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metallurgie

La fabrication du fer

Publié le par antoiniste

LA FABRICATION DU FER
On fabrique le fer en retirant à la fonte la totalité presque absolue de son carbone. La transformation s'effectue dans les fours de puddlage. Ces fours sont divisés en deux parties. Le petit four où l'on verse la fonte en fusion par petite quantité : de 200 à 300 kgr. et le grand four où s'opère la combustion du carbone et le brassage au ringard de la pâte métallique, le puddlage, l'un des plus fours travaux de la sidérurgie. Réchauffée, la fonte passe du petit four dans le grand four. Armé d'une longue barre d'acier : le ringard, le puddleur se tient à la porte du four. Il jette son outil bien sec — mouillé, le ringard pourrait provoquer une explosion — dans la fonte liquide. Il triture cette pâte. Il la soulève, la laisse fuser le long de sa barre d'acier, la reprend, la rejette, arc-bouté des deux mains au ringard, le torse nu, la sueur coulant en fontaine de son corps. Car le four dont la lueur l'illumine, le flambe tout vif. Et les gaz que dégage la combustion du carbone le suffoquent. Après quelques minutes, ses forces l'abandonnent, un autre puddleur le remplace. A mesure que le métal s'épaissit, le travail devient plus pénible, il faut des efforts inouïs pour ébranler la fonte, la plier, la retourner, l'exposer au feu sur toutes ses parties. Et plus le travail s'avance, plus le puddleur doit se rapprocher du four. Ses seuls efforts sont impuissants vers la fin pour brasser le métal qui a presque atteint la consistance de la pierre ; alors, deux, trois, puddleurs s'arc-boutent sur le ringard et tirent de toutes leurs forces, les muscles tendus sur les bras nus, les torses bombés, les visages congestionnés par l'effort et le feu.
Enfin, après trente minutes de puddlage, l'ouvrier plié à la gueule du brasier, lie la masse  métallique en un bloc, la loupe ; il la saisit à bout de bras dans les tenailles et la jette sur le chariot. C'est à ce moment que l'hémorragie cérébrale assomme généralement les puddleurs. La loupe est portée au marteau-pilon qui va la cingler. Les cinq mille kilos du marteau s'abattent sur la boule de fer toute rouge; la loupe s'écrase comme la boule de glaise sous le doigt du modeleur ; on la retourne, le pilon remonte, retombe, un bruit sourd et la loupe aplatie sur une autre face, crache en grêle ses scories. Les étincelles, les paillettes volent, si abondantes qu'il faut élever autour du pilon des cloisons protectrices en tôle pour empêcher les ouvriers d'être grièvement brûlés, à vingt mètres de distance. Quant aux cingleurs, ils semblent vêtus de pièces détachées d'une armure : des gantelets et des brassards de fer protègent leurs mains et leurs bras, des masques en treillis de cuivre gardent leur visage.

M. & L. Bonneff, Vie tragique des travailleurs, p.122-24
Les Travailleurs du Fer (1908)
source : gallica

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Henri Pirenne - Cockerill à Varsovie

Publié le par antoiniste

    C'est vers l'exploitation de pays neufs que se tournent aujourd'hui les capitaux. En 1886, la Compagnie Cockerill fonde ses Aciéries de Varsovie et dans le midi de la Russie, la Société dniéprovienne. Encouragés par son succès, des imitateurs se mettent aussitôt à sa remorque. Associés à des capitaux français, les capitaux belges multiplient les usines de tout genre dans le bassin de la mer Noire, si bien que l'importance seule de ces derniers était évaluée à la veille de la guerre à trois milliards et demi. Dans le grand-duché de Luxembourg, où la Société d'Ougrée-Marihaye fusionne en 1905 avec la Société des Hauts Fourneaux de Redange, en Espagne, dans la région minière de Bilbao, au Maroc, les Belges déploient une activité pareille.

