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Consécration d'un Temple Antoiniste à Schaerbeek (Journal de Bruxelles & Le Vingtième Siècle, 3 août 1925)(Belgicapress)

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Consécration d'un Temple Antoiniste à Schaerbeek (Journal de Bruxelles & Le Vingtième Siècle, 3 août 1925)(Belgicapress)             Consécration d'un Temple
                               Antoiniste à Schaerbeek

    Le Culte Antoiniste, reconnu par l'Etat depuis août 1924 et qui possède une vingtaine de temples en Belgique et une dizaine en France, a près de deux millions d'adeptes à l'heure actuelle ; les bases de la morale et de l'enseignement des Antoinistes semblent être : la Foi, le Désintéressement et l'Amour. Ce sont gens très simples, trop simplistes, pourrait-on dire, qui portent lévite noire et chapeau rond ; les femmes sont habillées à peu près comme les Auxiliatrices. Ils se considèrent entre eux comme Frères et Sœurs ; il n'y a pas de « ministres » du culte, l'égalité parfaite devant régner entre les membres de cette secte qui a refusé les subsides de l'Etat. Dons reçus, dons remis, soins, consolations, tout y est anonyme. Les renseignements que j'ai pu recueillir au cours de la Consécration du Temple de Schaerbeek semblent démontrer que ces très braves gens « planent » un peu. Leur phraséologie relativement confuse pour un profane tend à simplifier tellement les sentiments, la morale, l'application de leurs enseignements à la vie quotidienne, que cela en devient, pour finir, très compliqué.
    La « Mère » de Rognancourt, remplaçant la « Mère » Antoine – qui est âgée de près de 80 ans et se déplace difficilement – après avoir officié à l'intérieur du Temple, vint au seuil. A sa droite un emblème argenté porte ces mots : « L'Arbre de la Science et de la Vue du mal »(?). Derrière elle le « Frère » Musin prie. La « Mère » prend une attitude concentrée, les yeux fixes, les mains jointes. Le Fr. Musin regarde alors fixement les quelque quinze cents personnes qui sont là, chapeaux bas sous la pluie qui commence et dit : « La Mère Antoine vient de consacrer ce Temple au nom du Père Antoine. Nous allons nous recueillir et vous faire don de sa grâce : chacun en recevra selon sa Foi et ses mérites », puis il fait l'imposition des mains : un profond silence ; une atmosphère d'attaque de nerfs semble grandir. Ça ne rate pas, d'ailleurs, et voilà une femme qui s'évanouit. Heureusement que la pluie augmente et rafraîchit un peu les cerveaux légèrement échauffés. Les yeux fixes du Frère qui tend les bras vers la foule, paumes en avant, font le tour de l'auditoire puis le Frère Janin, ancien commandant de la marine française et officiant du Temple nouveau, lit les « Dix Préceptes du Père », base de la « Révélation ». Cette révélation, d'après les adeptes du Culte Antoiniste, doit remplacer celle de N. S. Jésus-Christ, périmée à leurs yeux. La « révélation » du Père Antoine est moderne et plus logique, disent-ils.
    Le Temple est nu. C'est une grande salle aux murs blancs sans images. Des inscriptions et une chaire. En en faisant le tour, j'ai éprouvé de nouveau cette atmosphère « d'attaque de nerfs » déjà notée. Il y avait près de deux mille personnes à cette Consécration et toute une rangée d'autos attendait dans l'avenue Jacques Rayé. –       Sterpigny.

Journal de Bruxelles & Le Vingtième Siècle, 3 août 1925 (source : Belgicapress)

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Consécration d'un Temple Antoiniste à Schaerbeek (Journal de Bruxelles & Le Vingtième Siècle, 3 août 1925)(Belgicapress)

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Consécration d'un Temple Antoiniste à Schaerbeek (Journal de Bruxelles & Le Vingtième Siècle, 3 août 1925)(Belgicapress)             Consécration d'un Temple
                               Antoiniste à Schaerbeek

