Schoten - Frans de Ceusterlei 18 (Google Satellite - Vue 3D)

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DE STRALENKRANS VAN HET GEWETEN
Een enkel middel kan de menschheid genezen: Het Geloof. Uit het geloof wordt de liefde geboren. De liefde, die ons God zelfs in onze vijanden doet zien. Zijn vijand niet lief te hebben, is God niet beminnen, want de liefde, die wij voor onze vijanden gevoelen, maakt ons waardig Hem te dienen. Ze is de eenige liefde, die ons waarlijk doet lief hebben, omdat zij is zuiver en waar.
Beschrijving
Tempel van de Culte Antoiniste. Dit was een religieuze beweging die uit Wallonië naar onze streken was overgewaaid in de jaren 1920. Ingehuldigd op 20.10.1929. Elke zondag was er minstens een eredienst, maar er zijn perioden geweest van vier tot vijf lezingen per week.Vanaf 1960 liep het aantal fel terug en in de jaren 1970 kwam er een einde aan. In 2001 werd de tempel verkocht aan een gezin dat er zijn woonst van maakte. Enkel de nog intacte gevel herinnert ons aan de vroegere bestemming.
Materiaal
Foto
Locatie
Deuzeld
Straat
Frans De Ceusterlei
Literatuur
Brochure "Verdwenen ... maar niet spoorloos" uitgegeven door de Erfgoedraad van Schoten bij de Erfgoeddag van 2018
source : https://beeldbankschoten.be/beeldcollectie/?mode=gallery&q=Antoiniste&page=1&view=list&oldView=gallery&reverse=0
Traduction de la description :
Temple du Culte Antoiniste. Il s'agit d'un mouvement religieux venu de Wallonie dans notre région dans les années 1920. Inauguré le 20.10.1929. Il y avait au moins un office chaque dimanche, mais pendant certaines périodes il y avait de quatre à cinq lectures par semaine. À partir de 1960, le nombre d'offices a fortement diminué et dans les années 1970, ils ont pris fin. En 2001, le temple a été vendu à une famille qui en a fait sa maison. Seule la façade intacte nous rappelle son ancienne destination.
Op Zondag, 20 Oktober 1929, werd door « Mère Antoine », voor die gelegenheid herwaarts gekomen, te Deuzeld onder Schooten, vlak bij Antwerpen, een Antoinistische tempel ingehuldigd. Meer dan tweeduizend Antoinisten – allen walen en franschen – waren toegestroomd om de heugelijke gebeurtenis bij te wonen. Het gold immers den inzet hunner propaganda in het Vlaamsche land en dezes hoofstad, Antwerpen, en er moest indruk gemaakt worden. Bij het zien van dien zonderlingen stoet, aangevoerd door mannen in lange zwarte kleedij, die wel iet weg heeft van een priestersoetaan, van vrouwen gekleed als weduwen in rouw, – priesters en priesteressen met ascetische gezichten en hoogernstig gedoe en die zoo schoon praatten over geloof en naastenliefde, – zullen wel enkele menschen zich afgevraagd hebben, of er nu toch eene nieuwe kerk onstaan was.
Frans Stefaan Z.E.H. Pastoor Verlinden, Het Antoinisme : zijn ontstaan, zijn ziekenbehandeling, zijn godsdienst en zijn eeredienst, Geloofsverdediging (Antwerpen), Veritas (Gand), Godsdienstige en sociale trakten, nummer 8, 1929, p.3
Traduction :
Le dimanche 20 Octobre 1929, a été l'occasion pour « Mère Antoine » de venir à Deuzeld (Schooten), près d'Anvers, inaugurer un temple Antoiniste. Plus de deux mille Antoinistes - tous Wallons et Français - s'étaient précipités à l'événement, heureux d'y participer. C'est après tous les efforts de leur propagande dans le pays flamand et dans sa capitale, Anvers, qui a dû en être impressionnée. A la vue de cette étrange procession, menée par des hommes en longue robe noire, qui ressemble un peu à une soutane de prêre, et des femmes vêtues comme des veuves en deuil, - les prêtres et les prêtresses aux visages ascétiques, aux mouvements très graves et aux beaux discours sur la foi et la charité, - d'aucuns se sont demandés, s'il y avait encore une nouvelle église qui se formait.
