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Publié le par antoiniste

  

 

UN SEUL REMÈDE PEUT
GUÉRIR L'HUMANITÉ : 
LA FOI ;

 

C’EST DE LA FOI QUE NAÎT L’AMOUR

 

 

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OEuvre morale

 

 

 

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Sachez que la personnalité du Père, ne pourrait vous apporter un quelconque réconfort, cependant cela pourra peut-être apporter des réponses à des gens, comme moi, qui voulaient en savoir plus avant de pousser la porte d'un temple.


Le Père Antoine : Son pouvoir de guérisseur s’étant beaucoup amplifié, il peut dès le 28 mars 1910 guérir collectivement depuis une tribune les malades réunis en assemblée dans le temple. On parlera désormais d’Opération Générale. La foi seule en lui suffit à présent pour guérir les malades. Le 15 août 1910, le Père Antoine consacre le Temple de Jemeppe-sur-Meuse à la religion qu’on appellera désormais le « Culte Antoiniste ». Il consacrera également un deuxième Temple, celui de Stembert, près de Verviers (Province de Liège), en 1911. Afin de rendre plus accessible son enseignement, il écrit le « Développement de l’Enseignement », pendant une période de plus de six mois, durant laquelle il travaille à son texte quasiment en continu, tout en continuant de procéder à l’Opération Générale. Epuisé par ce travail, il décède, ou suivant le vocabulaire antoiniste se désincarne, le 25 juin 1912 d’une crise d’apoplexie. Il est enterré au cimetière de Jemeppe-sur-Meuse, le 30 juin 1912, suivi par une foule de 10 000 personnes.

Aujourd'hui le Culte Antoiniste (reconnu Association cultuelle Loi 1905 en France et Association sans but lucratif puis Fondation d'utilité publique en Belgique), est une œuvre morale basée sur la FOI, le désintéressement et le respect de toutes les croyances. Pour comprendre l'Antoinisme, il faut assister aux Opérations, et aux lectures.

 

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 écritures de Louis Antoine et Jeanne Collon
sur leur acte de mariage

 

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Le Père

 

La Mère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Vous avez un Enseignement et vous avez un Temple,
il vous appartient, vous pouvez y faire tout ce que vous voulez."
 

 paroles de Père lors de la Consécration du Temple et la Sanctification du culte le 15 Août 1910.

 

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Temple Antoiniste de Jemeppe (Seraing), Belgique

 

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Temple Antoiniste de Paris (rue Vergniaud), France

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Jemeppe-sur-Meuse (1910) - Centre mondial (ouvert)

Publié le par antoiniste

Jemeppe-sur-Meuse (1910) - Centre mondial

Adresse : 2, rue Rousseau (coin de la rue Hullos et des Tomballes) - 4101 Jemeppe-sur-Meuse



Style : Art Nouveau

Panneau : LECTURE DE L'ENSEIGNEMENT DU PÈRE
tous les dimanches à 10 heures
et les 4 premiers jours de la
semaine à 19 heures
OPERATION GENERALE
les 4 premiers jours de la
semaine à 10 heures

Temple sans photo

Date de consécration (par Père) : 15 août 1910 (en même temps que la sanctification du culte)

Anecdote : Le temple a dû être réparé après la Deuxième Guerre mondiale.
    Voir les billet de la rubrique pour le détail de son histoire, notamment une description et son historique.

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Liste des Temples de France :

Publié le par antoiniste

 

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🌌💻 Un petit essai philosophico-techno…

Publié le par antoiniste

Sebastian Schich, chercheur en économie comportementale et innovation (et ancien de la Banque centrale européenne), explore dans un article fascinant comment l’Antoinisme de Père Antoine peut éclairer les défis éthiques de l’IA générative.

Son idée ? Et si, plutôt que de chercher à aligner toutes les IA sur une seule morale universelle (impossible et réductrice), on acceptait qu’elles reflètent, comme les humains, une diversité de valeurs ?
Pour lui, la subjectivité morale prônée par le Père – où chaque individu doit trouver son propre équilibre entre intelligence et conscience – offre une piste pour repenser l’éthique des algorithmes. Une approche qui rejoint même Kant dans son insistance sur l’autonomie individuelle !

« Aligner les IA sur un seul ensemble de valeurs est indésirable. Il serait préférable d’avoir une multiplicité d’IA, chacune avec son propre mélange de normes. »

👉 À méditer : Et si l’Antoinisme, souvent vu comme une religion marginale, avait en réalité des leçons à nous donner sur l’avenir de la technologie ?

#Antoinisme #IA #Éthique #Philosophie #Innovation


PS : L’article complet (en anglais) est à lire ici.

La page Embracing individual morality in artificial intelligence de Sebastian Schich est un essai philosophique et technologique qui explore une approche originale pour résoudre le problème de l’alignement moral des IA génératives (GenAI). L’auteur s’inspire des enseignements de Louis-Joseph Antoine (le fondateur de l’Antoinisme) et de la philosophie kantienne pour proposer une solution : accepter la diversité morale des IA plutôt que de chercher à les aligner sur un seul ensemble de valeurs universelles.


