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Auréole de la conscience en allemand

Publié le par antoiniste

Die AURA des GEWISSENS

Ein einziges Mittel kann die Menschheit heilen: DIE GLÄUBIGKEIT.
Aus der Gläubigkeit kommt die Liebe. Die Liebe, die uns in unseren Feinden Gott selbst zeigt.
Wenn wir unsere Feinde nicht lieben, lieben wir Gott nicht.
Denn es ist die Liebe die wir für unsere Feinde haben, die uns würdig macht ihm zu dienen.
Es ist die einzige Liebe, die uns wirklich lieben lässt.
Denn sie ist rein und voll Wahrheit.

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Antoine le Guérisseur (Le Nouvel éducateur rationnel-année 1-n°7- 1912)

Publié le par antoiniste

Antoine le Guérisseur (Le Nouvel éducateur rationnel-année 1-n°7- 1912)

Passe, Passe... Passera
Mais le vrai seul, restera

ANTOINE, LE GUÉRISSEUR
par la science de la Pensée

    Antoine, dit le Guérisseur, vient de mourir le 25 juin dernier, à ]emmèpes-sur-Meuse (Belgique), où il avait fondé le culte qui porte son nom et qui est une facette du nouveau spiritualisme en train de se constituer de par le monde.
    La voici : Un seul remède peut guérir l'humanité : la foi ; c'est de la foi que naît l'amour, l'amour qui vous montre dans nos ennemis Dieu lui-même ; ne pas aimer nos ennemis, c'est ne pas aimer Dieu, car l'amour que nous avons pour nos ennemis nous rend dignes de le servir : c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, car il est pur et de vérité.
    Bien qu'on lui ait attribué la puissance de guérir par la foi, on peut se convaincre en lisant ses enseignements dans "L'aurore de la conscience" que non seulement il y joignait l'amour le plus élevé, mais qu'il s'appuyait sur la connaissance de la Pensée.
    Il se réclamait de l'observance de ses lois et du maniement des pensées pour obtenir, conserver et faire progresser la puissance qu'il avait acquise.
    Tout fluide est une pensée, toute pensée est un fluide est une affirmation qui revenait sans cesse dans le développement oral et écrit qu'il faisait de sa doctrine.
    Né en 1846, dans le culte catholique, après avoir étudié le côté moral du spiritisme, ce n'est qu'en 1906 qu'il créa son église.
    Issu de parents pauvres, il fut mineur et métallurgiste. Depuis 1906, il se consacra au maniement des fluides et à la guérison des malades qu'il recevait chez lui.
    Sa maison étant devenue trop petite, un riche admirateur lui fit bâtir une église qui coûta, dit-on, 100.000 fr.
    11 n'est pas indifférent de lire la lettre de faire-part de sa mort :
    Culte Antoiniste,
    Frère.
    « Le Conseil d'administration du culte Antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner aujourd'hui, mardi matin, 25 juin.
    « Avant de quitter son corps, il a tenu à recevoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que Mère Le remplacera dans sa mission. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous.
    « Mère montera à la tribune pour les opérations générales, les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures.
    « L'enterrement du Père aura lieu dimanche prochain, 30 juin, à 3 heures. »
    Cette lecture nous apprend qu'Antoine et sa femme formaient un couple humain psychique complémentaire.
    L'égalité sociale de l'homme et de la femme est ainsi consacrée chez les Antoinistes et pratiquée par eux.
    Il est à remarquer que les enfants d'un pays comme, toute la partie de la Belgique sur laquelle le culte Antoiniste a pris de grandes proportions, qui a pour base et pour structure géologique les roches primaires, le carbonifère surtout, sont aptes à une très rapide et très haute évolution morale et sont naturellement religieux, mystiques. Ainsi s'expliquent les nombreux adeptes que fit Antoine dans certaines parties de l'Angleterre et de l'Amérique qui possèdent des milieux géologiques similaires.
    Antoine le Guérisseur ne quitta pas son pays.
    Du succès qu'il remportait socialement et de la puissance qu'il exerçait sur les forces psychiques il concluait, et le titre seul de la revue qu'il publia «L'Unitif» le prouve suffisamment, à la réalisation de l'Unité et de l'harmonie humaines par la vulgarisation et l'observance de son enseignement.
    C'est là une de ces pieuses erreurs coutumières à ceux qui ont trouvé une parcelle de la Vérité.
    La Terre n'est pareille nulle part: les individus et les races quoi qu'humains diffèrent essentiellement et psychiquement et portent en eux des raisons impérieuses qui les font manifester, cultiver et rendre fécondes d'autres facultés.
    Antoine faisait redouter l'intelligence et le savoir. Il les considérait comme nuisibles au progrès, au perfectionnement moral qui, seul, devrait compter pour l'individu parce qu'il est seul le but de la Vie.
    Il y a beaucoup de vrai dans tout cela... mais ce n'est pas toute la vérité, loin de là... L'intelligence et la science ne doivent-elles pas devenir les auxiliaires du progrès moral et psychique ?
    Car la vérité, ce n'est pas de sacrifier des facultés primordiales à la suprématie d'autres facultés non moins essentielles, c'est de les faire concourir toutes au même but; c'est la réalisation de la vie rationnelle, pour le plus grand nombre d'humains capables d'exercer, pour le bien individuel et général, les pouvoirs, les moyens psychiques spirituels et toutes les nobles facultés de la nature humaine, selon l'ordre, le temps et l'espace.
    Quand on comprend bien, on aime mieux, l'on sait ce que l'on doit aimer et comment il faut l'aimer.
    Saluons Antoine le Guérisseur qui apporta de la lumière et projeta des clartés vivaces sur la route ténébreuse de l'évolution. Retenons ses leçons sur l'évolution morale ; essayons d'acquérir sa puissance dans le maniement des pensées, mais poursuivons notre labeur et sachons comprendre pourquoi et comment toutes les puissances et valeurs évolutionnelles peuvent être arrachées au mystère par patience, la volonté, la foi, le désintéressement et l'amour, mais aussi par l'intelligence et la méthode.