    Le Culte Antoiniste, reconnu par l'Etat depuis août 1924 et qui possède une vingtaine de temples en Belgique et une dizaine en France, a près de deux millions d'adeptes à l'heure actuelle ; les bases de la morale et de l'enseignement des Antoinistes semblent être : la Foi, le Désintéressement et l'Amour. Ce sont gens très simples, trop simplistes, pourrait-on dire, qui portent lévite noire et chapeau rond ; les femmes sont habillées à peu près comme les Auxiliatrices. Ils se considèrent entre eux comme Frères et Sœurs ; il n'y a pas de « ministres » du culte, l'égalité parfaite devant régner entre les membres de cette secte qui a refusé les subsides de l'Etat. Dons reçus, dons remis, soins, consolations, tout y est anonyme. Les renseignements que j'ai pu recueillir au cours de la Consécration du Temple de Schaerbeek semblent démontrer que ces très braves gens « planent » un peu. Leur phraséologie relativement confuse pour un profane tend à simplifier tellement les sentiments, la morale, l'application de leurs enseignements à la vie quotidienne, que cela en devient, pour finir, très compliqué.
    La « Mère » de Rognancourt, remplaçant la « Mère » Antoine – qui est âgée de près de 80 ans et se déplace difficilement – après avoir officié à l'intérieur du Temple, vint au seuil. A sa droite un emblème argenté porte ces mots : « L'Arbre de la Science et de la Vue du mal »(?). Derrière elle le « Frère » Musin prie. La « Mère » prend une attitude concentrée, les yeux fixes, les mains jointes. Le Fr. Musin regarde alors fixement les quelque quinze cents personnes qui sont là, chapeaux bas sous la pluie qui commence et dit : « La Mère Antoine vient de consacrer ce Temple au nom du Père Antoine. Nous allons nous recueillir et vous faire don de sa grâce : chacun en recevra selon sa Foi et ses mérites », puis il fait l'imposition des mains : un profond silence ; une atmosphère d'attaque de nerfs semble grandir. Ça ne rate pas, d'ailleurs, et voilà une femme qui s'évanouit. Heureusement que la pluie augmente et rafraîchit un peu les cerveaux légèrement échauffés. Les yeux fixes du Frère qui tend les bras vers la foule, paumes en avant, font le tour de l'auditoire puis le Frère Janin, ancien commandant de la marine française et officiant du Temple nouveau, lit les « Dix Préceptes du Père », base de la « Révélation ». Cette révélation, d'après les adeptes du Culte Antoiniste, doit remplacer celle de N. S. Jésus-Christ, périmée à leurs yeux. La « révélation » du Père Antoine est moderne et plus logique, disent-ils.
    Le Temple est nu. C'est une grande salle aux murs blancs sans images. Des inscriptions et une chaire. En en faisant le tour, j'ai éprouvé de nouveau cette atmosphère « d'attaque de nerfs » déjà notée. Il y avait près de deux mille personnes à cette Consécration et toute une rangée d'autos attendait dans l'avenue Jacques Rayé. –       Sterpigny.

Journal de Bruxelles & Le Vingtième Siècle, 3 août 1925 (source : Belgicapress)

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L'horrible crime d'Ixelles (La Dernière Heure, 3 juin 1934)(Belgicapress)

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L'horrible crime d'Ixelles, Mme Curé, adepte antoiniste (La Dernière Heure, 3 juin 1934)(Belgicapress)L’HORRIBLE CRIME D’IXELLES

LE MYSTÉRIEUX SOLDAT QUI TUA Mme CURÉ
A PU ÊTRE IDENTIFIE

DÉJA DÉSERTEUR, IL EST RECHERCHÉ PAR
LA JUSTICE MILITAIRE QUI LE JUGERA

    Nous avons relaté, hier, l'horrible crime commis à Ixelles, rue Georges Lorand, 31 : une vieille femme, Mme Curé, a été trouvée morte, assassinée.
    Un soldat inconnu a été vu par de nombreuses personnes, dont aucune n'a pu donner un signalement précis de ce militaire, qui paraît être l'assassin.

