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Culte Antoiniste - Nice (flickr - Eric)
Béatrice ELLIOT - Le culte Antoiniste (Armanac nissart 1937)
LE CULTE ANTOINISTE
AVANT-PROPOS
Plus on pénètre les religions primitives ou évoluées, plus on est étonné et déçu de constater le peu d'influence profonde qu'elles ont eu sur la moyenne de l'humanité. Entre la religion et la vie, il y a toujours eu « décalage », ce qui prouve que l'homme est plus naturellement porté à jouir de la vie matérielle qu'à s'inquiéter de sa destinée future. C'est pour cette raison que les religions ont valu en définitive ce que valaient les hommes qui les pratiquaient. Qu'est-ce à dire ? Ce monde ne serait-il fait que pour une élite allant joyeusement au sacrifice pour sauver une humanité qui n'a cure de son inconscience ? Des Hommes ont toujours surgi apportant des Révélations diverses, mais toutes également chargées d'une même espérance : sauver l'homme et lui assurer un bonheur ineffable dans une autre ou dans d'autres vies : et en attendant, le délivrer des maux apparents ou réels d'ici-bas. Le Père Antoine, dit « le Guérisseur », est un de ces inspirés qui a cherché à résoudre le problème de la divinité, de l'homme de l'au-delà, et qui a trouvé dans la Foi et dans l'Amour qui naît de cette foi, la base d'une nouvelle religion appelée « Culte Antoiniste ».
II. — L'HOMME
Né à Mons, près de Liège, en 1846, Louis Antoine, fils de mineur, fut le cadet de onze enfants. Ses parents étaient de très braves gens, et sa mère, très bonne et très charitable, faisait du bien à tous les déshérités de la vie malgré ses occupations et ses charges. Cet enfant ne connut donc, dès qu'il put comprendre, que le bon exemple. Dès l'âge de douze ans il dut travailler et descendit à la mine avec son père. Il était déjà sérieux, raisonnable et très pieux. Plus tard, il quitta la mine et devint ouvrier métallurgiste. Après son service militaire, il travailla en Allemagne, et en 1873, revint au pays pour se marier avec une fille de chez lui. Ils eurent un fils la même année. De 1879 à 1886, il travailla en Russie, y fit des économies et revint se fixer à Gemeppe-sur-Meuse avec sa femme et son fils. En 1893, un grand deuil se produisit : la mort de ce fils unique. Le ménage en éprouva un chagrin profond. Bien des années auparavant. Louis Antoine avait tué un homme accidentellement au régiment, et ces deux morts eurent une grande influence sur ce catholique convaincu. Devant cette double épreuve, Louis Antoine, aidé de sa femme, va désormais s'oublier lui-même pour se vouer à l'humanité souffrante et la soulager, puis la sauver.
III. - LE GUERISSEUR
Il fit d'abord du spiritisme, mais insatisfait, s'éloigna peu à peu du cercle spirite qu'il avait fondé : « les Vignerons du Seigneur ! ». Il se consacra alors de toutes ses forces à la guérison des malades. Il s'acquit une renommée telle que des centaines de malades venaient à lui chaque jour. Devant une telle affluence, le Corps médical le fit poursuivre en 1901 et 1907, mais il fut acquitté les deux fois. Toute son attention se porte désormais sur la morale, et sous la double influence du catholicisme et du spiritisme, il se mit à révéler chez lui, chaque dimanche, « le nouveau Spiritualisme », nommé plus tard « l'Antoinisme ».
L'homme était alors strictement végétarien, vivait dans la solitude et la méditation, fixait les grandes lignes de son culte pour ses disciples, et donnait sa substance ! à tous les malheureux avec une ferveur presque surhumaine. Pour lui, nuits et jours n'étaient pas assez longs, et il s'épuisait à la tâche. Entouré de malades, Antoine se mettait en quête d'âmes pour sauver des corps. Il soignait, il guérissait le corps par l'âme. Il traitait par la Foi, et la Foi accomplissait des miracles. Il proclamait qu'il avait trouvé le moyen de guérir l'humanité en proie à une unique maladie : la matière, c'est-à-dire l'essence du mal. Tous les maux prenaient un sens et devenaient des « épreuves » destinées à assurer le progrès. Peu à peu son enseignement se fixait, et dès 1906, le « Culte Antoiniste » s'établissait à la satisfaction de tous les fidèles et prenait de suite une importance réelle. Louis Antoine, devenu « le Père », était adoré de tous. Usé par sa tâche colossale, il succombait le 25 Juin 1912 malgré l'aide efficace de sa femme et de ses disciples.
