• L'Antoinisme après la Mère

        L'histoire ultérieure du culte antoiniste est très calme. En Belgique, Nihoul, le président du Conseil antoiniste, puis ses successeurs, dirigent la religion jusqu'à leur mort, aux côtés des membres composant ce conseil.
        L'autorité de Catherine est cependant remise en question juste après sa mort par la branche belge du culte, qui enlève alors les changements qu'elle avait apportés : suppression des photographies dans les temples, du baptême, du mariage et de la communion, opposition à la traduction des œuvres d'Antoine, etc. Un Numéro spécial de l'Unitif est édité à cette occasion en Juillet 1941.
        Néanmoins, un groupe de fidèles belges, affirmant suivre la véritable tradition antoiniste, ouvre le 1er avril 1943 à Angleur un temple dans lequel il préfère conserver les portraits des époux Antoine.
        En France, les antoinistes voulurent rester fidèles à toutes les exigences apportées par le couple fondateur.

        Malgré ces différences, les deux branches se montrent mutuellement de l'aide et de la tolérance. Ainsi, après la mort de Catherine, deux formes de culte antoiniste sont apparues, lesquelles restent légèrement différentes : l'une en Belgique, l'autre en France.
        En Belgique, la croissance de la religion a commencé rapidement à stagner, voire à décliner, preuve en est le fait que plus aucun temple n'y a été construit depuis 1968 et que plusieurs parmi les édifices existants sont actuellement inusités à cause d'un manque d'argent et/ou de membres costumés, voire vendus.
        En France, la construction de temples s'est en revanche poursuivie jusqu'en 1993.

    source : wikipedia.org/wiki/Antoinisme

        Le culte antoiniste sera alors peu étudié et peu relaté dans les journaux, hormis lors de consécration de nouveaux temples. Notons l'étude de Pierre Debouxhtay (faisant suite à son livre Antoine le guérisseur et l'Antoinisme de 1934) appelé simplement L'Antoinisme et publié en 1945. L'Antoinisme a du attendre 1993 pour qu'il soit étudié par le sociologue Régis Dericquebourg. Ajoutons une nouvelle biographie romancée de Louis Antoine par Roland AE Collignon.
        Le culte belge éditera à partir de 2003 un petit Historique et des Démonstrations.

        En 1970, pour le 60e anniversaire de la consécration du culte, le Conseil antoiniste belge décident de mettre le temple comme il est en France : les portraits sont replacés dans les temples. On en revient aux formules anciennes annonçant l'opération, laquelle est rétablie le dimanche. La lecture des "Dix Principes", elle aussi, est rétablie après les Opérations en semaine. Tout cela sous l'impulsion du frère Lucien Miot, « Secrétaire moral du Culte », qui crée une revue mensuelle le "Journal d'Information Morales", qui disparaît quelques années plus tard.

        Jemeppe revient, avec Soeur Ghislaine Dumont aux pratiques d’avant la réconciliation en 1985. Il est cependant permis aux desservants des autres temples de garder le rituel français. En 2000, une École du Nouveau Spiritualisme est créé au temple de Jupille alors inoccupé. En 2010, une solidarité des groupes est créée pour faire des lectures dans les temples qui n'ont plus de desservants. Beaucoup a donc été entrepris pour retrouver des adeptes prêts à s'investir dans le Culte, sans grand succès, la Wallonie ayant connu une désindustrialisation importante et un chamboulement social très dur. Internet et les médias sociaux amènent maintenant à quelques personnes de découvrir le Culte (qui se refuse toujours à tout prosélytisme) et s'engagent pour certains. 

  • LA LITURGIE, CAUSE DE LA « RUPTURE » ENTRE TEMPLES BELGES ET FRANÇAIS

    Après la mort de la Mère, le Conseil d'administration belge fait enlever des temples les photos du fondateur du Culte et de son épouse. De même l'inscription "L'Enseignement du Père c'est l'Enseignement du Christ, révélé à cette époque par la Foi", qui avait été écrites sur inspiration de la Mère. Cette décision constitue aux yeux d’un bon nombre d’adeptes une profanation. Un temple dissident s'établit trois ans plus tard à Angleur (Liège). Son succès est immédiat. Il disparaît néanmoins quelques années après pour des raisons qui nous sont restées inconnues. Dans les années 1975, une salle de lecture de « rite français » s'ouvrira dans la même localité, mais l'expérience ne durera pas.