Le Fureteur

Le Nouvel éducateur rationnel,
recherches des éléments constitutifs de l'éducation correspondante à l'usage de la liberté. Science de la vie. Science de la liberté. Science de l'amour. Rédactrice en chef : Lydie Martial.
Année 1 - n°7 - 1912 (p.108)
source : gallica

    Lydie Martial exposera dans la revue La Rose + Croix (revue synthétique des sciences d'Hermès, 1911 l'idée de la corrélation entre les roches primaires carbonifères et l'apparition des médiums.

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Alain Woodrow - Les nouvelles sectes (1977)

Publié le par antoiniste

Titre :     Les nouvelles sectes
Auteur :     Alain Woodrow
Édition :     Éditions du Seuil, Points actuels, 1977
Format :     187 pages

    Le livre est cité en référence dans le dernière édition (Labor - Espace Nord) du livre de Robert Vivier, Délivrez-nous du mal.
 
Dos de la couverture
    En notre siècle rationaliste, la profusion des sectes constitue un phénomène étonnant de Alain Woodrow cherche à percer le phénomène.
    D'un côté, des organismes puissants, riches, habiles à recruter. De l'autre, des individus - souvent très jeune - épris d'idéal, qui abandonnent famille, études, carrière pour suivre ce qu'ils croient être leur voir spirituelle.
    Comment expliquer le succès foudroyant des unes, la fascination et la soumission des autres? Pourquoi des êtres, avides de liberté et de vérité, gobent-ils en dévots? Que cherchent les sectes? Le pouvoir personnel? L'argent? La domination politique? Surtout comment arrivent-elles à leurs fins? Drogue? Viol psychologique? Lavage de cerveau?
    Une enquête sur les principales sectes. Un dossier qui démonte leur mécanisme.
    Alain Woodrow, spécialiste des affaires religieuses. Chroniqueur au Monde.