Après sa mort, la religion antoiniste prit un développement inattendu. Dès 1922, « le culte antoiniste », reconnu d'utilité publique en Belgique, comptait déjà seize temples. Il y en a quarante-cinq à l'heure actuelle, plus une trentaine de « centres », et dès le début un fut créé à Monaco, un autre à Nice. Le Père a délégué ses pouvoirs à sa femme avant de mourir, et celle-ci prend le nom de « Mère ». Le culte est fixé en une véritable liturgie recueillie dans les « livres sacrés » de l'Antoinisme. « Frères » et « Sœurs » ont un uniforme. Les hommes portent la robe noire et le chapeau à larges bords, les femmes, une jupe noire à plis, un fichu noir et un bonnet de même couleur que surmonte un voile. Le culte est gratuit et ouvert à tous sans distinction de religion. Les Antoinistes ont leurs emblèmes : l'Arbre de la Science de la Vue du Mal et le Drap vert pour les enterrements. Les fidèles se réunissent pour entendre la lecture des livres sacrés, et les temples ne ferment ni le jour, ni la nuit, pour les malades.
Louis Antoine, l'humble mineur, devenu Prophète, est, pour bon nombre de ses adeptes, la réincarnation du Christ.
IV. — LE PROPHÈTE
La Révélation du Père Antoine se produisit après des années d'efforts, de recherches, de méditations et de contact avec l'humanité douloureuse.
Le Père, sans être instruit, avait beaucoup lu et possédait le robuste bon sens de l'homme du peuple. Il avait aussi une grande sensibilité, enfin et surtout un pouvoir magnétique qui servit sa cause. Il l'a dit lui-même au début de son œuvre : « Je ne suis qu'un guérisseur et un médium comme tant d'autres. » Pour que son œuvre fut durable, il s'agissait de créer une véritable liturgie, et c'est ce qu'il avait en vue en résumant le fruit de ses longues réflexions et méditations sur Dieu, l'Homme, l'Infini. Ses livres sont considérés comme des livres sacrés par tous les adeptes, et à chaque service on en lit de longs paragraphes.
« Le Petit Catéchisme Spirite », publié en 1896, fut présenté comme l'ouvrage de l'Esprit de Vérité.
« L'Enseignement » d'Antoine le Guérisseur fut recueilli en 1905 par ses disciples.
Ces deux ouvrages sont antérieurs à la Révélation proprement dite, et on y observe un certain détachement du spiritisme. Le Père va désormais prêcher le « Nouveau Spiritualisme » fondé sur la base inébranlable de la foi pure.
En 1908 et 1909 paraissaient la « Révélation » et le « Couronnement » qui résument tout son enseignement et suffisent à exposer ses vues et sa doctrine. En 1909, il commençait la publication de l' « Unitif » destiné à éclaircir bon nombre de points incompris par ses adeptes.
Nous verrons en serrant les textes de plus près que le Père est loin d'être clair malgré ses répétitions, mais comment pouvait-il en être autrement quand il s'agit de fluides, de courants, de pensées et de sentiments, de tant d'éléments mystérieux presque insaisissables, dans leur mobilité, leur variété et leur complexité. Quoiqu'il en soit, le Père ; est inlassable, ne se rebute jamais, et s'efforce de fixer les points essentiels de sa doctrine, de les river, comme s'il s'agissait d'un travail métallurgique.
La « Révélation », composée de dix principes que nous résumerons brièvement :
L'amour de Dieu réside au sein de l'Homme de toutes les croyances ou incroyances.
La morale s'enseigne par l'exemple. Il ne faut voir le mal en rien.
En agissant envers son semblable en frère, on ne fait la charité qu'à soi-même.
Aimer ses ennemis et voir le mal en soi plutôt qu'en eux.
La cause de la souffrance est dans l'incompatibilité de l'intelligence avec la conscience.
Tout ce qui nous est utile pour le présent comme pour l'avenir, si nous ne doutons en rien, nous sera donné par surcroît.
Tous les problèmes généraux de morale sont discutés et interprétés par le Père.
En examinant les « lois de la conscience », il affirme que l'amour existe partout, et qu'amour, intelligence et conscience réunis constituent une unité, le grand mystère, Dieu.
Quant à « l'origine de la vie », le Père dit que la vie éternelle est partout, et que les fluides existent à l'infini et de toute éternité.
