• Les minorités religieuses en France (2019)Les minorités religieuses en France (2019)

     

       

     


    Titre : Les minorités religieuses en France, Panorama de la diversité contemporaine
    Éditions Bayard, 2019
    Sous la direction d'Anne-Laure Zwilling, avec Joëlle Allouche-Benayoun, Rita Hermon-Belot et Lionel Obadia


    Un atlas unique en son genre consacré à tous les groupes religieux présents en France.

    Cet ouvrage original, réunissant près de 80 sociologues, ethnologues, anthropologues, historien, veut permettre une meilleure connaissance des groupes religieux présents en France et leur évolution récente.

    Dans une approche inédite, l’organisation de l’ouvrage repose sur la saisie des grandes religions par « familles », puis en chacune d’elles, des différents sous-groupes confessionnels : les religions asiatiques, les catholicismes, les christianismes orientaux, les islams, les judaïsmes, les protestantismes et les groupes « hors classement traditionnel ».

    Ce livre offre une couverture inégalée dans la présentation des groupes religieux, en évoquant certains déjà connus, mais en éclairant également d’autres qui restent largement à découvrir.

    Présenter, dans un ouvrage unique, l’ensemble des groupes religieux minoritaires de France fournira certainement un outil de travail extrêmement précieux à toute personne cherchant à connaître l’un ou l’autre d’entre eux. Cette vue d’ensemble fournit un élément précieux de connaissance du panorama religieux français. Elle permet également de saisir le positionnement des groupes dans l’espace public et les uns par rapport aux autres, contribuant ainsi à une meilleure intelligence du fait religieux dans la France contemporaine.

    source : https://inshs.cnrs.fr/fr/les-minorites-religieuses-en-france

        Anne-Cécile Bégot est responsable du chapitre consacré aux Antoinistes, pp.1214-1227 (Section 7 : les groupes « hors classement traditionnel »).


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  • Pierre Debouxhtay corrige Michèle de Rienzi (Chroniques, p. 372, in Revue belge de Philologie et d'Histoire, Année 1931)

        Après les grandes religions, les Petites Eglises. Dans ce livre (Paris, Librairie Universelle, in-8°, 196 p. 15 frcs.) M. Michelis Di Rienzi jette un coup d'œil sur vingt cinq sectes religieuses – de petits lacs, comme dit l'auteur, autour desquels campent parfois seulement quelques dizaines d'adeptes, dans l'espoir d'y puiser l'oubli, la consolation, l'espérance : catholiques gallicans, adventistes du 7e jour, mithraïstes, mormons, antoinistes etc. Ce recueil, intéressant pour l'étude de la psychologie religieuse, contient une documentation qui nous a paru généralement exacte, du moins en ce qui concerne les sectes qui nous sont connues. Quelques remarques au sujet de l'Antoinisme : p. 18, en dessous de l'emblême antoiniste il faut lire « l'arbre de la science de la vue du mal » ; c'est pour avoir mal lu que l'auteur n'a pas compris ; en 1846, l'endroit où est né Antoine faisait partie de la commune de Flémalle-Grande lez-Liège ; ce n'est que plus tard qu'il fut rattaché à Mons-Crotteux ; l'auteur semble ignorer qu'Antoine fut spirite, pendant environ 30 ans, avant de devenir fondateur de religion ; ce fait a son importance pour l'explication de certaines doctrines antoinistes. Signalons enfin qu'on appelle aussi Antoinisme la secte fondée, en Suisse, par Antoine Unternaehrer (1759-1824). - Pierre DEBOUXHTAY.

    Chroniques, p. 372,
    in Revue belge de Philologie et d'Histoire, Année 1931


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  • Un livre de M. Kurth

         Avez-vous lu le petit livre de M. Kurth, la Nationalité belge ? Non ? Eh bien, courez chez votre libraire et achetez-le sur l'heure. C'est un ouvrage excellent, que tout bon belge doit mettre dans sa bibliothèque, à côté de l'admirable Histoire de Belgique de notre grand et cher Pirenne. Et quand on a ces livres-là dans sa bibliothèque, il faut les tirer souvent du rayon et les lire et les relire, tantôt d'un bout à l'autre, tantôt par petits fragments, jusqu'à ce que l'on ait le cerveau tout imprégné de leur enseignement et le cœur enflammé de leur superbe ardeur patriotique. J'ai lu ce volume en 1913, dès qu'il a paru. Pourquoi n'en ai-je point parlé aussitôt, comme c'était mon devoir ? Eh ! que sais-je ? Je suis, je le confesse, un pauvre écrivain, affligé de soucis divers et d'une si terrible lenteur de la plume, que je ne trouve pas le temps d'écrire la centième partie des livres que je rêve et des articles que je projette. Voilà ! Mea culpa ! Mais mon retard ne justifierait pas le vôtre, si vous remettiez au lendemain la lecture que je vous conseille.
        Ce que l'on trouvera dans le petit livre de M. Kurth, ce sont des leçons données en 1905, aux élèves d'un pensionnat de jeunes filles. C'est assez dire que leur enseignement est très simple et tout familier. Il est à la portée de la jeunesse des écoles, et j'estime que tout écolier devrait l'avoir entre les mains. Mais les grandes personnes, même les plus lettrées, en feront également leur profit, car elles y trouveront maintes bonnes et belles choses que généralement elles ignorent et qu'il importe qu'elles connaissent. Et celles qui les connaissent déjà, prendront plaisir à les revoir exprimées avec une précision et une simplicité efficaces et charmantes.
        Et tout le monde, je crois, y trouvera de véritables nouveautés. L'une, la meilleure, ce sont les considérations sur le Brabant, envisagé comme l'un des principaux facteurs historiques de notre unité nationale.
        Une autre... me paraît plus contestable. Et comme j'ai aujourd'hui l'esprit fâcheusement porté à la critique, c'est de celle-ci que je veux parler. Etudiant le caractère propre du peuple belge, M. Pirenne l'a montré dans la rencontre et l'interpénétration réciproque de l'esprit germanique et de l'esprit gallo-romain. M. Kurth cherche ailleurs le caractère spécifique de notre peuple. Il croit le trouver dans une fidélité exceptionnelle à l'église catholique. Très ingénieusement, ayant rappelé que la Belgique était devenue le royaume des Francs, il cite le préambule de la loi salique : « Vive le Christ, qui aime les Francs ! » Il montre ensuite la Belgique prenant avec les Carolingiens la tête du mouvement de défense de l'Occident contre les Sarrazins, puis, avec les Croisades, la direction de l'immense effort entrepris par l'Europe contre l'Islam, effort qui se continue jusque sous le règne de Charles-Quint. Il montre enfin la Belgique luttant contre le protestantisme jusqu'à la séparation de la Hollande, luttant contre la politique anticléricale de Joseph II, contre la domination antireligieuse de la République française, contre le règne calviniste du roi Guillaume Ier des Pays-Bas...
        Certes, cela est très significatif. On voit bien que la Belgique est historiquement fort attachée au catholicisme romain. Mais la Pologne et l'Irlande le sont aussi. Et dans l'Europe méridionale, que dire de l'Espagne et de l'Italie ? Cet attachement ne paraît donc pas être le caractère spécifique du peuple belge.
        M. Kurth va jusqu'à dire que nulle hérésie « n'a jamais vu le jour sur notre sol ». Hum ! Et Tanchelin ? Et Jansénius ? Et, dans de moindres proportions, Bloemardine, et même, un tantinet, Ruysbroeck l'Admirable, dont la gloire, remise à neuf par Maurice Maeterlinck et par l'Académie flamande, chagrinait fort le bon chanoine Delvigne, curé de Saint-Josse et ferme champion de l'orthodoxie ? Il y eut aussi les anabaptistes dans le nord, et M. Georges Eekhoud nous a conté les hauts faits des « Libertins d'Anvers ». Enfin, il me semble que le terrible mouvement des iconoclastes qui ravagèrent les monastères et les églises des Pays-Bas... Mais ce mouvement-là, dira-t-on, n'est qu'un affluent du mouvement calviniste qui venait de Suisse et de France. Soit ! Le reste n'est-il pas suffisant ?... Les hérésies d'ailleurs ne naissent guère que dans les temps et les lieux où l'esprit religieux est très actif. Dès lors, est-ce louer la religion d'un pays que de prétendre qu'aucune hérésie n'y a jamais vu le jour ?...
        Dans le dernier chapitre de son petit livre, M. Kurth montre la Belgique actuelle divisée en deux partis, qu'il devrait considérer, s'il était logique, comme constituant désormais deux peuples distincts, étrangers l'un à l'autre, puisque l'un est composé de catholiques fidèles, et l'autre de libres-penseurs, d'athées et, en général, d'anticléricaux. Si la fidélité catholicisme était vraiment le caractère spécifique du peuple belge, il faudrait en conclure que les belges anticléricaux ne sont plus de vrais Belges, partant, que la Belgique est en train de se décomposer. C'est une exagération manifeste. Il n'est pas exact non plus de voir dans l'affaiblissement de l'esprit religieux d'une partie de notre population un phénomène nouveau. Au XVIe siècle, au moment où se préparait l'invasion du protestantisme, le catholicisme de beaucoup de belges était fort tiède ; il ne se réchauffa précisément qu'au choc du protestantisme. Et le passage d'un certain nombre de flamands à la religion réformée constitue un phénomène assez analogue, — mutatifs mutandis, — à l'entrée des belges du XIXe siècle dans la franc-maçonnerie. Enfin, les succès actuels de la secte des Antoinistes dans la population ouvrière de la Wallonie, ne rappellent-ils pas aussi les conversions au protestantisme du temps du Prince d'Orange et de la Ligue des Gueux ?
        Certes, la grande majorité du peuple belge est catholique et entend rester fidèle à sa foi. Je ne songe pas à nier que cette fidélité ne soit l'une des caractéristiques de ce peuple ; mais je n'y saurais voir son caractère principal, puisque, d'une part, elle est commune à plusieurs peuples, et que d'autre part elle est étrangère à une minorité assez considérable de notre population, aujourd'hui comme à certains moments du passé.
        Cela est si vrai que le catholicisme exagéré de certains chapitres de cet excellent petit livre, l'empêchera malheureusement d'être pour quelques belges le manuel patriotique qu'il sera certainement pour tous les autres.

