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Le Malaise social de la médecine (Revue spirite, Nov-Déc 1955)

Publié le par antoiniste

 Le Malaise social de la médecine (Revue spirite, Nov-Déc 1955)    LE MALAISE SOCIAL DE LA MEDECINE. – Ce fut le but du Ve Congrès de Sociologie médicale, qui tint ses assises à Paris, du 14 au 16 octobre écoulé, que d'aborder, une fois de plus, cette grave question et de prendre des résolutions qui doivent trouver leur pleine valeur dans l'action.
    Si le docteur Claoué fut l'âme de cette manifestation, il fut entouré de notre autre ami le docteur Fouqué, de Lyon, et de nombreuses personnalités et militants convaincus de la valeur de leur cause. Paul Reboux, président d'honneur du Congrès, ne fut pas le moins agissant. Rappelant qu'en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Argentine et dans certains cantors de Suisse notamment, la médecine empirique collabore avec la médecine classique pour le plus grand bien du malade, le célèbre écrivain – dont nous nous plaisons, une fois de plus, ici, à louer l'infatigable activité – a posé cette question :
    « Pourquoi n'en est-il pas de même chez nous ? »
   
Et Paul Reboux a continué, ainsi que le rapporte notre grand confrère parisien La Presse (n° 520) :
    « Il y a, présentement, une crise de la médecine. Elle est évidente. La médecine avait inspiré une confiance presque religieuse. Maintenant, le publie perd sa foi scientifique.
    « Au Congrès qui s'achève, des voix françaises et étrangères se sont élevées pour exhorter confraternellement tous les médecins du monde à faire de la médecine ce qu'elle était quand elle était partout honorée. Qu'il me soit permis de lui transmettre les remerciements des malades.
    « Quand la médecine aura subi cette transformation que vous voulez lui faire subir, elle inspirera de nouveau une confiance illimitée et remplira sa mission traditionnelle. Elle redeviendra un art où se concilieront la connaissance des choses de la nature et les dons précieux de ceux qui savent influencer, en même temps que la chair, les âmes. »
    Auparavant, le Congrès avait déploré – comme nous le déplorons nous-même – les attaques dont sont l'objet à leur tour les antoinistes, accusés à tort de détourner leurs adeptes des soins de la médecine classique !
    A leur propos, La Presse souligne avec raison que les antoinistes n'ont d'autre but, face à une société qui tend à fonder le bonheur des êtres sur des bases matérialistes, que de montrer l'être comme une âme, mais une âme incarnée.
    Et, plus loin, nous retenons ces judicieuses affirmations de nos frères en conviction :
    « Les guérisons par la Foi, disent-ils, s'obtiennent par la prière et le redressement moral des êtres ; elles existent en tous lieux et de tout temps. A Lourdes, à Lisieux, on guérit les malades par la Foi. On n'y détourne pas les malades des médecins. On obtient par la Foi. Ne perdons pas de vue que c'est Dieu qui est le grand docteur. Il ne condamne pas. Il peut nous rendre la santé par la prière d'une personne qui a foi en lui. Il arrive que la science dise « Non » et que la foi dise « Oui ». Lourdes ou Lisieux ne vont pas sur le terrain de la science. »
   
C'est un des torts de la médecine de limiter l'être humain à son corps ; ce faisant, elle limite ses moyens ; le corps n'est que le vêtement de l'âme. L'âme est le moteur du corps. S'élevant contre les injustes accusations portées contre les Antoinistes, La Presse en souligne le ridicule et ajoute :
    « Aussi ridicules que celles portées contre les magnétiseurs – nous parlons, bien entendu, des magnétiseurs sérieux – sous prétexte que les dons qu'ils déploient ne sont pas – du moins pas encore scientifiquement explicables.
    « Aussi ridicules que celles portées contre des chercheurs, des savants qui ont enfin compris cette notion de terrain, enseignée déjà par Claude Bernard et qui s'attachent non point à soigner les effets de la maladie – la fameuse tumeur du cancer, par exemple – mais bien à rechercher et à traiter les causes de la maladie, rejoignant dans ce domaine, ce que d'instinct font les magnétiseurs et, par la Foi, les guérisseurs mystiques. »
    Enfin, voici – toujours d'après notre confrère La Presse, courageusement agissante dans le combat entrepris contre l'injustice du conformisme médical – quelques-unes des résolutions prises au terme de ce Ve Congrès de Sociologie médicale :
    « Le Congrès, considérant que certains traitements de la tuberculose et du cancer donnent des résultats heureux, soulagent, guérissent, s'élève énergiquement contre les persécutions dont ces traitements sont les victimes et réclame la liberté de leur emploi.
    « Il demande que le médecin choisi par le malade soit autorisé à contrôler l'action et le résultat de toute thérapeutique officielle ou non.
    « Il se promet d'obtenir la suppression des décrets qui ont institué l'Ordre des médecins, organisation dictatoriale profondément contraire à l'esprit français et le retour à la situation de 1939.
    « D'obtenir aussi que, dans les hôpitaux, sauf cas d'urgence, chacun puisse recevoir les soins du médecin de son choix et non de médecins imposés.
    « Demande qu'on revienne au régime légal laissant aux seuls praticiens le pouvoir de Vacciner ou non. »
    Puissent ces vœux – auxquels nous nous associons pleinement – être entendus et retenus par le législateur. Ce sera un grand bien fait pour ceux qui souffrent. – (R. S.)

