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Julien Flegenheimer, l'architecte du 1er temple de Paris

Publié le par antoiniste

Julien Flegenheimer né en 1880 à Genève et mort en 1938 à Genève, est un architecte Suisse

D'origine genevoise, de formation intellectuelle française et d'origines israélites (cousin de l'auteur Edmond Fleg), Julien Flegenheimer développa son activité aussi bien en Suisse qu’à Paris et en Provence. Si à Genève il a donné ses œuvres les plus considérables, celles qui ont définitivement établi sa réputation, par leur beauté et leur nombre, se trouvent toutefois en France. Dès avant la première guerre mondiale, il construisit des immeubles, des églises, des hôtels particuliers, des salles publiques et des grands magasins, tant à Paris qu’en province.

Du comité des cinq architectes (1928) du bâtiment de la SDN le rapport historique ne retient que cet épitaphe : Julien Flegenheimer (Genève 1880-1938) : Chevalier de la Légion d’honneur, lauréat de l'Ecole des beaux-arts de Genève, médaillé du Salon des artistes français, architecte de la gare Cornavin entre 1927 et 1932.

Il est l'initiateur de l'architecture dite "moderne".

source : http://realesthete.blog.24heures.ch/archive/2008/09/03/l-inconnu-de-cornavin.html

cf. http://julien.flegenheimer.site.voila.fr/

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Consécration par Mère racontée par Régis Dericquebourg

Publié le par antoiniste

    Un opuscule imprimé à l'occasion de la consécration du temple parisien de la rue Vergniaud qui eu lieu le 23 octobre 1913 relate comment la compagne de Louis Antoine avait procédé. Arrivée à Paris, la veille, la Mère avait dormi dans le futur cabinet de consultation avec un de ses filles adoptives, elle s'y était recueillie avant l'opération générale de dix heures. L'assistance était si nombreuse qu'il fallut répéter quatre fois l'office. A onze heures, la consécration était terminée. Il est relaté qu'en cette occasion, une adepte paralysée depuis neuf ans, venue de Vichy pour assister à la cérémonie, a retrouvé l'usage de ses membres. L'auteur, anonyme, insiste beaucoup sur le 'fluide éthéré' transmis par la Mère. La guérison obtenue ce jour-là en témoigne. C'est par la victoire telle qu'on en voit à Lourdes sur une maladie particulièrement dramatique que le temple commençait sa carrière. En la mentionnant, le rédacteur indique la visée du nouveau lieu de culte : d'abord soulager ceux qui souffrent en même temps qu'il articule la pratique inaugurée ce jour-là au charisme du fondateur.

Régis Dericquebourg, Les Antoinistes
Editions Brepols, p.102-103

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Le Culte Antoiniste (La Liberté, 27 octobre 1913)

Publié le par antoiniste

Le Culte Antoiniste (La Liberté, 27 octobre 1913)    Le culte Antoiniste.

