La Révélation, Lois dites de Dieu (p.47)
Supposons que deux hommes soient accusés d'un même délit, d'un crime par exemple, commis dans des circonstances à peu près identiques. Connaît-on leur degré d'intelligence ? Sait-on s'ils ont agi par inconscience ou par réelle méchanceté ? L'un, vu son ignorance n'est pas à même de préméditer son forfait ; il n'est pas apte non plus à se défendre devant ses juges ; trop borné, il ne peut faire valoir aucun argument et on le condamne à quinze ans.
L'autre, très rusé, est plus capable de préméditation ; son plus grand degré de développement intellectuel lui fournit les moyens de se justifier ; il prépare tout un arsenal qui lui permet de s'exprimer avec facilité ; il ne se voit condamné qu'à deux ans, quoiqu'il soit en réalité beaucoup plus coupable que le premier. Ce jugement n'est cependant que le reflet de la justice divine ; le second souffrira peut-être plus pendant ces deux années que le premier pendant quinze ans ; l'ignorance ôte à celui-ci l'appréciation nette du châtiment qu'il subit et auquel il se soumet sans discussion et sans murmure. L'autre au contraire se plaint de la justice ; il trouve sa peine bien plus grave que l'ignorant la sienne, c'est ce qui fait la balance.
La Révélation, Lois dites de Dieu, p.47
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