• Reconnaissance du culte (déc.1910-1922/1924)

    29 mas 1910 : Le Conseil d’Administration du Temple de Jemeppe-sur-Meuse adresse au ministère une demande de reconnaissance légale du Temple Antoinisme appuyée par 150.000 signatures. Cette démarche qui visait à obtenir l’exonération des droits de succession pour le Temple n’aboutit partiellement qu’en 1922.

    Reconnaissance du culte (déc.1910)

    15 août 1910 : Lors de la Consécration du Temple de Jemeppe, le Père déclare : 

         Mes enfants,
               Je regrette de vous voir aujourd’hui si nombreux et que je n’ai plus rien à vous dire. Cependant je tiens à remercier les personnes qui se sont dévouées pour récolter les signatures en vue d’obtenir la personnification civile de notre Culte.
               Nous aurions pu en récolter davantage, mais le nombre est déjà plus que suffisant.
               Maintenant nous avons formé un Conseil, vous avez un Enseignement, vous avez un Temple, il vous appartient… 

    Reconnaissance du culte (déc.1910)

    3 octobre 1922 : Le Culte Antoiniste est reconnu Établissement d’Utilité Publique en Belgique. 
    Cette reconnaissance officielle ne fut pas demandée pour recevoir des subsides de l’État pour les desservants du Culte ni pour l’entretien des Temples.
    La seule raison de cette demande fut d’obtenir l’exonération des impôts (dès 1925) et des droits de succession, extrêmement coûteux, en ce qui concerne les biens immobiliers (les temples) du Culte Antoiniste.
    Historique du Culte Antoiniste

    Reconnaissance du culte (déc.1910)

    En France, le culte est légalement reconnu comme association cultuelle. Il fut publié dans le Journal officiel de la République française du 9 février 1924, et est exempté de taxes foncières uniquement sur la partie publique de ses bâtiments et depuis 1934 en France. En effet, dans une décision du 5 décembre 1956, le Conseil d'État français a estimé que le logement du desservant ne pouvait pas bénéficier d'une telle exonération.
    Page Wikipedia Antoinisme

        Pierre Debouxhtay indique qu’une brochure a été publiée en vue d’obtenir la reconnaissance légale du Culte, Le Père Antoine et son oeuvre (1919).

  • L'Antoinisme - Correspondance (La Meuse, 8 décembre 1910)(Belgicapress)

    CORRESPONDANCE

    L'ANTOINISME

        M. F. Deregnaucourt, président du Comité du Temple, antoiniste de Jemeppe-sur-Meuse, nous prie de bien vouloir insérer l'article suivant :

        Antoine-le-Guérisseur, de Jemeppe-sur-Meuse, et ses adeptes, viennent de déposer sur le bureau de la Chambre des représentants, une pétition qu'ils adressent au Roi et aux Chambres pour demander la reconnaissance légale du culte antoiniste. Cette pétition est signée par 160,000 adeptes d'Antoine, tous Belges et majeurs.
        Les progrès rapides de l'Antoinisme en Belgique et en France tiennent du prodige. La religion nouvelle, fondée à Jemeppe-sur-Meuse depuis quelques années, compte aujourd'hui plusieurs centaines de milliers d'adeptes. Tous les Liégeois connaissent le Temple de Jemeppe-sur-Meuse, dont la gestion matérielle appartient à un Comité de neuf membres dont j'ai l'honneur d'être le président ; dont M. Delcroix, professeur à l'Athénée Royal de Liége, est le secrétaire, et dont M. Delaunoy, lieutenant d'infanterie à Bruxelles, est le trésorier. D'autres temples vont être érigés, notamment à Bruxelles et dans le Hainaut, aux frais des adeptes. Le Nord de la France se convertit rapidement à la religion nouvelle. Il y a un millier d'adeptes à Tours, autant à Vichy, autant à Nice et à Monaco. Un adepte de l'Isère fait construire, au Touvet, un temple sur le modèle de celui de Jemeppe.
        Il s'agit donc là d'un mouvement religieux très sérieux. Mais il faut assister aux exercices du culte, au temple de Jemeppe-sur-Meuse, pour se convaincre du grand sentiment de piété qui anime les adeptes. Les lundi, mardi, mercredi et jeudi de chaque semaine, le Maître opère sur tous les malades réunis dans le temple. C'est à peine si l'édifice peut contenir la foule recueillie. A dix heures, Antoine entre dans le temple, monte en chaire et l'opération s'accomplit devant environ deux mille personnes debout qui attendent, du Maître, avec une ferveur inexprimable, la guérison de leurs souffrances morales ou physiques. Tous les dimanches, à dix heures, un adepte donne lecture d'un chapitre de l'Enseignement. C'est la même affluence et le même recueillement.
        Si Antoine le Guérisseur et ses adeptes demandent la reconnaissance légale de leur culte, ce n'est pas pour obtenir des subsides ou la rémunération de ses ministres. L'antoinisme est basé sur le désintéressement le plus absolu, mais nous vivons sous une législation qui confère aux cultes reconnus par la loi de très grands avantages. Jusqu'ici, seuls les cultes catholique, protestant et juif ont demandé et obtenu la reconnaissance légale et joui des avantages afférents à cette reconnaissance.
        L'antoinisme a les mêmes droits de jouir de ces avantages.
        Le plus grand de ces avantages est d'assurer l'existence légale des édifices consacrés aux cultes. Dans les cultes reconnus, les fabriques ou consistoires ont la personnification civile, peuvent recevoir des dons et legs : ils sont propriétaires des églises, temples ou synagogues. Il n'y a plus de transmission de propriété à effectuer, plus de droits de mutation ou de succession à payer. La reconnaissance de l'antoinisme aura donc pour effet d'assurer l'existence légale du temple de Jemeppe-sur-Meuse et des autres temples qui seront érigés ultérieurement.
        Cette considération suffit pour démontrer l'intérêt que les 160,000 signataires de la pétition ont à voir la Chambre des représentants et le Sénat accueillir leur demande et voter une loi qui assimilerait l'antoinisme, quant à la reconnaissance légale, aux cultes catholique, protestant et juif.
        Nous ne voyons pas, d'ailleurs, qui pourrait s'y opposer. Le droit des antoinistes est évident et qui voudrait prendre la responsabilité d'un véritable déni de justice ? Ce ne seront certainement pas les catholiques de la Chambre, qui doivent être heureux de constater cette renaissance du sentiment religieux dans notre pays. Et quant aux libéraux et aux socialistes, nous savons qu'ils sont, comme nous, partisans de la séparation de l'Etat et des Eglises ; mais tant que nous vivons sous la législation actuelle, voudront-ils refuser à l'antoinisme les avantages que la loi confère aux autres cultes ? Nous ne pouvons pas le croire et nous sommes convaincus que tous seront d'accord pour voter la loi demandée.
        Et ainsi seront réalisés les vœux du saint de Jemeppe-sur-Meuse, devant qui tous doivent s'incliner avec vénération. N'est-il pas la plus grande force morale qu'il y ait au monde ?

    DEREGNAUCOURT.

    La Meuse, 8 décembre 1910 (source : Belgicapress)

     

        Ce texte du frère Florian Deregnaucourt suit le témoignage d’Hélène Defrance paru dans la revue Wallonia (Tome XVIII, n°12, déc. 1910).


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  • Eugène Goblet d'Alviella - L’être unique à plus d’un nom (curieuseshistoires-belgique.be)

    Mausolée - vue d'ensemble (source : dhnet.be)

    L'être unique à plus d'un nom

    Au fond d’une allée du cimetière municipal de Court-Saint-Etienne, à un jet de pierre de l’abbaye de Villers-la-Ville, quatre sphinx de pierre veillent sur un insolite monument funéraire dont l’ordonnance évoque les vieux tombeaux hindous.