    Resencion :
    A.W., journaliste au Monde, met ici sa plume au service de la dénonciation des sectes actuelles. Mormons, moonistes, maharajistes, Amis de l'homme, membre de la Science chrétienne, disciples du Christ de Montfavet, adeptes de la scientologie, enfants de Dieu, antoinistes, baha'istes, sectateurs du Soka Gakkai, adventistes, dévots des Trois Saints Coeurs, Témoins de Jéhovah, et peut-être quelques autres encore, retiennent l'attention de l'A.
    L'information véhiculée par cet ouvrage est de celle qui afflues dans les salles de rédaction. Le Monde, Le Nouvel Observateur, L'Express, Paris-Match, Les Informations Catholiques Internationales figurent parmi les sources les plus fréquemment citées. A.W. n'a consulté aucun des travaux scientifiques, pourtant peu nombreux, traitant des questions qu'il débat.
    Pour l'A., les sectes variées actuellement à l'oeuvre en France meublent le vide créé par "l'immense branle-bas culturel qui secoue notre vieille civilisation occidentale et postchrétienne". Elles constituent un "révélateur de l'état de notre société". A.W. constate que les sectes actuelles (mais toutes celles qu'il évoque n'appartiennent pas à la même vague) se recrutent principalement parmi les jeunes. "Après avoir contesté toutes les formes d'autorité en 1968, voici une jeunesse qui accepte la discipline la plus rigide, l'ascèse la plus totale, l'abandon de sa volonté et de son jugement entre les mains d'autrui... Abandon du sens critique, abdication de liberté : ce sont deux caractéristiques inquiétantes d'une certaine jeunesse, qui entraînent non seulement un reflux du politique mais une remontée de la droite. Et, sans un minimum de discernement, la voie est ouverte à toutes les récupérations, les manipulations, voire les fascismes. Le rapprochement des méthodes de Moon avec celles de Hitler est plus qu'une clause de style." L.A. reproche aux mouvements dont il parle de pratiquer le "viol psychique", de se livrer au racket, etc. Pas une des accusations généralement portées contre les actuelles sectes ne manque à l'appel. Mais c'est surtout l'apolitisme de ces groupements qui tracasse A.W. : "l'apolitisme qui ouvre la porte à toutes les manipulations", écrit-il, page 24.
    Pour lui, les sectes connaissent le succès auprès de beaucoup parce qu'elles apportent des réponses simples aux problèmes de notre époque, font voir "Dieu au bout d'un microscope", fournissent - pour certaines d'entre elles - des "mirages rousseauistes", répondent, enfin, à un "besoin d'ésotérisme et de dépaysement".
    On n'accorderait pas attention à cet ouvrage, s'il ne présentait, par rapport à d'autres, un élément intéressant et nouveau, A.W. se demande par quels moyens mettre fin à l'influence des sectes et décrit les positions et tentatives de certains groupes antisectaires. Il a du mal à se ranger pleinement à leurs côtés. Il s'aperçoit en effet que, au-delà de ses préférences personnelles en la matière, la question posée par l'existence des sectes rejoint, en dernière analyse, celle de notre droit à l'erreur et à la liberté d'opinion. Car, constate-t-il, la plupart des membres de ces groupes sont consentants à la "manipulation" dont ils seraient victimes (p.169). Ceci le mène à affirmer que "la chasse aux sorcières déclenchée par certains milieux, familiaux, politiques ou ecclésiastiques, contre toutes les sectes sans discrimination est tout aussi sujette à caution et ambiguë finalement que le phénomène qu'elle entend combattre" (ibid.).
    La lecture de ce livre fait regretter une fois de plus l'absence de travaux scientifiques sur ces "nouvelles sectes" en France (ceux qui existent sont principalement anglo-saxons). Il faudrait d'ailleurs étudier aussi la polémique qui se développe autour de ces groupements. Leur succès statistiquemet très réduit justifie-t-il tant de hargne à leur égard ? A quoi correspond l'âpreté et l'intensité de la dénonciation dont elles sont l'objet de la part de milieux variés ?
     Jean Séguy.
Archives des sciences sociales des religions, Année 1978, Volume 46, pp. 317-318
source : persee.fr

Table :
Introduction : Sectes et sectarisme
1. Un terrain de choix
2. Des besoins satisfaits
3. Les méthodes employées
4. Les buts recherchés
Conclusion : Le prix de la liberté
Postface à la nouvelle édition
Table-répertoire

    L'auteur fait la différence entre l'antoinisme et ce qu'il appelle les sectes à prétention à une doctrine scientifique. La Science Chrétienne en fait partie. On sait maintenant pourquoi Paul Ariès rangeait l'antoinisme à part de la Science chrétienne. Les sectes scientifiques, nous dit Alain Woodrow, citant le théologien Jean Chevalier, ont des prétentions scientifiques "légères, voire grotesques, souvent retardataires et même périmées" (p.24).

    Sur l'antoinisme, on lit dans la table-répertoire :
Fondateur : Louis Antoine (1846-1912), Belge.
Enseignement : Antoine impose les mains aux malades, recommande certains remèdes, distribue des morceaux de tissu "magnétisé", prescrit des régimes alimentaires. Par la suite, ses disciples prétendent "chasser les démons, ressusciter les morts, s'entretenir avec les disparus de ce monde et donner gratuitement ce qui leur a été donné gratuitement". (1)
But : La propagation de cette doctrine et faire reconnaître Antoine comme "prophète". (2)
Nombre d'adeptes : 150 000 en 1959 dans 55 temples (30 en Belgique, 25 en France).
Adresse : 49, rue du Pré-Saint-Gervais, 75019 Paris
 (voir pages 52-53 ; 124).

    Le mal est illusoire (p.52-53)
    [après plusieurs paragraphes sur la Science chrétienne]. Louis Antoine, un mineur belge, né en 1846, prétendait détenir un "fluide magnétique" qui pouvait guérir les maladies, triompher du mal et même de la mort. Comme chez les adeptes de la Science chrétienne, pour Antoine le corps n'est rien. Si l'on veut guérir celui-ci, c'est à l'âme qu'il faut s'attaquer.
    L'enseignement des antoinistes, comme s'appelleront les disciples de Louis Antoine, est spiritualiste et occulte. Le thaumaturge opère ses guérisons avec l'aide d'un guide de l'Au-delà, dont il donne cette description : "Il m'apparaît comme un nuage lumineux" - ce qui rappelle l'ectoplasme suscité par le médium lors des séances de spiritisme. (3) Pour favoriser les guérisons, le mouvement recommande de suivre certains régimes alimentaires, et notamment d'être végétarien. (4) On a estimé à 150 000 le nombre d'antoinistes, dont 50 000 Français, au début du siècle, mais il semble que ces derniers ne seraient plus que 5 000 actuellement (5).
    [suit le description du mouvement de Georges Roux, dit le Christ de Montfavet].
    Ces guérisseurs illuminés, du reste, s'apparentent plus aux courants d'occultisme, de sorcellerie et de magie qu'aux mouvements scientistes tels que la Science chrétienne et l'Église de scientologie. (6)
   
    La mégalomanie (p.124)
    Tentation du pouvoir personnel. Il est difficile, en fondant une secte, de ne pas se laisser progressivement "diviniser" par ses disciples. Sans parler de déséquilibrés, comme Georges Roux qui se croit la réincarnation du Christ, nombre de dirigeants de mouvements spirituels - le Père Antoine pour les Antoinistes, la "chère maman" des Amis de l'homme, Mary Baker-Eddy de la Science chrétienne - sont montés petit à petit sur leur piédestal, bercés par le péan qui montait, toujours plus flatteur, de leurs disciples. (7)

(1) L'auteur ne fait de différence entre les différentes étapes de la pratique de Louis Antoine : après 1901, il arrête toutes formes de remèdes autres que la prière par la foi. Ensuite l'auteur ne citant pas ses sources, on ne sait pas d'où vient que ses adeptes chassent les démons, ressuscitent les morts, etc. Mais je vais vous le dire, c'est ce qu'on trouve sur la dernière page de la couverture verte du Petit catéchisme spirite, édité en... 1896 et plus jamais depuis. On est donc là très loin de l'enseignement antoiniste.
(2) D'accord pour la propagation de l'enseignement (et non de la doctrine décrite plus haut), par contre on se garderait bien d'imposer la reconnaissance de Louis Antoine comme prophète quand dans son enseignement même qu'on veut porpager il est dit qu'il ne faut pas s'attacher à la figure du prophète.
(3) Encore un fois, l'auteur n'est pas au courant de l'évolution et confond le spiritisme et l'antoinisme.
(4) Pas plus le "mouvement" que Louis Antoine ne recommandent d'être végétarien, et encore moins pour guérir. Louis Antoine était lui-même végétarien, certains adeptes l'ont suivis d'autres pas.
(5) L'auteur s'embrouille dans les chiffres et nous avec : étions-nous 150 000 en 1959 ou au début du siècle ? ou 5 000 ? En tout, ou seulement en France ?
(6) Quand on pense qu'en 2000, Paul Ariès écrira ses Sectes à l'assaut de la santé en s'appuyant sur ce livre, on ne s'étonne plus du résultat. Désinformation, aucune source fiable citée. Et voilà la raison pour laquelle ce dernier classe les antoinistes à part de la Science chrétienne. Alors que ces deux mouvements sont réunis par Régis Dericquebourg ou Anne-Cécile Begot.
(7) On verra que l'avis de Françoise d'Eaubonne est tout autre concernant Louis Antoine.



