•     Les bouddhistes Hòa- Hảo se considèrent comme les héritiers du bouddhisme Bửu Sơn Kỳ Hương  avec une différence que leur fondateur Huỳnh Phú Sổ n'est qu'un prophète et non un éveillé comme Phật Thầy Tây An.
        Huỳnh Phú Sổ est né en 1919 au Village Hòa Hảo, dans la province de Châu Đốc. Ses parents Huỳnh Công Bộ et Lê Thi Nhậm, appartenaient  à la classe moyenne. Après les études primaires, maladif, il dut quitter les bancs de l’école pour se faire soigner. En 1939, après un pèlerinage accompli en compagnie de son père dans les Sept Montagnes et à Tà Lơn, réputées pour leur pouvoir mystique et leurs formes majestueuses, il reçut l’illumination. Le 18e jour du 5e mois de l'année du Lièvre (1939) marqua le début de sa prédication.
        Il a accompli ses premières conversions en guérissant des malades avec des infusions, de l’eau pure, à la surprise des médecins aussi bien que des sorciers guérisseurs. Un grand nombre d'intellectuels après avoir  entretenu des conversations avec ce jeune homme de 22 ans, ont dû reconnaître que c'était un homme de grande valeur, doté de dons surnaturels.
        A partir de 1939,  Huỳnh écrivait un grand nombre de sermons sous forme de poèmes faciles à comprendre (luc bat, ou song that luc bat) (150.000 mots en totalité). Il a continué l'enseignement bouddhique du patriarche Phật Thầy Tây An. En quelques années,avant 1945, le nombre de fidèles atteigna 1 million de personnes. Il est devenu si populaire que les autorités françaises à l’époque commencèrent à trouver suspecte l’expansion extraordinaire de son mouvement religieux. Il fut mis en résidence surveillée le 23.5.1940 au village de Nhơn Nghĩa (C ần Thơ).
        Mais là, la vénération ardente dont il était l’objet obligea de nouveau les autorités à l’enfermer d’abord à l’hôpital psychiatrique de Chơ Quán (d' Août 1940 à Juin 1941 ) , puis à Bạc Liêu jusqu’en 1942. Le médecin psychiatre de Cho Quan , le docteur Tran van Tam ( de nationalité française) et son épouse sont devenus ses disciples.Ce sont eux qui ont édité ses livres ( plus de 1 million de livres vendus jusqu'en 1975).
       Avant que le gouverneur de la Cochinchine ne le condamnât en exil au Laos, grâce à l'action du conseiller culturel japonais Kimura, Huỳnh Phú Sổ a pu s'échapper et se réfugier dans la chambre de commerce du Japon à Saigon, tout près de la prison de Catinat. Huỳnh Phú Sổ a composé ce distique  pour révéler son état d’âme ( il lutte contre les français, sans pour autant soutenir les japonais).

        Trường Tiền s’est rendu aux Hán mais n’a jamais accepté d’être son sujet.
        Quan Đế vivait avec Tào mais ne s’est jamais incliné devant lui.

         En 1945, il fonda le Phât Giáo Liên Hiệp Hội. (Association des groupements bouddhistes), et le Việt Nam Độc Lâp Vân Động Hội (Mouvement pour l’indépendance du Việt Nam) dans le but de lutter pour l’indépendance du pays.
    Il s'allia avec les chefs des groupements politiques à tendance nationaliste pour former le Mat Trân Quôc Gia Liên Hiêp (Front Nationaliste Unifié), vivement acclamé par toutes les classes de la société. Le gouvernement dictatorial Việt Minh s’en inquiéta et prononça sa dissolution, pour former à la place le Hôi Liên Hiêp Quôc Dân Việt Nam (Ligue de l’Union Nationale du Peuple Việtnamien).
    En 1946, avec la volonté sincère de renforcer la solidarité entre les différentes couches sociales, il accepta de participer au Comité du Pouvoir Exécutif avec le titre de Commissaire Spécial.
        Il allia la masse des adeptes du bouddhisme Hòa Hảo aux militants nationalistes pour fonder le Việt Nam Dân Chủ Xã Hôi Đảng (Le Parti Démocrate socialiste du Việt nam) dont le but était de réaliser la justice sociale et de démocratiser le pays.
    Dans la même période, il envoya aussi des représentants à l’étranger pour contribuer à l’unification des forces nationalistes expatriées et fonder le Mặt Trận Thống Nhât Toàn Quốc (Front de L’Union Nationale).
        Sa conception étant en opposition à celle du communisme et sa doctrine condamnant l’athéisme, les communistes avaient cherché par tous les moyens à l'éliminer.
        Au début de l’année 1947, les adeptes Hòa Hảo de la région de l’ouest du Sud-Việtnam se sont opposés à la politique dictatoriale des comités Việt Minh (Uy Ban Hành Chánh). Pour éviter une désastreuse lutte intestine, Hùynh Phú Sổ regagna l’Ouest afin d’aplanir les animosités et de concilier l’esprit d’union indispensable à la lutte anti-colonialiste.
        Il fut arrêté par les communistes Việt Minh dans la nuit du 16-4-1947 pendant une réunion avec le comité administratif Việt Minh tenue à Đốc Vàng dans la plaine des joncs. Trần văn Giàu , le chef du Comité Administratif Nam Bộ du Việt-Minh , membre du PolitBuro du Parti communiste Viêt namien, ancien collaborateur du commissaire Bazin , chef de la police française en Cochinchine,  a été l'instigateur de ce guet-apens en connivence avec les renseignements français.
        Depuis lors, aucune nouvelle à son sujet n’a été reçue, mais tous ses fidèles croient fermement que les communistes n’ont pu l’avoir supprimé. Et sans exception, les adeptes Hòa Hảo attendent le retour triomphal de son guide et maître.


