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metallurgie

Louis Antoine faisait-il partie de l'Aristocratie ouvrière ?

Publié le par antoiniste

    On entend souvent que les métallurgistes faisaient partie de l'aristocratie ouvrière. Plusieurs journaux qualifièrent Louis Antoine à sa mort, de "petit bourgeois, presque du peuple" (Le Progrès spirite reprenant l'Eclaireur de l'Est (Reims) et La Liberté, Journal politique, religieux, social - Fribourg, Suisse). Tachons d'en savoir plus sur cette catégorie d'ouvrier.


L'aristocratie ouvrière : une théorie sociologique pour diviser la classe ouvrière

    Il y aurait un antagonisme de classe au sein de la classe ouvrière elle-même, un antagonisme entre les couches "les plus exploitées" et les couches "privilégiées".  Il y aurait une "aristocratie ouvrière jouissant des plus hauts salaires, des meilleures conditions de travail, une fraction ouvrière qui partagerait avec "son impérialisme" les miettes des sur profits tirés de l'exploitation coloniale.  Il y aurait donc une frange de la classe ouvrière qui en fait n'appartiendrait pas à la classe ouvrière, mais à la bourgeoisie, une couche d"'ouvriers-bourgeois".
    Voila les grandes lignes communes à toutes les théorisations sur l'existence d'une "aristocratie ouvrière".  C'est un instrument théorique dont la principale utilité est de permettre d'estomper dans un flou plus ou moins étendu, suivant les besoins, les frontières qui opposent la classe ouvrière au capital mondial.
    Cette théorisation "permet" de taxer des parties entières de la classe ouvrière (les ouvriers des pays les plus industrialisés par exemple) de "bourgeois", et de qualifier des organes bourgeois (les partis de "gauche", les syndicats, par exemple) d"'ouvriers".
    Cette théorie trouve son origine dans les formulations de Lénine pendant la 1ère Guerre Mondiale, formulations reprises par la 3ème Internationale.  Certains courants politiques prolétariens, ceux qui tiennent à se désigner par l'étrange qualificatif de "léninistes", traînent encore aujourd'hui avec eux cet avatar théorique dont ils ne savent pas toujours que faire, si ce n'est de maintenir un flou sur des questions de première importance dans la lutte de classe.  La contre-révolution stalinienne, elle, s'est depuis des décennies servi de cette théorie à tout propos pour tenter de recouvrir ses politiques du prestige de Lénine.

sommaire :
    Une theorie sociologique
    Une conception "ouvrieriste"
    L'aristocratie ouvriere: une definition impossible
    Une theorie pour diviser la classe
    Une conception ambiguë des partis et des syndicats
    Critique de l‘explication de Lenine de la trahison de la seconde internationale
    Une deformation grossière du marxisme

    On y apprend donc que cette catégorie date des environs de la Première Guerre mondiale, et qu'elle est critiqué dans les milieux militants communistes.

 Publié par Revue Internationale le 15 Octobre, 2005
source : http://fr.internationalism.org/rinte25/aristocratie.htm

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La Terre promise, Flamands en Wallonie

Publié le par antoiniste

    Dans ses reportages, Auguste de Winne établit une hiérarchie claire entre la Wallonie rouge, prospère, libre-penseuse et la Flandre pauvre, soumise, illettrée et malade. La cause du malaise flamand était imputée au tandem formé par les patrons et l'Église, une alliance qui bloquait toute émancipation. "Pauvre peuple flamand, ta faiblesse pourra-t-elle jamais vaincre cette monstrueuse puissance, cette hydre à deux têtes : l'Église, avec la force lourde que lui ont léguée des siècles de domination, et la Bourgeoisie, avec tout son or ?" se demande-t-il, "douloureusement inquiet".
    De Winne raconte que les curés visitent régulièrement les usines et y tiennent des conférences en période électorale. Les ouvriers doivent fréquenter les "cercles et les patronages cléricaux" sous pleine de licenciement. Le pilier catholique était dominé par une culture du clientélisme, un système étonnamment similaire à la politique actuelle du service pratiquée en Wallonie à bien des endroits. A la fin d' A travers les Flandres, il crache sa colère contre le r$ole de l'Église dans un court manifeste : "On a osé parler de la banqueroute de la science, la science libératrice. La banqueroute de l'Église est autrement visible et patente, surtout ici, dans cette pauvre Flandre. C'est qu'une doctrine qui se contente de prêcher la réforme morale de l'Humanité tout en laissant subsister, en acceptant les classes sociales, les criantes inégalités de condition, ne saurait engendrer qu'un régime d'iniquité, de spoliation, de misère et d'ignorance. Et la réforme morale, but suprême de ses efforts, est condamnée à l'échec le plus lamentable."

[...]

    Le pilier catholique a bien tenté de développer une vie culturelle organisée. Il craignait la perte de la ferveur populaire, en clair l'estompement de l'identité chrétienne. August Cools, prédécesseur de Jef Houthuys à la tête de la CSC voyait les choses ainsi : "C'est sur les larges épaules de nos mineurs flamands que le Christ fera son entrée en Wallonie." L'émigration économique vue comme un cheval de Troie cachant des missionnaires chrétiens. Souvent, c'étaient les ordres religieux, comme les rédemptoristes et les capucins, qui tentaient de maintenir les immigrés dans le droit chemin grâce à des projets comme l'Oeuvre des Flamands. Nulle part les associations ne se sont maintenues, nulle part l'évangélisation n'a réussi.
    "Le milieu dans lequel les Flamands arrivaient était en bonne partie déchristianisé et socialiste. Le prêtre a disparu de leur vie ou y a été moins présent. Peut-être la foi était-elle moins importante pour les migrants flamands que nous ne sommes tentés de le penser. La grosse majorité a simplement choisi un autre pilier, qui avait ses propres rituels et ses propres fêtes. La vie culturelle socialiste a presque disparu. Aujourd'hui, les maisons du peuple sont souvent devenues des caricatures, des bistrots de troisième zones."

Pascal Verbeken, La Terre promise, Flamands en Wallonie,
Le Castor Astral, Bruxelles, 2007 (2010 pour la traduction), p.168-169 & p.175
Titre original : Arm Wallonië (Een reis door het beloofde land)


    Nos ouvriers flamands, si sédentaire, se sont mis à émigrer en grand nombre. Leur instinct de conservation et l'énergie de la race ont eu raison de la chloroformisation cléricale. Les uns travaillent dans les fabriques du Centre, de Charleroi et du pays de Liège, d'autres traversent chaque jour ou chaque semaine la frontière et se rendent dans les villes manufacturières du nord de la France, d'autres encore s'en vont chaque année, généralement de mars à octobre, dans les campagnes françaises, faire la moisson, la récolte des betteraves, ou travailler dans les sucreries ou briqueteries.
    Et cependant, chaque fois qu'ils le peuvent, ils reviennent au village. [...] L'émigration ouvrière a surtout pris une grande extension à partir de 1870, par suite de la création, cette année, de billets d'abonnements ouvriers aux chemins de fer.
[...]
    Quelles sont, au point de vue politique, les conséquences de ce contact des ouvriers des campagnes flamandes avec la population socialiste des villes et des régions industrielles de la Wallonie ? Elles ne sont pas  difficiles à deviner : les ouvriers migrateurs échappent à l'influence des curés et des seigneurs du village lentement, mais sûrement, leur cerveau s'imprègne d'idées socialistes dont ils deviennent les propagateurs souvent involontaires dans les Flandres.

Auguste de Winne, A travers la Flandres (extraits)
in Pascal Verbeken, La Terre promise, Flamands en Wallonie,
Le Castor Astral, Bruxelles, 2007 (2010 pour la traduction), p.313-314 & p.315

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Exemple d'habitations ouvrières dans la région liégeoise

Publié le par antoiniste

Exemple d'habitations ouvrières dans la région liégeoise

Cliquez sur l'image pour agrandir

Voici un exemple de maisons ouvrières de la région de Liège, particulièrement dans la ville de Seraing par la Société John Cockerill.  
Groupe de deux maisons pour une famille
Prix de revient d'une maison              4.800 f.
Surface de la maison                       45m² 12
Surface dela cour et des dépendces    33m² 25
Prix de location d'un maison              180 f. pr an

Les 20 maisons ont coûté ensemble, tout compris, Chaussées, Palissades, Egouts, Puits, Fours de Boulangers, etc. 112.067 f.

Émile Muller et Émile Cacheux, Les habitations ouvrières en tous pays
Seraing, maisons de Cockerill (1879)
source : Gallica

Louis Antoine en a fait construire de semblables à côté du temple, dans la rue Rousseau. Elles existent toujours.

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Einzimmerwohnung mit Etagenklo - wie Arbeiter leben

Publié le par antoiniste

    In den Städten kommt der Wohnungsbau dem Bedarf nicht hinterher: Ganze Familien pferchen sich in ein einziges Zimmer, vermieten manchmal sogar das letzte freie Bett an einen sogenannten Schlafgänger. Die Toilette im Treppenhaus teilt man sich mit den Mietern von nebenan. Noch dazu sind die Arbeitsbedingungen in den Fabriken oft unvorstellbar hart: 1872 liegt die durchschnittliche Wochenarbeitszeit bei 72 Stunden; in vielen Branchen wie etwa der gerade entstehenden Chemieindustrie gibt es so gut wie keinen Gesundheitsschutz.
    Schon fürchten Fabrikbesitzer und die Politik den Aufstand - und reagieren. Reichskanzler Bismarck etwa verfolgt eine zweigleisige Strategie. Einerseits will er mit dem Sozialistengesetz von 1878, einem umfassenden Verbot sozialdemokratischer Organisationen, die Arbeiterbewegung schwächen; andererseits lindert er die schlimmsten Nöte mit einer Sozialgesetzgebung, die europaweit vorbildlich ist: Seit 1883 gibt es in Deutschland eine Krankenversicherung, seit 1884 eine Unfallversicherung, bald kommen noch Invaliditäts- und Rentenversicherung dazu. Parallel dazu rufen viele Unternehmen ihre eigene betriebliche Sozialpolitik ins Leben.


    Dans les villes, la demande de logements ne suivent pas : des familles entières se tassent dans une pièce, en laissant parfois même la possibilité de louer le dernier lit pour le dénommé le "venant dormir". Les toilettes dans le couloir se partagent avec les locataires d'à côté. En outre, les conditions de travail dans les fabriques sont souvent incroyablement difficile : en 1872, la semaine moyenne de travail est de 72 heures, mais dans de nombreux secteurs, y compris l'industrie émergente de produits chimiques, il n'existe presque pas de protection de santé.
    Même les propriétaires de l'usine et les Politiques craignent l'insurrection - et ils y répondent. Le chancelier Bismarck à propos poursuit une double stratégie concertée. D'une part, il veut affaiblir les lois socialistes de 1878, une interdiction complète des organisations sociales-démocrates, le mouvement ouvrier ; de l'autre, il soulage les pires troubles. Avec la législation sociale, l'Europe est exemplaire: Depuis 1883, il existe une assurance maladie en Allemagne, depuis 1884, une assurance sur les accidents, suivent l'assurance d'invalidité et l'assurance pension. En parallèle, de nombreuses entreprises forment leurs propre politique sociale sur la vie.

source : http://www.planet-wissen.de/politik_geschichte/wirtschaft_und_finanzen/industrialisierung/index.jsp

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Rue de l'Acier (Stalowa ulica) à Nowa Praga

Publié le par antoiniste

Illustration : n° 50, 52 et 54 de la rue de l'Acier, à Varsovie-Praga

    La rue Stalowa est signalée entre 1865 et 1867. Ce fut l'une des principales rues de Nowa Praga.
    Son nom lui vient en 1891 de l'usine sidérurgique de Varsovie créé en 1878-1879 (c'est l'époque des grandes constructions en acier, chemins de fer et ponts, en Europe de l'Est) entre les rues Stalowa (de l'Acier), Szwedzka (des Suédois) et autour de la rue de Saint-Pétersbourg.
    Initialement, la rue était construite avec revêtement en bois et des bâtiments à étage unique, où vivaient principalement des ouvriers. Avec le temps, on a commencé à construire des maisons en briques atteignant jusqu'à 4 étages.
    Au début du XXe siècle a été effectuée le pavage des rues et des trottoirs ont été construits. De cette période sont conservés des maisons en rangée de 3 étages situé dans la rue Stalowa : nr 34, 36, 50, 52, 54 et 56. Après la Deuxième Guerre mondiale, la plupart des façades ont été décorées.
    Dans la maison avec porche au n° 40/42 se trouvent les restes du mikwe (bain rituel juif), qui, depuis le dernier incendie dans les années quatre-vingt, a été préservée dans son intégralité. Les résidents de la rue se souviennent qu'avant la guerre la vapeur s'élevait au-dessus de cette riche et élégant maison juive.
    Par contre, il ne reste rien du marché des frères Pakulski au n° 41, où les Juifs offraient alors leurs marchandises.


Usine sidérurgique de Varsovie :
    L'usine sidérurgique de Varsovie a été construit entre 1878-1879. Elle a été bâti par l'entreprise Lilpop, Rau et Loewenstein (le baron belge Leon Władysław Loewenstein de Lenval, 1836-1900) de Varsovie et la Société des Equipements miniers de Starachowice. Son ouverture eut lieu le 1 Avril 1879. Louis Antoine s'y rend cependant dès le 20 Février 1879, comme chef marteleur.
    Au début de l'usine, elle comprenait quatre branches:
    * martelage;
    * roulement des rails;
    * moulin hydraulique;
    * système Bessemer.

    Les marteaux (6 à vapeur, y compris deux de plus de 13 tonnes) et une usine de 9 fourneaux, dont 8 à gaz. Les matières premières pour la production d'acier venaient en majorité de l'étranger (comme le fer importés d'Angleterre et d'Allemagne, la Haute-Silésie et le coke de charbon du bassin de Dabrowski).
    En 1879, l'usine à employée 896 salariés (dont 330 étrangers) ; en 1880, 1037 ; en 1881, 1881, et en 1882, environ 1300 salariés.
    Sa production allait principalement à des rails, les pneus et les essieux des wagons de train (notamment à destination de la Russie). Dans les années 80 du XIXe siècle, il était le plus gros fabriquant d'acier dans le Royaume de Pologne. Il a dû produire plus d'un million de kilos de rails en acier. La société a construit alors des maisons de location pour les ouvriers et des écoles pour les enfants. C'est alors certainement que Louis et Catherine Antoine ouvrent leur pension.
    Dans les années ultérieures, l'augmentation des droits sur le fer importés de l'étranger et le coke ont diminués la rentabilité. La fonte a commencé à être importés d'usines du Ostrowiec Swietokrzyski (au sud entre Varsovie et Cracovie).
    En 1885, la société a décidé de transférer à l'acier dans le Bassin du Donets. En 1886, la société a fermée l'usine et a commencée à la démonter jusqu'à ce que la nouvelle usine aient transférées les machines, ainsi que les travailleurs et les ingénieurs qualifiés.
    En 1887, la fonderie a été reconstruite en acier coulé et des restes de la précédente installation. Les Russes commencèrent à faire de l'artillerie dans les entrepôts. Puis la plupart des bâtiments ont été démolis.
    A son emplacement, on construit l'armurerie Zbrojownia nr 2 qui fonctionna jusque dans les années 1924-1939. En 1939, la zone a été bombardé. Il ne reste de cette époque qu'une usine de conserve.
    Dans la rue des Suédois (ul. Szwedzka) au n°2/4, il reste :
    * Bâtiment de production
    * Entrepot principal (en partie)
    * Bâtiment administratif
    * Magasin
    * Sous-sol (passages souterrains)
    * Enceinte

sources : http://pl.wikipedia.org/wiki/Ulica_Stalowa_w_Warszawie
http://pl.wikipedia.org/wiki/Lilpop,_Rau_i_Loewenstein
http://www.praga.warszawa.pl/lits.html
http://adonai.pl/turystyka/?id=8

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les Cockerill et les Pastor, patrons de Louis Antoine

Publié le par antoiniste

les Cockerill et les Pastor, patrons de Louis Antoine

Illustrations issues du journal Le Temps (supplément illustré) du 23 septembre 1920
(sauf K.G.Pastor, issue de wikipedia allemand) 

 

les Cockerill et les Pastor, patrons de Louis Antoine    John Cockerill est né en Grande Bretagne, à Heslingden, en 1790. Il est venu en Wallonie à l’âge de 12 ans et a vécu au contact des ateliers de son père à Verviers et à Liège. La population de Seraing est alors de 1980 habitant. L'arrivée de John Cockerill, stimulé par Guillaume Ier des Pays-Bas qui lui a vendu le château de Seraing pour un prix symbolique, l'ancienne résidence d'été des princes-évêques pour y installer ses usines métallurgiques (il comprend l'habitation du Directeur-général, la bibliothèque, les archives, la salle réservée aux Assemblées générales des actionnaires, les différents ateliers de fabrication) va faire de Seraing la ville de l'acier. Il a fait édifier le 1er haut-fourneau au coke en 1823. A partir de 1817, on met à son actif, à Seraing, une fabrique de mécaniques à usage industriel, la fourniture de locomotives, un centre de formation et, surtout la création d’une Entreprise Sidérurgique Intégrée, la première en Europe. On le trouve administrateur ou commissaire des Hauts fourneaux de Seraing, de Châtelineau, d’Ougrée, de la Fabrique de Fer d’Ougrée, de la Banque de l’industrie du Hoyoux. Et, encore, d’entreprises textiles à Verviers, Tournai, Andenne, des Houillères de Herve, des charbonnages du Val Benoît. Il fonde des entreprises en France, Allemagne, Pologne.

    Konrad Gustav Pastor né le 2 juin 1796 à Burtschied (près d'Aix-la-Chapelle). Faisant partie de la communauté protestante de la région de Liège, il est enterré selon le rite évangélique.
    La communauté protestante de Seraing-Lize (quartier où se construira également le temple antoiniste) voit le jour en 1840. En 1852, l'église protestante, ainsi qu'une école, est construite, Amand Cacheux, envoyé par le comité de Bruxelles, en est le premier pasteur, jusqu'en 1885.

    Après une formation en Allemagne, Konrad Gustav Pastor entre en contact très tôt (1813) avec la famille Cockerill. La famille Cockerill-Pastor est particulièrement bien implantée à Aix-la-Chapelle. En 1813, Charles-James et John Cockerill épousent deux Aixoises, Caroline et Frédérique Pastor, filles du riche fabricant de Borcette. En 1825, Charles-James s’établit à Aix-la-Chapelle (au château de Behrensberg dans lequel son père meurt en 1832).
    En collaboration avec l'entreprise de ce dernier depuis 1817, il est envoyé en Angleterre en 1822 afin de connaître les détails de la fabrication de la première machine à vapeur de Gußstahl. Revenu à Seraing, il construira les hauts-fourneaux au coke et les fourneaux à puddler à charbon qui deviendra une usine de transformation du fer.
    Mais quel est le principe du haut fourneau ? Il résulte d’un long processus qui a débuté à l’âge de fer. C’est au 15e siècle qu’il prendra la forme représentée par le monument. À une température de plus de 1 537 °, on enlève l’oxygène, contenu dans le minerai de fer, en le brûlant avec du carbone (issu d’abord du charbon de bois et ensuite du coke – produit par le chauffage à 1000 ° de la poussière de charbon). Mais la fonte ainsi obtenue est trop cassante pour être travaillée. C’est pourquoi elle doit passer par l’affinage où on élimine les impuretés par oxygénation. On obtient ainsi de l’acier. Les deux premières étapes du processus se font à Seraing, mais l’aciérie est située à 20 Km en aval, à Chertal. La fonte en fusion y est transportée dans de gigantesques wagons thermos. Ces convois rougeoyant de jour comme de nuit sont bien connus des habitants de la région.

    Konrad Gustav Pastor est directeur de la métallurgie, puis en 1829, il devient, jusqu'en 1866, direles Cockerill et les Pastor, patrons de Louis Antoinecteur général des usines de Seraing.
    Avec la crise de 1839, en vue d’éviter la faillite, les hommes politiques liégeois poussent les autorités nationales à intervenir. En cas de fermeture des Etablissements Cockerill (30.000 ouvriers), la région liégeoise serait confrontée à une véritable catastrophe économique et sociale. L’idée de créer une société anonyme avancée en août 1839 est refusée par John Cockerill, qui se met en quête de débouchés et de crédits supplémentaires à l’étranger. Le 19 juin 1840, celui-ci meurt de la fièvre typhoïde à Varsovie, en laissant un passif très lourd. Embaumé, il est d’abord inhumé dans cette ville. En 1867 la dépouille est ramenée à Seraing et placée dans un caveau du cimetière de la rue de la Glacière. Ses héritiers, qui sont en même temps ses créanciers, acceptent de vendre certaines parties des avoirs. Ne trouvant aucun acheteur, les installations de Liège et de Seraing représentent l’apport majeur lors de la constitution de la S.A. pour l’Exploitation des Etablissements John Cockerill, créée le 20 mars 1842 et dirigée par l’Aixois Gustave Pastor, neveu et collaborateur de John Cockerill.
    En 1840, les usines sérésiennes comprenaient trois divisions principales : les houillères ; la fabrique de fer et les hauts fourneaux ; les ateliers de construction. Vingt-quatre and plus tard, elles constituent un exemple accompli d'un ensemble industriel intégré. Outre un vaste département administratif, elles rassemblent un important département de production regroupant six divisions spécialisées : depuis l'extraction des matières premières (houille, minerai de fer des gisements de Belgique, de Lorraine, du Grand-Duché de Luxembourg et d'Espagne) jusqu'à la construction des appareils les plus élaborés (locomotive, machines à vapeur, pièces d'artillerie. A cet ensemble, s'ajoutent le chantier naval d'Hoboken, une briqueterie et une cimenterie).
    De mai 1842 à avril 1843, les Etablissements Cockerill participent à la construction en fer du pont suspendu de Seraing, qui va demeurer en usage jusqu'en 1905. Concession privée, le passage du pont restera à péage jusqu’en 1898.
    De 1842 à 1869, il devient président du conseil d'administration des Entreprises.
    En 1849, à l'apogée de sa carrières, il construit un hôpital-orphelinat près de la gare de Seraing et du charbonnage Colard. EN 1857, à la suite d'une épidémie cholérique qui avait fait de nombreuses victimes à Seraing, l'administration de la Soéciété Cockeirll décida de fonder l'hôpital destiné à recevoir, non seulement les malades et blessés appartenant à ses propres usines, mais aussi ceux des usines avoisinantes. Cet établissement peut contenir 300 lits, le service en est confié aux Soeurs de St-Vincent-de-Paul, sous le contrôle du directeur-général de la Société.
    Dès 1863, la Société Cockerill se dote d’un convertisseur Bessemer. Dix ans plus tard, la création de l’Aciérie d’Angleur (Rossius et Pastor) rompt ce monopole et, la même année, la Société de Sclessin inaugure son convertisseur Siemens-Martin.
    En 1861, on décerne à Konrad Gustav Pastor le titre de citoyen d'honneur de la Belgique. Le 30 juin 1866, après 37 années vouées à l'extension de ces usines, auxquelles M. Pastor, âgé de 70 ans, avait consacré ses vastes connaissances, sa grande prudence et son expérience consommée.
    La population de Seraing fut derechef décimée par le choléra en 1866, de nombreux ouvriers, de nombreuses mères succombèrent à l'hôpital et y laissèrent un grand nombre d'orphelins. Ceux qui appartenaient au personel de la Société Cockerill y restèrent après que la maladie eut disparu. Le Conseil d'administration de la Société décida alors que ces enfants formeraient le noyau des pupilles d'un orphelinat, où seraient admis tous les enfants en bas-âge, d'ouvriers qui viendraient à mourir au service de la Société, ou qui, devenus veufs, seraient surchargés de jeunes enfants. La Société prit en même temps à sa charge le salaire du médecin attaché à ses usines et créa une pharmacie, qui délivre gratuitement les médicaments, non-seulement aux ouvriers, mais encore à leurs ascendants et descendants.
    En 1871, la Société fait construire des groupes de maisons ouvrières, le long de la Meuse, dans une position abondamment pourvue d'air, d'eau et de lumière, pour les ouvriers spéciaux de la fabrique de fer.
    EN 1873, la société érige de puissants élévateurs à vapeur sur la crête du mur d'eau du fleuve, permettant le débarquement rapide des minerais algériens et espagnols amenés d'Anvers par les canaux. C'est la petite portion, le reste, de beaucoup plus considérables, arrive par chemin de fer, d'Anvers et de Terneuzen, de Namur et du Luxembourg.
    De 1866 à 1887, pendant que Louis Antoine y travaille soit à Seraing, à Meiderich ou à Varsovie (en 1888, c'est M. d'Ignatius qui est agent de l'entreprise pour Saint-Pétersbourg), pour la partie mécanique, la construction des ponts, les objets de chaudronnerie indépendants des moteurs livrés, les navires et bateaux à vapeur, la Société Cockerill a exécuté dans ses divisions des forges, des ateliers de constructions mécanique, des chaudronneries et du chantier des constructions navales, une série de commandes portant le chiffre total de celles-ci, depuis la fondation des usines de Seraing, à 64.650 machines et installations diverses, plus 420 navires et bateaux de toutes formes et puissances.
    De 1866 à fin octobre 1886, les établissements de Seraing ont été dirigés par M. le baron Eugène Sadoine (1820-1904), administrateur-directeur général, qui, continuant l'oeuvre de son prédécesseur, les a amenés au degré de développement actuel. Agent de Cockerill à Saint Pétersbourg, il tisse des liens avec la Russie, fournissant des équipements de navires à vapeur construits dans les chantiers navals de Cockerill. Devenu directeur général des Ets Cockerill, il investit largement en Russie, y fonde d’importantes sociétés, chargeant les usines de Seraing de l’installation d’entreprises. En 1886, la Compagnie Cockerill fonde ses Aciéries de Varsovie et dans le midi de la Russie, la Société dniéprovienne. Puis, ce sont les charbonnages du Donetz. Sadoine fonde une agence anglo-belge en Chine.
    L'usine à fers de Seraing est alors l'une des plus considérables de la contrée. Elle produit par année 25 à 30.000 tonnes de fer et de tôles de la meilleure qualité pour les établissements Cockerill mêmes et pour sa clientèle extérieure. La population de Seraing est en 1888 de 30.000 personnes. La population des usines est d'environ 8.000 personnes, dont 360 employés.

    La catastrophe survenue le 8 décembre 1881 à la houillère Marie du charbonnage Colard dans le chantier de la couche “Déliée-veine” entre les étages 308 et 348 mètres est commémoré par la Belle Pierre, qui se trouve devant le temple Antoiniste de Serain-Lize. Le charbon Colard est destiné à l'approvisionnement des fours à coke de ce charbonnage, et à l'alimentation des aciéries et de la fabrique de fer. 69 mineurs y trouvèrent la mort. L’événement marqua fortement les esprits de la population à tel point qu’une souscription populaire permit l’érection d’un monument commémoratif. Celui-ci est un monolithe de calcaire de dimension exceptionnelle. Deux pics croisés, symbole du métier de mineur sont sculptés sur l’obélisque. Sur les quatre faces du socle de la stèle on peut lire les inscriptions qui expriment bien les sentiments de ceux qui voulurent le monument : Coup de feu grisou, 8 décembre 1881 / Travaille est le cri des heureux Travaille est bien facile à dire / Par souscription populaire Aux martyrs du travail / La Société qui a le travail pour base doit nourrir le travailleur et non pas le tuer.

    Konrad Gustav Pastor meurt à Liège le 20 janvier 1890, à 94 ans.
les Cockerill et les Pastor, patrons de Louis Antoine
    Après Eugène Sadoine, suivra Adolphe Greiner (né en 1842) à la tête de la Société, il mourra en prison le 20 novembre 1915, refusant que la Société travaille pour les Allemands. Son fils Léon Greiner (1877-1963), à son retour de déportation en novembre 1918, reprend les rênes.

    Les fils de Konrad Gustav Pastor, Georg Octave et surtout Gustav Leon Pastor (1832 - 1922), tous deux ingénieurs des hauts-fourneaux, jouèrent un rôle important dans l'histoire des débuts de l'acierie dans la région du Rhin.
    En 1871, il fonde une usine à Meiderich. En 1877, Gustav Leon Pastor est directeur des aciéries du Rhin, à Ruhrort.
    En 1905, Gustav Leon Pastor, de Jemeppe-sur-Meuse, est membre de la Liste des Adhérents au Congrès international des habitations à bon marché de 1905.

    Il existe maintenant une rue Pastor à Seraing, derrière le Quai Sadoine, perpendiculaire à la rue Cockerill, ainsi qu'une avenue Adolphe Greiner.

    En 1955, la société Cockerill fusionne avec Ougrée-Marihaye (datant de 1808). Cockerill-Ougrée devient Cockerill-Ougrée-Providence en 1966 avec l'arrivée de Espérance-Longdoz (fondé en 1836). En 1979, est fondé Cockerill et Thy-Marcinelle et Providence. EN 1980, elle devient Hainaut-Sambre, puis Cockerill-Sambre en 1981. En 1999, la société fait partie du Groupe français Usinor et en 2002 est créé le Groupe Arcelor, regroupant Aceralia, Arbed et Usinor. En 2006, elle est acquise par Mittal Steel. ArcelorMittal est créé. Aujourd'hui, les usines sidérurgiques wallonnes du secteur des Aceirs Plats au Carbone Europe sont des centres de performances rattachés au premier groupe sidérurgique mondial. ArcelorMittal confirme, début 2008, l'abandon du projet de fermeture de la ligne à chaud de Liège.

sources : www.digitalis.uni-koeln.de/Matschossm/matschossm197-201.pdf
Suzanne Pasleau, «Caractéristiques des bassins industriels dans l’Eurégio Meuse-Rhin», Fédéralisme Régionalisme, Volume 3 : 2002-2003 - Mobilité et identités dans l'Eurégio Meuse-Rhin
http://popups.ulg.ac.be/federalisme/document.php?id=298
http://www.tschoepe.de/auktion49/auktion49.htm
http://www.seraing.be/IMG/pdf/patrimoine_brochure-2.pdf
http://users.swing.be/vivwal/walletr.htm
http://www.protestantisme.be/default.asp?menu=histoire&page=communaute
http://www.epubserainghaut.be/historique.html
Industries et populations: l'enchaînement des deux croissances à Seraing au XIXe siècle (Google Books)
Actes du VIIme Congrès international des habitations à bon marché tenu à Liege, du 7 au 10 août 1905 (1906)(archive.org)
Notice sur les établissements de la Société Cockerill (1888)(archive.org)
Henri Pirenne, Histoire de Belgique, Volume 7 - De la Révolution de 1830 à la guerre de 1914 (archive.org)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Seraing
http://www.cockerill-sambre.com/fr/historique/historique.htm

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Avis d'un orthodoxe sur l'antoinisme

Publié le par antoiniste

En revanche, j'ai eu l'occasion d'un contact émouvant avec une religion typiquement belge, que je n'avais guère de chances de rencontrer ailleurs - elle n'est pas du tout présente dans mon pays - et que je connaissais à travers l'ouvrage que Régis Dericquebourg lui a consacré dans la collection Fils d'Abraham. Dans une petite localité de la province de Liège, j'ai en effet eu le temps de discuter avec un desservant antoiniste émouvant de sincérité et, comme je pouvais m'y attendre, issu du milieu ouvrier de la région. L'antoinisme, religion des ouvriers de la métallurgie et destiné à disparaître avec eux ? Bien sûr, tout ceci me saignait le coeur en pensant à ce monde dont je suis quand même aussi issu et que l'on s'emploie maintenant à faire disparaître dans une Europe occidentale livrée à tous les vents et destinée par ses maîtres à finir en vaste zone de "services " et en ventre mou désindustrialisé. J'ai été particulièrement intéressé lorsque le desservant antoiniste m'a expliqué qu'un des principes de leur culte était de refuser toute subvention de l'Etat et qu'il était d'autant plus convaincu de la justesse de ce précepte qu'il voyait les lieux de culte des religions subventionnées (il disait "subsidiées") fonctionner comme salles de concert.
[...]
Comme, au contraire, le raisonnement du desservant antoiniste me rappelait celui d'un canoniste grec qui me disait un jour, peut-être avec un peu d'exagération, "pour un chrétien, l'Etat, c'est l'ennemi"...

Message par Claude le Liseur » Lun 10 Mars 2008 13:00
source : http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?p=15152&highlight=&sid=10ff8eb81af13f273e2e1bddf0a181d5

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La métallurgie chez les Beta Israel (ou Falashas)

Publié le par antoiniste

    Traditionnellement, les Beta Israel ont été associés à des activités artisanales comme la métallurgie, la poterie et le tissage, qui procuraient aux ménages d'agriculteurs une source de revenus complémentaire. Parmi ces activités, la métallurgie et la poterie méritent une attention particulière, à cause de leur statut social bas, de leur distributions ethniques et des propriétés surnaturelles dont elles sont créditées. L'association des Beta Israel et de la métallurgie semble plonger ses racines dans les bouleversements économiques qui affectèrent les Beta Israel au quinzième siècle. Presque tous les observateurs modernes ont fait des observations sur l'exercice de ce métier situé au bas de  l'échelle sociale. Travaillant en équipes, avec des soufflets en peau de chèvre, les forgerons Beta Israel fabriquaient faucilles, socs, haches, couteaux, houes et une gamme étendue d'autres produits. Quand les armes à feu n'étaient pas encore disponibles en grandes quantités, ils jouaient un rôle crucial dans l'équipement de l'armée en fers de lance, épées, poignards, etc. Bien souvent, ils étaient même obligés de suivre l'armée en campagne. A une date plus récente, ils se mirent également à fabriquer des cartouches et à réparer des fusils. En Éthiopie, comme en beaucoup d'autres régions d'Afrique, l'habileté du forgeron à transformer le métal brut en produit fini lui conférait un grand poids économique mais le rendait socialement et religieusement suspect. Les forgerons passaient pour détenir des connaissances particulières et secrètes sur le monde surnaturel et ses forces. En Éthiopie, les forgerons et, par extension, les Beta Israel étaient tenus pour buda (ayant le mauvais oeil) et étaient accusés de s'attaquer à leurs voisins grâce au mauvais oeil ou en se transformant en hyènes. Pour désigner les pouvoirs surnaturels et potentiellement dangereux du forgeron Beta Israel, on employait fréquemment le terme tabib, qui signifie 'sage', 'artisan', 'habile' mais aussi 'magicien'.

Steven Kaplan, Les Falashas, p.165
Editions Brépols, Paris, 1990

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Hans Seeling - Wallonische Industrie-Pioniere in Deutschland

Publié le par antoiniste

Hans Seeling : Wallonische Industrie-Pioniere in Deutschland. Historische Reflektionen. Mit 140 Abbildungen

Klappentext:
Durch ihre Vergangenheit prädestiniert und eine Reihe von Umständen begünstigt, schwangen sich die Wallonie und Lüttich während der ersten Hälfte des 19. Jahrhunderts nicht nur im Bergbau und im Eisenhüttenwesen zum Vorbild und Lehrmeister des Kontinents auf, wurden mit einem Transfer von Technologie wallonische Unternehmer, Ingenieure und Facharbeiter über Deutschland hin bis zum Ural als Promoter und «Männer der ersten Stunde» tätig.
Auf dem Wege Deutschlands zu einem Industrieland ersten Ranges breitete sich über ihre Erfindungen, Werke und Taten mit der Zeit ein Schleier des Vergessens.
In der Literatur finden sie sich meist nur en passant erwähnt, obschon eine ganze Phalanx technisch gebildeter Spezialisten und Gründer aus der Wallonie nicht nur während der Anfangsjahre bei Giganten wie Pygmäen der Industrie in Deutschland Pate stand.
Der historische Rückblick reiht Name an Namen, die als Schöpfer jener Epoche noch heute beiderseits der Sprachengrenze lebendig dazu verlocken, auf Entdeckungen durch Zeiten und säkulare Wandlungen zu gehen.

Aus dem Inhalt:
Belgiens Weg zum Industriestaat - Energie aus Feuer und Wasser: Dampfkessel und Dampfmaschine - Dampf revolutioniert Transporte zu Wasser und zu Lande - Den Bahnlinien folgen Eisenhütten, Schienenfabriken und Walzwerke - Bergbau auf Kohle, Zinkerz, Salz und Glassande

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Pierre Kroll - Chômage...

Publié le par antoiniste

source : LucPire.com

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