• Également à Chaineux (actuellement dans la Commune de Herve)
    À Chaineux, la Vierge serait également apparue en 1933. Cette année là, elle devait avoir des fourmis dans les jambes... Là, l’événement se situe le 5 octobre.
    Trois témoins de Houlteau-Chaineux, Jeanne Emonds âgée de cinq ans, issue d’une famille très pauvre et de culte Antoiniste, Marie (10 ans), sa sœur qui l’accompagnait lors de cette première apparition, ainsi qu’une voisine, Bertine Weusten, auraient été témoin de ce prodige.

    La Vierge nous rend visite...
    Le saviez-vous ?
    Présence, le mensuel d'éducation permanente du
    Centre culturel de Dison
    n° 350 - octobre 2013, p.14
    source : http://www.ccdison.be/presence/Presence_350-10-2013_web.pdf


    Le 5 octobre, c'est une fillette qui vit la première la Vierge apparaissant dans un nuage à Chaineux. D'autres personnes virent ensuite, ce jour-là et d'autres jours qui suivirent. Certaines personnes entamèrent même un dialogue avec l'apparition. Le 15 octobre, le petit Charles Gillet la vit arriver vers lui, de loin, dans le ciel, en grandissant. Elle saignait légèrement du côté gauche. Elle lui demanda un oratoire et déclara qu'elle ne reviendrait plus "à cause de ceux qui raillent." Mais par ses supplications, l'enfant obtint que la Vierge changeât d'avis. Le 17 octobre, il y avait là plus de 5000 personnes assemblées. L'enfant était tenu par deux prêtres. La Vierge lui dit qu'elle ne reviendrait plus parce que tout cela faisait trop de peine aux parents du petit. Malgré la création rapide d'un comité d'organisation du pèlerinage et des prières, ce site d'apparitions tomba rapidement dans l'oubli.
    Marc Hallet, Les apparitions de la Vierge et la critique historique, liège, 2011
    LA GRANDE VAGUE BELGE D'APPARITIONS MARIALES, p.185
    source : https://fr.scribd.com/doc/62639179/Les-apparitions-de-la-Vierge-et-la-critique-historique


    Le 5 octobre 1933, puis à 17 reprises dans les semaines suivantes, la Vierge Marie est observée, belle, vivante, pleine de douceur et de tendresse, par trois témoins d'Houlteau-Chaineux, bourg paisible de la Wallonie (diocèse de Liège), sorti de la torpeur économique au cours du XIXe siècle grâce à l'essor de l'industrie textile. Jeanne Edmonds, Charles Gillet (5 ans) et Georges Dunaime (37 ans) furent les bénéficiaires de cette grâce exceptionnelle.
    Amis et prêtres les accompagnèrent rapidement dans la prière et les sacrements. Les faits furent transmis aux autorités ecclésiastiques. Mais Mgr Kerkhofs, évêque diocésain, déjà sollicité par d'autres manifestations (Beauraing, Banneux, etc.) préféra ne pas prendre de décision canonique ni mener une enquête longue et complexe.
    L'église de Chaineux prend son origine en 1671 lorsque le roi Charles II d'Espagne décida de la construction d'une chapelle catholique en ces lieux. En 1703, naquit ainsi une nouvelle paroisse communale. L'édifice originel, détruit en 1834, fut remplacé trois ans plus tard par une église de style néoclassique, plus vaste et plus attrayante. Elle abrite une belle statue de la Vierge à l'Enfant de Ponday de Rendeux (1736).

    La Carte mariale du monde
    source : http://www.cartemarialedumonde.org/fr/sanctuaire-info/houlteau-chaineux


       Dans le journal du chanoine Jean Schmitz, secrétaire particulier de l’évêque de Namur Mgr Heylen, tenu de août 1914 à février 1919, on lit :
    "Jeudi, 4 novembre [1915]
        Au Grand Duché, un ministère clérical arrive au pouvoir. Deo Gratio et bravo à la Petite Grand Duchesse.
        Nous continuons les apprêts de la Réponse au Livre Blanc : les dominicains de S. Servais copient la Note, les Chanoines de S. Augustin la réponse de Liège, je prépare les lettres d’accompagnement au Nonce, au Cardinal, aux Ambassadeurs, au Gouverneur Général, à Sa Sainteté le Pape Benoît XV.
        Mgr s’est rendu le 28 octobre à Dinant, pour la bénédiction de l’Ouvroir, dirigé par Melle del Marmol. On a fait des difficultés à l’œuvre, parce qu’on a éliminé une Antoiniste, la fille d’Antoine Eliet, le chef des Antoinistes de Dinant. A noter que cette fille était entrée avec la recommandation de M. le Curé de Leffe, qui l’a d’abord protégée contre les moqueries de ses compagnes. Mais quand il eut constaté qu’elle faisait, de la façon la plus sotte et fanatique, de la réclame pour l’Antoinisme, il l’a priée ou plutôt engagée à sortir : Inde irae."

    La Vierge apparaît à Chaineux (Paris-soir, 18 oct 1933) 

    La Vierge apparaîtra-t-elle de nouveau, ce soir au petit mécano de Chaineux ?

    Article de Paris-soir, du 18 octobre 1933

    cliquez sur l'image pour agrandir

     

    Apparu peu de temps après celle de Banneux (du 15 au 20 janvier 1933), l'affaire n'a pas été prise au sérieux. Les parents antoinistes des petites Jeanne et Marie ne laissaient peu de crédit aux dires des enfants.

    Apparition de la Vierge à des Antoinistes

     

     

    photo issue du Livret Les Apparition de la Vierge à Houlteau-Chaineux  (1933)

    les trois visionnaires, Marie Emonds (10 ans), Jeanne Emonds (5 ans) et Charles Gillet (12 ans), le petit mécano de l'article

    (source : www.arvia.be)

     

     

    Apparition de la Vierge à des Antoinistes

    Apparition au hameau de Houlteau-Chaineux (La Meuse, 19 octobre 1933)(Belgicapress)


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  • Albert et Marie Mockel avaient perdu leur fils unique Robert à la fin de la guerre de 1914-1918. Adonnés au spiritisme, ils sont entrés en communication avec le mort ; la mère, du moins, en était tout à fait convaincue. Voici comment Marlow, vers la fin de 1924, accueillit cette nouvelle :

    Mon cher Albert,

    Ce n'est pas la première fois que je vois le spiritisme opérer ce miracle, et la sérénité qu'il apporte aux âmes les plus angoissées est vraiment admirable. Quelle joie pour votre femme que de réentendre la voix de son fils et quel apaisement pour vous, mon pauvre ami, qui cherchez en vain la paix de l'esprit et du coeur. Il faut encourager toutes les superstitions si elles parviennent à sauver les âmes. Je ne suis pas de ceux qui rejettent les dogmes et les croyances. Si, pour ma part, je suis libre penseur, j'approuve toujours l'idée religieuse, le spiritisme et même le fétichisme le plus absurde du moment où j'y sens attaché le bonheur de l'un ou de l'autre être. J'ai défendu l'Antoinisme devant mes confrères inquiets d'une concurrence plutôt qu'épris de vérité. J'ai engagé plusieurs de mes malades, qui me parlaient de Lourdes, à faire le pèlerinage, et quand j'ai vu des malheureux se jeter à coeur perdu dans le spiritisme et y trouver l'apaisement et la joie, je les ai approuvés d'enthousiasme. Car il y a quelque chose de si absurde et de si orgueilleux à vouloir au nom d'une science en perpétuelle évolution condamner telle ou telle croyance ! Croyez-moi, mon cher Albert, encouragez votre femme. Et qui sait ? Maeterlinck a peut-être raison.

     

    Peu après, début janvier 1925 vraisemblablement, il précisa sa réaction personnelle à l'égard du spiritisme, qui n'est pas sans heurter son esprit critique,dit-il avec une fermeté dont on peut déduire que ses positions de libre penseur étaient inexpugnables.

    Ainsi vous avez découvert dans le spiritisme une source nouvelle de joie. Je n'en suis nullement étonné : vous aviez vu votre femme puiser dans cette doctrine un tel réconfort et sans doute aviez-vous assisté à des troublants phénomènes que forcément vous aussi vous êtes devenu spirite. Vous connaissez mes idées à ce propos : je vous les ai exprimées dans une précédente lettre. Vous me permettrez maintenant de vous parler à cœur ouvert et de vous demander un service d'ami. J'ai eu de fréquentes occasions de rencontrer des spirites convaincus et souvent j'ai été sollicité d'assister à leurs séances. J'ai toujours décliné leurs invitations et toujours j'ai refusé de discuter leurs doctrines. Attitude que vous qualifierez comme vous le voudrez, mais que j'entends conserver pour plusieurs raisons. La première est que le spiritisme ne requiert pas ma curiosité et que je ne tiens pas à m'encombrer de théories, poétiques certes, mais qui ne sont pas sans heurter mon esprit critique. De plus, je n'ai pas de loisirs : ma vie est terriblement occupée et il ne me plaît pas d'explorer de nouveaux domaines. J'exerce ma profession et j'ai la passion de la littérature ; je me trouve satisfait ainsi ; de plus, j'ai l'esprit plus scientifique que philosophique. [...] J'ai le respect de toutes les croyances. Mais je ne discute jamais avec les convaincus : ils vivent dans un monde admirable ; ils sont heureux, et cela seul importe. Quand les convaincus sont mes amis, je me refuse avec plus d'énergie encore à les encombrer de mes réflexions et de mes remarques. Mes remarques et mes réflexions risquent de troubler notre amitié. C'est pourquoi, cher Albert, nous ne parlerons pas de spiritisme quand vous viendrez : il me suffit de vous savoir, votre pauvre femme et vous, heureux d'avoir retrouvé le chemin de l'espérance. Si ce chemin se trouve être en même temps celui de la certitude, j'en serai plus reconnaissant encore aux amis qui savent vous arracher à votre chagrin.

    Paul DELSEMME, Les écrivains francs-maçons de Belgique, p.221 Bruxelles : Bibliothèques de l’Université libre de Bruxelles, 2004 source : http://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/i9782930149028_000_f.pdf

     

    Georges Marlow (1872-1947), né à Malines d'un père d'origine bruxelloise et d'une mère malinoise d'origine wallonne, avait publié sa première plaquette, Evohé !, en 1891, dont personne, semble-t-il, ne rendit compte. Il l'avait dédiée à Pierre Iserentant, son professeur de rhétorique latine à l'Athénée de Pitzemburg. Entré à l'Université libre de Bruxelles en octobre 1890, Georges Marlow obtint le diplôme de docteur en médecine en juillet 1898. Il collaborait aussi à La Nervie, qui, dans son numéro du 1er juin 1894, inséra "Paroles de folie". La musicalité de ce sonnet charma Albert Mockel, qui, de Paris, le fit savoir sur-le-champ à "Monsieur Paul Alériel" (pseudonyme de G.Marlow). C'était le début d'un échange épistolaire qui se poursuivit durant un demi-siècle. Pendant quarante ans, il fut le médecin ucclois tout dévoué à ses patients et adoré par eux. Un Square au sud de l'avenue Brugmann porte son nom (anciennement Place ou Square Brugmann). En 1926, il se décida à faire paraître en plaquette son œuvre maîtresse, Hélène, dédiée à Albert Mockel, une méditation sur la fuite du temps. Le 9 avril 1932, Georges Marlow fut élu membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises, où il occupa le siège de Max Elskamp.

