•     Jemeppe-sur-Meuse, un grand village aux environs de Liège (Belgique), possède actuellement (nous sommes au milieu de 1902) un médium guérisseur stupéfiant, M. Antoine. Rien n'est comparable au succès qu'il obtient ; il reçoit chez lui douze cents malades chaque semaine. Le chemin de fer du Nord, les vicinaux, les bateaux à vapeur, les voitures de luxe et autres transportent vers Jemeppe une quantité de gens de toute classe, venant de l'étranger même réclamer ses soins entièrement gratuits... N'en soulagerait-il, n'en guérirait-il que
    la dixième partie, que sa renommée se justifierait absolument !
        Ah ! qu'une plume autorisée, qu'un écrivain humoristique surtout nous décrive un jour la physionomie de cinq messieurs du parquet liégeois qui, en septembre 1901, se sont assis dans le cabinet où ont passé, à ce jour, plus de cent vingt mille personnes pour assister, pendant deux heures, aux magnétisations (considérées comme illiciles) du médium guérisseur Antoine, et qui sont retournés chez eux emportant la conviction qu'il existe des choses que l'on n'enseigne ni dans les académies, ni dans les universités ! C'est bien là la réflexion que ces Messieurs ont dû se faire qu'Antoine était réellement doué d'une faculté que des lois qui se respectent ne peuvent atteindre dans son exercice humanitaire.

        Mais revenons à Jésus.
        Il n'usait de ses puissantes facultés qu'en vue du bien. Il opérait ses guérisons en cachette et apportait beaucoup de soin dans la recommandation qu'il faisait à ceux qu'il guérissait de n'en rien dire à personne. (Matth. VIII, 4. IX, 30. XII, 16. XVII, 9. Marc. I, 43. V, 43. VII, 36. Luc. V, 14.)
        Ses guérisons, n'ayant rien que de fort naturel, la délicatesse et la supériorité de son esprit se seraient révoltées à l'idée de passer pour un thaumaturge, et il se refusait à fonder sur des prodiges ses
    titre à la foi de ses auditeurs. (Marc VII, 11.)
        Il est à remarquer que, comme chez tous les magnétiseurs de toutes les époques, le pouvoir fluidique de Jésus était sujet à des variations, à des intermittences, ainsi que cela ressort de ces deux versets de l'Evangile : « Et Jésus leur dit : Un prophète
    n'est sans honneur que dans sa patrie, dans sa maison et dans sa famille. Et il ne put faire là aucun miracle (Marc. VI, 4 à 15.)
        C'est là encore une nouvelle preuve de la non-divinité du Christ (XI).

    Henri Constant, Étude philosophique. Le Christ, le christianisme et la religion de l'avenir (1905), p.400-01
    source : gallica


    votre commentaire
  • source : LIFE


    votre commentaire
  • 305. Pour magnétiser une bouteille, vous la prenez par les deux extrémités, que vous frottez avec les doigts, en ramenant le mouvement au bord. Vous écartez la main successivement de ces deux extrémités en comprimant pour ainsi dire le fluide; vous prenez un verre ou un vase quelconque de la même manière, & vous magnétisez ainsi le fluide qu'il contient, en observant de le présenter à celui qui doit boire, en le tenant entre le pouce & le petit doigt, & faisant boire dans cette direction, le malade y trouve un goût qui n'existerait pas, s'il buvait dans le sens opposé.

    Aphorismes de M. Mesmer (1785), p.147
    source : gallica


    votre commentaire
  •   Que pensez-vous des "guérisons miraculeuses" de Lourdes et comment les expliquez-vous ?