Henri Pirenne, Histoire de Belgique (p.367)
Volume 7 - De la Révolution de 1830 à la guerre de 1914
source : archive.org

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PATRONS ET OUVRIERS DANS LE BASSIN DE LA RUHR

Publié le par antoiniste

CORRESPONDANCE

PATRONS ET OUVRIERS DANS LE BASSIN DE LA RUHR

    Depuis qu'un cours d'économie politique a été créé à l'École des Mines et confié à M. Cheysson, les élèves ingénieurs doivent, dans leurs journaux de mission, faire une part aux observations sociales. M. Fèvre, élève ingénieur, sur le désir exprimé par la Société d'économie sociale, et conformément au programme préparé par M. Cheysson, a étudié les populations du bassin de la Ruhr. En attendant le résultat complet de son enquête, nous détachons de sa correspondance quelques fragments qui intéresseront assurément les lecteurs de la Réforme sociale.
                                                                                                    A. D.

                Gelsenkirchen, 14 octobre.
    La population dans le bassin de la Ruhr se compose en majeure partie d'ouvriers émigrés de différentes parties de l'Allemagne, principalement des provinces voisines (Westphalie, Nassau, etc.) et aussi de la Silésie et de la Pologne. Elle se fait remarquer par son esprit religieux : catholiques et protestants accomplissent les devoirs de leurs cultes, et sont sincèrement croyants. Les députés qui les représentent au Reichstag sont, l'un clérical, l'autre « démocrate chrétien ». Le socialisme n'a guère pénétré ici. Tout au contraire, les gens me paraissent encore profondément empreints de ce sentiment inné de la hiérarchie sociale qui m'a frappé en Allemagne ; ils ont du respect pour leurs patrons, et me semblent vivre en bonne intelligence avec eux.
    Ceux-ci d'ailleurs ont assez souvent fait beaucoup pour leurs ouvriers. On a construit un grand nombre de maisons ouvrières, qui sont toujours remplies; on a fondé des économats, qui livrent les marchandises au prix d'achat (et au comptant); on donne le charbon à prix réduit. Dans beaucoup d'exploitations existent aussi, à côté des caisses obligatoires d'assurances, des caisses supplémentaires de secours, alimentées surtout par des subventions des compagnies, et qui viennent augmenter, et quelquefois dans une proportion considérable, les secours fixés par la loi.
    Un assez grand nombre d'ouvriers ont aussi leurs maisons à eux, qu'ils ont bâties avec leurs épargnes,et dont ils louent une partie à des camarades. Ceci contribue naturellement à rendre ces ouvriers stables, et attachés à une exploitation.
    Quant à ce qui concerne les lois d'Empire sur l'assurance obligatoire, elles ont été en général et sont toujours regardées d'un bon oeil et par les exploitants et par les ouvriers. Elles ont d'abord le mérite d'être très pratiques, en ce qu'elles coupent court à la plupart des procès, qui auparavant intervenaient constamment entre le patron et l'ouvrier, celui-ci prétendant que la cause de l'accident se trouvait dans une négligence du patron ou d'un de ses employés. M. Ichon dit, dans son article paru dans les Annales des Mines, que ces procès étaient beaucoup plus rares dans l'industrie des mines que dans les autres, a cause de l'existence des caisses de Knappschaft, qui donnaient un secours à l'ouvrier. Mais ce secours accordé n'enlevait pas à l'ouvrier son droit à une indemnité plus forte, si celle-ci était réellement due par le patron, et n'empêchait pas les procès, du moins d'après le témoignage des exploitants de ce district, procès donnant lieu naturellement à des débats irritants. Aussi leur suppression me paraît avoir été très favorablement accueillie des deux côtés, et avoir été un des principaux éléments de succès des nouvelles lois.
    Les patrons ont à supporter, d'après celles ci, d'assez lourdes charges. Mais ils paraissent encore préférer cela aux procès auparavant engagés en vertu de la loi de responsabilité (Haftpflicht) de 1871.  Du reste ils contribuent encore souvent à des caisses de secours non obligatoires (Unterstutzungkassen), spéciales à chaque exploitation.