    C’est un kiosque carré à deux étages, surmonté d’un dôme sphérique. Ses murs, colonnes et linteaux sont couverts de symboles, d’hiéroglyphes, de citations morales ou théologales relevant des philosophies et religions les plus diverses. Le thème de l’ornementation extérieure est résumé par la phrase qu’on lit gravée sur son fronton : L’ÊTRE UNIQUE A PLUS D’UN NOM.

    Cet aphorisme est exprimé en douze symboles frappés dans les colonnes d’angle et observables en tournant tout autour du monument dans un sens anti-horlogique : le Chrisme chrétien, le Tétragramme judaïque, le EI du temple de Delphes, le monogramme OUM des brahmanes, le nom d’Allah, des caractères runiques composant l’Odin scandinave, les Foudres de Jupiter latin, le Marteau triple des Celtes, la Roue bouddhique, Mazda ou le Feu des Perses, le AN cunéiforme des Chaldéens et, enfin, l’idéogramme Thian qui désigne le ciel chez les Chinois. Quant aux symboles intérieurs, ils évoquent le destin de l’homme et sa survie après la mort.

    Eugène Goblet d'Alviella - L’être unique à plus d’un nom (curieuseshistoires-belgique.be)

    (source : sitytrail.com)

    Ce mausolée est aussi bâti selon une stricte symbolique géométrique, numérale et zodiacale. Sa base est un carré de 5 mètres de côté tandis que le monument auquel on accède par un escalier de sept marches mesure exactement 12 mètres de haut. Les angles de ce carré indiquent les points cardinaux et la porte de la crypte souterraine, tournée vers l’orient, est marquée de la rose et de la croix, sous un linteau portant le disque ailé d’Horus, le dieu du soleil levant. Le sommet de la pierre cubique portant les épitaphes est orné d’une ancre posée sur une étoile flamboyante à celui de l’ancre paléochrétienne, inséparable du fameux carré magique de 5. Un obélisque, élevé par une famille apparentée, complète l’étonnant ensemble.

    C’est le comte Eugène Goblet d’Alviella qui conçut ce monument peu ordinaire en 1885. Il le fit réaliser par l’architecte Samyn, dans le but d’y inhumer la dépouille de sa mère, la comtesse d’Auxy de Neufvilles. Il est vrai que le château d’Auxy à Casteau, où Goblet avait passé une partie de sa jeunesse, était une demeure tout aussi étrange, sculptée et peinte de sujets symboliques, de la cave au grenier, sous la garde d’un même groupe de sphinx.
    Eugène Goblet d'Alviella - L’être unique à plus d’un nom (curieuseshistoires-belgique.be)
    Hélas, pour sauver cette bâtisse, on crut bien faire en la léguant à une communauté religieuse. On la dédia à saint Joseph puis, un beau jour, on la dynamita. Imprégné de l’univers hermétique qui régnait chez les comtes d’Auxy, Goblet d’Alviella ne pouvait manquer de s’intéresser aux grands mystères. Il se fit donc initier dans une loge bruxelloise dont il devint plus tard un des hauts dignitaires, se consacrant à l’étude des symboles et de leur migration. Recteur de l’ULB, ministre d’État, il mourut octogénaire en 1925 et repose désormais aux côtés de sa mère, dans l’extraordinaire tombeau qu’il s’était ainsi préparé de son vivant, à quelques pas de son château de Court-Saint-Étienne.

    source : https://curieuseshistoires-belgique.be/letre-unique-a-plus-dun-nom/
    cf. photos https://www.sitytrail.com/fr/poi/5067096-court-saint-etienne--mausolexe-goblet-dxalviella/


        Il a été classé « patrimoine exceptionnel de Wallonie » le 23 septembre 1988.

    Eugène Goblet d'Alviella - L’être unique à plus d’un nom (curieuseshistoires-belgique.be)

        À l’extrémité de la plate-forme se trouve la stèle destinée à recevoir le nom des défunts. Aux deux côtés de cette stèle est gravé un Arbre de vie, dans la forme artistique et hautement conventionnelle, que les Assyriens ont donnée à ce vieux symbole sémitique, et que les Chaldéens reproduisaient sur leurs sarcophages, comme une promesse d’immortalité.
    source : http://www.patrimoine-stephanois.be/wp/les-patrimoines/le-patrimoine-culturel/le-patrimoine-religieux-et-philosophique/le-mausolee-goblet-dalviella/colonnes-interieures/

     

    Arbre de vie
    (source : patrimoine-stephanois.be)


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  • Verzoekschrift (Provinciale Overijsselsche en Zwolsche courant, 21 déc 1910)

        Bij het Belgische parlement is een zonderling verzoekschrift met 160 000 handteekeningen ingekomen. Het vraagt de erkenning van een nieuwen godsdienst, gepredikt door „Antoine den geneesmeester”.
        Deze Antonius woont te Jemeppe aan de Maas, nabij Luik. Hij is thans 65 jaar oud. Vroeger werkte hij in de mijnen. Rumoerig kan men den nieuwen apostel moeilijk noemen, want in het door hem gestichte kerkje te Jemeppe houdt hij vier maal per week – Zondags niet – godsdienstoefeningen, maar bij die gelegenheden spreekt hij geen woord. Hij houdt zwijgend gedurende een volle minuut zijn handen over de verzamelde schare uitgestrekt en daarna zegt alleen een medewerker: „Ieder, wiens geloof sterk genoeg is, moet genezen worden. ” Antonius is een vegetarier en leeft als een hermiet, geen woord sprekend behalve door de ..... telefoon. Zijn vrouw, madame Antoine, bijgenaamd „la bonne mère” ontvangt dagelijks honderden zieken, die zij door het opleggen van de hand en onder het aanroepen van Antoine den geneesmeester geneest.
        In het kerkgebouwtje te Jemeppe staat op de muur, boven het podium, waarop de profeet zich bevindt, in reusachtige letters het volgende geschreven. De stralenkrans van het geweten. Een enkel middel kan de menschheid genezen: Het Geloof. Uit het geloof wordt de liefde geboren. De liefde, die ons God zelf in onze vijanden doet zien. Zijn vijand niet lief te hebben is God niet beminnen, want de liefde, die wij voor onze vijanden gevoelen, maakt ons waardig Hem te dienen. Ze is de eenige liefde, die ons waarlijk doet liefhebben, omdat zij is zuiver en waar.

    Provinciale Overijsselsche en Zwolsche courant, 21 décembre 1910


    Traduction :

        Une étrange pétition contenant 160 000 signatures a été soumise au Parlement belge. Elle demande la reconnaissance d'une nouvelle religion, prêchée par "Antoine le guérisseur".
        Cet Antoine vit à Jemeppe-sur-Meuse, près de Liège. Il a maintenant 65 ans. Il travaillait dans les mines. On peut difficilement qualifier le nouvel apôtre de bruyant, car dans la petite église qu'il a fondée à Jemeppe, il tient des services divins quatre fois par semaine – pas le dimanche – mais à ces occasions, il ne prononce pas un mot. Il reste silencieux pendant une minute entière, étendant ses mains sur la foule assemblée, puis seul un membre du personnel dit : "Quiconque a une foi assez forte doit être guéri." Antoine est végétarien et vit en ermite, ne parlant qu'à travers le biais d’un ...... téléphone. Sa femme, Madame Antoine, surnommée "la bonne mère" reçoit quotidiennement des centaines de malades qu'elle guérit en imposant les mains et en évoquant Antoine le guérisseur.
        Dans le bâtiment de l'église de Jemeppe, ce qui suit est écrit en grosses lettres sur le mur au-dessus du podium sur lequel se tient le prophète. L’Auréole de la conscience. Un seul remède peut guérir l'humanité : La foi. C’est de la foi que naît l'amour. L’amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. Ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu, car l'amour que nous avons pour nos ennemis nous rend dignes de le servir. C'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu’il est pur et de vérité.


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  • L'échec de l'antoinisme (Figaro, 3 février 1911)Figaro en Belgique
    L'ECHEC DE L'ANTOINISME
                                   Bruxelles, 2 février.