Le "Père" Antoine était un "guérisseur" dans le genre du zouave Jacob. Il opérait des cures prodigieuses. Il mourut l'an dernier à Jemmapes-lez-Liége, en Belgique.
    De ses cendres est née une religion. Le culte "Antoiniste" a ses desservants et ses adeptes, de plus en plus nombreux. La "Mère", veuve du "Père" Antoine, a hérité des vertus curatives de son mari et continue son commerce, secondée par un homme chevelu et barbu qui s'est fait une tête de prophète. C'est le père. Il est chargé d'évangéliser les masses, car la "Mère" se contente de faire des gestes.
    Les Antoinistes ont construit à Paris, à l'angle des rues Vergniaud et Wurtz, quartier de la Maison-Blanche, un petit temple. Les vitraux y sont remplacés par des carreaux blancs. Il n'y a ni croix, ni statues, ni tableaux, ni symboles religieux d'aucune sorte. À l'extérieur comme à l'intérieur, les murs sont nus, On y lit des inscriptions comme celles-ci. Sur la façade : "1913. Culte Antoiniste". Dans le temple, à l'entrée, et mise là comme une enseigne, cette autre : "Le père Antoine, le grand guérisseur de l'humanité, pour celui qui a la foi". Dans le fond, cette pensée philosophique : "Un seul remède peut guérir l'humanité : la foi. C'est de la foi que naît l'amour. L'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. Ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu, car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir ; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité". Il n'y a point d'autels dans ce temple. Au fond, s'élève une chaire en bois très simple. Cloué au panneau de face, un cadre renferme sous vitrine, peint en blanc, un petit arbre semblable à un arbre japonais. Une inscription en lettres blanches avertit que c'est "l'arbre de la science de la vie et du mal", unique symbole du culte antoiniste. Cet arbre reparaît, découpé sur une plaque d'acier ajustée à une hampe que tient à deux mains un desservant, faisant office de bedeau. Les desservants ont un uniforme complètement noir : longue redingote austèrement boutonnée jusqu'au menton, chapeau demi haute-forme à bords plats : il a à peu près la forme de ce petit chapeau illustré par M. Alexandre Duval, avec le chic en moins.
    Ce matin, il y avait un grand nombre de curieux pour l'inauguration du temple, d'autant plus que la "Mère" devait opérer des guérisons. Une vieille femme, soutenue par deux de ses amies, se dirige vers la place destinée aux malades au pied de la chaire. Chaque pas qu'elle fait lui coûte un effort et lui arrache une plainte. Ses yeux brillent d'un éclat fiévreux. Elle marche le corps plié. On l'installe sur une chaise.
    Un desservant donne trois coups de sonnette espacés comme à la messe à l'élévation. Une porte s'ouvre et la "Mère" paraît, vieille dame toute vêtue de noir, propre et décente. À son chapeau est épinglé le voile des veuves. Elle monte, les mains jointes, l'escalier qui conduit à la chaire. Là, elle se raidit dans une pose extatique. Puis, lentement, ses bras se lèvent et s'écartent, tandis que ses lèvres murmurent des mots incompréhensibles. Elle joint les mains, les porte à droite puis à gauche ; enfin elle se prosterne. C'est fini. Reprenant sa figure normale, la Mère descend l'escalier de la chaire et sort. Suivie du père qui, pendant cette consultation mystique, s'était immobilisé auprès de la chaire dans une attitude inspirée, elle va s'enfermer dans une baraque en planches placée derrière le temple et pareille à ces baraques où les terrassiers de la Ville rangent leurs outils. La malade s'est levée dans un effort de toute sa volonté. Mais cette ardeur s'est éteinte aussitôt et elle part comme elle est venue, soutenue par ses compagnes. Une jeune femme prend sa place. Elle tient dans ses bras une fillette de 4 à 5 ans, d'une maigreur douloureuse. Toute la vie semble s'être réfugiée dans les yeux. Ses bras et ses jambes pendent inertes. Le corps, plié sur le bras gauche de la mère, a la souplesse d'une étoffe. Indifférente à ce qui se passe autour d'elle, elle tient ses regards fixés vers le cintre. Le trouble de la jeune femme apparaît à la pâleur cireuse du visage. À tout moment, elle essuie avec son mouchoir la sueur froide qui perle à son front. La même cérémonie se reproduit : coups de sonnette du desservant, apparition de la vieille dame, même jeu de scène sans la moindre modification. Il s'applique à tous les cas. La mère remporte son enfant qui a gardé son aspect de loque vivante. Dans l'assistance, pas la moindre manifestation. On regarde tout cela avec stupeur. L'impression d'angoisse qu'on éprouve de ce spectacle arrête l'ironie. Dehors, des groupes se forment. J'écoute un gros homme dont l'haleine fleure le rhum dire à un desservant : "Pourquoi qu'on n'irait pas, si on a la foi ?". Passant son bras sous le sien il ajoute : "Allons prendre un verre, ça nous remettra".

 La Liberté, 27 octobre 1913

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Le TEMPLE ANTOINISTE DE PARIS (Rue VERGNIAUD)

Publié le par antoiniste

Le Culte Antoiniste compte trois Temples à PARIS: le plus ancien, Rue VERGNIAUD, 34 dans le 13° Arr.- les deux autres: Impasse ROUX, 10 dans le 17° et Rue PRE-ST-GERVAIS, 49 dans le 10°.

Le Siège social du Culte Antoiniste, pour la FRANCE se trouve au Temple de la Rue du PRE-ST-GERVAIS.

Le Centre Moral est logé au Temple Antoiniste de la Rue VERGNIAUD.

Ce Temple date de 1913. Il fut consacré par la Mère ANTOINE, le 26 octobre 1913.

Cette consécration eut lieu avec la participation d'un grand nombre d'adeptes belges. Un train spécial fut affrété au départ de LIEGE, le 25 octobre. Il s'est arrêté à JEMEPPE-sur-MEUSE pour recevoir Mère. A ce moment, le nombre de participants s'élevait à environ 400 !

A CHARLEROI, vinrent se joindre des groupes en provenance de SOUVRET, FORCHIESZ, ROUX, JUMET.

Le nombre était ainsi tellement imposant qu'il provoqua certains embarras pour prendre le métro à la Gatre du Nord de PARIS. Vu qu'un grand nombre d'adeptes français s'étaient déplacés pour attendre les adeptes belges.

Le groupe entier se reforma à la station de métro "CORVISART". De là, un immense cortège d'antoinistes revêtus de l'habit du Culte se rendit à la Rue VERGNIAUD.