    L'auteur pose cependant certaines bonnes questions. Notamment il préconisait "pas de chasse aux sorcières tous azimuts, ni de 'délit d'envoûtement', mais un examen clair et lucide de tous les aspects avec dénonciation, là où cela s'avère nécessaire, de faits et de pratiques inacceptables, avec poursuites judiciaires éventuelles lorsqu'il y a infraction aux lois existantes" (p.171). Signalons cependant qu'on a vu que l'auteur ne le faisait pas lui même, en mélangeant toutes les époques de l'antoinisme : Antoine spirite, Antoine guérisseur, Antoine prophète.
    Il précise que "objectivement, l'Église chrétienne n'est qu'une secte qui a réussi. Grâce en partie, du reste, à l'utilisation au cours de sa longue histoire mouvementée de bien des pratiques que nous dénonçons aujourd'hui chez les sectes : 'conversions' forcées, endoctrinement abusif, séquestration, intimidation allant jusqu'à la torture et l'assassinat, machinations politiques et recherche de gains personnels sous une couverture religieuse..." (p.171). Il continue le tableau dans la postface à la nouvelle édition : "Au cours de sa longue histoire, du reste l'Église chrétienne - catholique, orthodoxe et protestante - a été l'objet des mêmes griefs, souvent justifiés, que ceux qui sont faits actuellement aux sectes. L'Église a profité de son pouvoir politique, et de la fiction du bras séculier, pour baptiser de force des peuples entiers ; elle a utilisé ses collèges et petits séminaires pour imposer un endoctrinement parfois excessif ; prompte à tendre la main en toute occasion, l'Église l'est moins pour publier ses comptes ; en matière de discipline, enfin, la notion de "liberté religieuse" réclamée à cor et à cri, est comprise davantage comme la liberté de l'Église dans un milieu hostile que la liberté à l'intérieur de l'Église pour ses fidèles ou théologiens..." (p.200).
    Parmis les questions de fond de cette même postface, l'auteur évoque l'ambiguïté du mot 'secte'. "Il faut donc distinguer nettement entre les sectes au sens sociologique du mot - mouvements religieux, philosophiques et politiques qui ont existé de tout temps - et les nouvelles sectes dangereuses, pieuses escroqueries et pièges à crédules.
    "La distinction n'est pas aisée, toutefois, dans la mesure où rares sont les mouvements qui sont totalement bons ou mauvais. C'est pourquoi il faut définir des critères objectifs et précis, qui serviront à juger de la bienfaisance ou la malfaisance de n'importe quel mouvement : secte ou Église (p.197).
    On voit clairement que cela ne fut pas fait par le gouvernement pour établir sa liste. Sans réparation possible.

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Stembert - vue d'ensemble de la façade nettoyée

Publié le par antoiniste

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fronton avec l'inscription remis en état - 1911

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intérieur du temple après rénovation

Publié le par antoiniste

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La robe révélée et les différences sociales

Publié le par antoiniste

    Deux choses aujourd'hui me font revenir sur l'intérêt de porter encore le costume antoiniste de nos jours. En effet, quand on voit les photos de l'époque de Louis Antoine, la raison de la robe révélée était d'effacer les différences sociales (idée que l'on retrouve dans un article de l'Unitif). cf. le billet et les commentaires sur l'Histoire de la robe
    Mais de nos jours, les différences sociales sont beaucoup moins marquées par les vêtements. Mais... et oui, il y a un mais. Tout n'est pas effacé, et le plus dur reste à faire. Car maintenant la pression sociale est plus pernicieuse. Par exemple, la bourqa n'est pas acceptée, les femmes ont mis longtemps avant de pouvoir porter le pantalon, et un homme en jupe, ça vous choquerez ?

    A lire, deux articles sur le sujet, qui en soulève plein d'autres :
- La jupe... pour nous aussi, les hommes ! ;
- L'histoire résumée du port du pantalon par les femmes.

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Les sectes, et puis après

Publié le par antoiniste

    Les sectes? Et puis après...

    Quand je constate, dans le monde, que des femmes et des enfants sont égorgés froidement par des intégristes : que des millions de réfugiés se déplacent de pays en pays pour trouver où vivre : que des enfants sont exploités par un système économique mondial afin de répondre aux besoins des pays riches... Bref, quand je constate la situation où nous sommes – dont nous sortirons peut-être grandis!, comme on dit parfois. Si nous en sortons. Alors, moi, pour tout vous dire : les sectes, je m'en contrefous.

