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Les Wallons hors de Wallonie

Publié le par antoiniste

 

    Cela peut parraître étonnant qu'un ouvrier comme Louis Antoine, puisse décider et partir en Allemagne, dont il ne parle pas la langue, pour exercer son métier. Cela-dit, ce n'était pas un faire rare, et c'est une tradition qui remonte à très loin.

    Au moyen-âge, il y avait des mineurs déjà dans la région d'Aix-la-Chapelle. Mais aussi des ouvriers du textile ou des artisans partaient parfois même encore plus loin.

    A l'orée de l'époque industrielle, deux figures vont s'établir l'un en Espagne, l'autre en Suède. Ainsi Jean Curtius (1551-1628) sera à l'origine de la première grande usine métallurgique de la péninsule ibérique. Et Louis de Geer (1587-1652), précédé par la famille de Bèche, deviendra munitionnaire de l'armée suédoise, pour ce qui est des pièces d'artilleries, mais aussi concessionnaire des mines suédoises.

    Lors de l'industrialisation de la vallée de la Meuse, ce sera un Anglais, John Cockerill qui s'installera en Wallonie. Mais aussi qui permettra l'émigration d'ouvriers wallons en Allemagne, en Pologne russe, et en Ukraine russe.

    Avec la colonisation du Congo, des Wallons s'y installeront, mais d'autres partiront chercher fortune en Amérique.

    C'est donc toute une épopée, à laquelle Louis Antoine, et sa femme, participeront.

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Emigration

Publié le par antoiniste

    Un homme de Seraing, Jean Leplat, qui savait lire, retira mystérieusement de son gilet de travail un ancien numéro de la Meuse, où l'on disait que la main-d'oeuvre se faisait rare dans la région du Rhin et de la Roer [Ruhr] : les Prussiens avaient eu trop de leurs ouvriers pris pour la guerre, et c'étaient un point qu'ils faisaient travailler des prisonniers française dans leurs fabriques.
    - Maintenant la guerre va finir, et ils renverront les prisonniers en France. C'est alors qu'ils donneront la haute paie aux ouvrier qualifiés. Qu'en dis-tu, Antoine ? Hein, si on allait faire un tour de ces côtés-là ?

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.86

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Gare de Renaix / Gare de Bruges

Publié le par antoiniste

Cette gare fut construite à Bruges en 1844. S'avérant vite trop petite, elle fut déplacée en 1879 à Renaix/Ronse.

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Arrivé à la caserne

Publié le par antoiniste

Jusqu’en 1853, la durée du service n’était pas spécifiée dans la loi et elle variait entre 11 et 18 mois. Cette année-là elle fut fixée à 2 ans et 4 mois dans l'infanterie de ligne :

 

    Il prit le chemin de fer à Seraing, changea à Liège puis à Bruxelles, et arriva à Bruges vers le soir. C'était son premier voyage. Se doutait-il qui en ferait d'autres, de bien plus grands ? Jusqu'à ce dernier voyage, tout petit celui-là, dans les bois de Neuville, - voyage pendant lequel il aurait si froid, et que les adeptes referaient fidèlement ensuite, chaque année, en chantant le cantique du culte.
    A Bruges, sur le quai de la gare, un sergent du 3e de ligne, en petite tenue, attendait. Il n'attendait pas Antoine seul : il y en avait bien d'autres, qu'on reconnaissant à leur petit paquet. Ils riaient d'une air pas trop rassuré et se sentaient un peu ridicules, déjà séparés des civils qui les entouraient amusés, libres, indifférents. Ils partirent pour la caserne sans tralala et sans clairon. Ils ne savaient pas encore marcher au pas.

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.45-46

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Bruges - La Caserne de l'Infanterie / Brugge - Infanterie Kazerne

Publié le par antoiniste

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Bruges - Régiment d'Artillerie - Salon de coiffure

Publié le par antoiniste

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Bruges - La Caserne d'Infanterie

Publié le par antoiniste

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Bruges - le Régiment de Ligne - Service de Campagne

Publié le par antoiniste

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Qui a tiré ?

Publié le par antoiniste

    - Qui a tiré ? Hurla le premier chef.
    Le capitaine avait reparu devant les rangs, le shako en arrière, très rouge, myope, sans lorgnon. Il n'avait plus du l'air d'un capitaine.
    - Qui a tiré ? dit-il à son tour, d'une voix curieusement décolorée. C'était à peine une question.
    Antoine sortit des rangs, présentant son fusil à deux mains. Tout lui semblait noir. Il avait mal à la nuque, sons dos était engourdi. La détonation l'emplissait tout entier et ne voulait plus prendre fin. Il ne comprenait pas. Il avait cru d'abord que l'homme qui était derrière lui avait tiré.
    Le capitaine le regardait venir et semblait lui aussi ne pas comprendre. Antoine sentait l'arme irrécusablement chaude sous ses doigts. Il la tendit gauchement au capitaine, comme si celui-ci avait dû la lui prendre des mains, l'en débarrasser. Ce fut le premier chef qui s'en saisit. Il observait Antoine d'une air étonné :
    - Vous, disait-il. Vous...
    Soudain une autre voix, derrière le capitaine, prononça vite et distinctement :
    - Tué net. Une balle au cœur.
    Il y avait toujours cette odeur irrespirable. Là-bas, on portait à bras d'homme un paquet sombre, curieusement mou. C'était comme un jeu de silhouettes. On eût dit que tout était encore révocable, qu'on allait revenir en arrière et recommencer, tout cela autrement.

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.66-67

 

    On ne sait pas précisément avec quelle arme l'accident se produit. Mais plusieurs modèles étaient utilisés à l'époque par l'armée belge.

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Pierre Hubermont - Treize hommes dans la mine

Publié le par antoiniste

    Au fond du chemin, les bâtiments du charbonnage sont apparus, avec leurs hauts châssis à molettes, dressés comme des sentinelles au pied du "terril", masse bleuâtre aux trois lignes élémentaires tracées dans la blancheur du ciel.
    Les retardataires courent vers les cabines. La cloche de descente tinte sans arrêt.
    Voici déjà des mineurs qui grimpent à la recette, revêtus de toile bleue et coiffés du bonnet léger et de la calotte de cuir. Tenue du fond, tenue de combat, hardes maculées de sueurs, de poussières et de résine. Ces hommes casqués ont l'air d'aller aux tranchées. Le front, la taille, le front de la taille, n'est-ce pas comme à la guerre ?

Pierre Hubermont - Treize hommes dans la mine
Ed. Labor - Espace Nord, 1930 (p.27)
 

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