Le problème du « Mal » est résolu dans le sens de la non-existence de celui-ci :
« Nous ne souffrons que par l'imagination du mal qui est en nous. Dieu, étant tout amour, ne peut avoir créé le Mal. »
La prière réside plus dans les actes que dans les paroles. Elle est « dans l'action dictée par la conscience d'où peut résulter le bien. »
Quand il s'agit « de la Science et de la Foi », le Père affirme que l'instruction n'est pas indispensable à l'amélioration des hommes. Connaître, ce n'est pas savoir, et c'est notre propre effort qui doit tout nous révéler. En nous améliorant, nous atteignons à des fluides de plus en plus éthérés.
« La pensée » a de l'importance, et travailler à l'acquérir, c'est se préserver des mauvais fluides.
Le Père conclue sur le problème « Dieu ».
L'amélioration morale est le but de la vie, et Dieu, c'est l'amour ; et tout ce que nous pouvons acquérir de savoir émane de cet amour. La cause de tous nos obstacles est l'intelligence, et nous sommes dans notre faiblesse des dieux imparfaits. La Foi et l'Amour ne s'acquièrent que par le travail moral. Répétons-nous bien surtout que nous ne pouvons aller à Dieu que par l'intermédiaire de notre semblable, en nous efforçant d'aimer.
Loi de progrès, loi d'amour, loi divine, c'est tout un, et c'est le fond de la « Révélation » qui nous conduit au « Couronnement » (où Dieu parle).
« Le Couronnement » est si important, qu'à lui seul, il pourrait constituer le livre sacré de l'Antoinisme. C'est l'œuvre révélée par excellence. Il a une autre originalité : la création de « l'Arbre de la Science de la vue du Mal », qui est une nouvelle interprétation d'Adam et d'Eve, de leur rôle divin et humain, de leur chute. Le péché d'Adam, c'est la vue du mal, le serpent ayant été considéré comme Dieu. Adam n'existait que spirituellement, il est le moi conscient, et Eve qui n'existe qu'en apparence, le moi intelligent. Telles sont les deux individualités qui sont en nous : l'une réelle, l'autre apparente. Nous n'existons réellement que par le moi conscient ; le moi apparent est notre incarnation, notre imperfection. Pour pénétrer la réalité, nous devons démolir la vue du mal, c'est-à-dire reprendre le chemin entrepris dès le principe pour débarrasser l'Arbre de la Science du dernier atome de cette matière pour laquelle il nous a engendrés. Dès ce jour, on ne dira plus l'Arbre de la Science du bien et du mal, mais de la vue du mal, tel est son véritable sens. Ce long développement est nécessaire à la compréhension de l'emblème de « l'Arbre de la Vue du Mal » qui occupe une place prépondérante dans les Temples antoinistes.
Le Père enseigne encore le sens réconfortant de « l'Epreuve ! » auquel il ajoute une grande importance, puisque c'est d'elle que vient tout progrès.
Les problèmes de l'Intelligence, de la Conscience, de la Réincarnation sont résolus par lui dans le sens de la Foi déjà exposée dans sa Révélation. Il est bon d'y revenir, comme il a tenu à le faire.
C'est en le moi intelligent que nous sommes incarnés. L'âme imparfaite reste incarnée jusqu'à ce qu'elle ait surmonté son imperfection.
Nous nous réincarnons chaque fois avec un système nouveau. L'intelligence est la faculté qui sert à nous assimiler les fluides pour en obtenir la pensée. Fluides et pensées sont matériels, nous devons les surmonter pour progresser. L'intelligence ne peut jamais atteindre à la cause, l'essence des choses lui échappe.
Dieu réside exclusivement au sein de l'homme. L'amour, l'intelligence et la conscience constituent une unité, le mystère Dieu. Nous sommes notre dieu, notre démon.
Le Père revient sur cette foi qui lui est si chère :
« Sachons que nous sommes Dieu nous-mêmes, que si nous voulons, nous pouvons. »
« Nous sommes Dieu pour autant que nous le possédons. Dieu est en nous, et nous en lui ; par son amour nous pouvons tout. »
Notre processus moral est le suivant : l'amour a d'abord sur nous tout empire, ensuite la spiritualité» enfin la matière.
Rien n'existe matériellement s'il n'existe spirituellement : tout est l'effet des fluides qui constituent ensemble la spiritualité.