Dans ses reportages, Auguste de Winne établit une hiérarchie claire entre la Wallonie rouge, prospère, libre-penseuse et la Flandre pauvre, soumise, illettrée et malade. La cause du malaise flamand était imputée au tandem formé par les patrons et l'Église, une alliance qui bloquait toute émancipation. "Pauvre peuple flamand, ta faiblesse pourra-t-elle jamais vaincre cette monstrueuse puissance, cette hydre à deux têtes : l'Église, avec la force lourde que lui ont léguée des siècles de domination, et la Bourgeoisie, avec tout son or ?" se demande-t-il, "douloureusement inquiet".
De Winne raconte que les curés visitent régulièrement les usines et y tiennent des conférences en période électorale. Les ouvriers doivent fréquenter les "cercles et les patronages cléricaux" sous pleine de licenciement. Le pilier catholique était dominé par une culture du clientélisme, un système étonnamment similaire à la politique actuelle du service pratiquée en Wallonie à bien des endroits. A la fin d' A travers les Flandres, il crache sa colère contre le r$ole de l'Église dans un court manifeste : "On a osé parler de la banqueroute de la science, la science libératrice. La banqueroute de l'Église est autrement visible et patente, surtout ici, dans cette pauvre Flandre. C'est qu'une doctrine qui se contente de prêcher la réforme morale de l'Humanité tout en laissant subsister, en acceptant les classes sociales, les criantes inégalités de condition, ne saurait engendrer qu'un régime d'iniquité, de spoliation, de misère et d'ignorance. Et la réforme morale, but suprême de ses efforts, est condamnée à l'échec le plus lamentable."
[...]
Le pilier catholique a bien tenté de développer une vie culturelle organisée. Il craignait la perte de la ferveur populaire, en clair l'estompement de l'identité chrétienne. August Cools, prédécesseur de Jef Houthuys à la tête de la CSC voyait les choses ainsi : "C'est sur les larges épaules de nos mineurs flamands que le Christ fera son entrée en Wallonie." L'émigration économique vue comme un cheval de Troie cachant des missionnaires chrétiens. Souvent, c'étaient les ordres religieux, comme les rédemptoristes et les capucins, qui tentaient de maintenir les immigrés dans le droit chemin grâce à des projets comme l'Oeuvre des Flamands. Nulle part les associations ne se sont maintenues, nulle part l'évangélisation n'a réussi.
"Le milieu dans lequel les Flamands arrivaient était en bonne partie déchristianisé et socialiste. Le prêtre a disparu de leur vie ou y a été moins présent. Peut-être la foi était-elle moins importante pour les migrants flamands que nous ne sommes tentés de le penser. La grosse majorité a simplement choisi un autre pilier, qui avait ses propres rituels et ses propres fêtes. La vie culturelle socialiste a presque disparu. Aujourd'hui, les maisons du peuple sont souvent devenues des caricatures, des bistrots de troisième zones."
Pascal Verbeken, La Terre promise, Flamands en Wallonie,
Le Castor Astral, Bruxelles, 2007 (2010 pour la traduction), p.168-169 & p.175
Titre original : Arm Wallonië (Een reis door het beloofde land)
Nos ouvriers flamands, si sédentaire, se sont mis à émigrer en grand nombre. Leur instinct de conservation et l'énergie de la race ont eu raison de la chloroformisation cléricale. Les uns travaillent dans les fabriques du Centre, de Charleroi et du pays de Liège, d'autres traversent chaque jour ou chaque semaine la frontière et se rendent dans les villes manufacturières du nord de la France, d'autres encore s'en vont chaque année, généralement de mars à octobre, dans les campagnes françaises, faire la moisson, la récolte des betteraves, ou travailler dans les sucreries ou briqueteries.