        Pratique religieuse.
    Le guide ‘’ La pratique religieuse ‘’ est une de ses oeuvres et a fait l’objet de plus de 300 éditions en langue Viêtnamienne avec un tirage à plus de 800.000 exemplaires. Il est modeste mais complet, et contient tous les principes pour la pratique religieuse du bouddhisme Hòa Hảo.

    A. Les 3 caractéristiques du bouddhisme Hòa Hảo.

    1- La 1ère caractéristique du Bouddhisme Hòa Hảo ( ainsi que celle de Bưu Sơn Kỳ Hương) , est une religion pour les paysans.
    Durant sa vie, Phật Thầy  Tây An a prêché le bouddhisme et en même temps a encouragé l'agriculture sous le slogan " Pratiquez le bouddhisme en cultivant votre terre".
    2. La 2ème caractéristique est que le Hòa Hảo et Bưu Sơn Kỳ Hương préconisent la pratique du bouddhisme à domicile.
    La raison était que tous deux, Phật Thầy Tây An et   Huỳnh Phú Sổ partageaient l'opinion selon laquelle le bouddhisme ne doit pas être enseigné uniquement dans les pagodes et les temples, mais également se pratiquer chez soi.
    " Étudiez le bouddhisme pour vous améliorer". Pour cette raison, les fidèles Hòa Hảo ne sont pas obligés de se raser les cheveux et de se retirer dans les pagodes. En revanche, ils sont autorisés à vivre avec leurs familles, à mener une vie normale en cultivant leur champ tout en essayant de s’améliorer en observant les Enseignements de Sakyamuni.
    (* Sakyamuni est le Bouddha historique qui a fondé le Bouddhisme au 6ème siècle av J.C.)
     Pour atteindre le Nirvana et nous libérer du cycle de la réincarnation, nous devons suivre à la lettre les enseignements authentiques de Bouddha, garder un esprit clair et nous améliorer pour accomplir notre devoir et atteindre ce perfectionnement personnel.
    Un Bouddhiste Hòa Hảo doit avant tout accomplir les 4 grands devoirs de gratitude( Tứ ân ) à l'égard:
    1. de nos ancêtres et de nos parents. -  2. de notre patrie.  - 3. des 3 Joyaux ou refuges: le Bouddha, le Dharma (enseignements Bouddhistes), et le Shangha (Communauté de moines). - 4. de nos compatriotes et de l'humanité.
    3. La 3ème caractéristique est la modernisation des rites en éliminant les pratiques inutiles et à caractère superstitieux. Le but est d'encourager la pratique authentique du bouddhisme conformément aux enseignements du Bouddha .
    Voici quelques modifications préconisées par le Hòa Hảo:
    - Aucune pagode ou statue ne devrait être construite excepté celles existantes. Il est préférable de garder notre argent pour venir en aide aux pauvres et aux nécessiteux, au lieu de construire de grandes pagodes ou de grandes statues.
    - Dédaignions les services des sorciers, magiciens, astrologues, et devins.
    -  Ne donnons pas de nourriture en offrande à Bouddha parce que le Bouddha n'en a pas l'utilité.
    - Abolissons les drapeaux, bannières ou serpentins. Ne brûlons pas les papiers représentant de l'argent parce que c'est un gaspillage futile...
    - N'organisons pas des funérailles coûteuses, mais prions plutôt tranquillement pour la délivrance de l'âme des personnes décédées.
    - Ne contraignons pas nos enfants à épouser quelqu'un qu'ils n'aiment pas. Ne demandons pas de dot ou n'organisons pas de grandes réceptions de mariage, parce que cela nous appauvrirait .
    En conclusion, les réformes préconisées par le Hòa Hảo sont censées nous ramener aux enseignements originaux de Bouddha qui nous a enseigné que: "Notre croyance doit venir de notre cœur." La foi est un problème de cœur plutôt qu'une affaire de rites et de cérémonies.