                                                              IWAN GILKIN.

    La Belgique artistique et littéraire, tome 35 (n°120-125),
    Bruxelles, 1er avril 1914-1er août 1914
    Chronique du Mois, Les faits et les idées, p.309


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  • Claude Petit-Castelli - Les sectes, Enfer ou paradis (1977)

    Auteur : Claude Petit-Castelli
    Titre : Les sectes : Enfer ou paradis
    Éditions : Ed. de Messine, Paris, 1977 (191 pages)

        Un livre qui évoque les sectes au sens large, dont les Antoinistes. Pratiquement sans erreur en ce qui concerne les antoinistes (quelques généralités et indications imprécises), il mérite d'être lu dans son entier pour comprendre le phénomène.

        Voici le chapitre consacré aux Antoinistes :

        Parmi les sectes issues du christianisme, la secte des Antoinistes est l'un des mouvements les plus sympathiques, presque une bouffée d'air pur. En effet à la différence de ses consœurs, cette secte ne demande aucune participation financière à ses fidèles, ne pratique pas l'endoctrinement à outrance, ne cherche nullement à combattre qui que ce soit, ni les religions, ni les hommes.
        Qui est cet Antoine, l'inspirateur, le chef d'une secte qui compte aujourd'hui environ vingt mille fidèles, notamment en France et en Belgique, berceau du culte ?
        Louis Antoine est né le 7 juin 1846 à Mons-Crotteux en Belgique, cadet d'une famille de onze enfants, famille de mineurs catholiques pratiquants, il fut élevé selon les principes de charité et d'humilité. A douze ans, le jeune Louis Antoine descendit à son tour dans la mine mais, trop faible, il dut travailler dans une chaudronnerie jusqu'à l'âge de vingt ans. Depuis longtemps il aimait la lecture, et préférait volontiers la solitude et le recueillement aux joies de la vie. Après son service militaire et la guerre de 1870 contre l'Allemagne, durant laquelle il tua malencontreusement un de ses camarades, il choisit de s'exiler en Allemagne pour tenter d'oublier et mieux gagner sa vie. Là, il se maria avec celle qui est devenue plus tard la mère et qui perpétua son œuvre, Catherine Collon, la sœur d'un de ses amis. Un enfant naquit de leur union. Ils revinrent vivre en Belgique, mais l'argent manquant de plus en plus, la famille Antoine s'expatria de nouveau, en Pologne cette fois. A Varsovie, ils restèrent cinq années, le temps de mettre un petit pécule de côté et de rentrer à Jemeppe-sur-Meuse en Belgique où Antoine trouva un travail de concierge dans une usine. Intervint alors dans sa vie un événement qui bouleversa sa vie.
        Un ami lui fit découvrir un cercle spirite, et lui donna à lire le livre d'Allan Kardec, le Livre des esprits. Sa voie était trouvée. Il se découvrit medium et fonda un groupe spiritualiste, les Vignerons du seigneur.
        Il s'intéresse au problème de la maladie, entre en contact spirite avec deux médecins qui lui dictent les thérapeutiques à appliquer aux patients qui commencent à venir le voir. Il impose les mains aux malades, distribue des bouts d'étoffe magnétisée. Pour Antoine, le corps ne représente rien, la guérison du corps est la conséquence de la guérison de l'âme. L'homme est naturellement bon et altruiste. Dieu n'existe pas si ce n'est dans chacun de nous. Il pense que la mort terrestre n'est qu'une désincarnation suivie presque aussitôt d'une réincarnation.
        Lorsque Antoine parle de son fameux médecin-esprit, il dit : « Il m'apparaît comme un visage lumineux. C'est la foi qui guérit. Si, par la volonté, on arrive à se persuader que l'on n'est plus malade, alors la maladie s'en va. Mais quand ceux qui viennent à moi n'ont pas la foi, alors mon guide s'en va et je reste seul. »
        Les malades en question viennent de plus en plus nombreux. Cela n'est pas du goût des médecins pratiquants qui intentent à Antoine un procès pour escroquerie et exercice illégal de la médecine.
        Louis Antoine va donc, afin de poursuivre sa mission salvatrice, abandonner sa démarche spirite pour un enseignement doctrinal plutôt philosophique, voire prophétique. En 1906, est construit le temple des Antoinistes premier de la série ; il en existe maintenant cinquante-cinq en Belgique et vingt-cinq en France. Antoine impose les mains désormais devant une assemblée et non plus individuellement. Sa vie de prophète commence : il dicte la Révélation de l'auréole de la conscience, véritable bible des Antoinistes, recueil des pensées des révélations plutôt, du père – c'est ainsi qu'on l'appelle – pour lequel « la valeur d'un enseignement réside non dans les mots mais dans le fluide qui en découle ».
        Pour les Antoinistes, la mort n'existe pas, la matière n'existe pas : l'homme, par voie de conséquences, ne peut mourir. Le fluide passe, véritable substance intemporelle qui doit amener l'homme à la pureté. Le mal est la conséquence d'un manque de foi ; or le manque de foi vient d'une hypertrophie de l'intelligence, intelligence et conscience étant incompatibles ; le mal vient donc de la science. Théorie simpliste certes, mais qui touche les gens simples épris de charité.
        Le culte est aussi réduit à sa plus simple expression. Les quatre premiers jours de la semaine, a lieu l'opération : au temple, un officiant lit les dix principes de Dieu et c'est tout, l'opération ayant pour but d'arrêter les « fluides » négatifs. Après la cérémonie, desservants pratiquent la consultation, ils donnent des conseils de tous genres. Le dimanche, est célébré le culte du recueillement durant lequel les officiants lisent des morceaux choisis dans la vie du père. Il n'y a pas de sacrements.
        Après la désincarnation d'Antoine, devenu par la force des choses une sorte de personnage mythique, c'est sa femme appelée mère qui a continué son œuvre avant de se désincarner à son tour en 1941. On assiste alors à plusieurs querelles, notamment entre les temples belges et français. Les premiers voulaient remettre en vigueur les guérisons collectives ; les autres, au contraire, se contentaient de recevoir les malades individuellement. C'est la seconde orientation qui l'emporta.
        Les frères, sont habillés de noir comme le père, avec une lévite, un chapeau haut-de-forme aux bords recourbés ; les sœurs, en jupe plissée, corsage noir, portant un châle et un bonnet, restent discrètement à l'écart. Les Antoinistes sont pour une réunification de tous les groupements religieux. « Quand nous serons pénétrés de l'enseignement du père, il n'y aura plus de dissensions entre les religions. Nous nous aimerons tous car nous aurons tous compris la loi du progrès. »
        Bien entendu, il est difficile de prendre très au sérieux le culte antoiniste tant ses dogmes semblent puérils et primaires, mais la bonté et la charité ne peuvent-elles pas parfois prendre l'aspect le plus déroutant ? Entre un Antoiniste sincère, pur et sage et un catholique décadent, est-il possible d'hésiter.

    Claude Petit-Castelli - Les sectes, Enfer ou paradis (1977)

     

    Catherine Collon appelée encore « Laurie ».
    C’est elle qui a perpétué le culte Antoiniste après la désincarnation de son mari.
    Louis Antoine, Père spirituel des Antoinistes.
    Ce beau vieillard auréolé de lumière préconisait l’amour et l’amitié entre tous les hommes.