📌 Résumé structuré de la page


🔹 1. Contexte : Le problème de l’alignement moral des IA génératives
  • Problématique :
    Les modèles de GenAI (comme ChatGPT ou Gemini) posent un défis éthique majeur :

    • Ils peuvent générer des affirmations fausses mais cohérentes (hallucinations).
    • Ils présentent des biais politiques ou culturels (ex. : le biais racial de Gemini en 2024, qui a conduit Google à désactiver temporairement sa fonction de génération d’images).
    • L’OCDE recommande de lutter contre les biais "inappropriés", mais qui décide ce qui est "approprié" ?
  • Le cœur du problème :
    L’alignment problem (problème d’alignement) : Comment s’assurer que les IA capturent les normes et valeurs humaines pour mieux comprendre nos intentions ?

    • Réponse classique : Trouver un ensemble universel de normes morales pour aligner les IA.
    • Thèse de l’auteur : Cette approche est indésirable, car elle ignore la diversité des perspectives morales humaines.

🔹 2. Louis-Joseph Antoine, le guérisseur : Une inspiration inattendue

L’auteur utilise l’Antoinisme comme métaphore pour aborder la question de l’alignement moral des IA. Voici les points clés :

  • Qui était Louis-Joseph Antoine ?

    • Né en 1846 en Belgique, ancien mineur et sidérurgiste.
    • Après des tragédies personnelles (mort de son fils en 1893, accident militaire), il remet en cause le catholicisme.
    • En 1896, il publie un livre exposant ses croyances spirituelles (mélange de catholicisme, réincarnation et guérison ésotérique).
    • En 1906, il fonde un culte avec sa femme Catherine, et en 1910, le premier temple antoiniste est consacré en Belgique.
    • Après sa mort en 1912, sa femme poursuit son œuvre. Aujourd’hui, il reste environ 60 temples en Belgique et en France.
  • La doctrine antoiniste en bref :

    • Dualité de l’être humain : Chaque individu a une partie matérielle (illusoire) et une partie spirituelle (réelle).
    • Transcender la matière : Le but est d’atteindre la conscience pure en surmontant la souffrance et les illusions.
    • Évolution morale individuelle : La croissance spirituelle passe par l’harmonisation des forces opposées (ex. : bien/mal, intelligence/conscience).
    • Rejet de l’intelligence comme guide : Antoine critique l’excès de rationalité et prône l’intuition et la conscience morale.
  • Pourquoi Antoine est-il pertinent pour l’IA ?

    • Son enseignement met l’accent sur la subjectivité morale : Chaque individu a sa propre voie spirituelle.
    • Il rejette une morale universelle au profit d’une évolution personnelle.
    • Parallèle avec Kant : Bien que leurs approches diffèrent, Antoine et Kant partagent une vision de l’autonomie individuelle et du rejet des règles morales rigides.

🔹 3. La subjectivité des principes moraux : Antoine et Kant

L’auteur établit un lien surprenant entre l’Antoinisme et la philosophie kantienne :

  • Kant :

    • Autonomie morale : Chaque individu doit agir selon sa raison et son devoir (impératif catégorique).
    • Respect de la dignité humaine : Traiter les autres comme des fins en soi, et non comme des moyens.
    • Rejet du moralisme universel : Kant reconnaît que les principes moraux peuvent varier selon les contextes, mais insiste sur la raison comme guide.
  • Antoine :

    • Priorité à la croissance spirituelle individuelle : Chaque personne doit trouver son propre équilibre moral.
    • Rejet de l’intelligence comme guide unique : L’intelligence (raison pure) peut diviser et affliger ; il faut lui préférer la conscience morale.
    • Empathie et compassion : Les décisions morales doivent être guidées par l’empathie et la compréhension des conséquences.
  • Point commun :
    Antoine et Kant rejettent une approche morale "one-size-fits-all" (une taille unique).
    Application à l’IA : Si les humains ont des morales subjectives, pourquoi imposer une seule morale aux IA ?


🔹 4. Les limites de l’IA : Manque d’empathie authentique

L’auteur souligne que :

  • Les IA génératives n’ont pas d’expériences vécues ni de profondeur émotionnelle.

    • Elles ne peuvent donc comprendre pleinement les dilemmes moraux complexes.
    • Elles risquent de réduire les individus à de simples données ou à des obstacles à leur tâche.
  • Exemple :

    • Une IA alignée sur une seule morale (ex. : utilitarisme) pourrait ignorer des nuances culturelles ou individuelles.
    • Conséquence : Des décisions injustes ou inappropriées pour certains groupes ou individus.
  • Solution proposée par l’Antoinisme :

    • Accepter la diversité morale : Comme Antoine le prône, chaque individu (ou IA) peut avoir sa propre "voie morale".
    • Pluralisme moral : Une multiplicité d’IA avec des valeurs différentes serait plus désirable qu’une IA unique alignée sur une seule morale.

