• Léon Tolstoï et Valentin Boulgakov en 1910

    Léon Tolstoï et Valentin Boulgakov en 1910

        On sait que Léon Tolstoï avait pris connaissance de la Révélation du Père Antoine par le biais de son journal intime ainsi que des écrits de son secrétaire Valentin Boulgakov. Voici ce qu’il déclara à propos de la philosophie de l’antoinisme, vers 1910 :

     

        Extraits du journal de Tolstoï :

    [28 сентября 1910]. Жив. Но нездоров, слаб. Приезжала Саша. Я ровно ничего не делал и не брался за дело, кроме писем, и тех мало. Ездил к М[арье] А[лександровне]. Там Николаев. Возвращаясь, на выезде из деревни, встретил Ч[ерткова] с Ростовце[вы]м. Поговорили и разъехались. Он явно б[ылъ] оч[ень] рад. И я также. Веч[ером] читал. Одна книга писателя из народа, соревнователя Горького, а интересная книга: Antoine Guerisseur. Верное религиоз[ное] мировоззрение, только нехорошо выраженное.

    [28 septembre 1910]. Vivant. Mais santé mauvaise, faible. Sasha est arrivée. Je n'ai absolument rien fait et je n'ai rien entrepris de mon travail, sauf des lettres, et seulement très peu. Je suis allé chez Maria Alexandrovna [impératrice consort de Russie]. Là, il y avait Nikolaïev. En revenant du village, a rencontré Chertkov [éditeur de Tolstoï] avec Rostovtsev. Nous avons parlé et nous nous sommes séparés. Il était visiblement très content. Et moi aussi. Dans la soirée, j'ai lu. Un livre d'un écrivain du peuple, concurrent de Gorki, mais un livre intéressant : "Antoine le Guérisseur". Véritable vision religieuse du monde, mais mal exprimée.

     

    […]

    1 Окт. […] Черткова статья о душе и Боге, боюсь, что слишком ум за разум. Радостно, что одно и тоже у всех истинно самобытных религиозных людей. У Antoinle Guerisseur тоже.

    1er oct. […] L'article de Chertkov à propos de l'âme et de Dieu, j'ai peur qu’il a tout à fait raison. Il est bien que la même chose soit pour tous les religieux véritablement originaux. Pour Antoine le Guérisseur aussi.

     

    Source : http://az.lib.ru/t/tolstoj_lew_nikolaewich/text_1050.shtml

     

        Une édition annotée (Дневник 1910 г. Примечания) indique, plus précisément :

    Antoine le Guérisseur. Верное религиозноe, мировоззрение, только нехорошо выраженное. — Толстой получил 12 сентября 1910 г. книгу: «Culte Antoiniste. Révélation d’Antoine le Guérisseur (dédicacé L. T. 12 sept.)» [«Культ Антуанистов. Откровение Антуана целителя - с посвящением Л. Т-му (франц.). »].

    Д. П. Маковицкий приводит слова Толстого об этой книге. «Прекрасная книга. У него религиозно-нравственное учение совершенно сходное с моими взглядами, и, читая книгу, я встречаю свои мысли, что мир — иллюзия, что в душе бог. Он учит, что только любя врагов, узнаешь бога».

    Далее Маковицкий пишет в записи от 29 сентября: «А вечером за столом Лев Николаевич прочел из этой книги, составленной двумя последователями Antoine’а (один из них — женщина, стенографировавшая его речи) биографию необразованного Antoinea, родившегося в 1846 г. близ Льежа [Бельгия], в семье углекопа; сам он рабочий на металлургической фабрике. Он вегетарианец, жена согласна с ним; они воспитывают двух сирот. Он был католиком, потом увлекался спиритуализмом — не экспериментальной стороной его, а нравственной. Он объясняет по-своему непонятные места Библии. Многие обращаются к нему, и он исцеляет их от болезней. Лев Николаевич советовал Булгакову прочесть эту книгу». См. также дневник Булгакова, стр. 324 и 327.

    Antoine le guérisseur. Vrai vision religieuse du monde, seulement mal exprimée. Tolstoï a reçu un livre le 12 septembre 1910 : « Culte antoiniste. Révélation d'Antoine le guérisseur (dédicacé L. T. 12 sept.) : ».

