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doute

Le Couronnement de l'Œuvre Révélée, L'Arbre de la Science de la Vue du Mal (p.IV)

Publié le par antoiniste

Le Couronnement de l'Œuvre Révélée, L'Arbre de la Science de la Vue du Mal (p.IV)

    La Providence place toujours sur notre chemin ce qui est nécessaire à notre progrès.

Le Couronnement de l'Œuvre Révélée, L'Arbre de la Science de la Vue du Mal, p.IV

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Swâmi Vivekânanda - Toute misère naît soit de la peur, soit d'un désir inassouvi

Publié le par antoiniste

    On nous enseigne, dès notre enfance, à ne faire attention qu'aux choses extérieures, jamais aux choses intérieures, et presque tous nous avons perdu la faculté d'observer ce mécanisme intérieur. C'est une rude besogne que d'enchaîner notre pensée, de l'empêcher de se détourner, puis de la concentrer toute sur elle-même afin qu'elle connaisse sa propre nature, afin qu'elle s'analyse elle-même. C'est pourlant là le seul moyen d'aborder scientifiquement un sujet.
    Cette science dont nous parlons, à quoi sert-elle ? D'abord le savoir est en lui-même la plus belle récompense du savoir ; il a aussi son utilité : il nous affranchit de toute misère. Pour l'homme qui, par l'analyse de sa propre intelligence, se trouve face à face avec quelque chose d'impérissable, de naturellement et éternellement pur et parfait, — finie sa misère, fini son malheur. Toute misère naît soit de la peur, soit d'un désir inassouvi. Que l'homme se convainque qu'il ne mourra jamais, il n'aura plus peur de la mort. Qu'il se sache parfait, il n'aura plus de vains désirs ; supprimez ces deux causes, vous tuez la misère ; vous créez le bonheur parfait, même pendant notre existence actuelle.

Râja-yoga (ou Conquête de la nature intérieure),
conférences faites en 1895-1896 à New York par le Swâmi Vivekânanda. (1910), p.8-9
source : gallica

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Doute et croyance

Publié le par antoiniste

    Les croyances sont très importantes, car ce sont elles qui orientent nos désirs et nos actions. Les gestes en apparence les plus absurdes, paraissent plus cohérents si on les met en rapport avec les croyances de ceux qui les ont posés. Ainsi en est-il des suicides collectifs, lorsque les adeptes croient se débarrasser uniquement de leurs enveloppes charnelles pour entreprendre un voyage extra-terrestre. Plus une croyance est forte, et plus elle influence nos actions. L'état de croyance est calme et agréable.
    Au contraire, le doute est un état de malaise et nous rend incapables d'agir. Il laisse nos questions en suspens et en crée de nouvelles encore plus irritantes. Le doute nous pousse à chercher de nouvelles réponses afin d'abolir l'état de malaise qui l'accompagne et de le remplacer par un nouvel état de croyance. La croyance est une habitude agréable; le doute est un état de déséquilibre qu'on tente de surmonter par la recherche de « la vérité ».
    Lorsque nous adhérons à une nouvelle croyance, nous supposons alors que cette opinion est vraie, et nous sommes satisfaits, que cette croyance soit « objectivement » vraie ou fausse importe peu dans la mesure où, si nous y croyons, nous pensons forcément qu'elle est véridique.
    Mais d'où viennent nos croyances ?

source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fixation_de_la_croyance_selon_Peirce

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Maxence van der Meersch - Le médicament est parfois précieux

Publié le par antoiniste

    - Le médicament est parfois précieux, dit Michel.
    - Bien sûr ! Il apaise des réactions excessives, désordonnées. Une drogue, un sérum, un vaccin, peuvent être indispensables en pleine crise aiguë. Mais ne l'utilisez qu'après avoir essayez tous les autres moyens - et souvenez-vous, en l'employant, que vous ne faites que refouler les manifestations de la maladie sans la guérir. Refoulé, le mal, inévitablement, portera sur un autre organe son effort de nettoyage, et cela dans des conditions aggravées, puisque le purifications des humeurs aura été empêchée, et puisque le médicament ou le vaccin aura rapporté chez votre patient une intoxication chimique ou microbienne supplémentaire. Pensez toujours en employant un médicament dans un cas urgent que vous parez au plus pressé, voilà tout. Et qu'il faudra ensuite faire subir à celui que vous soignez une longue cure de désintoxication et une révision générale de tout son mode d'alimentation et de vie.
Maxence van der Meersch, Corps et âmes, p.293
Livre de Poche, Paris, 1943

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Rudolf Steiner - L'idée de la liberté

Publié le par antoiniste

    Le principe de moralité que nous venons d'exposer est directement opposé à celui de Kant : "Agis, dit Kant, de telle sorte que les principes de ton action puissent être valables pour tous les hommes". Cette phrase est la mort de toute impulsion individuelle. Ce n'est pas "comme tous les hommes" que je détermine mon action morale, mais comme je dois l'accomplir, moi, dans le cas individuel qui se présente.