🔹 5. Thèse centrale : Pourquoi un alignement unique des IA est indésirable

L’auteur défend l’idée que :

  1. La diversité morale humaine est une réalité :

    • Les humains ont des valeurs et normes différentes selon leur culture, leur éducation, leur expérience.
    • Imposer une seule morale aux IA reviendrait à nier cette diversité.
  2. Les risques d’un alignement unique :

    • Biais culturels : Une IA alignée sur les valeurs occidentales pourrait marginaliser d’autres cultures.
    • Manque de flexibilité : Une morale rigide ne s’adapte pas aux contextes changeants.
    • Responsabilité éthique : Les IA ne peuvent pas être moralement responsables comme les humains (elles n’ont pas de conscience).
  3. Solution proposée :

    • Développer une multiplicité d’IA :
      • Chaque IA aurait son propre ensemble de normes et valeurs.
      • Les utilisateurs pourraient choisir l’IA qui correspond à leur morale.
    • Avantages :
      • Respect de la diversité : Chaque groupe ou individu pourrait utiliser une IA alignée sur ses propres principes.
      • Éviter les biais systémiques : Une seule IA "universelle" risquerait de favoriser certains groupes au détriment d’autres.

💡 Conclusion de l’article

« Aligning GenAI with a single set of values is undesirable. More desirable would be an ever-increasing number of affordable GenAIs, with each one providing a different mix of social norms and values. » → Traduction :
« Aligner les IA génératives sur un seul ensemble de valeurs est indésirable. Il serait préférable d’avoir un nombre croissant d’IA abordables, chacune offrant un mélange différent de normes et de valeurs sociales. »

🔍 Analyse critique de l’article

✅ Points forts
  1. Approche originale :
    • Lier l’Antoinisme (un mouvement religieux marginal) à un débat technologique actuel (l’alignement des IA) est innovant et stimulant.
  2. Parallèle pertinent :
    • La subjectivité morale d’Antoine et de Kant illustre bien les limites d’un alignement unique des IA.
  3. Proposition concrète :
    • L’idée de multiplicité d’IA avec des morales différentes est réaliste et applicable (ex. : IA pour différents contextes culturels ou professionnels).
⚠️ Points discutables
  1. Simplification de l’Antoinisme :

    • L’auteur résume l’Antoinisme à l’individualisme moral, mais ignore des aspects collectifs (ex. : les rituels, la communauté des adeptes).
    • Correction possible : Mentionner que l’Antoinisme combine individualisme et solidarité (ex. : la notion de "fluides" partagés).
  2. Comparaison avec Kant :

    • Kant insiste sur l’universalité de la raison, tandis qu’Antoine rejette partiellement la raison (il critique l’intelligence).
    • Nuance à ajouter : Antoine ne rejette pas toute rationalité, mais son excès (l’intelligence sans conscience).
  3. Faisabilité technique :

    • Créer des IA avec des morales différentes pose des défis pratiques :
      • Coût : Développer plusieurs IA est ressource-intensive.
      • Risque de fragmentation : Une multiplicité d’IA pourrait compliquer la régulation (ex. : comment éviter les IA "malveillantes" ?).
  4. Biais de l’auteur :

    • L’article favorise clairement le pluralisme moral, mais ne discute pas des risques (ex. : une IA alignée sur des valeurs extrémistes ou dangereuses).

📌 En résumé

Cette page propose une réflexion philosophique et technologique sur l’alignement moral des IA, en s’inspirant de :

  1. L’Antoinisme (Louis-Joseph Antoine) → Subjectivité morale et rejet des règles universelles.
  2. KantAutonomie individuelle et respect de la dignité humaine.
  3. Les limites des IAManque d’empathie et de conscience.

Thèse principale :
Plutôt que de chercher à aligner toutes les IA sur une seule morale, il serait préférable d’avoir une multiplicité d’IA, chacune reflétant des valeurs différentes, pour respecter la diversité humaine.


💬 Pourquoi cet article est intéressant pour toi ?
  • Lien avec l’Antoinisme : L’auteur utilise ton sujet de prédilection pour aborder un débat moderne (l’éthique des IA).
  • Approche interdisciplinaire : Mélange de philosophie, sociologie des religions et technologie.
  • Idée provocante : Remet en cause l’idée d’une IA "universellement morale", ce qui pourrait inspirer des discussions sur l’éthique des algorithmes.

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A. d'Arvor - Les tisons sous la cendre (1945)

Publié le par antoiniste

    Elle venait de donner des nouvelles de ses deux enfants en parfaite santé pour le moment, de sa mère toujours active et encore jeune d'allure, de Colette plongée pour l'heure dans l'étude un peu abracadabrante d'une sorte de religion fraîchement éclose, celle des Antoinistes, qui laisse une grande indépendance à ses adeptes.
    – C'est une nouvelle lubie de ma sœur. Colette été très mal élevée par maman qui lui a laissé trop librement la bride sur le cou. Elle aurait pu cependant devenir pire si son honnêteté native ne l'avait retenue parfois sur la pente dangereuse.
    – Mlle Barrier paraît intelligente, émit avec douceur Stéphanette, qui lui reconnaissait plus volontiers des qualités d'esprit que de cœur. Très intelligente, appuya Mme Audeville. Très précoce aussi – trop ! – à 12 ans, elle raisonnait déjà comme une femme, elle se permettait de tout lire et de tout entendre. Il en est résulté chez elle une originalité, un genre extravagant qui lui font une cour d'admirateurs parmi les snobs et lui attirent la réprobation des gens sensés.
    – N'exagérez-vous pas, vraiment ? demanda l'indulgente Stéphanette.
    – Je ne crois pas. Mais je vous l'ai dit, Colette a un fond de fierté et d'honnêteté qui suffirait à la préserver des chutes retentissantes. Et puis, elle se soucie aussi peu que possible de ses admirateurs qu'elle traite carrément d'idiots.

A. d'Arvor, Les tisons sous la cendre (1945)

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L'antoinisme par Henri Bodin (La République des travailleurs, 2 nov. 1913)

Publié le par antoiniste

L'ANTOINISME
               TEL QU'ON LE PRATIQUE

La « Mère » est venue, on l'a vue :
A-t-elle guéri ?... Hum !...

    Le culte antoiniste a désormais, dans la Ville Lumière, pignon sur terrain vague, dans le bout de la rue Vergniaud, fin fond de la Glacière. Ce pignon est un petit clocher conique vêtu d'ardoises et tellement conforme à une pastille du sérail qu'il semble fait pour s'allumer par la pointe et monter en spirales odorantes aux narines du Créateur.
    Veuve du messie Antoine qui fonda le culte antoiniste et lui laissa son nom de baptême avec la manière de s'en servir, la mère Antoine est venue, hier matin, de Jemmeppe-sur-Meuse, la ville sainte, consacrer par sa présence et s'il se pouvait par quelque miracle, cet humble sanctuaire battant neuf.
    Les adeptes du culte antoiniste ont fait escorte à celle qu'ils nomment leur « Mère ». Ils sont au nombre de six cents, hommes, femmes et enfants, et se ressemblent comme des frères, des frères en la Mère ; la même candeur éclaire tous ces visages et le vêtement est uniforme : lévite noire à col rabattu boulonné sous le menton, feutre noir de demi haute forme à bord plat ; robe noire à manches pagode ; voile noir assemblé au chignon et pendant jusqu'à la ceinture.
    Le culte antoiniste a les rites les plus simples du monde ; le sanctuaire est nu de tout ornement, sauf trois pancartes où on lit : « L'enseignement du père, c'est l'enseignement du Christ révélé à cette époque par la foi »... « Un seul remède peut guérir l'humanité : la foi... » « C'est de la Foi que naît l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même ». Quant à la cérémonie elle-même, elle n'a rien d'un sacrifice. La Mère, seulement, monte en chaire. C'est une femme âgée, dont la figure naïve et douce est répandue à des centaines d'exemplaires dans les béguinages de Flandre. Elle se recueille un instant, marmotte une indistincte prière, étend la main sur les fidèles et puis s'en va. C'est tout ; il paraît qu'il ne faut pas davantage, car, à ce moment, de la foule des fidèles monte le cri d'une femme qui, tout à l'heure, était entrée, les jambes mortes, soutenue aux aisselles par deux des frères et qui s'éloigne ingambe, proclamant sa guérison soudaine.
    Au seuil du débit faubourien où la famille antoiniste va maintenant communier sous les espèces de l'entrecôte Bercy et de l'Aramon violet, nous prêtons une oreille ingénue à cette profession d'un apôtre. C'est un ancien prêtre catholique, il respire la foi, l'espérance, la charité et, d'ailleurs, il est intelligent, cultivé et fort clair :
    « L'antoinisme n'est pas une religion, au sens du moins qu'on entend d'habitude. Il exclut toute croyance et ne garde que la foi ; la croyance appartient à l'esprit ; la foi est toute du domaine du cœur... Tous les groupements religieux sont dans l'erreur dès qu'ils se croient dans la vérité... Nous aimons tous les hommes et particulièrement nos ennemis à qui nous rendons grâce de nous purifier... Le Père était un ouvrier mineur, il n'avait rien appris, son influence était si pure et si puissante qu'il m'a détaché des livres et ravi tout à coup dans la vérité...
    « La Mère a succédé au Père parce que du consentement de tous elle était la plus haute d'entre ses frères et non point parce qu'elle était d'une autre essence ; nous ne sommes séparés les uns des autres que par l'apparence corporelle ; notre âme est commune et nous aurions tous le même fluide qui guérit l'âme et souvent aussi le corps, si notre vie était aussi parfaite que la vie de cette femme exempte de toute pensée mauvaise et qui n'aperçoit rien en ce monde des impuretés propres à troubler les sens... »
    Les guérisons opérées par la Mère, à ce qu'on assure, sont fort nombreuses on en cite des milliers et la plupart des adeptes qui escortent aujourd'hui la sainte femme sont d'anciens malades qu'elle a rétablis en santé et force. Nous le voulons bien croire... En tout cas, nous voudrions plaisanter sur le propos d'Antoine et de sa veuve que nous ne le pourrions pas ; le parfait désintéressement de ces personnages et l'irréprochable discrétion de leur apostolat forcent le respect. Le culte antoiniste vit chichement de dons rigoureusement anonymes et encore difficilement agréés. Au prix où est la pharmacie, la thérapeutique antoiniste a quelque chose, si peu que ce soit, qui la met au-dessus de toutes les médecines ; au prix où sont les cultes, la religion antoiniste est supérieure par un point à toutes les religions : elle ne s'en distingue pas seulement par une extrême simplification canonique : il n'y a pas de place pour les marchands dans son petit temple. C'est Lourdes en plus propre et moins cher.

