• L'Antoinisme après la Mère

        L'histoire ultérieure du culte antoiniste est très calme. En Belgique, Nihoul, le président du Conseil antoiniste, puis ses successeurs, dirigent la religion jusqu'à leur mort, aux côtés des membres composant ce conseil.
        L'autorité de Catherine est cependant remise en question juste après sa mort par la branche belge du culte, qui enlève alors les changements qu'elle avait apportés : suppression des photographies dans les temples, du baptême, du mariage et de la communion, opposition à la traduction des œuvres d'Antoine, etc. Un Numéro spécial de l'Unitif est édité à cette occasion en Juillet 1941.
        Néanmoins, un groupe de fidèles belges, affirmant suivre la véritable tradition antoiniste, ouvre le 1er avril 1943 à Angleur un temple dans lequel il préfère conserver les portraits des époux Antoine.
        En France, les antoinistes voulurent rester fidèles à toutes les exigences apportées par le couple fondateur.

        Malgré ces différences, les deux branches se montrent mutuellement de l'aide et de la tolérance. Ainsi, après la mort de Catherine, deux formes de culte antoiniste sont apparues, lesquelles restent légèrement différentes : l'une en Belgique, l'autre en France.
        En Belgique, la croissance de la religion a commencé rapidement à stagner, voire à décliner, preuve en est le fait que plus aucun temple n'y a été construit depuis 1968 et que plusieurs parmi les édifices existants sont actuellement inusités à cause d'un manque d'argent et/ou de membres costumés, voire vendus.
        En France, la construction de temples s'est en revanche poursuivie jusqu'en 1993.

    source : wikipedia.org/wiki/Antoinisme

        Le culte antoiniste sera alors peu étudié et peu relaté dans les journaux, hormis lors de consécration de nouveaux temples. Notons l'étude de Pierre Debouxhtay (faisant suite à son livre Antoine le guérisseur et l'Antoinisme de 1934) appelé simplement L'Antoinisme et publié en 1945. L'Antoinisme a du attendre 1993 pour qu'il soit étudié par le sociologue Régis Dericquebourg. Ajoutons une nouvelle biographie romancée de Louis Antoine par Roland AE Collignon.
        Le culte belge éditera à partir de 2003 un petit Historique et des Démonstrations.

  •  CÉRÉMONIAL DU CULTE ANTOINISTE.

         La 15 Août 1910, le Père Antoine sanctifia le Culte Antoiniste et consacra le Temple de Jemeppe-sur-Meuse.
        Il en résulta qu'à cette époque, le Père avait terminé sa révélation et mis au point la structure morale et religieuse du Culte Antoiniste.
        Remarquons avant tout que pour ne point déroger à son Enseignement, le Père avait jugé que le cérémonial en serait entièrement sobre.
        Afin de garder à l'œuvre son caractère fondamental, toute la grandeur morale qu'elle inspire et de la répandre en nous basant uniquement sur l'exemple du Père ; il est de notre devoir de relever de quelle façon Il procédait pour chaque cérémonie.
        Commençons par rappeler que le Temple réservé seulement aux offices du Culte revêtait partout la plus grande simplicité.
        Une seule figure représentative : l'Emblème, l'Arbre de la Science de la Vue du Mal, sur lequel repose tout l'Enseignement, était placé au centre devant la grande tribune.
        Sur le mur, en haut de cette tribune, on pouvait lire :
    " Culte Antoiniste " sur la partie gauche : " Tous les dimanches à 10 heures : Lecture de l'Enseignement du Père ". Sur la partie droite : " Les quatre premiers jours de la semaine à 10 heures : Opération Générale. Puis " l'Auréole de la Conscience " Un seul remède peut guérir l'humanité : la FOI ; c'est de la foi que naît l'amour ; l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu Lui-même ; ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu ; car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis, qui nous rend dignes de Le servir ; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité.
        Pour ne rien omettre, signalons qu'un avis concernant la fontaine du Temple subsistait déjà au-dessus de celle-ci.
        Un petit tableau noir sur lequel on inscrivait l'annonce d'une consécration ou d'un enterrement, était placé dans le porche du Temple.
        À chaque cérémonie, un huissier revêtu d'un uniforme spécial était chargé de maintenir l'ordre et le silence dans le Temple.