        Un des premiers, le Figaro a signalé l'extraordinaire popularité du thaumaturge wallon de Jemeppe-sur-Meuse, dit Antoine le Guérisseur, et la pétition de 190,000 Belges et Français demandant au gouvernement belge le vote d'une loi admettant « l'Antoinisme » au nombre des cultes reconnus. Voici une mauvaise nouvelle pour les fervents du « miraculeux » Antoine. Leur pétition adressée à une commission de la Chambre des représentants vient d'être renvoyée purement et simplement par celle-ci au ministre de la justice.
        Or, comme il n'est pas d'exemple qu'une pétition ainsi renvoyée sans avis favorable ait été prise en considération, on peut tenir la demande des fidèles d'Antoine comme écartée. Le catholicisme, le protestantisme, le judaïsme se trouvent ainsi débarrassés de la menace d'une concurrence. Mais peut-être que le prestige d'Antoine ne fera que s'en accroître. Sa religion va monter au rang des religions méconnues, persécutées, pour lesquelles on aime mourir... afin qu'elles vivent.

    Figaro, 3 février 1911


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  • Annales des Sciences psychiques (1910)

    Auteur : Directeur : Professeur CHARGES RICHET, Rédacteur en chef : G. de VESME ; Comité de Rédaction : Sir William Crookes, Camille Flammarion, Dr Paul Joire, Marcel Mangin, Dr Joseph Maxwell, Professeur Henri Morselli, Dr Julien Ochorowicz, Colonel Albert de Rochas, Dr Albert von Schrenck-Notzing ; Fondateur : Dr Xavier DARIEX
    Titre : Les Annales des Sciences psychiques, 1er et 16 décembre 1910, Echos et nouvelles, p.371
    Éditeurs : Société universelle d'études psychiques, 1891 à 1919 (les dernières années sont disponibles sur gallica)
    cf. http://www.autoresespiritasclassicos.com/Pesquisadores%20espiritas/Charles%20Richet/Annales%20des%20Sciences%20Psychique/Annales%20des%20Sciences%20Psychique.htm


    La Pétition des “ Antonistes ”
                   au Parlement belge
        Une pétition de 160.000 signataires, tous Belges et majeurs, demandant la reconnaissance du culte fondé par le guérisseur Antoine, dont nous nous sommes occupés encore dernièrement, est parvenue à la Chambre des représentants à Bruxelles. Voici le texte de cette pétition :

                      Monsieur le président
             et messieurs les membres de la Chambre,
        Nous avons l’honneur de vous demander de reconnaître par une loi le culte antonin, fondé à Jemmapes-sur-Meuse par Antoine le Généreux, et qui compte actuellement plusieurs centaines de milliers d’adeptes.
        Si Antoine le Généreux et ses adeptes demandent la reconnaissance de leur culte, ce n’est pas pour obtenir des subsides ou des rémunérations pour les membres de ce culte. La religion antonine est fondée
    sur le désintéressement le plus complet ; Antoine le Généreux et les membres de son culte ne peuvent recevoir ni subsides ni rémunérations ; mais ils veulent assurer l’existence de leur temple de Jemmapes, lequel a coûté 1oo.ooo francs.
        D'autres temples vont être érigés aux frais des adeptes. La reconnaissance du culte aura pour effet de transférer la propriété des temples aux fabriques ou consistoires qui en auront la gestion matérielle. Leur existence légale sera ainsi assurée. Il n’y aura donc ni droit de mutation, ni droit de gestion à acquitter.
        Le temple de Jemmapes est administré par un comité de neuf membres composé de signataires de cette protestation. Mais le comité n’en a pas la propriété légale. Il importe que cette propriété lui soit conférée.
        Il est inutile que nous insistions sur le caractère si moral et si élevé de l’enseignement d’Antoine le Généreux et sur les merveilleuses guérisons, tant morales que physiques, qu’il a obtenues et obtient chaque jour.
        Un simple examen d'un des certificats joints à cette pétition fera comprendre pourquoi nous considérons Antoine le Généreux comme un des plus grands bienfaiteurs de l’humanité qui puissent se rencontrer.

        Un journaliste a demandé à un député quel accueil pouvait faire la Chambre à une semblable pétition.

        Eh ! dit-il en souriant, les 160.000 signatures sont parfaitement en règle, et jamais pétition aussi importante n’est parvenue à notre Chambre, pas même quand il s’est agi de l’instruction obligatoire.
        Presque tous les adhérents du culte antonin sont des gens estimés, et il y a parmi eux beaucoup d'hommes cultivés : professeurs, médecins, etc. Des milliers d’attestations de guérisons sont jointes à la pétition. Des médecins réputés en ont signé plusieurs.
        Nous ne pouvons donc pas traiter légèrement un mouvement de cette importance, qui persiste et progresse depuis plus de vingt ans, d’autant plus que la personnalité de son chef est digne de tous respects.
        Et puis, n’oublions pas, en ce qui concerne les pétitionnaires, que ces braves gens n’ont qu’un mot à dire pour que nous ayons à la Chambre un ou deux députés antonistes.

        Il a été remarqué, au sujet de cette pétition, que l’Antonisme paraît être la deuxième religion de l’Etat belge, puisqu’on n’y compte que 20.000 Israélites et 15.000 protestants. En réalité, la plupart des signataires de la pétition, plutôt que des « antonistes » purs, sont des spirites.


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  • Le Culte des Automistes (Excelsior, 4 déc 1910)

    Le Culte des Automistes

        BRUXELLES, 3 décembre. — La Chambre vient de recevoir une pétition signée de 60,000 personnes, réclamant la reconnaissance légale d'un nouveau culte : le « culte automiste ». Le grand-prêtre en est un rebouteux de Jemmeppe-sur-Meuse, connu sous le nom d'Antoine-le-Guérisseur.

    Excelsior, 4 décembre 1910

     

    Les communications n’étaient pas toujours très précises à l’époque. On ne sait pas ce qui s’est passé dans la tête du typographe pour déclarer qu’Antoine-le-Guérisseur est le grand-prêtre du culte automiste…


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  • Päewaleht, nr. 278, 3 detsember 1910

    Uus usk.

        Parisi lehe „Matini“ Kirjasaatja teatab Brüsselist, et Belgia saadikutelotta haruldane pafwekiri uue usu maksmatunnistuse pärast sisse on antud. Palwekirjal on 160 tuhat allkirja. Allakirjutajad on kõik belga lased, tuttawa usuõpetaja Antoine le Genereux järelkäijad. Nimetatud usuõpetajal on imelspanemisewäärt wõin haigeid terwefs teha; ta on juba tuhandatel haigetel intende terwise tagasi andnud. Tema järeltäijad on juba ammuu toilu hoidma hakanud, peawad ühiseid usukombeid ja on omale Jemmanis ühise kiriku ehitanud.
        „Matin“ teatab, et uus üsk arwu poolest Belgias teisel paigal seisab, sest peale katolitlaste ei ole seal kellegi teise usulisk rohkem kui selle usu poolehoidjaid; juutisi on Belgias ainult 20.000 ja protestantlasi 15.000.
        Uue seaduse eelnõu üle on „Matini“ kirjasaatja ühe rahwasaadikuga juttu puhunud, kes ütelnud, et weel mitte kunagi nii tähtsat küsinust saadikuteloja täes ei ole harutada olnud. Pea kõik selle usu poolehoidjad on auwäärt inimesed, nende hulgas on palju professorisi ja, mis weel enam imetspanemisewäärt, hulk arstisi. Arstid on oma allkirjadega mitmed terwelssaamise juhtumised tõels tunnistanud. Ei tohi mitte pealiskaudselt uue usu peale waadata, mis juba aasta kahekümne eest teffima hakkas. Ka usu põhjendaja on kõigiti auväärt mees. Uue usu poole hoidiad ei tee politikaga tegemist, aga nende hulk on küll juba nii suur, et nad ise oma asemiffusi wõitsiwad hakata parlamenti walima. Rahwasaadik arwas, et ei wormi ega sisu poolest takistust ei wõi olla, et uue usu malšmatunnetamise jaluvefiri täitmist leiab.