     

     

     

    D.[ushan] P.[etrovitch] Makovitsky rapporte les paroles de Tolstoï à propos de ce livre. « Beau livre. Il a un enseignement religieux et moral qui est tout à fait semblable à mon point de vue, et quand j'ai lu le livre, je retrouve mes pensées comme quoi le monde est une illusion, que Dieu est dans l'âme. Il enseigne que ce n’est qu’en aimant ses ennemis que l’on connaît Dieu. »

    Plus loin, Makovitsky écrit dans ses écrits du 29 septembre : « Dans la soirée, à table, Lev Nikolaïevitch lu dans ce livre, composé par deux disciples d’Antoine (l'un d'eux est une femme qui sténographie son discours), la biographie d’Antoine, sans éducation, né en 1846, près de Liège [Belgique], dans une famille de mineur ; il travaillait lui-même à l'usine métallurgique. C'est un végétarien, sa femme le suit en tout ; ils recueillent deux orphelins. Il était catholique, puis il s’initia au spiritisme – non pas le côté expérimental de celui-ci, mais la morale. Il explique à sa manière les endroits inintelligibles de la Bible. Beaucoup de gens se tournent vers lui, et il les guérit de diverses maladies. Lev Nikolaïevitch conseilla à Boulgakov de lire ce livre. »

     

     

    Voir aussi le journal de Boulgakov, p. 324 et 327, à une remarque de Sofia Andreevna :

    В. Ф. Булгаков в своем Дневнике (стр. 327) рассказывает, что 29 сентября во время чтения книги Culte Antoiniste, Лев Николаевич, между прочим, прочел одно место о любви к врагам. — «Это притворство! — заметила присутствовавшая тут же Софья Андреевна. — Я этого не понимаю!» — «Непонимание предмета еще не опровергает его, — сказал в ответ на это замечание Лев Николаевич».

    V.F. Boulgakov dans son journal (p. 327) dit que, le 29 septembre, en lisant le livre du Culte Antoiniste, Lev Nikolaïevich, entre autres, a lu un passage sur l'amour de ses ennemis. « C'est de la comédie ! – a remarqué immédiatement Sofia Andreïevna. Je ne peux pas comprendre cela ! » – « Ne réfute pas d’emblée ce que tu ne comprends pas », a déclaré Léon Nikolaïevitch [Tolstoï] en réponse à cette remarque. » 

    Source : http://tolstoy-lit.ru/tolstoy/dnevniki/1910/dnevnik-1910-prim-8.htm

     

    Boulgakov raconte que Léon Tolstoï évoquera encore ce livre le 1er octobre, le 5 octobre, et le 6 octobre où il précise le propos de l’écrivain et penseur russe :

    Очень хороша; как может рабочий писать таким немного напыщенным тоном? Но сущность очень глубока, одна, вечна. Разумеется, это такая книжка — никто на нее внимания не обратил.

    Très bien ; comment un travailleur peut-il écrire d’un ton si légèrement pompeux ? Mais l'essence est très profonde, unique, éternelle. Bien sûr, c'est un tel petit livre – personne n'y a prêté attention.

    Source : http://feb-web.ru/feb/tolstoy/critics/ma4/ma4-147-.htm?cmd=p


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  •     Dans la revue Leodium (Société d'art et d'histoire du Diocèse de Liège) de 1928, Pierre Debouxhtay s'adresse aux lecteurs en indiquant que "les renseignements sur deux antoinistes schismatiques : Dor (à Roux, puis à Uccle) et Jousselin (à Verviers, puis à Paris) seraient les bienvenus".

        Il publie son livre de référence (Antoine le guérisseur et l'antoinisme) quelques temps après, en 1934. Il ne signale qu'en note le fait que "dans le tome II, un chapitre sera consacré à Dor et à ses doctrines". Le tome II ne verra jamais le jour. On ne saura pas s'il avait l'intention d'en dire plus également sur M. Jousselin.

        En fin de son ouvrage, Délivrez-nous du mal (Grasset 1936), Robert Vivier indique ce schisme dans une note de bas de page : "Signalons que l'antoinisme a connu des schismes, ceux de Pierre Dor dans le Hainaut et de Jousselin à Verviers".

        C'est donc à Pierre Debouxhtay que l'on doit cette indication de l'existence de ce M. Jousselin. Malheureusement, il ne l'évoque pas dans son livre de 1945, alors qu'il s'attarde longuement sur la dissidence du temple d'Angleur par le frère Nihoul.

        Dans un numéro de Touche à tout de novembre 1913, consacré aux guérisseurs parisiens, on trouve mention d'un M. Jousselin. "Ce jeune apôtre et thaumaturge ne s'adresse qu'à l'âme, et emploie, pour guérir les maladies, non plus un remède secret, mais une force secrète sur laquelle nous ne pouvons obtenir le moindre éclaircissement. C'est en vain que nous insistons. M. Jousselin secoue sa longue chevelure et roule ses yeux de visionnaire mais ne répond pas ; enfin il dit, lassé : « C'est de la philosophie transcendante » ; du coup nous ne le retenons plus et le guérisseur peut aller devant un auditoire effaré, mais sympathique, exposer ses nobles projets. Là, il avoue son ignorance avec une modestie touchante, mais il a des convictions et il faut qu'on les partage. Il veut, donc fonder une belle ligue d'éthique et du bien moral qui, naturellement, régénérera le monde entier."

