• Le guérisseur Bouvier (Le Fraterniste, 23 novembre 1911)


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  • Brevets d'intelligence (Journal d'Ypres 6 juillet 1912)

    Brevets d'intelligence

        Il choisit vraiment son heure, le « Progrès » d'Ypres, pour opposer les électeurs soi-disant intelligents de certaines villes plutôt libérales et des centres industriels de la Wallonie aux populations soi-disant arriérées de la Belgique rurale.
        Car l'attention vient précisément d'être et appelée sur l'Antoinisme, par le fait du décès – pardon ! de la « désincarnation » – d'Antoine, dit le Guérisseur, fondateur de cette religion nouvelle.
        On sait qu'Antoine s'est désincarné à la suite d'une maladie d'estomac. Le guérisseur n'a pu se guérir lui-même, et l'eau pure, que ses passes magnétiques rendaient miraculeuse, a perdu ses vertus. Elle les retrouvera peut-être sous les passes de la femme du thaumaturge, chargée par lui de lui succéder dans son enseignement religieux.
        La « Dernière Heure », feuille libérale peu suspecte de cléricalisme, s'est inquiétée, non sans raison, des ravages faits par l'antoinisme.
        Elle signalait, à l'appui, la mort de nombreuses personnes appartenant à la classe ouvrière et qui s'étaient bornées à s'adresser au pseudo-thaumaturge au lieu de recourir au médecin.
        Or, c'est surtout dans le centre et le Borinage (les régions les plus illettrées de la Wallonie) ainsi qu'à Bruxelles que l'Antoinisme s'est développé (La capitale possède un temple antoiniste).
        C'est également dans nos grandes villes, on le sait, que fleurit la superstition ainsi que la foi aux chiromanciennes.
        C'est encore dans ces mêmes milieux que s'accusent les progrès inquiétants du malthusianisme.
        Ce sont enfin des organes du parti des à lumières paraissant dans ces milieux qui ouvrent complaisamment leurs colonnes à la criminelle propagande antisociale et antipatriotique.
        C'est, au contraire, dans les centres ruraux les plus catholiques que la natalité se maintient la plus forte.
        Nos campagnards catholiques ont l'intelligent respect de la loi naturelle et l'intelligent souci de perpétuer la race et de procurer des défenseurs à la patrie. Le « Progrès » préfère attribuer un brevet d'intelligence aux antoinistes, aux malthusianistes et aux gogos des somnambules.
        Nous le plaignons.

    Journal d'Ypres, 6 juillet 1912


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  • Côme Tilman, apparition mariale de Beauraing (Pourquoi pas 1933-08-04)(donum.uliege.be_expo_pourquoipas)

    à télécharger et lire sur le site donum.uliege.be/expo/pourquoipas
    Pourquoi pas ?  du 4 août 1933


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  • Cultes originaux de paris (Paris-midi, 06 mars 1924)

        Initiatique universelle ou les cultes originaux de Paris.

        L'Ordre Martiniste et Synarchique, nous annonce-t-on, a repris ses travaux. Voilà une bonne nouvelle. Elle nous apprend que toutes les croyances, comme tous les goûts, sont dans la nature.
        D'ailleurs, les pieux Martinistes ne sont pas les seuls à pratiquer un culte aussi digne qu'original... Au fond d'une petite rue du XVe arrondissement, fleurit en une église discrète le culte du suédois Swendenberg. Et pas bien loin de là un monsieur O*** W*** dirige une revue qui ne s'atteste rien moins que l' « Organe de mouvement universel de régénération initiatique ». Et un peu plus loin, à Auteuil, un autre monsieur A*** J*** dirige une « Société d'harmonie universelle ».
        L'univers, dans tout cela, comme on le voit, est fortement mis à contribution... Et, non loin du carrefour de Buci, nous trouvons le siège des « Amitiés Spirituelles », centre des « Conférences Sédir ». Sédir est une sorte d'apôtre qui va par le monde prêchant un christianisme un peu différent de celui du catéchisme, mais, parait-il, non moins aimable.
        On nous signale, d'autre part, « l'Université du Sphynx » que dirige l'alchimiste-philosophe J.-C***. Et nous connaissons la « Société Théosophique », avenue Rapp.
        Quant à l' « Antoinisme », – qui ne le connait ? – il a vingt temples, dont seize en Belgique, trois en France et un à Monaco. C'est le culte d'Antoine le Guérisseur, devenu, après sa mort, Antoine le Généreux. Il mourut en 1912. Après avoir travaillé dans les mines, il s'était adonné à la seule charité et fit des guérisons et des miracles nombreux. Son évangile se compose de « Dix principes révélés en prose ». Le sixième est particulièrement significatif : « Quand vous voudrez connaitre la cause de vos souffrances, que vous endurez toujours avec raison, vous la trouverez en l'incompatibilité de l'intelligence avec la conscience. » N'est-ce pas admirable ?... Depuis la mort du Père, celui-ci s'étant désincarné et étant apparu à ses adeptes pour les avertir que la Mère le remplacerait, c'est une sainte femme qui monte à la tribune du temple pour les « opérations générales » les quatre premiers jours de chaque semaine.
        Et il y a encore, avenue Rapp, le culte catholico-bouddhique...
        En cherchant bien on en trouverait d'autres.