    Albert Mockel (Ougrée, Belgique, 27 décembre 1866 – Ixelles, 30 janvier 1945), écrivain belge, poète symboliste. Membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises. Il épouse en 1893 Marie Ledent, pianiste liégeoise, et dont il a un fils, Robert-Tristan. Elle meurt en 1947.


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  • Voici une partie de son email :

    "Autrement, je vais vous poser une question: comme je vous l'ai dit dans mon dernier email, je suis en train de rédiger les écrits autobiographiques de mon grand-père, Mathurin Monier, historien breton; sa belle-sœur (ma grand-tante) était membre de votre culte, et avait très bien connu le frère Jeannin. Puisqu'il parle du frère Jeannin d'une façon très positive dans le livre, j'ai voulu ajouter quelques références utiles pour le lecteur.

    Je savais que ma grand-tante était membre du culte antoiniste, mais à vous dire la vérité ce n'est qu'en lisant votre blog que j'ai commencé à apprendre la philosophie un peu mieux. Parmi les photos de famille j'avais trouvé une grande photo originale il y a un quelques années, que ma mère me disait était de mon arrière grand-oncle Joseph Plessix, artiste-peintre et photographe (Yvignac, 8.07.1825 / Dinan, 1907), qui lui aussi avait eu des idées philosophiques / religieuses de tendance antoiniste. Mais en regardant la photo maintenant et la comparant aux images du Père Antoine, je me demande si cette photo ne serait pas une photo du Père Antoine et non de l'arrière grand-oncle? A moins que l'oncle avait voulu se portraiturer de cette façon? Je suis confondue!

    Je vous adresse deux photos - celle qui me confond, et un autoportrait de l'arrière grand-oncle afin que vous voyiez les ressemblances. A toutes fins utiles je vous signale que mon arrière grand-père fut professeur de philosophie à la Sorbonne et avait l'esprit très ouvert à toute pensée. je vous remercie d'avance de vos avis.

    Au plaisir de vous lire,

    Diane"

     

    voici l'adresse du site : http://www.chateautourelles.co.uk/the-late-19th-century.php


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  •          TEMOIGNAGE
        Osons témoigner.
        Parfois nous avons la vérité sur les lèvres et nous hésitons, nous craignons, nous n'osons la proférer.
       Une excuse est toute prête pour notre faiblesse : « La vérité est inutile à dire. »
        Il faudrait rectifier : la vérité que nous avons tenue captive eût peut-être été inutile à ceux à qui nous nous adressions, mais infailliblement elle nous eût été utile à nous-mêmes.

                     *    *

        En cherchant la vérité, j'ai rencontré Antoine et découvert la foi, source de force de lumière et d'amour.
        Ma conviction est que le moindre d'entre nous est capable de puiser à cette source, puisqu'elle est en lui et qu'il lui suffit de la connaître.


    Léon Meunier, ...et la lumière luit dans les ténèbres, Imprimerie typographique du ''Bourguignon'', Auxerre, 1923, p.91


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  •     On apprend qu'en 1916, à 42 ans (il est donc né vers 1874), Vital Coutin se met au service de l'oeuvre du Père (p.53 du Maître de la Grande Pyramide).

        Un certain Vital Coutin demande un permis de construire une maison individuelle en 1925, dans le Chemin du Biolley, à Aix-les-Bains. Il semble bien que cela soit le même que nous connaissons, puisqu'il évoque dans son livre son acquittement par le tribunal de Chambéry.
        Le temple antoiniste sera construit dans cette ville l'année précédente. Le Chemin du Biollay à Aix est devenu la Rue Isaline. Le temple se trouvait alors dans la rue Isaline, puis chaque portion de la rue fut nommé différemment. Le temple se trouva alors dans la rue des Antoinistes. La rue se nomme maintenant le Chemin Saint-Exupéry.
    source : http://www.patrimoine-aixlesbains.fr/?page=fiches&p=IA73001509
        Dans son livre Le Sauveur de la race humaine, Annoncé par la grande pyramide, les textes égyptiens et les Évangiles avec preuves à l'appui, il donne l'année de son acquittement par le tribunal de Chambéry. Il était donc bien dans la région à l'époque.

        En 1937, il est le desservant du temple de Saint-Etienne et écrit un écrit mystique à partir du Secret de la Grande Pyramide de Georges Barbarin écrit 1936 : Le maître de grande pyramide annoncé par le langage des pierres. Cent-cinquante trois clés de l'énigme, démonstration scientifique et morale des deux passages du sauveur de la race humaine (Éditeur : Paul Leymarie).
        Une version plus complète de 1940, intitulée Le Sauveur de la race humaine, Annoncé par la grande pyramide, les textes égyptiens et les Évangiles avec preuves à l'appui a été distribuée à certains desservants.
        Ce livre annonce le retour du Père, étant le deuxième messie pour l'année 1945, mêlant dans ces calculs divers livres saints, ainsi que des dates de la vie de Louis Antoine et de la propre vie de l'auteur (l'année de sa conversion à l'antoinisme, celle de son acquittement par le tribunal de Chambéry, celle de la publication de son livre, le chiffre 44, puisque le temple de Saint-Etienne était le 44e temple antoiniste).

        Ces deux écrits sont succinctement décrits par Régis Dericquebourg, dans Les Antoinistes, au chapitre Vers un retour du Père ? (p.52-56) montrant l'importance que cette idée a pu avoir sur une partie des adeptes.

        Signalons encore qu'un certain Vital est l'auteur de Connaître ce n'est pas savoir, dans l'Unitif n°7, p.11-14. Il s'y décrit comme aimant les lettres et ayant étudié les différents philosophies et morales avant de rencontrer le Père.


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  •     Je demande l'adresse du frère Léopold. Dix voix me répondent : « Frère, par ici... Frère, je vais vous accompagner... » Et me voilà déjà de la Famille.
        Le frère Léopold, habile mécanicien, a connu l'Apôtre, a vécu longtemps près de lui, a été « sauvé » par les bonnes pensées, et il me servira de conseiller sage et éclairé, me fera mieux comprendre la grande oeuvre en me retraçant à grands traits la vie du Sage.
        La famille de cet aimable compagnon m'accueille comme un vieil ami de toujours : les enfants sautent sur mes genoux... « C'est un frère ! »
        Et alors je me souviens des paroles des paroles d'un magistrat parisien : « Je ne comprends pas totalité de cette philosophie, je n'admets pas certains principes, je trouve le paysage désolant, et cependant aucune cure ne m'est plus salutaire qu'un séjour à Jemeppe sur Meuse... »

    Jean-Marie Defrance, Réveil - L'Apôtre de Jemeppe et sa Révélation (1932), p.23-24


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  • Frère André Levasseur, du temple de Pré Saint GervaisEsotérisme - Mouvements religieux - Médiums
    LEVASSEUR André dit Frère André (1925-2008)
    4eme division (3eme ligne)
    mercredi 10 mars 2010.

        Le Père-Lachaise est aussi le réceptacle de toutes les formes de philosophies, de tous les courants religieux, de toutes les croyances...
        Si l’on connait bien Alan Kardec et le spiritisme, Auguste Comte et le positivisme, Saint Simon et sa fameuse doctrine, on connait beaucoup moins les adeptes ou défenseurs des thèses de l’Antoinisme...
        Toutes ces croyances sont respectables en elles-même et n’entrainent l’adhésion que de leurs défenseurs. Il est hors de question ici, de faire du prosélytisme ou d’apporter de l’eau au moulin de qui que ce soit, mais, force nous est de constater que chacune de ces chapelles comporte ses fidèles suivant leur berger ou mentor en esprit et en réflexion...


    Homme de Foi et médium
    Frère André Levasseur, du temple de Pré Saint Gervais    Né dans un milieu modeste, André Hippolyte Léon Levasseur voit le jour à Paris (XIVeme), le 7 décembre 1925.
        Celui qui deviendra plus tard Frère André, connait une scolarité sans histoire couronnée par l’obtention du Certificat d’Etudes Primaires et plus tard, d’un CAP de tourneur.
        A priori, rien le le destinait à exercer une profession de foi bien qu’ayant été élevé dans les principes de la religion catholique.
        Lorque qu’éclate la Seconde Guerre Mondiale, le jeune André n’a que 14 ans. Bien que trés jeune, il s’engage dans la défense passive et sert utilement dans les heures troublées de l’occupation.
     Frère André Levasseur, du temple de Pré Saint Gervais   En 1944, du 18 au 25 août, il sert dans les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), il appartint au groupe FFI de Drancy secteur Nord du 18 août 1944 au 25 du même mois. Il continua à servir sa formation aprés la Libération jusqu’au 10 septembre 1944. Il reçoit en récompense de ses mérites la Médaille commémorative 39-45 avec barette Libération.
        Il s’engage volontairement pour trois années dans le corps du personnel du Service Général. Aprés diverses affectations, il s’embarque à Marseille le 17 janvier 1946 et débarque à Saïgon (Indochine française) le 7 février 1946. Il sera définitivement démobilisé le 24 octobre 1946.

     

    La vie spirituelle de Frère André
        André Levasseur est trés affecté par la vision de tous ces blessés, de toutes les misères rencontrées au cours de son engagement. Sa foi, déjà bien présente, est confortée et sublimée par sa rencontre avec l’abbé Gabriel Mezerette, prêtre de l’église Saint-Germain l’Auxerrois et Sainte-Louise de Marillac de Drancy.
        Déjà, dans sa prime jeunesse, André fut confronté à des visions ou prémonitions hors du commun. Tentant de comprendre et d’analyser ces phénomènes, il est amené à élargir son champ d’investigation spirituel.
        Volontairement, il s’exile en Afrique et parfait sa connaissance des dons de voyance et de médiumnité. Il en revient avec un enseignement des plus profond.
        Dés lors, sa vie est toute tracée, sa vocation accomplie, son chemin droit et sans ornière. Il mit alors ses dons au service de ses concitoyens, ne ménageant si son temps, ni sa peine.
    Frère André Levasseur, du temple de Pré Saint Gervais    Adepte philosophe des thèses antoinistes, il fut longtemps le soutien des fidèles fréquentant le temple du Pré Saint-Gervais. Sa renommée en fit un des piliers de cette confrèrie.
        Homme de foi et homme de coeur, il n’eut de cesse de prodiguer ses connaissances et de professer ses prémonitions.
        Frère André, nous a quitté en 2008, entouré du respect et de l’affection des siens, il repose dans la 4eme division. Il repose avec Mireille Marie Françoise Krug (1940-2016), bienfaitrice de l’APPL (Amis et Passionnés du Père Lachaise) et responsable financière de notre association pendant plusieurs années.