    Quant aux ouvriers, ils se sentent, suivant leur expression, « plus libres», mais non dans ce sens qu'ils sont plus indépendants de leurs patrons et se croient dégagés envers eux de toute reconnaissance, mais en ce qu'ils peuvent envisager l'avenir avec plus de sécurité, et appliquer leurs épargnes à leur bien être, sans crainte de les voir, à un moment donné, se fondre dans leurs mains, si le mari devient incapable de travailler.
    En somme, et dans les conditions de bonne intelligence régnant actuellement ici entre les patrons et les ouvriers, les lois d'assurance obligatoire ont été favorablement accueillies des deux côtés, et regardées comme un bien.
    Quant à la transformation des anciennes Knappschaftskassen, voici comment elle a eu lieu en général. Dans les ressorts correspondant aux anciennes, se sont fondées les caisses de maladie (Krankenkassen), qui sont plutôt une dérivation des anciennes caisses qu'une fondation nouvelle. Les anciennes Knappschaftsvereine subsistent toujours, mais n'ont plus à s'occuper que des pensions de retraites, et des secours à accorder aux veuves et aux orphelins (dont le chef de famille n'est pas mort à la suite d'un accident).
    A cet effet, plusieurs anciennes sociétés se sont quelquefois réunies en une seule (ainsi dans le Harz). Ces deux caisses (de maladie et de Knappschaft) ont des comptabilités distinctes, mais conservent la même administration, sauf dans le Hartz où la séparation est complète.
    Enfin vient la caisse d'assurance contre les accidents. A cet égard tous les exploitants de mines de l'Allemagne forment une vaste et unique association professionnelle. Celle-ci est divisée en 8 sections, dont la Westphalie forme la seconde. Les exploitations doivent être rangées dans des catégories différentes, quant au taux de leur contribution, catégories établies suivant les risques; ceux-ci seront d'ailleurs probablement indiqués par les accidents arrivés dans les dernières années. Mais ces tableaux ne sont pas encore fixés.
    L'ouvrier n'a qu'une crainte au sujet de la loi d'assurance contre les accidents, crainte relative à l'exécution de la loi. Il peut arriver en effet que des ouvriers blessés dans la mine, mais encore capables de travailler, deviennent prématurément invalides par une suite indirecte de leur blessure, et retombent ainsi à la charge de la Knappschaftskasse. Les exploitants ont tout intérêt à en augmenter le nombre le plus possible, et c'est dans ce sens que les ouvriers redoutent quelques abus. Mais quant à l'esprit même de la loi, ils le trouvent excelent. C'est aussi l'avis des exploitants, et tant que dureront les bonnes relations existant actuellement, il me semble que le fonctionnement des caisses se fera sans beaucoup de difficultés, et aura plutôt pour effet de maintenir cette bonne intelligence que de l'altérer. L'ouvrier n'est pas en effet ici, comme l'ouvrier français, mécontent de sa position et visant toujours plus haut. Il ne songe pas à s'élever au-delà. Et pourvu qu'on lui procure les moyens de gagner sa vie en lui permettant par des mesures protectrices analogues aux caisses d'assurances de dépenser ce qu'il gagne, et d'être dégagé de tout souci d'épargne, c'est tout ce qu'il demande.
    Sans doute ceci n'est point fait pour encourager la prévoyance. Mais l'ouvrier ne pense pas si loin. Qu'il soit sûr de vivre, sans avoir à craindre de trop grosses difficultés à un moment donné, c'est tout ce qu'il demande. Resterait à voir d'ailleurs si un système de liberté encouragerait effectivement beaucoup plus l'épargne. Car ceux des ouvriers qui ont l'esprit de prévoyance, peuvent amasser maintenant en toute sécurité, et appliquer l'argent ainsi mis de côté à acheter une maison ou un jardin, etc.
    En un mot le système n'empêche pas l'épargne ; il en restreint seulement le but, tout en lui donnant plus de sécurité.
    Ceci, direz-vous, ressemble bien un peu à un panégyrique. Mais j'avoue que je suis arrivé ici avec des idées un peu préconçues, et que le spectacle que j'y ai trouvé de patrons unis pour le bien des ouvriers, et d'ouvriers attachés à leurs patrons et à leur métier, ne perdant point leur temps ni leur esprit en récriminations stériles, m'a réchauffé le coeur, et m'a rendu un peu enthousiaste.
Agréez, etc...
                                      L. FÈVRE.

