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Patrick Ravignant - Les maîtres spirituels contemporains (1972)

Publié le par antoiniste

Patrick Ravignant - Les maîtres spirituels contemporains (1972)

Titre        Les maîtres spirituels contemporains : de Fulcanelli à Aurobindo, de Gurdjieff à Meyrink, de Steiner à Guénon.
Auteurs        Patrick Ravignant (avec la collaboration de Pierre Mariel, historien)
Éditeur        Culture, art, loisirs, coll. Bibliothèque de l'irrationnel, 1972
Longueur    253 pages, Illust. n-b. Index.

    Evoque Louis Antoine et l'antoinisme à la page 26.

source : Google Books

Sommaire :
    Les courants religieux / Les maîtres d’Occident / Les maîtres d’Orient / es groupes et les écoles /Les théoriciens de la maîtrise / Les écrivains chercheurs de voie / Les maîtres et la politique / Les calomnies / La contre-initiation / Les marginaux / Bibliographie / Table des personnages / Table des écoles et des mouvements / Index.

    L'avertissement prévient du double objectif de l'ouvrage : permettre au lecteur d'acquérir un certain nombre d'informations générales et lui offrir des lumières plus précises sur tel personnage ou tel courant. (p.9). On verra que les informations sont très générales en effet.
    Chaque chapitre s'ouvre sur une introduction. Le chapitre concernant l'antoinisme est Les Courants Religieux. Les auteurs veulent "rendre compte de la prodigieuse richesse et diversité d'une vie spirituelle, qui, malgré tous les obstacles d'une civilisation hyper-matérialiste - ou peut-être à cause d'eux - s'épanouit, depuis quelques décennies, sur toute la surface de la planète" (p.13). Ils préviennent qu'on leur "reprochera des omissions" (p.13). Malheureusement il ne s'agit pas là que d'omissions, mais d'erreurs. De plus, même si on a l'impression qu'ils se veulent neutres, les auteurs y vont souvent de leur point de vue : parlant de la Soko Gakkaï, on lit que son fondateur "[flatta] le caractère belliqueux de ses compatriotes" japonais (p.32). Voilà une remarque raciste. Et quand ce n'est pas du racisme, c'est de l'ethnocentrisme : "En Orient, les deux derniers siècles furent incontestablement plus riches, spirituellement, que la plupart des époques précédentes. La rencontre avec l'Occident fut pour beaucoup dans cet extraordinaire jaillissement de nouvelles énergies mystiques" (p.67).
    Ils précisent que "certaines formes [de religion], telles que les adventistes, et surtout la Christian Science, paraîtront, par bien des côtés, aberrantes" (p.15). Voilà de la discrimination. En tout cas, ils les ont "traitées beaucoup poins longuement que le caodaïsme ou l'antoinisme". Ils précisent qu'ethnologiquement, "les religions ne recherchent pas les clefs d'une compréhension métaphysique de l'univers, elles ne prétendent pas dévoiler des arcanes majeurs, ouvrir les portes de la grande connaissance ; elles visent à tout autre chose : édifier une communion de vivants" (p.15). Mais pour eux, "les dogmes et les rites servent de support, de moyen de transfert à cette convergence de forces." "Une assemblée d'hommes et de femmes, généralement d'une assez grande médiocrité, réunis pour effectuer ensemble un certain nombre de geste rituels dont ils ignorent le plus souvent la signification, et quelque chose est branché. C'est la grande jonction, le 'joint' comme disent les drogués, qui forment sans le savoir un cercle religieux, mais d'une religion inversée, tragiquement tueuse d'âmes" (p.15-16). Ils incluent le christianisme dans cette définition. Ils concluent en disant que "les religions n'ont jamais été des écoles de sagesse" (p.15). Qu'est-ce que c'est que ça pour une introduction, dirions-nous en français de Belgique !
    Mais venons-en à l'antoinisme. Là encore la neutralité n'est pas de rigueur, car toutes les sitations de la Révélation est suivies d'un 'sic' dont le sens est "Ainsi dans le texte, aussi étrange et/ou incorrect qu'il paraisse."
    Et les erreurs sont si fréquentes qu'elles aboutissent à des non-sens. Sans parler du parti-pris que toute religion à une face cachée ! (cette idée, pour l'antoinisme vient de Lucien Roure, partant d'une erreur concernant la robe) Lisons plutôt... et corrigeons...

