• Claude Petit-Castelli - Les sectes, Enfer ou paradis (1977)

    Auteur : Claude Petit-Castelli
    Titre : Les sectes : Enfer ou paradis
    Éditions : Ed. de Messine, Paris, 1977 (191 pages)

        Un livre qui évoque les sectes au sens large, dont les Antoinistes. Pratiquement sans erreur en ce qui concerne les antoinistes (quelques généralités et indications imprécises), il mérite d'être lu dans son entier pour comprendre le phénomène.

        Voici le chapitre consacré aux Antoinistes :

        Parmi les sectes issues du christianisme, la secte des Antoinistes est l'un des mouvements les plus sympathiques, presque une bouffée d'air pur. En effet à la différence de ses consœurs, cette secte ne demande aucune participation financière à ses fidèles, ne pratique pas l'endoctrinement à outrance, ne cherche nullement à combattre qui que ce soit, ni les religions, ni les hommes.
        Qui est cet Antoine, l'inspirateur, le chef d'une secte qui compte aujourd'hui environ vingt mille fidèles, notamment en France et en Belgique, berceau du culte ?
        Louis Antoine est né le 7 juin 1846 à Mons-Crotteux en Belgique, cadet d'une famille de onze enfants, famille de mineurs catholiques pratiquants, il fut élevé selon les principes de charité et d'humilité. A douze ans, le jeune Louis Antoine descendit à son tour dans la mine mais, trop faible, il dut travailler dans une chaudronnerie jusqu'à l'âge de vingt ans. Depuis longtemps il aimait la lecture, et préférait volontiers la solitude et le recueillement aux joies de la vie. Après son service militaire et la guerre de 1870 contre l'Allemagne, durant laquelle il tua malencontreusement un de ses camarades, il choisit de s'exiler en Allemagne pour tenter d'oublier et mieux gagner sa vie. Là, il se maria avec celle qui est devenue plus tard la mère et qui perpétua son œuvre, Catherine Collon, la sœur d'un de ses amis. Un enfant naquit de leur union. Ils revinrent vivre en Belgique, mais l'argent manquant de plus en plus, la famille Antoine s'expatria de nouveau, en Pologne cette fois. A Varsovie, ils restèrent cinq années, le temps de mettre un petit pécule de côté et de rentrer à Jemeppe-sur-Meuse en Belgique où Antoine trouva un travail de concierge dans une usine. Intervint alors dans sa vie un événement qui bouleversa sa vie.
        Un ami lui fit découvrir un cercle spirite, et lui donna à lire le livre d'Allan Kardec, le Livre des esprits. Sa voie était trouvée. Il se découvrit medium et fonda un groupe spiritualiste, les Vignerons du seigneur.
        Il s'intéresse au problème de la maladie, entre en contact spirite avec deux médecins qui lui dictent les thérapeutiques à appliquer aux patients qui commencent à venir le voir. Il impose les mains aux malades, distribue des bouts d'étoffe magnétisée. Pour Antoine, le corps ne représente rien, la guérison du corps est la conséquence de la guérison de l'âme. L'homme est naturellement bon et altruiste. Dieu n'existe pas si ce n'est dans chacun de nous. Il pense que la mort terrestre n'est qu'une désincarnation suivie presque aussitôt d'une réincarnation.
        Lorsque Antoine parle de son fameux médecin-esprit, il dit : « Il m'apparaît comme un visage lumineux. C'est la foi qui guérit. Si, par la volonté, on arrive à se persuader que l'on n'est plus malade, alors la maladie s'en va. Mais quand ceux qui viennent à moi n'ont pas la foi, alors mon guide s'en va et je reste seul. »
        Les malades en question viennent de plus en plus nombreux. Cela n'est pas du goût des médecins pratiquants qui intentent à Antoine un procès pour escroquerie et exercice illégal de la médecine.
        Louis Antoine va donc, afin de poursuivre sa mission salvatrice, abandonner sa démarche spirite pour un enseignement doctrinal plutôt philosophique, voire prophétique. En 1906, est construit le temple des Antoinistes premier de la série ; il en existe maintenant cinquante-cinq en Belgique et vingt-cinq en France. Antoine impose les mains désormais devant une assemblée et non plus individuellement. Sa vie de prophète commence : il dicte la Révélation de l'auréole de la conscience, véritable bible des Antoinistes, recueil des pensées des révélations plutôt, du père – c'est ainsi qu'on l'appelle – pour lequel « la valeur d'un enseignement réside non dans les mots mais dans le fluide qui en découle ».
        Pour les Antoinistes, la mort n'existe pas, la matière n'existe pas : l'homme, par voie de conséquences, ne peut mourir. Le fluide passe, véritable substance intemporelle qui doit amener l'homme à la pureté. Le mal est la conséquence d'un manque de foi ; or le manque de foi vient d'une hypertrophie de l'intelligence, intelligence et conscience étant incompatibles ; le mal vient donc de la science. Théorie simpliste certes, mais qui touche les gens simples épris de charité.
        Le culte est aussi réduit à sa plus simple expression. Les quatre premiers jours de la semaine, a lieu l'opération : au temple, un officiant lit les dix principes de Dieu et c'est tout, l'opération ayant pour but d'arrêter les « fluides » négatifs. Après la cérémonie, desservants pratiquent la consultation, ils donnent des conseils de tous genres. Le dimanche, est célébré le culte du recueillement durant lequel les officiants lisent des morceaux choisis dans la vie du père. Il n'y a pas de sacrements.
        Après la désincarnation d'Antoine, devenu par la force des choses une sorte de personnage mythique, c'est sa femme appelée mère qui a continué son œuvre avant de se désincarner à son tour en 1941. On assiste alors à plusieurs querelles, notamment entre les temples belges et français. Les premiers voulaient remettre en vigueur les guérisons collectives ; les autres, au contraire, se contentaient de recevoir les malades individuellement. C'est la seconde orientation qui l'emporta.
        Les frères, sont habillés de noir comme le père, avec une lévite, un chapeau haut-de-forme aux bords recourbés ; les sœurs, en jupe plissée, corsage noir, portant un châle et un bonnet, restent discrètement à l'écart. Les Antoinistes sont pour une réunification de tous les groupements religieux. « Quand nous serons pénétrés de l'enseignement du père, il n'y aura plus de dissensions entre les religions. Nous nous aimerons tous car nous aurons tous compris la loi du progrès. »
        Bien entendu, il est difficile de prendre très au sérieux le culte antoiniste tant ses dogmes semblent puérils et primaires, mais la bonté et la charité ne peuvent-elles pas parfois prendre l'aspect le plus déroutant ? Entre un Antoiniste sincère, pur et sage et un catholique décadent, est-il possible d'hésiter.

