•     Comme ils l'enseignent à leurs enfants, les Amish savent que "la violence commence toujours avec des mots". C'est pourquoi ils privilégient le "discours non verbal et un usage multiple du silence", selon John Hostettler. On tente donc d'éviter le plus possible les sujets qui pourraient provoquer la discorde, notamment les discussions théologiques et philosophiques.
        Pour le visiteur, ce silence est tangible lors des prières précédant et suivant les repas, ou le dimanche à la maison, quand les interruptions trop sonores ne sont pas tolérées. Pour les Amish, "le silence est un mode de vie, une façon de pardonner, une manière d'entourer la communauté de charité", souligne Hostettler qui poursuit : "Le membre qui confesse tout devant l'Eglise reçoit le pardon, on ne reparle plus jamais de la faute confessée."

    Jacques Légeret, L'énigme amish,
    Vivre au XXIe siècle comme au XVIIe, p.40-41
    Labor et Fides, Genève, 2000.


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  • La paille et la poutre.

        M. le sénateur Magnette avait posé au ministre de la justice une question au sujet de la reconnaissance légale du culte antoiniste.
        Et M. Carton de Wiart a répondu que ce culte « ne se rattache, dans son ensemble, à aucun service public du culte organisé par la loi du 4 mars 1870. La loi seule pourrait lui attribuer là reconnaissance légale ».
        A ce propos, un organe de droite fait remarqué :
        « S'il est fort probable que M. Antoine n'a jamais rendu d'autre service aux rnalades que de relever leur courage par la promesse d'une guérison et la vente d'une bouteille d'eau plus ou moins filtrée, il est certain que les enseignements de l'antoinisme ont pu et peuvent avoir
    les plus fâcheuses conséquences au point de vue de la santé publique. Pour quelques
    fanatiques de cette secte, la foi remplace tous les remèdes. »
        Comme à Lourdes alors, où M. Carton de Wiart porte le baldaquin aux processions. Aussi comprenons-nous que le ministre ne veuille faire nulle peine, même légère, à la Vierge dont le petit commerce d'eau filtrée est si rémunérateur pour Notre-Mère la Sainte-
    Eglise.

    L'Indépendance Belge - Jeudi 7 mai 1914 - n°127


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  • source : Abbas (Magnum Photos)


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  •     La manière de décrire les prophètes ainsi que les différents termes employés par la Bible à leur sujet insistent sur leur rôle socio-religieux et  sont souvent semblables, ce qui permet au lecteur de reconnaître la nature exacte du personnage. Le terme "prophète" est la traduction du mot hébreu nâbî, qui signifie sans doute orateur ou porte-parole.
        La vocation première du prophète n'est donc pas d'être un devin prédisant l'avenir - bien qu'il en ait certainement le pouvoir -, mais plutôt le héraut de Dieu, comme l'indique le préambule particulier : "Ainsi parle Yahvé".
        La fonction essentielle du prohète biblque est d'aider la nation à conserver une juste relation avec la divinité et, par se sparoles et se sactes, de cimenter cette relation.
        Le verbe dérivé de nâbî signifie "agir en prophète" et s'applique souvent en comportement incontrôlé appelé "extase". L'emprise de l'"esprit" de Dieu ou l'imposition de sa "main" sont toujours à l'origine de la prophétie. Le prophète ressent la compulsion d'énoncer le message divin, parfois même contre son gré. Un tel comportement n'est pas réservé aux prophètes de Yahvé : au XIe siècle avant J.C., l'histoire égyptienne d'Ounamon relate comment, dans la cité phénicienne de Byblos, un jeune homme est saisi d'une transe prophétique pendant une cérémonie rituelle afin de délivrer un message émanant de la divinité.

        Également appelé "voyant" ou "visionnaire", le prophète a le don de double vue et peut interpréter des présages à partir de phénomènes naturels. Une autre dénomination fréquente est "homme de Dieu", car il est toujours en contact avec l'univers spirituel. Selon la tradition juive, le prophète peut siéger à l'assemblée des conseillers divins qui entourent Yahvé et devenir son "messager". Aussi, lorsqu'il rend un oracle, commence-t-il fréquemment par la formule consacrée qu'emploie l'émissaire parlant au nom d'un supérieur.

        Le prophète biblique émerge dans des contextes sociaux différents. Il peut être attaché à un lieu particulier - un sanctuaire -, comme Samuel à Rama. Il peut également faire partie d'une confrérie de prophètes parcourant le pays d'un lieu saint à l'autre, comme ce fut le cas aux premiers temps de la monarchie.

    Histoire Universelle - J.R. Porter, La Bible
    VI Les Prophètes - Le Rôle du prophète, p.94
    Evergreen Taschen, Cologne, 2007


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  •     En sa qualité de Père, il tourne vers lui-même sa divine intelligence, et se contemple dans le fond de son être ; il se reconnaît ainsi, et énonce cette connaissance par le Verbe ; cette compréhension est l'éternelle génération du Fils. Dieu rentre une seconde fois en sa nature, et après s'être reconnu, il conçoit de l'amour pour son image dans la différence des personnes ; il se complaît parfaitement en lui-même, et cette complaisance se manifeste comme un ineffable amour, qui est le Saint-Esprit. Comme Père, Dieu est une opération simple ; dans la compréhension de lui-même, il engendre le fils, un avec lui dans la nature et dans l'essence, et type de la création ; du Père et du Fils afflue alors le Saint-Esprit dans un incompréhensible embrassement.

    Charles Schmidt, Essai sur les mystiques du quatorzième siècle, p.65
    source : Gallica


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  •     Le mysticisme a des idées trop hautes de la dignité de la nature humaine, quand il imagine qu'elle peut s'unir directement avec Dieu ; le piétiste (ou le méthodiste) en a une idée beaucoup trop basse, puisqu'il lui refuse tout pouvoir de faire le bien, et lui enlève jusqu'à la possibilité de se former une notion du devoir.
        Le mystique se sent fortement attiré vers Dieu, qu'il embrasse avec toute l'ardeur d'un amour souvent sensuel ; le piétiste tremble devant Dieu, juge austère et inexorable, au souvenir de son entière perversité.
        Le mystique regarde la vie d'un oeil serein, et espère que toute contradiction se résoudra un jour dans une harmonie universelle, et que les hommes qui se séparent encore de Dieu, reconnaîtront leur erreur et se réuniront finalement avec lui ; c'est pour cela qu'il considère les pêcheurs comme des frères malheureux, dignes de toute sa compassion. Pour le piétiste, au contraire, tout ce que dont les hommes est mauvais et damnable ; le monde impie s'est insurgé contre Dieu, et se trouve vis-à-vis de lui dans la plus coupable hostilité. Quand il est arrivé au point de se croire régénéré par une grâce particulière, et sauvé de la corruption générale, il méprise ceux qui ne sont pas encore illuminés, ou, quand ils ont la hardiesse de nier la dépravation radicale de leur nature et de ne pas se prêter à ses tentatives de conversion, il peut aller jusqu'à les haïr et à les persécuter.
        Le mystique est le plus souvent un homme doux et bienveillant, et réclame, même pour ses aberrations les plus extravagantes, la sympathie de toute âme généreuse ; tandis que le piétiste est presque toujours fier, ombrageux, méfiant, égoïste, avide de faire des prosélytes, et provoquant ainsi de la part de l'homme le plus paisible une résistance énergique à ses arrogantes prétentions.

    Fritzsche

    source : Charles Schmidt, Introduction sur l'origine et la nature du mysticisme (Gallica)


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  • Ce texte est inauguré par la formule : ani maamin béémouna chéléma : "Je crois d'une foi parfaite…"

    1. Que le Créateur, béni soit Son nom, est le seul créateur et le seul guide du monde.

    2. Que le Créateur, béni soit Son nom, est unique.

    3. Que le Créateur, béni soit Son nom, ne possède aucun corps, ni aucune forme corporelle.

    4. Que le Créateur, béni soit Son nom, est le Premier et le Dernier.

    5. Que le Créateur, béni soit Son nom, est l'unique objet de nos prières, et nul autre.

    6. Que les propos des Prophètes sont Vérité.

    7. Que la prophétie de Moïse, notre maître, sur lui la paix, est vraie, qu'il est et reste le père de tous les prophètes.