    source : http://www.appl-lachaise.net/appl/article.php3?id_article=3057

    https://www.appl-lachaise.net/levasseur-andre-dit-frere-andre-1925-2008/


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  •     « Son corps n'était qu'une plaie et le père Antoine l'a guérie, les aveugles voient, les sourds entendent et les malheureux s'en vont consolés. »
        Ainsi parle d'un ton onctueux, une lueur en ses yeux clairs d'enfant, un petit homme à barbiche, vêtu d'une soutanelle noire qui lui descend jusqu'aux genoux, cependant que la miraculée, une sorte de diaconesse, également de noir vêtue, l'écoute, mains jointes, un sourire d'extase illuminant sa figure aux traits flétris. Nous sommes dans le parloir où frère Baptiste Pastorelli (1), tailleur de son état et, pas surcroît desservant du temple antoiniste, accueille les malades, les soulages et même les guérit, si toutefois leur confiance est assez forte, et leur maladie assez faible, tant il est vrai que, depuis que le monde est monde, les miracles se ramènent, trop souvent, à cette équation.
        Le temple qui suit le parloir est comme lui, froid et nu. Sur les murs on peut lire des préceptes antoinistes, d'où il appert, à première vue, que la clarté n'est pas la qualité dominante de cette religion. « Si vous m'aimez, vous ne l'enseignerez à personne, puisque vous savez que je ne réside qu'au sein de l'homme. Vous ne pouvez témoigner qu'il existe une suprême bonté, alors que du prochain vous m'isolez », et encore : « Si vous respectez toute croyance et celui qui n'en a pas, vous savez, malgré votre ignorance, plus qu'il ne pourrait vous dire. » J'en passe, et des moins limpides. (2)
        Dans le fond du temple, derrière une chaire à deux étages, est figuré l'arbre de la science et de la vue du mal (3) « car la science est mauvaise et l'intelligence aussi » (4). Le père Antoine, n'a-t-il pas formulé ainsi son huitième principe :
        « Ne vous laissez pas maîtriser par votre intelligence,
        Qui ne cherche qu'à s'élever toujours
        De plus en plus ;
        Elle foule aux pieds la conscience,
        Soutenant que c'est la matière qui donne
        Les vertus
        Tandis qu'elle ne renferme que la misère
        Des âmes que vous dites
        Abandonnées
        Qui ont agi seulement pour plaire
        A leur intelligence qui les a égarées. »

        Je ne sais si mon intelligence m'a égaré, mais je sens qu'elle s'égare tandis que j'écoute les explications que me donne, avec une inépuisable bienveillance, frère Pastorelli aux yeux d'enfant.
    Eugène Gascoin, Les Religions inconnues, p.155-156
    Librairie Gallimard, Les documents bleus N°41, Paris, 1928

    (1) On retrouve dans les archives de recensement de la ville de Paris un Baptistin Pastorelli. Il semble donc qu'ici encore E. Gascoin ait été étourdi. Ou alors Baptistin Pastorelli se faisait appeler Baptiste Pastorelli. Il ne faut en tout cas pas le confondre avec un autre Frère Pastorelli, Louis de son prénom, proche des desservant du temple de Nice.
    (2) Toujours ce parti pris selon lequel l'Enseignement ne serait pas clair. Pour Régis Dericquebourg "l'interprétation très personnelle des tribulations d'Adam est certainement le passage le plus obscur de l'Enseignement de Louis Antoine" (p.38). Quand on sait l'influence de la Théosophie sur l'Antoinisme, on peut se demander si La Langue hébraïque restituée (1815) d'Antoine Fabre d'Olivet contenant notamment "une traduction en français des dix premiers chapitres du Sépher, contenant la Cosmogonie de Moyse", n'a pas joué un rôle dans cette interprétation très personnelle.
    (3) Forcément quand on ne sait pas lire, l'Enseignement peut ne pas paraître clair : il s'agit ici de l'Arbre de la Science de la Vue du Mal.
    (4) Je ne sais pas d'où est tirée cette phrase entre guillemets, peut-être un propos tenu par le frère Baptiste Pastorelli, ou une déduction du huitième principe, mal lu encore : « la science et l'intelligence sont mauvaises quand elles dominent (ou foule aux pieds) la conscience ».


        Lettre du 13 avril 1912.
        Cher frère,
        Ces quelques lignes sont la réponse à votre lettre reçue ce matin.
        Si le frère Pastorelli a compris l'Enseignement, il ne demandera pas de conseils.
        C'est un doute puisque le mal n'existe pas. En agissant comme il a la pensée, il sera toujours dans la réalité. Tout ce que l'on fait avec l'intention de bien faire est toujours bien fait.
        Voilà cher frère ce que je suis chargé de vous transmettre de notre Père avec nos bonnes pensées.
                     F. Deregnaucourt
    L'Unitif, Entrefilet p.149
    Extraits repris dans les 11 numéros de 1911-1912

        Cette lettre date de deux mois avant la désincarnation du Père (le 25 juin 1912) et  d'un an avant la consécration du temple de Paris, rue Vergniaud (qui a eu lieu le 26 octobre 1913).
        Tout cela nous apprend que le frère Pastorelli était déjà connu pendant que frère Noël et Soeur Camus (tailleuse et modiste parisienne) propageaient l'Enseignement dans la région parisienne. Il fit certainement suite à frère Noël (desservant en 1912) et soeur Juliette Vittart (desservante en 1924) comme desservant (en 1928). Je n'en sais pas plus sur l'origine de cette lettre : consultait-il le Père pour la construction du temple ou pour traduire l'Enseignement (soit dans un français plus clair qui donnera la fascicule "Fragments de l'Enseignement révélé par la Père", soit dans une langue étrangère déjà) ?
        Dans Régis Dericquebourg, on peut lire p.61 : « [Les paroles du prophètes] ne peuvent pas être accompagnées de commentaires autorisés qui seraient élaborés dans des conciles ou qui émaneraient de théologiens antoinistes puisque toute exégèse ne ferait que refléter le niveau de compréhension des commentateurs. Seuls quelques polycopiés du genre : Pourquoi je suis Antoiniste ou simplement L'antoinisme, sortes d'abrégés des œuvres de Louis Antoine, ont circulé parmi les adeptes mais ils restent non-officiels. Il en va de même des causeries de Pastorelli, un personnage qui semble avoir reçu l'estime d'un grand nombre d'Antoinistes français et dont certains conservent les commentaires de citations du 'Père'. Dans les milieux antoinistes, on craint que la discussion des textes fondamentaux n'aboutisse à des interprétations divergentes, sources de divisions. »

    le frère Baptistin Pastorelli, desservant du temple parisien vers 1928

        Baptistin Pastorelli, indiqué en 1926 comme le desservant du temple antoiniste de la rue Wurtz à Paris, né de père inconnu en 1891. Sa mère, Marie Pastorelli, fait une inscription de reconnaissance en sa faveur. Dans le recensement de 1936, il est indiqué comme tailleur.

    Frère Baptistin Pastorelli, desservant du temple parisien vers 1928

        Il se marie à Nice le 17 janvier 1920 (sa signature ne figure pas sur l'acte) à Léontine Chéreau (originaire du Maine-et-Loire) et habite au temple avec ses beaux-parents Joseph et Augustine Chéreau comme l'indique les fiches de recensements de 1926, 1931 et 1936. Un fils (Claude) apparaît sur la fiche de 1936 comme étant né en 1930.

    le frère Baptistin Pastorelli, desservant du temple parisien vers 1928

        J'ai par hasard acheté une carte postale du temple de Jemeppe signée Pastorelli. Elle date du 15 août 1979. Il est difficile de dire si elle est de Baptistin ou de son fils (je ne sais pas si son fils a continué le travail moral de son père cependant).
        Cette lettre est adressée à Madame Vertet de Cusset (tout près de Vichy) et dit : "Très chère Sœur, Nos pensées vont vers vous et vos enfants. Nous avons été dans les temples de Stembert - Verviers - Quai des Ardennes - Sprimont - à Liège et Montegnée avec Amour, partout l'Enseignement y progresse et leurs pensées unis avec la France. Affections et Baisers. Pastorelli"
        Elle date d'après la réconciliation entre les deux courants de l'Antoinisme quand les temples belges ont retrouvés leur forme du temps de Mère.
       Une autre carte postale de 1921 est également signée Pastorelli.


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  •     Le procureur ayant demandé le 8 novembre 1900, de nouveaux renseignements sur les médicaments prescrits par Antoine, le commissaire de police répondit, le 27 novembre, que "d'après les renseignements obtenus difficilement, le sieur Antoine délivrerait à certains de ses clients une indication écrite et que jamais il ne délivre une ordonnance. D'habitude les malades qui ont été consulter Antoine se rendent chez le pharmacien Nizet de Jemeppe pour y obtenir les médicaments indiqués."
        Le 14 décembre 1900, le parquet fit une descente chez le pharmacien et y saisit "un billet en forme de recette", abandonné par un client d'Antoine.
        Le billet avait 14 cm de long sur 4 de haut. Voici le texte de la "Recette Liqueur Koene. Prendre 5 demi-verres à bière d'eau magnétisée avec 7 gouttes par verre, 5 à 6 minutes avant le repas. Un compte-gouttes". Sauf le chiffre 7 et les mots "un compte-gouttes" qui ont été écrits par Antoine, tout le texte est imprimé (sans doute pour diminuer ou pour faciliter l'écrasante besogne qui consiste à répéter aussi souvent la même chose à tant de malades). D'après la déposition de M. Nizet, "la dose prescrite par Antoine variait de 4 à 8 gouttes cinq fois par jour. Le pharmacien vendait chaque jour 15 à 20 flacons de liqueur Koene ou de thé de lichen. M. Nizet ajoute que d'autres pharmaciens doivent vendre ces remèdes, car jadis il recevait encore plus de personnes venant de chez Antoine. Il déclare pour terminer - et ceci est important pour prouver le désintéressemen d'Antoine - "Plusieurs m'ont dit qu'ils avaient déclaré à Antoine n'avoir par les ressources pour acheter la liqueur Koene et alors Antoine leur faisait un bon signé de sa main par lequel il me commandait de la liqueur Koene qu'il payait lui-même à la fin du mois. Antoine dans le courant de l'année 1900 m'a payé des bons de cette espèce soit pour liqueur Koene, soit pour thé de lichen, soit pour vin de peptone, pour un total d'environ 200 francs."
        On saisit également un flacon de liqueur Koene, une facture et une quittance du pharmacien Van Meesel, de Bruxelles, fournisseur de cette liqueur.
        Une enquête fut faite à Bruxelles, pour savoir si Antoine était intéressé d'une façon quelconque dans la fabrication ou dans la vente de la liqueur Koene. La réponse fut négative, de même que pour les relations commerciales qu'Antoine aurait pu avoir avec un tanneur de Liège, dont les cartes-réclames étaient distribuées par le guérisseur.
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'antoinisme, p.72, 81 et 82

    Oscar Nizet, pharmacien de Jemeppe

    Oscar Nizet, pharmacien de Jemeppe


    Nizet (Oscar), Pharm. Jemeppe (Belgique) (1924).
    fait partie de la liste des membres de l'Association française pour l'avancement des sciences
    (source Gallica : Conférences : compte-rendu de la 47e session, Bordeaux 1923 / Association française pour l'avancement des sciences...)

