•     Jusqu'à maintenant les temples antoinistes belges vendus sont ceux de grandes ville éloignées de la "maison-mère", Jemeppe : Tournai (sert de hangar), Schoten (transformé en maison), Bruxelles Forest (Temple Of Tolerance, galerie d'art) et Schaerbeek (transformé en maison), La Louvière (transformé en mosquée). Tout dernièrement, celui d'Evelette, perdu dans la campagne namuroise, a également été vendu et transformé en maison particulière.
        Cela n'est pas sans faire penser à d'autres temples protestants et israélites qui ont également du fermés, vendus et transformés.
        La plupart des temples antoinistes ont jusqu'à maintenant conservés leur architecture. C'est également le cas pour les temples protestants. Certaines synagogues de campagne en Alsace n'ont pas eu le même privilège et certaines sont devenues bien tristes. Seules les fenêtres en ogive indiquent encore leur ancienne fonction. Quelques exemples de mes pérégrinations.

    Synagogues de la campagne alsacienneSynagogues de la campagne alsacienne

    Foussemagne (1864) - rue d'Alsace, 90150 Foussemagne (le seul village en France où il y a une synagogue et pas d'église (un autre exemple se trouve en Suisse à Endingen). Sert d'entrepôt. En 2007, un projet pour l'ouverture d'un musée sur l'histoire des juifs de Foussemagne et dans le Territoire de Belfort est lancé, une souscription est ouverte pour les frais de rénovation)

    Synagogues de la campagne alsacienneSynagogues de la campagne alsacienne


    Duppigheim (1877) - rue des Prés, 67120 Duppigheim (sur l'emplacement d'une ancienne de 1780, cédée à la commune par le consistoire après la disparition de la communauté, sert de hangar pour les pompiers)

    Synagogues de la campagne alsacienne

    Scherwiller (1863) - 6, rue du Giessen, 67750 Scherwiller (à côté de celle de 1760 agrandie en 1790 qui servit de Maison de rabbin, sert de lieu d'asile pour les prisonniers polonais, l'intérieur est saccagé, vendu en 1963 à la commune qui la transforme en hangar pour les pompiers)

    Synagogues de la campagne alsacienneSynagogues de la campagne alsacienne

    Muttersholtz (1838) - 4, rue des Tilleuls, 67600 Muttersholtz (désaffectation en 1954, sert de salle des sports et salle des fêtes, depuis 2008 on parle d'une rénovation)

    Synagogues de la campagne alsacienne
    Ribeauvillé (1835) - 17, rue de la Synagogue, 68150 Ribeauvillé (sur l'emplacement d'une plus ancienne, vendu fin des années 1950, transformé en 1958 en cinéma, rénovation du cinéma en 1996)


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  •     L'Abbé R.-G. VAN DEN HOUT disait dans la Revue Catholique du 23 juillet 1926 que "C'est évidemment dans les pays protestants où l'idée chrétienne est en pleine décomposition, que le théosophisme fleurit. Le libre examen, l'absence de toute autorité qui définit, décide et condamne, devaient, de toute nécessité, conduire le protestantisme à toutes les déformations et même à toutes les aberrations."
        Dans un article d'André Arnyvelde du 6 novembre 1922 dans le Petit Parisien, l'auteur utilise le vocabulaire protestant pour critiquer l'antoinisme : "La Belgique, patrie terrestre de l'ouvrier mineur Antoine, miraculeux guérisseur, d'abord, puis évangéliste, puis dieu, ou quasi, la Belgique compte seize églises siennes." ; "lecture hebdomadaire publique de l'Evangile du Père" ; "salle de lecture évangélique"...
        On sait par le C.Ch. Chéry o.p. (L'Offensive des sectes, 1954, p.262-63) qu'à Vimoutiers, "les Antoinistes qui existaient avant l'arrivée des Pentecôtistes se sont ralliés à ces derniers".
        Dans La Croix du 7 mai 1930, Jean Revel écrit également "Par la voie du protestantisme, nous sommes amenés au satanisme. Et c'est ce qu'on nous appelle... le nouveau spiritualisme ?"
        "Au cours de l'« Erreur spirite », M. Guénon parle maintes fois du protestantisme. Un chapitre spécial du « Théosophisme » nous l'avait montré très peu sympathique à l'esprit protestant, symbole de toutes les dégénérescences occidentales. Dans l'« Erreur spirite », M. Guénon maintient sa thèse : l'esprit protestant se montre apparenté au spiritisme." nous dit dans, une recension du livre de Guenon, Paul Arbousse-Bastide dans Foi et vie du 2er février 1924.
        "Les Mystères de l'inconnu, L'invocation des esprits" (Collectif, 1989 aux éditions Time Life, p.23) déclare qu'"en un sens, le spiritisme prolongeait la réforme."