     

    LECTURE DU DIMANCHE.

        Quelques minutes avant 10 heures, le lecteur prenait place sur son siège à la petite tribune et se recueillait jusqu'au moment de commencer la lecture. Sans se lever ni faire le moindre geste, il débutait par ces mots "Mes Frères ". La lecture se faisait dans l'Enseignement, elle durant de 25 à 30 minutes.
        Le dimanche suivant, la lecture commençait à la fin de la précédente et ainsi de suite jusque la fin du livre d'Enseignement. On continuait alors par la lecture du Développement. Pour terminer la séance, le lecteur se levait et après s'être recueilli un instant, remerciait les assistants en ces termes : "Mes frères, au nom du Père, merci. "
        Rappelons encore qu'aucune lecture spéciale n'était faite pour commémorer un jour de fête quelconque ; en plus, on ne lisait pas l'avant-propos ni les dernières paroles du Père.
        Un seul lecteur était préposé pour la lecture du dimanche.

     

    OPÉRATION GÉNÉRALE.

        Devant les malades réunis dans le Temple, le Père faisait l'Opération Générale les quatre premiers jours de la semaine, c'est-à-dire, les lundi, mardi, mercredi et jeudi. Au moment de l'Opération une annonce se faisait en ces termes : "Le Père entre au Temple 10 heures. Il monte à la tribune mais ne dit rien. Il se recueille puis Il tend la main ; là commence son Opération qui ne dure qu'un instant. Le Père ne prescrit ni drogues ni médicaments ; soit pour contrariété ou maladie, celui qui aura foi en notre Père trouvera satisfaction.
        L'huissier annonçait l'arrivée du Père par trois coups de sonnette ; après son Opération le Père se retirait dans son cabinet et l'huissier donnait le signal de la fin par trois nouveaux coups de sonnette.
        Ici encore, nous nous permettons de rappeler qu'au temps du Père, la lecture des dix principes après l'Opération n'avait pas lieu ; elle porte à croire que l'Opération seule est insuffisante pour nous donner satisfaction.

     

    CONSÉCRATION DU TEMPLE.

