• Albert et Marie Mockel avaient perdu leur fils unique Robert à la fin de la guerre de 1914-1918. Adonnés au spiritisme, ils sont entrés en communication avec le mort ; la mère, du moins, en était tout à fait convaincue. Voici comment Marlow, vers la fin de 1924, accueillit cette nouvelle :

    Mon cher Albert,

    Ce n'est pas la première fois que je vois le spiritisme opérer ce miracle, et la sérénité qu'il apporte aux âmes les plus angoissées est vraiment admirable. Quelle joie pour votre femme que de réentendre la voix de son fils et quel apaisement pour vous, mon pauvre ami, qui cherchez en vain la paix de l'esprit et du coeur. Il faut encourager toutes les superstitions si elles parviennent à sauver les âmes. Je ne suis pas de ceux qui rejettent les dogmes et les croyances. Si, pour ma part, je suis libre penseur, j'approuve toujours l'idée religieuse, le spiritisme et même le fétichisme le plus absurde du moment où j'y sens attaché le bonheur de l'un ou de l'autre être. J'ai défendu l'Antoinisme devant mes confrères inquiets d'une concurrence plutôt qu'épris de vérité. J'ai engagé plusieurs de mes malades, qui me parlaient de Lourdes, à faire le pèlerinage, et quand j'ai vu des malheureux se jeter àc oeur perdu dans le spiritisme et y trouver l'apaisement et la joie, je les ai approuvés d'enthousiasme. Car il y a quelque chose de si absurde et de si orgueilleux à vouloir au nom d'une science en perpétuelle évolution condamner telle ou telle croyance ! Croyez-moi, mon cher Albert, encouragez votre femme. Et qui sait ? Maeterlinck a peut-être raison.

     

    Peu après, début janvier 1925 vraisemblablement, il précisa sa réaction personnelle à l'égard du spiritisme, qui n'est pas sans heurter son esprit critique,dit-il avec une fermeté dont on peut déduire que ses positions de libre penseur étaient inexpugnables.

    Ainsi vous avez découvert dans le spiritisme une source nouvelle de joie. Je n'en suis nullement étonné : vous aviez vu votre femme puiser dans cette doctrine un tel réconfort et sans doute aviez-vous assisté à des troublants phénomènes que forcément vous aussi vous êtes devenu spirite. Vous connaissez mes idées à ce propos : je vous les ai exprimées dans une précédente lettre. Vous me permettrez maintenant de vous parler à cœur ouvert et de vous demander un service d'ami. J'ai eu de fréquentes occasions de rencontrer des spirites convaincus et souvent j'ai été sollicité d'assister à leurs séances. J'ai toujours décliné leurs invitations et toujours j'ai refusé de discuter leurs doctrines. Attitude que vous qualifierez comme vous le voudrez, mais que j'entends conserver pour plusieurs raisons. La première est que le spiritisme ne requiert pas ma curiosité et que je ne tiens pas à m'encombrer de théories, poétiques certes, mais qui ne sont pas sans heurter mon esprit critique. De plus, je n'ai pas de loisirs : ma vie est terriblement occupée et il ne me plaît pas d'explorer de nouveaux domaines. J'exerce ma profession et j'ai la passion de la littérature ; je me trouve satisfait ainsi ; de plus, j'ai l'esprit plus scientifique que philosophique. [...] J'ai le respect de toutes les croyances. Mais je ne discute jamais avec les convaincus : ils vivent dans un monde admirable ; ils sont heureux, et cela seul importe. Quand les convaincus sont mes amis, je me refuse avec plus d'énergie encore à les encombrer de mes réflexions et de mes remarques. Mes remarques et mes réflexions risquent de troubler notre amitié. C'est pourquoi, cher Albert, nous ne parlerons pas de spiritisme quand vous viendrez : il me suffit de vous savoir, votre pauvre femme et vous, heureux d'avoir retrouvé le chemin de l'espérance. Si ce chemin se trouve être en même temps celui de la certitude, j'en serai plus reconnaissant encore aux amis qui savent vous arracher à votre chagrin.