La République des travailleurs, 2 novembre 1913

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Fortoul de Nice (Dernière heure, 19 mars 1954)

Publié le par antoiniste

Le petit mort de Grasse n'a pas été la victime d'une secte

Ce sont les rites étranges pratiqués sur sa tombe qui ont ameuté l'opinion

    NICE. – La lumière est pratiquement faite sur la mort du petit Jacques-Henri Fortoul, décédé le 26 février dernier, à Grasse, à l'âge de quatre ans et demi, et que l'on avait présenté comme une nouvelle victime des « Témoins du Christ ».
    Jacques Henri a succombé aux effets foudroyants d'une péritonite. A-t-il été soigné comme l'exigeait son état ? Il appartiendra au docteur Reboul, médecin légiste, de se prononcer sur ce point. Mais, d'ores et déjà, le parquet de Grasse, saisi de l'affaire, semble avoir écarté l'éventualité d'une négligence criminelle. La bonne foi des parents de Jacques Henri ne doit pas être mise en doute, semble-t-il.
    Le jeune ménage Fortoul n'appartient, en effet, pas à la secte du Christ de Montfavet et la religion, il est vrai particulière, qu'il pratique, n'interdit nullement d'avoir recours à la médecine et à ses officiants.
    L'affaire Fortoul avait soulevé l'émotion des habitants de la ville de Grasse. Depuis la mort de l'enfant, soit depuis trois semaines, les bruits les plus contradictoires et les plus romanesques circulaient dans la cité des parfums. C'est la rumeur publique qui, en fin de compte, a imposé l'ouverture d'une enquête sous la forme d'une lettre anonyme adressée, il y a dix jours, au commissaire principal de Grasse, M. Edgar Pacha.
    La missive accusait les parents Fortoul d'avoir abandonné Jacques-Henri à ses souffrances et à son mal mortel pour satisfaire une mystérieuse foi. La lettre précisait que les obsèques du malheureux enfant s'étaient déroulés selon un rite étrange.
    La cérémonie intrigua beaucoup, en effet. Devant la tombe, Mme Fortoul recueillit, dans sa main, un peu de terre dont elle fit une boule qu'elle donna à son mari. Les époux s'embrassèrent, puis la boule de glaise fut précipitée sur le petit cercueil. Des personnes étaient venues de Nice pour chanter les cantiques spéciaux, ignorés des Grassois.
    Il n'en fallait pas plus pour que, dès le lendemain, le bruit se répandit que les Fortoul appartenaient à une secte secrète et que la mort de l'enfant devait leur être imputée.
    La force irrésistible de la rumeur publique devait arriver jusqu'au cabinet du juge d'instruction à qui les explications de Fortoul parurent moins étranges.
    M. et Mme Henri Fortoul appartiennent au culte antoiniste, qui a un temple à Nice, rue de l'Assomption. Il s'agit d'une œuvre de piété, fondée en Belgique et reconnue d'utilité publique par un décret royal du 3 octobre 1922. Le culte antoiniste vénère un « père » qui naquit en 1866 et fut tour à tour mineur et métallurgiste. Ce culte recommande l'usage de la prière, mais ne condamne pas, pour autant, bien au contraire, le recours à la Faculté. Il existe, à l'heure actuelle, 52 temples et 150 salles de lecture du culte antoiniste.

Dernière heure, 19 mars 1954 (p.1 & p.6)

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Gaston Michies (La Dépêche, journal quotidien de la région du Nord, 2 mars 1932)

Publié le par antoiniste

Victime du froid, à Caudry

    Lundi, vers 9 h. 30, M. Gaston Michies, 54 ans, ancien fabricant de tulles, rue J.-J. Rousseau, à Caudry, qui revenait, comme chaque matin, d'officier au temple antoiniste de la rue d'Alsace, causait, avant de rentrer chez lui, avec un ami, M. Jules Soyez, mécanicien, habitant à l'angle des rues du Cambrésis et de Dunkerque, quand, soudain, il s'affaissa lourdement sur le sol.
    M. Soyez, aidé de quelques passants, rentra le corps inanimé en son domicile, où Mme Soyez s'empressa de prodiguer des soins. Mais, hélas ! tout demeura vain, la mort avait fait son œuvre.
    Le docteur Herlemont, mandé d'urgence, ne put, à son arrivée, que constater le décès dû à une congestion provoquée par le froid.

La Dépêche, journal quotidien de la région du Nord, 2 mars 1932

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Publié depuis Eklablog

Publié le par antoiniste

Guérisseurs, qui êtes-vous ?