    Päewaleht, nr. 278, 3 detsember 1910

    Source : https://dea.digar.ee/cgi-bin/dea?a=d&d=paevalehtew19101203.2.3

     

    Traduction de l’estonien :

        Nouvelle foi.

        Le destinataire du journal "Matin" de Paris informe depuis Bruxelles qu'une rare lettre du député belge a été envoyée pour la reconnaissance d’une nouvelle religion. Le journal compte 160 000 signatures. Les signataires sont tous des disciples du professeur de religion belge Antoine le Généreux. Cet enseignant religieux s'occupe des malades ; il a déjà guéri des milliers de patients avec intensité. Ses disciples le suivent depuis longtemps, ils partagent des convictions religieuses communes et construisent une église commune à Jemeppe.
        Le "Matin" déclare que la nouvelle religion occupe la deuxième place en Belgique car, à part les catholiques, il n’y a pas d’autre religion plus importante que celle des adeptes de cette religion ; en Belgique, les Juifs ne sont que 20 000 et les protestants 15 000.
        Le nouveau projet de loi a été présenté par le correspondant du "Matin" avec un certain étonnement, et a déclaré qu'il n'avait jamais eu une question aussi importante en tant que député du peuple. Presque tous les partisans de cette croyance sont des gens honorables, dont beaucoup sont des professeurs et, ce qui est plutôt un miracle, un certain nombre de médecins. Les médecins, avec leurs signatures, ont reconnu un certain nombre de cas terribles. Vous ne devriez pas lésiner sur une nouvelle religion qui a commencé à émerger depuis vingt ans. L'homme à l’origine de cette foi est également un homme respectable. La nouvelle religion ne fait pas de la politique, mais leur nombre est déjà si important qu’ils peuvent reconnaître leur position. Le député du peuple a estimé qu'il n'y avait aucun obstacle en termes de forme ou de contenu à ce que la reconnaissance de la nouvelle religion soit remplie.


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  • La religion du "Père Antoine" (Le Petit Journal 21 juillet 1912)

    LA RELIGION DU « PÈRE ANTOINE »

        Il y a quelques semaines à peine qu'es mort le fondateur de la secte des « Antoinistes » à laquelle appartenait Leclerc.
        Avec l'aide d'une dizaine d'initiés, de sa femme, la « Bonne Mère » comme disent ses adeptes, et de ses deux fils, le fameux Antoine-le-Guérisseur avait instauré une religion nouvelle qui promettait la guérison des maladies par la prière et par la foi. Il réussit ainsi à obtenir des cures impressionnantes qui furent très discutées d'ailleurs par des sommités médicales.
        Le Père Antoine avait en Allemagne, dans le nouveau monde et même en France des adeptes assez nombreux, mais il en comptait surtout en Belgique où il mourut il y a 20 jours. Des funérailles solennelles lui furent faites, on s'en souvient.
        Il y a quelques mois, las « Antoinistes », au nombre de plus de 100.000, avaient adressé aux Chambres belges une pétition tendant à la reconnaissance officielle de leur culte.

    Le Petit Journal, 21 juillet 1912


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  • Le Culte Antoiniste (La Liberté, 4 déc 1910)

                     Le culte antoiniste

                       (DE NOTRE CORRESPONDANT)

                                                   Bruxelles, 3 décembre.

        Une curieuse pétition vient de parvenir à la Chambre des représentants. Plus de 160.000 Belges l'ont signée. Jamais, même pour le suffrage universel et pour l'instruction obligatoire, on n'était parvenu à réunir autant de signatures. Cette pétition est accompagnée d'une lettre du Comité du « Culte antoiniste » ; elle est signée par M. de Regnancourt, propriétaire à Jemeppe-sur-Meuse, président ; M. F. Delcroix, professeur à l'Athénée de Liège, secrétaire ; M. C. Delannoy, lieutenant d'infanterie, trésorier. Les pétitionnaires réclament la reconnaissance légale de leur culte.
        « La religion antoiniste, disent-ils, est fondée sur le désintéressement le plus complet et Antoine le Guérisseur et les membres de son culte ne peuvent recevoir ni subside ni rémunération, mais ils veulent assurer l'existence de leur temple.
        » Le temple de Jemeppe-sur-Meuse a coûté 100.000 francs. D'autres temples vont être érigés aux frais des adeptes ; la reconnaissance du culte aura pour effet de transférer la propriété des temples aux fabriques ou consistoires qui en auront la gestion matérielle ; leur existence légale sera ainsi assurée. »
        Antoine, le fondateur de la nouvelle religion, est un magnétiseur qui a opéré quantité de guérisons et ses adeptes le considèrent comme « un des plus grands bienfaiteurs dont l'humanité puisse se glorifier. » – M.

    La Liberté, 4 décembre 1910


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  • Le Culte Antoiniste (L'Aurore, 5 déc 1910)

                                                Le Culte Antoiniste

        Une curieuse pétition vient de parvenir à la Chambre des représentants de Belgique. Plus de cent mille Belges l'ont signée. Jamais, même pour le suffrage universel et pour l'instruction obligatoire, on n'était parvenu à réunir autant de signatures. Cette pétition est accompagnée d'une lettre du Comité du « Culte antoiniste », réclamant la reconnaissance légale de leur culte.
        La religion antoiniste, disent les pétitionnaires, est fondée sur le désintéressement le plus complet et Antoine le Guérisseur et les membres de son culte ne peuvent recevoir ni subside ni rémunération, mais ils veulent assurer l'existence de leur temple.
        Le temple de Jemeppe-sur-Meuse a coûté cent mille francs. D'autres temples vont être érigés aux frais des adeptes : la reconnaissance du culte aura pour effet de transférer la propriété des temples aux fabriques ou consistoires qui en auront la gestion matérielle, leur existence légale sera ainsi assurée.
        Antoine, le fondateur de la nouvelle religion, est un magnétiseur qui a opéré quantité de guérisons et ses adeptes le considèrent comme « un des plus grands bienfaiteurs dont l'humanité puisse se glorifier ».

    L'Aurore, 5 décembre 1910


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  • The Americana, a universal reference library, v.21 sup.v.1.

        Antoinism. Two hundred thousand persons in the mining district of South Belgium have signed a petition to the government asking permission to erect churches for a new creed called Antoinism. Antoine is a miner. A few years ago he inherited a little fortune and started curing people gratuitously of all diseases by spiritual means. His method is the laying on of hands and making passes. He says that a mysterious fluid emanation works the cure. He has been prosecuted several times for illegal medical practice, but was acquitted, as he does not assume to use scientific methods. The cures are naturally attributed to auto suggestion, but Antoine has a great following. There is little likelihood of the new sect obtaining the assent of the government, although the petitioners do not ask for the State subsidies which ail officially recognized creeds are legally entitled to.

    The Americana, a universal reference library, v.21 sup.v.1.

     

    Traduction :

        Antoinisme. Deux cent mille personnes du district minier du sud de la Belgique ont signé une pétition auprès du gouvernement demandant la permission de construire des églises pour une doctrine appelée Antoinisme. Antoine est un mineur. Il y a quelques années, il a hérité d'une petite fortune et a commencé à guérir gratuitement les gens de toutes les maladies par des moyens spirituels. Sa méthode consiste à poser les mains et à faire des passes. Il dit qu'un mystérieux fluide agit comme un remède. Il a été poursuivi à plusieurs reprises pour pratique illégale de la médecine, mais a été acquitté, car il supposait ne pas utiliser de méthodes scientifiques. Les remèdes sont naturellement attribués à la suggestion automatique, mais Antoine a de nombreux adeptes. Il est peu probable que la nouvelle secte reçoive l’assentiment du gouvernement, bien que les pétitionnaires ne demandent pas les subventions de l’État auxquelles les croyances officiellement reconnues ont légalement droit.