    Oscar Nizet, pharmacien de Jemeppe

        Il avait son commerce dans la rue de la Station, près du temple. Dans la même rue se trouvait également un Delhaize, mais d'après Pierre Debouxhtay, Pierre Dor était l'intermédiaire pour Louis Antoine de la Maison Delhaize, de la rue Grand-Vinâve à Jemeppe. Par cet intermédiaire, le Père achetait des flacons d'extrait de viande La Plata qu'il remettait ensuite aux malades qui le consultaient (Pierre Debouxhtay, p.76).

    Oscar Nizet, pharmacien de Jemeppe

    Il se marie à Marie Livoz en 1893, et on y trouve sa signature. L'évocation des témoins indique le milieu social de la famille : un frère Léopold est ingénieur, un autre frère Victor est agent commercial. 

    Oscar Nizet, pharmacien de JemeppeOscar Nizet, pharmacien de Jemeppe

    Oscar Nizet, pharmacien de Jemeppe


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  •     Quelques auteurs ont souvent dit que Louis Antoine avait choisis les dates catholiques pour "récupérer" les personnes de cette obédience. Ainsi Régis Dericquebourg nous dit : "Peut-être [Louis Antoine] voulait-il aussi satisfaire un public essentiellement d'origine catholique qui aurait souffert de l'absence de célébration dans un contexte où elle se déroulaient." Et Alain Lallemand dénonce même : "Pour mémoire, citons l'autre grande fête antoiniste : le 15 août, anniversaire de la consécration du premier temple, celui de Jemeppe. Mais tous les Liégeois savent que le 15 août est traditionnellement jour de fête mariale, fête qu'un culte de souche mosane se devait de récupérer."
        On peut voir cependant que les adeptes étaient plutôt déchristianisés et que, de plus, Louis Antoine n'empêcha jamais ses adeptes de pratiquer une autre religion. Par ailleurs, on peut penser que c'est pas simple commodité, les ouvriers étant libérés de leur obligation ces jours-là pouvaient donc célébrer la fête comme ils l'entendaient.
        Voici une liste d'origine des adeptes :
    - spirites : en fondant le Nouveau spiritualisme, il gagne des adeptes d'un côté mais il en perd aussi, certains désirant rester fidèles à Allan Kardec (cf. Dericquebourg, p.19 & p.119, Debouxhtay, p.124).
    - chrétiens déchristianisés : en effet, Dericquebourg dit que l'antoinisme ne se propagea que difficillement en Flandre, du fait de la force du catholicisme dans la région, ainsi s'il fonctionna si bien dans le Sud du pays, c'est que la population était déjà déchristianisée (p.137).
    - catholiques et protestants : évoquant les mises en garde éditées à l'époque du développement de l'antoinisme, abbés, prêtres, aumôniers, et pasteurs écrivaient des diatribes contre Louis Antoine. On peut penser donc que certaines personnes appartenaient à l'origine à ces religions (Dericquebourg, p.144 et Debouxhtay, p.281-86). Plus récemment, Anne-Cécile Bégot fit une enquête entre 1994 et 1997 et signale que "le public antoiniste est constitué d’une population âgée, pour une grande part issue du catholicisme" (Les Mutations de la représentation du divin au sein d’un groupe à vocation thérapeutique). Le même article signale que certains adeptes antoinistes, parfois costumés, continuent de fréquenter l’Église catholique.
    - juifs : concernant la virgule dans l'inscription morale complétant l'Auréole de la conscience qui fut apposer par Mère, "L'Enseignement du Père, c'est l'Enseignement du Christ, révélé à cette époque par la foi". La virgule disparu dans l'Unitif de décembre 1912. Régis Dericquebourg signale que la virgule semble indiquer que le Père serait un continuateur de Jésus et que l'antoinisme est une différenciation chrétienne. "Cette dernière version aurait provoqué des protestations chez les Antoinistes de confession juive" (p.130).
    - musulmans : Régis Dericquebourg évoquait, lors de la conférence sur l'antoinisme à Caudry, le cas d'un couple d'origine maghrébine, la femme portant le voile, venant consulter pour veiller à ce qu'une opération se passe bien. La desservante du temple lui dit cependant qu'aucune personne de cette origine ne s'engageait dans le mouvement.
    - animiste ou autres : on peut voir, notamment à Paris, des adeptes de couleur, cependant ils peuvent également être catholique. Jacques Cécius rappelle que l'antoinisme est parfois dénommé le bouddhisme occidental. Certains adeptes sont parfois aussi bouddistes (cf. l'article d'Anne-Cécile Bégot).

        Pendant le XXe siècle, les gens sont venus nombreux, d'abord à Jemeppe et après dans les Temples qui se construisaient partout à l'époque. Très peu de ces personnes s'intéressaient à l'Enseignement, la plupart est venue chercher la guérison physique, à la fin du siècle beaucoup venaient pour connaître leur avenir.
        Ils ont été satisfaits ; ils ont trouvé, dans les temples, tout ce qu'ils croyaient pouvoir faire leur bonheur. Et les temples se sont vidés !
        Maintenant, l'Enseignement du Père est de nouveau maître à Jemeppe. Il n'y a plus ni voyance ni croyance. Les adeptes, moins nombreux, essayent de faire consciencieusement le travail moral. On y sent un sang neuf, on a l'impression d'être au début ; on sent que ces seulement maintenant que vons se récolter les fruits de ce qui a été semé par le Père.
    Démonstrations n°2, signé Ch.P., p.38-39

        L’absence d’instance de contrôle des croyances et pratiques des adeptes favorise le pluralisme du croire. Ainsi, on observe que le recours à des croyances issues d’autres traditions religieuses ou spirituelles, notamment le catholicisme et le New Age, est fréquent parmi les adeptes. On peut aussi remarquer certains guérisseurs antoinistes porter la croix du Christ autour du cou ou recourir à des prières catholiques lors de leurs consultations. D’autres adeptes, notamment ceux qui ne portent pas le costume, font des stages de reiki, de yoga, de taï chi ou consultent des cartomanciennes. De la même façon, les enseignements antoinistes sont (ré)interprétés à partir d’autres référents religieux ; le « fluide » antoiniste devient « énergie » ou « chakra », des emprunts aux livres de Paco Rabane servent à comprendre des passages de l’enseignement antoiniste,...
    Anne-Cécile Bégot, La construction sociale de l’efficacité thérapeutique au sein de groupes religieux (ethnographiques.org - numéro 15 - février 2008)

        Il faut indiquer que ces pratiques magiques ont parfois été favorisées par Mère, la femme de Louis Antoine. Ayant été nommée par son mari pour lui succéder et ayant un déficit de légitimité auprès des adeptes, elle s’est imposée auprès de ces derniers en « magifiant » certaines pratiques et en divinisant le Père Antoine (Anne-Cécile Bégot, Les Mutations de la représentation du divin au sein d’un groupe à vocation thérapeutique, 2000).
    Anne-Cécile Bégot, La construction sociale de l’efficacité thérapeutique au sein de groupes religieux, note 20 (ethnographiques.org - numéro 15 - février 2008)

        Il y a aussi les personnes qui croient être victimes d'un ensorcellement. Il y a peut-être ceux qui craignent le médecin et ceux qui ont en tête un mobile moins avouable comme celui d'envoyer un maléfice à quelqu'un. Cette dernière demande doit être déclarée inacceptable car l'antoinisme ne pratique pas la magie.
    Régis Dericquebourg, GSRL CNRS, Université Charles De Gaulle, Lille3 (halshs.archives-ouvertes.fr-00348718, version 1 - 21 Dec 2008)


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  •     Ces adeptes, dans quelles classes de la société se recrutent-ils ? [...]
        Lorsqu'Antoine se fut séparé des spirites, sa clientèle ne se modifia guère. Un journaliste a bien indiqué les traits caractéristiques des fidèles de l'église antoiniste "... des petits bourgeois, des artisans, de vieilles dames vêtues de noir et pauvrement endimanchées, des petits garçons et des petites filles que la douleur et la foi avaient déjà rendus pensifs... C'étaient encore des gens pareils à ceux que l'ont remarque dans ces pays industriels où la misère et le travail ont pâli et jauni les visages... Des groupes s'ajoutaient aux autres groupes ; je considérais ces faces ravagées par les rides, faces qui se décoraient pourtant d'une gravité et d'une tristesse et qui s'appariaient étrangement à ce paysage de terrils cendreux, de hauts fourneaux gigantesques" (Le Soir, 26 juin 1925).
        Déjà avant la guerre, l'Unitif s'était expliqué sur cette localisation sociale des conversions à l'antoinisme. "Nous avons entendu dire, écrivait une adepte, oh ! sans reproche, chacun croyant détenir la vérité, que la religion antoiniste s'adressait à la classe ouvrière, aux ignorants. Retournons un peu en arrière et voyons comment les choses se pratiquaient au temps de Jésus ; reprochait-Il l'intellectuel ? Il disait : "Laissez venir à moi les petits enfants car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent" et encore : "Bienheureux les pauvres d'esprit parce que le royaume des cieux est à eux." Prônait-Il la richesse Lui qui disait : "Il est plus aisé qu'un chameau passe par e trou d'une aiguille qu'il ne l'est qu'un riche entre dans le royaume de Dieu !" Ces paroles au sens caché, incomprises jusqu'à ce jour et qui renferment tout un enseignement sont aujourd'hui dépouillées de leur voile par le Père qui est venu accomplir et terminer l'oeuvre des prophètes, ses devanciers. Que la grande partie des membres faisant partie du Culte Antoiniste se recrutent chez les humbles, cela est vrai et cela doit être, parce que la souffrance cherche le remède, mais combien ils sont grands ces humbles ! à la tâche toujours : après le dur labeur de la journée ils se reposent dans le travail moral, dans la charité d'eux-mêmes, n'ayant rien à donner de matière ils sont à la disposition de ceux qui souffrent ; ils luttent à tout instant pour détruire leurs défauts, l'imperfection et acquérir les vertus, l'amour vrai ! Est-ce cela de l'ignorance ? Combien de nous plus ou moins cultivés, ayant beaucoup lu et vu, nous sommes-nous jugés ignorants de la vérité en face de ces humbles possédant la vraie intelligence dans la conscience sensibilisée."
       Dans les rangs de l'Antoinisme, on trouve des personnes instruites, p. ex. un professeur d'Athénée (décédé), une institutrice (sténographe du culte), un officier de l'armée belge, qui depuis a rompu avec l'antoinisme (Bourguet, p.36), un ancien officier de l'armée française. On pourrait en citer d'autres ; mais des conversions de ce genre restent néanmoins des exceptions. L'Enseignement (p.253) déclare que "de grands personnages tels que barons, ingénieurs, directeurs, avocats, médecins, prêtres, etc., sont heureux d'avoir recours" à Antoine. Il est très possible qu'Antoine ait reçu des gens de cette qualité, mais je doute qu'il en ait converti beaucoup à sa doctrine.
    Pierre Debouxhtay, p.291 et note 100.