LOUIS ANTOINE ET L'ANTOINISME
    Les parents de Louis Antoine (1846-1912) eurent onze enfants. Le père était mineur de fond. En 1857, à douze ans, Louis commença de descendre dans la mine, puis fut apprenti boulanger (1). A vingt-quatre ans, il émigra en Allemagne, puis en Pologne.
    Il revient dans le Borinage (2) où il épouse Jeanne-Catherine Collon. Ayant amassé un petit pécule, il 'bricole' dans les assurances tout en étant concierge, à Jemeppe-sur-Meuse, des 'Tôleries liégeoises'. Ayant assisté à des séances de spiritisme, Louis Antoine et sa femme se découvrent des dons de médium (3). Ils organisent dans leur modeste logement des séances de tables tournantes (4) et acquièrent vite une grande renommée dans les cercles spiritualistes de la Wallonie. Puis, sur les conseils d'un "désincarné", Louis Antoine devient guérisseur (5), mais il s'intéresse davantage aux misères morales. Doué d'un remarquable sens de l'organisation, les Antoine fondent une secte christique : les Vignerons du Seigneur (6).
    Antoine fut poursuivi pour exercice illégal de la médecine ; une condamnation, légère, ne fit qu'accroître sa renommée. Il fut proclamé Antoine le Guérisseur. La foule se pressait à la porte de son cabinet de consultation. Sa femme partageait son don et son prestige (7). On prit l'habitude de les nommer le Père et la Mère.
    Vers 1906, Antoine est conduit par des messages spirites à fonder une religion nouvelle, l'antoinisme (8), qui compte rapidement des dizaines de milliers de fidèles. Il meurt en 1912, mais sa femme lui succède à la tête de l'Eglise.

L'Eglise antoiniste
    Des temples sont édifiés non seulement en Wallonie et dans les Flandres, mais à Paris, à Monaco, dans de nombreuses autres villes d'Europe occidentale (9). Ce sont des salles austères où sont chantés des hymnes, où sont prononcés des sermons, où sont lues des pages de l'oeuvre écrite, abondante, du Père et de la Mère (10). Ces ouvrages, rédigés dans un style simple, sont accessibles à de braves gens peu cultivés, mais bon et sincères.
    Il se constitue une sorte de clergé (11). Les plus fervents des antoinistes adoptent un uniforme : redingote noire et chapeau rond pour les hommes ; jupe longue, à plis, capeline et fichu noir pour les femmes. Les plus doués prêchent la parole du Père et imposent les mains sur les malades. D'autres sont vendeurs de brochures et propagandistes itinérants. Depuis la mort de la Mère, en 1920 (12), l'Eglise antoiniste est régie par un collège d'inspirés (13). Les fidèles doivent avoisiner le million. Les finances sont prospères et bien gérées.

L'arbre
    L'emblème de l'antoinisme est "l'arbre de la science du Bien et du Mal" (14). Il figure, à la place d'honneur, dans tous les temples et est l"objet de nombreuses exégèses (15). Il semble bien qu'à côté du culte public existe un enseignement initiatique secret, réservé aux authentiques continuateurs du Père et de la Mère (16). L'arbre est ainsi explicité, selon une doctrine proche de la cabbale hébraïque : [suivent des citations et explications accompagnées de 'sic', sur l'interprétation de Louis Antoine de l'histoire d'Adam, Eve et le serpent] (17).