Et cependant, chaque fois qu'ils le peuvent, ils reviennent au village. [...] L'émigration ouvrière a surtout pris une grande extension à partir de 1870, par suite de la création, cette année, de billets d'abonnements ouvriers aux chemins de fer.
[...]
Quelles sont, au point de vue politique, les conséquences de ce contact des ouvriers des campagnes flamandes avec la population socialiste des villes et des régions industrielles de la Wallonie ? Elles ne sont pas difficiles à deviner : les ouvriers migrateurs échappent à l'influence des curés et des seigneurs du village lentement, mais sûrement, leur cerveau s'imprègne d'idées socialistes dont ils deviennent les propagateurs souvent involontaires dans les Flandres.
Auguste de Winne, A travers la Flandres (extraits)
in Pascal Verbeken, La Terre promise, Flamands en Wallonie,
Le Castor Astral, Bruxelles, 2007 (2010 pour la traduction), p.313-314 & p.315
Colette est veuve de Victor. Depuis peu, elle rappelle à Valentin, le frère de Victor, les évènements de leur vie commune, et de la famille des trois V : Victor, Vincent et Valentin. Colette arrive ici au moment où Victor se rappelle d'un moment de la vie de anversoise entre la mère, le père et les enfants :
Parce qu'il s'appelait Antoine, a rajouté Victor, elle se moquait de lui devant nous en insinuant qu'il était sans doute antoiniste.
Les antoinistes, ai-je soufflé à Colette à ce moment-là, c'est une secte de cagots qui, venue de Liège, s'est implantée à Anvers où ils avaient un petit temple près de chez nous. Oui, Colette le savait, Victor le lui avait dit, et elle n'aimait pas être interrompue. Tiens, comme mon frère, me suis-je dit, mais je n'ai pas relevé.
Hubert Nyssen, Les déchirements, p.150-151
Actes Sud, Paris, 2008
L'« Amérique », la plus ancienne et la plus riche de ces nations, au service de laquelle venait d'entrer Laurent, écrémait la main-d'oeuvre, disposait des plus beaux chevaux, possédait des installations modèles et un outillage perfectionné. Chariots, harnais, grues, bâches, cordeaux, bannes, poulies et balances n'avaient point leurs pareils chez les corporations rivales. Depuis Hoboken jusqu'à Austruweel et à Merxem on ne rencontrait que ses diligentes équipes. Ses poseurs et ses mesureurs transbordaient le grain importé sur des allèges d'une contenance invariable ; ses portefaix juchaient les sacs et les ballots sur leurs épaules et les rangeaient à quai ou les guindaient sur les fardiers ; ses débardeurs déposaient sur la rive des planches, poutres et grumes en réunissant les produits de la même essence.
Trop habitués à ouvrer de leurs dix doigts pour s'escrimer du crayon et de la plume, c'était Laurent qui, sur la présentation de leur collègue Vingerhout, le syndic des chefs ou baes, était chargé de leur besogne de bureau et aussi du soin de contrôler, à l'entrée ou à la sortie des docks, les chiffres renseignés par les peseurs et mesureurs d'autres corporations.
Un négociant en café, client de l'Amérique, a-t-il repris une partie de denrées à un confrère, Laurent reçoit le stock des mains de la nation concurrente avec laquelle a traité le vendeur. Il en a souvent pour une journée de posage sur le quai en pleine cohue, sous les ardeurs du soleil ou par la pluie et la gelée. Mais il s'absorbe en la tâche. Des centaines de balles poinçonnées et numérotées depuis la première jusqu'à la dernière défilent devant lui. Il additionne des colonnes de chiffres tout en surveillant du coin de l'oeil le jeu de la balance. Car gare aux erreurs ! Si le preneur ne trouvait pas son compte, c'est l'Amérique qu'il tiendrait responsable de l'écart, à moins que Laurent n'eût constaté que le préjudice émanait du vendeur et de ses ouvriers.
Georges Eekhoud, La Nouvelle Carthage (1888)
Deuxième Partie : Freddy Béjard, Chapitre III : Ruches et guêpiers