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  • Maurice Colinon - Le Phénomène des sectes au XXe siècle (1959)

    Auteur : Maurice Colinon
    Titre : Le Phénomène des sectes au XXe siècle
    Éditions : Fayard (Collection "Je Sais, Je Crois"), Paris, 1959

    Recension :
        Ce petit ouvrage allègrement écrit résume et synthétise pour le grand public catholique les résultats des travaux de l'auteur lui-même, du R. P. Chéry, du Chanoine Verrier, du R. P. Lavaud et du présent recenseur sur les « sectes » dans notre pays. Une bibliographie sommaire termine le livre et permet de pousser plus loin l'étude. Il faut remarquer et saluer ici un progrès certain dans la typologie de l'auteur. Certes le mot « secte » est employé un peu légèrement, d'une manière en tout cas qui étonne le sociologue. Ainsi lisons-nous, p. 11 : « Tous ces mouvements, toutes ces Eglises, toutes ces Sectes... ont en commun... quelques traits..., dont le principal parait étre celui-ci : aux Ecritures, elles ajoutent généralement une « révélation » due à quelque prophète inspiré qui est supposé éclairer ou compléter la Bible ». Dans ce cas-là, et nous doutons qu'il se vérifie dans la plupart des exemples dont M. Colinon nous entretient, il faut parler de religions nouvelles, et non indifféremment de mouvements, d'Eglises ou de Sectes. Ceci dit, notre auteur divise son monde en : 1) Sectes d'Origine Protestante, 2) Sectes Guérisseuses (non-protestantes, donc), et 3) « Dissidences » catholiques Modernes. Le refus initial d'une typologie est compensé par le groupement fait par l'auteur pour les besoins de sa rédaction. Nous nous félicitons de ce pas en avant vers une classification plus nettement scientifique, regrettant seulement qu'elle n'aille pas plus loin.
                      J. S.

    source : https://www.persee.fr/doc/assr_0003-9659_1959_num_8_1_2066_t1_0178_0000_2

     

        Évoque les Antoinistes de la page 73 à 81 :

    LE « PERE » ANTOINE ET L'ANTOINISME

        Il est parfois assez difficile de comprendre comment naît une secte. Quand il s'agit d'un mouvement d'origine protestante, le processus paraît bien établi. Mais que dire des « Petites Eglises » qui ont pris naissance chez nous (ou presque), à une date récente ?
        A ce titre, l'exemple de l'Antoinisme ne manque pas d'intérêt. Il s'agit, en effet, d'un mouvement numériquement important (un million d'adeptes, affirment ses dirigeants), d'origine proche (au début de ce siècle) et dont le fondateur est né et a vécu dans cette partie de la Belgique la plus voisine de la France : la région de Mons.
        Ce qui est arrivé à Jemeppe-sur-Meuse en 1906 ne pourrait-il pas se produire encore aujourd'hui ?
        Essayons donc de revivre cette extraordinaire aventure, et de comprendre de quelle manière un homme « comme les autres » peut devenir, par étapes, un guérisseur, un mystique, un prophète, un fondateur de religion et même – aux yeux de beaucoup de ses disciples – une sorte de Dieu.

    Un homme « comme les autres »

        Dans tous les temples antoinistes, un portrait domine la salle de culte : c'est celui d'un beau vieillard dont les longs cheveux blancs, la barbe en éventail et les moustaches d'ouate épaisse auréolent le visage extasié et doux. Ce vieillard, c'est le « Père » à la fin de sa vie terrestre.
        Les biographies du « Père » Antoine sont nombreuses, et souvent contradictoires sur les points importants. Nous suivrons plus volontiers celle que lui a consacrée M. Robert Vivier, auteur sympathique à l’Antoinisme et même probablement disciple du « Père ». Pour tout ce qui concerne l'homme, elle nous guidera avec objectivité.
        Louis Antoine est né le 7 juin 1846 à Mons-Crotteux, en Belgique. Il était le cadet d'une famille de onze enfants et son stimulé par l'exemple de ses parents, pieux et charitables, le petit Louis se passionnait pour l'histoire sainte. A douze ans, il fit sa première communion. Puis il quitta l'école et, à son tour, descendit dans la mine.
        Le métier de mineur lui déplaisait. Il obtint de ses parents la permission d'aller travailler à Seraing, dans une chaudronnerie. Il y resta jusqu'à l'âge de vingt ans. A cette époque, il avait une foi fort vive et s'écartait souvent de ses compagnons pour prier à son aise. En 1866, il partit faire son service militaire. Profitant de ses instants de loisir, il lisait tout ce qui lui tombait sous la main. L'aumônier du régiment, qui redoutait les effets de ces découvertes désordonnées et disparates sur un homme dénué de culture de base, lui dit un jour : « Antoine, mon ami, prenez garde aux lectures. Ce sera votre péché... » Il ne croyait pas si bien dire.
        Quand, quatre ans plus tard, la guerre éclata avec l'Allemagne, Louis Antoine fut de nouveau appelé sous les armes. Là se produisit un événement tragique, qui devait avoir sur son esprit la plus profonde influence : au cours d'un exercice, Louis tua, d'un coup de fusil, un de ses camarades. Il était si estimé de ses chefs que la sanction fut bénigne. Mais, des années durant, Louis Antoine allait se demander : « Pourquoi cette épreuve ? Pourquoi ? ».
        Démobilisé, il partit travailler en Allemagne, où les ouvriers qualifiés touchaient de hauts salaires. Au cours d'un congé, il épousa la sœur d’un de ses amis, Catherine Collon, qui attendait un enfant de lui. Le bébé naquit en Allemagne et reçut le prénom de Louis. Trois ans plus tard, le jeune ménage rentrait en Belgique et Antoine se mit à vendre des légumes avec une carriole. L'hiver, il continuait à lire beaucoup. Il s'intéressait particulièrement à la médecine, et aussi aux doctrines socialistes. Il réfléchissait, seul, durant des heures.
        Le jeune ménage était très pauvre ; presque dans la misère. Aussi Antoine décida-t-il de s'expatrier à nouveau. Cette fois, ce fut comme contremaître dans une usine de Varsovie. Le jeune ménage en revint cinq ans plus tard, avec un pécule qui le mettait à l'abri du besoin. Et Louis se contenta des modestes fonctions de concierge aux « Tôleries liégeoises », à Jemeppe-sur-Meuse.
        Son caractère avait changé. Les pensées obscures qu'il retournait dans sa tête l'avaient aigri. Il souffrait de l'estomac ; un jour même, il s'était battu et avait eu affaire à la police. Il ne pouvait même plus prier. Un prêtre, auquel il confia son désarroi, lui dit : « Méfiez-vous. Il est très dangereux de penser quand on n'a pas assez d'instruction... » Il refusa la leçon, et décida de chercher ailleurs.
        C'est alors qu'un camarade, Gustave Gony, l'introduisit dans un cercle spirite. Il lui prêta Le Livre des Esprits, d’Allan Kardec. Louis Antoine s'enthousiasma pour le spiritisme, et crut y trouver la réponse à toutes les questions qui l'obsédaient depuis si longtemps ? Bientôt, les évocations eurent lieu chez lui. Il se découvrit médium, fonda son propre groupe « spiritualiste », qui prit le nom de Vignerons du Seigneur. C'étaient ses premiers pas sur un chemin qui devait le mener très loin...