    source : http://paristimes.net/fr_culture/HoaHao_huavt.html
    cf. aussi :
    http://en.wikipedia.org/wiki/Hòa_Hảo (en anglais)
    http://en.wikipedia.org/wiki/Huỳnh_Phú_Sổ (en anglais)
    http://www.hoahao.org/D_1-5/ (en anglais)


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  •     Nous reproduisons ici le texte rapporté des Philippines en 1976 par Edouard Lipinsky. Il montre bien que ces guérisseurs aujourd'hui contestés en Europe pour leurs "opérations à mains nues" se comportent parfois, comme dans le cas de Placido Palitayan en maîtres spirituels. Ces guérisseurs appartiennent à diverses organisations spirites...

        " C'est lorsque l"homme étudie le monde et lui-même, à la recherche de son créateur, que la flamme des aspirations humaines brûle le plus fort. Sans doute, c'est le mystère de la vie, de l'existence humaine, qui est le plus grand des mystères. Aucune vie de recherches n'offre autant de récompenses que celle promise par la recherche de soi-même. A chacun de nous arrive, à un moment ou à un autre, une illumination momentanée dans laquelle, pour un instant étincelant, nous connaissons instinctivement notre relation avec l'univers et avec Dieu. Nous pouvons marcher dans la rue, dans la cohue d'un monde frénétique, ou être enfermé dans l'isolement d'une bibliothèque. Nous pouvons être parmi des amis, dans la grandeur solitaire de la nature, dans les montagnes, dans le désert, en mer. Mais lorsque cet éclair se manifeste, nous le savons immédiatement, car à cet instant le monde entier est transformé. Nous voyons à travers le vide, nous voyons vraiment. Le temps est l'éternité sont en nous.
        Tout habite en nous-mêmes, en notre intérieur. Nous essayons de localiser cette sensation, de la pénétrer, de la comprendre, mais elle disparaît et toute notre concentration, tout notre désir puissant ne pourra le faire revenir. Elle ne vient qu'en son temps. Dans le processus de guérison, beaucoup dépend de l'attitude ou de la foi du guérisseur et de la personne traitée. Beaucoup de personnes ne répondent pas, si elles ne peuvent relâcher leurs peurs et leurs angoisses, si elles sont auto-centrées dans leur désir de guérison. Il est également très nécessaire de suivre des directives de vie saine dans la nourriture, le repos et l'exercice.
        On doit reconnaître si les patients utilisent leur maladie comme un moyen d'attirer la sympathie et l'attention. La plupart des maladies ou des difficultés ont pour cause les mauvaises pensées et les mauvaises actions. Il est nécessaire de regarder intérieurement pourquoi, dans une situation donnée, on ne distingue que le mal qui peut en découler. Un bien ressort de chaque situation, il suffit de le chercher, et peut-être nous avons là une leçon de grande valeur qui nous aide à comprendre notre prochain et nous-mêmes. Ne voyez pas que le mal, recherchez le bien, et vous verrez votre perception de la vie tout entière se transformer.
        Peut-être êtes-vous constamment en train de faire quelque chose qui est nuisible à vous-mêmes ou aux autres, sans vous en rendre compte, ou peut-être en êtes-vous conscients mais ne savez que faire pour changer. Demandez-vous si vous prenez assez de repos, si votre nourriture est adéquate et équilibrée, si vous faites suffisamment d'exercice pour maintenir en état les muscles et l'esprit. Une simple promenade peut être très efficace - ne faites pas d'exercices autrement qu'en douceur -, toutes ces choses demandent du temps. Ne forcez pas. Faites-en un jeu au début, et bientôt vous découvrirez que ce n'est plus un jeu mais que vous portez au fond du coeur une vraie gratitude qui s'élève dans votre prière.

