entre les mains. Mais les grandes personnes, même les plus lettrées, en feront également leur profit, car elles y trouveront maintes bonnes et belles choses que généralement elles ignorent et qu'il importe qu'elles connaissent. Et celles qui les connaissent déjà, prendront plaisir à les revoir exprimées avec une précision et une simplicité efficaces et charmantes.
        Et tout le monde, je crois, y trouvera de véritables nouveautés. L'une, la meilleure, ce sont les considérations sur le Brabant, envisagé comme l'un des principaux facteurs historiques de notre unité nationale.
        Une autre... me paraît plus contestable. Et comme j'ai aujourd'hui l'esprit fâcheusement porté à la critique, c'est de celle-ci que je veux parler. Etudiant le caractère propre du peuple belge, M. Pirenne l'a montré dans la rencontre et l'interpénétration réciproque de l'esprit germanique et de l'esprit gallo-romain. M. Kurth cherche ailleurs le caractère spécifique de notre peuple. Il croit le trouver dans une fidélité exceptionnelle à l'église catholique. Très ingénieusement, ayant rappelé que la Belgique était devenue le royaume des Francs, il cite le préambule de la loi salique : « Vive le Christ, qui aime les Francs ! » Il montre ensuite la Belgique prenant avec les Carolingiens la tête du mouvement de défense de l'Occident contre les Sarrazins, puis, avec les Croisades, la direction de l'immense effort entrepris par l'Europe contre l'Islam, effort qui se continue jusque sous le règne de Charles-Quint. Il montre enfin la Belgique luttant contre le protestantisme jusqu'à la séparation de la Hollande, luttant contre la politique anticléricale de Joseph II, contre la domination antireligieuse de la République française, contre le règne calviniste du roi Guillaume Ier des Pays-Bas...
        Certes, cela est très significatif. On voit bien que la Belgique est historiquement fort attachée au catholicisme romain. Mais la Pologne et l'Irlande le sont aussi. Et dans l'Europe méridionale, que dire de l'Espagne et de l'Italie ? Cet attachement ne paraît donc pas être le caractère spécifique du peuple belge.
        M. Kurth va jusqu'à dire que nulle hérésie « n'a jamais vu le jour sur notre sol ». Hum ! Et Tanchelin ? Et Jansénius ? Et, dans de moindres proportions, Bloemardine, et même, un tantinet, Ruysbroeck l'Admirable, dont la gloire, remise à neuf par Maurice Maeterlinck et par l'Académie flamande, chagrinait fort le bon chanoine Delvigne, curé de Saint-Josse et ferme champion de l'orthodoxie ? Il y eut aussi les anabaptistes dans le nord, et M. Georges Eekhoud nous a conté les hauts faits des « Libertins d'Anvers ». Enfin, il me semble que le terrible mouvement des iconoclastes qui ravagèrent les monastères et les églises des Pays-Bas... Mais ce mouvement-là, dira-t-on, n'est qu'un affluent du mouvement calviniste qui venait de Suisse et de France. Soit ! Le reste n'est-il pas suffisant ?... Les hérésies d'ailleurs ne naissent guère que dans les temps et les lieux où l'esprit religieux est très actif. Dès lors, est-ce louer la religion d'un pays que de prétendre qu'aucune hérésie n'y a jamais vu le jour ?...
        Dans le dernier chapitre de son petit livre, M. Kurth montre la Belgique actuelle divisée en deux partis, qu'il devrait considérer, s'il était logique, comme constituant désormais deux peuples distincts, étrangers l'un à l'autre, puisque l'un est composé de catholiques fidèles, et l'autre de libres-penseurs, d'athées et, en général, d'anticléricaux. Si la fidélité catholicisme était vraiment le caractère spécifique du peuple belge, il faudrait en conclure que les belges anticléricaux ne sont plus de vrais Belges, partant, que la Belgique est en train de se décomposer. C'est une exagération manifeste. Il n'est pas exact non plus de voir dans l'affaiblissement de l'esprit religieux d'une partie de notre population un phénomène nouveau. Au XVIe siècle, au moment où se préparait l'invasion du protestantisme, le catholicisme de beaucoup de belges était fort tiède ; il ne se réchauffa précisément qu'au choc du protestantisme. Et le passage d'un certain nombre de flamands à la religion réformée constitue un phénomène assez analogue, — mutatifs mutandis, — à l'entrée des belges du XIXe siècle dans la franc-maçonnerie. Enfin, les succès actuels de la secte des Antoinistes dans la population ouvrière de la Wallonie, ne rappellent-ils pas aussi les conversions au protestantisme du temps du Prince d'Orange et de la Ligue des Gueux ?
        Certes, la grande majorité du peuple belge est catholique et entend rester fidèle à sa foi. Je ne songe pas à nier que cette fidélité ne soit l'une des caractéristiques de ce peuple ; mais je n'y saurais voir son caractère principal, puisque, d'une part, elle est commune à plusieurs peuples, et que d'autre part elle est étrangère à une minorité assez considérable de notre population, aujourd'hui comme à certains moments du passé.
        Cela est si vrai que le catholicisme exagéré de certains chapitres de cet excellent petit livre, l'empêchera malheureusement d'être pour quelques belges le manuel patriotique qu'il sera certainement pour tous les autres.