Revue spirite, Novembre-Décembre 1955

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Christian Bouchet - Le Spiritisme (Comment parler avec les morts)(2016)

Publié le par antoiniste

 Christian Bouchet - Le Spiritisme (Comment parler avec les morts)(2016)

Auteur : Christian Bouchet
Titre : LE SPIRITISME Comment parler avec les morts
Éditions Camion Noir, avril 2016

    Le spiritisme est l’art de communiquer avec les esprits des personnes défuntes grâce à des techniques précises et éprouvées. Si la pratique est ancienne - on trouve les premiers témoignages d’évocation des âmes des morts dans La Bible - ce n’est qu’en 1847 que le spiritisme, comme nous le connaissons, apparut aux États-Unis. Mouvement informel et confus à ses débuts, il trouva son théoricien et codificateur dans la personne d’un Français, Allan Kardec. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le spiritisme fut un phénomène de grande amplitude dont l’influence fut importante dans les milieux scientifiques, politiques et culturels. Si l’intérêt pour cette doctrine a été en décroissant par la suite, le spiritisme connaît cependant, depuis le dernier quart du XXe siècle, une embellie grâce au mouvement du Nouvel Âge qui lui a donné une nouvelle dénomination : le channeling. Dans cet ouvrage sur le spiritisme, l’auteur - qui a publié chez le même éditeur une biographie d’Allan Kardec - retrace l’histoire de ce courant, de ses différentes variantes et de leurs évolutions, sans oublier d’étudier sa théorie et sa pratique. Ouvrage neutre dans ses descriptions et ses analyses, Le spiritisme, comment parler avec les morts, rédigé par un spécialiste de l’étude des mouvements spirituels minoritaires, passionnera aussi bien les spirites et leurs amis, que les incrédules et les chercheurs.

    Évoque l'Antoinisme parmi la création de nouveaux mouvements religieux de la Partie III - Le post-spiritisme.

 

C - La création de nouveaux mouvements religieux

L'antoinisme, le caodaïsme et l'umbandisme, sont trois nouveaux mouvements religieux qui n'ont en apparence pas le moindre point commun. L'un est une « religion de guérison » née parmi les mineurs de Belgique, l'autre une secte vietnamienne qui participa activement au mouvement de libération nationale dans son pays et le troisième est un culte africain principalement pratiqué au Brésil.
Or, si nous en traitons ci-dessous, c'est qu'ils sont tous les trois redevables à la pensée d'Allan Kardec et au spiritisme kardeciste sans qui ils n'auraient pas vu le jour 1.

1 - L'antoinisme

L'antoinisme porte le nom de son fondateur Louis Antoine (1846-1910). Fils d'une famille de mineurs catholiques, Louis Antoine est sérieux, intelligent et ambitieux. Il travaillera très tôt comme mineur de fond, puis comme ouvrier très spécialisé aux chaudronneries Cockerill pour lesquelles il effectuera de nombreuses missions à l'étranger. Jamais durant sa vie professionnelle, il n'abandonnera la pratique du catholicisme et quand, à quarante-deux ans 2, il prit sa retraite, il aurait pu passer le reste de son âge dans la peau d'un petit-bourgeois aisé, bien intégré dans sa paroisse de Jemeppe. Sans doute du fait de l'inaction subite, Louis Antoine connut une crise existentielle : il remit sa foi en question, il se morfondit, il se désespéra de la monotonie de la vie, il somatisa... Cela jusqu'à ce qu'un de ses amis lui fasse lire Le Livre des Esprits. Immédiatement séduit, Antoine se rendit aux réunions d'un cercle spirite où il se découvrit rapidement des dons de médium. Quelques temps après, sur le conseil des Esprits eux-mêmes, il créa avec quelques amis un groupe spirite qui prit pour nom Les Vignerons du seigneur et adopta comme devise : « Nous sommes les ouvriers de la dernière heure ».
Il se plaçait ainsi dans le courant religieux du spiritisme qui estime qu'Allan Kardec et ses successeurs sont venus en ce monde pour achever l'œuvre de la Révélation commencée par Jésus-Christ.
Le décès, soudain et inexpliqué, de son fils entraîna Louis Antoine à formaliser de manière ostensible sa rupture avec le catholicisme en organisant des funérailles spirites et à réfléchir sur le sens de la maladie. Il interrogea un Esprit thérapeute « le docteur Carita » qui lui donna de l'au-delà des conseils, puis il étudia le magnétisme et imposa les mains ; ce faisant il était sujet à des visions durant lesquelles il « voyait » les organes lésés qu'il devait soigner. Il devint ainsi un spirite guérisseur qui se revendiquait d'Allan Kardec, du Christ et du ... curé d'Ars. Louis Antoine acquit rapidement une importante clientèle qu'il magnétisait, à qui il distribuait des simples et à qui il conseillait une hygiène de vie stricte. Dans le même temps, il écrivit un Petit catéchisme spirite pour servir à l'instruction des enfants et des personnes ne connaissant pas le spiritisme et il continua de participer à la propagande et à la pratique spirite avec les Vignerons du Seigneur.
En 1901, Louis Antoine fut légèrement condamné pour exercice illégal de la médecine. Craignant de nouveaux procès et des peines plus lourdes, il modifia sa pratique en se basant sur le livre Dans l’invisible de Léon Denis. Il n'imposait plus les mains et ne conseillait plus de médicaments, mais il se recueillait dans le silence avec le patient en demandant aux Esprits bienfaisants de faire descendre en lui une « onde régénératrice », et il la communiquait au malade. Le nombre de ses patients culmina bientôt à mille deux cent personnes par jour ! Cela l'obligea à cesser de recevoir les malades un par un et à opérer des guérisons collectives.
À partir de 1905, Louis Antoine et les Vignerons du Seigneur s'éloignèrent du spiritisme. Les références à Allan Kardec disparurent, le guérisseur adopta une tenue inspirée de celle des Juifs de l'Europe centrale et il mit par écrit sa doctrine dans une série de livres qui parurent entre 1906 et 1910 : Le Nouveau spiritualisme, L'Auréole de la conscience, La Révélation d'Antoine le généreux, Le Couronnement de l'œuvre révélée. Les Vignerons du Seigneur se transformèrent en Culte antoiniste et se dotèrent d'une structure ecclésiale (temples et salles de lectures, conseil de fidèles, etc.), tandis que l'aspect de guérison du culte perdait de son importance par rapport à la prédication de la nouvelle « Révélation ».
Comme l'a fait remarquer Régis Deriquebourg dans son livre Croire et guérir, « dans son parcours, Louis Antoine est passé du stade de mystagogue (celui qui fait des choses merveilleuses, en l'occurrence guérir), médium des Esprits, au stade de “médium de Dieu” (ses écrits "inspirés" commencent par "Dieu parle") c'est-à-dire de prophète qui transmet des recommandations divines et délivre une théodicée qui donne une vue unitaire du monde dans laquelle tous les événements prennent un sens ».
Louis Antoine décéda en 1912, après avoir désigné son épouse comme son héritière spirituelle. Celle-ci assura la direction du Culte antoiniste jusqu'à sa mort en 1940. Durant ces presque trente années, l'antoinisme connut un essor important. Depuis, il semble que le recrutement se soit quasiment tari et que cette nouvelle religion ne maintienne qu'avec peine ses effectifs25 en Belgique et en France (les deux seuls pays où elle est réellement représentée).
Le Culte antoiniste est maintenant classé parmi les « religions de guérison ». Il n'a plus aucun point commun avec le spiritisme dans sa pratique et les seules traces subsistantes des Vignerons du Seigneur, d’Allan Kardec et de Léon Denis se trouvent dans sa théologie avec l'accent qui y est mis sur la réincarnation et sur l'existence du « fluide » utilisé pour la guérison.

***

Sur le Culte antoiniste

« Le Culte antoiniste est fondé sur la révélation et la pratique cultuelle qui en est faite dans les temples, celle-ci ayant pour but de nous permettre d'atteindre les fluides nécessaires pour pratiquer la révélation.
Le temple est un lieu où le desservant a pour mission d'entretenir un fluide éthéré, afin que ceux qui sont dépassés par leur peine viennent y puiser le réconfort.
C'est au Temple que s'exerce la charité morale, celle qui soutient l'âme éprouvée et la remet dans la bonne direction. C'est dans la prière en commun que l'on puise le mieux et le plus intensément dans l'amour. La lecture de l'Enseignement qui suit cette prière nous indique la voie pour arriver. Nous pouvons tous sortir de nos peines, si nous avons la FOI suffisante.
Ce n'est pas tout, en effet, de recevoir l'amour, il faut le garder.
Nos peines, nos tribulations, nos souffrances, n'ont qu'un but : améliorer notre esprit, lui permettre de se procurer le seul et vrai bien.
La maladie, l'épreuve en général, est l'aboutissement logique, inéluctable, de nos erreurs. »

[texte issu du site http://www.antoinisme.com/qu'est-ce que l’Antoinisme.htm]

 

1. Cela fait toute leur différence avec les nouvelles religions orientales dans lesquelles on trouves des aspects para-spirites (voir Partie II, chapitre C, thème 4, ci-dessus. Il y a dans celles-ci similitudes ou ressemblances, il n’y a pas filiations.)
2. Il avait amassé un beau pécule grâce à son travail d’expatrié et à des investissements immobiliers.

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Ma Rencontre avec Antoine le Guérisseur - Reynald Roussel

Publié le par antoiniste

Aujourd'hui, je vous raconte ma rencontre étonnante avec Antoine le Guérisseur. Abonnez-vous à ma chaine YouTube et cliquez sur la cloche de notifications pour recevoir toutes mes prochaines vidéos. Mon blog http://lespotinsdelaudela.over-blog.c...

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Victor Simon - Du Sixième Sens à la Quatrième dimension (1955)

Publié le par antoiniste

Victor Simon - Du Sixième Sens à la Quatrième dimension (1955)

Auteur : Victor Simon
Titre : Du Sixième Sens à la Quatrième dimension
Éditions : Société d'édition du Pas-de-Calais, Arras, 1955

    Victor Simon est né en 1903 à Bruay la Bussière. Ayant des aptitudes médiumniques, il s'intéresse assez rapidement à la spiritualité, puis au spiritisme qu'il soutiendra pendant des années. Médium peintre, il réalise de nombreuses toiles sous inspiration. Il soigne, assisté par de nombreuses entités spirituelles. Il fait également des conférences pour diffuser ses convictions.
    Il se désincarne en janvier 1977.  

    Ses ouvrages sont :  
Reviendra-t-il ? (1953)
Du sixième sens à la quatrième dimension (1955)
Du Moi inconnu au Dieu Inconnu (1957)

    L'auteur nous évoque la médiumnité, ce sixième sens, que tout être peut développé. Il nous parle avec justesse de sa propre démarche, des difficultés qu'il a rencontrées et la charité qu'il faut développer pour avoir l'appui d'entités bienveillantes. Il argumente sa vision des mystères de l'Egypte, de la disparition de l'Atlantide. Il s'attarde sur la médiumnité de Jeanne d'Arc pour enfin nous expliquer quelques unes de ses toiles qu'il a peintes.

source : Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec 

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Paul Nord - La Rénovation universaliste (1915)

Publié le par antoiniste

Paul Nord - La Rénovation universaliste (1915)

Auteur : Paul Nord (1886-?)
Titre : La Rénovation universaliste (1915)
Édition : à lire en ligne sur le site du Centre spirite lyonnais Allan Kardec

 

    Il est né en 1886 dans une famille spirite, amie de Léon Denis. C’est un jeune homme brillant qui fait des études universitaires. Il devient journaliste (participe notamment au journal Fraterniste de Jean Béziat). Il a une vivacité d’esprit et de l’ambition.
    Comme il adhère aux idées spirites, il développe sa médiumnité et obtient des messages. Cependant, il se démarque rapidement en développant une thèse qu’il appelle l'Universalisme. Son ardeur le met aux prises avec Léon Denis. Il s’en suit alors une correspondance houleuse.
    Paul Nord se détache alors du spiritisme. Dès 1906, dans un article intitulé La Jeunesse à Léon Denis, Paul Nord demande à Léon Denis de dégager de cette vérité en cherchant avec lui « un terrain d'entente entre matérialistes et spiritualistes ».

    On peut lire également sur gallica L’Essor Moderne vers l’Idéal des Temps Nouveaux (1910). Une ère nouvelle de la science et de la pensée – L’Universalisme – Doctrine centrale essentielle – Philosophie absolue – Monisme intégral ou panmonisme.

 

Extrait :

XXI

Mes amis,

  La grande loi d'Évolution est la Réincarnation. Vous allez me demander : combien faut-il faire d'Incarnations ? Je vous répondrai : cela dépend de vous. Vous avez votre libre arbitre pour évoluer. Si vous accumuliez en une incarnation toute une série d'épreuves ; vous avancerez plus rapidement que ceux qui ont pris des incarnations plus douces. Ceci dépend donc de vous, de votre courage. C'est pourquoi, souvent, vous succombez au milieu d'une incarnation, car alors vous l'avez prise au-dessus de vos forces et il faut recommencer. Retenez cependant bien ceci : que, par vos précédentes incarnations, vous préparez les futures. Christ vous a dit ces paroles : « Ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel ». Et vous n'avez pas encore compris ces paroles, qui ont trait aux incarnations.
    Ce que vous avez lié sur terre, ce sont les affections, qui survivent à la mort ; de même, les haines, les actes mauvais sont liés à vous également. Et vous devez payer les dettes du passé. Ce qui aura donc été délié, c'est-à-dire : réparé, le sera aussi dans le ciel. De là : les souffrances dans une incarnation suivante ; ce sont les dettes du passé. Vous-mêmes, par esprit de justice et d'harmonie, vous devez rétablir l'équilibre entre vous et les Êtres envers lesquels vous avez faibli. C'est pourquoi vous retrouvez ces Êtres. Quelle en est la raison ? C'est parce que les liens du passé existent toujours et l'attraction est effective. Vous-mêmes avez l'impression du déjà-vu. Et, quand vous les retrouvez, il vous semble que, toujours, vous les avez connus. Si vous cultiviez mieux votre Être intérieur, si vous en sondiez mieux les profondeurs, vous retrouveriez, en vous-mêmes le passé et vous arriveriez, de vous-mêmes, à savoir le pourquoi de chaque chose. Il n'y a pas de commencement, mais une continuation. Vos émigrations successives ne sont qu'un travail de renoncement conscient au mal, à la matière. Quelle erreur profonde d'y rechercher le vrai bonheur !
    Oui, le bonheur existe, complet, idéal, parfait ; mais il faut aussi que vous soyez parfaits. C'est pourquoi deux Êtres, qui se sont donnés l'un à l'autre, ne peuvent se réunir que lorsque tous deux sont arrivés à ces hauts degrés de perfection, avec les aspirations idéales qui ont converti leurs premiers sentiments en un amour éprouvé. Et ils en portent en eux les stigmates consentis par les souffrances pour le bonheur de l'autre. Ils arrivent au moment de la fusion en un, l'un complétant l'autre. Plus nous approchons des plans divins, plus ces Êtres purs sont nombreux. Alors tout n'est que lumière irradiante et beauté. Mes Amis, ne cherchez donc pas le bonheur parfait ici-bas, car il n'y existe pas. Cherchez-y les affections, car celles-là vous suivront, car celles-là ne meurent pas. Tous les Êtres sont liés les uns aux autres. Cela aussi vous sera démontré de plus en plus. Les incarnations sont donc libres. Mais vous devez concevoir qu'il y a des lois planétaires très puissantes et que vous devez vous y soumettre. Si vous observez les lois de la Nature, vous remarquerez que tout est en travail, du plus petit au plus grand. Donc il faut suivre le mouvement, plus ou moins vite, selon vos forces et votre volonté. Plus un Esprit est épuré, plus il a de force. Les incarnations n'ont qu'un temps dans l'espace. Je parle des incarnations des Êtres en progression animale, car après, vous pouvez prendre de grandes missions de dévouement. Donc, la loi de réincarnation est la base de la loi d'Évolution. De plus en plus, nous vous en donnerons des preuves. Courage et Confiance. En pensées d'Amour.

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Christine Bergé - La voix des esprits (1990)

Publié le par antoiniste

Christine Bergé - La voix des esprits (1990)

Auteur : Christine Bergé
Titre : La voix des esprits : ethnologie du spiritisme
Éditions : Métailié, Paris, 1990

4e de couverture :
    Peu à peu émerge sur l’écran de télévision l’image floue de la mère disparue ; passée au ralenti, la bande magnétique laisse entendre la voix de l’Esprit ; au Brésil Victor Hugo dicte son œuvre à un médium ; la tombe d’Allan Kardec croule sous les fleurs... Le dialogue avec les morts, la communication avec les Esprits, codifiée au siècle dernier dans le spiritisme, sont toujours vivaces mais cachés dans la France d’aujourd’hui. Les médiums continuent à recevoir les messages de l’au-delà. Guérisseurs, peintres ou écrivains automatiques ils réunissent les vivants et les morts. Mais aujourd’hui ils inventent et utilisent des machines pour capter la voix des Esprits et faire apparaître leur visage. Christine Bergé enquête en ethnologue sur des phénomènes troublants.

 

    Parle de l'antoinisme à la page 151 en évoquant Augustin Lesage.

 