        Afin de ne rien perdre de l'exemple du Père, nous nous permettons de remémorer comment se passa la journée du 15 Août 1910.
        Pour cette circonstance exceptionnelle, le Père avait fait aménager au pied de la tribune une estrade sur laquelle siégèrent les membres du Conseil pendant toute la cérémonie ; tous étaient revêtus de la robe antoiniste.
        Le Père avait porté à notre connaissance son intention de consacrer à cette date le Temple de Jemeppe-sur-Meuse et de sanctifier le Culte Antoiniste.
        L'annonce de cet événement amena une foule considérable au Temple. Car, depuis le 9 mai 1909, nous n'avons plus entendu la voix du Père à la tribune et voilà que nous apprenions : le Père va nous parler de nouveau. En effet, ce jour le Père prit la parole devant la foule massée dans le Temple mais ce fut court, beaucoup trop court, car nous aurions voulu longtemps encore entendre sa voix douce, pleine de réconfort et d'amour vrai.
    Revenons à notre cérémonie. Il est dix heures. Un frère vient annoncer : "Le Père va venir à la tribune, avant d'opérer, Il se recueille. Respecter ce moment solennel. Ranimer votre foi car toux ceux qui auront foi au Père seront guéris ou soulagés.
        Après avoir sonné, l'huissier ouvre la porte du cabinet du Père, Celui-ci entre Au Temple, monte à la tribune et s'exprime comme suit : " Mes enfants, je regrette de vous voir aujourd'hui si nombreux et que je n'ai plus rien à vous dire. Cependant, je tiens à remercier les personnes qui se sont dévouées pour récolter les signatures en vue d'obtenir la personnification civile de notre Culte. Nous aurions pu en récolter davantage, mais le nombre est déjà plus que suffisant. Maintenant, nous avons formé un Conseil, vous avez un Enseignement et vous avez un Temple, il vous appartient, vous pouvez y faire tout ce que vous voulez.
        L'émotion fut tellement grande parmi les assistants que la plupart ne purent s'empêcher de verser des larmes de bonheur. Le Père venait de confirmer une fois de plus, son complet désintéressement puisque après tant d'années de labeur, le Père nous abandonnait tout.
        Après un moment de calme pour laisser par notre émotion, le Père reprend : " Maintenant par une pensée ce Temple nous allons consacrer ce Temple ". Le recueillement est très profond pendant un instant puis le Père dit : " C'est fait ". Nous allons par une pensée également sanctifier le Culte ". Le même déroulement se produit et le Père répète : " C'est fait ".
        Pour terminer la cérémonie qui fut d'une extrême sobriété le Père nous remercie pour le bon travail que venons d'effectuer.
        L'après-midi, nous nous assemblions en la salle des Comtes de Méan à Liège pour élaborer les statuts de la fondation de notre Culte.
        Cette journée reste inoubliable pour nous.
        Le 10 septembre 1911, le Père allait consacrer le Temple de Stembert.
        A l'occasion de cette cérémonie, le Père avait fait annoncer qu'il recevrait tous les malades réunis dans le Temple à 10 heures comme il le faisait Jemeppe. Leur nombre était si grand qu'll dut renouveler cinq fois de suite l'Opération. Après, le Père remercia les assistants. Ainsi se termina la consécration du Temple de Stembert.
        Remarquons qu'en aucun cas le Père ne recevait en particulier après son Opération Générale ni le jour de la consécration d’un Temple.

     

    ENTERREMENT.

        Comme dans les autres cérémonies, l'enterrement par les soins du Culte Antoiniste revêt un caractère de pure simplicité.
        A la levée du corps, pendant la lecture des dix principes révélés par le Père, l'Emblème est haut porté. Il prend ensuite la tête de cortège jusque la tombe. Pendant le cortège le lecteur accompagne le porteur d'Emblème. Tous deux sont revêtus de la robe. Sur la tombe, il est fait lecture du chapitre " Réincarnation ".
        Après cette lecture, avant de quitter les lieux, le lecteur remercie les assistants au nom du Père puis au nom de la famille du défunt.
    N. B. – L’Emblème peut figurer aux obsèques de tous ceux qui le réclament avant de se désincarner, mais si le défunt n’est pas antoiniste et que la famille désire le faire enterrer par les soins de notre Culte, l’Emblème ne doit pas y figurer. Sauf ce point, on fera tout comme pour un adepte.

     

    CONSULTATION.

        C'est le lundi de Pâques 1910 que le Père remonta à la tribune pour la première Opération Générale.
        Avant cette date, le Père recevait les malades en particulier tous les jours exceptés le samedi et le dimanche. Le dimanche, le Père se faisait remplacer l'après-midi seulement pour recevoir les malades.
        On sait comment le Père a commencé à guérir par la Foi. Tout est relaté à ce propos dans le premier chapitre du Développement.
        Le Père faisait aussi l'Opération Générale les jours fériés à date fixe quand ceux-ci tombaient le vendredi ou le samedi.
        Quand un de ces jours fériés tombait le dimanche on faisait la lecture de l'Enseignement tout comme les autres dimanches.
        Ajoutons maintenant, qu'à la dernière séance du Conseil à laquelle le Père assista en 1911, Il dit ceci : Puisque vous m'honorez de m'appeler Père, je me vois obligé aujourd'hui de dire : " Mes enfants " et le Père continua ainsi par la suite à nous appeler ses enfants.
        En conséquence, il fut décidé que dans les livres d'Enseignement on remplacerait le nom Antoine ou Maître comme certains adeptes l'avaient déjà surnommé, par le mot " Père ". Et les mots " Mes Frères " comme le Père s'exprimait alors furent remplacés par les mots " Mes Enfants ".