                                L'AUTOPSIE DE LA VICTIME

    L'autopsie du cadavre de Mme veuve Curé, pratiquée par MM. les médecins légistes Héger-Gilbert et Marcel Héger, a montré que la malheureuse est morte assommée par des coups de bouteille répétés. Le cuir chevelu est déchiré en plusieurs endroits, mais les os du crâne proprement dits ne présentent pas de fractures. La mort a néanmoins été soudaine. Le bâillonnement et les entraves mises aux poignets sont des actes que l'assassin a pratiqués, par excès de précaution, après la mort de la victime, sans doute dans la croyance que celle-ci n'était qu'évanouie.
    Cependant, le bâillonnement a été fait avec une telle brutalité qu'il aurait pu, lui aussi, amener la mort de la pauvre femme.
    En effet, le bandit s'est servi de deux serviettes. L'une avait été enfoncée dans la bouche, avec une telle violence que le râtelier de l'octogénaire avait été brisé, la partie supérieure avait été refoulée au fond de la gorge et obstruait complètement les voies respiratoires. La partie inférieure a été retrouvée sur le parquet.
    La seconde serviette, nouée derrière la tête, était destinée à maintenir la première employée en forme de tampon.
    Les mains étaient liées au moyen d'une camisole tordue. Il ne semble pas que l'assassin ait apporté avec lui un objet quelconque dans le but de commettre son crime.
    On sait qu'il a été acheter les bouteilles de bière, qui ont servi de massue, dans un café du voisinage. Les serviettes et la camisole appartiennent à la victime et se trouvaient dans la pièce, sans doute à portée de la main de l'assassin.

                               UN INCIDENT BIZARRE

    Sur cette enquête, comme la chose arrive souvent, vient se greffer un incident qui, malgré son caractère un peu mystérieux, ne paraît pas avoir de rapport avec le crime.
    Avant que celui-ci eut été commis et avant l'arrivée du soldat dans la maison, c'est-à-dire jeudi vers 4 heures de l'après-midi, une femme très âgée — à qui on suppose environ quatre-vingts ans ! — petite, assez forte, s'est présentée dans une épicerie de la rue du Conseil et y a acheté une bouteille de lait.
    Elle dit qu'elle faisait cette emplette pour le compte de Mme Curé, et que dorénavant, elle ferait les commissions de celle-ci.
    Chose étrange : on a retrouvé la bouteille de lait dans la chambre de la victime, mais on ne parvient pas à identifier la vieille femme que personne n'a vu entrer ni sortir de la maison de la rue Georges Lorand.

                               L'ASSASSIN EST IDENTIFIE

    Naturellement, aussitôt qu'un militaire fut suspecté du crime, les devoirs nécessaires furent faits de toute urgence, par la police du Parquet pour connaître les soldats petits et malingres, déserteurs ou en permission de sortie, qui pouvaient matériellement, se trouver à Ixelles jeudi, entre 5 et 7 heures.
    D'autre part, on avait relevé dans la pièce sur un verre et sur des débris de bouteille des empreintes digitales nettement analysables et ayant été laissées évidemment, par le meurtrier.
    Ces traces ont été comparées aux empreintes des fiches militaires de déserteurs.
    Elles ont été identifiées avec celles d'un nommé Lens, soldat déserteur du 1er régiment de ligne en garnison à Liége.
    Aussitôt Lens a été dénoncé à l'autorité militaire et M. le vice-président Pouppez de Kettenis, statuant en Chambre du Conseil, a signé une ordonnance désistant la justice civile du dossier en faveur de la justice militaire.
    Dès samedi avant-midi, l'auditoriat militaire du Brabant s'est mis en rapport avec celui de la province de Liége pour que les recherches de l'assassin soient coordonnées avec celles des polices judiciaires et gendarmerie du royaume.
    Lens a été porté manquant au 1er régiment de ligne le 26 mai. Il devait rentrer à cette date après une permission qu'il avait eue pour se rendre, précisément, à Ixelles. — C.