    En France, les autorités du Culte décident de ne pas suivre l'exemple des temples belges, et maintiennent les choses en l'état. On peut dire désormais, en quelque sorte, du Culte en Belgique qu'il est à l'Antoinisme ce que la Réforme est au Catholicisme : une volonté, peut-être maladroite, de retour aux sources. 

    La suite des événements sembla donner raison aux temples français qui longtemps, prospérèrent, et dont certains prospèrent encore, alors que, en ce début de XXIe siècle, plusieurs temples belges ont fermé leurs portes. Encore que depuis peu de temps des vocations de desservant voient à nouveau le jour, et que des lieux de culte sont réouverts.

    En ce qui concerne la liturgie, sur laquelle nous reviendrons, le Conseil du Culte en Belgique apporte également des modifications. C'est ainsi que la formule qui fut imposée par la Mère "Le Père fait l'Opération, suivie d'une lecture dans l'Enseignement. Ceux qui ont la foi trouverons satisfaction", est remplacée dès le mois de novembre 1940, par "Un frère (une sœur) fait l'opération au nom du Père. Respectons ce moment solennel, ranimons notre foi. Tous ceux qui ont foi au Père trouverons satisfaction." 

    L'opération du dimanche est supprimée, et la lecture des "Dix Principes de Dieu révélés par le Père" ne suit plus l'Opération des quatre premiers jours ouvrables.

    C'est la rupture entre temples belges et français. Quelques adeptes belges, en 1968, créent un temple « français » à Retinne, non loin de Liège. Après avoir connu un départ brillant, le nombre de fidèles va par la suite diminuer. Avant la consécration de ce temple les fondateurs avaient créé une Association sans but lucratif (ASBL), dont les statuts avaient été publiés au "Moniteur belge" : "Les disciples du Père et de la Mère Antoine", association qui existe encore et dont les administrateurs gèrent les biens du temple.

     

    En 1970, les autorités du Culte belge décident de renouer avec ce qui, pour les adeptes de France est la tradition : les portraits sont replacés dans les temples. On en revient aux formules anciennes annonçant l'opération, laquelle est rétablie le dimanche. La lecture des "Dix Principes", elle aussi, est rétablie après les Opérations en semaine. Tout cela sous l'impulsion du frère Lucien Miot, « Secrétaire moral du Culte », qui crée une revue mensuelle le "Journal d'Information Morales", qui disparaît quelques années plus tard. La réconciliation rend espoir aux adeptes qui étaient quelque peu découragés par le fait que depuis l’initiative du frère Nihoul et du Conseil d’Administration d’alors d’enlever les photos du Père et de la Mère, les temples se vidaient inexorablement.

    Jemeppe revient aux pratiques d’avant la réconciliation en 1985 : le temple de Jemeppe retrouve l'aspect qu'il avait du vivant du Père et l'Opération générale du dimanche est une nouvelle fois supprimée. L’initiative fut-elle heureuse ? A chaque adepte de se faire son opinion, mais beaucoup de ceux que nous avons interrogé sur la question aimeraient revoir les photos reprendre leur place dans les temples. Le peuple a besoin d’icônes ? Elles sont des supports pour leur foi.

    Quoi qu’il en soit, cela entraîne une seconde rupture avec les temples français. Cependant quelques rares temples belges conservent les portraits du Père et de la Mère. C'est le cas de celui de Villers-le-Bouillet, sur les hauteurs de la Meuse, dans la province de Namur, ou de Nandrin, non loin de l’endroit où le fondateur fit sa dernière promenade.

    Jacques Cécius, L'Antoinisme.

     


    votre commentaire
  • Réparation des temples antoinistes après les dommage de guerre (Moniteur Belge, 23 mars 1949)

    RÉPARATION DE DOMMAGES DE GUERRE AU DOMAINE PUBLIC
    A CHARGE DE L'ETAT

        Par arrêté du Ministre des Travaux publics, en date du 1er au 31 janvier 1949, sont mises à charge de l'Etat les dépenses détaillées ci-après à résulter de la réparation de dommages de guerre à des biens du domaine public des pouvoirs subordonnés ou à des biens affectés à un service d'utilité publique.
        A. S. B. L. Culte antoiniste, à Jemeppe-sur-Meuse : Réparation au temple ........... 64,800
        Id. : Réparation temple de Jupille ..................................................................... 98,000
        Id. : Réparation temple quai des Ardennes, 71, à Liège ...................................... 34,100