                                        LOUIS GASTIN

        On peut dire cependant que la FOI véritable, génératrice de miracles, est excessivement plus rare qu'on ne le suppose ; on la confond aisément avec la Croyance, simple adhésion de la pensée et, trop souvent, abdication de la Raison par ignorance ou par peur. La Foi n'est pas cela : elle est la sublime aspiration de l'Esprit humain s'élevant jusqu'aux cimes d'un Idéal que, déjà, l'on s'efforce à vivre le mieux possible sur terre. La Foi vraie suppose la conformité de la vie à l'idéal, quel qu'il soit ; la Croyance n'implique que la soumission intellectuelle.
        Considérée comme telle, la Foi est vraiment une Force et ses effets et ses réactions peuvent influer puissamment sur les éléments psycho-moraux de notre être et, de là, sur notre organisme même.
        Si l'on obtient parfois, grâce à l'intensité exceptionnelle d'une Foi exaltée, et vécue (ou pour toute autre raison encore obscure), la répercussion immédiate dans le plan physique de la guérison spirituelle obtenue (ce qui fait immédiatement disparaître, avec sa cause, la maladie ou l'infirmité physique), ce n'est là qu'une manifestation accidentelle et malheureusement rare de la puissance des forces gouvernantes mises en action.
        La « guérison miraculeuse » - que j'appelle plus exactement « spirituelle » à cause de son processus - met en action les forces morales et non les moyens physiques de la thérapeutique ; elle s'exerce directement sur les « causes morales » du Mal et non sur les manifestations organiques qui n'en sont que là conséquence.
        Tel malade, pour lequel les médecins et guérisseurs ordinaires ont dû reconnaître leur impuissance, ne doit son incurabilité qu'à la présence, dans son atmosphère morale, d'une « racine » empoisonnée qui ne peut être atteinte par les thérapeutiques ordinaires.
        La théurgie passe ; la guérison spirituelle s'accomplit ; la « racine » est détruite et, cependant, en apparence, rien n'est changé !
        C'est que la destruction d'un foyer d'infection n'entraîne pas obligatoirement ni tout de suite la guérison des troubles de toutes catégories que ce foyer avait créés et entretenait.
        Mais - et ce serait là une vérification utile à faire par voie d'enquête - il est possible, le foyer d'infection détruit, si le malade revoit, après le théurge, le médecin (ou le guérisseur ordinaire), que tout change, se transforme, comme par miracle, et que cette guérison, vainement poursuivie avant l'intervention spirituelle, se réalise après elle par les mêmes moyens qui furent, tout d'abord, impuissants.
        C'est pour cela que je considère que le « guérisseur spirituel », s'il reste dans son domaine strict, ne fait pas concurrence au médecin ; à chacun son rôle : au premier, la destruction des « foyers d'infection » d'ordre moral ou spirituel ; au second, la guérison des conséquences organiques de cette cause transcendantale.
        Et quand, par exception, l'intervention du premier rend « miraculeusement » inutile celle du second, enregistrons ce fait exceptionnel comme le simple témoignage de l'immense chemin que nous avons encore à parcourir pour connaître une partie des forces qui nous entourent... et nous dirigent.
                                   Louis GASTIN.
                     Directeur de l'Institut de Psycho-Physique Appliquée.

    Lourdes : comment expliquer les guérisons miraculeuses (1926)
    Brochure n°123 - Août 1926
    Edition de la Revue L'Idée Libre
    source : gallica


    votre commentaire
  •   Que pensez-vous des "guérisons miraculeuses" de Lourdes et comment les expliquez-vous ?

                       Dr JAWORSKI.
      Voici, en deux mots, ce que je puis dire des miracles de Lourdes, n'ayant pas été sur place.
      Les "miracles" sont excessivement rares. J'ai pu assister dernièrement à plusieurs débats sur la question. Des partisans fanatiques et très haut placés (comme médecins) y assistaient. Or, ils ont eu très peu d'observations à présenter et presque toutes étaient très anciennes. La plus importante et la plus connue remonte aux environs de la guerre de 1870. Il s'agit de la reconstitution presque immédiate d'un tibia qui présentait une très grosse perte de substance. Évidemment, cela serait miraculeux, mais, d'abord, est-ce vrai ?
      Nous ne pouvons pas nous mettre d'accord actuellement sur la question de l'ectoplasme qui s'expérimente un peu partout et l'on voudrait que nous admettions une chose aussi extraordinaire qui aurait eu lieu il y a 50 ans ! D'un autre côté, toutes les religions et toutes les sectes fanatiques présentent des histoires absolument analogues - et dans tous les temps. II y a probablement là un fonds de vérité. Certainement, il y a quelque chose de plus que la suggestion, mais il est également certain que la Vierge de Lourdes y est pour très peu de chose. L'autre jour, j'ai causé avec un Antoiniste : le Père Antoine a fait aussi (en Belgique) de véritables miracles et lui, présent, y était certainement pour beaucoup plus (dans les résultats obtenus) qu'à Lourdes une vierge supposée.
      Je pense néanmoins que la foi est quelque chose de plus que la suggestion, cette suggestion si à la mode, qui n'expliquera plus tout, demain, quand on aura trouvé autre chose de nouveau. En tout cas, grâce à la foi, nous pénétrons dans les abimes insondables de nous-mêmes, d'où peut sortir le
    miracle - c'est-à-dire ce qui nous paraît tel !
                                                 Dr H. JAWORSKI.

    Lourdes : comment expliquer les guérisons miraculeuses (1926)
    Brochure n°123 - Août 1926
    Edition de la Revue L'Idée Libre
    source : gallica


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique