Etty Hillesum - conserver intact à travers les épreuves un morceau de son âme
Une fois, c'est un Hitler, une autre fois un Ivan le Terrible, par exemple, une fois, c'est la résignation, une autre fois, les guerres, la peste, les tremblements de terre, la famine. Les instruments de la souffrance importent peu, ce qui compte, c'est la façon de porter, de supporter, d'assumer une souffrance consubstantielle à la vie et de conserver intact à travers les épreuves un morceau de son âme.
Etty Hillesum, Une vie bouleversée,
Traduit du néérlandais par Philippe Noble,
Edition du Seuil, 1985. p. 155
source : http://users.swing.be/paul-malvaux/hillesum.html
Comment nos sens nous trompent - les illusions de Freud
Auguste de Villiers de l'Isle-Adam - Des mirages de mondes illusoires
D'ailleurs, qu'avons-nous besoin de nous créer des mirages de mondes illusoires ? En avons-nous envie ?... Nous allons les chercher et nous les découvrons en réalité, — témoins les deux Amériques, l'Australie et les centaines de mondes de l'Océanie.
Auguste Villiers de l'Isle-Adam, Isis
Chapitre VII - La bibliothèque inconnue
Brother Jack Mcduff - Tobacco Road - Can't Get Satisfied
I try, and I try, but I can't get satisfied.
Thierry Renard - Silence(s) (Objets)
George Orwell - 1984 - Première Partie, Chapitre VII
Je comprends comment. Je ne comprends pas pourquoi.
Il se demanda, comme il l’avait fait plusieurs fois déjà, s’il n’était pas lui-même fou. Peut-être un fou n’était-il qu’une minorité réduite à l’unité. À une certaine époque, c’était un signe de folie que de croire aux révolutions de la terre autour du soleil. Aujourd’hui, la folie était de croire que le passé était immuable. Peut-être était-il le seul à avoir cette croyance. S’il était le seul, il était donc fou. Mais la pensée d’être fou ne le troublait pas beaucoup. L’horreur était qu’il se pouvait qu’il se trompât.
Il prit le livre d’Histoire élémentaire et regarda le portrait de Big Brother qui en formait le frontispice. Les yeux hypnotiseurs le regardaient dans les yeux. C’était comme si une force énorme exerçait sa pression sur vous. Cela pénétrait votre crâne, frappait contre votre cerveau, vous effrayait jusqu’à vous faire renier vos croyances, vous persuadant presque de nier le témoignage de vos sens.
Le Parti finirait par annoncer que deux et deux font cinq et il faudrait le croire. Il était inéluctable que, tôt ou tard, il fasse cette déclaration. La logique de sa position l’exigeait. Ce n’était pas seulement la validité de l’expérience, mais l’existence même d’une réalité extérieure qui était tacitement niée par sa philosophie. L’hérésie des hérésies était le sens commun. Et le terrible n’était pas que le Parti tuait ceux qui pensaient autrement, mais qu’il se pourrait qu’il eût raison.
Après tout, comment pouvons-nous savoir que deux et deux font quatre ?
que la gravitation exerce une force ? Ou que le passé est immuable ? Si le passé et le monde extérieur n’existent que dans l’esprit et si l’esprit est susceptible de recevoir des directives ? Alors quoi ?
George Orwell - 1984
Première Partie, Chapitre VII
Comment nos sens nous trompent - l'anamorphose
Claire Lejeune - Être est faire, penser, dire
Être est faire, penser, dire. Quoi ? L'amour. Être c'est donc aimer. Cela ne change pas. Et cependant reconnaître cela c'est consentir à changer.
Claire Lejeune, Mémoire de Rien, La geste, Scories
Editions Labor - Espace Nord, p.129
Maxence Van der Meersch, Masque de chair - A-t-on le temps ?
A-t-on le temps d'y voir très clair en soi quand l'existence vous emporte ? L'homme a eu à peine le temps d'un éclair de réflexion sur lui, son aventure terrestre, et déjà, il est mort.
Maxence Van der Meersch, Masque de chair
Albin Michel, Paris, 1958 (p.11)
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