        Par contre, dans De Tijd du 6 juillet 1923, on lisait : "Bien sûr, pour le catholicisme, le danger ne vient pas du protestantisme, mais du matérialisme ou de la superstition."


        Pour l'Église catholique, cela ne fait donc, pour beaucoup de critiques de l'Antoinisme, aucun doute que la Réforme protestant n'a été en sorte qu'un terreau pour la secte belge. On a en effet pu remarquer que les protestants n'étaient souvent pas éloignés des antoinistes, autant dans la pensée que dans les lieux occupés par les temples : Seraing, Herstal, Verviers, Spa, La LouvièreSprimont et même dans la grande ville de Liège.
        L'architecture intérieure comme extérieur des temples protestants se rapporche de celle des temples antoinistes. Louis Antoine, petit, a peut-être eu l'occasion de rentrer dans le temple protestant de Flémalle, c'est pourquoi on peut penser que les citations de la Bible sur le mur du fond des temples protestants ont pu l'inspirer pour faire écrire son Auréole de la Conscience sur le mur du fond du Temple de Jemeppe, et que l'on retrouve maintenant dans tous les temples antoinistes sans exception. Peut-être le contact avec ses patrons et collègues d'obédience protestante lui donnèrent l'occasion de constater à quel point la lecture de la Bible pouvait apporter un contact autre avec Dieu que par l'intermédiaire d'un prêtre.
        Dans chaque page d'un temple antoiniste, on retrouva un petit historique de la présence protestante dans les environs géographiques.


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  • Au sujet d'Antoine et d'autres guérisseurs (Le Fraterniste, 22 août 1912)MISE AU POINT

     Un peu de bonne foi et
                     à défaut un peu de logique

     AU SUJET D'ANTOINE
                 ET AUTRES GUERISSEURS.

          Rabelais avait découvert que, dans le cœur de chaque homme (et de chaque femme ?) sommeille un animal dont le nom rime avec bouchon – et je ne crois pas qu'il eût si tort que cela...
        Mais, hélas ! la jalousie, souvent sans raison, y somnole fréquemment, voisinant avec la méchanceté, voire même la cruauté...
        Et cela tient, tant à notre avidité de jouissance, de bien-être matériel, qu'à la vie toute fiévreuse et toute factice que nous menons, sans exclure la mauvaise éducation que nous donnons à nos enfants. Notamment, au sujet de la cruauté, nous les laissons torturer les animaux (ce qui est une lâcheté) et – devenus grands – ils s'exerceront sur leurs semblables – les autres êtres de la création ne leur suffisant plus,  – or, ceci les mène, parfois, au sadisme...
        Ces réflexions me sont suggérées par le cas récent de deux « Antoinistes » (?) qui ont laissé mourir leur enfant, faute de soins.
        Je ne connaissais nullement Antoine, et je n'ai jamais eu, ni de près, ni de loin, aucun rapport avec lui, je suis donc à mon aise pour en parler.
        Mais j'ai des yeux, qui ont lu ; des oreilles, qui ont entendu ; et je sais qu'Antoine (peu m'importe à l'aide de quels moyens) a obtenu des milliers et des milliers de cures, même dans des cas désespérés...
        Or Charcot, le grand Charcot lui-même ! ne l'a-t-il pas dit : la foi guérit...
        Et parce que deux êtres – (sont-ce des fous, des malades, des criminels ?) – se recommandant de l'« Antoinisme » ont laissé mourir un enfant, faute de soins, voilà la presse qui clame contre les guérisseurs !...
        Remarquez que la même presse, il y a quelques jours, a reconnu les cures considérables d'Antoine... "Considérez cette phrase (textuelle) du juge d'instruction :
        « Vous auriez dû aller chercher un médecin, ainsi que vous l'aviez fait pour le premier enfant né de vos relations avec la veuve Sautet et qui mourut, néanmoins, bien que soigné autrement que par des prières... »
        Nous avons la rage de prendre l'exception pour type de la règle.
        Un frère (quand il y en avait encore) commettait-il un acte contraire à la morale, la presse rouge de crier : « Tous les frères sont des satyres ! »