                                                              IWAN GILKIN.

    La Belgique artistique et littéraire, tome 35 (n°120-125),
    Bruxelles, 1er avril 1914-1er août 1914
    Chronique du Mois, Les faits et les idées, p.309


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  • Claude Petit-Castelli - Les sectes, Enfer ou paradis (1977)

    Auteur : Claude Petit-Castelli
    Titre : Les sectes : Enfer ou paradis
    Éditions : Ed. de Messine, Paris, 1977 (191 pages)

        Un livre qui évoque les sectes au sens large, dont les Antoinistes. Pratiquement sans erreur en ce qui concerne les antoinistes (quelques généralités et indications imprécises), il mérite d'être lu dans son entier pour comprendre le phénomène.

        Voici le chapitre consacré aux Antoinistes :

        Parmi les sectes issues du christianisme, la secte des Antoinistes est l'un des mouvements les plus sympathiques, presque une bouffée d'air pur. En effet à la différence de ses consœurs, cette secte ne demande aucune participation financière à ses fidèles, ne pratique pas l'endoctrinement à outrance, ne cherche nullement à combattre qui que ce soit, ni les religions, ni les hommes.
        Qui est cet Antoine, l'inspirateur, le chef d'une secte qui compte aujourd'hui environ vingt mille fidèles, notamment en France et en Belgique, berceau du culte ?
        Louis Antoine est né le 7 juin 1846 à Mons-Crotteux en Belgique, cadet d'une famille de onze enfants, famille de mineurs catholiques pratiquants, il fut élevé selon les principes de charité et d'humilité. A douze ans, le jeune Louis Antoine descendit à son tour dans la mine mais, trop faible, il dut travailler dans une chaudronnerie jusqu'à l'âge de vingt ans. Depuis longtemps il aimait la lecture, et préférait volontiers la solitude et le recueillement aux joies de la vie. Après son service militaire et la guerre de 1870 contre l'Allemagne, durant laquelle il tua malencontreusement un de ses camarades, il choisit de s'exiler en Allemagne pour tenter d'oublier et mieux gagner sa vie. Là, il se maria avec celle qui est devenue plus tard la mère et qui perpétua son œuvre, Catherine Collon, la sœur d'un de ses amis. Un enfant naquit de leur union. Ils revinrent vivre en Belgique, mais l'argent manquant de plus en plus, la famille Antoine s'expatria de nouveau, en Pologne cette fois. A Varsovie, ils restèrent cinq années, le temps de mettre un petit pécule de côté et de rentrer à Jemeppe-sur-Meuse en Belgique où Antoine trouva un travail de concierge dans une usine. Intervint alors dans sa vie un événement qui bouleversa sa vie.
        Un ami lui fit découvrir un cercle spirite, et lui donna à lire le livre d'Allan Kardec, le Livre des esprits. Sa voie était trouvée. Il se découvrit medium et fonda un groupe spiritualiste, les Vignerons du seigneur.
        Il s'intéresse au problème de la maladie, entre en contact spirite avec deux médecins qui lui dictent les thérapeutiques à appliquer aux patients qui commencent à venir le voir. Il impose les mains aux malades, distribue des bouts d'étoffe magnétisée. Pour Antoine, le corps ne représente rien, la guérison du corps est la conséquence de la guérison de l'âme. L'homme est naturellement bon et altruiste. Dieu n'existe pas si ce n'est dans chacun de nous. Il pense que la mort terrestre n'est qu'une désincarnation suivie presque aussitôt d'une réincarnation.
        Lorsque Antoine parle de son fameux médecin-esprit, il dit : « Il m'apparaît comme un visage lumineux. C'est la foi qui guérit. Si, par la volonté, on arrive à se persuader que l'on n'est plus malade, alors la maladie s'en va. Mais quand ceux qui viennent à moi n'ont pas la foi, alors mon guide s'en va et je reste seul. »