        Au sujet des villes d'eaux, M. E. Leroux remarque que "dans la foule qui afflue en ces villes, il y a toujours un nombre considérable de cerveaux anémiés offrant une proie facile aux prêcheurs de nouveautés, si abracadabrantes que soient celles-ci (Rev. Ecclésiastique de Liége, t.16, 1924-25, p.222).
    Pierre Debouxhtay, p.288, note 86

        Grâce à ceux qui ont désormais consacré leur vie à cette oeuvre humanitaire, nous voici installés, depuis dix mois, rue Saint-Georges, 30. De jour en jour, le nombre des adeptes augmente et actuellement notre groupe est très important ; la plupart appartiennent à la meilleure bourgeoisie et parmi eux nous remarquons beaucoup d'intellectuels, professeurs, philosophes, tous, toujours assidûment fidèles, venant prendre place bien avant l'heure et attendant dans le plus grand silence.
    extraits des Unitifs, Groupe de Bruxelles

       Au-delà des justifications doctrinales, les différences belgo-françaises recouvrent, selon Benoît Narinx, des réalités sociographiques différentes. En Belgique, on comptait parmi les disciples du Père des personnes d'un niveau intellectuel plus élevé en quête de règles éthiques et d'une voie spirituelle. Ces gens-ci ont pu considérer la vénération du fondateur et de son épouse comme une idolâtrie alors qu'en France, les desservants qui dirigèrent le mouvement dès qu'il prit racine dans l'Hexagone étaient plus proches des demandes d'un public populaire chez qui l'expérience religieuse passait par des manifestations tangibles.
        L'historique de l'antoinisme témoigne de son origine populaire. Une sociographie rapide fondée sur les témoignages de Vivier et de Debouxhtay montre que Louis Antoine attirait à lui des gens de condition modeste, des mineurs et des artisans bien que son cercle de disciples se soit enrichi de quelques personnes un peu plus élevées socialement. Ce public n'est pas différent de celui du spiritisme qui fut son terreau. Or, le premier fut essentiellement populaire.
    Régis Dericquebourg, p.30 & 119

        Ajoutons que les trois écrivains décrivant les milieux antoinistes (Robert Vivier, André Thérive, Roland A E Collignon) baignent leurs récits dans le milieu populaire des régions liégeoise ou parisienne.


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  •     Cependant, loin d'être effrayés par la condamnation du guérisseur, les malades affluaient de plus en plus. Souvent, la salle d'attente était pleine, et des groupes stationnaient dans la rue, sans compter ceux qui pour patienter entraient au café du coin, où la femme de Pierre Dor était occupée tout le jour derrière le comptoir. Les visiteurs venaient non seulement de la région de Liège, des bourgs industriels, mais aussi de toute la Hesbaye, et du pays de Charleroi, du "pays noir", comme on l'appelle, où il y a des usines et des charbonnages comme autour de Liège. C'étaient surtout des ouvriers qui avaient confiance en Antoine. Sa renommée se propageait parmi eux. Beaucoup de mineurs belges vont travailler dans la Nord de la France, et là aussi on commença à parler du guérisseur de Jemeppe.
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.256

        Car maintenant on venait non seulement de Bruxelles [cf. p.250], mais du Nord de la France, et même de Paris.
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.258

        Tout ceci passait de bouche en bouche. La foi augmentait. Des femmes vinrent de Dinant à pied : il y a deux bonnes journées de marche. C'étaient des veuves. Elles voulaient assister à la réunion spirite, parler à leurs maris défunts.
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.261

        Cette masse grouillait, homogène, sourdement vivante, pâte humaine pétrie de patience, d'attention, d'angoisse et d'espoir. C'étaient le tuberculeux de Sart-Tilman, le menuisier d'Angleur, le cordonnier d'Ougrée [cf. p.235], le carrier dont l'oeil était guéri [cf. p.238], le fermier de La Neuville qui était venu trouver Antoine à cause de son bétail qui mourait d'une maladie [cf. p.331], et la vieille de Bois-de-Breux qui entendait bien clair maintenant [cf. p.236], et la petite Marie qui s'était mise à marcher [cf. p.237], et Juliette, qui au retour de Jemeppe était devenue "vive et légère comme l'oiseau", et ce Bovy de Crotteux [cf. p.258], et ceux de Jemeppe, de Seraing, de Mons, de Hollogne, de Flémalle, de Tilleur, de Plainevaux et de Herstal, de Glain, de Sprimont [cf. p.238], de Poulseur, d'Anthisnes [cf. p.235], tous les renoncés, tous les guéris, ceux des neuvaines et des pèlerinages, ceux qui avaient crié pendant des nuit, ceux qui avaient désiré la mort à force de souffrir, ceux qui avaient perdu l'argent et le courage à se traîner de médecin en médecin. Et tous ceux qui n'avaient pas eu de maladie mais qui voulaient être là aussi parce que l'existence d'Antoine de Jemeppe était pour eux un réconfort, une joie secrète, un élargissement du coeur. Car ce n'est pas seulement de santé que l'homme a besoin.
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.267


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  • Illustration : Tombe d'Antonin Delville

        Selon Robert Vivier, le petit Louis Antoine, "s'il avait pu s'instruire, il aurait voulu devenir un grand médecin, un "docteur" ; il aurait connu toutes les bouteilles, le drogues qu'il faut, et il aurait guéri. Il aurait donné ses bouteilles pour rien aux pauvres gens." (p.24-25) "Quand il était enfant, il rêvait d'être un grand docteur, de guérir tous les malades. Ce qui le frappe maintenant, c'est comment cela peut être simple, ce geste sur le front, la main du docteur. Après, même s'il n'est pas guéri, l'homme est plus tranquille ; il a rassuré son âme. Et si on lui donne un remède, une pilule, le voilà plus fort. Il a un outil, une aide pour lutter contre la douleur (p.52).
        En 1878 environ, Louis Antoine lit l'ouvrage de Raspail sur les qualités du camphre pour la médication. Il se soigne avec ce produit pendant qu'il vend ses légumes dans Jemeppe. Le docteur Delville, qu'il consulte, lui conseille un métier moins dur (p.124).

        A son retour de Russie, il consulta le docteur Delville : "une maladie de l'estomac, dont il ne parvint jamais à se guérir, le faisait souffrir, donnait à son visage un teint grisâtre et terne, décolorait le feu de son regard, entretenait en lui une nervosité toujours en éveil qui hachait sa parole et la faisait trembler. Son indisposition a pu avoir certains retentissements fâcheux sur la vie du cerveau". Le Dr Delville confirma à Debouxhtay qu'Antoine était neurasthénique, et souffrait de l'estomac (p.53).
        Roland A E Collignon romance ce qui pu arriver en Russie : - J’exploitais une petite pension de famille non loin de la ville, ça marchait bien, mais Antoine aurait tout distribué si je l’avais laissé faire.
    - Des gens étranges venaient chaque dimanche, en-chaîna-t-il, ils se prétendaient les ancêtres des Cathares et enseignaient des méthodes curatives très efficaces.
    Catherine prit tendrement sa main…
    - Ils t’aimaient beaucoup, tu souviens-tu la veille de notre départ ?
    - Le plus âgé nous attendait devant la porte. Le jour venait à peine de se lever. Je n’oublierai jamais l’expression de son visage. Un géant à la chevelure et à la barbe immaculée l’accompagnait, l’émotion les empêchait de parler.

        Les Antoine consultèrent un médecin pour leur fils, certainement s'agissait-il dès le début du Dr Delville (pp.178, 179, 181) : "M. Delville revint. Il était embarrassé. Il tordit sa barbe, longuement, puis il reprit son bloc à ordonnances, et écrivit, de sa main poilue. - C'est une bouteille pour l'appétit. Il faudra le faire manger, ce gaillard." Puis le médecin dit que la blessure avait "fort vilain aspect". Louis Antoine, alors déjà spirite, décide d'invoquer le Docteur Demeure (et peut-être le docteur Carita) qui lui fut souvent d'un bon secours dans ses séances. Cet esprit ne se montre pas. Le docteur Delville accompagne le petit jusqu'à la fin. Il assistera certainement à l'enterrement, selon le rite spirite, du petit Louis.

        "On le vit plus d'une fois errer dans les bois à la recherche du silence et des fluides.
        "Un jour, le docteur Delville l'y rencontra. C'était l'automne. Antoine marchait dans le chemin couvert de feuilles jaunes, et par moments il faisait de grands gestes de côté et d'autre pour attirer à lui les forces invisibles. Le docteur Delville connaissait bien Antoine : il l'avait soigné, il avait soigné les siens.
        "- Que faites-vous par ici ? lui demanda-t-il.
        "- Je cherche les esprits, répondit Antoine.
        "Il ajouta :
        "- Moi, je travaille avec les esprits.
        "- On dit que vous me faites concurrence, observa le médecin.
        "Antoine hocha la tête :
        "- C'est parfois l'âme qui est malade, murmura-t-il d'un ton distrait et absorbé.
        "Le docteur le regarda s'éloigner d'un pas saccadé, rapide. Avant le tournant, il avait repris ses grands gestes. Des feuilles attardées, quittant les branches d'un arbre, voletèrent autour de lui. Le docteur haussa les épaules et poursuivit son chemin.
        "Antoine repensa à cette rencontre. Quelle singulière expression : "faire concurrence"... Il y avait eu une gêne indéfinissable entre eux, Antoine l'avait senti. Un fluide froid avait passé, et c'est pourquoi il s'était éloigné si vite, sans répondre clairement.
        "On ne peut pas tout dire aux médecins. Ils ont des idées qui leur viennent de leur métier, et il est naturel qu'ils les aient : chacun chercher à gagner sa vie. Leur métier, à eux, est d'examiner les malades et de dire de noms qu'ils ont lus dans leurs livres. Ils indiquent aussi des remèdes, et, quand le malade guérit, ils sourient d'un air entendu. Mais ils ne sont que des hommes, et ils ne veulent pas faire appel à l'aide des esprits qui sont plus puissants que nous. Aussi leur science est-elle seulement une science de cette vie, qui ne voit que les corps." (Robert Vivier, p.245-46)

        Le 2 mars 1901, après son premier procès, Louis Antoine écrivit - en pure perte - à des médecins de la région, dans l'espoir que l'un d'eux accepterait de régulariser par sa présence ce que les consultations pouvaient avoir d'illégal. Le Dr A. Delville, qui fut sollicité par Antoine, confirma à Pierre Debouxhtay l'exactitude de ce fait signalé par Bourguet (Debouxhtay, p.92). Il fit paraître un article, également en vain : "Nous apprenons que M. Louis Antoine, de Jemeppe-sur-Meuse, se propose d'établir chez lui un dispensaire dirigé par des médecins diplômés. Lui écrire à ce sujet. Les praticiens belges désireux de s'initier à la pratique du magnétisme curatif peuvent également compter sur une clientèle assurée en dehors du dispensaire. La population de Jemeppe est de 10.000 habitants et les communes voisines sont très populeuses" (Robert Vivier, p.257).

        Le docteur Antoine Delville, chargé par la commune de constater les décès, déclara, le 12 janvier 1907, qu'aucune de ces morts ne lui avait paru suspecte ; il ajouta qu'en 1906 il y avait eu à Jemeppe une épidémie d'entérite, dont beaucoup d'enfants avaient été atteints. On apprend également, lors de sa déposition en 1906, que Martin Jeanfils consulte lui-même le docteur Delville (Debouxhtay, pp.144 et 147 ; Robert Vivier, p.265). Louis Antoine dit que quand il s'aperçoit "que le malade n'a pas la foi et qu'il est pauvre", il l'envoie chez le docteur. Le docteur Delville comparaîtra comme témoin lors de ce procès (Debouxhtay, p.150).