Recension :
    Deux beaux livres sur le spiritisme nous ont été livrés la même année. L'un et l'autre venus de Lyon, ce haut lieu du spiritisme au xix, et encore maintenant. Se recoupant bien sûr pour une part, ils ne se portent néanmoins pas ombrage. Ils se complètent d'autant mieux que leur style et leur manière de concevoir l'ethnologie sont différents. On ne reviendra pas ici sur l'ouvrage de M. Aubrée et F. Laplantine précédemment recensé (Cf., Arch., 80, no 3).
    C. B. se veut du côté d'une « ethnologie impliquée » qui recherche « le lieu d'où la réalité que l'on affronte dans l'étude ne serait pas livrée à l'extériorité d'une parole qui ne l'atteint pas » : « Non pas croire, peut-être, mais ouvrir l'espace d'un 'pourquoi pas ?'. Les derniers mots du livre, « Comprendre avec cœur, et par là vivre en d'autres aspects l'humaine condition » expriment bien ce qui apparaît sa visée profonde. Dans cette perspective elle sait nous communiquer la densité des expériences, la sienne et celle des adeptes du spiritisme. Elle sait tout particulièrement faire sentir comment le spiritisme (à la différence de la Société théosophique née, à la même époque, d'un désir de choses curieuses et exotiques) est consolation, réponse à la perte d'un être cher, à de la douleur. Cela n'est pas analysé de front mais revient ici ou là et, loin d'apparaître simplement comme une évidence, s'impose comme une perspective vraiment éclairante. Pour parler de cela et des autres choses, C.B. a un style très suggestif. De manière générale, son style retient. Alerte et sensible, léger et dense, il fait avant tout sentir. Cette façon de faire a ses forces et ses faiblesses. Sa force est notamment de renouveler l'intérêt pour certaines analyses de prime abord quelque peu éculées depuis la contestation anti-institutionnelle des années 70. Ainsi du refus de considérer la médiumnité comme une manifestation psychologique, un dédoublement de la personnalité, pour y voir une façon de prendre la tangente, socialement parlant ». Sa faiblesse est un certain manque de rigueur. Si l'émergence et le succès du spiritisme au xixe siècle sont précisément étudiés, il n'en va pas de même pour ses développements au XX siècle : en fait, son effacement (même relatif) qui n'est pratiquement pas analysé. L'approche se fait a-temporelle, privilégiant décidément la compréhension de l'expérience humaine sur la mise en perspective socio-historique.
    C.B. développe toute ses analyses sous le signe de la machine, «comme paradigme rigoureux ou comme fantôme farceur (il faut ici dire au lecteur que le spiritisme connaît des « esprits farceurs »). La figure de la machine lui sert à interroger et à comprendre la voix mécanique du médium à incorporation, le geste automate du médium écrivain, la naissance du spiritisme à l'époque du développement du machinisme industriel et de la transformation du travailleur en « automate moral et technique », la force d'attraction du modèle « machine » chez Kardec et chez les spirites du XIXe siècle, mais aussi chez leurs héritiers d'aujourd'hui. A ce propos, C.B. a également mené son enquête chez les adeptes de la « transcommunication avec les morts » usant de magnétophones ou d'écrans de télévision. En définitive le spiritisme lui apparaît relever moins d'une anthropologie religieuse que d'une anthropologie de la machine et d'une anthropologie de la communication.
    Les analyses ne sont pas forcément convaincantes mais elles sont toujours très suggestives.

                      Françoise Champion

Archives de Sciences Sociales des Religions  Année 1993  84  pp. 256-257
source : https://www.persee.fr/doc/assr_0335-5985_1993_num_84_1_1503_t1_0256_0000_3

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Charles B. Patterson - The Will To Be Well (1907)

Publié le par antoiniste

Charles B. Patterson - The Will To Be Well (1907)

Auteur : Charles Brodie Patterson
Titre : The Will To Be Well
Éditions : Funk & Wagnalls Company, New York and London, 1906

    Il a publié 15 livres sur la Nouvelle Pensée (New Thought), dont The Measure of a Man, The New Way to Educate Children et The Rhythm of Life. Il a été qualifié de chef du mouvement de la Nouvelle Pensée au moment de sa mort au début du XXe siècle.
    En plus d'avoir été président de l'International New Thought Alliance, il a été président de l'International Metaphysical League de 1899 à 1903, puis de la New Thought Federation.
source : https://en.wikipedia.org/wiki/Charles_B._Patterson

 

4e page de couverture :
    In the mind of man there is the dawning of a new and vital fact that the authority of law is resident in his own life; that health, strength, and happiness, as conditions of mind and body, must be made manifest through conscious effort on his part by the use of spiritual qualities and mind-faculties; that through the indwelling spirit his mind must be quickened and renewed and his body strengthened and made whole.

    Dans l’esprit de l'homme, un fait nouveau et vital est à son aube : l'autorité de la loi réside dans sa propre vie ; la santé, la force et le bonheur, en tant que conditions du mental et du corps, doivent être manifestés par un effort conscient de sa part en utilisant qualités spirituelles et facultés mentales ; son mental doit être vivifié et renouvelé et son corps renforcé et rendu entier par l'esprit intérieur.

 

    Le livre est disponible sur le site archive.org

Sommaire :
Preface
What The New Thought Stands For
The Unity Of Life
Demand And Supply
The Law Of Attraction
Mental Influences
Freedom- Individual And Universal
Hearing And Doing
The Mission Of Jesus
The Religion Of Christ
Things Worth Remembering
The Laws Of Health
Spiritual Treatment
The Life Of Power
The Way Of Salvation
The Kingdom Of God
The Spirit Of Praise
The Kingdom Of Man
The Dawn Of A New Age
The Controlled Life
Health Of Mind And Body
The Continuity Of Life

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Vincent de Langlade - Ésotérisme, médiums et spirites du Père-Lachaise (1985)

Publié le par antoiniste

Vincent de Langlade - Ésotérisme, médiums et spirites du Père-Lachaise (1985)

Auteur : Vincent de Langlade
Titre : Ésotérisme, médiums et spirites du Père-Lachaise
Édition : Éditions Vermet, Paris, 1985

    Évoque également d'autres cimetières ce qui donne l'occasion à l'auteur de faire un tour à Jemmeppe et de parler de Père ANTOINE, Cimetière de Jemeppes/Meuse (p. 264-265).

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A.Girard - Théosophie et théosophisme (Revue apologétique, 15 mars 1922)

Publié le par antoiniste

Auteur : A. Girard
Titre : Théosophie et théosophisme
Éditions : Revue apologétique - doctrine et faits religieux, 15 mars 1922 (p.737)

 
     Pour atteindre les milieux ouvriers, le théosophisme a dû même entrer en concurrence avec le Spiritisme proprement dit et cela évidemment en se servant de procédés analogues; il a dû (tout en se distinguant avec soin de lui) témoigner sa sympathie à l'« Antoinisme 1 », cette pseudo-religion du « Père Antoine ", florissante en Belgique en 1913 et qui entendait rénover l'enseignement de Jésus, trop matérialisé par les religions qui se réclament de Lui; on affirmait que la morale antoiniste et la morale théosophique présentent entre elles de nombreux points de contact. Notons aussi qu'Antoine était un « guérisseur », que parmi les spirites, il y a beaucoup de « guérisseurs », que la secte américaine « Christian Science 2 », qui chercha à s'implanter chez nous à la fin de la guerre, était une secte de ce genre. Quel rapport exact existe entre ces associations spirito-protestantes et le théosophisme, il est difficile de le préciser ; souvenons-nous toutefois de quel esprit d'adaptation An. Besant a doté sa société !
 