    Claude Petit-Castelli - Les sectes, Enfer ou paradis (1977)

     

    Catherine Collon appelée encore « Laurie ».
    C’est elle qui a perpétué le culte Antoiniste après la désincarnation de son mari.
    Louis Antoine, Père spirituel des Antoinistes.
    Ce beau vieillard auréolé de lumière préconisait l’amour et l’amitié entre tous les hommes.


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  • Maurice Colinon - Le Phénomène des sectes au XXe siècle (1959)

    Auteur : Maurice Colinon
    Titre : Le Phénomène des sectes au XXe siècle
    Éditions : Fayard (Collection "Je Sais, Je Crois"), Paris, 1959

    Recension :
        Ce petit ouvrage allègrement écrit résume et synthétise pour le grand public catholique les résultats des travaux de l'auteur lui-même, du R. P. Chéry, du Chanoine Verrier, du R. P. Lavaud et du présent recenseur sur les « sectes » dans notre pays. Une bibliographie sommaire termine le livre et permet de pousser plus loin l'étude. Il faut remarquer et saluer ici un progrès certain dans la typologie de l'auteur. Certes le mot « secte » est employé un peu légèrement, d'une manière en tout cas qui étonne le sociologue. Ainsi lisons-nous, p. 11 : « Tous ces mouvements, toutes ces Eglises, toutes ces Sectes... ont en commun... quelques traits..., dont le principal parait étre celui-ci : aux Ecritures, elles ajoutent généralement une « révélation » due à quelque prophète inspiré qui est supposé éclairer ou compléter la Bible ». Dans ce cas-là, et nous doutons qu'il se vérifie dans la plupart des exemples dont M. Colinon nous entretient, il faut parler de religions nouvelles, et non indifféremment de mouvements, d'Eglises ou de Sectes. Ceci dit, notre auteur divise son monde en : 1) Sectes d'Origine Protestante, 2) Sectes Guérisseuses (non-protestantes, donc), et 3) « Dissidences » catholiques Modernes. Le refus initial d'une typologie est compensé par le groupement fait par l'auteur pour les besoins de sa rédaction. Nous nous félicitons de ce pas en avant vers une classification plus nettement scientifique, regrettant seulement qu'elle n'aille pas plus loin.
                      J. S.

    source : https://www.persee.fr/doc/assr_0003-9659_1959_num_8_1_2066_t1_0178_0000_2

     

        Évoque les Antoinistes de la page 73 à 81.