    8. Que la Torah que nous possédons est celle transmise à de Moïse, notre maître, sur lui la paix.

    9. Que cette Torah ne sera pas changée contre une autre loi ou doctrine.

    10. Que le Créateur, béni soit Son nom, connaît l'œuvre de l'Homme et ses pensées secrètes.

    11. Que le Créateur, béni soit Son nom, récompense le juste et punit le méchant.

    12. Que le Messie (Machiah) viendra, et bien qu'il tarde à venir, je crois en sa venue.

    13. Que les morts ressusciteront, selon la volonté du Créateur, béni soit Son nom.

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  • Auteur      Message
    Marc FOULQUE
       
    Message Dim 16 Nov 2003 21:12 :: Le culte antoiniste et le spiritisme
    Bonjour,
    pourriez-vous nous en dire davantage sur le culte antoiniste et surtout sur les conséquences que l'adhésion à cette secte peut provoquer. Il s'agit visiblement d'une secte spirite où les adeptes se déguisent en soutane et prient le "père Antoine".
    Que proposer à une personne qui a demander la prière de l'un de ces "médiums" et quels sont les liens qu'il faut libérer s'il y en a ?
    Merci pour votre réponse

       
    P. Joseph-Marie
    Inscrit le: 29 Sep 2003
    Messages: 1018
    Message Mar 18 Nov 2003 21:45
    Louis Antoine, dit le Père Antoine (1846-1912), est un mineur belge qui créa l’«antoinisme», schisme du spiritisme qui donne beaucoup d’importance aux dons des guérisseurs. Assez proche de la Christian Science de Mrs. Baker Eddy - fondée aux États-Unis en 1866 - l’antoinisme, malgré la médiocrité de son enseignement, a prétendu être une religion. Ils sont quand même assez rares, mais pas disparus : la preuve, vous en avez rencontrés !
    Comme leurs pratiques sont de nature spirite, avec en plus un culte plus qu’ambiguë à ce fameux « père Antoine », il me semble qu’une prière de délivrance ne serait pas superflue. Si la personne est chrétienne, je vous suggère de l’exhorter à déposer dans le sacrement de réconciliation ce recours à la prière des « antoinistes », en demandant au prêtre de prolonger l’absolution par une prière de délivrance.


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  •     Quand vous entrez dans un temple pour la première fois, on vous saluera d'un : Bonjour, Frère ou Bonjour Soeur.
        Et entre Antoinistes, on fera précéder son nom ou prénom de cette marque de fraternité.
        D'où vient cette tradition ?


        Tout d'abord dans le spiritisme, il est également d'usage de se dénommé de cette façon. On parlera de ses frères spirites. Il est donc normale que cette pratique ait perduré dans l'antoinisme, que l'on traite comme une branche du spiritisme, de l'occultisme ou de la théosophie. D'ailleurs, dans la franc-maçonnerie, également, on se dénomme frère et soeur.
        Dans la religion catholique, l'homme est considéré en tant que membre de la famille chrétienne. "Frères en Jésus-Christ. Tu es le père des êtres; en toi tous les êtres sont frères". Dans la religion musulmane, on se donnera aussi du frère.

        Mais une autre tradition peut expliquer ce fait. On a déjà parlé de la perte de la figure paternelle du fait de l'industrialisation de la société. Cela peut expliquer la facilité avec laquelle on nomma Louis Antoine, le Père. Rappelons à ce propos qu'on surnomma Staline "le petit Père des peuples". L'image du père de famille disparaissant, il en fallait une autre.
        Dans les extrait de Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET, on lit l'anecdote suivante :
    Un jour le Père dit à sa fille adoptive Louise : "Il ne faudrait plus m'appeler Papa".
    - Et comment alors ?
    - Père
    - Tout le monde va vous appeler Père ?
    - Non, celui qui en aura la pensée.
        Mais aussi celle-ci :
    Recevant l'inspiration au sujet de l'enseignement, Il lui arrivait de demander Mme Desart au milieu de la nuit. Son travail fait, Il la raccompagnait chez elle. un soir, répondant aux remerciements de Madame Desart pour les grâces et l'Amour qu'elle recevait auprès de Lui, il lui dit : "Je suis plus près de vous encore que si j'étais votre père." C'est à partir de ce jour que les adeptes l'appelèrent "Le Père".
        Puis très vite, il devint normal de nommé Catherine Antoine, la Mère.

        Dans Délivrez-nous du mal, de Robert Vivier, p.328-29, on lit :
        Ils étaient là tous, autour de leur maître, et, tandis qu'ils penchaient la tête dans le recueillement, chacun d'eux se sentit rejoint à lui par un lien qui partait du plus secret de son coeur. Chacun l'appelait en soi-même d'un nom différent, selon la nature particulière de ce lien. Certains voyaient en lui l'homme généreux, le Bienfaiteur. Pour un Lacroix, pour un Dubois, c'était l'ami par excellence, le Frère. Pour Hollange, pour Musin, pour Deregnaucourt, pour Nihoul, pour tant d'autres, c'était le Maître qui sait la vérité. Les femmes, comme les bonnes gens du peuple, le nommaient déjà le Père. Et plus d'un adepte, écrasé par la grandeur infinie de cette minute, se tenait immobile parmi la foule, conscient de son humilité, et l'appelait à vois basse "le Seigneur".
    [...]
        "Mes enfants", disait-il. Il avait donc choisi d'être appelé "le Père". Tous les adeptes comprirent. Ils sentirent du coup que c'était bien là le vrai nom qui lui convenait, tant à cause de son âge, de son aspect, que de cette égalité d'amour dont il savait envelopper tous ses fidèles. Comme un père, il ne cherchait pas à se faire aimer, il usait à l'occasion d'un rudesse bienveillante. Il songeait avant tout à leur bien, même s'ils n'y songeaient pas eux-mêmes, et il voyait devant eux, plus loin que chacun d'eux.
        - Quoi qu'il vous arrive, dit-il pour terminer, si vous pensez à moi, je serai toujours avec vous pour sanctifier votre épreuve et vous aider à surmonter votre doute.
        C'est ainsi qu'Antoine le Guérisseur, que certains avaient appelé Antoine le Généreux, devint le Père. A partir de ce jour-là il ne fit plus de différence entre tous ses fils. Bientôt il ne reçut plus aucun malade en particulier, et toutes ses opérations furent remplacées par une "opération générale", qui se faisait chacun des quatre premiers jours de la semaine, à dix heures. Il continuait à guérir, mais tous sentaient que pour lui la guérison des corps n'était plus la chose importante. On allait à ses opérations, bien plus pour le fluide d'amour que pour être guéri.

        Le Père est aussi une expression servant à désigner Dieu, comme dans "Notre Père qui es au cieux...".
        C'est aussi l'appellation donnée à certains prêtres, principalement dans le clergé régulier (rappelons en mémoire le Padre Pio).

        Mais il est aussi une pratique à la campagne, peut-être plus souvent dans le nord de la France et en Wallonie qu'ailleurs. C'est de nommer son père, "le père", et sa mère, "la mère". Cf. le Trésor de la Langue française Informatisé :

    [À la campagne, comme appellation utilisée par les enfants parlant de leur père ou par la mère parlant de leur père aux enfants] Le père. Elle toucha le bras de la mère, qui s'éveilla : − Estelle? Hein? Ah... oui. Ah mon Dieu! Elle se levait, passait ses pantoufles, suppliait : − Pas de bruit... Le père, n'éveille pas le père... Elle suivit sa fille dans les ténèbres (Van der Meersch, Invasion 14, 1935, p. 24).

        Remarquons que la citation est d'un auteur du Nord.