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  •     Liste des communes ayant voté un voeu de sympathie au collège communal en faveur de la reconnaissance légale du culte : Andrimont, Ansival, Bierset, Grâce-Berleur, Herstal, Heusy, Hollogne-aux-Pierres, Ivoz-Ramet, Montegnée, Neuville-en-Condroz, Pépinster, Retinne, Seraing, Theux, Velroux, Verviers, Villers-le-Bouillet, Visé, Warnant-Dreye.
    Pierre Debouxhtay, L'Antoinisme, p.278-79

        La même année [1931], le Conseil communal de Spa, ville d'eau très connue, gouvernée par les libéraux, décida de baptiser une de ses artères "rue du Père Antoine".
    Jacques Cécius, Une religion de guérison : l'Antoinisme, p.42

        Depuis la rue est devenue l'Avenue du Père Antoine. Il existait également une square, dénommait Square du Père Antoine, simplement en raison du fait qu'il était situé sur la rue du Père Antoine.

        À Aix-les-Bains, la rue où se trouvait le temple antoiniste était dénommée à l'époque Rue des Antoinistes.


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  • Voorwaarts, sociaal-democratisch dagblad (27-06-1925)

        – De godsdienstige Belgische secte der Antoinisten heeft te Jemappes aan de Maas den dertienden verjaardag van den dood van vader Antoine herdacht. Er waren ongeveer 30000 menschen aanwezig. Moeder Antoine, de vrouw van den overleden profeet, ging voor bij den plechtigen dienst. De Antoinisten hebben besloten een nieuwen stap te doen bij het Belgisch parlement om erkenning van staatswege van hun eeredienst te verkrijgen.

    Voorwaarts, sociaal-democratisch dagblad, 27 juin 1925

        – La secte religieuse belge des Antoinistes a commémoré le treizième anniversaire de la mort du père Antoine à Jemappes-sur-Meuse. Environ 30 000 personnes étaient présentes. Mère Antoine, épouse du défunt prophète, présidait le service solennel. Les Antoinistes ont décidé de faire un nouveau pas en vue d'obtenir par le biais du Parlement belge la reconnaissance de l'Etat pour leur culte.


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  • Nieuwe Rotterdamsche Courant (14-10-1922)

        De Moniteur bevat de koninklijke goedkeuring op de statuten der „stichting ten openbaren nutte van den A n t o i n i s t i s c h e n eeredienst”. De grondlegger ervan is een vroegere metaalbewerker uit het Luiksche die den dienst in Rusland had leeren konnen. De Antoinisten, die niet alleen in België, maar ook in Frankrijk en te Monte Carlo bedehuizen hebben, zijn dus in België tot op zekere hoogte officieel erkend. Hon voorganger „vader Antoine” is kort voor den oorlog gestorven. Hij heeft zijn gezag aan zijn vrouw vermaakt, die thans als leidster optreedt van dezen eeredienst, welke zich op ethisch gebied beweegt en door middel van gebed zieken tracht te genezen.
        Vooral onder de industrie-arbeiders in het Walenland heeft de beweging vele volgelingen.

    Nieuwe Rotterdamsche Courant, 14 octobre 1922

     

    Traduction :

     

        Le Moniteur contient l'approbation royale des statuts de la " fondation d'Utilité Publique du culte Antoiniste". Son fondateur est un ancien métallurgiste liégeois qui avait appris à travailler en Russie. Les Antoinistes, qui ont non seulement des lieux de culte en Belgique, mais aussi en France et à Monte-Carlo, sont donc officiellement reconnus en Belgique dans une certaine mesure. Le prédécesseur, "père Antoine" est mort peu avant la guerre. Il a attribué son autorité à son épouse, qui est maintenant la dirigeante de ce culte, qui est actif dans le domaine de l'éthique et qui essaie de guérir les malades par le biais de la prière.
        Le mouvement a de nombreux adeptes surtout parmi les travailleurs industriels du pays wallon.


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  • Paille et Poutre (La chronique - gazette quotidienne 15 05 1914)

              MENUS FAITS, PROPOS MENUS

                         PAILLE ET POUTRE

        Pourquoi donc, me demande un lecteur, le gouvernement belge n'a-t-il pas fait droit à la pétition, appuyée par M. Magnette, au Senat, des antoinistes, qui demandaient la reconnaissance officielle de leur culte ?
        Je n'en sais, ma foi rien ; Antoine et ses apôtres, dans leur naïveté de primaires, donnaient une impression de bonne foi et de désir du bien qui inspiraient la considération. Mais voilà, les situations sont acquises, il n'y a plus de place pour les nouveaux dieux. Il n'y aurait même plus de place pour les nouveaux thaumaturges, même si, dans le cadre des lois, ils apportent quelque consolation morale à de pauvres diables.
        La Métropole fait une charge à fond contre la maison Antoine, ses miracles et M. Magnette et la pétition qu'il défendit :
        « Les pétitionnaires font remarquer que leurs doctrines n'ont rien de contraire à l'ordre public et qu'ils ne réclament ni traitement ni subventions quelconques. L'argent des gogos suffit largement à les dédommager de leurs pratiques.
        » C'est fort bien. Nous connaîtrons bientôt sans doute la réponse du ministre à M. le sénateur Magnette, qui ambitionne peut-être le titre de grand-maitre de l'Antoinisme.
        » S'il est fort probable que M. Antoine n'a jamais rendu d'autre service aux malades que de relever leur courage par la promesse d'une guérison et la vente d'une bouteille d'eau plus ou moins filtrée, il est certain quel les enseignements de l'antoinisme ont pu et peuvent avoir les plus fâcheuses conséquences au point de vue de la santé publique. Pour quelques fanatiques de celle secte, la foi remplace tous les remèdes. Plus on a de foi, plus la guérison est prompte. »

        Et c'est un cas ahurissant, celui de l'écrivain de ces lignes. Ne s'est-il pas aperçu que cela s'appliquait encore plus à Lourdes qu'à Antoine. C'est à Lourdes qu'on boit de l'eau, non à Jemeppes...
        Quand on admet le miracle quelque part, il est malaisé de le nier, a priori, ailleurs.
        Le plus sage n'est-il pas de garder devant l'incompréhensible un scepticisme bienveillant. Qu'à Lourdes ou à Jemeppes de pauvres gens aient retrouvé l'espérance, cela excuse bien des choses.
        Cela rend fâcheux la bataille à coups de bouteilles d'eaux non filtrée qui, si on écoutait la Métropole, s'engagerait entre les gaillards du gave pyrénéen et les riverains de la Meuse.
        Il n'y aura jamais trop de remèdes à nos misères, et paix aux guérisseurs de bonne volonté.

                                                                   BOB.

    La chronique - gazette quotidienne, 15 mai 1914


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  • La paille et la poutre (Journal de Gand 09 Mai 1914)

            La paille et la poutre.

            M. le sénateur Magnette avait posé, au ministre de la justice, une question au sujet de la reconnaissance légale du culte antoiniste.
        Et M. Carton de Wiart a répondu que ce culte « ne se rattache, dans son ensemble, à aucun service public du culte organisé par la loi di 4 mars 1870. La loi seule pourrait lui attribuer la reconnaissance légale ».
        A ce propos, un organe de droite fait remarquer :
        « S'il est fort probable que M. Antoine n'a jamais rendu d'autre service aux malades que de relever leur courage par la promesse d'une guérison et la vente d'une bouteille d'eau plus ou moins filtrée, il est certain que les enseignements de l'antoinisme ont pu et peuvent avoir les plus fâcheuses conséquences au point de vue de la santé publique. Pour quelques fanatiques de cette secte, la loi remplace tous les remèdes. »
        Comme à Lourdes, alors, dit L'Indépendance, ou M. Carton de Wiart porte le baldaquin aux processions. Aussi comprenons-nous que le ministre ne veuille faire nulle peine, même légère, à la Vierge dont le petit commerce d'eau filtrée est si rémunérateur pour Notre-Mère la Sainte-Eglise.