    Au moment de l'action, la maxime morale, dans la mesure où elle pouvait prendre en soi une existence intuitive, me poussait ; elle était associé à un sentiment d'amour pour l'objet que je cherchais à réaliser. Je ne commandais l'avis de personne et ne me confiais à nulle règle. J'agissais parce que j'avais conçu l'idée de cette action. Et c'est pas là qu'elle était mon action. Au contraire, lorsqu'on agit parce qu'on reconnaît certaines normes morales, l'action n'est qu'un résultat du principe inscrit dans le code moral. L'homme n'est que l'exécuteur. Il est un automate d'ordre élevé. Qu'on lui donne l'occasion d'agir, et aussitôt se mettent à tourner les rouages de ses principes moraux, pour amener, d'une façon automatique, une action chrétienne, humanitaire, égoïste, civilisatrice, etc. C'est seulement lorsqu'on agit par amour pour l'objet de l'action, que l'on peut dire : j'agis moi-même. Ce n'est plus parce qu'on reconnaît tel ou tel maître, telle autorité extérieure, ou telle voix soi-disant intérieure. L'action n'a plus aucun principe au dehors, parce qu'on a troué en soi-même sa véritable base, qui est l'amour de cette action. On examine plus logiquement si elle doit être nommée bonne ou mauvaise, on l'accomplit parce qu'on l'aime. Elle est "bonne" à la condition que l'intuition, saturée d'amour, soit réellement accordée aux grandes lois universelles dont la connaissance ne peut être, justement qu'intuitive. Au cas contraire, elle est "mauvaise". On ne se demande pas non plus comment les autres hommes agiraient en pareil cas. On agit selon le vouloir dont on trouve l'indication en soi. On n'est conduit ni par l'usage commun, ni par les coutumes, ni par une maxime humaine générale, ni par une norme morale, mais bien par l'amour de l'action elle-même. On ne se soumet à aucun joug, ni celui de la nature (instinct), ni celui des lois morales ; on veut simplement accomplir ce que l'on se sent appelé à accomplir.

    L'action née de la liberté n'exclut pas les lois morales, elle les inclut au contraire ; elle se montre seulement supérieure aux actions qui sont simplement dictées par ces lois. Pourquoi mon action servirait-elle moins bien le bonheur de tous, lorsque je l'accomplis par amour, que lorsque je l'accomplis seulement parce que j'ai reconnu le devoir de servir ce bonheur de tous ? La conception du devoir pur élimine la liberté humaine, parce qu'elle se refuse à tenir compte de l'individuel et qu'elle soumet tous les hommes à une loi uniforme. La liberté de l'action n'est concevable que du point de vue de l'individualisme éthique.

    Si la base de l'entente entre les hommes ne se trouvait pas donnée dans la nature même de l'être humain, il n'y aurait pas de loi extérieure qui la lui puisse fournir. Si les individus humains arrivent à vivre en commun, c'est qu'ils participent à un seul et même esprit. L'homme libre base sa vie sur la confiance qu'il a en d'autres hommes libres, sachant qu'ils appartiennent au même monde spirituel que lui, et que leurs intentions rencontreront les siennes. L'homme libre n'exige pas l'approbation des autres, mais il l'attend parce qu'elle est conforme à la nature humaine. Ceci concerne pas telles ou telles institutions extérieures sur lesquelles les avis peuvent différer, mais le caractère général des intentions et de l'état d'âme grâce auxquels l'homme arrive à vivre sa propre individualité, dans un respect parfais de la dignité humaine, au milieu d'autres hommes libres qu'il sait estimer.

    L'objet de perceptions "homme" a la faculté de se métamorphoser, comme la graine de la plante a la faculté de se développer en plante complète. La plante se développera selon les lois objectives contenues en elle ; l'homme, par contre, demeurera dans son état imparfait s'il ne s'empare pas en lui-même de la matière à transformer, et ne la métamorphose par sa propre force. La Nature fait seulement de l'homme une créature naturelle ; la société ne fait de lui qu'un exécuteur de ses lois ; lui seul peut se transformer en être libre. A un certain degré d'évolution, la Nature le laisse échapper de ses chaînes ; la société mène cette évolution plus loin ; l'homme seul peut la parachever.