                                                              Le Planton.

    Paris-midi, 6 mars 1924


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  • Petites religions de Paris (L'Intransigeant 1 juillet 1924)

     PROMENADES PARISIENNES

    Les petites religions
              de Paris

           De Clotilde à Antoine

        Elles sont beaucoup plus nombreuses qu'on ne saurait l'imaginer ; sans compter tous les schismes d'Orient, les loges spirites, martinistes, rosi-cruciennes, les théosophes, les swedenborgiens, n'y a-t-il pas, depuis quelques années, de gauche et de droite en cet immense Paris, toutes les hérésies secrètes, hospitalisées avec les étrangers qu'une patrie ingrate, ou simplement prudente, a rejetés sur nous ?
        L'armée du Vice et de la Folie, les priseurs de neige, les morphinomanes, les crotisants, les célébrants de messes noires et roses, tous les magistes de haute et de basse volée, guérisseurs, pythonisses, voyantes, ne sont-ils pas les précurseurs, les apôtres, les zélateurs, les missionnaires, et quelquefois les martyrs sans gloire d'un nombre infinis de religions caricaturales dont les rites et la liturgie sont définitivement arrêtés ?
        L'étude de ces croyances maléfiques nous entraînerait trop loin et, pour nous en tenir aux religions spirituelles, qui ne sont pas toujours les moins dangereuses, signalons l'active Armée du Salut, ou encore, comme exemple plus frappant de « petite religion », le Culte Antoiniste.
        L'antoinisme a été fondé par le père et la mère Antoine, de Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique. La France, possède cinq temples antoinistes et Paris a le sien, situé rue Wurtz et rue Vergniaud, au versant de la Butte aux Cailles.
        L'antoinisme ou religion du nouveau spiritualisme, a pour pape le père Antoine, « continuateur du Christ ». Les Antoinistes sont des guérisseurs par la foi, comme l'abbé Julio ; ils ont commencé la publication d'un bulletin, l' « Unitif », dans lequel ils exposent, en termes du reste insuffisamment clairs, la révolution de l'antoinisme et sa mission.
        La Religion de l'Humanité, fondée par Auguste Comte, a deux temples dans Paris. Nous avons visité récemment celui de la rue Payenne, au Marais. C'est là qu'est morte Clotilde, « la tendre et immaculée inspiratrice » de Comte, nous apprenons qu'elle a souffert, au troisième étage de cette maison, « sa touchante passion, qu'elle y est morte, sous les yeux de son incomparable adorateur et de la « noble prolétaire », Sophie Thomas, née Bliaux, le 5 avril 1846 ; le sublime Régénérateur fut le seul à dévoiler, à travers son exquise modestie, sa sublime grandeur, morale et mentale », etc.
        La maison n° 5 rue Payenne a été achetée en totalité pour la Religion de l'Humanité ; la plupart des pièces sont inoccupées et sonnent le vide.
        Le temple est formé d'un autel de bois sculpté : on y voit les bustes de différents bienfaiteurs de l'humanité, artistes, savants. C'est le 28 août 1903 (16 Gutenberg 49 de l'ère normale, calendrier Comte) que fut consacré ce temple, placé sous la garde d'une portière.
        Lors de notre visite, une personne qui errait dans les couloirs nous dit, en désignant l'autel : « Ça tire sur le catholique ». Cela peut tirer, en effet, sur le catholique, mais c'est, en tout cas, vertigineusement triste.
        Ce qu'est la Religion de l'Humanité, vous pouvez l'apprendre en lisant Auguste Comte et ses nombreux commentateurs : elle veut le bonheur de l'humanité, « sur la Terre et dans l'Espace », rien de plus, rien de moins.
        Quelques échantillons d'humanité du Marais ne nous ont point caché que, selon eux, la grande maison vide de la rue Payenne devrait être mise en location, ce qui procurerait quatre ou cinq appartements à des familles qui en ont le plus grand besoin.
        Clotilde, la « suave patronne », et le Régénérateur pourraient suggérer cette pensée au groupe positiviste. Ce serait là d'un positivisme social... tout à fait positif – un peu de bonheur pour quelques « nobles prolétaires », sur cette terre et même dans l'espace. – MARIUS Boisson.

    L'Intransigeant, 1 juillet 1924


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