    Guérisseur, puis prophète

        En 1893, Louis Antoine eut la douleur de perdre son fils unique. Il choisit de lui faire des obsèques spirites. Un seuil décisif était franchi : Antoine quittait avec éclat le catholicisme.
        Sa foi spirite s'affermit avec l'espoir de communiquer avec son fils décédé. En même temps, il s'attache au problème de la maladie. Les « esprits » répondent à son attente. Deux d'entre eux, qui disent se nommer « docteur Carita » et « docteur Demeure » lui dictent des ordonnances. Antoine impose les mains aux malades, recommande certains remèdes, distribue des morceaux de tissu « magnétisé », édicte des régimes alimentaires. Le voici guérisseur. Et guérisseur spirite.
        Bientôt, il quitte ses fonctions à l'usine et se consacre tout entier à sa « mission ». Séances de guérison et évocations spirites vont de pair. Antoine compose un résumé des « enseignements » des « esprits » qu'il intitule Petit catéchisme spirite et que ses disciples répandent de porte en porte. On y lit notamment :
        « Les Vignerons du Seigneur guérissent les maladies, chassent les démons (mauvais esprits), ressuscitent les morts, s'entretiennent avec les disparus de ce monde, donnent gratuitement ce qui leur a été donné gratuitement. »
        Pour Antoine, le corps n'est rien. Pour le guérir, c'est à l'âme qu'il faut s'attaquer. Et lui-même n'y parvient encore qu'avec l'aide d'un guide de l'au-delà dont il donne cette description :
        « Il m'apparaît comme un nuage lumineux lorsque je dois réussir ma cure ; mais quand ceux qui viennent à moi n'ont pas la foi, mon guide s'en va, je deviens seul... C'est la foi qui nous guérit. Si nous croyons que nous allons cesser d'être malade, la maladie s'en va. »
        En 1900, les malades se pressent si nombreux qu'il faut construire une vaste salle pour les recevoir. On la décore des portraits d’Allan Kardec, du curé d'Ars et du « docteur Demeure », ainsi que d'une gravure représentant « le Christ guérissant les malades ».
        Le 19 février 1901, Antoine comparaît devant le tribunal correctionnel de Liége pour exercice illégal de la médecine. Ne fait-il pas des diagnostics, n'ordonne-t-il pas des remèdes ? Antoine est condamné, avec sursis. Comme l'écrivent ses disciples : « Un nouveau magistrat s'est levé, et du coup un mauvais fluide s'est répandu dans la salle. Il y a eu lutte de fluides et finalement Antoine a perdu. »
        Mais, comme il arrive toujours en ces sortes d'affaires, les journalistes rendent longuement compte du procès et Antoine en retire une énorme publicité. Cette condamnation le fait réfléchir. Ne pourrait-il abandonner les passes magnétiques et tout le reste pour ne s'en tenir qu'à la prière ? il le tente, et s'aperçoit très vite qu'il obtient les mêmes résultats. Son journal L’Unitif écrira : « Sans cette condamnation, il aurait continué à opérer matériellement... Ainsi les médecins et les juges lui avaient rendu le plus grand service en dissipant un doute et en lui démontrant d'une manière palpable que seules opéraient sa foi et notre confiance en lui. »
        L'affaire, peu à peu, se dégage des gestes matériels. Le Père, comme on commence à l'appeler, précise lentement sa doctrine. En 1905 paraît en librairie, sous le titre d'Enseignement, le recueil des entretiens qu'il a avec ses disciples. Les adeptes se mettent en campagne pour colporter la parole du Père.
        A cette époque, Antoine est encore un pur spirite. Il répète : « Je ne suis qu'un guérisseur, un médium comme les autres. » Et son disciple Hollange proclame, dans un hymne en vers :

                  Déjà le spiritisme se lève
                  Et conquerra le genre humain...

        Mais, un dimanche matin, Antoine réunit ses fidèles et leur dit de sa voix tranquille et douce : « J'ai reçu une inspiration, mes enfants. Nous devons abandonner les évocations et la médiumnité. Le vrai spiritisme n'est pas là. »
        Il brûle tous les exemplaires de sa doctrine et précise : « Bientôt, je vous révélerai un nouvel Enseignement. »
        Nous sommes en 1906. La salle de consultations est démolie et remplacée par un véritable Temple. Le Maître quitte ses habits ordinaires pour y paraître désormais vêtu d'une longue lévite noire, fermée du haut en bas. Chaque dimanche, pendant trois ans, il va prêcher sa nouvelle révélation qui sera imprimée aussitôt. Ce seront : « La Révélation de l’Auréole de la Conscience », suivie du « Couronnement de l'œuvre révélée » et du « Développement de l'Enseignement », les trois livres sacrés de l'Antoinisme.
        On ne parle plus des Vignerons du Seigneur. L'Antoinisme est né. Après trois années de prédication, Antoine fait retraite. Pendant six mois, il s'enfermera dans sa chambre. Même sa femme, collaboratrice de tous les instants, se verra condamner sa porte. Que faisait Antoine ? M. Robert Vivier nous le dit : « Il ajustait avec prudence les pièces d'un étrange appareil de précision, fait de mots et de pensées. Et cet appareil, qu'il montait et démontait sans trève dans le silence de sa petite chambre, sous le toit, ce n'était rien moins que l'univers »...
        A Pâques 1910, Antoine reprend sa place dans le Temple. Désormais, il renonce à recevoir individuellement ceux qui viennent le consulter. Il impose les mains à l'assemblée tout entière. Le 15 août, il consacre solennellement le Temple au nouveau culte. Le dernier pas est franchi : Antoine, le « Père », fonde sa propre religion.

     

        L'introduction également est disponible en ligne.


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  • Pierre Geyraud - Les petites Eglises de Paris (1937)

     

    Auteur : Pierre Geyraud (également auteur de Les Religions Nouvelles de Paris et de l'article Les Sociétés Secrètes de Paris)
    Titre : Parmi les Sectes et les Rites : Les petites églises de Paris
    Éditions Émile-Paul frères, Paris, c.1937, 249 pages

    Pierre Geyraud - Les petites Eglises de Paris (1937)-recension

    Recension :

        Les petites Eglises de Paris M. Pierre Geyraud a entrepris une exploration des sectes et des rites inconnus qui vivent à Paris, capitale des religions. Il nous conduit ainsi chez les Trappistes, les Pères blancs de Carthage, les Bénédictines, les Eglises catholiques romaines, mais non latines, l'Eglise catholique évangélique, les Saint-Simoniens, les Antoinistes, l'Armée de l'Eternel et le Petit Troupeau, chez les Mages et dans l'Ordre du Lys et de l'Aigle.
        Qui pourrait croire que, parmi tous les gens que l'on rencontre dans l'immense ville, tant de personnes puissent appartenir à des cultes secrets et presque inconnus, dont quelques-uns, à cause des guérisons qui leur sont imputées, sont soudain placés en pleine lumière par un procés correctionnel. Ainsi, les fervents du zouave Jacob et les flagellants de Bordeaux, qui connurent une heure de trop grande célébrité avec leur expédition punitive sur le curé de Bombon.
        Un curieux livre, en vérité, écrit par un ancien ecclésiastique « entraîné aux voies multiples de la vie mystique et rompu aux subtilités de la théologie ».

                            Edmond HOUZE.
    Ce soir, 2 septembre 1937


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  • Dom Besse - Les religions laïques, un romantisme religieux (1913)

    Auteur : Dom Besse (Jean-Martial Besse)
    Titre : Les religions laïques : un romantisme religieux
    Éditeur : Nouvelle librairie nationale, Paris, 1913, 317 pages, in-16

     

        Évoque l'antoinisme dans le chapitre I consacré aux religions laïques (p.21) :

        C'est le spiritisme qui, avec l'occultisme, profite le plus des diminutions religieuses de la France. Leurs théories échevelées et leurs pratiques énervantes attirent ceux qu'a détraqués une longue anarchie intellectuelle et morale. L'instinct religieux a chez ces individus des manifestations et des exigences maladives. Ils réclament de l'extraordinaire et du malsain. Cela les apaise un instant pour les surexciter à nouveau.

        L'occultisme ne sera jamais au terme de sa fécondité ; sa souplesse lui permet de tourner les obstacles. Il se met à la portée de chacun. Ce sera tantôt une sorcellerie grotesque ou un sensualisme, qui mêle à des actes immondes des formules et des prétentions saintes, tantôt un spiritualisme élevé et une philosophie mystique. Il revêt parfois des formes nouvelles ; plus fréquemment, il se borne à rajeunir mal des erreurs oubliées, la magie, la gnose, le manichéisme par exempte.  

        Les occultistes se partagent en sectes et en écoles très diverses. Elles ont pour organes des revues, que se passent les initiés. Voici quelques titres : l'Initiation, l'Humanité intégrale, la Religion universelle, la LUmière, la Paix universelle, le Voile d'Isis, la Curiosité, etc.

        Des praticiens habiles font des affaires en exploitant ces faiblesses religieuses de l'humanité. L'occultisme et le spiritisme se prêtent fort bien a leurs calculs. On s'en aperçut en Belgique avec Antoine le guérisseur, mort à Jemmapes, près de Liège, dans le courant de l'été de 1912. Sa clientèle de dévots s'étendait assez loin en France, après avoir débuté modestement parmi les spirites de son voisinage.