    Journal de Gand, 9 mai 1914


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  • M. Magnette et l'Antoinisme (La Métropole 3 mai 1914)

        M. Magnette et l'Antoinisme

        Antoine le Guérisseur, dénommé aussi le Généreux, est mort l'année dernière. Paix à sa mémoire. Mais les adeptes de l'Antoinisme sont paraît-il assez nombreux ; ils ont même inauguré récemment un temple à Paris. La crédulité humaine n'a pas de frontière.
        Les successeurs d'Antoine se sont adressés à M. Magnette, sénateur belge, qui a épousé sans doute leurs doctrines et ils lui ont demandé d'appuyer leur pétition au ministre de la justice tendant à obtenir que leur culte fut légalement reconnu. M. Magnette a marché, comme un simple rebouteur, et il a adressé au ministre une question dans laquelle il dit « qu'il lui serait agréable de savoir quels ont été les résultats de l'enquête et d'apprendre que la sollicitation des Antoinistes a rencontré auprès des autorités compétentes un accueil bienveillant ».
        Les pétitionnaires font remarquer que leurs doctrines n'ont rien de contraire à l'ordre public et qu'ils ne réclament ni traitement ni subventions quelconques. L'argent des gogos suffit largement à les dédommager de leurs pratiques.
        C'est fort bien. Nous connaîtrons bientôt sans doute la réponse du ministre à M. le sénateur Magnette, qui ambitionne peut être le titre de grand-maître de l'Antoinisme.
        S'il est fort probable que M. Antoine n'a jamais rendu d'autre service aux malades que do relever leur courage par la promesse d'une guérison et la vente d'une bouteille d'eau plus ou moins filtrée, il est certain que les enseignements de l'Antoinisme ont pu et peuvent avoir les plus fâcheuses conséquences au point de vue de la santé publique. Pour quelques fanatiques de cette secte, la foi remplace tous les remèdes. Plus on a de foi, plus la guérison est prompte. Or, consulter un médecin, c'est manquer de foi. Les médecins sont donc écartés du lit des Antoinistes. Leur science qui peut sauver les malades n'est pas requise. On se contente de passes, de l'imposition des mains. Cette folie a peut-être entrainé la mort de bien des gens. Et c'est M. Magnette – sénateur anticlérical ? – qui demande si cela ne peut pas continuer sous la garantie officielle des autorités !
        Semblable épidémie mentale a sévi en Angleterre. Les adeptes d'une secte qui s'intitule « Science chrétienne » et qui paraît avoir inspiré à Antoine certaines de ses théories que nous avons sous les yeux, laissaient mourir leurs proches, faute des soins les plus élémentaires. Ils mandaient un des chefs du culte, lequel essayant de persuader au malade que la douleur est une illusion. Les tribunaux se sont occupés de ces cas d'homicide par omission et ont dû sévir avec rigueur.
        Les guérisseurs populaires ont toujours existé : ils fleuriront toujours. La plupart sont des charlatans dangereux.
        M. Magnette serait-il jaloux de leur triste renommée ?

    La Métropole, 3 mai 1914


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  • M. Magnette... Antoiniste (Journal de Gand 17 05 1914)

    Autour du Parlement

    M. MAGNETTE... ANTOINISTE

        De ce qu’en compagnie de M. Goblet d’Alviella, vice-président du Sénat, notre ami Magnette ait déposé un projet de loi reconnaissant officiellement le culte antoiniste, les feuilles cléricales se sont empressées de conclure que le sénateur progressiste était devenu un servent disciple du père Antoine.
        Et comme il est impossible aux organes de la bonne cause de faire une constatation quelconque qui puisse à leur saint boutique, elles ont naturellement entouré cette révélation sensationnelle de commentaires pimentés d’humour de sacristain.
        Nous avons voulu en avoir le cœur net et pour rencontrer le nouveau converti sur le chemin de Damas, nous sommes allés le relancer dans la somptueuse salle de lecture du Sénat, entre deux appels nominaux.
        – Bonjour, révérend Père, avons-nous dit, en nous prosternant, accordez-nous la bénédiction de l’imposition des mains et veuillez ensuite, par la vue de l’interview, nous initier au rite dont vous devenez Grand-Prêtre.
        – Relevez-vous, mon fils, dit le pseudo-antoiniste, et écoutez ma confession.
        Puis, éclatant de rire, il s’écria : Non, mais, croyez-vous qu’elle est bien bonne !
        Puis, continuant :
        « Comme je m’y attendais, mon intervention en faveur de la reconnaissance légale du culte antoiniste m’a valu quelques horions : je les rendrai à l’occasion.
        La Métropole d’Anvers, notamment, me consacre un entrefilet assez étendu où elle essaie de me « blaguer » sur un ton ironique déguisant mal la colère du fanatique qui voit surgir un culte concurrent.
        Ai-je besoin de vous dire que, de près ni de loin, je ne suis antoiniste ? Je suis et je reste un anticlérical et un libre-penseur convaincu. J’avoue même que, malgré mes efforts, je ne suis jamais arrivé à comprendre exactement en quoi consiste essentiellement la doctrine antoiniste. C’est un mélange de lieux communs, de préceptes de morale courante et de raisonnements fuligineux, au-dessus desquels émergent d’ailleurs de très belles et nobles idées et des pensées de moralité très élevée. On peut, au surplus, en dire autant de la religion catholique : nul n’a jamais compris ni le mystère de la trinité, ni celui de la rédemption, ni d’autres encore.
        Mais, ce n’est pas une raison pour que ce culte ne soit pas mis sur le même rang que d’autres, dont les adeptes sont moins nombreux.
        Comme je l’ai dit dans une question au ministre, les principes da l’antoinisme n’ont rien de contraire à l’ordre public, au contraire, et celui qui pratiquerait les préceptes compréhensibles de l’Antoinisme serait un bon citoyen et un véritable homme de bien.
        La Métropole se gausse des antoinistes qui demandent à la foi de les guérir de certaines maladies, et elle prétend qu’ils refusent de recourir aux secours des médecins : elle n’est même pas loin de demander des mesures de rigueur au sujet de ces « homicides par omission ».
        Quelle outrecuidance !
        D’ailleurs, il est faux que les antoinistes renoncent systématiquement à l’aide médicale. Il en est évidemment qui poussent le zèle à ce point : il y a partout des fanatiques et des toqués.
        Mais, vraiment, il faut de l’audace à La Métropole pour parler ainsi, elle qui est un des organes de ce culte qui prône les infections des piscines de Lourdes et des grottes succursales ; qui encourage ceux qui vont demander la guérison des maux d’oreilles à Ste-Walburge (Ste-Bablène), des maux de dents et de la rage à St-Hubert, des convulsions d’enfants à St-Gilles « l’èwaré », qui soutient ceux qui vont prier St-Antoine à Fexhe et à Queue-du-Bois pour guérir leurs cochons et les préserver des maladies, et pour y faire bénir le pain destiné à leurs porcs. Ne sait-elle pas aussi que pour éloigner les punaises, il suffit de lire l’Evangile St-Jean dans trois coins de la chambre : elles filent par le quatrième !
        Et je pourrais continuer longtemps la liste des pratiques puériles, niaises ou nuisibles que l’Eglise catholique encourage ou auxquelles elle n’a fait qu’une résistance de parade.
        Donc, plus de modestie et moins d’aigreur siéraient à La Métropole.
        D. – Mais alors, que comptez-vous faire ?
        R. – Pour que le ministre semble vouloir demeurer dans l’inertie, il a bien fallu user de notre initiative parlementaire et déposer un projet de loi. Mon éminent collègue et ami. M. Goblet d’Alviella, a bien voulu collaborer à la confection de ce projet et le signer avec moi.
        Au surplus, le développement la religion antoiniste est régulier et constant, et des précisions seront apportées en temps et lieu.
        La Métropole pense que, si les antoinistes ne réclament aucune subvention des pouvoirs publics, c’est que l’argent des gogos leur suffit amplement pour les dédommager de leurs pratiques.
        Paroles imprudentes, car elles entrainent inévitablement cette comparaison avec l’Eglise catholique : c’est qu’à celle-ci ne suffit pas l’argent des gogos, ses adeptes, et qu’elle entend – et elle s’y entend à merveille – puiser largement dans l’escarcelle publique.
        Entre ces deux procédés, les gens raisonnables et les contribuables préféreront celui des antoinistes.
        – M’autorisez-vous à reproduire ces déclarations ?
        – Vous m’obligeriez, quand ce ne serait que pour mettre fin à une légende inepte.
        Et voilà comment, pour n’avoir pas lui-même la foi, M. Magnette ne nous a pas convertis à l’Antoinisme.