La Conscience nous indique le chemin du bonheur. Dieu est la vertu par excellence, l'Amour.
Le Père avait enfin convaincu ses adeptes de la grande loi de solidarité humaine, en leur démontrant qu'on ne peut arriver à Dieu que par l'amour d'autrui.
Cette guérison du corps par l'âme et cet altruisme militant constituent la partie la plus convaincante et la plus attachante de la doctrine du Père. C'est par cet altruisme surtout que le Père se rapproche du Christ.
V. — L'ANTOINISME COMME RELIGION
Ainsi, cet homme aux pouvoirs guérisseurs si étendus avait souhaité fonder une religion basée sur la morale, et à force de tâtonner et surtout d'aimer ses frères, il y était arrivé.
Sa religion est-elle originale ? Apporte-t-elle des éléments nouveaux ? Pour nous qui avons eu le privilège pendant des années, en Angleterre, de voir de près tant de religions, nous sommes obligés de répondre par la négative.
Le Père a été très influencé par la « Théosophie », la « Science Chrétienne » et surtout le « Catholicisme » qu'il pratiqua assez tardivement dans la vie. Le « Spiritisme », sans aucun doute, l'a atteint aussi, mais moins profondément qu'on ne le croit généralement.
A la « Théosophie », il a pris l'idée de l'universalité de la vie et de la fraternité. Il lui a emprunté aussi ses idées d'évolution et de réincarnation. Il a eu de la science du bonheur une conception analogue. Enfin, il est en harmonie absolue avec l'essence de la théosophie, à savoir que l'homme, étant lui-même divin, connaît Dieu et partage sa vie. Voici pour le côté moral et intellectuel de l'œuvre du Père. Il va sans dire que la « Théosophie » se rapproche bien plus de la science pure et a pénétré les lois de la vie et de l'être avec une tout autre profondeur. Le grand livre d'Hélène Blavatsky, la fondatrice de la Société de Théosophie, intitulé « la Doctrine secrète », date de 1888.
« L'Antoinisme » se rapproche encore de « la Science Chrétienne » (Christian Science), fondée en 1875 en Amérique, à Boston. C'est à une autre femme, Marie Baker- Eddy, que revient le mérite de la publication de « la Science Chrétienne » en 1866. La « Science Chrétienne » guérit les malades. Elle remplace les croyances matérielles par des idées spirituelles. Pour elle, la guérison ne vise pas qu'au bien-être physique, mais à l'élimination du penser et des actes erronés. L'Esprit, bien infini, est la seule cause de tout ce qui existe, donc le mal qui ne fait pas partie de la création divine, ne peut avoir ni réalité, ni pouvoir. Dieu est tout en tout, et le mal, y compris la maladie, est irréel. Les « Scientists », comme- le Père Antoine, ont eu plus d'une fois maille à partir avec la Justice.
On voit combien l' « Antoinisme » et la « Science Chrétienne » sont proches aussi dans la croyance et le but poursuivis.
Le « Spiritisme » eut sur le Père Antoine une influence indéniable, et le convainquit de l'existence des fluides qui emplissent l'Univers. Pour cet homme robuste et sain, le côté occulte du Spiritisme le gêna et finit même par le rebuter. Bien des fois, les « esprits », sans lui paraître suspects, l'étonnèrent par leur manque de bon sens et leur éloignement du chemin de la vérité. Les manifestations matérielles lui déplurent en outre, mas il resta convaincu que les esprits désincarnés nous guident et nous donnent l'exemple de l'Amour. Il ignora très probablement l'œuvre spirite du grand scientifique anglais, Sir Oliver Lodge, et il était mort quand parut « Raymond ».
Au « Christ » et au « Catholicisme », le Père doit sans aucun doute le meilleur de lui et de son œuvre. C'est en songeant à cette dette du Père et à la nôtre, qu'une pensée de Pascal nous revient, pensée bien à sa place ici ; « Ceux à qui Dieu a donné la religion par sentiment du cœur, sont bienheureux et bien légitimement persuadés. »
VI. - CONCLUSION
Devant cette religion qui a pris une si étonnante amplitude après la mort du Père, nous conclurons qu'un « fluide d'amour » baigne le cœur de tout homme, et que c'est le fluide que les adeptes ont voulu recevoir du Père, autant peut-être que la guérison de leurs maux.