Le Temple Antoiniste de la Rue  VERGNIAUD est placé à l'angle de deux rues. Il est construit en ciment armé conçu "à l'épreuve des siècles", selon ce qu'en dirent les participants. Son architecture est de type néo-roman. La grande porte d'entrée est faite d'un arc en plein cintre, doublé d'arcs en retrait et moulurés. Trois baies la surmontent. Elles s'élèvent parallèlement, étroites, allongées et cintrées. Sur les deux côtés de la façade, trois baies plus petites sont disposées dans un ordre différent, l'une étagée au-dessus des deux autres. La façade supérieure  porte, en grandes lettres:
CULTE ANTOINISTE
1913

Un large perron de deux marches donne accès au porche.

L'intérieur ressemble à tous les autres Temples Antoinistes, sauf, comme à JEMEPPE, la présence d'une galerie supportée par huit colonnes à base et chapiteaux romans.

La consécration eut lieu le lendemain devant une foule encore plus considérable puisque des adeptes en provenance de BRUXELLES, du NORD, de l'AISNE, de TOURS, de VICHY, de GRENOBLE et de MONACO avaient fait le déplacement. Il y avait aussi quelques adeptes venus du CANADA.

Mère dut répéter l'OPERATION quatre fois, 600 personnes avaient pu prendre place deans le Temple, au rez-de-chaussée et dans les galeries supérieures à chaque OPERATION.

Les participants, après avoir assisté aux OPERATIONS se rassemblèrent devant le TEMPLE. Après les OPERATIONS GENERALES, on vint faire la lecture des "DIX PRINCIPES" en dehors du Temple. Il était plus de 11H00 lorsque la consécration fut terminée.

P.B.

source : http://antoinisme.20six.fr/

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André Thérive - Sans âme - extrait

Publié le par antoiniste

André THERIVE: un temple Antoiniste dans le roman "SANS ÂME" (1927)

Remarque: Il ne  m'a pas été possible de localiser le Temple selon les implantations actuelles. Peut-être s'agit-il d'un Temple dont l'existence a été éphémère ou un Temple imaginaire à l'image des autres Temples. Il faut aussi signaler que, dans ce passage, le desservant fait sa lecture en "picorant" des passages éparpillés dans l'ENSEIGNEMENT. Ce qui n'est pas dans les règles qui leur sont imposées.


" A une fourche de rues presque sans maisons, une grille, un jardinet triangulaire, un perron de ciment, une façade en carreaux de plâtre, qui entrebâillait une  porte ronde, chargée d'écriteaux. Le petit temple érigeait au-dessus de son fronton à longues meurtrières, et un clocher svelte, un pignon grossier sans croix ni girouette.

    Personne dans la rue, ni le long des chantiers qui s'allongeaient çà et là, ni aux portes d'un gros pâté d'immeubles qui limitait la place déserte, sur le versant de la Maison-Blanche. Personne dans le vestibule. Une porte cria, les pas sonnèrent; et Julien vit la chapelle. Il s'assit sur un banc de bois... Dix fidèles en tout s'égrenaient des deux côtés d'une allée où un poêle torride lançait son tuyau vers la voûte; une seule lampe jaune abattait derrière les colonnes de fonte des ombres qui rampaient sur les murs, étayaient une galerie nue,recouvraient parfois une femme affalée dans un coin et dont le recueillement simulait le sommeil.

   Au fond, dans une chaire d'instituteur, un homme lisait quelque chose, d'une voix lente et rauque d'écolier appliqué. Sa diction était si monotone qu'elle semblait respecter le silence: un bois craquait soudain, un fidèle reniflait, puis tout tremblait sous le grondement d'un tram qui emplissait la rue entière.

........

   Derrière (le récitant) le gaz éclairait une plaque en verre dépoli, ornement d'une tribune plus haute. Il y avait un arbre en pot peinturluré sur le verre. Et, plus haut encore, la paroi offrait comme un immense tableau noir, où un texte redisait: Culte Antoiniste. L'Auréole de la Conscience. Un seul remède peut guérir l'humanité: la FOI. C'est de la FOI que naît l'l'amour....L'Enseignement du Père Antoine, c'est l'Enseignement du  Christ révélé à cette époque par la Foi...

   L'arbre peint s'ornait d'une banderole: Arbre de la Science de la vue du mal. "

source : http://antoinisme.20six.fr/

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Le Culte Antoiniste (La Liberté, Journal politique, religieux, social - Fribourg, Suisse, 27 octobre 1913)