    Dissidence de M. Jousselin

        On y trouve également une photo de ce M. Jousselin. Le texte fait également référence au Père Antoine en ces termes : "Cette clairvoyahce, le guérisseur Antoine de Belgique la possède au plus haut degré et c'est là, paraît-il, une des principales causes de son succès. Parmi les milliers de malades qui viennent chercher auprès de lui la guérison, il n'y en a pas un dont il puisse indiquer la nature du mal. « Il lit en nous aussi bien que dans un livre, mieux encore puisqu'il ne sait pas lire  », disait un de ses naïfs admirateurs."


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  • Calisto Peretti, peintre sauvé par les Antoinistes

    Calisto Peretti (Trentini nel Mondo - Marzo 2016) 
    https://issuu.com/rivista_trentininelmondo/docs/marzo_2016

        Degli immigrati cechi di culto Antonista indicano le cure naturali che guariscono il bimbo gravemente ammalato, quindi i Masson, una famiglia del posto, lo nutrono ed allevano come un figlio. (Les immigrants tchèques de culte Antoiniste indiquent les remèdes naturels qui guérissent l'enfant gravement malade, alors que les Masson, une famille locale, le nourrit et l'élève comme un fils.)

     

        In seguito, vivendo in una baracca umida e fredda, io inevitabilmente contrassi una broncopolmonite.
        A volte, come in un flash-back, ho un ricordo febbricitante e doloroso di una canzone che mamma mi cantava, con un singhiozzo in gola:"Nanna, dodo, nanna dodo, questa sera vien papà". Per i medici io ero condannato. Una coppia di immigrati cechi compassionevoli aiutava mia madre come poteva. Quella brava gente erano seguaci del Culto Antonista considerato  ingiustamente come una setta. Ma non aveva nulla di settario poichè rispettava tutte le filosofie e le religioni. Mamma, malgrado la sua educazione cristiana, era disperata e accettò il loro aiuto.
        Molto tempo fa mi ricordo che un giorno mi raccontò di avermi guarito, seguendo i consigli di questa coppia, spalmandomi completamente con una mistura di erbe e di oli (probabilmente essenziali). Checché se ne voglia dire, io devo la vita a queste persone che ho sempre rispettato.  Mamma gli è rimasta fedele fino alla fine.
        Noi continuavamo a vivere nelle difficoltà, mia mamma doveva allevare tre figli senza mezzi. Allora sempre questa coppia ceca ci mise in contatto con una famiglia belga senza figli loro conoscenti, i signori Masson, che molto caritatevolmente mi accolsero, curarono, nutrirono, circondandomi di affetto per quasi tre anni. Sono diventati i miei padrini Emile e Georgina.  Oggi non ci sono più ma penso a loro con una profonda gratitudine, emozione e tenerezza. 

    source : http://calistoperetti.be/textes/italien/page2.html

        Par la suite, vivant dans le baraquement humide et froid, j'ai contracté inévitablement une bronchopneumonie.
        Parfois, un flash-back ravive en moi le souvenir fiévreux et douloureux d'une chanson que me chantait maman, un sanglot dans la voix: "Nanna dodo, nanna dodo, questa sera vien papa". Pour les médecins j'étais condamné! Un couple d'immigrés tchèques compatissants aidait ma mère comme il le pouvait. Ces braves gens étaient adeptes du Culte Antoiniste considéré à tort comme une secte qui n'avait rien de sectaire puisque respectueux de toutes philosophies et religions. Maman, malgré son éducation chrétienne, en désespoir de cause, accepta leur aide.
        Il y a très longtemps je me souviens qu'un jour elle m'avait raconté m'avoir guéri, suivant leurs conseils, en m'enduisant complètement d'une mixtion d'herbes et d'huiles (probablement essentielles). Quoique l'on puisse penser, je leur doit la vie et le respect! Maman leur est restée fidèle jusqu'au bout.
        Continuant à vivre dans les difficultés avec nous trois, toujours ce même couple tchèque connaissait M. et Mme Masson, un ménage sans enfants qui, charitable, m'ont accueilli, nourri, soigné et entouré d'amour durant près de 3 années. Ils sont devenus parrain Emile et marraine Georgina. Aujourd'hui, ils ne sont plus, mais je pense à eux avec une profonde gratitude, de l'émotion et de la tendresse.

    Source : http://www.calistoperetti.be/textes/page2.html

    Calisto Peretti (Né à Saint-Ghislain le 29 mars 1937), Peintre - Sculpteur - Graphiste, est fils d'un mineur venu s'installer en Belgique dans les années '30. Il n'a pas connu son père, terrassé six mois après sa naissance. L'absence paternelle marquera toute sa jeunesse. Il trouvera refuge à ses angoisses dans le dessin.


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