1. Etudes, 20 janvier 1921 ; L. ROURE, Un Prophète contemporain ; Antoine le Guérisseur.
2. Revue pratique d'Apologétique, 1er avril 1918. OLLION, Christian Science.

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Jane Regina - Vie d'une française (1975)

Publié le par antoiniste

Jane Regina - Vie d'une française : Nadia & Denis

Auteur : Jane Régina (Lydia Bercou)

Titre : Vie d’une française de 1900 (Tome 2)
Édition : Éd. du Basileus (Toulouse), 1990 (première édition Marsat, Impr. La Source d’Or, 1975-1977)

 

Raconte l’histoire de Nadia (Première partie de la biographie de la conférencière spiritualiste Lydia Bercou : Vie de femme et de mère.). Dans une de ses conférences (Krishnamurti et la Connaissance de Soi), elle évoque cet épisode rapidement : « Nos fils se sont mariés, l’un a épousé sa femme au Temple Antoiniste, l’autre a choisi une fille de libre-penseurs, et cela n’a créé aucun problème dans notre famille. » Elle raconte plus en détail dans ce livre les tenants et les aboutissants de cette histoire de famille.

 

 

[pp.200-201 : dans ce moment du livre, début de la Deuxième Guerre mondiale, son fils, Denis fait son service militaire dans la marine.]

    Comme rien ne bouge pour le moment, Denis revient en permission. Comme la fois précédente il parle d’une jeune fille qu’il allait souvent voir en ville et qu’un de ses camarades marin lui a présentée, lequel voulait s’en débarrasser et ne savait comment faire. Il est très bien reçu chez les parents. « Je voudrais que tu la connaisses », dit-il à sa mère. Il a 20 ans, Nadia le trouvait un peu jeune pour songer au mariage, et disait on verra plus tard.

    Aujourd’hui il décide d’aller lui rendre visite et dit à Nadia : « Maman, fais-moi un tour de cartes avant ». Dès qu’elle regarde dans son jeu, elle lui dit : « Tu vas avoir un accident et tu consulteras quelqu’un ». « Penses-tu, c’est sans doute le dentiste ? », dit Denis en riant. « Non, tu ferais bien de rester ici » dit-elle, mais il n’écoute pas, disant à sa mère : « Puisque je suis averti, je ferai attention, voilà tout ». Or, en descendant en bicyclette une côte raide, il passe par-dessus son vélo, s’ouvre l’arcade sourcilière et on est obligé de lui poser des agraffes. Il arrive néanmoins chez les parents de la jeune fille, qui étant « antoinistes » l’emmènent chez le Père afin de se faire guérir, car chez eux on ne soigne pas. Il guérit naturellement étant de tempérament très sain mais cela lui laissera une cicatrice sur le front, que l’on aurait pu éviter.

Comme il ne va pas être de retour le soir, la ville de Vichy où il s’est rendu étant à 15 km environ, il téléphone à son père afin qu’on ne s’inquiète pas. « Ce n’est rien, dit-il, ce n’est pas grave, mais je ne veux pas effrayer maman, en arrivant la tête bandée » et Loup dit à Nadia : « Denis a fait avertir qu’il ne rentrerait que dans deux ou trois jours, car il est invité par les parents de sa jeune fille ».

    Maître Morisset arrive chez eux, il va être mobilisé comme officier. Il leur apporte une cantine militaire, renfermant tout ce qu’il a de plus précieux et la confie à Nadia jusqu’à son retour, lui demandant d’en prendre le plus grand soin et que s’il arrivait quelque chose ou que les allemands viennent jusque là, qu’ils la cachent dans la terre. Ensemble, ils examinent un endroit où les uns ou les autres pourraient la retrouver plus tard. « Dans le cas où je serais tué, dit-il à Nadia, on ne sait jamais, je voudrais que vous la remettiez à mon fils, dont il lui donne l’adresse, car j’ai plus confiance en vous, qu’en la femme avec laquelle je vis actuellement ».

    Nadia accepte et il repart en disant à Loup : « Vous avez une femme exceptionnelle, et je l’aime comme si elle était ma sœur ». Il l’embrasse tristement, ne sachant dans ces moments critiques, s’ils se reverront.

    A son retour de Vichy, Denis insiste auprès de sa mère. Il veut absolument qu’elle fasse connaissance de cette jeune fille. Il veut se fiancer avec. Nadia a toujours promis qu’elle donnerait à ses deux fils pour leur servir de bague de fiançailles, les deux seules bagues de valeur qu’elle possède. Elle pense que, c’est lorsqu’on est jeune que l’on a besoin d’une bague de prix et qu’on ne doit pas leur faire attendre de n’être plus là, pour la leur donner. « D’ailleurs, je mettrai un faux diamant sur moi, dit-elle en riant, et l’on croira qu’il est vrai ».

    Elle l’accompagne donc ce matin, emportant la bague avec elle. Jusqu’à présent, Denis a fréquenté plusieurs jeunes filles, mais il a toujours rompu au dernier moment. On ne sait comment il s’y prend et Nadia pense qu’il doit être trop entreprenant car il les fâche toujours. Il dit à sa mère que celle-là c’est sérieux. « Je veux me marier, dit-il, je vais avoir 20 ans 1/2 ». « Tu es encore trop jeune pour savoir ce que tu fais, dit sa mère, tu devrais attendre d’avoir terminé ton service ». « Mais tu peux bien la connaître et venir la voir, emporte la bague avec toi, tu la lui montreras », mais en route il lui dit : « Il faut que je te parle d’abord, car il y a des choses qui ne te plairont pas : ses yeux, ils sont bleus, enfin ils n’ont rien d’extraordinaire, mais ses cheveux ne te plairont pas, elle est très blonde, mais ce n’est pas naturel, elle est teinte, sa bouche aussi, elle a une bouche en accent circonflexe, puis sa voix).