     

    AVIS

        Pour bien comprendre le DÉVELOPPEMENT de la RÉVÉLATION il faut avoir lu le livre d'ENSEIGNEMENT dont il reprend, pour les compléter et les éclaircir, certaines questions : ces deux œuvres se donnent un mutuel appui, elles s'expliquent l'une par l'autre.

    Unitif, Numéro spécial, Juillet 1941


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  •  POURQUOI L'EXEMPLE DU PÈRE EST-IL NOTRE POINT DE MIRE.

         Si nous avons cœur de travailler à notre avancement moral, nous ne cesserons de rechercher le moyen le plus simple et le plus efficace pour arriver à notre but.
        Nous devons savoir que toute pensée puisée en dehors de la Révélation ne pourrait que la falsifier ; puisqu'en dehors de l'amour, c'est l'intelligence, la matière, le doute, en un mot, l'imperfection. En conséquence, il ne nous viendra jamais à la pensée d'ajouter la moindre chose à tout ce que le Père a établi soit avec intention d'embellir, ou de donner plus d'attrait, ou encore d'en faciliter la compréhension. L'Enseignement étant raisonné par un fluide d'amour pur, puisé au sein de Dieu, est assimilable à tous les êtres quel que soit leur degré d'avancement. C'est toujours notre propre effort qui nous donnera le mérite de comprendre la Révélation. Celle-ci nous dit : " Le meilleur moyen de propager une doctrine, c'est de la pratiquer, par elle-même, elle n'est rien, sa force n'est que dans l'exemple ". Voilà ce que le Père n'a jamais cessé de démontrer, car toujours Il prêcha d'exemple.
        Pourrions-nous rendre un plus grand témoignage à sa grandeur morale, que de suivre le chemin qu'Il nous a tracé, que de respecter en tout, la structure morale et religieuse qu'Il donna au Culte.
        Le Père s'étant acquis une très grande sensibilité morale était mille fois mieux placé que nous pour juger que telle chose devait se pratiquer d'une telle façon plutôt que d'une autre. Disons-le tout court, la mise au point de son Œuvre est impeccable et nous avons pour devoir de la défendre contre toute souillure.
        C'est en suivant l'exemple du Père, que nous arriverons à nous reformer, à résoudre le grand problème de l'univers, à savoir où nous sommes, d'où nous venons et où nous allons.
        Si nous nous rapportons à l'exemple du Père nous agirons en tout avec amour, car nous devrions comprendre que nous ne pouvons rien faire de bon, ni de durable, sans puiser dans l'amour. Nous n'aurons plus l'intention de surpasser les autres, parce que nous savons que chacun agit d'après son degré d'avancement. Nous formerons la chaîne car les forts aideront les faibles. Nous aurons la patiente de ceux-ci, sachant que la Providence place toujours sur notre chemin ce qui est nécessaire à notre progrès. Ce n'est qu'en travaillant de la sorte que nous parviendrons à répandre les enseignements qui sont appelés à régénérer l'humanité.
        Dans un autre passage de l'Enseignement, le Père nous dit : " Il est de mon devoir de respecter cette Révélation autant que j'ai voulu l'enseigner. " N’ayons donc nulle crainte de proclamer, qu'en suivant l'exemple du Père, nous mettons son Enseignement en pratique.
        Si l'Enseignement est le plan que l'on doit suivre pour s'acquérir les vertus qui nous sont indispensables pour prétendre au bonheur suprême ; ci-contre, nous donnons le tableau reproduisant le plus fidèlement possible comment le Père procédait dans chaque cérémonie, lequel doit nous servir de guide, afin que le Culte puisse se propager sur les bases que le fondateur Lui-même a établies et que nous avons pour devoir de respecter intégralement, si nous voulons nous conformer à tout ce qui peut ressortir d'un enseignement moral.
                                                                              Le Conseil d'Administration du Culte.