        Mais alors ?
        Il y a des sage-femmes qui avortent, des notaires qui lèvent le pied, des boursiers qui filent à Bruxelles, des médecins qui empoisonnent, des juges prévaricateurs, etc., etc...
        Faut-il en déduire que sage-femmes, notaires, boursiers, médecins, juges, etc., sont tous des monstres ? Je ne le crois pas...
        Et au nom de cette science, dont les faillites sont de plus en plus nombreuses et les erreurs journellement reconnues, on incrimine des pratiques, des procédés qui produisent, chaque jour des résultats stupéfiants...
        Rappelez-vous le cas de ce « rebouteux » poursuivi, qu'on voulait faire passer pour charlatan...
        En plein tribunal, devant un aréopage composé de tous les plus illustres et officiels médecins légistes, il désarticule un chevreau vivant... Puis, s'adressant à tous ces « princes de la science », il leur demanda s'ils pourraient remettre l'animal sur ses... pattes. Ce fut en vain. Tandis que lui, en deux tours de main, il avait réparé le chevreau, qui s'enfuyait à toutes pattes...
        Nous sommes jaloux du succès d'autrui, même quand cela ne nous touche pas directement...
        Jamais le « Væ victis » n'a été plus en faveur que de nos jours.
        Dans une foule, que trois personnes en désignent une quatrième, en criant : « Au voleur ! à l'assassin au satyre !, celui-ci sera immédiatement saisi par cent poignes vigoureuses et déchiqueté.
        Et, fait curieux, cette foule, prise indivisément, c'est... vous, c'est moi, c'est tout le monde – des êtres, individuellement, pas autrement méchants...
        Devant le succès, nous nous contentons de grogner, de rage ; devant la chute, nous mordons.
        Faut-il en conclure que tous les guérisseurs, etc., sont dignes de foi ? Non, pas plus qu'il ne serait exact de dire qu'aucun médecin ne sait soigner...
        Mais il y a lieu de voir et de juger sans idée préconçue, sans parti-pris. On doit reconnaître le bien où il est, et ne pas tirer une conclusion de l'unité, pour la généralité, surtout quand les faits acquis sont là pour militer en faveur de la généralité...
        Vous croyez le peuple bien aveugle, pour admettre qu'il ne puisse faire la part entre le vrai et le faux ?...
        Vos attaques, au contraire, à l'encontre du but que vous prétendez poursuivre, risquent de tourner contre vous, car la mauvaise foi perce toujours...
        Qu'a déclaré, du reste, Leclerc ?
        « C'est en lisant un article, hostile au père Antoine, que je me suis senti converti à cette religion... »
        Vous voyez donc bien...
        Loin de moi l'idée de défendre Leclerc et sa compagne : ils ne m'intéressent nullement...
        Mais j'ai voulu me servir de cet exemple pour dire ma façon de penser – laquelle est partagée, j'en suis convaincu, par la majorité du public.

                                          Le Professeur CABASSE,
                          Lauréat de l'Académie de Médecine
                                                                          Paris.

    Le Fraterniste, 22 août 1912


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  • Le guérisseur Bouvier (Le Fraterniste, 23 novembre 1911)


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  • Brevets d'intelligence (Journal d'Ypres 6 juillet 1912)

    Brevets d'intelligence

        Il choisit vraiment son heure, le « Progrès » d'Ypres, pour opposer les électeurs soi-disant intelligents de certaines villes plutôt libérales et des centres industriels de la Wallonie aux populations soi-disant arriérées de la Belgique rurale.
        Car l'attention vient précisément d'être et appelée sur l'Antoinisme, par le fait du décès – pardon ! de la « désincarnation » – d'Antoine, dit le Guérisseur, fondateur de cette religion nouvelle.
        On sait qu'Antoine s'est désincarné à la suite d'une maladie d'estomac. Le guérisseur n'a pu se guérir lui-même, et l'eau pure, que ses passes magnétiques rendaient miraculeuse, a perdu ses vertus. Elle les retrouvera peut-être sous les passes de la femme du thaumaturge, chargée par lui de lui succéder dans son enseignement religieux.
        La « Dernière Heure », feuille libérale peu suspecte de cléricalisme, s'est inquiétée, non sans raison, des ravages faits par l'antoinisme.
        Elle signalait, à l'appui, la mort de nombreuses personnes appartenant à la classe ouvrière et qui s'étaient bornées à s'adresser au pseudo-thaumaturge au lieu de recourir au médecin.
        Or, c'est surtout dans le centre et le Borinage (les régions les plus illettrées de la Wallonie) ainsi qu'à Bruxelles que l'Antoinisme s'est développé (La capitale possède un temple antoiniste).
        C'est également dans nos grandes villes, on le sait, que fleurit la superstition ainsi que la foi aux chiromanciennes.
        C'est encore dans ces mêmes milieux que s'accusent les progrès inquiétants du malthusianisme.
        Ce sont enfin des organes du parti des à lumières paraissant dans ces milieux qui ouvrent complaisamment leurs colonnes à la criminelle propagande antisociale et antipatriotique.
        C'est, au contraire, dans les centres ruraux les plus catholiques que la natalité se maintient la plus forte.
        Nos campagnards catholiques ont l'intelligent respect de la loi naturelle et l'intelligent souci de perpétuer la race et de procurer des défenseurs à la patrie. Le « Progrès » préfère attribuer un brevet d'intelligence aux antoinistes, aux malthusianistes et aux gogos des somnambules.
        Nous le plaignons.

    Journal d'Ypres, 6 juillet 1912


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