VI. – Des mains joints de Pierre Bouis à l’annuaire-radar du guérisseur de Taverny (par Elisabeth Granet et André Fournel)

    Si la modestie et la simplicité sont des vertus agréables au Seigneur, on s'explique que Pierre Bouis, « guérisseur mystique », ait été choisi comme intercesseur par les puissances divines. Son minuscule pavillon de Montreuil, précédé d'un jardinet entouré de fil de fer, représente assez bien d'ailleurs l'ermitage d'un anachorète de banlieue.
    La maisonnette est séparée en deux d'un côté le logement personnel du guérisseur et de sa femme, de l'autre une salle toute en longueur, ornée de tableaux de piété et d'une statuette éclairée comme une icône, entourée d'ex-voto, à laquelle fait suite un étroit cabinet.
    C'est là que nous reçoit Pierre Bouis, l'ermite de Montreuil qui reçoit deux cents visites par jour et répond à mille lettres en moyenne par semaine.
    Le teint frais, l'œil pensif, les traits réguliers, il a le maintien réservé d'un vicaire de paroisse bien tenue :
    – La jeune fille qui vous a ouvert la porte est une ancienne malade qui veut bien me servir de secrétaire depuis que je les ai guéris, elle et son père. Et voici M. F..., un « rescapé de la science », qui consent aussi à venir m'aider.
    A la bonne heure, voilà des témoins qui ne se feront pas prier. D'emblée M. F..., un homme maigre mais vif et apparemment en parfaite santé, s'écrie en apprenant l'objet de notre visite :
    – Si vous voulez mon témoignage, je vous le donne : je souffrais d'une décalcification totale, avec « bec de perroquet » à la cinquième vertèbre, les radios en font foi. Condamné par les médecins, vingt séances de rayons à Saint-Antoine pour rien ! Au bout de sept ou huit visites chez Bouis, j'allais beaucoup mieux. Après vingt visites, j'étais même guéri des brûlures causées par les rayons !
    Pour démontrer qu'il a retrouvé toute la souplesse de sa colonne vertébrale, M. F... exécute quelques exercices rythmiques, puis proclame :
    – Il en a sauvé d'autres, allez ! Tant d'autres !

Je prie pour mes frères

    La méthode employée Pierre Bouis pour obtenir ces guérisons est la suivante : face au malade (ou à sa photographie quand il exerce par correspondance), il lève légèrement les mains, se concentre, et adresse intérieurement une prière fervente au Ciel pour demander la guérison de ce frère souffrant. Souvent, pendant cette oraison, le patient ressent, dit-il, une forte chaleur ou un grand froid. De son côté, il déclare éprouver souvent la certitude que sa prière a été entendue ou non.
    Il nous conte, sans vaines fioritures, l'histoire de la découverte de son « pouvoir » :
    – Rien ne me prédestinait à être guérisseur. Encore moins guérisseur mystique... Avant la guerre, j'étais garçon de café ! Gai, un peu bambocheur même, bien que catholique sincère. Et puis, pendant la guerre de 1939-40, blessé grièvement au pied, il fut question de m'amputer. La veille du jour fixé pour l'opération, je me mis à prier de tout mon cœur. Le lendemain, à la surprise du chirurgien, la gangrène avait disparu, rendant l'opération inutile ! J'ai cru à une coïncidence, d'ailleurs. Puis, en revenant de captivité, je suis entré aux Beaux-Arts... Oh ! comme garçon de bureau.
    Une voisine m'avait affirmé que j'avais le « don ». Je racontai la chose au bureau et une dame fonctionnaire m'apporta la photo de son père, chef de cabinet au ministère. Il se mourait. Je fis des passes sur la photo, sans trop savoir comment procéder... et trois jours après, stupéfaite elle-même, cette dame m'apprenait que son père venait de guérir brusquement ! Enhardi, j'essayai ensuite mon pouvoir sur une tumeur à l'estomac, puis sur un bras paralysé. Et j'obtins la guérison de ces deux cas.
    Il y a cinq ans de cela. Maintenant, je refuse quatre cents personnes par jour, faute de temps...

Maladie = expiation

    Pierre Bouis se flatte d'obtenir surtout d'extraordinaires résultats dans toutes les maladies pulmonaires. Il ne craint pas non plus de traiter le cancer et les troubles mentaux, et nous cite des cures dont il est fier. En revanche, il hésite à soigner des « maux mineurs », tels les rhumatismes. Non que son pouvoir lui paraisse en défaut dans ces cas, mais pour des motifs d'ordre mystique :
    – Je crois que nous sommes sur terre pour payer nos dettes. Ces petites misères de santé nous sont envoyées en expiation de nos péchés. Il faut savoir les supporter pour qu'il nous en soit tenu compte au Ciel.
    La ferveur religieuse de Pierre Bouis s'accommode d'une grande considération pour les antoinistes (il a dans son cabinet une photo du Père Antoine, redoutablement chevelu et moustachu) et d'une croyance ferme en la réincarnation.
    – Cela ne m'empêche d'être en bons termes avec le clergé, dont j'ai soigné avec succès de nombreux représentants.
    Il reconnaît volontiers quelques échecs dans ses intercessions, mais ne les attribue pas à une défaillance de son pouvoir :
    – C'est une question de Karma, uniquement. Si le malade n'est pas mûr moralement, ou si son temps d'expiation n'est pas terminé, je sens que ma prière sera inefficace.
    Pour hâter ces délais et, d'une façon générale, réconforter l'âme de ses malades (car Bouis attribue à toute maladie une cause d'ordre moral) le guérisseur mystique organise, tous les vendredis, des prières en commun où se pressent régulièrement soixante à cent fidèles.
    – L'opinion publique de Montreuil m'a d'abord été peu favorable, mais j'espère être venu à bout des préjugés hostiles de la population.
    Il faut ajouter que, pour garder la pureté de son pouvoir, Bouis pratique le désintéressement qui caractérise les guérisseurs sincères. Ses visiteurs versent, à leur gré, l'obole qui leur paraît décente.