        Voyons également Émile Zola, dans Germinal :
        Catherine avait trouvé sa mère agitée d'un pressentiment ; et, dès les premiers mots balbutiés, celle-ci cria :
        "Le père est mort !" (Troisième partie, chapitre V, p.211, Éditions Presses Pocket, Lire et voir les classiques)

        "Eh bien, que se passe-t-il donc, mes enfants ? demanda-t-il à pleine voix. Qu'est-ce qui vous fâche ? Expliquez-moi ça, nous allons nous entendre."
        D'ordinaire, il se montrait paternel pour ses hommes, tout en exigeant beaucoup de travail. (Cinquième partie, chapitre I, p.317, Éditions Presses Pocket, Lire et voir les classiques)

        On en voit quelques exemples dans Robert Vivier :
        La mère disait d'ailleurs que la meilleure prière était encore de faire la charité, d'être honnête et d'aimer tout le monde (p.19).
        - Et notre Louis ? dit la mère. Où est-il par ce temps ? A-t-il ce qu'il lui faut ? Est-ce qu'il pense à nous ? (p.49)
        M. Delcroix, professeur d'athénée est évoqué :
        Un jour qu'il rentrait de l'école, il alla tout droit trouver sa femme, qui était à la cuisine, occupée à essuyer un plat.
        - Mère, dit-il, j'ai eu une idée. Je devrais abandonner l'école et me consacrer à la propagande. (p.290)

        Durant déjà la période spirite, on lit :
        Le docteur Carita, c'était sûr, n'était plus en lui. Mais il lui restait de son passage une autorité, une certitude qui donnait un grand poids à ses paroles.
        - C'est bon, m'fi. Revenez dimanche prochain, et encore l'autre dimanche, toujours avec la foi, comme aujourd'hui, et je vous promets que vous retournerez travailler. (p.211)

        Dans le même auteur, on apprend aussi une autre tradition particulière :
        - Vous avez raison, m'frè* Antoine. Vous n'êtes pas un homme comme les autres, vous... C'est parce que vous avez été au régiment (une note indique : "Mon frère". Locution simplement amicale, en pays wallon). (p.88)


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  • N'est pas un culte public au sens fiscal de la loi, le culte qui ne repose pas sur un corps de doctrine particulier et suffisant à lui-même, dans les cérémonie duquel aucun hommage n'est rendu publiquement à la divinité et dont les rites et cérémonies sont pour ainsi dire inexistants et se bornent à des lectures moralisantes qui ne revêtent pas le caractère de religion. L'existence de temples et de pasteurs est sans influence dans ces conditions (Liège, 21.11.1949, ASBL "Le culte Antoiniste", Pas. 1950, II, 57) (Comm. I.R., n°253/26).

    L'Antoinisme constitue plutôt un centre d'émulation morale à caractère désintéressé et un cercle de conférence d'étique à base religieuse et spiritualiste; ces manifestations n'ont pas complètement le caractère de l'exercice d'une religion, c.-à-d. d'un culte public. La disposition de l'art. 13, $ 1er, C.I.R. est de nature exceptionnelle et ne souffre pas d'interprétation extensive; elle n'est pas applicable à un immeuble affecté à l'exercice du culte antoiniste (Liège, 7.1.1944, ASBL "Le culte Antoiniste")(Comm. I.R., n°253/26 et 27).

    Le financement des cultes et de la laïcité : comparaison internationale et: perspectives
    Husson J.-Fr., Jean-François Husson, la laïcité organisée et l'Etat Observatoire des relations Administratives entre les cultes
    Presses universitaires de Namur, 2004
    source : GoogleBooks


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  • graphique : Proportion de temple par rapport à la superficie du pays.

     

        Selon le sociologue Rodney Stark, la Science chrétienne atteint son apogée en 1936 avec 2 048 adhérents par million d’Américains d’après ses estimations. Ensuite, le nombre d’adeptes de la Science chrétienne ne cesse de baisser aux États-Unis pour atteindre, toujours selon lui, 427 adhérents par million d’Américains en 1990. Pour le sociologue, il faut y voir la conséquence « d’une fertilité inadéquate, d’une socialisation sans effet (...), d’un déclin de l’efficacité relative de son effet placebo [par rapport aux progrès de la médecine moderne] et des opportunités bien plus grandes d’occupation pour les femmes [dans la société d’aujourd’hui] ».

        Ce qui est vrai pour la Science Chrétienne, peut aussi l'être dans l'antoinisme. Je passe sur la "fertilité inadéquate et la socialisation sans effet" qui sont des notions incompréhensibles pour qui n'a pas le livre du sociologue en main. J'en comprends que la population ne peut en général pas comprendre et continuer l’œuvre de Baker-Eddy, et que sa doctrine n'est pas assez puissante pour faire front pour s'intégrer dans le paysage de la société, face aux autres églises. Mais il faudrait lire Rodney Stark pour comprendre plus loin.
        Comme le dit Anne-Cécile Bégot "La science chrétienne et l’antoinisme ont, à leur création, fait de la guérison une pratique centrale de leur culte. Or, en dépit de la place importante accordée à la santé dans les sociétés contemporaines, ces groupes, qui font toujours partie du paysage religieux français, sont actuellement sur le déclin. Leur histoire interne, examinée sous l’angle du prophétisme, et leurs rapport à la société globale constituent les principaux éléments permettant de comprendre ce phénomène." (source : http://www.gilles-arnaud-sphere.com/?p=2070)
        Par contre, le fait que la médecine est plus efficace peut faire penser que beaucoup d'antoinistes voulait d'abords soulager leur douleur, et quand cela réussissait, adhéraient au mouvement. La pratique d'un culte baisse de jours en jours, "la démarche est aujourd’hui davantage personnalisée, basée sur les relations. L’investissement est souvent plus humain qu’à proprement parler religieux" (source : http://www.uclouvain.be/10038.html).
        Quant aux "opportunités bien plus grandes d’occupation pour les femmes", cela peut expliquer aussi la baisse du nombre de personne.

        J'ajouterai également que le fait d'avoir cataloguée l'antoinisme comme secte (ce que l'on retrouve toujours dans une liste copié et recopié sur le web) a fait beaucoup perdre de nouvelle personne qui préfèrent se tourner vers autres choses, et perdre ainsi l'occasion de vivre un "mode de vie autre" comme le disait la desservante de Jemeppe interrogeaient pour la nouvelle édition de Délivrez-nous du Mal, de Robert Vivier. Ce "mode de vie autre" étant en total inadéquation avec la société de consommation que l'on prône à longueur de publicité partout où nous nous trouvons a d'autant plus de mal à se faire une place, que la spiritualité autre que catholique est combattue de façon virulente.

        Le fait que les temples belges soient "vides" comparé à ceux de France est du au nombre de temple par rapport à la superficie du pays.


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  • R. P. J. GUILLERMIN. – Consolatrices. Scènes actuelles. Paris, Lethielleux, 1917. In-12. Prix 2 fr. 25.

        Mme Solange Landey, professeur brevetée ès sciences, libre penseuse, engouée de théosophie et de spiritisme, écrit ses Cahiers de Vacances : 1913, 1914, 1915. C'est la confession de ses déboires progressifs. Au fur et à mesure de la marche des événements, qui vont à rebours de ses pronostics humanitaires et pacifistes, elle se rend compte, son orgueil de plus en plus dépité, que les consolations appuyées sur la seule raison ne donnent aucun repos aux esprits. L'âme de son élève, Jeanne, comtesse de Vertavonne, moulée à son image, ne trouve pas une compensation à la perte de son mari, disparu à la guerre, dans le rêve des métempsychoses et des réincarnations. Petit à petit, au contraire, la prière et le spectacle de la foi sincère attirent son cœur à une doctrine faite de promesses de revoir dans l'au-delà, à la doctrine chrétienne.
        Ce roman, où le sens de la nature est vif et charmant, a des richesses d'analyse psychologique qui lui donnent une valeur d'art très appréciable. Il vaut encore par l'opportunité de la thèse, beaucoup d'esprits distingués se réfugiant volontiers dans l' « amusette » spirite, par besoin d'une croyance, mais pour échapper aussi aux obligations du dogme et de la morale évangéliques. (Henry COURBE.)