    Journal de Gand, 17 mai 1914


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  •  Charles Magnette (1863-1937)  (à gauche, illustration : photo pour un banquet franc-maçon et son ruban moiré - Musée Grand Curtius, Liège)
        Avocat et homme politique (président du Sénat de 1928 à 1932 et Ministre d'État). Trois fois Grand Maître du Grand Orient de Belgique. Fondateur de l'Association maçonnique internationale en 1921. L'Encyclopédie du Mouvement wallon lui consacre une importante notice en son Tome III.
        En 1914 et en 1916, il a adressé des appels aux Grandes Loges allemandes, s'élevant notamment contre les atrocités commises et les déportations de travailleurs. Cela lui valut une peine de prison.
    source : wikipedia
        L'Avenir du Luxembourg (Samedi 16 Mai 1914) affirme "que le F. :. Magnette s'est fait le champion des Antoinistes." On en parle comme "le culte du F.:. Magnette.

     le comte Eugène Goblet d'Alviella (1846-1925) (à droite, illustration : portrait ; source : digitheque.ulb.ac.be)
        Homme politique belge et professeur d'histoire des religions à l'ULB, membre du parti libéral.
        15 janvier 1895, D'Alviella est élu Premier Vénérable Maître de la nouvelle loge "Les Amis Philanthropes n°2" qui réunit les libéraux conservateurs tandis que les libéraux progressistes garde le nom de loge des "Amis Philanthropes". 1900: il devient "Grand Commandeur du REAA.
        Le 5 mars 1909: il devient membre de la loge Quatuor Coronati à Londres. En 1919, il devient professeur honoraire et il est nommé membre permanent du conseil d'administration de l'ULB.
        Eugène Goblet d’Alviella fut professeur puis recteur de l’Université Libre de Bruxelles. Il fut aussi président de la Société royale belge de Géographie et publia un grand nombre d’ouvrages ayant pour thème : le pacifisme, l’économie ou encore le symbolisme maçonnique (il est notamment à l'origine de nouveaux hauts-grades). On lui doit surtout la création des cours d’histoire des religions à l’Université libre de Bruxelles. Son ouvrage "La migration des symboles" le rendit célèbre dans ce domaine.
        Il fut député, sénateur et recteur de l'Université de Bruxelles.
        1872 : élection au Conseil provincial du Brabant. 1878 : élection à la Chambre des représentants.
        Sa tombe est un monument à visiter pour ses décors mystiques.
    source : wikipedia
        A lire sur lui : Eugène Goblet d'Alviella : historien et franc-maçon / édité par Alain Dierkens 
        A lire de lui : La migration des symboles (1891) où la symbolique de l'arbre est longuement évoquée
                         Croyances, rites, institutions (1911)

        En 1919, dans Le Père Antoine et son oeuvre, on lit : les sénateurs priés de soutenir le projet de reconnaissance demandaient l'épreuve du temps. Le projet de loi devait être présenté en 1914 à la rentrée des Chambres. Mais la guerre éclata.
        Ce fut le 29 mars 1910 que le secrétaire du Comité antoiniste écrivit pour la première fois au Ministre de l'Intérieur. Le frère Deregnaucourt proposait ainsi que le Ministre veuille bien "accorder audience à notre délégué M.Delcroix au jour et heure qui [lui] conviennent."
        Le 19 avril, il fallut recommencer en adressant la lettre au Ministre de la Justice et des Cultes. Le Ministre de la Justice n'ayant pas accordé immédiatement l'audience sollicitée, M.Deregnaucourt lui envoya dès le 23 avril une espèce d'ultimatum. (p.273-74).
        Devant l'inertie du Gouvernement catholique, il ne restait aux Antoinistes que le recourt au pétitionnement et à l'intervention des représentants anticléricaux. Ceux-ci montrèrent assez peu d'empressement à prendre l'initiative d'un projet de loi. Quand à la pétition, son succès continuait. (p.274)

        Le document fut envoyé le 2 décembre 1910 à la Chambre des députés. Le 27 janvier 1911, la pétition fut transmise au Ministre de la justice "ce qui équivaut à dire aux calendes grecques" (La Meuse, 2-2-1911).
        Le document dormait depuis plus de deux ans dans les cartons de l'Administration, lorsque M. le sénateur Ch. Magnette demanda (en 1914) au Ministère quels étaient les résultats de l'examen. Le Ministre répondit que "le culte antoiniste ne se rattache, dans son ensemble, à aucun service public du culte organisé par la loi du 4 mars 1870. La loi seule pourrait lui attribuer la reconnaissance officielle. C'est alors que M. Ch. Magnette et le Comte Goblet d'Alviella décidèrent de déposer un projet de loi. (p.275-76 & Dericquebourg, p.149)
        Survint la guerre. [...] Ainsi au moment où, après l'armistice, les Antoinistes publiaient la brochure « Le Père Antoine et son oeuvre », en vue d'obtenir la reconnaissance légale du Culte, celui-ci comptait quinze temples en Belgique et deux à l'étranger.
        A peine rentré victorieux à BRUXELLES, le Roi des Belges recevait une lettre de Mère ANTOINE pour solliciter sa bienveillante intervention.

    "Jemeppe-sur-Meuse, le 16 décembre 1918.
             Sire,
        Sachant votre profond amour de la justice, je prends la respectueuse liberté d'attirer l'attention de Votre Majesté sur les démarches du Culte antoiniste tendant à obtenir la reconnaissance légale. Le 2 décembre 1910, il a été adressé aux Chambres une requête appuyée de plus de 160000 signatures. En 1914, Messieurs les Sénateurs Comte Goblet d'Alviella et Magnette devaient prendre l'initiative d'un projet de loi qui donnât satisfaction à notre Culte grandissant. Nous possédions alors en Belgique sept temples. Pendant la guerre nous en avons édifié sept nouveaux et d'autres sont en construction. Si nous demandons d'être reconnus par l'Etat c'est uniquement pour que nos temples soient exonérés des charges fiscales au même titre qu'en France. Notre Culte a pour base le plus grand désintéressement et ne vise qu'à l'amélioration morale des hommes. Sire, nous faisons appel à votre bienveillante intervention au moment où vous rentrez avec vos armées victorieuses pour lesquelles ainsi que pour Vos Majestés tous les adeptes unis dans la même pensée de foi et d'amour n'ont jamais cessé de faire les voeux les plus ardents. Que Votre Majesté daigne recevoir les meilleures pensées de tous nos coeurs dévoués.
    (s.) Mère ANTOINE. Directrice du Culte »
        Cela étant, le Culte Antoiniste n'était pas encore au bout de ses peines... et bien des lettres durent encore être écrites :
    - Le 22 septembre 1919, à Emile VANDERVELDE, Ministre de la Justice;
    - Le 1° décembre 1919, à nouveau à Emile VANDERVELDE;
    - Le 5 mars 1920, à la Reine des Belges;
    - Le 22 mars 1920, à nouveau à Emile VANDERVELDE;
    - Le 20 mars 1921, à nouveau à la Reine des Belges.
        Finalement, les Antoinistes obtinrent satisfaction. Ils purent bénéficier d'une nouvelle loi accordant la personnalité civile aux associations sans but lucratif et aux établissements d'utilité publique. La loi votée, le Culte antoiniste put enfin se faire reconnaître comme établissement d'utilité publique.
    source : http://antoinisme-documentation.skynetblogs.be/post/6695556/lantoinisme-pendant-et-apres-1418