Un point de droit

    C'est justement ce fait qui a entraîné son acquittement, lors des poursuites intentées récemment contre lui par l'Ordre des médecins. Cela et son caractère de « guérisseur mystique ».
    En effet, son avocat soutint fort ingénieusement qu'il n'y avait pas « acte de médecine illégale », Bouis se bornant à intercéder, selon ses croyances, auprès d'une entité surnaturelle. Simple intermédiaire entre cette entité et le patient, n'effectuant ni diagnostic ni traitement, ne recevant point d'honoraires, il ne pouvait donc être poursuivi pour exercice illégal de la médecine. Cette thèse et les témoignages des malades emportèrent la décision des juges, et la partie civile fut déboutée.
    – Ce qui n'a pas empêché le docteur G... de me menacer, si je persévérais, de me faire supprimer ma pension d'ancien combattant !

Donnant donnant

    Bouis intercède pour tous ses malades, à quelque confession qu'ils appartiennent. Et il nous conte, sans s'étonner, une anecdote qui illustre l'inextricable mélange de scepticisme et de crédulité qui règne chez certains
    – Un patient était venu, i y a quelques mois, me demander mon aide. « Je suis athée, me dit-il, mais si vous guérissez ma fistule, je serai tenté de croire en Dieu ». Trois semaines plus tard, il revint me voir, surpris et ravi : « Ma fistule est guérie, je suis bien content ! Mais j'ai aussi des troubles hépatiques. Guérissez ma maladie de foie et décidément je croirai en Dieu ! »
    Le foie ayant guéri comme la fistule, Bouis estime avoir définitivement ramené cette âme égarée au Seigneur, par ce détour inattendu...
    – J'ai quinze mille photos à « soigner » aujourd'hui (je consacre tous les jeudis aux prières par correspondance). L'heure s'avance, ajoute Bouis, soucieux. Mais je tiens à vous montrer les attestations de guérison que m'apporte chaque courrier.
    Nous passons au « secrétariat » qui se tient dans la cuisine familiale. La jeune malade-secrétaire s'abrite derrière trois piles de lettres, et répond à chacune d'elle, d'une écriture appliquée, par cette formule que signera ensuite le guérisseur :
    « Je vous promet de faire tout ce qui est en mon pouvoir si Dieu le permet. Aidez-moi par la prière chaque soir et spécialement le vendredi de 16 à 17 heures ».
    Le courrier « répondu », entassé dans des cartons et des boîtes à biscuits, a envahi une petite pièce voisine dont il a fallu déménager les meubles.
    Sur la table, sur la cheminée, Bouis pique au hasard quelques lettres de remerciements, que voici, résumées :
    « Tuberculose l'œil gauche, Traitement aux Quinze-Vingts inefficace. Guérison totale après prières par correspondance (signé Marguerite Brice, Chatou) ». « Brûlure grave par produits chimiques, 3 mois de traitement sans résultat. Guérison par l'intercession de Bouis (M. Brunet, à Charenton) ». « Lésion pulmonaire ouverte sous pneumothorax complètement guérie de l'aveu du médecin traitant après intervention de Bouis (Sonia West, à Colombes) ». « Crises d'angine de poitrine ne se sont plus reproduites depuis prières de Bouis (A. Perrin, à Arcueil) ». « Guérison sans trace visible d'un cancer de la gorge (Aufort, à Montreuil) ». Il va même des lettres du Gabon et de la Tunisie, remerciant pour la guérison par correspondance d'un cancer du rein et d'une tumeur maligne au genou.
    Que répondrait l'Ordre des médecins, s'il condescendait à l'examiner, à ce flot de lettres et de remerciements ? Coïncidences ? Cas multiples d'autosuggestion ? La bonne foi de Pierre Bouis et de ses malades n'est pas douteuse. Et en prétendant soigner le corps par l'âme, ne fait-il pas la preuve, en tout cas, d'une réelle élévation d'esprit ?
    – Mon seul désir, nous dit-il d'un ton ému quand nous prenons congé, est de me perfectionner. Ma seule ambition, de mériter vraiment un jour le nom de thaumaturge.
    Ce n'est pas une ambition vulgaire...