    Moniteur Belge, 23 mars 1949


    votre commentaire
  • Pensée au cimetière (Archive Roland AE Collignon)

    Pensée au cimetière avant le pèlerinage à la source du Père Antoine et au Temple de Nandrin
    (Archive Roland AE Collignon)


    votre commentaire
  • Paris, Juillet 1941 (réponse du côté français)

     

    Paris, Juillet 1941

    Mes Frères,

    Ce travail est pour répondre aux nombreuses questions posées concernant l'Oeuvre du Père ; chacun appréciera suivant l'expérience acquise.

    Si nous ne voulons donner l'activité morale de l'oeuvre que l'extension de l'Enseignement, il ne pourra en découler deux pensées.

    L'idée de contrôle sur le travail de nos semblables est un manque de foi.

    Dans la morale, nous sommes les serviteurs des autres, c'est ainsi que nous devenons les plus grands. Avec cette base, rien ne peut nous diviser, du moment que nous ne visons aucun but personnel.

    N'oublions pas que nous ne saurions tous avoir la même vue et la même conception malgré les efforts déployés dans le travail moral. Il faut comprendre la raison des multiples pensées qui nous animent pour arriver individuellement à la réalisation de l'Enseignement. Effaçons de nous toute pensée nous portant à croire qu'il y a désunion du fait que des adeptes pratiquent intérieurement ou extérieurement ce qu'ils comprennent de la Révélation du Père.

    Si nous avons en nous de l'incertitude parce que notre pratique religieuse de l'Enseignement ne s'appuie sur aucune forme ni personnification divine, recourrons pour nous convaincre de la réalité à ce que le Père nous révèle dans l'Unitif (n°2 première année) : "Aussi longtemps que nous nous attachons au Prophète plutôt qu'à ce qu'il nous a révélé, notre amour ne peut être réel : nous aimerons ceux qui partageront nos idées et nous n'aimerons pas les autres ; nous sèmerons la division".

    Nous savons que toutes les pratiques, qu'elles soient ou non basées sur une forme, conduisent l'adepte sincère à plus de lumière, mais du jour où nous voulons les discuter, les imposer, elles rentrent dans le domaine de l'opinion, nous éloignant ainsi de l'Unité.

    Comprenant que rien ne peut être imposé, nous ne voudrons plus prendre la responsabilité de le faire, parce que nous saurons que la moindre obligation que l'adepte aurait à remplir pour pratiquer l'Enseignement et se relier au Père soit intérieurement, soit extérieurement, serait la négation de la Révélation, nous la fausserions parce qu'elle a seulement la Foi pour base.

    Le Père n'étant plus accessible par le moi apparent, le moi conscient relié à Lui, et la Foi seule nous permet de puiser dans son fluide éthéré, dans son Amour.

    Dans le travail que notre Père nous a fait faire pour nous permettre de surmonter tout ce qui est extérieur (Lui-même n'y recourant plus), Il savait qu'à son contact et par son Enseignement, l'adepte y arriverait.

    Même si cela n'était qu'apparent, Il savait que l'effort avec la confiance naissante en Lui, donnerait la certitude de sa Révélation.

    Si notre Mère nous a fait passer par une autre étape, c'est qu'elle fut nécessaire à ce moment là ; Elle nous aura aidé à surmonter une vue trop personnelle quant au chemin que les uns et les autres ont la possibilité de suivre.

    Pour certains c'est encore la voie de la connaissance, tandis que d'autres s'élèvent lentement et progressivement sans autre but que l'amélioration. C'est cette expérience que tous tentent ; les uns par une certaine pratique et d'autres par aucune, ce qui justifie leur action.

    Dans tout changement apporté, il ne saurait y avoir pour l'Oeuvre une continuation ferme dans la forme adoptée ; sinon ce serait faire croire que la vérité est limitée, par conséquent l'enferrer, rendre cette forme indispensable pour pouvoir s'élever.

    Pour atteindre la Vérité, l'Enseignement, nous devrons nous débarrasser de tout, et encore plus de ce qui nous plaît comme dans ce qui nous ranime par la forme, parce qu'elle correspond à une satisfaction personnelle.

    Sachons que lorsque toute forme est comprise comme une étape et non comme un aboutissement, nous en devenons conscient pour la surmonter.