Le développement de l' « Antoinisme » a quelque chose de paradoxal sans le Père vivant et agissant, mais celui-ci n'avait-il pas dit à propos de sa mort : « Qu'y aura-t-il de changé ? Je pourrai réconforter de l'Au-delà tous ceux qui ont foi en moi. »
Le « Culte Antoiniste » est d'une grande simplicité, mais la lecture des « livres sacrés » sans commentaires ou explications nous a paru d'une assimilation problématique pour les fidèles.
Quoiqu'il en soit, la Foi faite d'Amour a trouvé une fois de plus un écho profond dans toute une humanité douloureuse et souffrante.
Toute forme de religion, qui vient au secours des déshérités et les soulage, a droit à notre respect et à notre estime.
Nous avons tenu, pour notre part, à l'examiner en toute impartialité.
Puissent les adeptes du « Père Antoine » être des successeurs dignes de Celui, qui, dans sa grande humilité, refusa toujours d'être appelé « le Seigneur » par ses Frères, et choisit le doux nom de « Père ».
Béatrice ELLIOTT.
Monte-Carlo, Septembre 1936.
Paru dans l’Armanac nissart de 1937, pp.26-34.
Béatrice Elliott est l’auteure, entre autres, de
- Triptyque corse. Jean-Wallis Padovani, J. A. Mattei, Pierre Leca... (1935),
- Louis Cappatti, historien du Comté de Nice, poète, critique, conteur (1936),
- Émile Ripert, poète et humaniste de Provence (1938),
- Essais niçois. Nietsche et Èze, rocs mystiques. Le Vieux Nice (1939).
Associée à Louis Cappatti, historien de Nice, elle écrit :
- Indulgence plénière (1938),
- Laghet, refuge religieux de la Riviera (1939, Dès le XVIIe siècle, la commune possède une chapelle dédiée à la Vierge Marie qui se manifeste par des guérisons miraculeuses ; le sanctuaire Notre-Dame de Laghet est aujourd'hui l'un des plus fréquentés en France par des pèlerins venus de tous les pays),
- Berre-les-Alpes : premier relai de la Méditerranée à l'Alpe (1940).
Traductrice du roman de l'écrivaine et suffragette britannique Beatrice Harraden Out of the Wreck I Rise (1914) sous le titre "Je domine les ruines..." (1922)
Différence de points de vue - Les Truong et l'antoinisme
Les parents ont enlevé leur fille pour la sortir d'une secte
Par Paul Ortoli portoli@corsematin.com
Publié sur Nice-Matin
Créé le 09/24/2011 - 07:09
"Un traumatisme." C'est ainsi que la famille Truong a vécu sa garde à vue au commissariat d'Ajaccio qui a abouti il y a trois semaines sur des mises en examen pour « enlèvement et séquestration ». À la fin du mois d'août, Jacques, Danièle et leur fils Joseph Truong, résidant à Salon-de-Provence, emmenaient de force leur fille Marie, âgée de 24 ans avec eux en Corse. Pour s'assurer qu'elle soit bien du voyage, elle sera un temps menottée. Un calmant lui sera même administré pendant la traversée Nice-Bastia. Et un fauteuil roulant sera utilisé pour la transporter... Le compagnon signalera la disparition dans les Bouches-du-Rhône. « Alors que nous étions en vacances en Corse, nous avons été appelés par un enquêteur d'Aubagne qui nous a demandé de nous présenter à la gendarmerie d'Ajaccio ; nous avons fini au commissariat », détaillaient hier les époux Truong.
"Le corps de Marie mais pas son cerveau"
Mais devant les policiers, la fille porte plainte contre ses parents. Et tout bascule. « Elle a été le plus souvent libre, elle était heureuse avec nous et nous lui avions juste coupé le portable », poursuivent-ils, non sans faire part de leur inquiétude. Les raisons de cet enlèvement ?
« Soustraire la jeune femme à une secte, ou à une société secrète » , explique leur avocate, Me Fabienne Boixel-Sanna.
Pourquoi la Corse ? « Des associations de lutte contre les sectes nous avaient conseillé de lui faire faire un break d'au moins un mois et demi en la coupant de cet environnement néfaste, c'est pourquoi nous avions pris une location à Cargèse où elle avait des souvenirs d'enfance, relate Danièle Truong, la voix serrée, c'était notre dernière chance. »
Avec son mari, la mère s'est livrée pendant trois années à un véritable travail d'investigation. Au point d'affirmer que leur fille Marie Truong est sous l'emprise du culte antoiniste, une secte référencée dans le rapport parlementaire portant le numéro 2 468. Celle-ci comporterait de 500 à 2 000 adeptes et un temple à Marseille. La famille Truong estime que le compagnon de leur fille, un mécanicien avec qui elle vit depuis 4 ans à Trets, près d'Aubagne, fait partie des Antoinistes, de même que ses parents. « C'est comme si c'était le corps de Marie, mais pas son cerveau, elle est devenue une autre personne et la secte profite de sa générosité pour lui prendre son argent et refuse qu'elle se soigne », résume Danièle Truong.
