Mon exploration commence aujourd’hui avec le 5.12 (5e canton, 12e bureau) dont le petit nom est « Fontaine du Temple ». En fait, nouvelle licence poétique, la zone géographique du bureau n’a rien à voir avec la place du même nom, même si elle est tout proche. Le territoire du bureau « Fontaine du Temple » se situe en fait au sud du stade du Ray dans un quartier qui est celui des écrivains (rue Paul Bourget, rue Alphonse Daudet, avenue Guy de Maupassant, avenue Edmond Rostand) et des militaires (rue Colonel Driant, rue Général Laperrine). L’avenue des Sources, quant à elle, rappelle l’abondance de l’eau vive dans les entrailles du quartier.
L’endroit est calme et ignore l’agitation des deux axes qui en constituent les frontières est et ouest (l’avenue du Ray et le boulevard Gorbella). Un quartier de villas à frises, de petits immeubles résidentiels et de jardins fleuris, très fleuris. Un quartier tout en montées (parfois par escaliers) et en descentes, qui exige du promeneur une bonne condition physique.
A l’égal de Rome, le 5.12 a sa villa Médicis (sans Frédéric Mitterrand…). Il a surtout sur son territoire l’insolite Temple antoiniste qui appartient à un mouvement religieux présent essentiellement en France et en Belgique. Le culte antoiniste – du nom de son créateur, Louis Antoine, ouvrier belge plus ou moins guérisseur grâce à ses talents médiumniques – fait une large place à la prière et est assuré par des bénévoles qui portent un costume noir. L’antoinisme prône le libre-arbitre, la tolérance (on peut pratiquer en parallèle une autre religion) et la solidarité. Mais, avant de vous précipiter au Temple de l’avenue de l’Assomption, sachez quand même que l’antoinisme a été épinglé par l’Observatoire des sectes comme étant une « secte guérisseuse ».
Il y a déjà une salle de lecture à Nice en septembre 1912. Puis deux autres ouvrent en avril et juillet 1914. Dans un Unitif d'environ 1920, on peut connaître l'adresse de la salle de lecture alors, rue Valrose (St Barthélémy). Avant la construction du temple, on trouve l'adresse 2 rue Von Dewiès (nouveau nom de la Rue Valrose) dans le Journal officiel de la République française en février 1931.
Pierre Debouxhtay pense que c'est de Nice que l'antoinisme pénétra en Italie. Il y avait encore il y a peu deux salles de lecture, une à Milan et une à Postua, toutes deux dans le Nord industriel de l'Italie.
J'adressai ma démission de membre à la société des Sciences psychiques de Nice et envoyai à son président une révélation en disant que j'avais trouvé mon chemin de Damas, que je m'installais définitivement en Belgique. Je demandai à notre Père de me trouver un emploi au temple, car je ne voulais pas rester inactive. Le travail se présenta de lui-même. Beaucoup de monde venait du midi de la France consulter notre Père, la plupart me rendaient visite et je les initiais de mon mieux à ce que j'avais compris de la question. Le nombre augmentait chaque jour car de grandes guérisons s'étaient produites de toutes parts. Ma soeur de son côté continuait à propager l'Enseignement, aidée par d'autres personnes qui comme nous avaient été guéries. L'une d'elles se mit à opérer à Vichy au nom de notre Père et ce fut comme une traînée de poudre. On accourut de partout, lettres et dépêches affluèrent. De grandes et sensationnelles guérisons se produisirent également à Aix-les-Bains. Des adeptes y fondèrent un groupe comme à Monaco, à Vichy, et ils attirèrent à l'Enseignement bien des personnes qui y étaient préparées par leur progrès. Pendant assez longtemps je restai en correspondance avec toutes ces personnes, cherchant à les aider et à les éclairer ; c'est de notre Père que je recevais tout pour le leur transmettre, y ajoutant parfois ce qui me semblait à même de les encourager en me basant toujours sur mon expérience. Dès le début de ce travail j'avais pris pour exemple deux coeurs généreux qui se trouvaient dans l'entourage de notre Père et que j'appelais les bienfaiteurs de l'oeuvre. C'est sur leur zèle, leur dévouement et surtout leur grand désintéressement qui ne s'est jamais démenti que je me suis basée pour effectuer mon travail. Pour propager l'Enseignement, je fis bien des voyages en France où je reçus des quantités de malades et de personnes s'intéressant à la question morale. Je puis dire que c'est grâce à ma vie de luttes, de souffrances et d'épreuves de toute nature que je pus les aider et les réconforter. Ma grande foi en notre Père puisait en Lui pour eux.
extrait la profession de foi de Juliette Vittart "Montrons-nous extérieurement ce que nous sommes naturellement" in L'Unitif n°5, p.14-15