    Unitif, Numéro spécial, Juillet 1941


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  •  A NOS LECTEURS.

         Nous espérons continuer la publication du bulletin à une date aussi rapprochée que possible, nous y relaterons les instructions que notre Père nous a données dans les n° de 1911 à 1912, ainsi que les renseignements d’actualité intéressant la grande masse de nos lecteurs.

                                                                                       Le Comité.

     QUELQUES MOTS SUR LES FORMES RELIGIEUSES.

         Beaucoup de personnes ont des manifesté le désir de voir introduire ou maintenir certaines formes dans la pratique de notre Culte. Ces personnes encore trop sous l'influence d'autres croyances, ignorent sans doute, qu'en tablant sur l'apparence, nous nous attendons à des fluides inutiles, qui en somme, sont complètement nuisibles à notre progrès moral.
        Il en est, que rien ne les réjouirait plus que d'instaurer dans notre Cultes une forme quelconque à l'occasion du baptême, de la communion ou du mariage. Voyons à cet effet la réponse du Père à semblable question poses dans le bulletin n°2, première année et que nous croyons faire chose utile de la reproduire ci-après dans cette brochure. Elles seront bientôt édifiées sur la façon dont on peut comprendre l'Enseignement à ce propos.
        D'autres encore trouvent qu'elles ne pourraient faire un bon recueillement, si elles ne se plaçaient devant l'image du Père ou d'autres figures en qui elles placent toute leur confiance. Cependant à diverses reprises, le Père a démontré, tant que nous n'arrivons pas à découvrir Dieu en nous, nous n'aurons toujours qu'une croyance vague ou de parti pris. Ce n'est que par la forme que les religions diffèrent, c'est-à-dire, que ce sont les formes qui amènent la division qui sèment le désaccord entre les membres d'une même famille aussi bien qu'entre les adeptes d'une même doctrine.
        Nous faisons un pressent appel aux personnes sincèrement désireuses de s'instruire de l'Enseignement, de travailler à leur amélioration, par conséquent, de suivre l'exemple du Père, de s'unir à nous par les liens de l'amour fraternel à se dévouer en conformité avec les principes que le Révélateur nous a légués ; nous avons pour tâche de les propager ; alors comme le Père le fût, nous serons de vrais fils de Dieu revendiquant son cesse l'amour qui nous unit ; tâchons de mériter de plus en plus ce titre. Sachons que pour acquérir celui-ci, nous devons faire preuve de soumission, de patientes, de résignation.
        Revenons maintenant à notre sujet. Durant plus de vingt-deux ans les adeptes étaient accoutumés à la lecture des Dix principes après l'Opération ; aucun ne voyait le mal dans cette lecture, ils étaient poussés pour la plupart, à croire que cela terminait mieux l'Opération, puisqu'ils la prenaient pour une prière ; oubliant que le Père a révélé que la vraie prière est dans les actes et non dans les paroles. Tous ceux qui ont approché le Père, ne doivent pas se récrier d'entendre dire que la deuxième pensée ne découle jamais de l'inspiration, mais bien du doute. En effet, n'est-ce pas douter de la puissance de la Foi, que de recourir à la prière après l'Opération ! croyant en obtenir une plus grande satisfaction. Beaucoup aimaient l'Opération le dimanche, parce que le sacrifice n'était pas si grand ; vu que l'on pouvait, semblait-il, bénéficier des deux fluides, en ne faisant qu'un seul déplacement. Erreur profonde, quand on constate que la pensée n'a lieu que par occasion ou quand l'Enseignement nous dit clairement que sans nous déplacer nous n'avons pas le mérite d'être secouru. Si nous prenons le travail du Père pour idéal ; nous pourrions cependant le croire dépourvu d'amour, si nous croyons que les méthodes employées par Lui, ne correspondaient pas avec l'ensemble des vertus qu'il s'est acquit. Sachons, sans la moindre hésitation que tout ce qui peut nous être utile pour le présent, comme pour l'avenir, le Père a fait tout le nécessaire pour nous le procurer mais je le répète, c'est notre propre effort que nous en donnera le mérite. Soyons bien persuadés que rien ne se perd ; tout labeur porte son fruit ; mais ce n'est pas au guérisseur à aller vers le malade, c'est à celui-ci à aller vers le guérisseur ; comme ce n'est pas à Dieu à venir nous, c'est à nous à aller à Dieu.