    Le docteur Antonin Delville

    Décès de Mme Antonin Delville (La Meuse, 12 octobre 1908)(source : Belgicapress)



        Roland A E Collignon, dans sa biographie, avance, de façon romancée une explication à l'accusation contre Antoine après l'épidémie d'entérite :
        "L'homme s'approcha et avoua discrètement qu'il s'agissait d'une odieuse machination. Des notables avaient ourdi une conspiration contre lui, beaucoup de monde le savait, certains gardaient le silence allant même jusqu'à s'en délecter car Antoine ne s'était pas attiré que de la sympathie.
    - De simples ouvriers jaloux de votre notoriété ont déjà témoigné… que pourrait faire un simple agent comme moi pour empêcher ces horribles choses de se produire, demanda-t-il, j'ai honte de ce métier.
    Antoine se contenta de sourire. Tout cela, il le savait et depuis longtemps.
    Le policier parlait à voix basse d’un air embarrassé.
    - Alors, monsieur Antoine, il faut tout tenter pour vous sortir de cette embrouille, tout mettre en œuvre afin de disposer le tribunal en votre faveur et je voudrais vous aider - il regarda de nouveau sur les côtés -  Ils veulent que nous parlions du tronc, celui que des adeptes ont placé dans votre cabinet malgré vos protestations. Il contenait peu d'argent, je peux en témoigner, celui que les plus riches y déposait et qui devait servir à aider les plus pauvres, n'est ce pas ? Alors, il faudra leur dire. Et ces nombreux malades que vous envoyez chez les médecins, est-ce votre faute si ces braves gens ne s'y rendent pas ? Non, puisque tout le monde sait que personne n'a jamais eu confiance en eux !
    - Vous êtes un brave homme, répondit Antoine. Votre tache d'aujourd'hui aura été une bien pénible épreuve.
    Les yeux de l'agent se troublèrent."

        Un autre passage du récit de Roland A E Collignon raconte pourquoi le dispensaire ne put se faire et comment l'entérite se propagea. Deux médecins gravitent autour de Louis Antoine. Claes, opposé à Antoine et s'occupant de la société des médecins, et Moshé Peretz, "un juif grassouillet d’assez petite taille". Antoine l'ayant secouru contre un attentat lors d'un mouvement ouvrier gréviste, il sera du côté du guérisseur.
        "Les Peretz s’étaient installés dans la propriété du docteur Mougeot, un riche propriétaire foncier parti en retraite au Congo. Le vieil humaniste lui avait cédé, en plus d’une partie de son mobilier, de nombreux livres et dictionnaires médicaux ainsi que divers instruments dont une pharmacie portative. Contrairement à Claes qui s’était installé en ville, avec des consultations à heures fixes réservées à des patients huppés, la clientèle de Peretz, répartie dans les faubourgs était faite de pauvres."
        "Claes avait conservé les mêmes traits d’un visage vigoureux, taillé dans la masse. Sa chevelure coupée en brosse et une grosse moustache lui donnaient un air respectable bien que tout observateur un tant soi peu adroit aurait remarqué dans ce personnage la physionomie générale d'un homme rusé capable de se montrer très violent. Contrairement aux autres médecins qui vivaient loin de la pollution, Claes avait décidé de rester en ville. Il s’était fait bâtir une grande maison à plusieurs étages en plein milieu d'un immense parc entouré d'un mur rehaussé. A cette époque, comme les riches ne craignaient ni le fisc ni les signes extérieurs de richesse, il s'en était donné à cœur joie en décorant les façades de balcons ajourés, d'astragales et de tourelles qui se dressaient aux quatre coins du bâtiment."
        Foncièrement opposait à Antoine, on lit : "Ca alors, hurla de nouveau le conseiller de l'opposition, vous ne manquez pas de culot, Claes ! A vous entendre, il ne reste plus qu'à voter une loi visant à écarter les indésirables mais surtout ceux qui osent vous faire concurrence, comme Antoine, qui n'a pas hésité à faire construire des logements pour des ouvriers et sans demander des fonds à la députation ni à personne puisqu'il y est allé de ses propres deniers, lui ! Vous devriez plutôt prendre exemple, messieurs, plutôt que de réclamer sa tête. Nous disons : Chapeaux bas ! Il y a des leçons à tirer !"
        Dans une entrevue entre le guérisseur et le médecin, Antoine proposait la création d'un dispensaire. Claes lui promit mais ne fit rien pour concrétiser le projet. Peretz soutenait également cette action, mais se fit berner par les autres médecins de la société des médecins.
        En effet, Claes et Steen, le président de la société des médecins, fomenteront une intrigue en faisant jouer leurs connaissances haut-placées : afin d'évincer Antoine en le faisant condamner, les deux malfaiteurs ont décidés de laisser se propager l'épidémie après les inondations (contre lesquelles rien n'aura été fait non plus).
        Lors du procès contre Louis Antoine après l'épidémie d'entérite, le docteur Claes paya un faux témoin. Mais celui-ci se "débinera" et avoua la manoeuvre de Claes.
        Sa technique ayant échoué, il continuera à fustiger Antoine et finira seule dans sa demeure, seul et enviné. Sa femme et ses domestiques consultaient Antoine. Il se suicida et légua 5000 francs pour le culte antoiniste.
        Peretz visita le temple et avait "reconnu non seulement les dons d'Antoine mais surtout la valeur de ses enseignements."
        Dans son récit, Peretz est clairement associé à Delville : "Le juge demanda les rapports signés par le docteur Peretz et constata avec stupéfaction qu'ils faisaient plutôt état de morts naturelles ne mettant nullement en cause la responsabilité d'Antoine."
        "Il titrait que Peretz avait repris le flambeau [de la présidence du club des médecins]. Claes ne le supporta pas. Si la science méritait une place au pouvoir comme le prétendait naguère le président Steen, c'était bien à un homme tel que Peretz qu'elle revenait, à un praticien dépourvu de cupidité. Malgré son mode de vie bourgeois, il avait toujours gardé des goûts simples et des habitudes modestes. Toute sa vie, il avait aspiré à la dignité et grâce à lui, l'horizon de la médecine s'élargissait enfin. A défaut d'un dispensaire, Peretz créa une clinique en souvenir d’Antoine qui devint rapidement un lieu privilégié de soins spéciaux."

        En 1912, "à la fin de mai, on entend dire :
        "- Le Père se soigne, maintenant. Il a repris de la viande.
        "Une nouvelle plus étonnante circule :
        "- Il est sorti... Il a fait une promenade. C'est sur le conseil du docteur : il doit prendre l'air, il s'était trop affaibli" (Robert Vivier, p.341).

    Le docteur Antonin Delville

    (Journal de Liège et de la province 07 mars 1914)


        Bourgmestre de Jemeppe en 1912 (jusqu'en 1921, Marcel Peters, p.8, une rue du quartier de Bois-de-Mont de Jemeppe s'appelle rue Antonin Delville), le médecin Antoine [cela doit être une erreur de Debouxhtay] Delville ne dû pas intervenir pour faire enterrer Antoine (contrairement à la rumeur selon laquelle des Antoinistes refusaient l'inhumation, croyant à une résurrection du Père). A. Delville a seulement dû refuser aux antoinistes la permission d'organiser un cortège à travers la commune. Le cortège se limitera aux rues limitrophes du temple et du cimetière, proche l'un de l'autre (Debouxhtay, p.199).

        Voici la liste des bourgmestres de Jemeppe du temps de Louis Antoine :

    Bourgmestre de Jemeppe de 1860 à 1867

    Guillaume Albert Pierre Maximilien Joseph de La SAULX. Né à Liège, le 16 mars 1803. Décédé à Jemeppe, le 25 octobre 1890. 

     

    Bourgmestre de Jemeppe de 1867 à 1882 

    Arnold Lambert Joseph de LEXHY. Né à Jemeppe, le 6 août 1808. Décédé à Jemeppe, le 18 juillet 1888. 

    Le docteur Antonin Delville

     

    Bourgmestre de Jemeppe de 1882 à 1912 

    Eustache Valentin Joseph Napoléon BOUGNET. Né à Jemeppe, le 6 juillet 1834. Décédé à Soumagne, le 10 août 1917. 

    Le docteur Antonin Delville

     

    Bourgmestre de Jemeppe de 1912 à 1921

    Antonin Lambert Joseph DELVILLE. Né à Hollogne aux Pierres, le 5 mai 1854. Décédé à Jemeppe, le 9 mars 1938.

    Le docteur Antonin Delville

     

    Bourgmestre de Jemeppe de 1921 à 1947

    Léon WETTINCK - Né en 1882. Décédé en 1948.

     

        En 1933 déjà, une rue de Jemeppe est à son nom.


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  •     Dans le règlement d'ordre intérieur du Conseil d'Administration du temple Antoiniste de Jemeppe-sur-Meuse, parmi les neuf membres, en plus de Mr Louis Antoine, membre de droit, on trouve Mathieu Hoven, Renier Hoven et Joseph Hoven.
    Frère Jean-Marc Boffy, Historique du culte Antoiniste, p.39

    Hoven, Mathieu, Hoven F. et les autres


        On est en droit de penser qu'ils sont de la même famille.
        On sait de Pierre Debouxhtay (p.255) que Mathieu faisait déjà partie de l'Oeuvre en 1907, car celui-ci colportait l'Enseignement, voici la déclaration du garde-champêtre d'Esneux :
        j'ai trouvé, au hameau de Montfort, les nommés Dor Pierre, se disant le neveu de Antoine le Guérisseur, né à Mons (Hollogne-aux-Pierres) le 15 mai 1862, colporteur, domicilié à Jemeppe-sur-Meuse, rue Bois de Mont, n°16 ; Hoven Mathieu, né à Vivegnis, le 24 septembre 1878, colporteur, domicilié à Jemeppe-sur-Meuse, rue Bois de Mont, s. n° ; Henrotay Marie, épouse du susdit Hoven, née à Herstal, le 4 février 1876, colporteuse, domicilié au même lieu, lesquels vendaient des brochures à dix centimes pièce, comme les deux exemplaires ci-joints (les nos 1 et 2 de l'Auréole de la Conscience).

        Dans les guérisons racontées par l'Unitif II (Pierre Debouxhtay, p.170), on rencontre encore un  F. Hoven : deux hernieux sont guéris. A l'un d'eux, F. Hoven, Antoine avait indiqué la cause de sa hernie : "Mon fils, vous mangez trop, et c'est le gaz produit par cet excès qui amène votre hernie." Celle-ci reparaissait dès que F. H. commettait "une infraction à la loi de la conscience".


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  •     Vue du premier desservant du temple, frère Noël. Il forma le culte dans la région parisienne avec l'aide de Mlle Camus. Soeur Vittart suivra frère Noël, elle était desservante en 1924.