    Paul DELSEMME, Les écrivains francs-maçons de Belgique, p.221 Bruxelles : Bibliothèques de l’Université libre de Bruxelles, 2004 source : http://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/i9782930149028_000_f.pdf

     

    Georges Marlow (1872-1947), né à Malines d'un père d'origine bruxelloise et d'une mère malinoise d'origine wallonne, avait publié sa première plaquette, Evohé !, en 1891, dont personne, semble-t-il, ne rendit compte. Il l'avait dédiée à Pierre Iserentant, son professeur de rhétorique latine à l'Athénée de Pitzemburg. Entré à l'Université libre de Bruxelles en octobre 1890, Georges Marlow obtint le diplôme de docteur en médecine en juillet 1898. Il collaborait aussi à La Nervie, qui, dans son numéro du 1er juin 1894, inséra "Paroles de folie". La musicalité de ce sonnet charma Albert Mockel, qui, de Paris, le fit savoir sur-le-champ à "Monsieur Paul Alériel" (pseudonyme de G.Marlow). C'était le début d'un échange épistolaire qui se poursuivit durant un demi-siècle. Pendant quarante ans, il fut le médecin ucclois tout dévoué à ses patients et adoré par eux. Un Square au sud de l'avenue Brugmann porte son nom (anciennement Place ou Square Brugmann). En 1926, il se décida à faire paraître en plaquette son œuvre maîtresse, Hélène, dédiée à Albert Mockel, une méditation sur la fuite du temps. Le 9 avril 1932, Georges Marlow fut élu membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises, où il occupa le siège de Max Elskamp.

    Albert Mockel (Ougrée, Belgique, 27 décembre 1866 – Ixelles, 30 janvier 1945), écrivain belge, poète symboliste. Membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises. Il épouse en 1893 Marie Ledent, pianiste liégeoise, et dont il a un fils, Robert-Tristan. Elle meurt en 1947.


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  • Voici une partie de son email :

    "Autrement, je vais vous poser une question: comme je vous l'ai dit dans mon dernier email, je suis en train de rédiger les écrits autobiographiques de mon grand-père, Mathurin Monier, historien breton; sa belle-sœur (ma grand-tante) était membre de votre culte, et avait très bien connu le frère Jeannin. Puisqu'il parle du frère Jeannin d'une façon très positive dans le livre, j'ai voulu ajouter quelques références utiles pour le lecteur.

    Je savais que ma grand-tante était membre du culte antoiniste, mais à vous dire la vérité ce n'est qu'en lisant votre blog que j'ai commencé à apprendre la philosophie un peu mieux. Parmi les photos de famille j'avais trouvé une grande photo originale il y a un quelques années, que ma mère me disait était de mon arrière grand-oncle Joseph Plessix, artiste-peintre et photographe (Yvignac, 8.07.1825 / Dinan, 1907), qui lui aussi avait eu des idées philosophiques / religieuses de tendance antoiniste. Mais en regardant la photo maintenant et la comparant aux images du Père Antoine, je me demande si cette photo ne serait pas une photo du Père Antoine et non de l'arrière grand-oncle? A moins que
    l'oncle avait voulu se portraiturer de cette façon? Je suis confondue!

    Je vous adresse deux photos - celle qui me confond, et un autoportrait de l'arrière grand-oncle afin que vous voyiez les ressemblances. A
    toutes fins utiles je vous signale que mon arrière grand-père fut professeur de philosophie à la Sorbonne et avait l'esprit très ouvert à
    toute pensée. je vous remercie d'avance de vos avis.

    Au plaisir de vous lire,

    Diane"

     

    voici l'adresse du site : http://www.chateautourelles.co.uk/the-late-19th-century.php


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  •          TEMOIGNAGE
        Osons témoigner.
        Parfois nous avons la vérité sur les lèvres et nous hésitons, nous craignons, nous n'osons la proférer.
       Une excuse est toute prête pour notre faiblesse : « La vérité est inutile à dire. »
        Il faudrait rectifier : la vérité que nous avons tenue captive eût peut-être été inutile à ceux à qui nous nous adressions, mais infailliblement elle nous eût été utile à nous-mêmes.