                               CHEZ LES ANTOINISTES

    Au temple antoiniste de l'avenue Guillaume van Haelen, à Forest, la « vieille Curé » — c'est ainsi qu'était familièrement désignée Mme Louise Goffaux — était bien connue. Elle venait là depuis de très longues années. Toutefois, à cause de son grand âge, on ne la voyait plus guère l'hiver.
    Dimanche dernier, elle vint à la lecture de dix heures du matin, puis, s'entretient avec le père antoiniste ; elle lui parla du seul souci qui la tourmentait depuis la guerre : le sort de son fils émigré aux Etats-Unis.
    Il y a quelques années, la « vieille Curé » avait demandé l'aide des prières du père antoiniste pour retrouver la trace de ce fils dont — à l'époque — elle était sans nouvelle aucune ; bientôt elle vint tout heureuse annoncer que ses recherches et ses démarches avaient abouti ; que son fils lui avait écrit ; qu'il lui envoyait même de l'argent pour assurer sa subsistance.
    La vieille femme aurait voulu depuis très longtemps, trouver parmi les adeptes du culte antoiniste quelqu'un qui voulût la prendre chez elle ; mais elle déclara qu'elle ne pourrait jamais payer plus de dix francs par jour et qu'au surplus elle vivait avec bien moins que cela. Son vœu ne fut pas exaucé ; elle ne trouva personne et elle s'en plaignit parfois avec des paroles d'amertume, disant notamment : « Sont-ce donc de vrais antoinistes ? »
    Elle avait une sœur à Bruxelles, mais toutes relations avec elle avait été rompues, lorsqu'elle adhéra au culte antoiniste.
    Comment faisait-elle — elle presque Impotente et handicapée par son grand âge — pour venir assez souvent de la rue Georges Lorand à l'avenue Van Haelen, assister à la lecture dominicale ?
    Des personnes du voisinage la conduisait au tramway à Ixelles et, sitôt débarquée à Forest, elle trouvait toujours l'un ou l'autre antoiniste pour l'accompagner.
    On la vit toujours seule ; on ne lui connaissait ni relations ni connaissances ; au temple de l'avenue Van Haelen, on se demande si — désespérant de se faire héberger par un adepte du culte antoiniste — elle n'était pas entrée en contact avec des habitants de son quartier, dans le but de se faire aider et de trouver compagnie.
    On croit que le vol n'a pas pu procurer grosse recette à l'assassin. — G.

                               L'IDENTITÉ DE L'ASSASSIN
                                          DE Mme CURÉ

    Le militaire qui est recherché est un nommé François Lentz (et non Lens, comme on l'avait dit précédemment), né à Bourg-Léopold, le 23 mai 1913.
    Il est noté à son régiment comme étant de mauvaise conduite.
    Son chef de corps a reçu à plusieurs reprises des plaintes à son sujet, émanant de ses parents, notamment à propos du vol, au domicile paternel, d'une sacoche contenant 250 francs.

                               VOISINS

    François Lentz était venu en permission, à Ixelles, chez ses parents, qui habitent rue de la Tulipe, voisine de la rue Georges-Lorand, où le crime a été commis.
    Sa mère était en relations d'amitié avec Mme veuve Curé ; c'est ce qui explique que celle-ci ait reçu chez elle, sans défiance, le jeune militaire.
    Le signalement du meurtrier est publié comme suit : taille 1 m. 57, cheveux blond foncé, visage imberbe assez large, nez retroussé, deux rides horizontales barrent le front.
    On croit que le jeune homme avait la faculté de se mettre en civil.

                               FILS D'HONNETES COMMERÇANTS

    Les parents de François Lentz — c'est-à-dire sa mère et le second mari de celle-ci — sont d'honnêtes et travailleurs commerçants, établis depuis longtemps dans la rue de la Tulipe et bien connus dans le quartier de la place du Conseil.
    Ils ont la meilleure réputation.
    François était fils unique. Les voisins, qui déclarent qu'à cause de cela c'était un enfant gâté, sont atterrés et compatissent sincèrement à l'atroce douleur que les parents, surtout la mère, doivent éprouver.
    S'ils n'ont que des paroles d'éloges pour eux, ils doivent reconnaître qu'ils les plaignaient déjà à cause de la conduite déplorable de François.
    Le jeune homme avait, depuis son adolescence, de mauvaises fréquentations. Il avait toujours des besoins d'argent qu'il dépensait dans des salles de danse et des établissements de plaisir interlopes.
    Il volait ses parents. Il faisait, dans le quartier, ou ailleurs, des emprunts ou des dettes en usant de procédés peu nets, frisant l'escroquerie.
    Quelqu'un qui nous a parlé de lui le croyait capable de bien des fourberies pour se procurer de l'argent de poche mais n'aurait jamais supposé qu'il fût capable de commettre un crime aussi horrible.
    Au contraire, si l'impression était qu'il fallait se méfier de ses mensonges intéressés, son aspect et ses façons d'être éloignaient toute Idée qu'on eût pu craindre de lui des voies de fait.
    Nous le répétons, dans le quartier de la rue de la Tulipe, surtout par sympathie pour sa très honnête et laborieuse famille, on voudrait ne pas croire à sa culpabilité dans l'horrible crime. — C.