Du côté de l'instruction qui désormais est entre les mains de la juge ajaccienne Hélène Gerhards, rien de nouveau.
« Pour l'heure, aucun lien n'a été établi avec cette secte », affirme le procureur d'Ajaccio, Thomas Pison. Les parents avaient-ils le droit d'enlever leur fille majeure ? La question relève plus du droit que de la morale. Le père, la mère et le fils sont désormais face à leur désespoir. « Nous nous en remettons à la justice », s'étrangle Jacques Truong qui estime avoir « accompli son devoir » en allant chercher sa fille.
« Docteur de l'âme »
Avec son épouse, ils reviennent sur une escalade qui a précipité leur enfant « dans les bras des Antoinistes ». Cette famille atypique, fusionnelle, qui a fait le tour du monde, certifie que Marie est « fragile ».
« Ma fille avait rencontré ce jeune homme il y a quatre ans et était partie environ un an après avec lui dans le sud de la France, vers Auriol en quittant l'Espagne où nous vivions alors », relate Danièle Truong. Lors d'une visite chez les parents du compagnon de sa fille, elle voit pour la première fois le grand tableau d'un barbu. Le père Antoine auréolé des symboles du gourou. « Cela m'a inquiété car ces gens prônaient le bio mais refusaient aussi les soins, assurant qu'il fallait se soigner par l'énergie de la pensée : j'ai eu l'intuition qu'ils faisaient partie d'un mouvement sectaire », confie la mère, la gorge nouée, serrant une lettre de sa fille.
« Marie a ensuite été victime d'une pneumopathie aiguë car elle vivait dans des conditions précaires ; elle a refusé les antibiotiques, la mère de son compagnon lui avait donné des sachets d'herbe : il a fallu que je force ma fille en faisant venir une infirmière qui la piquait tous les jours », poursuit-elle. Les choses se compliquent, quelques mois plus tard quand la fille doit subir une opération pour des kystes mal placés. « La famille de son copain l'a conduite chez un docteur de l'âme à Hyères, puis un guérisseur, nous l'avons une nouvellefois soignée grâce à l'aide de notre médecin de famille », complète Danièle Truong qui a relevé également que des dons étaient effectués par sa fille à des particuliers. « Elle est retournée avec eux, est déprimée, manipulée et coupée de la plupart de ses amis, elle est professeur de danse, mais ne danse même plus, elle a perdu la joie de vivre : que pouvons-nous faire ? », interrogent les parents. Pas sûr que la justice seule ait une réponse
source : http://www.coordiap.com/Document/nice-matin-sequestration-2011.pdf
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Ils voulaient arracher leur fille à l'influence d'une secte
Kidnappée par ses propres parents qui la croient sous l'emprise d'un mouvement sectaire, Marie, 24 ans, a porté plainte contre eux. « J'ai une vie normale », assure-t-elle.
Publié le 22.10.2011
Le Parisien
Cela ressemble à un scénario de mauvais polar et pourtant tout est bel et bien réel. Début septembre, Marie Truong, 24 ans, est kidnappée par son propre père, Jacques, et son frère cadet, Joseph, devant chez elle dans la région d'Aubagne (Bouches-du-Rhône) alors qu'elle monte dans sa vieille Clio. Le plan de ses ravisseurs un peu spéciaux? Soustraire la jeune femme à l'influence de son petit ami et de sa belle-famille, qui appartiendraient au culte antoiniste*, un mouvement ayant, selon eux, de possibles dérives sectaires.
« Ils m'ont menottée et même mis des coups de poing dans le crâne (NDLR : aucun coup n'a été constaté par les médecins) car je résistais pour prendre des cachets », confie Marie Truong, qui s'exprime pour la première fois sur cet incroyable rapt familial. Rejointe par sa mère, Danièle, et après deux changements de véhicules, la kidnappée est entravée et droguée lors du trajet qui mène tout ce petit monde dans une chambre d'hôtel à Nice (Alpes-Maritimes). Ses parents — qui ont décidément pensé à tout — utilisent un fauteuil roulant pour la transporter. Le lendemain à l'aube, le périple continue : Marie Truong, plus ou moins vaseuse, se retrouve sur un ferry direction Bastia (Haute-Corse) avant d'échouer dans un gîte au fin fond des montagnes du sud de l'île.