    Nous avons suivi les différents changements dans l'Oeuvre, au fur et à mesure des chemins à traverser ; mais aujourd'hui la pensée de revenir purement et simplement à la première époque suivie par le Père, doit pouvoir nous procurer la même satisfaction et la même intensité harmonieuse dans le Culte, si nous ne sommes pas de parti pris.

    Nous cesserons ainsi toute lutte intérieure, nous arrêterons l'emprise de la vue du mal pour faire place à une autre vue qui s'affirmera au fur et à mesure qu'on s'élèvera ; nous n'opposerons plus le travail effectué dans ces diverses étapes parce que nous l'aurons compris.

    Ne créons plus de barrière entre nous, élargissons toujours plus notre compréhension car si nous perdions de vue cette unité qui doit nous rallier les uns aux autres, nous nous exposerions moralement à de grandes contrariétés en nous voilant la Réalité.

    Si nous voulons remplir une tâche, pensons à Celui qui nous a tracé le chemin par sa vie toute d'abnégation ; dont la pauvreté, l'humilité, la modestie, la sagesse étaient le flambeau, démontrant par là, la vitalité et l'action de la Foi dans toute sa grandeur.

    Son Enseignement fut l'objet de toute son activité, toute son ardeur, en réduisant dans sa plus simple expression tout ce qui aurait pu être extérieur et dénaturer la Révélation.

    Dans l'esprit qui nous anime tous pour l'Enseignement, nous faisons appel comme toujours, aux bonnes volontés. En ne visant que celui-ci, nous ne serons déçus par rien et rien n'entravera notre marche en avant. Sachons que sa véritable proclamation sera, quand nous le rendrons vivant par l'exemple dans l'action comme dans la pensée.

    Unissons notre action à celle de nos frères de France comme de Belgique que nous retrouverons avec joie après les évènements, et avec certitude que les Enfants du Père poursuivront, dans la même pensée d'abnégation, l'Oeuvre de Celui qui demeurera toujours au fond de nous Le Lien d'Union.

    b.P.

     

    Nota bene : On peut croire que ce sont là les initiales de Baptistin Pastorelli


    votre commentaire
  •  VERSION DU PÈRE SUR
    LES ENTERREMENTS, LES MARIAGES ET LES BAPTÊMES
    « UNITIF N°2 OCTOBRE 1911 »

        Les questions posées par les assistants ont été soumises à l'analyse et notre Père y répond dans le bulletin.