                     *    *

        En cherchant la vérité, j'ai rencontré Antoine et découvert la foi, source de force de lumière et d'amour.
        Ma conviction est que le moindre d'entre nous est capable de puiser à cette source, puisqu'elle est en lui et qu'il lui suffit de la connaître.


    Léon Meunier, ...et la lumière luit dans les ténèbres, Imprimerie typographique du ''Bourguignon'', Auxerre, 1923, p.91


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  •     On apprend qu'en 1916, à 42 ans (il est donc né vers 1874), Vital Coutin se met au service de l'oeuvre du Père (p.53 du Maître de la Grande Pyramide).

        Un certain Vital Coutin demande un permis de construire une maison individuelle en 1925, dans le Chemin du Biolley, à Aix-les-Bains.
        Le temple antoiniste sera construit dans cette ville l'année précédente. Le Chemin du Biollay à Aix est devenu la Rue Isaline. Le temple se trouvait alors dans la rue Isaline, puis chaque portion de la rue fut nommé différemment. Le temple se trouva alors dans la rue des Antoinistes. La rue se nomme maintenant le Chemin Saint-Exupéry.
    source : http://www.patrimoine-aixlesbains.fr/?page=fiches&p=IA73001509
        Dans son livre Le Sauveur de la race humaine, Annoncé par la grande pyramide, les textes égyptiens et les Évangiles avec preuves à l'appui, il donne l'année de son acquittement par le tribunal de Chambéry. Il était donc bien dans la région à l'époque.

        En 1937, il est le desservant du temple de Saint-Etienne et écrit un écrit mystique à partir du Secret de la Grande Pyramide de Georges Barbarin écrit 1936 : Le maître de grande pyramide annoncé par le langage des pierres. Cent-cinquante trois clés de l'énigme, démonstration scientifique et morale des deux passages du sauveur de la race humaine (Éditeur : Paul Leymarie).
        Une version plus complète de 1940, intitulée Le Sauveur de la race humaine, Annoncé par la grande pyramide, les textes égyptiens et les Évangiles avec preuves à l'appui a été distribuée à certains desservants.
        Ce livre annonce le retour du Père, étant le deuxième messie pour l'année 1945, mêlant dans ces calculs divers livres saints, ainsi que des dates de la vie de Louis Antoine et de la propre vie de l'auteur (l'année de sa conversion à l'antoinisme, celle de son acquittement par le tribunal de Chambéry, celle de la publication de son livre, le chiffre 44, puisque le temple de Saint-Etienne était le 44e temple antoiniste).

        Ces deux écrits sont succinctement décrits par Régis Dericquebourg, dans Les Antoinistes, au chapitre Vers un retour du Père ? (p.52-56) montrant l'importance que cette idée a pu avoir sur une partie des adeptes.

        Signalons encore qu'un certain Vital est l'auteur de Connaître ce n'est pas savoir, dans l'Unitif n°7, p.11-14. Il s'y décrit comme aimant les lettres et ayant étudié les différents philosophies et morales avant de rencontrer le Père.


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  •     Je demande l'adresse du frère Léopold. Dix voix me répondent : « Frère, par ici... Frère, je vais vous accompagner... » Et me voilà déjà de la Famille.
        Le frère Léopold, habile mécanicien, a connu l'Apôtre, a vécu longtemps près de lui, a été « sauvé » par les bonnes pensées, et il me servira de conseiller sage et éclairé, me fera mieux comprendre la grande oeuvre en me retraçant à grands traits la vie du Sage.
        La famille de cet aimable compagnon m'accueille comme un vieil ami de toujours : les enfants sautent sur mes genoux... « C'est un frère ! »
        Et alors je me souviens des paroles des paroles d'un magistrat parisien : « Je ne comprends pas totalité de cette philosophie, je n'admets pas certains principes, je trouve le paysage désolant, et cependant aucune cure ne m'est plus salutaire qu'un séjour à Jemeppe sur Meuse... »

    Jean-Marie Defrance, Réveil - L'Apôtre de Jemeppe et sa Révélation (1932), p.23-24


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