metallurgie
Das Hüttenwerk
Des machines, de façon gigantesque, s'étalaient jusqu'à l'horizon. Les hauts-fourneaux.
AufRuhr - 16 Comics aus dem Ruhrgebiet
Der Stahlgolem - Dor
Ansicht der Krupp-Werke in Essen - 1864
source : preussen-chronik.de
Vue de l'usine Krupp à Essen, en 1864. La famille Krupp fonda une dynastie d'industriels à Essen.
Les Wallons hors de Wallonie
Cela peut parraître étonnant qu'un ouvrier comme Louis Antoine, puisse décider et partir en Allemagne, dont il ne parle pas la langue, pour exercer son métier. Cela-dit, ce n'était pas un faire rare, et c'est une tradition qui remonte à très loin.
Au moyen-âge, il y avait des mineurs déjà dans la région d'Aix-la-Chapelle. Mais aussi des ouvriers du textile ou des artisans partaient parfois même encore plus loin.
A l'orée de l'époque industrielle, deux figures vont s'établir l'un en Espagne, l'autre en Suède. Ainsi Jean Curtius (1551-1628) sera à l'origine de la première grande usine métallurgique de la péninsule ibérique. Et Louis de Geer (1587-1652), précédé par la famille de Bèche, deviendra munitionnaire de l'armée suédoise, pour ce qui est des pièces d'artilleries, mais aussi concessionnaire des mines suédoises.
Lors de l'industrialisation de la vallée de la Meuse, ce sera un Anglais, John Cockerill qui s'installera en Wallonie. Mais aussi qui permettra l'émigration d'ouvriers wallons en Allemagne, en Pologne russe, et en Ukraine russe.
Avec la colonisation du Congo, des Wallons s'y installeront, mais d'autres partiront chercher fortune en Amérique.
C'est donc toute une épopée, à laquelle Louis Antoine, et sa femme, participeront.
Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Emigration
Un homme de Seraing, Jean Leplat, qui savait lire, retira mystérieusement de son gilet de travail un ancien numéro de la Meuse, où l'on disait que la main-d'oeuvre se faisait rare dans la région du Rhin et de la Roer [Ruhr] : les Prussiens avaient eu trop de leurs ouvriers pris pour la guerre, et c'étaient un point qu'ils faisaient travailler des prisonniers française dans leurs fabriques.
- Maintenant la guerre va finir, et ils renverront les prisonniers en France. C'est alors qu'ils donneront la haute paie aux ouvrier qualifiés. Qu'en dis-tu, Antoine ? Hein, si on allait faire un tour de ces côtés-là ?
Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.86
Jean Tousseul - L'homme de la grue
La trépidation de la grue couvrit un instant mille bruits de la ville qui chantait ou s'amusait, la benne bascula et apparut comme la gueule rouge du monstre mécanique au-dessus du terril. Les scories en fusion dévalèrent, illuminèrent le versant, le ciel, les maisons et le fleuve, puis s'étirèrent comme un insecte de feu. Et, dans le nuage de fumée qui montait, Pierre Lardinois bourra sa pipe et ranima l'appareil : les chaînes, le moteur et la charpente métallique vibrèrent, la bac se releva et glissa docilement vers l'usine.
Il vivait là-haut depuis longtemps Pierre Lardinois, et depuis longtemps il ignorait tout des hauts-fourneaux, de leurs flammes colorées, de leurs gaz qui pressaient le cerveau amollissaient les jambes, du tintamarre des bâtisses métalliques et bizarres, des feux sournois qui pelaient les torses nus et des gouttes de métal qui vrillaient de temps en temps un main, une joue ou un oeil. Il connaissait l'usine par le dessus, c'est-à-dire par ses cheminées géantes qui marquaient le temps aux gens du bassin noir et rouge, par les langues pourpres que tiraient les gueulards vivant dans la nuit, et, par les images de tous les pays, de toutes les saisons et de toutes les heures, par les météores fugitifs nés des mains suantes des hommes et jaillis des fours. Elle n'était plus pour lui qu'un fragment du paysage quotidien, comme un filet de lune s'accrochant à un arbre, un orage qu'il voyait venir de très loin, les petites maisons qui prennent, la nuit, des visages humains et familiers et les clochers décapités, coupés en deux par les fumées vagabondes et joueuses. [...]
Et les hommes l'aimaient bien parce que, grâce à lui, les nuits lourdes d'été et le nuits froides d'hiver s'illuminaient à deux lieues à la ronde et que la gueule rouge de la benne basculée éclairait les amours des époux enlacés dans leur lit, la fièvre des malades éveillés et l'angoisse des femmes qui attendaient leurs maris ivrognes. [...]
Parce que Pierre Lardinois guérissait les maux de ventre, les plaies et les brûlures, quil prédisait le temps qu'il ferit pendant la journée - puisqu'il l'avait vu venir par-delà la cité fumeuse - et qu'il disait en passant une de ces histoires que Christ racontait autrefois aux hommes qui le clouèrent sur une croix.
Jean Tousseul - L'homme de la grue, in La Cellule 158
Ed. Labor - Espace Nord, 1924 (p.51-53)
Jeune métallurgiste-Pierre Paulus (1922)
source : kikirpa
Couillet - Une coullée au haut-fourneau d'une acierie (Métallurgiques du Hainaut)
Couillet - Une coullée au haut-fourneau d'une acierie (Métallurgiques du Hainaut)
Before the Soaking Pits (Jean-Emile Laboureur-début XXe)
Devant la fosse humide
source : photo.rmn.fr
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