Rudolf Steiner, La Philosophie de la liberté, extraits des pp.174-187
Appendice à la nouvelle édition 1918
L'idée de la liberté

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Brigitte Fontaine & Jacques Higelin - La Grippe

Publié le par antoiniste

Ma grippe vous va très bien
M'a dit mon amant ce soir
Ça vous donne un joli teint
Ça vous va mieux que le noir
Ma grippe vous va très bien.
Souffrez que je tousse un peu
Lui ai-je dit d'un air doux
Souffrez que je souffre un peu
J'ai parfois très mauvais goût
Souffrez que je souffre un peu.

Quand vous souffrez mon amie
M'a répondu mon amant
Vous ressemblez à la pluie
Je trouve ça très seyant
Quand vous souffrez mon amie.
J'ai un peu peur ai-je dit

Que les larmes me vieillissent
J'ai un peu peur aussi
Que la fièvre m'enlaidisse
J'ai un peu peur ai-je dit.

Elles vous vont comme un gant
Vous savez bien que vos larmes
Me plaisent beaucoup vraiment
Votre fièvre a bien du charme
Elles vous vont comme un gant.

Ah vraiment je suis trop maigre
Je sens que je m'affaiblis
N'avez-vous pas de vinaigre
Voyez mes bras ai-je dit
Ah vraiment je suis trop maigre.
Mais ces os vous vont très bien
M'a répondu mon amant
Ne vous inquiétez de rien
Ça vous donne un air troublant
La mort vous ira très bien

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Raymond Devos - Un ange passe

Publié le par antoiniste

On dit parfois que j'extravague...
que je délire...
Pourtant, il n'y a pas plus raisonnable que moi !
Il n'y a pas d'esprit plus cartésien que le mien !
Je ne fais que rapporter les faits
tels que je les observe.
Il est évident qu'il y a observer et observer !
Cela dépend su sens que l'on donne au mot "observer".
Exemple :
Quand on demande aux gens d'observer le silence...
au lieu de l'observer, comme on observe
une éclipse de lune,
ils écoutent... et tête baissée, encore !
Ils ne risquent pas de le voir, le silence... !
Parce que les gens redoutent le silence.
Ils le redoutent !
Alors, dès que le silence se fait,
les gens le meublent.
Quelqu'un dit :
- Tiens ? Un ange passe !
alors que l'ange, il ne l'a pas vu passer !
S'il avait le courage, comme moi,
d'observer le silence en face,
l'ange, il le verrait !
Parce que, mesdames et messieurs,
lorsqu'un ange passe, je le vois !
Je suis le seul, mais je le vois !
Evidemment que je ne dis pas que je vois
passer un ange,
parce qu'aussitôt, dans la salle,
il y a un doute qui plane !
Je le vois planer, le doute...
Evidemment que je ne dis pas que je vois
planer un doute parce qu'aussitôt,
les questions :
- Comment ça plane, un doute ?
- Comme ça ! (Geste de la main qui oscille.)
- Comment pouvez-vous identifier un doute
avec certitude ?
A son ombre !
L'ombre d'un doute, c'est bien connu... !
Si le doute fait de l'ombre,
c'est que le doute existe... !
Il n'y a pas d'ombre sans doute !
Et l'on sait le nombre de doutes au nombre d'ombres !
S'il y a cent ombres, il y a cent doutes.
Je ne sais pas comment vous convaincre ?!
Je vous donnerais bien ma parole,
mais vous allez la mettre en doute !
Le doute... je vais le voir planer...
Je vais dire :
- Je vois planer un doute.
Aussitôt, le silence va se faire...
Quelqu'un va dire :
- Tiens ? Un ange passe !
Et il faudra tout recommencer !
A propos de l'ange, aussi, on m'en pose
des questions insidieuses :
- Dites-moi, votre ange là,
de quel sexe est-il ?
Alors là... (geste de la main qui oscille),
je suis obligé de laisser planer un doute,
parce que je n'en sais rien !
- D'où vient-il ?
Il va vers sa chute !
Parce que l'ange, attiré par la lumière des projecteurs s'y précipite...
Ebloui, l'ange s'y brûle les ailes et l'ange choit !
Et un ange qui a chu est déchu !!
Mesdames et messieurs... à la mémoire de tous les anges
qui sont tombés dans cette salle,
nous allons observer une minute de silence...
(L'artiste voyant "passer" un ange, les gens rient.)
(L'artiste avec un geste de la main qui oscille :)
Il n'y a que des doutes qui planent !