Publié le par antoiniste

    Le "Père" Antoine était un "guérisseur" dans le genre du zouave Jacob. Il opérait des cures prodigieuses. Il mourut l'an dernier à Jemmapes-lez-Liége, en Belgique.
    De ses cendres est née une religion. Le culte "Antoiniste" a ses desservants et ses adeptes, de plus en plus nombreux. La "Mère", veuve du "Père" Antoine, a hérité des vertus curatives de son mari et continue son commerce, secondée par un homme chevelu et barbu qui s'est fait une tête de prophète. C'est le père. Il est chargé d'évangéliser les masses, car la "Mère" se contente de faire des gestes.
    Les Antoinistes ont construit à Paris, à l'angle des rues Vergniaud et Wurtz, quartier de la Maison-Blanche, un petit temple. Les vitraux y sont remplacés par des carreaux blancs. Il n'y a ni croix, ni statues, ni tableaux, ni symboles religieux d'aucune sorte. À l'extérieur comme à l'intérieur, les murs sont nus, On y lit des inscriptions comme celles-ci. Sur la façade : "1919. Culte Antoiniste". Dans le temple, à l'entrée, et mise là comme une enseigne, cette autre : "Le père Antoine, le grand guérisseur de l'humanité, pour celui qui a la foi". Dans le fond, cette pensée philosophique : "Un seul remède peut guérir l'humanité : la foi. C'est de la foi que naît l'amour. L'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. Ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu, car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir ; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité". Il n'y a point d'autels dans ce temple. Au fond, s'élève une chaire en bois très simple. Cloué au panneau de face, un cadre renferme sous vitrine, peint en blanc, un petit arbre semblable à un arbre japonais. Une inscription en lettres blanches avertit que c'est "l'arbre de la science de la vie et du mal", unique symbole du culte antoiniste. Cet arbre reparaît, découpé sur une plaque d'acier ajustée à une hampe que tient à deux mains un desservant, faisant office de bedeau. Les desservants ont un uniforme complètement noir : longue redingote austèrement boutonnée jusqu'au menton, chapeau demi haute-forme à bords plats : il a à peu près la forme de ce petit chapeau illustré par M. Alexandre Duval, avec le chic en moins.
    Ce matin, il y avait un grand nombre de curieux pour l'inauguration du temple, d'autant plus que la "Mère" devait opérer des guérisons. Une vieille femme, soutenue par deux de ses amies, se dirige vers la place destinée aux malades au pied de la chaire. Chaque pas qu'elle fait lui coûte un effort et lui arrache une plainte. Ses yeux brillent d'un éclat fiévreux. Elle marche le corps plié. On l'installe sur une chaise. Un desservant donne trois coups de sonnette espacés comme à la messe à l'élévation. Une porte s'ouvre et la "Mère" paraît, vieille dame toute vêtue de noir, propre et décente. À son chapeau est épinglé le voile des veuves. Elle monte, les mains jointes, l'escalier qui conduit à la chaire. Là, elle se raidit dans une pose extatique. Puis, lentement, ses bras se lèvent et s'écartent, tandis que ses lèvres murmurent des mots incompréhensibles. Elle joint les mains, les porte à droite puis à gauche ; enfin elle se prosterne. C'est fini. Reprenant sa figure normale, la Mère descend l'escalier de la chaire et sort. Suivie du père qui, pendant cette consultation mystique, s'était immobilisé auprès de la chaire dans une attitude inspirée, elle va s'enfermer dans une baraque en planches placée derrière le temple et pareille à ces baraques où les terrassiers de la Ville rangent leurs outils. La malade s'est levée dans un effort de toute sa volonté. Mais cette ardeur s'est éteinte aussitôt et elle part comme elle est venue, soutenue par ses compagnes. Une jeune femme prend sa place. Elle tient dans ses bras une fillette de 4 à 5 ans, d'une maigreur douloureuse. Toute la vie semble s'être réfugiée dans les yeux. Ses bras et ses jambes pendent inertes. Le corps, plié sur le bras gauche de la mère, a la souplesse d'une étoffe. Indifférente à ce qui se passe autour d'elle, elle tient ses regards fixés vers le cintre. Le trouble de la jeune femme apparaît à la pâleur cireuse du visage. À tout moment, elle essuie avec son mouchoir la sueur froide qui perle à son front. La même cérémonie se reproduit : coups de sonnette du desservant, apparition de la vieille dame, même jeu de scène sans la moindre modification. Il s'applique à tous les cas. La mère remporte son enfant qui a gardé son aspect de loque vivante. Dans l'assistance, pas la moindre manifestation. On regarde tout cela avec stupeur. L'impression d'angoisse qu'on éprouve de ce spectacle arrête l'ironie. Dehors, des groupes se forment. J'écoute un gros homme dont l'haleine fleure le rhum dire à un desservant : "Pourquoi qu'on n'irait pas, si on a la foi ?". Passant son bras sous le sien il ajoute : "Allons prendre un verre, ça nous remettra".

Texte issu d'une note du livre de Vilfredo Pareto, Traité de sociologie générale, Volume II, 1917, Lausanne, Paris, Payot & cie, p.1025 (note 1). Cependant je n'ai retrouvé aucun journal avec cet article (les archives du journal La Liberté ne permettent pas de le retrouver à cette date)

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