Au bout de 48 heures, elle réussit à porter plainte au commissariat d'Ajaccio (Corse-du-Sud) contre ses propres parents, qui se retrouvent très vite en garde à vue. « Ils ont cru que j'étais sous leur emprise. Or ce n'était pas le cas. J'en ai profité », témoigne Marie Truong encore sous le choc. « Cela fait au moins deux ans qu'ils me font des histoires, lance-t-elle. Ils ne supportent pas le fait que je sois partie de chez eux et nous avaient déjà, mon ami et moi, menacés très clairement. » Un à un, la voix émue, elle réfute les arguments avancés par ses ravisseurs pour justifier leur acte. L'influence de sa belle famille et du culte antoiniste, l'interdiction de se soigner avec des antibiotiques alors qu'elle serait malade et d'obscurs dons en argent… « Tout n'est qu'invention, affirme-t-elle. Mon ami et moi sommes athées. Mes beaux-parents sont formidables et suivent ce culte — qui n'est pas une secte — normalement. Nous, non. Je ne me coupe pas de mes relations, je ne donne pas d'argent. Je me soigne, j'ai une vie normale, j'aimerais juste ne plus avoir peur de ce qu'ils feront… »
Les enquêteurs tentent actuellement de démêler le vrai du faux. « A ce stade, rien ne permet de dire qu'il y a une appartenance à une secte, ni de confirmer les déclarations des parents, on vérifie tout », précise Thomas Pison, procureur de la République d'Ajaccio. Selon une autre source proche de ce dossier, l'hypothèse « de parents très possessifs et fusionnels avec leur fille, et lancés dans une sorte d'improbable croisade », serait étudiée de près. Mis en examen pour « enlèvement et séquestration », le père, la mère et le frère cadet sont placés sous contrôle judiciaire en Corse.
* Le culte antoiniste, d'origine chrétienne, fondé par un ouvrier belge en 1846, s'est retrouvé en 1995 cité dans le rapport parlementaire sur les sectes. Depuis cette période, ce mouvement, qui compte plusieurs temples en France, n'aurait pas fait l'objet de signalement particulier.
source : http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/ils-voulaient-arracher-leur-fille-a-l-influence-d-une-secte-22-10-2011-1679661.php
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CULTE ANTOINISTE : verdict
En septembre 2011, Marie Truong était kidnappée à Auriol puis conduite en Corse. Sa famille disait la soustraire de l’influence de son compagnon appartenant à une secte. Le tribunal a rétabli les choses
2011 : « Ma famille est comme une secte »
le samedi 29 juin 2013
Corse-Matin
Entre Tout sur ma mère et Femme au bord de la crise de nerf, le tribunal correctionnel a revécu le film coloré des Truong, une famille « surprenante », autrefois fusionnelle aujourd’hui « éclatée », selon le mot de la présidente. Une famille marquée aussi par la séquestration et l’enlèvement de leur fille Marie « pour la soustraire à l’influence d’une secte », selon ce que disait alors la défense. Son scénario n’était pas exact...
La mère Danielle Truong a été condamnée à deux ans de prison avec sursis et obligation de soins. Son époux Jacques et son fils Joseph, tous deux absents lors du procès car restés en Polynésie, écopent d’un an avec sursis. Ces peines s’accompagnent de l’interdiction d’entrer en contact avec la victime.
« Le culte du père Antoine n’est pas une secte ! »
C’est depuis le banc de la partie civile que Marie Truong a retrouvé sa mère, effondrée à la barre, en repoussant sur le pupitre son paquet de mouchoirs. Ceux-ci s’étalaient sur un« grand mot d’amour » en forme de cœur rouge écrit par Marie, alors adolescente. « Si je me suis trompée, je m’en excuse, je ne comprenais pas pourquoi ma fille s’isolait, j’avais peur pour sa santé, je n’avais aucune intention maléfique, je le jure devant Dieu, je voulais sauver mon enfant », dit entre les sanglots et les tremblements de sa maladie de Parkinson Danielle Truong. De quel danger ? De son compagnon, (devenu depuis un an son mari), José Abba et de ses parents, adeptes du culte du père Antoine.
