• Père Dor - procès

     Père Dor - procès   Des plaintes sont déposées contre lui. Selon la presse, Dor fait payer ses consultations, contrairement à Antoine. Accusé d'attouchements, il se défend en affirmant que de nombreuses femmes étaient amoureuses de lui et l'avaient faussement accusé d'attentat à la pudeur parce qu'il avait refusé leurs avances. Il lui est aussi reproché d'avoir capté l'héritage. Le parquet de Charleroi diligente aussi une enquête sur la mort d'une jeune fille imputée à la doctrine doriste.
        Dor comparaît une première fois en novembre 1916. Il est condamné à 16 mois de prison, 800 francs d'amende et 17 000 francs à verser à une victime. En avril 1917, il comparaît en appel. Il est cette fois-ci condamné à 100 florins d'amende pour pratique illégale de l'art de la guérison et 500 francs de dommages-intérêts envers la Société de médecine de l'arrondissement de Charleroi, mais est relaxé des accusations d'escroqueries. Après sa condamnation, Dor déménage à Uccle et son mouvement disparaît peu après sa mort.

  • Au Pays wallon (L'écho belge, 7 décembre 1917)

            Au Pays Wallon

        Le „Christ”, autrement dit le père Dor, prétendit avoir restitué à son accusatrice sa maison, son parquet, son chauffage central. Or, Mme Délisée dément la chose.
        „Il est exact, écrit-elle, que le Père Dor a reconnu à son accusatrice la propriété de sa maison. Quant au remboursement du chauffage central et du parquet, elle lui oppose le démenti le plus formel ; il s'est refusé à rien rembourser. ”

    L'écho belge, 7 décembre 1917


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  • A Charleroi (L'écho belge, 8 novembre 1917)

                   A Charleroi 

        Les Carolorégiens n'ont pas oublié le procès du père Dor, plus connu sous le surnom de Christ. Or, après des tribulations sans nombre, pour répondre à toutes les accusations dont il prétend être la patiente victime, le père Dor vient de restituer sa maison à la personne qui l'avait accusé avec le plus de violence. En outre, il a vendu pour 16.800 francs la petite propriété qu'il possédait à Roux, en versant l'excédent – soit 800 francs – à l'Ecole des Estropiés de Charleroi.
        Le Christ est généreux. Ce n'est pas pour moi, dit-il, que j'ai fait cette donation pour qu'on ne me traite plus de fripouille et d'escroc, mais pour mes adeptes qui souffraient de me voir ainsi malmené.

    L'écho belge, 8 novembre 1917


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  • Père Dor - Cours d'appel (L'écho belge, 27 mai 1917)

        La Cour d'appel de Bruxelles a prononcé son jugement dans l'affaire du Christ. Le fameux père Dor était accusé d'avoir exercé illégalement la médecine. Il a été reconnu qu'il avait le droit de prêcher ses doctrines, mais non pas de passer de la théorie à la pratique dans l'art de vouloir guérir.
        La mauvaise foi n'est pas suffisamment démontrée en ce qui concerne les manœuvres frauduleuses qu'on lui reprochait. Les escroqueries articulées par les époux A. ne sont pas suffisamment démontrées, ni la plainte de Mme D. en captation d'héritage. La Cour condamne cependant le Christ à 100 florins d'amende pour exercice illégal de l'art de guérir ; met le premier jugement à néant en ce qui concerne les escroqueries ; confirme le premier jugement quant aux attentats à la pudeur de Mme D... ; met également à néant le premier jugement quant à la somme allouée à Mme D... (17,000 francs) ; et, finalement, confirme la condamnation à 500 francs de dommages intérêts envers la Société de médecine de l'arrondissement de Charleroi. Les frais des deux instances incombent à Mme D..., à l'Etat et au „Christ”.
        C'est un triomphe. Les adeptes du „Christ” lui font une ovation ainsi qu'à ses brillants avocats, Mes Morichar et Lebeau.