    Unitif Juillet 1941 - A nos lecteurs - Quelques mots sur les formes religieuses

     Lisez et relisez l’Œuvre morale du Père dont
    l’esprit est illimité et ne se découvre insensiblement
    que par des hommes d'expérience, lettres ou non.

    Unitif, Numéro spécial, Juillet 1941


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  • Seraing - Religion (article wikipedia)

        Seraing ayant, comme l'Europe, un passé chrétien, on trouve aujourd'hui plusieurs édifices dédié à l'Église catholique mais on trouve également un temple pour l'Église protestante et une Église orthodoxe. Il existe et une maison de la laïcité.
        La commune de Seraing est le lieu de fondation du culte antoiniste à Jemeppe-Sur-Meuse par le flémallois Louis-Joseph Antoine en 1910. Principalement actif en Belgique et en France, le mouvement religieux se caractérise par une structure décentralisée, des rites simples, une discrétion et une tolérance vis-à-vis des autres croyances, autant d'éléments qui ont amené le sociologue Régis Dericquebourg à estimer que, tant dans sa forme que dans son style, l'antoinisme apparaît « très original ». Avec un total de 64 temples, plus de quarante salles de lecture à travers le monde et des milliers de membres, il reste la seule religion née en Belgique dont la renommée et le succès ont dépassé les frontières du pays.

    source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Seraing#Religion (consulté en août 2020)


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  • Religions pas mortes (L'Œuvre, 10 juin 1943)

    Religions
    pas
    mortes

    Le Père Antoine
    guérit toujours

        Il y avait une fois, en Belgique, un brave homme qui était ouvrier métallurgiste de son état. Il s'appelait Antoine.
        Probe et bon, pratiquant la charité, il eût vécu heureux, sans une maladie d'estomac qui le minait lentement.
        Or, un jour, une brochure spirite lui tomba entre les mains. Antoine la lut, et de ce jour, se passionna pour l'Au-delà. Il fit tourner les tables, entra en conversations avec les esprits, qui lui enseignèrent que la maladie n'existait pas et que seul le péché était réel. Antoine s'appliqua dès lors à se délivrer du péché... et fut guéri…
        Fort de sa nouvelle croyance, il n'eut plus d'autres soins que de la répandre autour de lui. Par la prière, par la foi, en un mot, par la délivrance du péché, il opéra des miracles, rendant l'ouïe aux sourds, la vue aux aveugles, la marche droite aux boiteux. Ce qui eut bientôt pour résultat de le faire comparaître devant les tribunaux pour exercice illégal de la médecine. Mais comme Antoine ne prescrivait aucune médication, médecins et jugent en furent pour leurs frais... et le guérisseur fut acquitté.
        Des disciples se groupèrent autour de lui, l'ancien ouvrier métallurgiste devint le « Père », sa femme ne fut plus appelée autrement que la « Mère », et des églises commencèrent à s'élever.
        Aujourd'hui, le culte antoiniste compte de par le monde environ trois millions de fidèles et plusieurs centaines d'églises.
        Je suis allée rendre visite, rue Vergniaud, à la cathédrale antoiniste. C'est une petite construction, très sobre, un jardinet entoure le parvis ; une flèche sans croix ni coq pointe vers le ciel.
        Dans une espèce d'antichambre claire et nue, deux sœurs sont là, en longues robes noires et petits bonnets ruchés d'où tombe un voile également noir. Avec obligeance et douceur, l'une d'elles m'ouvre la porte de la chapelle.
        – Allez vous asseoir sur le premier banc à votre gauche ; quand la petite porte s'ouvrira, vous entrerez, la sœur desservante vous renseignera.
        J'obéis. C'est une salle très claire, dont une tribune fait le tour, soutenue par des colonnes. Au fond, une chaire avec un petit escalier qui lui donne accès. Devant la chaire, un pupitre élevé. Sur le mur, au-dessus en énormes caractères, l'inscription suivante :