    -------------------------------------------

    En nos jours d'angoisse et de deuil, combien d'âmes et de mains se firent consolatrices! Consolations de formes diverses, de diverses valeurs aussi. Elles se rencontrent mêlées, et néanmoins discernables, en ces pages d'angoisse intime et presque de confession, mais qu'on a voulu livrer telles qu'elles sortirent des âmes et des choses, dans l'espoir que d'autres âmes peut-être en seraient aidées et consolées.

    [...]

        Bonne leçon en somme pour moi d'abord j'ai appris, non sans quelque amertume, combien peu l'on doit se fier à une femme, fût-elle élevée sur mes genoux, comme Jeanne, ou, comme l'autre, dans le ruisseau. Leçon aussi pour Jeanne. Dès que son esprit aura retrouvé l'équilibre, je ne doute plus qu'aux jets de fiel dont cette femme l'éclaboussait, elle ne tire quelque profit. En les filtrant un peu, elle y verra un filet de vérité. Ah! la couleuvre a du venin contre le bon Dieu, et cela va de soi!
        Si Dieu existe, il est bon, puisque infini, c'est-à-dire infiniment parfait. Mais tout de suite on voit, par tant de misères injustifiées, tolérées par ce Dieu, qu'il manquerait précisément de bonté pour nous. Donc il n'existe que dans une incohérente idée, dans l'idée d'une couleuvre, joli rêve parfois, mais fantaisie d'imagination. Le bon Dieu ! ces deux mots se tiennent, cette femme faisait bien de ne point les séparer s'il existe, il est nécessairement bon. Ah! je comprends la haine furieuse de ce reptile, assez rampant pour croire à l'existence de ce Dieu, comme d'une personne distincte de la Nature, et s'occupant d'une porteuse de pain, un Dieu infini penché sur cette couleuvre, voyez-vous ça?
        Non, la haute religion de la Science n'est point pour ces êtres grossiers. Esprits à peine évolués, ils ne sauraient aspirer à la pure et reposante clarté qui nous baigne. L'altruisme fait bien de s'occuper d'eux, mais sans espoir ni effort pour les élever au-dessus des vieilles religions, et je comprendrais presque le chapelet de Jeanne, dans un moment d'oubli, trop altruiste néanmoins. Notre dignité ne permet pas tous les abaissements. Récemment, on fit
    effort pour éclairer ce bas peuple : l'Antoinisme, une vulgarisation de notre sublime doctrine, incohérente sans doute, mal étayée par cet Antoine qui se dit guérisseur, qui fut catholique, spirite et n'importe quiste, je pense, avant de tomber, ébloui, dans nos bras. Il a fait un bon travail cependant, par son effort à débarrasser le populaire des vieilleries chrétiennes, en l'initiant aux dogmes des réincarnations. Il y va carrément, ce guérisseur-là, il ne ménage point comme nous les susceptibilités, les langages catholiques; l'Antoinisme, à coups de boutoir assez adroits, démolit prières, charités, croyances, morales, tout l'échafaudage des curés et des sacristains. La haute théosophie suit avec intérêt ce progrès de la lumière parmi les humbles, et la consolatrice clarté va grandissant, surtout auprès de nos villes d'eaux Royat, Aix-les-Bains; Monte-Carlo. Peut-être, au contact de la haute société et de la grande vie, les âmes frustes s'éveillent-elles mieux; je préfère cette explication à celle qui prétend constater, autour de nos villes d'eaux et de jeux, une floraison particulière de pratiques superstitieuses.
        Cette femme que Jeanne visitait en son taudis n'est assurément point touchée encore de cette lumière; elle imagine un Dieu personnel! Alors la méchanceté de ce Dieu est incompréhensible. Problème si clair aujourd'hui : naître, c'est renaître, commencer sa vie, c'est la continuer. Mon âme existe et circule depuis les toujours éternels en route, elle a fait des chutes, elle doit donc se relever, sinon l'équilibre final serait violé; grande loi de la conservation de l'énergie! Aussi bien, les tout petits enfants souffrent déjà, ils ont des tendances, des vices, des qualités aussi, du génie parfois. On s'en étonne, mais que l'on regarde donc au-dessus et au delà des berceaux; cet enfant vient d'ailleurs, ce génie est le fruit de lentes et magnifiques évolutions, je ne sais où, je ne sais quand, mais je sais... ou bientôt l'on saura... comment. Travail des incarnations successives. Cette malechance acharnée sur celui-ci, est-ce donc un Dieu jaloux, une malveillante providence ? Ces mots jurent. Tout simplement ses propres fautes, ses faiblesses d'une vie antérieure et qui fatalement se doivent réparer. O splendeur de l'immanente justice !

    Études / publiées par des Pères de la Compagnie de Jésus
    Avril 1916
    source : gallica


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  •   Antoinistes et Juifs parisiens pendant la guerreIllustration : Suzanne Davy, née Marseille, une fille de Paulette                          Suzanne Davy, née Marseille
    et Paulette Bartel, née Tzesselsky, en France en 1979
    (documents de Yossi Bartel, qu'il soit ici remercié)

    Antoinistes et Juste parmi les Nations    

    Angèle Marseille
    Dossier Yad Vashem : 525
    Remise de la médaille de Juste : 29/04/1969
    Sauvetage : Paris 75000 - Paris
    Qualité: Membre de l'église antoiniste
    Religion : Catholique
    Nom d'épouse: Marseille
    Date de décès: 26/01/1999

    Suzanne Marseille Davy
    Dossier Yad Vashem : 525
    Remise de la médaille de Juste : 29/04/1969
    Sauvetage : Paris 75000 - Paris
    Qualité: Membre de l'église antoiniste
    Religion : Catholique
    Nom de naissance: Marseille
    Nom d'épouse: Davy
    Date de naissance: 1911
    Date de décès: 26/01/1999

    Notice
        Angèle Marseille et sa fille Suzanne, habitent à Paris dans un appartement. Dans le même immeuble habite la famille juive Tzesselsky.
        Lors de la grande rafle du Vel d'Hiv, le 17 juillet 1942, les quatre membres de la famille Tzesselsky, le père, la mère, Paulette, 14 ans, et son frère, 9 ans, sont arrêtés et internés au camp de Pithiviers.
        Ils seront remis en liberté grâce à l'intervention de l'ORT, école juive où travaille M. Tzesselsky.
        De retour chez eux, il ne se trouva que deux personnes, sur les 30 familles habitant l'immeuble pour leur donner un peu de réconfort et de nourriture : Angèle Marseille et sa fille Suzanne.
        Le 19 mars 1943, avertit par un employé de l'ORT d'une arrestation imminente. Ils s'en ouvrent à Suzanne qui demande à sa mère de les accueillir pour la nuit.
        Après quelques hésitations, la famille arrive dans le petit logement des Marseille à minuit. Ils éviteront ainsi la police qui se présentera à leur domicile deux heures plus tard.
        La concierge qui ignoraient où ils étaient cachés, déclara qu'ils étaient partis sans laisser d'adresse.
        Il devint clair que les Tzesselsky ne pouvaient retourner chez eux.
        Le lendemain, Suzanne partit pour Vincennes où elle loua à son nom un appartement pour les Tzesselsky sous une fausse identité. Mais il s'avéra dangereux de faire déménager les Tzesselsky et ils est décidé qu'ils resteraient alors chez Suzanne et Angèle. Les parents Tzesselsky resteront 18 mois, sans que personne dans l'immeuble ne s'en rende compte.
        Suzanne contacta une organisation juive clandestine pour placer les deux enfants. Présentés comme des orphelins et munis de faux papiers, ils sont envoyés dans un village isolé près de Dormans dans la Marne.
    Suzanne leur rend visite régulièrement même si le voyage en train prend 3 heures et que le village est situé à 7 ou 8 kilomètres de la gare.
        Suzanne Marseille, présentée comme une parente, leur amène des cadeaux.
        Toute la famille de Paulette Tzesselsky sera sauve.
        Après la guerre, les Tzesselsky voulurent remercier leurs sauveteuses, qui malgré leur situation financière précaire, refusèrent toute compensation.
        La famille Tzesselsky partit s'installer en Israël, mais resta en contact avec ses amies Angèle et Suzanne.