    L'écho belge, 27 mai 1917


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  • L'Affaire Dor - Arrêt de la cour d'appel (Le bruxellois, 17 mai 1917)L'AFFAIRE DOR
    ARRÊT DE LA COUR D'APPEL

        Voici donc enfin le grand jour pour le père Dor. On comprend à le voir entrer grave, recueilli, dans la salle d'audience des appels correctionnels, qu'il sent, malgré sa maîtrise soir soi-même, qu'il est à un tournant de son histoire.
        Tandis qu'on attend fébrilement l'entrée de la Cour, c'est naturellement de l'œuvre du père Dor qu'il est question dans tous les groupes, il n'y en a que pour lui, resté impassible. De nombreux avocats viennent curieusement examiner la physionomie de l'audience. Voici Mtre Woeste, très vert, très verveux. Il jette un long regard sur Dor qui semble lui aussi toiser cette haute personnalité. Dor va-t-il être présenté à l'éminence grise ? On pourrait le croire à voir certains gestes des avocats du prévenu.
        Dor semble maintenant absorbé par un entretien avec les journalistes.
        10 h. 10. L'huissier annonce la Cour.
        On liquide d'abord divers arrêts. A 10 h. 30, enfin, on appelle l'affaire Dor.
        M. le Président admoneste le public qui déjà manifeste son impatience. « Je ne tolérerai aucune manifestation ni pour ni contre l'inculpé et je demande de s'abstenir de toute approbation ou désapprobation dans cette affaire.
        S'il y a le moindre bruit, je préviens dès à présent le public qu'il sera expulsé. »
        M. Eeckman commence alors la lecture de l'arrêt extrêmement long qui n'est achevé qu'à 11 h. et constitue pour Dor un véritable triomphe.
        La seule prévention maintenue est l'exercice illégal de l'art de guérir pour lequel la condamnation reste de 100 florins plus 500 fr. de dommages et intérêts au profit de la Société de médecine de Charleroi.
        Pour ce qui concerne les escroqueries, la Cour déclare prescrits certains faits et ne s'en occupe pas autrement.
    Pour les faits Salms, Chartier et Delisée, qui avaient provoqué des réparations civiles globales d'une vingtaine de milliers de francs, la Cour estime qu'il n'y a eu aucune manœuvre frauduleuse dans le chef de Dor, car il n'a pas été démontré que celui-ci a été de mauvaise foi en se donnant comme guérisseur de toutes les maladies, le fait de la guérison de certaines maladies, ce qui s'explique d'ailleurs très naturellement par suggestion, est d'ailleurs établi.
        D'autre part, les dépositions contradictoires, tardives, des parties civiles sont des plus suspectes. La Cour trouve notamment très singulier que les affirmations d'hypnotisme par Mme Delisée n'aient pas été produites dans la plainte initiale, mais seulement en juin 1916.
        Les prétendues menaces à Chartier et à Delisée sont également très sujettes à caution.
        Quant aux préjudices subis par les parties civiles, la Cour estime que Dor a offert la restitution des objets prétendument escroqués, qu'il offre notamment une hypothèque en premier rang sur les immeubles de Roux. Que Dor a refusé un grand nombre de libéralités à lui offertes par ses adaptes, qu'il fit déchirer le testament rédigé en sa faveur par Mme Delisée.
        La Cour acquitte donc pour la prévention d'escroquerie et confirme le jugement d'acquittement du chef d'attentat aux mœurs.
        M. le Président, après la lecture du document judiciaire, explique à Dor brièvement l'arrêt. Dor s'incline respectueusement, balbutie un remerciement.
        La cause est entendue. Dor se retire triomphant. Ses adeptes l'attendent, mais Mtre Morichar a prévenu Dor qu'il fallait éviter tout bruit au palais. Il entraîne l'inculpé par l'escalier du Parquet, à la grande déception des adeptes qui ne savent pas où est passé leur dieu.
        On prépare d'ailleurs une fête grandiose pour cet après-midi à Uccle. Les bouquets sont commandés. On boira le vin d'honneur.

    Le bruxellois, 17 mai 1917


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  • Père Dor en appel (La métropole d'Anvers, 16 mai 1917)

        Le Père Dor, plus connu sous le nom du “ Christ ”, plaide en appel contre les seize mois de prison et les huit cents francs d'amende que le tribunal correctionnel de Charleroi lui a généreusement octroyés ! La condamnation ne se bornait pas à cela. Le Père Dor était condamné aussi à payer 17.000 francs à Mme D., partie civile au procès et 500 francs à la Société de Médecine de Charleroi pour exercice illégal de la profession de médecin.
        La 8e Chambre devant laquelle le “Christ” a interjeté appel était présidée par M. Eeckman, assisté des conseillers Smits et Dassesse. M. Raphaël Simons occupait le siège du ministère public. Mes Morichar et Lucien Lebeau assistent encore le “ Père ”; Me Bonehill représente Mme D... et Me Gerard les médecins de l'arrondissement de Charleroi.

    La métropole d'Anvers, 16 mai 1917


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