    Père Noël - Excelsior 26 octobre 1913 - suite en page 2 (détail)


       « Cependant, aucun temple antoiniste n'existait à Paris, où le « Père » — c'est ainsi qu'on appelait le fondateur de la secte — avait réuni six ou sept cents adeptes. Antoine mort, ou plutôt s'étant « désincarné », cela n'avait pas arrêté les conversions.
       Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation ». [...]
           « Comme je me trouvais à côté du frère Noël, qui va administrer le temple, je lui demandai :
       « — La mère Antoine ne parle-t-elle jamais davantage ?.
       « — Mère, me répondit-il, ne parle jamais en public...
       « Et il ajouta :
       « — Mère se recueille pour atteindre au fluide éthéré de l'amour divin et en réconforter les fidèles suivant le degré de leur foi.
       « Ce n'est peut-être pas très clair, poursuivit le frère, mais vous comprenez, n'est-ce pas ?
       « — Naturellement, eus-je l'audace de répondre, et vite je m'enquis si la mère Antoine allait séjourner à Paris.
       « — Non, me déclara M. Noël ; mère repart ce soir pour la Belgique. Elle est venue à Paris seulement pour consacrer le temple.
       « Et après un instant de réflexion, le frère continua :
       « — Mère, voyez-vous, n'est que l'interprète du père Antoine.
       « C'est à sa mort que le père Antoine l'a chargée de poursuivre son oeuvre ?
       « — Le père Antoine n'est pas mort, me fit remarquer sévèrement mon interlocuteur ; il s'est seulement « désincarné ».
       « — Ah! pardon, fis-je.
       « — Oui, et mère, qui est dépositaire de son pouvoir spirituel, n'est que son exécutrice.
       « — Est-ce que le père Antoine a guéri beaucoup de malades ?
       « — Des milliers.
       « — Et comment procédait-il ?
       « — Il se contentait de regarder ceux qui venaient à lui et guérissait ainsi les malades ayant la foi. Ceux qui ne l'avaient pas suffisamment devaient revenir le voir.
    L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery). 01-11-1913


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  • Mlle Marie Camus, modiste et adepte de Paris Illustration issu du Matin 22 février 1912

       Mais ce qui ne pouvait manquer d'assurer plus solidement encore son triomphe, c'est que l'illumination antoiniste devait surtout visiter les femmes, et parmi les femmes, tout particulièrement les modistes. Mon Dieu, oui, les modistes ! Le Père Antoine aime les modistes ! A cet instant même, à Paris, il y a une grande prêtresse, une initiée supérieure de l'Antoinisme, un sibylle par la bouche inspirée de laquelle parle l'âme même du "Père", et cette sibylle est un modiste. Elle travaille en chambre, interrompt la confection de ses chapeaux pour rendre ses oracles, sent tout à coup le dieu monter en elle en cassant un morceau de laiton, et de grands et graves journaux ont publié son portrait en première page... En un mot, c'est la Mère Antoine, et la Mère Antoine, quoique modiste, ne peut pas s'en tenir, décemment à la petit correspondance...
    L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, 30 mars 1912

        Il y a évidemment une erreur, c'est une adepte du temple de Paris, Mlle Camus qui était modiste et non la Mère. C'est un article plus tardif qui nous l'apprend :
        Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation ».
       On se rappelle peut-être l'article que consacra l'Echo du Merveilleux à Mlle Camus, dans le numéro du 1er avril 1912.
    L'Écho du merveilleux, 1er novembre 1913
        Malheureusement, la date de 1912 de cette revue parisienne n'a pas été scanné par le site Gallica. Mais une photo (malheureusement de très mauvaise qualité) est reproduite dans ce numéro de 1913.

        Elle est donc à l'origine de la propagation de l'antoinisme dans la région parisienne. Mais on ignora si elle fut desservante. A notre connaissance, non. On peut imaginer cependant qu'elle portait la robe. Dans plusieurs articles, on apprend qu'elle tenait une salle de lecture au n°7 de la rue Esquirol, à Paris XIII°.
        Peut-être est-ce elle qui inspira à Mère le fait de porter un voile. En effet, on lit chez Pierre Debouxhtay (p.244) :
        Ne nous faisons pas d'illusion, les tailleuses et les modistes ont puisé en nous et nous on servies, nous étions sur place et nous devions copier Mère et nous en l'avons pas fait, aussi, mes soeurs, disons-nous bien franchement : tout coquetterie n'est pas abolie en nous et réparons les coins par ci, des plis par là. (L'Unitif, III, 3, p.12-13)
        Et dans la Mise au point par le Représentant du Père, février 2009, on apprend encore p.36-41 :
        A l'origine, Mère ne portait pas de voile, celui-ci a été suggéré par une soeur, connue pour son élégance et sa coquetterie, parce que cela ferait plus joli et plus religieux.
        Quand MERE a eu la Révélation de la robe, le bonnet était sans voile. Quelques mois après, l'intelligence toujours en éveil a suggéré à une adepte que le voile serait plus religieux (copie en cela des soeurs catholiques). Cette pensée faisant son chemin, c'est ainsi que Mère et toutes l'avons suivie.
        Lire page 53 du Développement : "suivre l'exemple d'Adam qui croyant se faire plus estimer dans l'apparence à voilé la Réalité..."
        Mère l'a retiré très tôt (et à une adepte qui lui demandé pourquoi ? Mère a dit : "tantôt vous le retirerez aussi").
             (Extrait d'une lettre "d'une sœur".)

    On apprend par l'article du Matin qu'elle habite au numéro 14 de la rue Milton.

    Marie Camus, 14 Rue Milton - 1926, 09, Rochechouart (Archives de Paris)

    Dans les Archives de la ville de Paris, le recensement de l'année 1926 indique bien dans le 09e arrdt Quartier Rochechouart) une Marie Camus au 14 Rue Milton. Mais on lui donne comme métier e. banque (employée de banque). Elle est née dans la Sarthe (Pays de la Loire) en 1880. S'agit-il alors d'un homonyme ? On signale souvent Marie Camus comme originaire de la Bourgogne. Cet article est en effet assez bien renseigné pour ne pas être crédible : on dit qu'elle est né à Auxon (commune de 89630 Saint-Brancher) dans l'Avallonnais, en Bourgogne et elle a 38 ans en 1912 (elle est donc née en 1874). Elle quitte son village natale pour Paris en 1902 environ.

    On retrouve bien son acte de naissance dans les archives de l'Yonne :

    Mlle Marie Camus, modiste et adepte de Paris

    L'An mil huit cent soixante quatorze, l'onze janvier, à cinq heures du soir par devant nous Jean-Pierre [illisible], maire, officier de l'État civil de la commune de St Brancher, comté de Quarré-les-Tombes, département de l'Yonne a comparu Jérôme Camus, âgé de vingt-cinq ans, demeurant à Auxon, hameau de cette commune, lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin, né en son domicile aujourd'hui à deux heures du matin, de lui déclarant et de Marie-Henriette Déjoux, âgée de vingt-trois ans, sans profession particulière, son époux a reconnu et a déclaré donner les prénoms de Marie-Jeanne-Henriette. Lesdites présentation et déclaration faites en présence de Luc Déjoux, âgé de soixante un ans, propriétaire, demeurant au dit Auxon, grand-père de l'enfant et de André Déjoux, âgé de trente un ans, cultivateur, demeurant au même lieu, son oncle. Lesquels et après lecture faire, ont signé avec nous le présent acte de naissance.


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  •     Pierre Debroux, menuisier, de Crotteux (Robert Vivier, p.165), village natal de Louis Antoine, au nord de Jemeppe (maintenant Flémalle-Grande).
        Selon Pierre Debouxhtay (p.64), au moment de la publication du Petit catéchisme spirite pour servir à l'instruction des enfants et des personnes ne connaissant pas le spiritisme, en 1896, il y avait séance publique le premier dimanche de chaque mois, chez M. Louis Antoine, rue du Bois-du-Mont, à Jemeppe-sur-Meuse, à 10 heures précises du matin, et le deuxième et quatrième dimanche, chez Pierre Debroux, menuisier-entrepreneur, à Crotteux-Mons, à 5 heures de l'après-midi.

    le menuisier Pierre Debroux

    Unitif de 1914


        Il sera présent au côté de Louis Antoine lors de son procès en 1901 (Robert Vivier, p.266), il est alors présenté comme adepte. Il tient une salle de lecture à Mons-Crotteux, chez lui, selon l'Unitif de 1914 (lecture de l'enseignement le mardi à 7 1/2h). Dans un Unitif des années 20, la salle de lecture est indiqué rue Méan (sans qu'on sache par qui elle est tenue).


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  •     Il ne semble être évoqué qu'une fois par Robert Vivier (p.309) :
        Après la réception des malades, dans l'après-midi, Mme Desart arrivait avec ce qu'elle avait préparé, et M. Delcroix lui aussi était là. Ensemble, on lisait. [...]
        On frappait. Le frère Léopold Monet passait sa tête :
        - C'est quelqu'un pour l'Opération. Faut-il dire qu'on attende ?
        C'était en dehors des heures, et le Maître était occupé à l'enseignement... N'importe : il se levait.
        - C'est lui qui nous apporte le fluide dont nous avons besoin.
        A peine était-il de retour auprès de ses secrétaires, que le frère Monet frappait encore :
        - Quelqu'un pour vous, un malade...
        Tout le temps se passait de la sorte. Antoine réconfortait les deux adeptes :
        - Ce n'est pas du temps perdu. Nous ferons d'autant mieux demain.
        Ainsi en dépit des retards et des obstacles, jour après jour, s'accumulait l'enseignement qu'Antoine avait promis à ses fidèles Vignerons.

        A cette époque, les consultations avaient lieu uniquement le matin, de 7 heures à midi, comme il était précisé dans le Règlement de la société spirite Les Vignerons du Seigneur (datant de 1900). Le 25 décembre 1900, le nouveau local des Vignerons du Seigneur est inauguré devant un public de 200 personnes. Le local est situé dans l'immeuble que vient d'acheter Louis Antoine, au coin des rues des Tomballes et du Bois-du-Mont (actuellement rue Rousseau). Dès lors, Louis Antoine cesse de travailler pour se consacrer exclusivement à la propagande spiritualiste ainsi qu'à sa mission de guérisseur.
    Historique du Culte Antoiniste, p.13

     

        Un Léopold Joseph MONET, né le 26 juin 1872 à Flémalle-Grande, de Jean MONET 1830-1888 et Marie Catherine Dequinze 1831-?
    source : https://gw.geneanet.org/dryedani?n=monet&oc=&p=leopold+joseph


        Encore en 1934, il est membre du Conseil d'administration. Il a alors 61 ans (il est donc né en 1872-1873), et est tourneur. Il habite au 18, rue Alfred Smeets, à Jemeppe. Donc, l'actuelle rue Rousseau. Le temple occupe le numéro 2. On pense donc que cet adepte habitait dans une des maisons construites par Louis Antoine à son retour de Praga.