        L'introduction est disponible en ligne.


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  • Pierre Geyraud - Les petites Eglises de Paris (1937)

     

    Auteur : Pierre Geyraud
    Titre : Parmi les Sectes et les Rites : Les petites églises de Paris
    Éditions Émile-Paul frères, Paris, c.1937, 249 pages

    Pierre Geyraud - Les petites Eglises de Paris (1937)-recension

    Recension :

        Les petites Eglises de Paris M. Pierre Geyraud a entrepris une exploration des sectes et des rites inconnus qui vivent à Paris, capitale des religions. Il nous conduit ainsi chez les Trappistes, les Pères blancs de Carthage, les Bénédictines, les Eglises catholiques romaines, mais non latines, l'Eglise catholique évangélique, les Saint-Simoniens, les Antoinistes, l'Armée de l'Eternel et le Petit Troupeau, chez les Mages et dans l'Ordre du Lys et de l'Aigle.
        Qui pourrait croire que, parmi tous les gens que l'on rencontre dans l'immense ville, tant de personnes puissent appartenir à des cultes secrets et presque inconnus, dont quelques-uns, à cause des guérisons qui leur sont imputées, sont soudain placés en pleine lumière par un procés correctionnel. Ainsi, les fervents du zouave Jacob et les flagellants de Bordeaux, qui connurent une heure de trop grande célébrité avec leur expédition punitive sur le curé de Bombon.
        Un curieux livre, en vérité, écrit par un ancien ecclésiastique « entraîné aux voies multiples de la vie mystique et rompu aux subtilités de la théologie ».

                            Edmond HOUZE.
    Ce soir, 2 septembre 1937


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  • Dom Besse - Les religions laïques, un romantisme religieux (1913)

    Auteur : Dom Besse (Jean-Martial Besse)
    Titre : Les religions laïques : un romantisme religieux
    Éditeur : Nouvelle librairie nationale, Paris, 1913, 317 pages, in-16

     

        Évoque l'antoinisme dans le chapitre I consacré aux religions laïques (p.21) :

        C'est le spiritisme qui, avec l'occultisme, profite le plus des diminutions religieuses de la France. Leurs théories échevelées et leurs pratiques énervantes attirent ceux qu'a détraqués une longue anarchie intellectuelle et morale. L'instinct religieux a chez ces individus des manifestations et des exigences maladives. Ils réclament de l'extraordinaire et du malsain. Cela les apaise un instant pour les surexciter à nouveau.

        L'occultisme ne sera jamais au terme de sa fécondité ; sa souplesse lui permet de tourner les obstacles. Il se met à la portée de chacun. Ce sera tantôt une sorcellerie grotesque ou un sensualisme, qui mêle à des actes immondes des formules et des prétentions saintes, tantôt un spiritualisme élevé et une philosophie mystique. Il revêt parfois des formes nouvelles ; plus fréquemment, il se borne à rajeunir mal des erreurs oubliées, la magie, la gnose, le manichéisme par exempte.  

        Les occultistes se partagent en sectes et en écoles très diverses. Elles ont pour organes des revues, que se passent les initiés. Voici quelques titres : l'Initiation, l'Humanité intégrale, la Religion universelle, la LUmière, la Paix universelle, le Voile d'Isis, la Curiosité, etc.

        Des praticiens habiles font des affaires en exploitant ces faiblesses religieuses de l'humanité. L'occultisme et le spiritisme se prêtent fort bien a leurs calculs. On s'en aperçut en Belgique avec Antoine le guérisseur, mort à Jemmapes, près de Liège, dans le courant de l'été de 1912. Sa clientèle de dévots s'étendait assez loin en France, après avoir débuté modestement parmi les spirites de son voisinage.


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