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  • Jules Bois - Les petites religions de Paris (1894)

    Auteur : Jules Bois
    Titre : Les petites religions de Paris
    Éditions : L. Chailley (Paris), 1894 - VI-215 p. ; 17 cm

        Évoque les Théosophes :


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  • Michelis di Rienzi - Les religions ignorées (1939)

    Auteur :     Michelis di Rienzi
    Titre :     Les religions ignorées
    Editions :    Paris, Librairie du Phare, 1939, 160 pages in-8

        L'auteur, dans cet opuscule qui fait suite à son livre Les petites églises de 1930, n'évoque cette fois-ci pas l'Antoinisme, mais on lira avec intérêt sa plume acerbée sur les Kardécistes (adeptes directs d'Allan-Kardec, les personnes "qui croient aux communications entre les morts et les vivants [étant] si nombreux et si divers") et les Weissenbergiens (à propos "d'un extraordinaire personnage qui a donné le nom à une secte comptant plus de cent mille adeptes" et dont l'histoire, en Allemagne, est proche de celle de Louis Antoine et de l'Amtoinisme), mais aussi les Doukhobors, cette secte russe qui aurait influencée Louis Antoine pendant son expatriation en Pologne russe ou encore les Caodaïstes, autre religion issue du spiritisme très présente au Vietnam.

    Lire des extraits sur :
    GoogleBooks   https://books.google.de/books?id=reFYDwAAQBAJ&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
    Gallica   https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3337502v

        L'auteur est également à l'origine d'un livre sur Les petites églises (1930).


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  • Fanny Cornuault - La France des sectes (1978)

    Titre : La France des sectes,
    Auteur : Fanny Cornuault
    Éditions : Tchou éd., 1978

     

        Jacques Cécius indique les erreurs de ce livre :

    Dans le chapitre "L'Association Culturelle (sic !) Antoiniste" (en fait il s'agit de l'Association Cultuelle, loi de 1905), Fanny Cornuault  écrit (pages 79 et 80) : "Il suffisait d'ailleurs que, (le Père Antoine) énonce les dix principes  de sa doctrine pour que le miracle se produise, sans autre forme de soins" ! Elle décrit le Père Antoine "la bedaine avantageuse", alors qu'en raison des privations qu'il s'imposait il ne pouvait en être ainsi, ce qui peut être constaté sur les photos qui se trouvent dans les temples français et quelques temples belges. La Mère Antoine n'est pas mieux lotie : "chignon en crotte de dindon sur le sommet du crâne, des pieds si grands qu'ils lui font comme un socle (…)". Voilà comment l'auteur exécute le Père et la Mère en quelques lignes. Il en va de même pour la doctrine antoiniste : "la science est la voie de l'échec : CQFD", ce qui ne figure nullement dans les ouvrages écrits par le révélateur wallon.

     Regis Dericquebourg, dans un petit ouvrage particulièrement bien documenté  écrit d'ailleurs au sujet du Père Antoine : "Il ne rejette pas la science par principe, il réprouve simplement sa tendance matérialiste, il n'est pas hostile à une science qui se conformerait à la loi de la conscience pour rechercher une vérité ultime." 

    Revenons à Fanny Cornuault qui décrit ainsi les desservantes : "Des fées guérisseuses style confiture qui n'ont fait aucun vœux et soignent à tour de rôle en prenant les pires maux – fût-ce le cancer ou les oreillons – (…). La desservante se tient en médium (re-sic !) les doigts étendus vers la photo du Père, face à l’assemblée vers laquelle elle projette le fluide actif (…). Les guérisons individuelles se déroulent derrière un paravent". Il faudrait que l'auteur explique comment la desservant se tient "les doigts étendus" (ce qui est faux), à la fois "devant la photo du "Père", et « face à l'assemblée", alors que c'est la dite photo qui est exposée face aux assistants…

    Mais elle n'en reste pas là dans l'énumération de contre-vérités qui démontrent qu'elle ne s'est pas donnée la peine de se rendre dans un temple lors des cérémonies : "le culte de recueillement à lieu chaque soir et consiste en simples récitations de prières". Primo, le "recueillement" a lieu les quatre premiers soirs de la semaine, et, secundo, le Culte antoiniste ne connaît pas la récitation de prières ! Et pour couronner le tout, elle remplace l'emblème antoiniste "l'Arbre de la Science de la Vue du Mal" par un jeune arbre fraîchement coupé", porté lors des enterrements.


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  • Encyclopédie des sectes dans le monde (1980)

    Titre : Encyclopédie des sectes dans le monde
    Auteurs : Christian Plume, Xavier Pasquini
    Éditions : A. Lefeuvre, 1980 - 485 pages
    Collection : Connaissance de l'étrange

        Jacques Cécius évoque les erreurs de cet ouvrage :
      Christian Plume et Xavier Pasquini  parlent aussi (page 37) d'imposition des mains. Pire, page 42, ils décrivent la "Cultuelle Antoiniste "49 rue du Pré-Saint Gervais, 75019 Paris. Comme étant l'une des nombreuses filiales discrètes de ce culte des "Antoinistes". Or, le temple mentionné est le plus connu des parisiens. Et il n’existe nullement de « filiale discrète ».

     


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  • L'appréhension des « sectes » par le système d'administration de la justice pénale belge
    Benjamin Mine, Direction Opérationnelle Criminologie, Institut National de Criminalistique et de Criminologie, benjaminmine@yahoo.fr

    Comment certaines pratiques ou certains groupements sont-ils appréhendés en tant que « sectes » par le système d'administration de la justice pénale belge ? Il s'agit plus particulièrement de rendre compte de la manière dont s'opère en Belgique le découpage de l'« objet-secte » au niveau judiciaire en s'appuyant sur l'analyse de 179 dossiers ouverts au sein de cinq parquets correctionnels entre 1991 et 2005. Ces développements conduisent à soutenir l'hypothèse selon laquelle la puissance des pouvoirs publics peut s'apprécier à un autre niveau, non dénué d'efficacité dans la régulation de la matière, que celui de la pénalité.


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  • Les nouveaux prophètes

    Aujourd'hui magazine - 11/04/1978 - 01h57min23s
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    Cette émission est consacrée aux différentes sectes qui se sont multipliées et pose plusieurs questions : quelle est la signification profonde de ce renouveau spirituel auquel nous assistons ? quels dangers présentent ces sectes ? Elle fait aussi un tour d'horizon sur les grands prophètes à travers les âges et sur les nouveaux prophètes et les formes de pouvoir qu'ils installent. Le débat, illustré de reportages et de chansons, réunit Alain WOODROW (chroniqueur religieux au journal "Le Monde", Alexandre JODOROWSKI (cinéaste, écrivain, homme de théâtre et musicien), Thierry BAFFOY (sociologue et vice-président de l'association pour la famille et l'individu), Didier DE PLAIGE (journaliste et écrivain), Léon Edouard HATEM, deux représentants de "l'association" des Enfants de Dieu.

    Production

    Antenne 2

     

    Générique

    Labourasse, Guy
    Woodrow, Alain ; Edel, Marie Jeanne ; Baffoy, Thierry ; Plaige, Didier de ; Jodorowsky, Alejandro
    Slotine, Henri


    On voit a début, après le générique, le Père apparaît comme illustration des nouveaux prophètes (le sujet de l'émission apparaît au même moment). Mais il sera peu parlé des Antoinistes, mais beaucoup plus des Enfants de Dieu, défrayant alors la chronique. Alain de Plaige évoque juste la "secte", mais il est peut-être utile de citer l'extrait entier (après 1h30 d'émission) :

    " [Henri Slotine:] Il convient de préciser que les Enfants de Dieu, que nous avons un peu mis sur la scelette aujourd'hui, est un peu notre bouc émissaire, il y en a d'autres, il y a Moon, il y a l'Eglise de Scientologie, il y a Krishna qui finalement ne valent pas mieux. Et je voudrais un peu que Didier de Plaige qui a fait tous les reportages de cette émission, nous dise ce que l'on peu penser de toutes les grandes sectes dont on parle aujourd'hui.
    [Didier de Plaige:] Oui, les Enfants de Dieu sont assez répandus mais pas tant qu'on pourrait le penser en leur consacrant cette émission : en fait ça représente peut-être 300 personnes en France.
    [Henri Slotine:] Et combien dans le monde ?
    [Didier de Plaige:] 7 000, je crois, 7 000 personnes dans le monde. Il y a aussi gourou Maharaji, je crois que le public l'a appelé le Petit Gourou, en fait il avait 15 ans lorsqu'on a entendu parlé de lui pour la première fois ; il semble qu'on ait perdu un peu sa trace aujourd'hui, et on ne sait pas lequel de ses frères va lui succéder, puisque lui s'est marié avec une Américaine, et il a un petit peu lâché la place que sa mère convoitée pour lui. Il y a d'autres personnages qui ont marqués le siècle, le Père Antoine, que l'on voit ici, qui a fondé ce qui s'appelle le Culte Antoiniste et qui est encore répandu, et là je m'engagerai pas à savoir qui sont les bons ou les moins bons, je mentionne leur nom ici au passage. Ici Malcolm X qui était le prophète de toute une Amérique, mort tragiquement il n'y a pas si longtemps. Enfin Taisen Deshimaru qui enseigne le Zen à Paris ; l'Ecole du Zen qui est une école de pensée qui se rattache au bouddhisme. Et Sukui Nushi Sama, autrement dit la Lumière des Miracles, une école charismatique issue du Japon qui enseigne la guérison. Voici Shree Rajneesh, Bhagwan Shree Rajneesh vit actuellement en Inde, il a assimilé, semble-t-il, toutes les techniques occidentales de psychothérapie, de psychanalyse et les ressort à la sauce hindou. Voici Baba Ram Dass, anciennement Richard Alpert, qui lui est un psychothérapeute occidentale qui connait toutes les techniques de méditations et qui les enseigne aux jeunes d'Amérique aujourd'hui, et peut-être même d'Europe bientôt. Enfin Baba Muktananda, qui est un sage hindou, qui vit dans son ashram en Inde et qui attire de nombreux disciples. Tous ces personnages, et il y en aurait bien d'autres à montrer, tous ces personnages répondent à une certaine pulsion, mais il y a des critères qui permettent de savoir s'ils nous conduisent à nous découvrir nous-mêmes, ou s'ils nous mènent à l'erreur. Cela on pourrait l'aborder, si vous voulez, tout à l'heure. "

        On passe ensuite à Léon Edouard HATEM. Puis à la méditation Zen, que Alexandre JODOROWSKI recommande comme la technique de méditation.