La Dernière Heure, 3 juin 1934 (source : Belgicapress)

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Quotidiennes - sur l'inauguration d'un temple (Gazette de Charleroi, 5 octobre 1912)(Belgicapress)

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Quotidiennes - sur l'inauguration d'un temple (Gazette de Charleroi, 5 octobre 1912)(Belgicapress)Quotidiennes

    Si les sectateurs d'une religion étaient aussi clairvoyants à l'endroit de leurs croyances qu'ils le sont à l'endroit de celles des autres, il n'y aurait plus sur terre que des sceptiques peu enclins à prendre pour argent comptant des histoires plutôt sujettes à caution.
    Un confrère bruxellois s'est rendu à l'inauguration d'un nouveau temple antoiniste. Cérémonie curieuse, digne d'intéresser tout esprit que préoccupent les phénomènes et les manifestations collectives du sentiment religieux. L'antoinisme constitue probablement la plus singulière de ces manifestations à notre époque, que l'on estimait trop peu mystique pour permettre l'éclosion et l'extension d'une secte nouvelle. Or, celle du père Antoine progresse assez rapidement, et gagne déjà l'Amérique. Elle est simple et simpliste comme son fondateur, dont la « philosophie » enfantine et brumeuse se ressent de sa culture plus que rudimentaire. Cet avantage lui assurerait peut-être la conquête du monde si l'antoinisme n'avait pas contre lui cette malchance de pouvoir se pratiquer paisiblement. La liberté est la pire ennemie des religions neuves. Il leur faut le stimulant précieux des persécutions. Antoine a eu le tort, dont il n'est d'ailleurs pas responsable, de mourir tranquillement dans son lit. S'il avait eu le bonheur de périr sous la hache, ou au sommet d'une potence, la fortune de sa doctrine était faite. Il aurait ressuscité certainement, et des centaines de disciples auraient, avec allégresse, subi le martyre, en témoignage de sa sainteté, vite métamorphosée en divinité. La foule aurait, convaincue par ces merveilles, confessé la foi d'Antoine, Dieu incarné, et aurait brisé ses anciens dieux devenus des idoles. Les prêtres antoinistes auraient pullulé, et rien n'affirme qu'ils se fussent montrés supérieurs aux prêtres d'à présent.
    Notre confrère s'est donc dit, avec raison, qu'une cérémonie antoiniste, encore mal connue, méritait d'être vue et contée.
    Cette idée lui vaut d'être traité de gâteux par la presse catholique qui n'aime guère ce qu'elle nomme les lubies de feu Antoine.
    Gâteux ? Fort bien. Mais comment cette presse qualifierait-elle l'antoiniste convaincu ou le vulgaire mécréant qui déclarerait imbéciles, crétins, abrutis, aliénés les gens, depuis l'archevêque jusqu'au dernier laïc, assistant à la consécration d'une église ?                     ALCESTE

Gazette de Charleroi, 5 octobre 1912 (source : Belgicapress)

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Les progrès de l'Antoinisme - Forest (Le Messager de Bruxelles, 8 août 1916)(Belgicapress)

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Les progrès de l'Antoinisme - Forest (Le Messager de Bruxelles, 8 août 1916)(Belgicapress)

Les progrès de l'Antoinisme.