        Sa soeur, Josèphe (Joséphine) MONET (6 janvier 1875 à Flémalle Grande - décédée avant 1947) s'est mariée avec Pierre Dor le 24 décembre 1896, Mons-les-Liège). Ils ont tenu le café de la rue de Tomballes. Leur fils, Louis Léon, est né rue des Tombales 1 au café à côté du temple antoiniste.
    source : https://gw.geneanet.org/dryedani?lang=fr&pz=henri+jose+pierre&nz=paulissen&p=josephe+josephine&n=monet


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  • le frère Lucien Miot, fidèle au travail de Mère


        Régis Dericquebourg (p.27) nous renseigne qu'il tenta de rétablir le travail de Mère vers les années 60, soutenu en cela par les adeptes français. Un message de son fils me signale d'autres renseignements : Sa grand-mère et sa mère étaient déjà antoinistes ; sa mère était née en 1897, et a connu le Père quand elle était encore jeune fille. Un autre membre de la famille fut desservante du temple de Verviers. Le frère Lucien Miot est né en 1927. Il est arrivé à l'Antoinisme au cours de l'année 1967. Triste année pour lui car il allait perdre son épouse suite à une longue maladie incurable à l'époque. Il devint desservant du temple de Seraing à partir de décembre 1967 (si les souvenirs de son fils sont bons) et jusqu'en 1975.
        Son fils se souvient : " Mon père aimait lire. Il lisait très tard. Il se recueillait beaucoup. J'avais 9 ans. J'étais encore très jeune et venait de perdre ma maman. Mon père a toujours été pour moi un exemple. Il a été à la fois ma mère et mon père. Je n'ai jamais manqué de rien et surtout pas d'amour. "
        Il en est venu naturellement à s'investir davantage dans le culte et devint ainsi  Secrétaire moral, une fonction qu'il occupait à Jemeppe.
        De là, il connut bien Soeur Denise Dumont et sa fille Soeur Ghislaine, ainsi que une des filles adoptives du Père.
        Du fait d’ennuis de santé au niveau du cœur, il a du quitter ses fonctions : « Il devait se reposer. Il a quitté le culte "avec l'enseignement sous le bras" comme je l'entendais dire. Il est décédé il y a quelques années maintenant. »
        La famille se trouve en Belgique mais aussi à Orléans (deux personnes assez âgée qui portent la robe et qui fréquente le temple d'Orléans deux fois par semaine).

        Rappelons les dates des installations des photos dans les temples, principale manifestation du travail de Mère : en 1925, la photo du Père, puis en 1929, la photo de Mère sont apposées à la tribune. De 1936 à 1938, Mère les fait enlever. A la désincarnation de Mère, en 1940, en Belgique uniquement, le frère Joseph Nihoul et le Conseil d'Administration décide de retirer les photos. En France, après une période un peu floue, le Culte suivait le cadre établi par Mère, cadre correspondant à des forces humaines, et avec une direction morale exercée par les desservants de France constitué en Collège.

        Le lundi de Pâques 1970, elles sont remises (grâce au travail du frère Lucien Miot, donc). A cette occasion une invitation signée par Sœur Ghislaine Dumont et Frère Miot conviait tous les adeptes Belges et Français à participer à L'Opération. Sœur Ghislaine Dumont était à la Grande Tribune et Sœur Jeannin à la Petite Tribune au Temple de Jemeppe (Frère Jeannin étant alors déjà retenu à Paris par l'épreuve). Il y eut deux Opérations, le Temple bondé à chaque fois. Cette date correspondait également au soixantième anniversaire de la première Opération Générale faite par le Père (Lundi de Pâques 1910).

        Il y eut un véritable renouveau du Culte en Belgique, ceci dans les années 1970. Une revue antoiniste vit le jour, sur l'instigation du frère Lucien Miot : "Le journal d'informations morales". Frère Jacques Cécius se souvient que "la plupart des adeptes furent dans la joie lorsque les photos reprirent leur place dans les temples, et que l'Opération du dimanche fut rétablie".

        Actuellement et depuis 1985, la soeur Ghislaine eut l'inspiration de revenir "au bon fluide de l’œuvre du Père". La plupart des temples belges (hormis à Retinne (Fléron), qui est l'ASBL Les Disciples du Père et Mère Antoine, qui a son temple avec photo depuis 1968) ne font plus afficher les photos du Père et de la Mère. C'est à partir de cette date, d'après Frère Jacques Cécius, que le culte 'périclite' en Belgique, et que "le dimanche, au temple de Retinne (avec photos et Opération), on compte plus d'adeptes qu'à Jemeppe." La plupart car les desservants en charge avaient le choix de les garder (Bierset, Nandrin, Waremme...) ou de les enlever (Huy, Vottem, Momalle...).

        Sœur Ghilaisne Dumont publia 3 Démonstrations et une Mise au point, pour expliquer son travail, quant au retour des temples comme nous l'avait laissé le Père. On y reviendra.

     

     Article corrigé grâce aux commentaires de Frères Robert Pierrefeu et Jacques Cécius et un message de frère Serge, fils du frère Lucien et sœur Huguette, sa nièce.


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  • Mme Elskens, spirite, soeur de Montegnée, fidèle au travail de Mère

    Mathilde Elskens, née Maréchal (acte de naissance 14 mars 1879)

        Dans les statuts du culte antoiniste de 1922, on lit :

    Mme Mathilde Maréchal, ménagère, née à Montegnée le treize mars mil huit cent septante-neuf, veuve de M. Emile-Jean-Joseph Elskens, demeurant à Montegnée.

    Et sa fille :

    Dame Marie-Catherine-Joséphine Elskens, ménagère, née à Montegnée le vingt-huit août mil huit cent nonante-six, épouse assistée et autorisée de M. Léon-Louis Daniel, comptable, né à Ans le trois juin mil huit cent quatre-vingt-sept, demeurant ensemble à Montegnée.

    Mme Elskens, spirite, soeur de Montegnée, fidèle au travail de Mère

    Marie Elskens (acte de naissance 28 août 1896)

    Mathilde Elskens à Montegnée

     

    Photo de Mathilde Elskens (issue des archives de Roland AE Collignon) qui conduit à Mère Antoine la mère de Frère Roland pour son baptême.

     

     Son époux, Emile Elskens, décède dans un accident sur son lieu de travail (il était houilleur) en 1913.

     

        Quand il rentra, il y avait quelqu'un à la maison : Mme Elskens. Il venait ainsi, parfois, des personnages du groupe spirite, même en dehors des jours de séances. Près du fourneau que chauffait le gaz venu de la terre, on se mit à parler des progrès du spiritisme dans la région. Le jeune Louis prit vivement part à la causerie. Il rappela qu'à Jemeppe même on avait déjà vu deux enterrements spirites, celui de Mme Piron et celui de la veuve Gony.
        - Oui, dit Antoine. Il y a quelque chose de changé dans le monde. Voyez comme nos vieux parents ont vécu toute leur vie. Ils prenaient leur livre de messe le dimanche matin, ils allaient à l'église, ils donnaient leur grand coup de chapeau à monsieur le curé, et ne pensaient pas plus loin. Sans doute, on ne peut pas dire qu'ils aient eu tort : ils ont vécu d'après leur foi, d'après leurs idées. Mais nous, puisque nous en connaissons plus qu'eux, nous avons aussi de plus grands devoirs.
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.181-82

        Pierre Debouxhtay (p.28) évoque les premiers enterrements spirites de la région :
        En janvier 1891 avait eu lieu à Tilleur le premier enterrement spirite ; la même année, le 28 avril, Jemeppe vit l'enterrement spirite de Mme Catherine-Charlotte Piron ; le 13 janvier 1892, celui de Mme veuve Gony ; le 25 avril 1893 celui du fils d'Antoine le Guérisseur. Ce fut l'Union spirite de Seraing qui procéda aux funérailles civiles du jeune Antoine. A cette époque la société spirite d'Antoine n'était donc pas encore constituée ou reconstituée. (En 1896, le groupe d'Antoine est en pleine activité ; en 1898, ce sera le drapeau des Vignerons qui précédera un convoi funèbre).

        Ce que Robert Vivier fait dire à Antoine ici est repris de l'Enseignement :
        Les êtres du premier échelon travaillent selon leur nature et ils sont dans la vérité, suivant leur degré d'évolution. Ceux qui occupent l'échelon suivant font déjà plus ou mieux ; mais s'ils croyaient pouvoir redire aux agissements des premiers, ils seraient dans l'erreur et permettraient à de plus élevés de leur faire également des observations (La Révélation, L'efficacité des lois morales, p.117).


        Régis Dericquebourg (p.27) évoque de façon obscure les déboires de soeur Elskens avec le Conseil général du culte :
        Les Antoinistes français manifestèrent leur sympathie à la soeur Elskens, adepte du 'Père' depuis 1897 qui fut expulsée par le 'Conseil général' du temple de Montegéne dont elle était la desservante en l'invitant plusieurs fois à visiter des temples français.
        La phrase semble devoir se lire : Les Antoinistes français manifestèrent leur sympathie à la soeur Elskens en l'invitant plusieurs fois à visiter des temples français. Mais nous n'en saurons pas plus, ni la date, ni la raison du renvoi, ni la suite du soutien français.
        Le frère Robert nous apprend que Mme Elskens est chargée encore en 1966 de la consécration du temple de Mantes-la-Jolie en tant que délégué du Collège des Desservants au Nom du Père. Elle assura à la Grande Tribune les Opérations à l'intérieur et la dernière sur le seuil du Temple, assistée par Frère JEANNIN (Secrétaire Moral du Collège des Desservants de France, le titre de Représentant du Père ne sera porté en France qu'à partir de 1988) à la Petite Tribune. Il en sera de même pour Bordeaux (où toutes les Opérations eurent lieu à l'intérieur, l'autorisation de l'Opération sur le seuil n'ayant pas été donnée par le maire) et Roanne, où 7+1 Opérations ont été nécessaires.
        C'était une des premières adeptes du Père qui a construit avec son mari le Temple de Montegnée (consacré en 1919) et en fut la Desservante jusqu'à son renvoi parce qu'elle voulait respecter le Travail Moral de Mère).

        En 1934, Joseph Nihoul, 70 ans, comptable, habite la rue Mavis à Montegnée où se trouve le temple. Il est président du conseil d'administration du culte. Il écrit le règlement pour les temples, avec le frère L. Bormans (un Jacques Bosmans est témoin à la naissance de la fille Elskens). On imagine qu'il sera certainement responsable du temple de Montegnée, avec ou déjà sans soeur Elskens.
       En 1940, frère Nihoul devient le Premier Représentant du Père à la désincarnation de Mère. Et décide de "ramener le Culte au bon fluide du Père". Mme Elskens, comme on l'a vue, est resté fidèle au travail de mère ce qui lui valu son renvoi du Conseil d'administration vers 1940, car par là "elle s'écartait de l'Enseignement du Père", le culte étant revenu en Belgique à ce que le Père avait fait en son temps. Régis Dericquebourg parle de crise de succession 'à retardement' (p.29). Peut-être s'agissait-il d'un conflit plus ancien entre frère Joseph Nihoul et soeur Elskens ?
        Est-ce que la création de l'ASBL des Disciples du Père et Mère Antoine datant de 1965 découle de ce renvoi ? Possible. En tout cas, c'est le frère Albert Jeannin qui consacrera le temple de Retinne en 1968.


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