    Lien vers le Comité français pour Yad Vashem
    Réseau de sauvetage
    Suzanne Marseille Davy
             
    Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Angèle Marseille
    Paulette Tzesselsky

    sources :
    https://www.ajpn.org/juste-Angele-Marseille-1834.html
    https://www.ajpn.org/juste-Suzanne-Marseille-Davy-785.html
    https://www.ajpn.org/personne-Paulette-Tzesselsky-1867.html

     

     

        Similarly for Angèle Marseille and her daughter Suzanne lived in a Paris apartement building where they met the four members of the Tzesselsky family who where Jewish. On March 19, 1943, Suzanne learned that the Tzesselskys were about to be arrested. She insisted that they all spend the night in her morther's apartment. thus they eluded the police who came to fetch them late that evening. It was clear that the Tzesselskys could not remain in their apartement; they remained hidden whith Suzanne and her mother for eighteen months unbeknownst to all the other tenants. The two children were sheltered with anither family: they were later moved to another place under assumed identities. Suzanne visited the children regularly; these visits involved long trips by train and a seven- or eight-hour walk to a lone village where she introduced herself as a relative of the "orphaned" children. The Tzesselsky family was reunited at the end of the war. The Marseilles, members of the Antoiniste Church, a theosophical religion which emphasizes the divine-spiritual attributes of the individual, refused any monetary compensation for their charitable deed. "Without them, we should not have been citizens of Israel but perhaps a bit of ash on Mount Zion [where ashes of the victims who were burnt in the crematoria are preserved]," Paulette Tzesselsky states in her deposition.

    The Path of the Righteous: Gentile Rescuers of Jews During the Holocaust
    Mordecai Paldiel
    KTAV Publishing House, Inc., 1993
    GoogleBooks


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  • On ne saurait soutenir que, avec ses qualités et ses défauts, la puissante organisation catholique, dont un Auguste Comte a si admirablement montré le grand rôle civilisateur à travers le monde entier, soit une œuvre de races inférieures. En Angleterre même et aux Etats-Unis, le catholicisme a eu sur le protestantisme une influence heureuse, en radoucissant, en adoucissant les mœurs publiques, en tempérant chez une minorité, puis, par la contagion de l'exemple, chez la majorité même, ce qu'avait de farouche et d'insociable l'individualisme protestant, ce culte du moi en vue de Dieu, ce culte de Dieu dans le moi, qui confinait à la divinisation du moi. Un éminent critique a dit que le protestantisme fut la « protestation de l'individu contre le caractère social du catholicisme », et ce n'est pas là, assurément, une définition complète ou adéquate de la Réforme; mais on peut accorder que la Réforme fut une révolte de l'individualisme et une victoire de la personnalité, qui enveloppait d'ailleurs une juste exaltation de la conscience individuelle, de la foi individuelle, de la religion individuelle, trop étouffées sous les formes, sous les œuvres, sous l'organisation collective du catholicisme. Il y a donc là deux tendances également hautes, l'une vers la diversité individuelle, l'autre vers l'unité sociale, dont aucune ne constitue une vraie « infériorité » de race ou de valeur morale.

    Alfred Fouillée, Esquisse psychologique des peuples Européens (1903)
    Les races latines et germaniques au point de vue de la religion, p.530
    source : archive.org


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  •  La Croix - 13 février 1936 - L'Armée du Salut et l'AntoinismeLa Croix - 13 février 1936
    journal quotidien catholique
    source : gallica

    L'Armée du Salut et l'Antoinisme

    Communiqué de l'évêché de Luçon

        Certaines sectes religieuses se livrent dans notre diocèse à une active propagande. nous apprenons que l'Armée du Salut et l'Antoinisme spécialement cherchent à recruter des adeptes, distribuent des brochures ou sollicitent des offrandes.
        Les catholiques auraient tort de ne voir dans l'Armée du Salut qu'une association charitable où se dépense, en effet, beaucoup de dévouement. Elle a des oeuvres philantropiques importantes, mais dont elle se sert pour conquérir les âmes, et les gagne à la foi salutiste. Cette doctrine, souvent exprimée d'une manière équivoque qui trompent des esprits non prévenus, est sur plus d'un point en contradiction formelle avec nos croyances, puisqu'elle nie, entre autres choses, l'institution divine et la nécessité des sacrements, notamment la nécessité du baptême.
        L'Antoinisme mérite un jugement plus sévère encore. on se demande comment une doctrine incohérente et souvent ridicule peut trouver des adeptes, à qui elle enseigne, par exemple, que le bien et le mal ne sont pas plus réels l'un que l'autre, que Dieu n'est pas l'auteur de la loi morale, que l'homme en observant des lois que lui-même a faites deviendra aussi parfait et même plus parfait que Dieu... Le reste est à l'avenant. C'est avec de telles niaiseries que l'Antoinisme veut faire des dupes. En avertissant les catholiques, non seulement nous protégeons leurs croyances, mais nous défendons encore les droits de la raison et du bon sens.
        Nous mettons donc les fidèles en garde contre cette double propagande et leur demandons de lui refuser tout subside pour ne pas coopérer à leur diffusion de doctrines et de sectes condamnées.


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  • Pour Albert Caillet (Traitement mental et culture spirituelle - 1912) : "plusieurs milliers d'adhérents, on dit même Centaines de Milliers, en Belgique."
    Pour Lucien Roure (Au Pays de l'Occultisme - 1925) : 18.000
    Pour Pierre Debouxhtay (Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme - 1934) : 40.000
    Pour Robert Vivier (Délivrez-nous du mal - 1936) : 300.000
    Pour Alain Woodrow (Les nouvelles sectes - Seuil - 1977) : 150.000 en 1900
    Pour Claude Petit-Castelli (Les sectes : Enfer ou Paradis - Ed. de Messine - 1977) : 20.000
    Pour Jean Vernette & René Girault (Des sectes à notre porte - Chalet - 1987) : 20.000 (dont 2.000 en France)
    Pour le Centre Roger Ikor (Les sectes - Etat d'urgence - Albin Michel - 1995) : 2 500 à 3 000 antoinistes « costumés » ; 20.000 pratiquants (dont 2.500 en France) ; nombre indéterminé de consultants.
    Pour l'UNADFI (1995) : 200.000 (dont 2.500 en France)
    Pour Wikipedia : 2.500 en France (antoinistes actifs)
    Pour le Quid (2001) : Adeptes : 2.500 à 3.000, revêtus du costume religieux antoiniste et chargés d'assurer le travail moral que comporte l'activité du culte. Pratiquants : 150.000 (France 100.000).
    source : http://pagesperso-orange.fr/eric.chopin/report.htm
    Pour Human Rights Without Frontiers International (2003) : fait partie des groupes de moins de 150 croyants
    source : http://www.hrwf.net/religiousfreedom/publications/ext/belgium.pdf


    En 1989, la note additionnelle pour Délivrez-nous du mal, de Robert Vivier,  précise que le "25 juin 1989, date anniversaire de la "désincarnation" du Père Antoine, alors que la cérémonie dite de l'"opération" se répétait trois fois sur la matinée, la séance à laquelle nous avons assisté au temple de Jemeppe rassemblait à peu près 400 personnes." (p.360)


    Le 25 avril 2005, on lit sur le site http://antoinisme-documentation.skynetblogs.be :
    "Depuis 1960, il faut bien reconnaître que le CULTE ANTOINISTE stagne en Belgique. Les deux derniers Temples inaugurés l’ont été dans les années 1950 ( celui de MONS en 1956 et celui de RETINNE en 1958 ). A noter que le Temple de RETINNE n’appartient pas au CULTE ANTOINISTE mais à l’ASBL «  Les Disciples de Père et de Mère ANTOINE ».
    Cette stagnation est due à la rigueur de comportement du CULTE ANTOINISTE qui s’interdit tout prosélytisme même vis-à-vis des visiteurs des Temples ! Il faut bien admettre aussi que le CULTE ANTOINISTE subit les mêmes problèmes de désaffection et de manque de bénévoles pour exercer dans les Temples que les autres religions, sauf l’Islam.
    Toutefois, dans certains pays, l’ANTOINISME connaît un regain de popularité depuis les années 1990. En France, notamment, plusieurs Temples ont été ouverts ces dernières années. Au CONGO ( ex-belge), une petite église comptant+/- 10.000 membres s’est convertie à l’ANTOINISME. Il y a des implantations au BRESIL et des fidèles dans divers pays."
    Et comme commentaire de Jacques Cécius : "L'Eglise dont vous parlez, comptant =- 10.000 membres, en Afrique, n'a finalement pas rejoint le Culte Antoiniste. En Belgique, celui-ci est en perte de vitesse, voire en perdition. Le dimanche dans le Temple de Jemeppe, une vingtaine de personnes assistent à la Lecture... Beaucoup de temples n'ont plus de desservants. On peut estimer le nombre de pratiquants réguliers à environ 200, toujours en Belgique."
    "J'ajoute, au sujet de l'Antoinisme en France, que si quelques temples ont été créés, d'autres ont grand mal à trouver des desservants. Ce fut le cas de Marseille et de Lille. Il ne semble pas que le Culte soit en expansion en France. Cependant il n'est pas dans le même triste état qu'en Belgique."