    Voici que Bruxelles a, depuis dimanche, un temple consacré à un nouveau culte, l'Antoinisme, dont il a déjà été beaucoup parlé. Il s'élève, tout simple, à Forest, au boulevard Van Haelen et a été inauguré dimanche par la mère Antoine, comme ses fidèles l'appellent familièrement. De nombreux disciples étaient venus du pays de Charleroi et de Liége. On avait annoncé de nombreuses guérisons dues à la seule vertu de la foi. Celles-ci se sont-elles produites ? Je n'en sais rien, on avait négligé de m'inviter.
    Mais il ne faut discuter, ni raisonner en l'occurrence. Il faut signaler l'événement tout simplement et ne pas en rire. C'est si beau des gens qui croient en quelque chose, à une époque où tant de gens ne croient à rien. Je sais qu'on parlera de naïveté, que d'autres hausseront les épaules. Pourquoi donc, je me le demande ?                         
PICK.

Le Messager de Bruxelles, 8 août 1916 (source : Belgicapress)

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L'inauguration du temple antoiniste de Schaerbeek (Le Soir, 4 août 1925)(Belgicapress)

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L'inauguration du temple antoiniste de Schaerbeek (Le Soir, 4 août 1925)(Belgicapress)

L'inauguration du temple antoiniste de Schaerbeek
Trois adeptes du culte antoiniste dans leur curieux costume

Le Soir, 4 août 1925 (source : Belgicapress)

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Inauguration d'un temple antoiniste à Schaerbeek (Le Soir, 2 août 1925)(Belgicapress)

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Inauguration d'un temple antoiniste à Schaerbeek (Le Soir, 2 août 1925)(Belgicapress)

                            CULTE ANTOINISTE A BRUXELLES
    Demain dimanche 2 août, à 10 heures du matin, Mère Antoine consacrera le nouveau temple antoiniste, rue Jacques Rayé, à Schaerb.

Le Soir, 2 août 1925 (source : Belgicapress)

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Inauguration d'un temple antoiniste à Schaerbeek (Le Soir, 3 août 1925)(Belgicapress)

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Inauguration d'un temple antoiniste à Schaerbeek (Le Soir, 3 août 1925)(Belgicapress)L'inauguration du Temple antoiniste
de Schaerbeek

    Les antoinistes ont maintenant un nouveau temple dans l'agglomération bruxelloise. Celui-ci est situé dans une rue nouvelle de Schaerbeek, la rue Jacques Rayé, près du boulevard Lambermont. C'est un bâtiment de briques jaunes et de pierres blanches, à un étage. Au-dessus de la rangée des cinq fenêtres, une courte inscription : « Culte antoiniste ».
    Ce temple a été inauguré ce matin à dix heures. Aux abords du bâtiment, la foule était considérable. Liége et le Hainaut avaient envoyé des délégations nombreuses. La mère Antoine était là, et l'on voyait réunis autour d'elle les « officiants », vêtus de la longue redingote noire et du petit chapeau haut de forme.
    La cérémonie était présidée par l'officiant du temple, M. Janin, ancien commandant de la marine française. Elle se divisa en deux parties, l'une se déroula à l'intérieur, l'autre à l'extérieur. Devant les adeptes rassemblés dans la rue, la mère Antoine, âgée de 80 ans environ, parut. Les têtes se découvrirent. M. Janin prit la parole, et, tandis que la mère se recueillait et joignait les mains dans un geste d'extase, il dit : « Au nom du père Antoine, la mère Antoine dédie ce temple au culte antoiniste. Nous allons méditer pendant quelques instants, et selon notre piété, nous recevrons des grâces. »
    Après les minutes de recueillement, M. Janin lut les dix principes de la foi antoiniste, et la foule se dispersa.
    Les curieux interrogeaient les antoinistes qui, voyant là un moyen de propagande, s'empressaient de répondre à leur question ; ainsi, une certaine animation continuait de régner dans les rues avoisinant le temple.