        Les malades en question viennent de plus en plus nombreux. Cela n'est pas du goût des médecins pratiquants qui intentent à Antoine un procès pour escroquerie et exercice illégal de la médecine.
        Louis Antoine va donc, afin de poursuivre sa mission salvatrice, abandonner sa démarche spirite pour un enseignement doctrinal plutôt philosophique, voire prophétique. En 1906, est construit le temple des Antoinistes premier de la série ; il en existe maintenant cinquante-cinq en Belgique et vingt-cinq en France. Antoine impose les mains désormais devant une assemblée et non plus individuellement. Sa vie de prophète commence : il dicte la Révélation de l'auréole de la conscience, véritable bible des Antoinistes, recueil des pensées des révélations plutôt, du père – c'est ainsi qu'on l'appelle – pour lequel « la valeur d'un enseignement réside non dans les mots mais dans le fluide qui en découle ».
        Pour les Antoinistes, la mort n'existe pas, la matière n'existe pas : l'homme, par voie de conséquences, ne peut mourir. Le fluide passe, véritable substance intemporelle qui doit amener l'homme à la pureté. Le mal est la conséquence d'un manque de foi ; or le manque de foi vient d'une hypertrophie de l'intelligence, intelligence et conscience étant incompatibles ; le mal vient donc de la science. Théorie simpliste certes, mais qui touche les gens simples épris de charité.
        Le culte est aussi réduit à sa plus simple expression. Les quatre premiers jours de la semaine, a lieu l'opération : au temple, un officiant lit les dix principes de Dieu et c'est tout, l'opération ayant pour but d'arrêter les « fluides » négatifs. Après la cérémonie, desservants pratiquent la consultation, ils donnent des conseils de tous genres. Le dimanche, est célébré le culte du recueillement durant lequel les officiants lisent des morceaux choisis dans la vie du père. Il n'y a pas de sacrements.
        Après la désincarnation d'Antoine, devenu par la force des choses une sorte de personnage mythique, c'est sa femme appelée mère qui a continué son œuvre avant de se désincarner à son tour en 1941. On assiste alors à plusieurs querelles, notamment entre les temples belges et français. Les premiers voulaient remettre en vigueur les guérisons collectives ; les autres, au contraire, se contentaient de recevoir les malades individuellement. C'est la seconde orientation qui l'emporta.
        Les frères, sont habillés de noir comme le père, avec une lévite, un chapeau haut-de-forme aux bords recourbés ; les sœurs, en jupe plissée, corsage noir, portant un châle et un bonnet, restent discrètement à l'écart. Les Antoinistes sont pour une réunification de tous les groupements religieux. « Quand nous serons pénétrés de l'enseignement du père, il n'y aura plus de dissensions entre les religions. Nous nous aimerons tous car nous aurons tous compris la loi du progrès. »
        Bien entendu, il est difficile de prendre très au sérieux le culte antoiniste tant ses dogmes semblent puérils et primaires, mais la bonté et la charité ne peuvent-elles pas parfois prendre l'aspect le plus déroutant ? Entre un Antoiniste sincère, pur et sage et un catholique décadent, est-il possible d'hésiter.

    Claude Petit-Castelli - Les sectes, Enfer ou paradis (1977)

     

    Catherine Collon appelée encore « Laurie ».
    C’est elle qui a perpétué le culte Antoiniste après la désincarnation de son mari.
    Louis Antoine, Père spirituel des Antoinistes.
    Ce beau vieillard auréolé de lumière préconisait l’amour et l’amitié entre tous les hommes.


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