    Nadia l’écoute surprise. Il continue : « Sa mère aussi va te déplaire ». Elle lui dit : « Vraiment, je ne vois pas pourquoi tu veux me présenter cette jeune fille, puisqu’il n’y a rien de plaisant en elle et que tu t’en rends compte ». « Mais elle m’aime ! », dit-il. « Et toi, est-ce que tu l’aimes ? ». « Oh moi, ça n’a pas d’importance, comme il faut se marier un jour, que ce soit celle-là ou une autre, les femmes sont bien toutes pareilles ». Mais il insiste : « Je tiens à ce que tu la vois, ainsi tu me diras ce que tu en penses. Ses parents sont propriétaires, ils ont une villa sur l’avenue ». Nadia le suit donc jusque dans cette ville. La jeune fille est bien telle qu’il l’a dépeinte, très ordinaire surtout, avec ses cheveux teints, très fardée, la lèvre supérieure relevée découvrant ses dents et une voix de « mélé-cass ». Elle n’attire absolument pas Nadia, qui sent comme un barrage entre elles. Quant à la mère, elle est plus qu’ordinaire. Deux choses pourront les dépeindre, mieux qu’elle ne pourrait le faire.

    Ils prennent l’autobus, la jeune fille, Denis et Nadia. Il y a beaucoup de monde et ils sont séparés, alors tout à coup d’un bout à l’autre de l’autobus, on entend Nette (c’est son nom) qui crie, de sa voix éraillée : « Et dis « Nini » tu sais qu’on descend à la prochaine ».

    Ils arrivent chez les parents, le père, un brave homme c’est certain, parle sans arrêt de toutes les maladies qu’il a eues depuis son enfance, de la longueur de son appendice qu’on lui a enlevée, de son ver solitaire qui avait tant de mètres, etc.. « A un moment, j’étais perdu, dit-il, mais j’ai eu confiance aux antoinistes qui m’ont guéri, alors je me suis fait Antoiniste, depuis je porte leur costume les jours de fête et les dimanches pour me rendre dans leur Temple. Celui-ci consiste en une grande redingote et un chapeau haut de forme pour les hommes, pour ma femme, c’est une tenue noire, avec un voile noir, sur la tête un peu comme les religieuses catholiques ».

[pp.230-233 : Nadia reçoit une lettre de son fils, Denis]

    […] A la veille de son départ pour Toulon, elle reçoit une lettre de Denis : « Ma chère mamam, etc... Maintenant, je vais te faire un aveu mais il ne faut pas m’en vouloir car je ne sais pas ce que tu en penseras, mais je vais me marier le mois prochain avec Nette (la première) car maman, c’est une fille qui m’adore et je sais que je serai heureux avec elle et ses parents m’aiment beaucoup. Elle ne te plaît peut-être pas, mais que veux-tu pour moi c’est une brave fille. Si tu veux tu viendras à notre mariage, réponds-moi ce que tu en penses. Quant à moi si je suis retourné vers Nette, c’est que depuis 3 ans que je la connais, j’en ai fréquenté d’autres et c’est la seule qui m’a gardé sa fidélité et son amour et puis, depuis quelque temps, il y a une force invisible qui m’attire vers elle. J’ai su qu’elle a élevé sa pensée vers moi, chez le Père (Antoiniste), alors tu vois, maman, c’est une famille qui en vaut bien une autre, si un jour je suis malheureux – je ne le pense pas d’ailleurs – je ne viendrai jamais me plaindre à la maison. Alors j’espère que tu ne m’en voudras pas et que tu accepteras Nette pour fille. J’ai aussi à te dire que l’année prochaine je me ferai Antoiniste car j’ai une vraie vocation pour ce culte. J’espère que tu me feras une longue lettre et que tu m’écriras plus souvent et aussi que tu me comprendras. Je viendrai en permission vers le 13 juin, mon mariage aura lieu le 20 juin pour ton anniversaire, c’est pourquoi j’ai choisi cette date. Dans l’espoir de te lire bientôt, mes plus tendres baisers ».

   Nadia est bouleversée, cela se comprend, et une semaine après, elle recevait une autre lettre de Denis, en réponse à la sienne : « Bien reçu ta lettre qui m’a fait bien plaisir, mais je m’aperçois que tu n’aimes pas beaucoup Nette. Ecoute maman, je ne ferai pas comme mes oncles, qui ont tous divorcé, il ne faut pas croire cela. Nette m’aime énormément, donc je ne risque pas d’être malheureux, ensuite j’ai compris par ta lettre que ce serait moi, peut-être, qui la rendrai malheureuse, eh bien, loin de la car, une fois marié, l’on change de caractère. Tu me dis de bien réfléchir, or j’ai bien réfléchi, Nette en vaut une autre. Je ne comprends pas du tout pourquoi tu ne veux pas qu’elle soit ma femme. Vois-tu maman, les femmes, j’ai appris à les estimer, d’une drôle de manière, j’ai cru qu’elles étaient comme je le pensais, et je me suis aperçu que 99 % ne valent pas cher, même les plus honnêtes. Alors, à quoi bon, je ne serai pas plus malheureux avec Nette qu’avec une autre et j’ai beaucoup confiance en elle, car je l’ai fréquentée depuis trois ans. En tous cas, je me marie le 20 juin prochain. Si Nette ne te plaît pas, tu la laisseras de côté, après tout c’est une fille comme une autre. Le Bord a fait une enquête, ils ont eu de bons renseignements sur elle et sa famille, alors pourquoi la blâmer, une fois mariée, la jeune fille change de caractère aussi. Je pense donc que tu me comprendras ».

   Nouvelle lettre le 29 mai 1942 : « Ma chère maman, je fais réponse à ta lettre, etc... Je vois que tu commences à me comprendre, tu sais maman, mon mariage est publié depuis le 23 mai, j’ai reçu tous les papiers nécessaires et celui-ci aura lieu le samedi 20 juin à 16 h. Je voudrais bien savoir si tu y assisteras, dis-le moi dans ta prochaine lettre. Je te comprends très bien moi aussi, mais une fois marié, je serai tout-à-fait sérieux. Je partirai du Bord vers le 16 ou 17, j’arriverai juste à temps. Nette s’occupe de tout, car moi je n’aurai pas le temps. Guy vient à la Noce, je lui prêterai peut-être mon costume, car je me marie en marin. Nous serons 30 au mariage, je me marie civilement seulement. Guy a drôlement grandi, je ne me le figure pas, j’ai hâte de le voir, il est beau garçon. Je termine car il se fait tard, tendres baisers » etc..