    Sur la Fédération des Maisons Médicales, on lit cependant :
    Une enquête rapportée en 2001 montre que l’impact du culte antoiniste ne se dément pas. En vingt jours, un guérisseur antoiniste a vu 216 personnes, (60% de femmes, 40% d’hommes), la plupart par ailleurs suivies par un médecin ; 47% consultaient pour des problèmes de santé physique, 19% pour des problèmes psychologiques notés comme « dépression », 13% pour des problèmes sentimentaux, 13% pour des difficultés professionnelles. Plus rarement la demande portait sur des
    conseils spirituels ou des questions matérielles. C’est donc bien l’image d’une religion thérapeutique que véhicule l’antoinisme. La guérison demeure au premier plan de ses préoccupations et constitue la porte d’entrée des adeptes.
    source : http://www.maisonmedicale.org/Croire-et-guerir.html

    Le 10 Mars 2007, "Claude le Liseur", sur le site http://www.forum-orthodoxe.com, précise, concernant le Bön (une religion tibétaine préexistant au bouddhisme) : "En ce sens, et seulement en ce sens, ils ne sont pas différents des adeptes d'une religion beaucoup plus fantaisiste, mais bien de chez nous puisqu'elle n'existe que dans des pays francophones: l'antoinisme si longtemps et si durement persécuté par l'Eglise catholique romaine en Belgique. Le desservant antoiniste se doit d'apporter son aide à tous ceux qui souffrent et qui font appel à lui, et il n'est pas freiné dans cette tâche par la considération qu'il n'y a plus que 20'000 ou 30'000 antoinistes à travers le monde."
    "Les choses seraient tout de même plus simples si ce clergé assumait jusqu'au bout son tribalisme et son racisme, s'il était capable de s'affranchir en même temps de l'illusion du nombre et de l'obsession de "faire du chiffre", et de prendre au moins modèle sur les bœunpo, les antoinistes ou les Juifs, qui ne se soucient pas d'avoir de faibles effectifs, plutôt que de continuer à aligner des statistiques fantaisistes. Ce serait au moins un moyen d'assumer la situation que ces clercs ont eux-mêmes créée, par l'obstination à refuser de transmettre une tradition si précieuse et si menacée."

    De même un commentaire de malag22 sur le site http://antoinisme-documentation.skynetblogs.be/post/6513811/temples-antoinistes-photo-dune-ancienne-plaqu#comments, daté du 09 décembre 2008, on lit : "Cependant, nous sommes confrontés à une certaine désaffection, c’est une évidence.
    D’une part, le Père nous dit quelque part que le nombre de personnes, à une Lecture ou une Opération, n’est pas signe de qualité. Quantité n’est pas qualité, c’est une évidence, il me semble.
    D’autre part, le Père nous dit aussi que c’est par notre exemple que nous aurons de nouveaux adeptes.
    Je rajouterais que ce n’est pas l’Enseignement du Père qui prime, mais la « Force » qui la générée au travers de sa bouche. Il y a eu le Père Antoine « matériel » et il y a le Père Antoine « spirituel » qui a rejoint la Conscience Universelle, l’Unité du Grand Tout.,… (le Père Antoine, comme chacun de nous, n’a jamais quitté cette Conscience Universelle, mais bon, c’est pour l’image). Bref, l’Enseignement a eu et a toujours sa raison d’être (selon moi en tout cas). Cependant, s’il venait à disparaître, ilréapparaîtrait sous une autre forme, comme il était déjà apparu au travers du Père après être apparu au travers d’autres Prophètes.
    Ceci dit, je m’imprègne de cet enseignement, je me bas aussi avec mon intelligence contre cet enseignement, mais toujours j’en retire quelque chose. Et souvent, il me vient la question : « Pourquoi sommes-nous si peu nombreux alors que cet Enseignement a encore tant à apporter pour nous nourrir dans une société en manque de valeurs ? ».
    Individuellement, je n’ai pas l’impression d’avoir épuisé le fluide d’Amour qui découle de cet enseignement, c’est une évidence. Cependant, il en va de même collectivement, il y a tellement à découvrir pour tous dans cet Enseignement pour vivre au 21ème siècle."


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  • Vers l'an 200 après J.C., Clément d'Alexandrie affirmait : En ce qui concerne les choses mystérieuses, les symboles des Egyptiens sont semblables à ceux des Hébreux (Clément d'Alexandrie, Stromates, V.)
    Cette citation surprenante a incité Roger et Messod Sabbah à faire une étude comparative entre l'écriture hébraïque et les hiéroglyphes. Des ressemblances extraordinaires furent constatées, lettres après lettres, dans la forme, la prononciation, le nom ou la valeur symbolique. La première conclusion de cette étude permettait d'accréditer l'affirmation de Clément d'Alexandrie.
    Désireux d'en savoir plus, Roger et Messod Sabbah entreprirent une étude comparée de l'Ancien Testament, en rapport avec les données archéologiques de la XVIIIe dynastie pharaonique, se référant aux savants les plus éminents de l'égyptologie. Une relecture appuyée sur les commentaires des textes bibliques de Rachi (Troyes, XIe siècle ap. J.C.), grand maître de la tradition hébraïque écrite et orale, qui avait comme livre de référence la Bible araméenne, leur apporta une lumière nouvelle. Ils constatèrent que pour la Bible araméenne, les Hébreux s'appelaient les «Yéhoudaé », mot égyptien signifiant héritier, adorateurs de Pharaon... Ils formaient avec les « Lévi » la plus puissante tribu d'Israël, celle de Yahoudah (Juda). S'appuyant sur le Midrach (commentaire de la Bible des anciens rabbins), Rachi précisait que lors de la sortie d'Egypte, les Lévi n'avaient jamais été esclaves de Pharaon, parce qu'ils appartenaient à la prêtrise et la noblesse d'Egypte... Etaient-ils les serviteurs et adorateurs de Pharaon, comme le confirmait le hiéroglyphe «Yéhoudaé » ? Contre toute attente, ce procédé aboutit à de nouvelles coïncidences, amenant progressivement à rapprocher l'Exode biblique des prêtres Yahouds avec l'Exode historique des prêtres d'Akhet-Aton, capitale du pharaon Akhénaton, désertée après sa mort sur l'ordre du Divin Père Aï, vizir de Toutankhamon.

    source : http://www.editionsjcgodefroy.fr/page.php?id=13

     

    Cf. également le site dédié à la spiritualité kamite http://www.kamitik.com/ :

    Bienvenue sur le premier site consacré à la spiritualité Atonienne, à l'origine du judaïsme du christianisme et de l'islam
    Nous sommes un groupe à la fois hétérogène et homogène !
    Hétérogène, parce qu'à la base nous sommes issus de religions, de races et de milieux sociaux culturels différents.
    Homogène, parce que nous sommes unis par une même foi dans la religion monothéiste du pharaon Akhenaton, le véritable Moïse tel que nous le révèle le chercheur kamite Akounaatona alias Pierre Nillon.