                   Bruxelles, le 5 mars 1920.
           Madame,
        Sachant votre constante sollicitude pour toutes les oeuvres de bonté et d'élévation sociales nous soussignées, résidant à Paris et à Bruxelles, ferventes adeptes du Culte Antoiniste, sollicitons humblement, au nom de Mère Antoine, de Votre Majesté la faveur d'une audience particulière, dans le ferme espoir qu'Elle daignera également s'intéresser à notre cause.
        Le Père Antoine, dont la grandeur morale inspirait à tous ceux qui l'approchaient la plus profonde vénération a révélé un Enseignement très pur que professe un nombre toujours plus considérable d'adhérents.
        En 1910, prévoyant l'extension rapide de son oeuvre, Il adressa aux Chambres une pétition appuyée de plus de 160.000 signatures de citoyens belges à seule fin d'obtenir, pour les temples antoinistes, l'exonération des droits de transmission.
        Mère Antoine, qui depuis 1912, dirige le Culte avec la foi et l'amour sublimes du Révélateur a vu s'accroître de jour en jour le nombre des adeptes.
        Elle a fait construire en Belgique quatorze nouveaux temples antoinistes.
        Âgée de près de septante ans et désireuse d'éviter à son successeur de sérieuses difficultés financières, Elle réclame avec insistance la reconnaissance légale du culte pour obtenir, non des subsides, ce qui serait contraire à la pensée du fondateur, mais la personnification civile qui assurerait l'avenir des temples. [...]
        Pleines de confiance et d'espoir dans le coeur généreux de Votre Majesté, nous La prions d'agréer l'expression de notre respect infini et de notre inaltérable dévouement.
              (s.) Mme Jacq. Uhlmann, avenue de Belle-Vue, 6, Montmorency-Paris.
              (s.) Yvonne Wachter, 10, rue des Princes, Bruxelles.
        A Sa Majesté la Reine des Belges.
    Pierre Debouxhtay, p.276-80

        Pendant toutes ces démarches, un projet de loi, accordant la personnalité civile aux associations sans but lucratif et aux établissements d'utilité publique, avait été déposé sur la bureau de la chambre (20 juin 1920). Les Antoinistes s'empressèrent d'écrire au Ministre, lui rappelant que "Mère Antoine, propriétaire des temples est d'un âge avancé" et le priant "instamment d'user de [son] puissant crédit pour faire passer la loi au cours de cette session" (25 avril 1921). La loi votée, le culte antoiniste put enfin se faire reconnaître comme établissement d'utilité publique.
    Pierre Debouxhtay, p.280
        Le Ministre de la Justice était alors Fulgence Masson, avocat et homme politique à tendance libérale, Ministre de la Justice du 16 décembre 1921 au 13 mai 1925.
    source : wikipedia

        Il semble également que des congrégations religieuses, sans statut juridique clair et qui, à l’époque, inspiraient une grande méfiance, aient joué un rôle important dans la mise en place des « établissements d’utilité publique ». Le culte antoiniste a trouvé naissance aux environs de Liège au début du XXe siècle. Il a été institué officiellement comme “fondation” en 1922. C’est une des rares fondations religieuses existant en Belgique. La responsable du Culte Antoiniste soulève cette hypothèse : « J’ai même entendu dire que la loi de 1921 avait été faite pour nous parce que nous avions demandé la reconnaissance légale du culte. Je pense que c’est, à partir de ce moment-là, qu’il y a eu officiellement les fondations mais je n’en sais pas plus. ». Nous n’avons malheureusement trouvé aucune trace écrite pouvant confirmer ces propos. Dès 1921, le Ministère en charge de l’administration des fondations fut celui de la Justice, ce qui n’est pas anodin au vu de la suspicion, encore présente actuellement, exprimée à l’égard des fondations. (c'est ici une erreur, car le Ministre de la Justice était également le Ministre des Cultes, cf. http://www.just.fgov.be/fr_htm/information/htm_justice_a_z/htm_histo/I980006F.htm; l'Eglise protestante libérale dut faire la même démarche)
        Certaines FUP déclarent s’être constituées exclusivement, ou presque, pour les avantages fiscaux présentés par le statut juridique : « A l’époque, on a demandé le statut d’Etablissement d’Utilité Publique pour faciliter les héritages. C’est vraiment la raison. Je suppose que c’est la seule raison qui a joué, je n’y vois pas d’autres avantages. » (Culte Antoiniste)
        Il n’est pas exclu que certaines fondations gèrent plusieurs types de patrimoines en même temps. De même, certaines FUP ont pour mission explicite de conserver à la fois un bien immobilier et un patrimoine. Ainsi, le Culte Antoiniste est reconnu comme un Etablissement d’Utilité Public depuis 1922. C’est d’ailleurs l’une des plus anciennes fondations belges. Sa mission est de répandre l’enseignement moral du Père Antoine (patrimoine spirituel) tout en entretenant les vingt sept temples du Culte en Belgique (gestion de l’immobilier). C’est le cas également de la Fondation Masui dont le travail consiste à sauvegarder le patrimoine immobilier et l’oeuvre du peintre Paul Auguste Masui.
    source : Gautier PIROTTE, Les fondations belges d’utilité publique : entre permanence et changements

        En 1931, le Parti Libéral de Spa, décide de baptiser une de ses artères "rue du Père Antoine" (Jacques Cécius, Une religion de guérison : l'Antoinisme, p.42)


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  • Erkenning van een nieuwen godsdienst (Volkstribuun 16 Mai 1914)

    Erkenning van een nieuwen gods-
                                                         dienst

        Door de heeren Goblet d’Alviella en Magnette zal een wetsvoorstel bij den Senaat worden ingediend, waarbij de eeredienst der Antoinisten wettelijk wordt erkend.
        Antoine, zooals is geweten, was een gewezen mijnwerker, die zich tot een soort profeet heeft opgeworpen en thans meer dan 150,000 volgelingen telt in ’t Walenland, in Frankrijk en in Nederland.
        Tot dusverre zijn slechts drie eerediensten in België wettelijk erkend : den Roomischkatholieken eeredienst, den protestanischen en den israëlistischen eeredienst. Zal er nu het Antoinisme bijkomen?
        Gezegd wordt dat de Antoinisten geene toelagen of bezoldiging voor de bedienaare van hunne tempels aanvragen, doch enkel de wettelijke erkenning van den eeredienst en den eigendom van hun tempel willen toegezegd zien.

    Volkstribuun, 16 Mai 1914

     

    Traduction :

    Reconnaissance d'une nouvelle
                                             religion

        Les messieurs Goblet d'Alviella et Magnette soumettront un projet de loi au Sénat, dans lequel le culte des Antoinistes sera légalement reconnu.
        Antoine, comme on le sait, était un ancien mineur, qui est devenu une sorte de prophète et qui a maintenant plus de 150.000 adeptes en Wallonie, en France et aux Pays-Bas.
        Jusqu'à présent, seuls trois cultes ont été légalement reconnus en Belgique : le culte catholique romain, les protestants et le culte israélien. L'Antoinisme sera-t-il ajouté maintenant ?
        On dit que les Antoinistes ne demandent pas d'allocations ou de rémunération pour le ministère de leurs temples, mais veulent seulement qu'on leur promette la reconnaissance légale du ministère et de la propriété de leur temple.


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