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  • Auteur :    Pierre Geyraud (également auteur de Les petites Eglises de Paris et de l'article Les Sociétés Secrètes de Paris)
    TItre :    Parmi les Sectes et les Rites : Les Religions Nouvelles de Paris
    Editeur :     Emile-Paul Frères, Paris, 1939, 188 Pages

    Pierre Geyraud - Les Religions Nouvelles de Paris (1939) Ce soir 24 juin 1939


    Sommaire :
    Des religions nouvelles à Paris ?
    L'Eglise apostolique : Les dons de prophétie, de langues et d'interprétation – Une orientation nouvelle : vers les « dons négligés ».
    Les Pentecôtistes : Baptême en piscine.
    Les Oxfordistes : Partage et témoignage.
    L'Eglise catholique orthodoxe occidentale : De l'Eglise Romaine à l'Eglise Anglicane, à l'Eglise Vieille-Catholique, à l'Eglise Catholique Libérale, à l'Eglise Libre Catholique et l'Eglise Catholique Evangélique – La conversion de toute une Eglise.
    Catholicisme d'Action Française : Action Française et Vatican – Gallicanisme ou schisme nouveau ?
    Les Coptes dissidents : Un couvent en révolte armée – Schismatiques en sous-schisme.
    La Théophanie : Le Docteur anagogiste – Sainte Alliance Christique.
    L'Eglise christique primitive : La Sainte Agape du Presbytéros – Christiques et Philadelphes.
    Les Paraclétistes : Le Mégangile de la Salette.
    Les Néo-Vintrasiens : Un Sacrifice de Gloire de Melchissédech.
    Le Résurrectoir : La Souveraine Pontife des Douze Vice-Dieux – Le Saint Sacrifice de la Divinisation.
    L'Eglise Laîque de Paris : Une religion de la Beauté.
    Les Universalistes : Au Forum Universel.
    L'Alliance bicosmique : Une religion de la Vie Universelle.
    Aspha : Hyménée asphaliste.
    Mazdaznan : De Zarathoustra au Dr Hanish – Le culte du Respir.
    Les Néo-Esséniens : Jeanne d'Arc, deuxième Messie – Jésus Essénien.
    La Nouvelle Eglise Gnostique Universelle : Le Credo des Pneumatiques.
    La Nouvelle Eglise Gnostique Universelle : Le Consolamentum d'une Parfaite.
    Les Isiaques : Une apparition d'Isis.
    Les Néo-Palladistes : Satan ou Lucifer ? - Initiation luciférienne.
    Qu'est-ce que la foi ?


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  • AJean Ancion - Les sectes (1993)uteur :     Jean Ancion (préface de Xavier Godts)
    Titre :     Les sectes. Changer le monde ou changer de monde ?
    Edieur :    Imprimerie Appeldoorn, Pro. Manuscripto (coll. Série de recherche pastorale, 12), Hollogne-aux-Pierres, 1991+1997 ; 134 p.

        L'auteur, prêtre au diocèse de Liège, faisait partie de l'A.D.C.A.M. (Association de Défense Contre les Agressions Mentales) à Liège. Il a travaillé de longue date à la problématique des dérives sectaires.
        Il consacre une petite partie à l'antoinisme parmis plus de 30 autres sectes, les causes de leur prolifération, les déficiences des Eglises ?, Sectes et Politique, patchwork de sectes. Que dire ? Que faire ? Les mouvements de protection contre les sectes...


        Encore un point de vue chrétien, et même si, en on chrétien, il demande pardon pour "leur présentation de tel ou tel mouvement sectaire [qui] peut sembler caricaturale" (p.10), force nous est de constater qu'on ne sait sur quel pied danser.
        En effet, il serait vain de chercher une définition de ce qu'est une "secte" ou un "mouvement sectaire" pour l'auteur, tout en citant ce qui pourrait faire penser que ce que l'on reproche aux sectes, pourrait tout autant être "reprocher aux Eglises traditionnelles, hier et aujourd'hui" (p.25-26) :
    - les pressions et les conditionnements tratiqués par des directeurs spirituels dans l'Opue Dei, mouvement ultraconservateur - des couvents, des internats et des séminaires étaient, autrefois, de véritables serres chaudes coupées de l'extérieur - il n'y a pas si longtemps, des carmélites ne pouvaient visiter leurs parents malades, elles portaient le voile (non islamique) et une soeur surveillante accompagnait au parloir celle qui recevait une visite derrière la grille !
    - Certains ne veulent-ils pas nous présenter le pape comme un homme providentiel, comme un guide infaillible qui rassemble des foules énormes ? L'évêque d'Ecône, dans le Valais suisse, Marcel Lefèbvre, chef de file des intégristes, n'a-t-il pas créé un mouvement sectaire ? En tout cas, il a repris à son compte l'incroyabe théorie : « hors de l'Eglise pas de salut ». Il est tout à fait hostile à l'oecuménisme, à toute tentative de réunion des Eglise.
    - Des techniques de financements contestables ont été longtemps pratiquées dans l'Eglise catholique. Il suffit de se rappeler le scandale de la Banco Ambrosiano, de la loge P2, de monseigneur Paul Marcinkus, le financier du Vatican.
    - Certains groupes charismatiques semblent considérer que le monde contemporain est en proie aux forces du mal et les groupes Ampère et Lumen, ces financiers de Dieu, prennent le pouvoir dans les moyens de communication : radio, presse, éditions, BD pour les jeunes, catéchèse, télévision par satellite. Le succès des cassettes enregistres par l'ex-secrétaire de l'épiscopat canadien, le charismatique et dissident monseigneur Charles Matthieu est assez révélateur. Il prédit la fin du monde pour l'an 2000 !
    - Les messages que Fatima, Medjugorje en Yougoslavie, les révélations de Marguerite qui sont à l'origine du mouvement traditionaliste des « Petites âmes », et bien d'autres... propagent, ne ressemblent-ils pas étrangement aux discours de certaines sectes ? Des chrétiens conservateurs ne continuent-ils pas à pratiquer une lecture simpliste de la Bible ? L'Eglise catholique ne reste-t-elle pas, sous certains aspects, aussi conservatrice que certaines sectes : lien obligatoire entre célibat et prêtrise, refus de l'accès au Sacerdoce aux femmes, interdiction de la contraception, etc. ?
    - N'oublions pas que plusieurs sectes sont issues de l'Eglise catholique, par exemple, la secte des Trois Saints Coeurs des frères Melchior, le voyant de Boisfort. La secte des Trois Saints Coeurs est liée au complexe industriel de Wincrange.