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  • L'antoinisme, religion burlesque (La Croix, 5 janvier 1932)

    La Croix - mardi 5 janvier 1932 (Numéro 14986)
    journal quotidien catholique
    source : gallica


    L'antoinisme, religion burlesque

        Dans la Cité Chrétienne de Bruxelles,
    M. Louis Timmermans montre l'extra-
    vagance des théories philosophiques et
    religieuses de l'antoinisme où s'égarent
    malheureusement des esprits trop cré-
    dules.

        Louis-Antoine est né à Flémalle-Grande
    le 8 juin 1846. Il devient ouvrier métal-
    lurgiste, voyage en Allemagne, épouse en
    1873 Jeanne-Catherine Collon, dont il a
    un fils cinq mois plus tard. Revenu en
    Belgique, il s'installe comme concierge
    aux « Tôleries Liégeoises », à Jemeppe.
    Amené à fréquenter des séances spi-
    rites, il devient président d'une secte
    et se fait médium guérisseur. Bientôt
    il se lasse et se passe des esprits, et
    distribue lui-même conseils et ordon-
    nances. Il prescrit contre toutes les ma-
    ladies une certaine liqueur Coune. Con-
    damné pour exercice illégal de la mé-
    decine, ce qui lui vaut la sympathie de ses
    malades et de leurs amis, il change de
    méthode et prescrit de l'eau claire, à
    laquelle il communique, dit-il, un fluide
    magnétique. La renommée grandit. An-
    toine change de nouveau de méthode
    prescrit du papier magnétisé, moins
    encombrant qu'un bidon d'eau. La re-
    nommée grandit toujours, et le guéris-
    seur, voulant aller de l'avant, rêve de
    devenir prophète et fondateur de re-
    ligion. Il supprime tout intermédiaire ma-
    tériel et se contente d'imposer les mains
    aux malades pour faire passer le fluide
    bienfaisant.
        Mais toute religion s'accompagne d'une
    doctrine et d'une morale. De 1905 à 1910,
    Antoine écrit quatre ouvrages qui sont
    le plus incompréhensible baragouin qu'il
    est possible d'imaginer. Le culte s'éta-
    blit en mème temps que la morale et
    la doctrine; partout, des temples se
    fondent. Cela fatigue le « bon père »
    qui meurt en 1912, âgé de 66 ans. Avant
    son décès, il a eu le temps de passer son
    pouvoir à sa femme. Ses dernières pa-
    roles: « Après Mère. il y aura de grands
    guérisseurs. On pourra en choisir un
    pour remplacer Mère. Mère suivra tou-
    jours mon exemple; elle ira sur la tri-
    bune comme j'y vais, mais pour le
    nouveau guérisseur, il n'en sera pas de
    même : il montera à la tribune par l'es-
    ralier opposé, et quand il l'aura mérité,
    il ira par où je vais. »

    La philosophie antoiniste

        On trouve dans les ouvrages d'An-
    toine quelques propositions fondamen-
    tales qui peuvent être considérées comme
    la base philosophique de cette religion
    bizarre. Le plus important de ces ou-
    vrages est le Couronnement de l'œuvre
    révélée (1910). « Il faut en convenir,
    tout ce qui a été révélé jusqu'à ce jour
    n'est qu'un acheminement vers la réa-
    lité, tendant à nous rendre plus aptes à
    la comprendre et à l'apprécier. Le
    Couronnement est à lui seul tout
    l'enseignement ». Voilà une formule-
    type de la littérature antoiniste. D'abord
    l'affirmation tranchante : il faut en con-
    venir. Rien de plus contraire à l'antoi-
    nisme que la forme interrogative, que
    le point d'interrogation, que le simple
    doute méthodique. Il faut en convenir,
    rien ne dépasse l'assurance d'Antoine;
    son assurance est son principal et son
    seul argument. Mais j'ai tort, dans cet
    article sur l'antoinisme, d'employer des
    mots tels qu'argument, ou que philo-
    sophie, ou que doute méthodique. An-
    toine, en effet, détestait l'intelligence.
    Dans tous ses écrits, il l'a terriblement
    malmenée, comme s'il sentait qu'elle
    était sa principale adversaire. « L'intel-
    ligence, dit-il dans la Révélation, l'in-
    telligence considérée par l'humanité
    comme la faculté la plus enviable à
    tous les points de vue, n'est que le
    siège de notre imperfection. » Et dans
    le Couronnement, qui est à lui seul tout
    l'enseignement, il nous apprend que
    « l'intelligence suprême n'est autre que
    le démon en qui nous sommes incar-
    nés » et que « la loi morale est opposée
    à l'Intelligence ». Qu'Antoine me par-
    donne. mais je ne parviens pas à trou-
    ver dans ses ouvrages une page qui
    soit intelligente, ni une page qui soit
    morale. Bien plus je crois que son
    immoralité foncière provient de sa bê-
    tise. Ce brave homme était sans doute
    orgueilleux, peut-être ambitieux, mais ce
    qu'il était certainement, c'est bête comme
    il n'est pas permis de l'être quand on
    fonde une religion. De sorte qu'il ne
    lui restait plus qu'une ressource ca-
    noniser la stupidité.
        Avec beaucoup de bonne volonté, on
    pourrait dire que les ouvrages d'An·
    toine contiennent, en philosophie trois
    notions fondamentales: sa conception de
    Dieu, du monde et de l'homme.
        Ses idées sur Dieu sont très vagues.
    Antoine semble être panthéiste et adhé-
    rer, pour autant qu'il les a comprises,
    aux théories de Hegel. « Rien n'est sorti
    de Dieu qui ne soit Dieu; s'il n'en
    était pas ainsi, Dieu ne serait pas pur.
    Il remplit tout l'univers et seul il existe
    réellement. »
        Deuxième idée générale d'Antoine: le
    monde matériel n'est qu'apparence. Com-
    bien de fois cette idée ne revient-elle
    pas dans ses livres ? « Pourquoi voyons-
    nous la matière et qu'elle est en dehors
    de nous ? Parce que nous ne percevons
    tout que par les sens qui sont seuls
    matière, illusion de notre esprit. Disons
    plutôt que tout se résume en nous; c'est
    notre imperfection seule qui nous rend
    accessibles à la matière, qui nous fait
    imaginer qu'elle existe tandis que c'est
    le contraire.» La même idée revient des
    centaines de fois sous des formes diffé-
    rentes. Je demande pardon à mes lec-
    teurs de leur rapporter encore la sui-
    vante: « L'animal n'existe qu'en appa-
    rence... il n'est que l'excrément de notre
    imperfection. » Voilà pour le monde ma-
    tériel.
        Quant à la philosophie antoiniste de
    l'homme, elle est absolument simpliste.
    Il y a dans l'homme deux individualités:
    le « moi conscient et le moi intel-
    ligent ». Avant d'arriver jusqu'à la
    pureté absolue de l'être », il nous faut
    passer par des milliers d'existences. Le
    passage d'une vie à l'autre est appelé
    désincarnation et réincarnation. Mais ces
    termes ne peuvent être entendus au sens
    habituel des spirites, puisque la matière
    est pure représentation subjective. La
    mort et le passage d'une ancienne vie à
    une nouvelle ne sont que le remplace-
    ment d'une illusion par une nouvelle,
    et il en sera ainsi tant que nous ne se-
    rons pas dépouillés de l'intelligence.