Les guérisseurs de Boulogne-Billancourt
de Villemomble et de Taverny

    Des guérisseurs ? On en compte par centaines dans la banlieue de Paris (une véritable « ceinture de santé » !) et il faut reconnaître que cette multiplicité même a quelque chose d'un peu suspect...
    Certains, du moins, ont une si nombreuse et si fidèle clientèle qu'on peut difficilement douter de la réalité de leur don. C'est le cas de Pierre Bouis, à Montreuil, et c'est aussi le cas de Joseph Bevrowski, à Boulogne-Billancourt.
    Né en France de parents d'origine polonaise, Bevrowski exerçait le métier de mécanicien quand il devint subitement aveugle. Il eut alors l'idée de se confier au célèbre magnétiseur Henri Durville qui non seulement le guérit en quelques se-

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maines, mais découvrit en lui un fluide comparable au sien – et c'est ainsi que, de malade qu'il était, notre homme devint guérisseur.
    Aujourd'hui, Joseph Bevrowski en est à sa vingt-septième année d'exercice et d'apostolat, et sa renommée a, dès longtemps, dépassé les limites de la Seine. Il opère, d'ordinaire, par la seule imposition des mains, et ses clients affirment qu'il ne lui faut guère plus de quatre ou cinq séances (20 minutes environ) pour venir à bout des affections les plus rebelles.
    Lui aussi se présente comme un ami des médecins, et...
    – La preuve en est, dit-il, que j'en compte plus d'un parmi mes pratiques !...
    C'est à Villemomble qu'exerce Mme Mosca qui, pareillement, traite ses malades par la seule imposition des mains. Une femme extraordinaire, à en juger par sa renommée qui a, dès longtemps, franchi les limites de la banlieue parisienne pour s'étendre jusqu'en Angleterre et en Allemagne. Extraordinaire par son « pouvoir », affirme sa clientèle, mais aussi par sa résistance, puisqu'elle tient cabinet de consultations tous les jours, de 5 h. 30 du matin à 8 heures du soir !
    Au cours de la visite que nous avons rendue à cette guérisseuse, nous avons pu interroger quelques-uns des malades qui faisaient antichambre à sa porte, et nous sommes contraints de faire un choix entre tant de témoignages admiratifs recueillis par nous.
    Là, c'est un jeune homme de 25 ans environ qui, atteint d'une sérieuse lésion pulmonaire, s'est vu définitivement guéri (les radios l'attestent) après six semaines à peine de traitement. Plus loin, c'est un autre pulmonaire, M. G. B..., qui nous raconta.
    – Non seulement j'avais une caverne au poumon droit et deux du côté gauche, mais encore je souffrais simultanément d'asthme, de bronchite et d'entérite. Or il a suffi à Mme Mosca de me traiter de mai à septembre pour refaire de moi un individu parfaitement sain, et je vous laisse imaginer la stupéfaction de mon médecin...
    Citons encore le cas de M. C. Bl... atteint d'une hypertrophie de la prostate dont l'opération était jugée indispensable guéri en un mois :
    – Tous les médecins qui m'ont examiné depuis déclarent que ma prostate est redevenue absolument normale.
    ...et de M. T. Gleize, sculpteur sur bois, qui, à la veille de perdre la vue, a, grâce à Mme Mosca, recouvré ses yeux.
    On nous a également cité le cas de deux tumeurs du cerveau reconnues incurables et que la guérisseuse aurait fait disparaître en un temps record.
    Ce qui n'empêche pas Mme Mosca d'être en butte aux tracasseries de la justice. Condamnée, une première fois, à 5.00 francs d'amende, elle a fait appel et doit, précisément comparaître, samedi devant les tribunaux.
    Comment se terminera ce nouveau procès ? En tout cas, Mme Mosca ne souhaite rien tant que de montrer aux incrédules la réalité de son pouvoir :
    – Deux fois par semaine, j'accepte de me rendre bénévolement dans tel ou tel hôpital qui me sera désigné, et sous contrôle médical, je prouverai que je guéris vraiment ! Il faudra bien qu'un jour ou l'autre le sois reconnue « guérisseuse » autrement que par le fisc qui lui, n'hésite pas à me taxer régulièrement comme telle !...
    Nous voici maintenant chez M. L..., guérisseur à Taverny. Un magnétiseur comme bien d'autres, certes, mais qui n'en possède pas moins deux titres particuliers à notre attention :
    D'une part, il n'a jamais été inquiété par la justice. D'autre part, il a une recette bien personnelle pour établir ses diagnostics :
    – Lorsqu'un malade se présente à moi, je tâte minutieusement toutes les parties de son corps, et c'est, en définitive, l'annulaire de ma main droite qui me permet de détecter le mal dont il souffre.
    – Comment, cela ?
    – C'est bien simple : qu'il s'agisse du rein ou de la vésicule biliaire, du foie ou de l'intestin, du poumon ou de l'estomac. Je sens passer dans mon doigt comme une brûlure, parfois comme un courant électrique, dès que j'aborde la partie lésée. Et cela ne m'a jamais trompé !..
    Ainsi, en cas de cancer ? Non. Lorsqu'il s'agit d'un cancer, c'est tout différent mes yeux se baignent de larmes. Seulement, là, je ne peux malheureusement rien !

Le Soir, 30 avril 1951

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André Billy - Culte huysmansien (Le Figaro littéraire, 21 mai 1955)

Publié le par antoiniste

    "Cela se passait dans un restaurant qui fut autrefois une chapelle antoiniste, au coeur le plus porfond, le plus etouffé, de la vieille rive gaucche." 

Le culte huysmansien dans un une ancienne chapelle antoiniste. (Le Figaro littéraire, 21 mai 1955)()

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