    La Méditation.
        Pensez à ce que vous êtes.
        Ne pensez pas à vous-même par votre nom, comme étant né de certains parents, avec telles expériences, tels amis, telle éducation. Pensez à vous-même seulement en tant qu'être existant, soyez-en conscient.
        Pensez aux paysages de la vie : la terre, le ciel, les arbres, les fleurs, les rivières, le mouvement et le spectacle de la vie humaine.
        Pensez ensuite à la non-existence et regardez si vous en sentez pas, d'une manière intuitive, que la scène de la vie n'existerait pas non plus.
        Insistez sur ce point.
        Si vous avez la grâce, un éclair de perception mystique se manifestera. A ce moment-là, vous savez qui vous êtes. Vous savez que Dieu existe et vous connaîtrez sa volonté.
        - Qui suis-je ? un enfant de Dieu !
        - Que suis-je ? un serviteur de Dieu !
        - Pourquoi suis-je ici ? pour faire la volonté de Dieu ! "


        Quoi qu'il en soit des procès intentés par l'Ordre des Médecins à ces "guérisseurs philippins", que leurs matérialisations soient ou non réussies, reconnaissons que nous avons là un très clair enseignement spirituel.
        Cet enseignement non dogmatique est à rapprocher des idées du Père Antoine et de la Christian Science sur l'origine du mal ; il établit les mérites de la pensée positive, à la manière de Unity ou Bonne Volonté Mondiale, et se recoupe avec les données de notre très récentes "psychosomatique"...
        Puissent les médecins occidentaux faire bon usage de ces quelques conseils, eux qui sont d'ordinaire plus préoccupés des effets que des causes !

    Jean-Marie Leduc & Didier de Plaige,
    Les Nouveaux Prophètes, p.310-313
    Buchet/Chastel, Paris, 1978


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  • Γνώθι σεαυτόν, translittéré gnōthi seautón, est une expression en grec ancien, que l’on peut traduire par « Nosce te ipsum » en latin, signifiant « Connais-toi toi-même ».

    C’est, selon le Charmide de Platon, le plus ancien des trois préceptes qui furent gravés sur le fronton du temple de Delphes. La Description de Delphes par Pausanias le Périégète en confirme l'existence.

    La plus ancienne trace de l'existence de l'inscription « Gnothi seauton » se trouve dans les textes de Platon.

    Dans le Charmide, il dit :
    « [...] J’irais même jusqu’à dire que c’est précisément à se connaître soi-même que consiste la sagesse, d’accord en cela avec l’auteur de l’inscription de Delphes. Je m’imagine que cette inscription a été placée au fronton comme un salut du dieu aux arrivants, au lieu du salut ordinaire « réjouis-toi », comme si cette dernière formule n’était pas bonne et qu’on dût s’exhorter les uns les autres, non pas à se réjouir, mais à être sages. C’est ainsi que le dieu s’adresse à ceux qui entrent dans son temple, en des termes différents de ceux des hommes, et c’est ce que pensait, je crois, l’auteur de l’inscription à tout homme qui entre il dit en réalité : « Sois sage. » Mais il le dit, comme un devin, d’une façon un peu énigmatique ; car « Connais-toi toi-même » et « Sois sage », c’est la même chose, au dire de l’inscription et au mien. Mais on peut s’y tromper : c’est le cas, je crois, de ceux qui ont fait graver les inscriptions postérieures : « Rien de trop » et « Cautionner, c’est se ruiner. » »

    On la trouve aussi dans le Philèbe :
        « SOCRATE
        C’est en somme une espèce de vice qui tire son nom d’une habitude particulière, et cette partie du vice en général est une disposition contraire à celle que recommande l’inscription de Delphes.
        PROTARQUE
        C’est du précepte : Connais-toi toi-même, que tu parles, Socrate ?
        SOCRATE
        Oui, et le contraire de ce précepte, dans le langage de l’inscription, serait de ne pas se connaître du tout. »

    ainsi que dans le Premier Alcibiade :
        « Allons, mon bienheureux Alcibiade, suis mes conseils et crois-en l’inscription de Delphes : Connais-toi toi-même, et sache que nos rivaux sont ceux-là et non ceux que tu penses et que, pour les surpasser, nous n’avons pas d’autre moyen que l’application et le savoir. »

    Diogène Laërce affirme :
        « Thalès est l’auteur du fameux « connais-toi toi-même » qu’Antisthène (Livre des Filiations) attribue à Phémonoé, en déclarant que Chilon se l’appropria mensongèrement. »

    Cependant, des auteurs contemporains considèrent que les trois maximes étaient plus probablement des proverbes populaires, attribués tardivement à des sages particuliers.