Le Soir, 3 août 1925 (source : Belgicapress)

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L'Antoinisme à Bruxelles (La Nation Belge, 11 août 1925)(Belgicapress)

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L'Antoinisme à Bruxelles (La Nation Belge, 11 août 1925)(Belgicapress)

L’Antoinisme à Bruxelles

Un entretien avec le Frère Janin, officiant du temple
qui vient d’être inauguré dans la capitale

    On vient d'inaugurer à Bruxelles un temple antoiniste. C'est pour le quartier environnant le gros événement de l'année. Vers la façade neuve, haute d'un étage, qui s'orne de l'inscription « Culte Antoiniste », les passants tournent des regards curieux, les enfants, un doigt sur la bouche, s'arrêtent devant la porte massive et la contemplent comme si elle allait s'ouvrir brusquement devant une apparition de l'autre monde ; les commères des environs jettent de temps à autre un coup d'œil reconnaissant sur la mystérieuse demeure qui leur promet une moisson inépuisable de ragots et de cancans ; il n'y a que les hirondelles pour n'attacher aucune importance à ce bloc de maçonnerie, qu'elles frôlent de l'aile, au cours de leurs circuits vertigineux, avec la même familiarité que la maison du cantonnier ou la flèche de la vieille église campagnarde.

Aimez vos ennemis !

    Un temple suppose des fidèles. On n'entasse pas les briques sur les briques pour le plaisir. Il y aurait donc des antoinistes dans la capitale ? Nous n'en avions jamais entendu parler. Nous savions qu'à Liége le père Antoine avait laissé de très nombreux adeptes et que son enseignement, continué par sa veuve, n'avait rien perdu de sa faveur auprès d'une population dont le scepticisme apparent dissimule des trésors de crédulité ; mais nous croyions bien que la zone de diffusion s'arrêtait aux limites de notre bonne province wallonne.
    Intrigué par la nouvelle de cette inauguration, nous avons voulu en avoir le cœur net. Nous avons franchi le seuil du Temple Antoiniste.
    Un homme d'aspect austère, sanglé dans la longue redingote noire boutonnée au col qui est l'uniforme des antoinistes, s'aidant de deux cannes pour mouvoir son corps foudroyé, les yeux fixes et pénétrants dans un visage émacie, vint à notre rencontre et, après un moment d'hésitation, consentit à nous recevoir dans un petit parloir aux murs blanchis à la chaux, meublé d'une table, d'une chaise et d'une armoire, sans style, comme on en trouve chez les plus pauvres. Du coup, notre attention fut attirée vers le seul objet qui rompit la triste monotonie du lieu, une pancarte sur laquelle nous lûmes cette inscription tracée avec un certain souci de coquetterie typographique :
    Un seul remède peut guérir l'Humanité : la Foi.
    C'est dans la Foi que naît l'Amour, l'Amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même.
    Ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu, car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir : c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité.
   
A deux pas de la rue populeuse et du fracas de la grande ville, ces mots sonnent étrangement. Mieux que n'y parviendrait une mise en scène recherchée, ils placent instantanément le visiteur dans une atmosphère très « thébaïde ». On est prêt à toutes les surprises et l'on ne songe plus à sourire, si tant est qu'on soit venu avec de mauvaises dispositions.

Tout par le recueillement

    L'homme austère aux yeux fascinants n'est autre que le Frère Janin, l'officiant du Temple. Il est chez lui, mais sa main ne nous indique pas la chaise sur laquelle nous nous appuyons. Lui-même reste debout, droit comme un i, malgré le pauvre appui de ses jambes vacillantes. Et la conversation s'engage.
    Si les antoinistes sont nombreux Bruxelles ? nous dit le Frère Janin en réponse à la question que nous lui posons. Je serais bien en peine de vous le dire, car si nous accueillons tout le monde dans nos temples, nous ne demandons rien à personne, pas même les noms qui nous permettraient d'établir des listes et de dresser des statistiques.
    Nous sommes quatre pour desservir cette maison. J'ignore si par delà des murs, d'autres hommes confirment leur conduite aux préceptes de notre « Père » et acceptent sa révélation. Nous ne nous en préoccupons pas.
   