« Cette association n’est pas du tout sectaire, ni classée comme telle », a rappelé la présidente Marie-Josèphe Muracciole qui ne croit pas au repentir d’une mère classée comme« psychorigide »par les experts. Une« mère abusive », résume le magistrat, avant de reprendre la genèse.
Les causes ? Le tribunal décèle un litige sans doute d’ordre commercial. Le refus de la relation. Mais dans la chronologie, les faits sont moins légers.
Fin août 2011, le père et son fils attendent Marie dans la rue à Auriol, l’attrapent par le bras et la conduisent de force dans une voiture en la menottant. La jeune fille est obligée d’avaler des tranquillisants. Direction Nice puis Bastia, où la famille embarque pour le ferry en plaçant la jeune fille sur un fauteuil roulant. Arrivés dans l’île, les Truong se rendent vers Cargèse. De l’autre côté de la Méditerranée, son compagnon signale sa disparition et c’est finalement à Ajaccio que Marie pourra se libérer de l’emprise de ses parents qui la conduisent au commissariat. Cette histoire, Danielle Truong, qui dit être persuadée avoir sauvé sa fille, ne peut l’entendre sans fondre en larmes. C’est pourtant au cœur de la procédure sa propre fille qui lancera : « C’est ma famille qui est comme une secte ». A la barre, cette jeune femme au visage grave dissimulé en partie derrière une mèche prune et des boucles d’oreilles ornées de plume, n’accable pas. Mais veut dépasser ses angoisses. Et « comprendre », enfin, même si elle a coupé les ponts avec sa mère. Son conseil, Me Jean Boudot, se voudra l’avocat de la raison. Il niera en bloc toute sincérité de la mère et du père. L’enlèvement ? Signe de manipulation et d’autoritarisme. « Avec une vraie repentance, j’aurais pu entrevoir la vérité », concède-t-il.
Le ministère public qui avait longtemps hésité dans ce dossier n’a pas ménagé ses réquisitions.
Le procureur Julie Colin qui n’a pas cru au « théâtre » joué par la prévenue, a demandé deux ans de prison à son encontre (dont 18 avec sursis) :« C’est aujourd’hui que les masques doivent tomber : on a mis des menottes à Marie on l’a droguée et conduite de force dans un esprit délirant, c’est très grave ».Écumant un dossier où la mère a voulu « tout contrôler », le procureur rappelle que la jeune femme voulait seulement son indépendance familiale. « Cette famille est comme une secte, ce n’était pas un acte d’amour », a-t-elle conclu avec fougue en demandant contre le père et le fils 18 mois dont 10 avec sursis.
Luttant contre les émotions de sa cliente, son avocat, Me Luc-Philippe Febraro a tenté avec classe de brosser la querelle des « classiques et des modernes » pour justifier le comportement de sa cliente, au bord de la crise de nerfs. Rejetant le scénario cousu par l’accusation, le conseil a minoré la manipulation et plaidé la bonne foi.« On ne peut diaboliser les mis en examen et angéliser la victime », a-t-il conclu. Le tribunal a opté pour un purgatoire judiciaire.
http://www.corsematin.com/article/home-page/enlevement-sequestration-en-2011-%C2%ABma-famille-est-comme-une-secte%C2%BB.1048942.html
source : http://ccmm.asso.fr/spip.php?article4541&var_recherche=pr%E9sidente
Nice - Journal officiel de la République française. Lois et décrets 4 fév. 1931
Déclaration du 24 janvier 1931. Association cultuelle dite CULTE ANTOINISTE.
But : propager l'enseignement du Père Antoine et réunir tous ceux qui ont besoin d'être réconfortés par la foi.
Siège : 2, rue Von-Derwies, Nice (Alpes-Maritimes).
Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 4 février 1931
Temple de Nice - extérieur du temple
Temple de Nice - intérieur pendant l'Opération

Alors que le Frère Benedetto repousse les esprits impurs, sa femme prie pour qu'il ait le fluide nécessaire.
Magazine Détective (1952)
Temple de Nice - les Desservants et Frère Pastorelli

Frère et Sœur Benedetto, dans leur costume rituel, en compagnie d'un adepte, l'ancien boucher Pastorelli.
Magazine Détective (1952)
Temple de Nice - Desservants-cuisine

Dans le temple antoinisme, Frère et Sœur Benedetto ont un petit appartement où ils vivent modestement.
Magazine Détective (1952)






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