Raymond Devos, Matière à rire, Un ange passe,
Olivier Orban, Paris, 1991, p.99

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Roger Bacon - L'expérience

Publié le par antoiniste

    Aucun discours ne peut donner la certitude, tout repose sur l'expérience.

Roger Bacon (1214 - 1294), surnommé Doctor mirabilis (« Docteur admirable »)

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Folie du doute

Publié le par antoiniste

C’est une des formes les plus fréquentes de la dégénérescence mentale. Elle se manifeste surtout chez les femmes et chez des individus d’une culture intellectuelle un peu élevée.

Elle apparaît, souvent dès l’enfance sous forme de scrupules exagérés, au moment de la première communion surtout, de craintes puériles, non motivées. Le sujet a toujours peur de se tromper, recommence plusieurs fois ce qu’il fait, n’en est jamais content, et s’adresse toujours des reproches. Les moindres actes sont conçus avec mille précautions. Il n’est jamais sûr s’il a fait ou non une chose. Il est incapable de se décider à rien sans de nombreuses hésitations, et plus les choses sont de faible importance, plus son embarras paraît augmenter. Par contre il est souvent capable de très bien gérer des affaires importantes et dans dès moments difficiles de prendre une décision ferme et rapide.

Plus les occupations. du malade sont d’ordre intellectuel, et plus son angoisse se montre, à tout propos. Il en résulte un état général d’anxiété qui modifie son caractère et finit par le rendre quelquefois très difficile pour son entourage ; car il en arrive à douter, non seulement de ce qu’il fait, mais de ce que les autres font, et leur communique parfois ses hésitations et ses craintes perpétuelles.

Le doute est, tantôt d’ordre métaphysique et se rapporte aux problèmes de l’âme, de Dieu, de la nature, etc. ; tantôt d’ordre matériel et a pour objet les faits les plus simples de la vie journalière.

Des paroxysmes et des rémissions, de plusieurs années souvent, viennent modifier d’une façon irrégulière la marche de ces phénomènes.

Quelquefois le doute est tel qu’il cause au malade un état d’angoisse qui le fait tomber dans une sorte d’état mélancolique anxieux ou mystique, et que fréquemment apparaissent des idées de suicide qu’il met à exécution pour se débarrasser d’une existence trop pénible et d’une maladie dont il a conscience et qui n’est susceptible d’aucun traitement bien efficace.

source : http://www.psychanalyse-paris.com/+-Folie-du-doute-+.html

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Frédéric Beigbeder - Nos existences clonées

Publié le par antoiniste

    La résistance au changement, c'est dans toutes ces salles de réunion impersonnelles qu'elle se pratique de la façon la plus violente. Le coeur de l'immobilisme réside dans cet immeuble, entre ces petits cadres à pellicules et talonnettes. On leur a confié les clés du pouvoir, personne ne sait pourquoi. Ils sont le centre du monde ! Les hommes politiques ne contrôlent plus rien ; c'est l'économie qui gouverne. Le marketing est une perversion de la démocratie : c'est l'orchestre qui gouverne le chef. Ce sont les sondages qui font la politique, les tests qui font la publicité, les panels qui choisissent les disques diffusés à la radio, les "sneak previeuws" qui déterminent la fi des films de cinéma, les audimats qui font la télévision, toutes ces études manipulées par tous les Alfreds Dulers de la terre. Plus personne n'est responsable, sauf les Alfreds Dulers. Les Alfreds Dulers tiennent les rênes, mais ne vont nulle part. Big Brother is not watching you, Big Brother is testing you. Mais le sondagisme est un conservatisme. C'est une abdication. On ne veut plus vous proposer quoi que ce soit qui puisse RISQUER de vous déplaire. C'est ainsi qu'on tue l'innovation, l'originalité, la création, la rébellion. Tout le reste en découle. Nos existences clonées... Notre hébétude somnambule... L'isolement des êtres... La laideur universelle anesthésiée... Non, ce n'est pas une petite réunion. C'est la fin du monde en marche. On ne peut pas à la fois obéir au monde et le transformer. Un jour, on étudiera à l'école commet la démocratie s'est autodétruite.

Frédéric Beigbeder, 99 francs, p.42-43
Folio, Paris, 2000

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