    Loup et Nadia sont sidérés par ces lettres et à l’idée de ce mariage. Nadia ne peut s’empêcher de pleurer et pendant trois jours et trois nuits, elle versera des larmes. Elle comprend que son fils va complètement gâcher sa vie, aussi bien matériellement que spirituellement et c’est pour elle une grande épreuve, car pas une fois il lui a dit qu’il aimait cette jeune fille, mais toujours elle m’aime. S’il lui avait dit : « Maman, je l’aime », elle aurait compris, mais rien de cela.

    Lorsqu’il arrive, son père pendant une heure lui dit ce qu’il pense : « Tu n’es pas infirme, un beau garçon comme toi, tu crains de ne pas trouver à te marier, alors que de par le monde, il y a des quantités de jeunes filles de valeur, qui ne trouvent pas, elles à se marier ». Enfin il lui dit tout ce qu’il doit lui dire. Denis accoudé sur le piano, ne répond pas mais il ne trouve rien de mieux que de tout répéter à Nette.

    Loup dit à Nadia : « Je n’irai pas à ce mariage car tu me connais, je ne pourrais pas me dominer, maintenant tu feras comme tu voudras ». « J’irai, dit Nadia, car je ne veux pas me fâcher et me fermer la porte avec mon fils ». Elle fait tuer une grosse agnelle [la famille s’occupe d’élevage pendant la guerre] qu’elle leur envoie, ainsi que des fromages, du beurre et des produits de leur jardin et arbres fruitiers, afin que les beaux-parents s’en servent pour le menu.

    Denis a une grande influence sur son frère, Nadia les ayant toujours élevés dans l’amour l’un de l’autre. Guy soutient donc celui-ci, qui le change complètement à ses idées, étant trop jeune pour comprendre, il donne raison à Denis dans tout. Et le jour du mariage arrive. Nadia pense, si Denis lui avait dit : « Maman, que veux-tu, je l’aime », elle aurait accepté, car cela ne se discute pas, mais se marier sans amour avec une fille quelconque, cela dépasse l’imagination.

    Ce matin-là, elle part avec Guy, remplie d’une grande tristesse, pourvu qu’elle puisse retenir ses larmes et ne pleure pas. Denis est comme elle, lui si gai d’habitude et rieur, n’a pas le sourire. Il lui annonce qu’ils vont se marier au Temple. Elle croît que c’est au Temple protestant, mais c’est au Temple Antoiniste, cela est sans importance pour eux, ils auraient accepté une jeune fille de n’importe quel milieu, sans aucune fortune, de n’importe quelle religion, mais une jeune fille sérieuse, réservée, de bonne éducation, et qui aurait pu s’élever par la suite. Or, celle-ci n’évoluera pas car elle se trouve très bien dans son milieu. Denis a 23 ans 1/2, il est libre de se marier à son gré et ils n’y peuvent rien. Nette a invité sa meilleure amie, qui travaillait avec elle en usine et qui a vraiment mauvais genre. Au repas, elle chante une chanson tout-à-fait crue et déplacée. Denis regarde sa mère, elle sent qu’il est très gêné, mais elle fait celle qui est distraite et n’y prête pas attention. Le beau-père fait le service de table, il a un tablier blanc, une serviette blanche sur l’épaule, comme un garçon de café. Il dit : « Je me sens mieux à mon aise, ainsi ». La belle maman fait la cuisine et n’en sort pas. Nadia a toutes les peines du monde à retenir ses larmes et passe une des plus tristes journées de sa vie.

    Lorsqu’elle parle au père de Nette, lui demandant : « Comment se fait-il que votre fille ait attendu Denis pendant trois ans ? ». Il lui répond franchement, car il n’est pas diplomate : « Parce qu’elle n’a pas trouvé d’autres garçons entre temps, elle a pourtant assez couru les bals, mais aucun n’en a voulu pour l’épouser, elle n’est bonne à rien. C’est moi qui lui raccommode ses chemises, elle ne s’est jamais acheté de quoi se faire six torchons, tout son argent passe au cinéma, au bal, au coiffeur, en teintures ou indéfrisables. Que voulez-vous que j’y fasse, je me demande ce qu’ils feront tous deux. Ce n’est pas un garçon comme votre fils qu’il lui fallait, car elle le fera marcher et elle l’a bien senti. Il lui aurait fallu un ouvrier qui lui plaque une baffe (sic) quand elle ne marcherait pas droit. Votre fils lui baise la main, elle le prend pour un CON. Excusez-moi du mot » dit-il à Nadia, mais elle reconnaît qu’il a raison ce brave homme. Elle est bien de son avis. Par contre, à côté de Nette, il y a une jeune fille, réservée, gentille et jolie avec cela, certainement Denis lui plaisait, mais il n’y a pas fait attention, car elle est triste. Nadia lui dit : « Ne vous inquiétez pas, je vous trouverai un charmant garçon », car elle confie à Nadia : « Je vis seule avec ma mère, et je ne sors jamais, ici, je ne suis pas dans le milieu qui me plaît et je ne peux pas faire de connaissances comme il faut ».

    Il est convenu qu’elle viendra passer 15 jours de vacances chez Nadia, où en ce moment, de nombreuses personnes viennent pour le week-end à la maison, où ils sont sûrs de bien manger. Nadia fait pension de famille et en profite pour cacher certains résistants sans qu’on s’en doute. Quelquefois, elle a une douzaine d’hommes à table, cela lui donne beaucoup de travail c’est certain, surtout qu’elle les nourrit bien avec un prix tout-à-fait réduit, mais ils emploient les légumes du jardin, le lait de leurs chèvres, leurs fromages, tous produits qu’on ne trouve pas actuellement ou à des prix excessifs et cela évite à Loup de se rendre au marché.

    Parmi ces hommes, il y a un charmant garçon fonctionnaire, à qui elle pense pour cette jeune fille Berthe. Elle croît qu’ils sont aussi timides l’un que l’autre. Elle a aussi en pension, les neveux de Maître Morisset, qui habitent la côte d’azur, où ils ont souffert de malnutrition et ont bien besoin de reprendre des forces. Elle a donc tout un groupe de jeunes qui remplit la maison de gaité…

 

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