Tout le monde a le choix de se tirer une balle, ou de mettre fin à ses jours comme il l'entend. Cela dit, je ferai tout en mon pouvoir pour dissuader les gens de le faire, estimant quant à moi que ce n'est pas la chose à faire. Mais sans m'immiscer sur le terrain de la responsabilité personnelle. Car chacun est responsable de ses choix. Quand on a le choix, bien sûr. Sans la responsabilité personnelle et le sentiment de cette responsabilité, la conscience demeure stagnante. Pour moi, il ne peut donc être question de limiter la liberté par des lois anti-sectes, comme il y a déjà la loi anti-gang, ou d'autres règlements – qui n'auraient pour effet que d'exciter la paranoïa collective.

La liberté est difficile à vivre. Ce serait même, à ce qu'on dit, une source d'angoisse. La plupart des gens souhaitent être encadrés, se sentir en sécurité : protégés des événements, des circonstances, des conditions et des autres, parfois aussi d'eux-mêmes. Ce serait cette recherche de sécurité qui, bien souvent, fait l'attrait des sectes. De se retrouver ensemble, entre gens qui partagent une même vision, les mêmes valeurs, les mêmes croyances. Pourtant, en ce qui me concerne, dans la mesure où tel regroupement ne nuit pas à ceux qui n'en sont pas ou à la société en général, je ne crois pas qu'il faille intervenir. Tout le monde a le droit de se tromper. Même vous et moi...

Et nous savons, vous et moi, à quoi nous en tenir là-dessus. Qui sommes-nous, en effet, pour parler d'individus conditionnés? Le système dans lequel nous vivons, vous et moi, est une vaste machine à conditionner : publicité, marketing, consommation... Bien que, dans la mesure où la majorité d'entre nous sommes conditionnés en fonction des mêmes convictions, nous nous retrouvons donc tous ensemble dans le même aquarium, sans même nous douter que nous sommes dans un aquarium. C'est le confort d'avoir été bien conditionnés.

Quant à la vision apocalyptique que véhiculent certaines sectes, elle n'est pas nouvelle. De tout temps, on a annoncé la fin du monde. Cette perspective est peut-être distrayante. Sans compter que si la fin du monde finissait par se produire, on se trouverait comme vengés de bien des frustrations! Mais il se trouve qu'à notre époque la vision apocalyptique n'est peut-être pas sans fondement. De nombreux scientifiques sont convaincus que nous assistons présentement sinon à la fin du monde, du moins à la fin d'un monde : il s'en trouve même pour soutenir que " La 6ème extinction est en marche ". Et dans une récente interview, à propos du défi de l'An 2000 Hubert Reeves déclarait : " Le principal défi à relever pour l'humanité c'est d'être encore là pour le troisième millénaire. "

Les membres de sectes sont, en fait, pour la plupart victimes d'eux-mêmes. La vanité est un des facteurs d'attraction des sectes. Les membres se perçoivent comme différents de la masse. Il y a aussi la hiérarchie, qui entretient la volonté de grimper les échelons. Mais les sectes ne sont pas le seul lieu où existe une hiérarchie. Non?

Bref, je me fous des sectes, de leurs pompes et de leurs œuvres comme de ma première paire de culotte!

La plupart des victimes des sectes sont en fait victimes d'elles-mêmes : bien qu'il s'en trouve aussi, c'est vrai, qui soient victimes des autres... Mais la vie n'est pas sans risque. Et les sectes ne sont pas non plus le seul lieu où on peut être victimes des autres, de la machination d'un système qui vend de l'espoir.

Avez-vous acheté votre 6-49, cette semaine?
       

Richard Leakey (Roger Lewin), La 6ème extinction – évolution et catastrophes (éd. Flammarion).

Leakey est paléo-anthropologue de renommée mondiale et Lewin, spécialiste de la biologie et de l'écologie de l'évolution. Un maître-livre qui n'est pas sans inquiéter.


Retour au début© Jacques Languirand
Chronique parue dans le Guide Ressources,
Vol. 12, N° 10, juillet-août 1997

source : http://www.radio-canada.ca/par4/gr/gr1210.htm#sectes_apres

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L'Abbé Mouls, précuseur de Louis Antoine

Publié le par antoiniste

Bruxelles - Couvent de Berlaimont, rue de la Régence (source : delcampe.net)
L'abbé Mouls agé d'una quarantaine d'années (source : gallican.org)