    L'AUREOLE DE LA CONSCIENCE
    Un seul remède peut guérir l'Huma-
    nité, la Foi ; c'est de la Foi que
    naît l'Amour, l'Amour qui nous
    montre dans nos ennemis, Dieu
    lui-même, etc...

        Une propreté méticuleuse, des bancs de bois qui reluisent ; des carreaux dépolis qui remplacent les vitraux. C'est bien ici un hôpital des âmes...
        Et justement, quelques âmes sont là, qui prient en silence, les yeux lointains ou fermés (car ici, pas la plus petite effigie où le regard puisse s'accrocher). Il y a une vieille femme, les mains croisées dans un fichu ; un jeune couple à l'air grave ; une ménagère qui a posé près d'elle son filet à provisions ; une longue femme triste qui dut être belle. De temps en temps, la porte de la chapelle s'ouvre, et la sœur qui m'a introduite appelle d'une voix assourdie un numéro. Aussitôt, la personne munie du jeton correspondant au numéro se lève, remet le jeton à la sœur, et disparaît.
        Voici la petite porte qui s'ouvre. Une sœur très âgée et toute petite me fait signe d'entrer ; je me trouve avec elle dans une pièce minuscule où se voit un unique escabeau. Faut-il, dois-je m'y asseoir ?...
        – Que désirez-vous, sœur ?
        – Madame, ma sœur... je voudrais que vous me définissiez le culte antoiniste...
        C'est l'enseignement du Père, répond-elle sans hésitation ; et l'enseignement du Père, c'est l'enseignement du Christ révélé à cette époque par la foi... Tous les dimanches, à 10 heures, a lieu l'enseignement du père. Un frère monte au pupitre, et prie à haute voix. Les fidèles l'écoutent debout et s'associent à sa prière. Tous les autres jours, les temples sont ouverts aux personnes souffrantes, du matin jusqu'au soir : le frère ou la sœur de service les reçoit gratuitement, et les aide à retrouver la santé de l'âme, parfois aussi celle du corps quand celle-ci dépend de celle-là.
        – Y a-t-il longtemps que le fondateur est mort ?...
        La petite sœur fronce les sourcils :
        – Il y a voyons, une trentaine d'années que notre Père s'est désincarné...
        Et la petite sœur de me munir d'une brochure bleue, Fragments de l'enseignement révélé par le Père ; d'une brochure verte, Révélation par le Père ; et d'un journal, le journal des Antoinistes, appelé l'Unitif.
        Gentiment, elle me raccompagne à travers la chapelle. Dans l'antichambre, une porte s'ouvre, et une « malade » sort d'une petite pièce qui me paraît aussi sommairement meublée que celle où j'ai été reçue. Un frère s'y tient, tête nue, vêtu d'une redingote boutonnée jusqu'au col. La porte se referme doucement. Et il y a, sur le visage de la femme, une expression d'apaisement infini. Peut-être un nouveau miracle du Père...
                                                                       Cl. Pascal.

    L'Œuvre, 10 juin 1943


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