Et comme, à ces mots, nous marquons notre étonnement, le Frère Janin poursuit, du même ton uni, les yeux fixant les nôtres ou détournés vers quelque vision intérieure :
    – Non, nous ne nous en préoccupons pas, car notre but n'est pas de grossir nos rangs. Le prosélytisme nous est inconnu. L'œuvre de perfectionnement moral et de soulagement physique à laquelle nous nous adonnons est complètement désintéressée. Sur cent malades qui s'en vont guéris après avoir sollicité notre assistance, il n'y en a pas deux qui nous restent. C'est ainsi qu'en 1910, il s'est trouvé 100,000 personnes pour signer la requête demandant la reconnaissance légale de l'Antoinisme, mais nous ne possédons probablement pas 1,000 antoinistes agissants dans tout le pays.
   
Cette doctrine est étrange. Alors que toutes les autres réclament de leurs fidèles le zèle à la propagande, elle ne fait rien pour attirer et retenir les masses. Elle les sert, elle les soulage, mais elle ne vise pas à les annexer. Bien mieux, le Père Antoine estimait que les grandes affluences nuisent au succès des réunions. Pourquoi ? Le Frère Janin va nous l'expliquer :
    – Nous n'obtenons rien que par le recueillement. C'est en concentrant notre pensée, par la prière muette, mais ardente et unanime, que nous parvenons à créer en nous les dispositions favorables à la venue des grâces. Or, là où beaucoup d'hommes sont assemblés, le recueillement devient difficile, et il suffit de quelques curieux qui ne soient pas à l'unisson pour rompre le faisceau des âmes convaincues et détruire l'effet de leur exaltation. Je parle sans doute un langage qui ne vous est pas familier. Eh bien ! je prendrai une comparaison. La boussole que le capitaine du navire consulte en plein Océan lui indique la route à suivre, sans risque d'erreur. Mais si quelqu'un s'approche avec une barre d'acier, l'instrument perd par le fait même toute efficacité et ses indications égarent le capitaine. Ainsi en va-t-il pour nos réunions quand le recueillement n'est pas complet.
   
Quel est le programme de vos réunions ?
    – Tous les soirs, une séance de recueillement et trois fois par semaine la lecture de la « Révélation ».
   
Quelle est votre altitude à l'égard du catholicisme ?
    – Nous respectons tous les cultes et nous ne demandons à personne quel Dieu il adore ou s'il en adore un.

Les guérisons

    Vous dites que vous poursuivez le soulagement de l'Humanité souffrante. L'antoinisme a-t-il des guérisons à son actif ?
    – Des milliers ! Il n'est pas un village de la province de Liège qui ne compte plusieurs miraculés.
    Le jour de l'inauguration, ici même, j'ai vu une paralytique se lever et marcher sans aucune difficulté et sans le secours de personne. Moi-même, blessé pendant la guerre (j'ai servi dans la marine française), abandonné par les médecins qui m'avaient enlevé tout espoir de quitter la couche où j'étais étendu, c'est le père qui m'a guéri.
    Excusez-moi, mais je me rappelle fort exactement avoir vu le Père Antoine sur son lit de mort, à Jemeppe, pas mal de temps avant la guerre ?
    – Le père est mort, réplique le Frère Janin, mais son esprit lui survit.
    Mais un bourdonnement confus s'élève dans le corridor. Des consultants sans doute, qui ont hâte de confier le souci qui les accable et de recueillir la parole d'espoir.
    Déjà une fois notre entretien a été interrompu par un coup discret frappé à la porte. Le Frère Janin nous pria de l'excuser et disparut quelques instants. Nous eûmes le temps d'apercevoir une dame de la plus sûre élégance et dont le visage trahissait une intense préoccupation. Maintenant ce sont trois femmes du peuple, en cheveux et en tablier. Et nous sommes ici depuis une demi-heure à peine ! Il n'y a pas huit jours que le Frère Janin donne ses consultations !
    La clientèle vient vite à qui se penche sur la misère humaine.                    LIONEL

La Nation Belge, 11 août 1925 (source : Belgicapress)

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Temple Antoiniste Boulevard Guillaume Van Haelen 132, Forest, en 1971 (ici.be)

Publié le par antoiniste

Temple Antoiniste Boulevard Guillaume Van Haelen 132, Forest, en 1971 (ici.be)

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