    Peu après la guerre franco-allemande de 1870, l'Abbé Xavier Mouls, ordonné prêtre en 1846 à l'âge de 24 ans à La Teste, Cazaux près d'Arcachon, puis Montigaud près de Bordeaux pour finir à Arcachon en 1854 (dont il est considéré comme un des fondateur), à qui Rome refusait l'évêché, et l'avait même destitué chanoine à Bordeaux en 1869 par le cardinal Ferdinand Donnet, archevêque de Bordeaux, rompt avec l'église catholique, avec le soutien des abbés Pierre Des Pilliers, Jean-Hippolyte Michon, et Pierre-François Junqua (habitant Bordeaux), tous déçus de l'ultramontanisme.
    Il étali alors en Belgique, avec des Pilliers, l'Eglise vieille catholique par la consécration de la Chapelle des Dames de Berlaimont le 28 avril 1872 (la chapelle a aujourd'hui disparu avec la rue du Manège, près de la rue de la Régence). Cette chapelle ia jusqu'à accueillir 1500 auditeurs.
    L'abbé Mouls stoppe les relations avec des Pilliers et publie à partir du 1er juin, La Rénovation religieuse. Junqua se fait arrêté, pour un ouvrage et pour port illégale de la soutane. Il sera accueilli en héro par Mouls et sa congrégation en 1875. Mais étant marié, l'abbé Mouls l'évinça également, préférant une prêtrise sans aucune vie privée. le Père Chéry, dans son Offensive des sectes (1972), remarquera que cela sera des raisons semblables (mariages, divorces et remariages) qui amèneront certaines sectes à se faire des adeptes. François Junqua deviendra par la suite panthéiste et socialiste. On retrouve alors les idées de l'époque et le passage de l'une à l'autre.
    Entre 1872 et 1874, l'abbé Mouls se sépare de l'Eglise vieille catholique et proclame l'Eglise chrétienne des vrais catholiques. Il attaqua alors plusieurs fois les prélats vieux catholiques comme "sentinelles utiles, mais un peu arriérées de la religion de l'avenir". On y retrouvera dans ses rangs Pierre des Pilliers qui fit une tournée de propagande dans la région de Verviers en 1875.
    Mouls garde alors du christianisme que la morale de l'évangile. Il en était arrivé ainsi à une religion, selon lui "naturelle" car il la prétendait innée, et qui résumait dans le théisme et la croyance à l'immortalité de l'âme. S'il maintenant un culte etérieur, c'était uniquement pour répondre aux besoins qu'éprouvent les hommes à s'unir à leurs frères dans l'adoration divine et à marquer par des rites les étapes importantes de leur vie.
    Il décide plutôt de se rappocher des unitariens anglais et prêcha aussi dans les milieux protestants libéraux de Hollande. Finalement il s'allia avec Charles Fauvety qui avait fondait à Paris l'"église laïque rationnelle" qui ne gardait Dieu que dans un sens panthéiste et l'immortalité de l'âme que "comme une probabilité".
    Peu à peu la feuille La Rénovation religieuse devient La Rénovation Universelle et porte en manchette : Liberté de conscience, Liberté religieuse, Fusion des cultes, Fraternité universelle. Elle comprend des articles avant-gardistes, en faveur de la crémation ou de l'émancipation des femmes.
    Pour l'office l'abbé Mouls revêt un manteau blanc oriental aux parements bleu de ciel se rapprochant de la toge des juges.
    L'abbé voyage ensuite dans toute la Belgique pour prêcher, visitant plusieurs fois Chênée ou Seraing, mais le Hainaut reste sa terre de prédilection : il se rendit 80 fois à Jumet. A Mouscron, beaucoup de Français viennent l'écouter.
    Une assemblée générale des fidèles avait désigné Mouls comme chef et avait élu un comité de 32 membres. Autour se greffe la rédaction du journal, mais aussi une société de secours mutuel, un bureau de charité, un cercle scientifique, une chorale et une bibliothèque. Des comités locaux se crée petit à petit à Anvers (un prêtre de Bruges, Léon Opsomer, et un pasteur, Bekking avait déjà depuis longtemps commençaient les prêches en flamand, avant de quitter le mouvement de Mouls), puis Jumet, Charleroi, Jemappes, Liège, Chênée, Seraing et Mouscron. Celui d'Anvers s'arrête vite, mais les autres continus au moins jusqu'en 1875. Seul Charleroi essaya de créer une église succursale avec ministère, un notable fut prêt à donner 2000 francs pour ériger un tempte. En 1875, il n'y a plus qu'une vingtaine de personnes qui assiste à l'office, dont encore beaucoup de curieux. La chapelle de Berlaimont est abandonnée pour une salle plus petite dans la rue de la Régence. Il abandonne alors les