        On n'aura donc droit qu'à une liste (dont on ne sais pas si elle est relative ou absolue) de ce que sont "les caractéristiques essentielles propres à tout groupe sectaire" (p.12) :
    - l'adepte d'une secte suit aveuglément un chef qui pense pour lui,
    - il se coupe des autres,
    - il annonce une fin des temps imminente, il fait partie du petit reste des sauvés,
    - il est déçu et impatient, il veut tout, tout de suite,
    - le sectaire fait une lecture simpliste de la Bible,
    - il est volontiers puritain, sa morale est stricte,
    - il cultive la sinistrose,
    - il se veut apolitique mais il fait souvent le jeu des dominants et des exploiteurs
    - le prosélytisme et la méthode des sectes pour propager leur message est camouflée.
        Et l'auteur ajoute « un glissement inquétant du "rationnel" vers "l'irrationnel" ». On ne trouve un bémol pour "des pratiquent financières peu orthodoxe" : "ce n'est pas tojours le cas, il ne faut pas trop vite généraliser". On peut donc penser que pour le reste, toutes ces caractériques de façon absolue se retrouvent chez les sectes.
        Mais comme déjà dit, on a là aussi ce qui peut caractériser l'Eglise catholique (l'auteur va même jusqu'à viter les passages de la Bible dont se servent les sectes pour prouver qu'elles ont raisons, en précisant qu'ils "lus littéralement, tirés de leur contexte et souvent mal interprétés", p.37, note 5) et ce qui ne caractérise pas l'Antoinisme ! Pourtant jamais dans ce livre l'Eglise sera cataloguer comme secte et l'Antoinisme l'est de façon catégorique... C'est l'hôpital qui se moque de la charité, comme on dit...
        L'auteur est même pris à son propre piège : il précise par exemple que la secte refuse toute dialogue en prétextant détenir LA vérité (p.32) et nous lisons p.37, note 10 : "Des amis spirites lisent parfois la Bible, mais en s'attardant uniquement à des détails interprétés d'une manière fantaisiste, en passant à côté de l'essentiel du message des Evangiles. Ils réduisent Jésus à un rôle de guérisseur, voire de médium, ce qui évidemment ne correspond pas du tout au vrai portrait de Jésus"; "vrai portrait de Jésus" détenu et donné uniquement par l'Eglise certainement.

        On se demande donc, mais on sera les seuls, ce que pourra faire dans cette liste des "principales sectes", l'Antoinisme (et d'autres, comme les Baha'is qui sont dit "très sympathique, [et qu'ils ont collaboré], en janvier 1991, à une célébration oecuménique organisée par des chrétiens pacifistes à l'occasion de la guerre du Golfe", p.59). De fait, on évoque l'Antoinisme, hormis dans le chapitre le concernant (cf. supra), qu'à la page 18 : "les sectes existent depuis toujours" (mais on ne sait toujours pas ce qu'est une secte) ; quant l'auteur se risque à un classement (p.41) dans les sectes guérisseuses, avec les Spiritismes, Mahikari, le Christ de Montfavet (Georges Roux). "Ces groupes pratiquent trop souvent l'autosuggestion et même parfois la supercherie". On notera qu'on ne trouvera pas ici la Science Chrétienne, les Charismatiques ou la Congrégation Chrétienne en Belgique et en France (originaire de la Congregação Cristã no Brasil), lavés de tout soupçon par l'Etat français car ne figurant pas, sans explication, dans le rapport sur les sectes.
        On l'évoque encore donc dans le chapitre sur la "la Science Chrétienne, [qui] est un peu l'Antoinisme des classes aisées", et par la note 22 p.53 : "Le Père Antoine de Jemeppe (Liège) prêchait la même doctrine [le mal n'existe pas] qui peut paraître assez bizarre aux yeux de certains".
        Les sectes les plus développées (plus de 2 pages) sont : les disciples de Georges, le Christ de Montfavet, l'Antoinisme, et le Spiritisme, alors que l'auteur précise qu'ils sont en perte de vitesse (p.57, p.39) ; l'auteur a-t-il voulu un si long traitement pour la postérité ?
        On peut voir cependant la méconnaissance de l'auteur à propos de l'Antoinisme : concernant les "tas de faux Christ avant Georges Roux" (p.60, note 26), l'auteur ne cite pas le neveu de Louis Antoine, le Père Dor qui édita un livre : Christ parle à nouveau.

        Peu d'erreurs concernant le long développement sur l'Antoinisme : relevont les mauvais et les bons points :
    - aciérie de Praga et non de Prava,
    - la question n'est pas de savoir s'il a "rencontré des groupes spirites" en Allemagne et en Pologne, mais s'il a rencontré des mystiques,
    - il fit construire 20 maisons ouvrières aux quatre-ruelles et non "au Bois-de-Mont";
    - "il crut que son fils s'était réincarné dans un pharmacien de Paris. Debouxhtay dit : "il est certain que [les Antoinistes] y ont cru jadis" (p.59), mais il ne précise rien à propos de Louis Antoine même,
    - "il fonda sa propre religion et il condamna les médiums et la science", condamner est un peu dure comme verbe : il réprouva spirituellement,
    - "il refusa désormais de recourir à l'intelligence, à la sience et aux médecins", encore une fois le verbe est un peu fort : il refusa, en ce qui concerne le côté spirituel de l'homme de recourir...
    - la liqueur ferrugineuse Koene "devait être ajoutée à de l'eau pure à laquelle il prétendait communiquer un fluide mystique. Elle devait enrichir le sang". En fait, il recommandait d'un côté la liqueur Koene et de l'autre donné de l'eau pure à laquelle il prétendait communiquer un fluide mystique, il ne demandait pas de les mélanger (l'auteur confont ici la théorie homéopathique), ainsi la liqueur seule (d'après sa posologie) devait enrichir le sang,
    - "il subit l'influence de la Théosophie par M.F. Delacroix, professeur d'Athénée, qui cherchait à éliminer les séances d'expérimentation : la partie scientifique du spiritisme". Il s'agit de Ferdinand Delcroix, et ne sachant pas à qui se rapporte le "qui" de la subordonné, je préciserai que c'est Louis Antoine qui chercha à "liminer les séances d'expérimentation sous l'influence de la Théosophie, dont faisait peut-être partie M. F. Delcroix, professeur d'Athénée,
    - "Antoine avait encuite organisé sa propre religion avec des prêtres (la mère Antoine fut « prêtresse »), des livres sacrés, des règlements du temple, des vêtements spéciaux, des fêtes (Toussaint, Noël, Lundi de Pentecôte, le 25 juin fête d'Antoine), des simulacres de sacrements, des pèlerinages". Il faut ici différencier ce que Louis Antoine avait organisé et ce qui fut fait après sa mort. Dans la terminologie sociologique (cf. A.G.Vicente), de "secte avec profète charismatique", l'antoinisme est devenu religion institutionnalisée avec "prêtres", "livres sacrés", règlements du temple", vêtements spéciaux (le pluriel vaut pour 1 vêtement spécial pour les adeptes de sexe masculin et 1 vêtement spécial pour les adeptes de sexe féminin), des fêtes, des calques de sacrements, des pèlerinages.
    - "l'Antoinisme fut repris par sa femme, Jeanne Catherine Collon, et ensuite par ses neveux, dont le Père Dor qui avait fondé l'écle morale à Roux". Le fait de donner le nom de jeune fille de Jeanne Catherine Collon peut faire penser qu'ils n'étaient pas mariés ou qu'ils étaient divorcés. On dit d'ailleurs avant qu'il épousa Jeanne Collon. On peut alors même se démander si c'est bien la même femme... Ensuite l'antoinisme ne fut pas repris par ses neveux. Il n'y a, à notre connaissance, qu'un neveu qui s'inspira de l'Antoinisme pour former le Dorisme, le Père Dor, mais celui-ci critiqua fortement l'Antoinisme, en disant que Louis Antoine, ne voulant pas faire de religion, s'était fourvoyé en en faisant une, quand, lui, le Père Dor, se défenfait aussi de faire une religion...
    - "L'enseignement du Père, c'est l'enseignement du Christ pour aujourd'hui", formulation qui fut rejetée du côté belge.
    - "mais contrairement aux autres spirites, pour Antoine la matière n'est pas pure illusion" contredit la phrase précédente qui est cité : "le monde naturel n'est qu'apparence". Pour Antoine la matière est pure illusion !
    - "L'inauguration du temple antoiniste eut lieu le 25 décembre 1900. La salle est décorée des portraits d'A. Kardec et du curé d'Ars". C'est la salle d'évocation spirite est est inaugurée le 25 décembre 1900. Le 15 août 1910, le temple antoiniste de Jemeppe est consacrée et le culte est sanctifié.
    - "les 5 phases de la Thérapeutique d'Antoine" sont réfutées par Pierre Debouxhtay qui donne 3 phases p.95-98 : 1er : magnétisme et prescription de médicaments ; 2e : prières, bonnes paroles, inscription du nom du malade dans un registre, passes, impositions de mains ; 3e : imposition des mains à la foule, du haut d'une tribune, au cours de l'opération générale.
        Les bons points sont :
    + "il est passionnant d'étudier aujourd'hui l'Antoinisme comme une religion populaire qui a surgi dans notre région et de montrer comment le milieu ouvrier exploité, non reconnu, marginalisé par la culture dominante bourgeoise et par les Eglises officielles, a voulu se réapproprier maladroitement la religion et l'Evangile. L'histoire de l'Antoinisme est aussi le témoignage des milieux populaires restés « religieux », et qui expriment leurs souffrances" (p.60),
    + "il fut très marqué par la mort de son fils, employé au Nord Belge, qui décéda à l'âge de 20 ans. Ce décès n'est pas la cause principale de son passage au spiritisme, mais il renforce sa « croyance »,
    + "sa renommée se répandit dans les milieux ouvriers qu'un socialisme, forcément devenu anticlérical à cause de a collusion entre l'Eglise et les patrons capitalistes, avait détaché de l'Eglise. Mais ces gens restés religieux cherchaient espérance et consolation."