Les Études sociales : organe de la Société des études pratiques d'économie sociale et de la Société internationale de science sociales
1886/07 (A6,SER2,T2)-1886/12.  (p.488)
source : gallica

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Paul Jousset, L'Allemagne contemporaine illustrée (1901), p.168

Publié le par antoiniste

    Aujourd'hui, plus de 10 millions d'ouvriers sont répartis en 3 millions et demi d'exploitations industrielles, dont 19,000 plus importantes avec 3 millions d'ouvriers et 255 entreprises géantes, avec 430,000 employés (plus de 1,000 chacune). L'industrie en chambre, dont les quatre cinquièmes s'emploient au lissage, à la papeterie, à l'habillement, occupe 430,000 personnes, pour moitié des femmes. Si au développement de la
main-d'oeuvre, s'ajoute la puissance des machines tous les jours croissante, l'on arrive pour toute l'industrie à une capacité de travail vraiment colossale.
    On industrialise même la terre : fromageries et laiteries compensent le bas prix des céréales; de grands espaces sont donnés à la culture de la  betterave; raffineries et distilleries se multiplient. Cependant il faut demander à l'importation les denrées alimentaires qui font défaut, des céréales, des produits agricoles de tout genre, légumes, semences, jusqu'à des pommes de terre, du bétail, moutons et porcs, etc. On mange ferme là-bas : le pain manque à côté des montagnes de sucre et des ruisseaux d'alcool. Les deux cinquièmes de la population industrielle de l'Allemagne sont à la merci des Etats producteurs mieux pourvus. Cependant on continue à se ruer vers les villes; les usines deviennent des villages qui se soudent entre eux et forment des agglomérations colossales,
comme Elberfeld-Barmen, ce grand emporium de 157,000 et 142,000 habitants, qui s'entasse dans la vallée de la Wupper, sur une longueur de 8 kilomètres, là où jadis végétaient
quelques pauvres bourgades. On se presse, on se hâte, et dans cette région de la Wupper et de la Ruhr, les manufactures coudoient les fonderies, les ronflements des métiers se mêlent aux éclats des forges : c'est partout un fourmillement, une fureur de vivre. Ruhrort est la grande porte de sortie de cet enfer industriel sur le Rhin. C'est une
tête rayonnante et, dans toute sa beauté, l'enchevêtrement des hommes et du fer.

Paul Jousset, L'Allemagne contemporaine illustrée (1901), p.168
source: gallica

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LES INSTITUTIONS PATRONALES DE LA SOCIETE COCKERILL

Publié le par antoiniste

LES INSTITUTIONS PATRONALES DE LA SOCIETE COCKERILL A SERAING-.

    A titre de comparaison avec les documents recueillis par M. 0. Keller sur les institutions patronales des Compagnies minières en France (Reforme sociale, 15 mars 1885, et 1er juin 1880), nous croyons devoir reproduire un extrait du rappoit que M. Sadoine, administrateur-directeur-gérant, va présenter à la prochaine assemblée générale des actionnaires de la Société Cockerill :

    Personnel.    Je vous ai dit tantôt que notre personnel était resté aussi nombreux que l'année dernière à pareille époque.
    Au 5 septembre écoulé, il était encore de 10.116 ouvriers soit 40 de plus qu'à même date de 1885, à cause de la mise en marche, en décembre dernier, de la division des roues et trains montés.
    L'instruction est depuis 15 ans obligatoire pour les adultes de 12 à 16 ans entrant au service de la Société. L'école des mineurs et les classes préparatoires de la Société entretiennent l'instruction dans cette classe de travailleurs employés à nos charbonnages.
    L'emploi des femmes dans le fond de nos houillères a été supprimé depuis 20 ans.
    L'état sanitaire a été satisfaisant pendant tout l'exercice ; aucune affection épidémique n'a régné et les accidents graves ont été rares. Le nombre des malades et des blessés en traitement à potre infirmerie a varié de 15 à 22.
    Le nombre des pupilles actuellement à l'orphelinat est de 124.

    Salaires payés :
    Exercice 1884-1885,           fr. 8.807.894 41
    Exercice 1885 1886,             » 8.812.684 06

pour le même chiffre de personnel et pour un chiffre de production moindre.
    Les salaires sont donc restés les mêmes dans les deux exercices, tandis que le dividende à distribuer aux actionnaires, de même que les primes à payer aux chefs de service et employés, ont été réduits de 2/7, et le tantième du directeur général de 2/3.
    L'ouvrier de la Société Cockerill n'a donc pas été le moins bien traité pendant l'exercice écoulé. Il n'a pas à se plaindre, que je sache, du travail à l'entreprise, du marchandage comme on dit dans les ateliers, car je n'ai jamais reçu de plainte à ce sujet. Toutes les lettres à mon adresse sont ouvertes par moi, n'ayant ni chef de cabinet, ni secrétaire particulier ; je ne refuse du reste jamais d'entendre les ouvriers qui croient avoir à se plaindre.

               Secours et pensions                                    Exercice                    Exercice
                                                                                   1884-85.                    1885-86.
1° Pensions ordinaires et supplémentaires se-
cours aux blessés et malades et aux ouvriers
nécessiteux.                                                       fr.   229.714 06                  241.306 29
2° Versement à la caisse de prévoyance des
ouvriers mineurs.                                                     33.610 93                    29.774 25
3° Service médical et pharmaceutique.                  49.374 79                   47.487 45
4° Dépenses de l'hôpital-orphelinat.                       39.027 28                   41.148 24
5° Dons au Bureau de bienfaisance, etc ,                     863 21                        574 21
6° École des mineurs et École industrielle à
Hoboken.                                                                     3.778 44                     3.778 44
                                                                  Total, fr.  358.370 71                 366.268 88

soit une augmentation de 8.000 fr. pour le même chiffre de personnel.
    Toutes ces dépenses sont à la charge exclusive de la Société ou de la Caisse de secours alimentée par elle, les retenues sur salaires ayant été supprimées depuis 1870. Pourtant 243 ouvriers ont persisté à vouloir subir la retenue pour assurer leurs droits aux secours et à la pension, et 10.000 francs environ sont versés de ce chef dans la Caisse de secours, de même que l'entrée de 500 francs, imposée aux ingénieurs volontaires qui entrent au service de la Société, et, enfin, 2.000 fr. environ d'amendes encourues par les ouvriers en défaut. 2.000 sur 8.812.684 06 !
    Comme je l'ai dit, l'orphelinat comprend réellement 124 orphelins, dont 107 enfants ne gagnant rien et 17 adultes travaillant déjà à l'usine ou rendant service à l'hôpital et dont le gain sert en partie à rembourser leur entretien, en partie à passer à notre Caisse d'épargne, pour y devenir, avec les intérêts à 5 p. c, une réserve pour l'avenir, une dot.
    La Société donne gratuitement les secours médicaux et pharmaceutiques, non-seulement à ses ouvriers, mais encore à leurs ascendants et descendants, dont ils sont les soutiens.
    Autrefois, la Société Cockerill avait un magasin de denrées alimentaires où s'approvisionnaient les ouvriers de leur propre volonté. Mais, certains d'entre eux ayant exposé des plaintes, je proposai à mon Conseil la suppression de ce magasin, ce qui eut lieu immédiatement ; c'était en 1870.

Les Études sociales : organe de la Société des études pratiques d'économie sociale et de la Société internationale de science sociales
1886/07 (A6,SER2,T2)-1886/12.  (p.486)
source : gallica

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Hämmerwerk und Pressbau, Schmieden einer Welle unter einer 25-Tonnen-Presse

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source : deutschefotothek.de

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Simone Weil, La condition ouvrière

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    Jeudi 10. – (Éveillée à 3 h 1/2 du matin par une vive douleur à l'oreille, avec frissons, sentiment de fièvre ...)

    7 h-10 h 40 : continué – rythme rapide, malgré malaise. Effort, mais aussi après quelque temps sorte de bonheur machinal, plutôt avilissant – une pièce loupée (pas d'engueulade). Vers la fin, incident bureaucratique : 10 rondelles manquantes.

Simone Weil, La condition ouvrière (1951), p.41
source : classiques.uqac.ca

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Ruhrort, Meiderich et Vohwinkelstraße, à Duisburg (GoogleMaps)

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Vohwinkelstraße, à Duisburg-Meiderich (GoogleMaps)

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    Louis Antoine habita, selon Pierre Debouxhtay, dans la Vohwinkelstraße au numéro 6. Si l'ordre des numéros est resté le même, le bâtiment devait être en haut de la rue. La maison à disparu : il n'y a plus de numéro 6. L'usine où Louis Antoine travailla à Meiderich est en bas de l'image. Il travailla certainement dans la même usine quand il habitait Ruhrort, qui se trouve plus bas.

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Vohwinkelstraße, à Duisburg : usine MittalSteel Ruhrort GmbH anciennement Cockerill

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