offices dominicales. A Jumet et Mouscron (où les catholiques feront un autodafé de ses écrits et où la Sûreté suivra ses faits et gestes), une vingtaine de personne assiste également à ses discours. Mouls compte alors en 1876 plus que 1245 membres pour toute la Belgique. Parfois on fait encore appel à lui, quand un prêtre catholique refuse de venir, pour un baptême, un mariage ou une cérémonie funéraire. En 1877, le journal, dont Mouls était devenu le seul rédacteur, s'arrête. Dans sa nécrologie pour Eugène Vintras (1807-1875), il écrit : "Ses nombreux sectateurs, belges, français, russes etc., etc. se nourrissent de la lecture de ses écrits, vénèrent le prophète comme un précurseur du nouveau Messie. Il est mort, mais doit bientôt se réincarner pour être le Jean-Baptiste du Christ qui doit renaître pour régénérer la face de la terre. Attendons les événements."
    Pierre Dor aurait été au courant, lui qui avait aussi été en contact avec des Russes, et aurait essayé de faire passer son oncle Louis Antoine comme la réincarnation de Vintras, pour se prétendre le Messie ? D'autant plus que l'abbé Mouls avait suffisemment frappé les esprits pour faire toujours des apparitions dans les séances spirites à Jumet encore à la fin du siècle.
    Mouls aurait rencontré Vintras, réincarnation du prophète Élie, à Bruxelles. Mais il noua plus de contact avec les spirites de la capitale. Leur influence se marque dans le Journal dès octobre 1874. Mouls y défend plusieurs fois le spiritisme ainsi que dans ses conférences. D'abord réticents par rapport au magnétisme et mesmérisme, il s'en fait l'apôtre dans la Rénovation, et devient le Docteur Conrad exerçant ses talents dans des bourgades du Hainaut, notamment à Roux et Jumet.
    Ayant stoppé la rédaction de son journal, il se consacre entièrement au magnétisme à Chapelle-les-Herlaimont, chez son médium, la femme Cambier dite "la grande Térau". Il exerça cet art de guérir jusqu'à sa mort le 5 juillet 1878, ce qui ne lui laissa pas assez de temps pour reformer un culte à partir des fidèles de Mouls thaumaturge. Il fut le premier enterré civilement à Chapelle-les-Herlaimont. L'Eglise Gallicane de Bordeaux "pour qui le souvenir de l'abbé Mouls ne s'est pas effacé", fut fondé par le Révérend Père Hyacinthe Loyson en 1883, qui tenta vainement d'établir un culte en Belgique malgrè la propagande de des Pilliers (l'abbé Mouls attaqua vertement le père Hyacinthe dans son journal après son mariage). L'Eglise gallicane eut le soutien de l'Eglise vieille-catholique, et existe maintenant en Belgique, dirigé par l'évêque Monseigneur Pierre-Henri Dubois depuis 1982 (par ailleurs prêtre de l’Eglise Catholique Gallicane depuis 1970). Il subsiste aujourd'hui plusieurs autres églises gallicanes ne s'interférant pas les unes les autres comme : l'Église gallicane, tradition apostolique de Gazinet, proche de l'Église Catholique Gallicane de France, et la paroisse Sainte Rita à Paris XVème. Leurs principales activités sont l'exorcisme et le désenvoutement et la bénédiction en tout genre. L'antoinisme s'est peu à peu séparé de ces exercices, mais pratique la même tolérance que cette église.

source : http://www.gallican.org/mouls.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gallicanisme
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_gallicane,_tradition_apostolique_de_Gazinet
http://leonc.free.fr/histoire/mouls/index.htm
John Bartier, Les ''vrais'' catholiques en Belgique : 1872-1878, in Jean PRÉAUX, Problèmes d'histoire du Christianisme (digistore.bib.ulb.ac.be)


    John Bartier termine son article par : "Trente ans plus tard, un autre guérisseur, sorti de ce prolétariat wallon qui avait cru au Docteur Conrad, et était passé par ces milieux spirites qu’il avait fréquentés, réussissait là où Mouls avait échoué. Aussi, bien qu’il n’y ait pas eu contact direct entre les deux hommes, on peut voir en Mouls le précurseur de Louis-Joseph Antoine, le fondateur de l’Antoinisme."
    En effet, pas de contact direct entre les deux hommes, mais bien une même aspiration de la population qui, l'abbé Mouls disparu, se tourna vers Louis Antoine.

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Jemeppe-sur-Meuse-intérieur du Temple d'Antoine le Guériseur - tribune

Publié le par antoiniste

source : Europeana-Ghent University Library

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