    La religion antoiniste

        Toute religion sérieuse, qu'elle soit
    dogmatique ou qu'elle soit une réaction
    contre le dogmatisme, a toujours le
    dogme pour base. Le scepticisme lui-
    même est une forme de dogmatisme,
    puisque douter sincèrement et se mo-
    quer de ceux qui ne doutent pas est une
    attitude de partisan. Sans doute existe-
    t-il des esprits raffinés qui ne se con-
    tentent pas de douter, mais qui vont
    jusqu'à douter de leurs doutes ce sont
    des exceptions qui ne se rencontrent
    qu'au milieu de peuples trop civilisés.
        Antoine, lui, ne doutait pas. Sa reli-
    gion est basée sur une certitude
    inébranlable, une certitude absolue
    et qui est le point de départ de toutes
    ses extravagances: cette certitude, c'est
    qu'Antoine doit être glorifié comme un
    dieu. Au commencement il se contente
    de révéler, car sa mission, raconte-t-il,
    est de compléter l'œuvre des prophètes
    et d'adapter leur enseignement au dé-
    veloppement actuel de l'humanité. D'où
    des révélations telles que celles-ci: « Je
    vous ai révélé qu'Adam n'existait que
    spirituellement; il est le moi conscient
    et Eve, qui n'existait qu'en apparence,
    le moi intelligent. Telles sont les deux
    individualités qui sont en nous, l'une
    réelle et l'autre apparente... J'ai révélé
    que la défaillance d'Adam ne lui per-
    mettait plus de supporter la réalité; il
    en souffrait et cherchait partout le moyen
    de s'y dérober. Il la cachait et s'ima-
    ginait que chez ses semblables il en
    était de même à son égard. En dissi-
    mulant la réalité, croyant se faire esti-
    mer avec l'apparence, Adam agissait tout
    contrairement à son avenir. » Adam et
    Eve sont l'objet constant des révélations
    d'Antoine. Leur histoire est pour lui une
    obsession. Adam n'a pas été le premier
    homme, « il en existait d'autres à cette
    époque, qui occupaient diverses con-
    trées, formant différents milieux de la
    même élévation ». Néanmoins, c'est Adam
    qui a créé le monde où nous vivons, car
    il nous a transmis en héritage l'état
    d'incarnation où nous sommes. La faute
    d'Adam fut « d'imaginer Dieu en dehors
    de lui, en croyant le voir dans le ser-
    pent ». Par là, il se créa une « indi-
    vidualité personnelle »; il se forma un
    corps en y mettant « des milliers d'an-
    nées »; il se dota d'intelligence et de
    sens qui sont « les attributs de l'intel-
    ligence »; il fut envahi par l'illusion
    que la matière et le mal existent; « Il
    chercha de quoi se revêtir pour se sous-
    traire à la rue de ses semblables et
    s'imagina voir un arbre »; ainsi naquit
    dans Adam la notion de la distinction
    des sexes, et il connut « l'amour de la
    bestialité »; le père de l'humanité in-
    carnée fit partager son erreur à ses com-
    pagnons. car « ils avaient confiance en
    lui ». Depuis lors, le genre humain vit
    dans « l'affreux cauchemar qu'est l'in-
    carnation ». On voudrait savoir, en li-
    sant cela, ce que le prophète de Je-
    meppe aurait « révélé », s'il n'avait pas
    été chargé d'adapter ses extravagances
    au développement actuel de l'humanité.
        Toutes ces révélations ne sont cepen-
    dant pas de foi pour le disciple d'An-
    toine, car le bon père entend être l»-
    lérant et prudent. « Ce qui est au-
    jourd'hui la lumière sera demain l'obscu
    rité », tel est un de ses adages favoris.
    Il est cependant une vérité qu'il a voulu
    inculquer à ses disciples: une vérité
    qui n'est ni relative, ni lumière éphé-
    mère, mais la seule grande vérité; c'est
    celle que l'on trouve dans la préface
    de la Révélation : « Nous ne voulons pas
    faire d'Antoine le guérisseur un grand
    seigneur, nous faisons de lui notre sau-
    veur; disons qu'il est notre Dieu ».
    Et dans le même ouvrage, il est apellé
    le messie du XIXe siècle, venu en mis-
    sion pour régénérer l'humanité !
        S'il suffit, pour être régénéré, d'appli-
    quer les préceptes antoiniste, le travail
    ne sera pas difficile. Antoine, en effet,
    supprime l'essentiel de la morale : les
    devoirs envers Dieu. « Nous sommes
    autant indépendants de Dieu qu'il l'est
    de nous », dit-il à plusieurs reprises,
    dans la Révélation et dans le Couron-
    nement. Par ailleurs, il nie la réalité du
    mal moral: « Le bien et le mal n'existent
    pas ». Antoine affirme une partie des
    devoirs envers le prochain; il prêche
    la douceur, l'affabilité, le désintéresse-
    ment et surtout le pardon des injures.
    Vit-à-vis de lui-même, l'homme n'a qu'un
    devoir, et c'est de suivre les penchants
    de sa nature : « La pudeur est un
    sentiment factice »; « On ne peut faire le
    mal, du moment qu'on suit les pen-
    chants de sa nature »; « Agissez d'après
    votre naturel, ne vous arrêtez pour per-
    sonne, c'est ainsi que vous serez le
    plus rapprochés de la vérité ». On peut
    conclure, que « la morale antoiniste est
    beaucoup trop voisine de l'immorale ».
    Elle est immorale parce qu'elle mécon
    naît nos devoirs envers Dieu; immorale
    parce qu'elle nie la réalité du matl mo-
    ral; immorale parce qu'elle supprime
    toute sanction; immorale, enfin, parce
    que le « messie du XIXe siècle » chargé
    de régénérer l'humanité et d'adapter à
    notre temps les révélations des pro-
    phètes, s'est contenté, pour toute morale,
    de reprendre la maxime du philosophe
    païen : Sequere naturam.
        Zntoine, avons-nous vu, nie l'existence
    de Dieu. « Ne croyons pas en Dieu, mais
    croyons en nous et agissons naturelle-
    lement. Sachons que nous sommes Dieu
    nous-mêmes », lit-on dans le Couron-
    nement. Dès lors, pourquoi un culte ?
    C'est qu'Antoine a détourné sur sa pers-
    sonne les honneurs qui sont dus à
    Dieu seul. De son vivant, il s'est laissé
    proclamer le messie; depuis sa mort,
    les honneurs se sont accentués. En
    même temps que les honneurs, s'est ac-
    centuée la stupidité des cérémonies. Dans
    les cérémnonies courantes, le desservant
    donne lecture des dix principes antoi-
    nistes; il commente ensuite à sa façon
    un passage de la Bible. Après quoi, re-
    cueillement prolongé de l'assemblée qui
    se retrempe dans la foi au père, afin
    de bénéficier de  ses inspirations et de
    s'imprégner de son fluide éthéré, qui
    finit par l'inonder. A la fin de l'inon-
    dation: les malades invités apprennent
    qu'ils sont soulages ou guéris. Les cér-
    rémonies importantes, telles que les
    inaugurations de nouveaux temples, sont
    beaucoup plus compliquées. Le public,
    « oublieux de la matière, y communie
    dans le fluide éthéré du père. Voilà pour-
    quoi la consécration d'un nouveau
    temple antoiniste a une signification si
    sublime: elle nous réunit dans notre
    commune aspiration à la divinité, elle
    témoigne que nous nous remettons à
    notre père du soin de nous diriger et
    de nous protéger, afin que nous soyons
    comme lui assis sur la gloire de nos
    œuvres ».
        Le dieu Antolne a son collège de mi-
    nistre, collège, dont les femmes ne sont
    pas exclues. Au sommet de la hiérarchie,
    il y a le « représentant du père », qui
    est inamovible; pour l'aider, un Conseil
    de huit membres. Actuellement, la mère
    Antoine porte le titre de « représentant
    du père ». Pour se rendre aux réunions
    cultuelles, le antoinistes portent un
    costume spécial, qui a été « révélé »
    par le père. Leur emblème est « l'arbre
    de la vue du mal », qui rappelle aux
    adeptes que la grande tâche est de s'épu-
    rer de la vue du mal, seule cause qui
    précipita Adam dans l'apparente incar-
    nation.
        « S'épurer de la vue du mal ? deman-
    dera un lecteur trop zélé. Antoine n'a-t-il
    pas nié l'existence du mal, à différentes
    reprises et de façon formelle ? La con-
    tradiction est flagrante, comme sont fla-
    grantes bien d'autres contradictions dans
    la religion antoiniste. » A quoi je ré-
    pondrai par le grand, le seul, le véri-
    table argument. Cet argument est le
    huitième précepte du père Antoine : « Ne
    vous laisses pas guider par l'intelli-
    gence ».


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