     Variantes modernes
    Une variante souvent reprise de nos jours, mais d'origine incertaine, ajoute:
    « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux »

    Cette variante moderne semble inviter à la recherche de connaissances supérieures par l'introspection alors que les auteurs anciens comme Porphyre de Tyr voyaient plutôt dans la citation d'origine une invitation à l'humilité et à la tempérance:
        « Quel est le sens, quel est l'auteur du précepte sacré qui est inscrit sur le temple d'Apollon, et qui dit à celui qui vient implorer le Dieu : Connais-toi toi-même? Il signifie, ce semble, que l'homme qui s'ignore lui-même ne saurait rendre au Dieu des hommages convenables ni en obtenir ce qu'il implore.
        (Porphyre, traité sur le précepte connais-toi toi-même) »


     Présentation
        Mot-clé de l’humanisme, le « Connais-toi toi-même »socratique assigne à l’homme le devoir de prendre conscience de sa propre mesure sans tenter de rivaliser avec les dieux. L’origine socratique de cette formule est cependant contestable, Héraclite ayant affirmé antérieurement : « Il faut s’étudier soi-même et tout apprendre par soi-même ».
        Porphyre, dans son « traité sur le précepte connais-toi toi-même », s'interroge lui aussi sur la signification et sur l'origine de cette inscription.
        Hegel voit ce « connais-toi toi-même » comme le signe d’un tournant majeur dans l’histoire de l’esprit car Socrate en s’en réclamant fait de « l’esprit universel unique », un « esprit singulier à l’individualité qui se dessine », autrement dit, il fait de la conscience intérieure, l’instance de la vérité et donc de décision. Il y a tournant car, dans la culture orientale, l’Esprit, tel que le conçoit Hegel, était de l'ordre du mystique inatteignable (d’où les Sphinges et les Pyramides d'Égypte que nul ne peut pénétrer) ; ce qu’au contraire augure Socrate (et de la même manière Œdipe) c’est « un tournant de l’Esprit dans son intériorité », c’est-à-dire qu’au lieu d’être inatteignable, l’Esprit est réclamé comme se trouvant dans l'homme lui-même.

    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Connais-toi_toi-même


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  •    On lit sur la couverture du livre : La Constitution Religieuse du Caodaisme par Pháp Chánh Truyền :

    Vigne et Raisin : Matière
    Jus de Raisin : Essence
    Vin : Esprit


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  •     Dans ces dernières années, Auguste Comte s'était, on l'a vu, condamné à un régime sévère, que certains croient dicté parle désir de ménage son estomac et de conjurer la vieillesse : un bol de lait le matin, chaud l'hiver, froid l'été, avec soixante grammes de sucre et autant de pain. A six heures de relevée, cent grammes contrôlés de viande et des légumes. Pas de vin, sauf en cas de faiblesse déclarée. Mais d'autres, et ce sont les plus véridiques, assurent qu'il s'imposait ces restrictions pour participer aux privations que subit, sur cette triste planète, la foule innombrable des pauvres. Certains riches, comme les Goncourt, ont troué cela ridicule...

        Bien qu'on le trouvât vieux, il n'avait pas atteint la soixantaine. Il endura près de trois mois sa dernière maladie dont on discute si ce fut une affection du foie ou quelque tumeur maligne. Pour se soigner, comme pour soigner Clotilde, il avait encore prétendu, en raison de ses études de jeunesse et de son omniscience naturelle, suppléer les médecins. Il tomba un soir au pied du fauteuil de Clotilde et ne se releva point du minuscule canapé où l'on avait étendu son petit corps.

        Auguste Comte conclut [son testament] sur cette profession de foi, dont le lecteur jugera si elle n'exprime point, avec un détraquement sublime de l'esprit, une fidélité poignante du coeur, plus forte que la mort :
        " L'ensemble de [mes] espérances me paraît déjà confirmé par un sensible accroissement de l'harmonie sans exemple que mon éternelle compagne établit entre ma vie privée et ma vie publique, également concentrées vers l'Ange méconnu. Mon existence étant ainsi devenue plus semblable à la sienne, je sens diminuer la distance résultée de mon objectivité (cela veut dire : de mon maintien en vie sur la terre), qui seule empêche les âmes vulgaires de voir le double fondateur du positivisme comme le verra la postérité. Notre parfaite identification deviendra la meilleure récompense de tous mes services, peut-être même avant que la bannière universelle vienne solennellement s'incliner sur notre commun cercueil.
        " Terminé le jeudi 11 Bichat 67 (13 décembre 1855). " (Cachet sacerdotale).

    André Thérive, Clotilde de Vaux, ou la déesse morte,
    Chap. XXIII Où s'en va toute chair, p.265-66, p.270, p.274
    Albin Michel, Paris, 1957


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