        Une sœur.­ – J'ai deux questions à poser au sujet des enterrements. Je voudrais savoir pourquoi l'on dit d'un défunt qu'il est mort et d'autres fois qu'il est désincarné, 2° si l'emblème peut figurer aux obsèques de toute personne.
        Notre Père. – Mort et désincarné sont deux mots qui sont plutôt l'oppose l'un de l'autre puisque rien de ce qui existe ne meurt. Désincarné est le vrai mot, on ne devrait jamais prononcer d'autres, en souvenir des disparus de la terre.
        L'emblème peut figurer aux obsèques de tous ceux qui le réclament avant de se désincarner, mais si le défunt n'est pas antoiniste et que sa famille désire le faire enterrer par les soins de notre culte, l'emblème ne doit pas y figurer. Sauf ce point, on fera tout comme pour un adepte.
        Un frère. – Quel est le meilleur moyen pour amener sa famille à pratiquer l'Enseignement ?
        Notre Père. – Il n'y a que l'exemple qui puisse nous convertir. Si un membre de notre famille a une autre croyance que la nôtre, nous ne devons pas y voir le mal et lui parler de l'enseignement à moins qu'il ne nous pose quelque question à ce sujet, encore faut-il y mettre de la réserve et répondre plutôt moins que plus. Notre amour suffira pour opérer sa conversion. Elle pourrait parfois lui sembler bien lente à se faire, mais en persistant dans cette voie, notre foi grandira et nous y parviendrons toujours ; cette vertu ne s'acquiert que par le travail de solidarité. Voilà comment nous devons agir aussi bien envers les étrangers qu'envers les membres de notre famille.
        Un frère. – Dans le milieu très croyant ou nous sommes, nous rencontrons beaucoup d'obstacles et certains adeptes ont demandé si l'on ne pourrait établir dans notre culte le baptême et le mariage pour les personnes qui en ont encore le désir. Nous savons bien que ce n'est qu'une forme. Mais dans notre ville nous sommes exposés à tontes sortes de critiques, on nous traite de mécréants, de sorciers et l'on nous fait même des manifestations hostiles. Nous nous efforçons de démontrer que nous sommes avec Dieu, que notre culte proclame la foi et l'amour, mais on ne veut rien entendre et l'on persiste à nous jeter la pierre. Il est des personnes qui voudraient venir à nous et qui n'osent le faire dans la crainte de perdre leur emploi.
        Notre Père. – Comment devons-nous nous raisonner la loi du mariage ? A-t-il une forme qui aurait été révélée par certains prophètes et qui serait restée indispensable ?
        Dans le passé tout était régi par des lois que l'Eglise établissait suivant ce qu'elle avait compris de la révélation ; mais comme les prophètes l'ont raisonnée selon les temps et les lieux, il en est résulté des institutions que le progrès a insensiblement transformées ou anéanties. Toutes ont eu leur raison d'être, mais par l'évolution ce qui est aujourd'hui pour nous la vérité sera devenu demain l'erreur.
        Avant organisation des communes, l'Eglise avait à charge toutes choses qu'elle administrait par des lois appropriées à leur nature suivant la compréhension des êtres. C'est ce qui a fait aboutir à la diversité des croyances. Aujourd'hui que nous avons acquis plus de lumière il n'est plus question de pratiquer l'une ou l'autre loi pour nous unir. La Révélation les anéantit. Mais elle nous fait respecter ceux qui y croient encore et nous rappelle que nous y avons cru nous-mêmes. L'amour seul nous fera tout apprécier en réalité. Ce qui nous a été ordonné jadis à différentes époques par certaines croyances n'a plus aujourd'hui pour nous sa raison d'être puisque notre enseignement repose complètement sur cette vertu. S'il est vrai  que l’on doive encore administrer la loi du mariage pour certaines questions matérielles et qu'elle soit nécessaire pour régler la situation de la femme et des enfants ainsi que les droits que peut exercer le chef de famille, nous savons aussi que seul l'amour peut nous unir et que la matière qui en est l'opposé nous divise, c'est ainsi que beaucoup se croient mariés et ne le sont pas en réalité car toute union qui n'a pas l'amour seul pour base ne peut pas se dire conjugale puisque celle-ci ne résulte que du désintéressement.
        L'institution du mariage regardée autrefois comme sacrée ressort aujourd'hui l'état civil qui l'établi seulement en vue des intérêts matériels. Celle du baptême subi des transformations analogues. Les parrain et marraine ont été remplacés par les tuteur et subrogé tuteur car il n'y avait de leur part qu'un simple engagement sans aucune sanction locale : quelle est la mission qu'ils ont encore maintenant à remplir à l'égard de l'orphelin puisqu'il est mis sous la tutelle de ceux-ci ?
        Nous n'avons pas le droit cependant de blâmer les personnes qui administrent les sacrements du baptême et du mariage car si même elles n'y croient pas, elles sont obligées de les observer puisque leur culte l'ordonne. D'un autre côté, ces institutions sont considérées comme indispensables par tous ceux qui y ont foi. Ainsi les uns et les autres sont dans la raison, dans la vérité, ils font le bien selon leur croyance, fût-il même faux, il ne l'est pas pour eux puisqu'il est dans leur intention.
        Comment devrai-je maintenant m'expliquer pour démontrer l'abus que nous ferions en voulant imiter encore des cérémonies Ce serait faire désapprouver notre enseignement, donner raison à ceux qui y sont hostiles. Vous dites que l'on vous critique parce que vous n'accomplissez pas de telles cérémonies. Saches que ce n'est pas en vous abstenant de le faire que vous pourriez être blâmé mais bien en voulant les ajouter à la Révélation, vous la fausseriez puisqu'elle a seulement la foi pour base d'où, je le répète, résulte l'amour vrai qui anéantit toute loi en permettant de remplir le devoir sans y être contraint. Il ne faudrait pas pour se dire antoiniste avoir conservé la croyance à ces institutions ; si nous les introduisions dans notre culte, elles nous feraient aboutir à de grandes contrariétés même sans être obligatoires, parce qu'elles feraient voir le mal en celui qui s'en abstient comme celui-ci pourrait le voir dans celui qui les observe.

    Unitif, Numéro spécial, Juillet 1941


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique