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La Meuse, 25 avril 1907, matin (source : Belgicapress)

Publié le par antoiniste

Felix Dengis (La Meuse, 25 avril 1907, matin)(Belgicapress)COUR D'ASSISES

LE DRAME DE CHOKIER

Un mari qui jette sa femme dans la Meuse

    Ce matin commencent devant la Cour d'assises les débats de l'affaire Dengis Félix, âgé de 35 ans, houilleur, accusé d'assassinat sur la personne de son épouse Ferdinande Humblet.
    Cette fois, ce n'est pas le revolver qui a été appelé à jouer son terrible rôle dans ce drame. Dengis a précipité sa femme dans les flots de la Meuse. La scène tragique s'est déroulée entre Jemeppe et Chokier, dans l'obscurité de la nuit.
    Les époux, bien qu'originaires de La Mallieue et des environs, habitèrent Marcinelle jusqu'au 17 novembre 1906. Ce jour-là, ils arrivèrent, accompagnés de leurs quatre enfants, à Chokier, chez Emile Dengis, frère de l'accusé. Leur séjour, disaient-ils, devait être de très courte durée. Ils allaient s'installer à Maestricht.
    Le 20 novembre, vers 2 h. 1/2 de l'après-midi, Félix Dengis et sa femme quittèrent la maison de leur frère pour se rendre à Jemeppe faire des provisions. Le mari rentra seul vers une heure du matin. Sa belle-sœur lui ayant demandé ou était sa femme, il répondit qu'elle était partie et alla se coucher.
    Le lendemain matin, il partit en disant qu'il retournait à Marcinelle. Il emmena deux de ses enfants, qu'il conduisit chez une autre parente.
    Le 13 décembre, un cadavre de femme était découvert dans la Meuse au quai des Carmes, à Jemeppe. Ce cadavre fut reconnu pour être celui de l'épouse de Félix Dengis.
    L'autopsie, ordonnée par le parquet, fut pratiquée le 14 décembre, à la morgue de Jemeppe, située dans le cimetière. La nuit suivante, on s'introduisit, à l'aide d'effraction, dans ce bâtiment, on ouvrit le cercueil et on découvrit le cadavre de l'épouse Dengis.
    Le lendemain, 15 décembre, dans la matinée, Félix Dengis se constituait prisonnier à la gendarmerie de Tilleur. Il avouait que c'était lui qui avait précipité sa femme dans la Meuse, la nuit du 20 au 21 novembre, en revenant de Jemeppe. C'était au cours d'une dispute que la colère l'avait emporté.
    Cette dispute avait pour cause la jalousie du mari, qui accusait sa femme de se méconduire. La mésintelligence avait surgi depuis assez longtemps déjà à ce propos dans le ménage. Il soutient que le 20 novembre il avait découvert une lettre que sa femme adressait à un amoureux, lettre dans laquelle elle annonçait son retour.
    Dengis ajouta qu'il avait fait écrire par sa femme une autre lettre pour donner rendez-vous à cet amoureux. A ce rendez-vous, ce serait lui, Dengis, qui voulait s'y rendre.
    L'accusé avoua également que c'était lui qui s'était introduit à la morgue de Jemeppe pour revoir le corps de sa victime.
    Dengis sera défendu par Mes Pety de Thozée et Follet.
    Au banc de l'accusation se trouvera M. Bodeur, substitut du procureur général, qui siégera pour la première fois à la Cour d'assises.
    Les débats dureront jusqu'à samedi soir. La question de la responsabilité de Dengis au point de vue mental sera longuement examinée. L'accusé aurait déjà antérieurement donné des preuves de faiblesse intellectuelle. Une septantaine de témoins sont cités.

La Meuse, 25 avril 1907, matin (source : Belgicapress)

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