        En résumé : à côté de raccourci étrange, sensationnaliste et généralisant :
    - "les sectes guérisseuses. L'Antoinisme, les Spiritismes, Mahikari, le Christ de Montfavet (Georges Roux). Ces groupes pratiquent trop souvent l'autosuggestion et même parfois la supercherie" (p.41)
    - "il semblerait que des memebres de la Scientologie ont été liés à l'extrême droite et même aux tueries du Brabant Wallon" (p.54),
    -"crise de la Théosophie en Allemagne qui conduisit à la création de deux dissidences [dont] celle de l'aryanisme germanique d'où allait sortir le Nazisme" (p.88) & rapprochement entre le Nouvel Age (p.102) et "les racines historiques de l'ésotéro-occultisme nazi" p.107, note 28),
    - "prétention du Nouvel Age de vouloir construire une synthèse avec tous ces différents groupes en apparence hétéroclites" (p.100),
    - "le Nouvel Age, venu des Etats-Unis, est, en apparence, peu organisé. Vu du dehors, il ne se présente pas comme un mouvement bien structuré. Cependant, il a comme but, de relier toutes celles et tous ceux qui veulent contribuer à cette vaste consipration" (p.97),
    - "cette vague, ce raz de marée envahit tous les secteurs de la vie sociale en Occident" (p.106, note 13),
    - "certains affirment que le Nouvel Age est lié à l'idéologie de l'extrême droite (Julia Nyssens), mais il faudrait le prouver. Mais qui tient les ficelles ? Mystère !" (p.105, note 7),
    - "le dialogue avec les sectaires de tous bords est, la plupart du temps, tout à fait improbable et même souvent impossible" (p.109),
        et un parti-pris indéniable :
    - il regrette que les enquêtes d'organisme sérieux ne citent "concrètement aucune secte" (p.111),
    - "les chrétiens sont minoritaires dans une société pluraliste" (p.110),
    - "ceux et celles qui sont tentés par les sectes doivent se demander s'ils ne peuvent pas trouver une bonne réponse à leus questions dans les Eglises chrétiennes" (p.110),
    - "celui qui a une sensibilité Nouvel Age peut faire partie d'une Eglise, d'une religion, mais dans ce cas ce sera pour en extraire le noyau ésotérique. Comprenne qui pourra ! La double appartenance est évidemment impossible pour un vrai chrétien, car le Nouvel Age se présente comme la nouvelle religion supra mondiale " (p.100),
        on a quand même ici la posibilité de lire un opuscule bien fait et centré sur la Belgique.


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  • Histoire universelle des sectes et des societés secrètes, tome 2 : Les temps anciens (1968)
    (ISBN: 2905262761 / 2-905262-76-1 )
    Jean-Charles Pichon


    Description :
    - Sionisme, Kabbale, Témoins du Christ ou de Jéhovah, Antoinistes, Francs-Maçons, les sociétés secrètes groupent aujourd'hui des milliers de fidèles. Il n'en est pas une qui n'ait vu décupler le nombre de ses adhérents depuis 1940. Qui sont-elles? Que veulent-elles? D'où viennent-elles? Le caractère occulte de ces associations rend d'autant plus précieuses les réponses qu'on peut donner à ces interrogations. Fouillant l'ombre du passé et du présent, Jean-Charles Pichon remonte jusqu'aux sources, suit les courants à travers les sociétés où, depuis des siècles, des hommes se sont groupés pour se dépasser, sublimer ou faire progresser leur condition dans de grands rêves d'utopie. La naissance des sectes, leurs idéologies, leurs croyances, leurs rites sont enfin rassemblés ici dans une vaste synthèse.


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  • Antonisti
        Per gli Antonisti, movimento diffuso in Belgio e in Francia, il male viene della mancanza di fede e dall'eccessiva fiducia nella scienza. Bisogna ritornare alla fede che dà il potere di guarire, tralasciando la scienza naturalistica. Sia nel loro giornale, l'Unità, sia negli opuscoli, si avverte che il «Culto no va sul terreno della scienza, ed in particolare non compie diagnosi, non consiglia né sconsiglia medicine e operazioni chirurgiche, non fa imposizioni di mani né predizioni del futuro».
        Il fondatore, Antonio, fu condannato nel 1901 per esercizio illegale della professione. Più cautamente i suoi discepoli di oggi non parlano di vera e propria cura anché se la cerimonia del culto ("operazione") si svolge, nel tempio, quattro volte la settimana, e si compone di tre momenti: guarigione collettiva, letture, guarigione individuale dietro un paravento, dove l'operatore riversa ancora fluido sul malato. Gli Antonisti parlano di guarigione spiritica, non per nulla la setta sorse nel periodo di grande diffusione dello spiritismo. Le idee religiose orientali si diffusero in Occidente proprio con la dottrina dello spiritismo che il Karnac e la Blavatski avevano appreso dai Disincarnati. Gli Spiritisti avevano e hanno questi princìpi base: esistenza di Dio, somma sapienza e bontà; immortalità dell'anima; gli spiriti hanno gradi diversi di evoluzione, sono ignoranti, ma perfettibili; anche se le bestie hanno un'anima che arriverà a reincarnarsi in un uomo, tutti gli spiriti seguono questa legge di reincarnazione; l'incarnazione è una prova per lo spirito, non il suo stato naturale; si possono vivere molte vite, che si dimenticano, ma ritornano alla memoria quando si è in stato spiritico; raggiunta la perfezione cessa la reincarnazione.
        Legge suprema è quella del Karma per la quale ci si reincarna secondo le opere compiute. Tutti i corpi celesti sono abitati da spiriti, in diverso stato di evoluzione. Oltre l'anima (lo "spirito", appunto) c'è il "doppio". Esso è un involucro fluidico che assomiglia al corpo e lo accompagna sempre (Pappalardo). V'è dunque un legame tra corpo, "doppio" e anima che rende possibile l'intervento taumaturgico dello spirito sul corpo. Nella stessa logica, i guaritori della Scienza Cristiana intervengono accanto al malato per aiutarlo a lottare contro «il magnetismo animale dannoso, cioè pensieri cattivi e falsi» che sono la vera causa della malattia. Poi si entra nel campo dei guaritori, numerosissimi, che non si riallacciano a sette religiose, che spesso sono persone dotate - almeno così affermano - di poteri parapsicologici scarsamente controllabili.

    Michele C. Del Re, Le nuove sette religiose, p.47-48
    Gremese Editore, 1997 - 256 pages
    source : GoogleBooks


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  • Albert Samuel - Para comprender las religiones de nuestro tiempo (1989)

        El Antonismo, o culto antonista, es sin duda la única secta de origen belga cuya notoriedad y éxito ha desbordado ampliamente nuestras fronteras, especialmente en Francia.
        Su fundador es Antoine Louis (1846-1912), obrero metalúrgico de Lieja, que abandono el catolicismo a los 42 años para interesarse por las asociaciones
    espiritistas, entonces florecientes. Habiendo descubierto sus dotes de curandero, que exploto sin exigir paga alguna, transformo su casa en despacho de consulta donde recibía cada día 50 o 60 personas en 1900 y de 500 a 1200 en 1910. Los medios utilizados eran ante todo la oración, la imposición de manos, el licor Koene, el papel y la tela magnetizados, etc
        Tras un proceso por ejercicio ilegal de la medicina, abandono sus practicas para conservar solo la oración y la imposición de manos.
        El culto se instituyo oficialmente en 1910 con la consagración del primer templo en Jemeppe-sur-Meuse. Al «desencarnar-se» el Padre, el culto fue dirigido por la Madre, su esposa, hasta que murio en 1940. Esta fecha marca el ocaso del Antonismo, acentuado por una guerra de sucesión entre el sobrino de Antoine, el padre Dor, y su oponente.
        El Antonismo tuvo un gran éxito a comienzos de siglo unos 150 000 adeptos, entre ellos 50 000 en Francia, según Woodrow. Se implanto especialmente en los ambientes obreros de Lieja y en algunas aldeas francesas. Hoy habría 31 templos en Bélgica, 28 en Francia y unas 150 salas de lectura (a menudo casas particulares) donde se procede solo a la lectura de la Enseñanza» (La
    Belgique et ses dieux, 360-361).

    Albert Samuel, Para comprender las religiones de nuestro tiempo
    source : scribd.com


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