La dogmatique
    En bien des points, l'antoinisme ne brille pas par la clarté (18). On peut, au moins, en dégager un rudiment de dogmatique. [quelques phrases sur la foi guérissante, l'inexistence de la matière avec un rapprochement de la Christian Science, de l'amour du prochain et de ses ennemies, l'absence de Dieu, du panfluidisme, ambiguïté des notions du bien et du mal...](19).
    Les rituels sont réduits à une extrême simplicité. Ni baptême ni autres sacrements. Le mariage est un échange de mutuelles promesses devant la communauté (20). La seule cérémonie solennelle a lieu aux enterrements. Autour du corps se réunissent les adeptes (21). Un drap vert recouvre le cercueil. Derrière, vient la bannière noire avec l'emblème antoiniste : l'arbre. Au cimetière, un discours est prononcé (22). Le désincarné est descendu en terre, et sur la tombe, rien, par un nom, pas une pierre (23).

OUVRAGES A CONSULTER :
    Les brochures en distribution dans les temples antoinistes et, spécialement : l'Enseignement, par Antoine le Guérisseur (1905) ; Révélation, par Antoine le Généreux (1910) ; le Couronnement de l'OEuvre révélée (1910)(24) ; L. Roure : Au pays de l'occultisme (Paris, Beauchesne, 1948).

(1) Si certains auteurs notent que Louis Antoine a pratiqué de nombreux métiers, il ne fut jamais boulanger. Malheureusement, je crois savoir d'où vient l'erreur des auteurs : Alain Lallemand nous dit que sa biographe, soeur Yvette, écrivait qu'il avait 'pris un pain sur la fournée', voulant dire par là, qu'ayant mis enceinte sa future femme, il l'épousa. Ajoutons par ailleurs que le fait qu'il soit boulanger ou assureur ne nous apprend rien sur le parcours de Louis Antoine. Il aurait été plus judicieux d'évoquer la lampe s'éteignant dans la veine de mine qu'il prit pour un signe.
(2) La région liégeoise n'est pas le borinage. Les auteurs confondent ici les deux régions minières et industrielles de la Belgique.
(3) A ma connaissance, Mère n'eut jamais des dons de médium. Elle secondait plutôt toujours de loin son mari dans les tâches quotidiennes. C'est à la mort de Louis Antoine qu'elle pris le mouvement en mains, et comme elle le disait "Quand le Père est parti, il ne m'avait fait aucune recommandation que celle de suivre ses inspirations et j'ai eu beaucoup de tourments après son départ". Cela contredit donc la suite de ce que disent Patrick Ravignant et Pierre Mariel.
(4) Plutôt que de logement, parlons de maison. Puis il n'eut certainement que peu de 'séances de tables tournantes', premièrement car cela n'était pas le fort d'Allan Kardec, et deuxièmement, car comme il est dit dans sa biographie : il ne s'attarda pas "dans le domaine expérimental pour lequel Il n'avait aucune aptitude et qui ne Le tentait nullement."
(5) Disons plutôt qu'un 'désincarné' lui donnait les remèdes pour soigner les malades et de là, il devint guérisseur, secondé par le Dr Demeure et le Dr Carita, notamment.
(6) A ma connaissance, la Mère n'eut pas de rôle dans la fondation de la secte spirite (et non christique). Son fils par contre assistait plus souvent aux séances.
(7) Encore une fois, même si elle est décrite comme une "âme d'élite" dans la biographie, on dit simplement qu'elle "partage en tout sa mission". On ne parle pas de don d'invocation des esprits pour guérir. Et le prestige viendra plus tard.
(8) C'est plutôt par des messages avec Dieu (qui est à l'intérieur de chaque homme pour l'antoinisme), qu'il est conduit à fonder une nouvelle morale, le Nouveau Spiritualisme. Le nom "antoinisme" viendra plus tard.
(9) La formulation laisse à penser qu'il y eut plusieurs temples en Flandre, hors il n'y eut que celui de Schoten, près d'Anvers. Et il y eut surtout des salles de lecture dans de nombreuses villes d'Europe occidentale, mais pas de temple.
(10) Des trois affirmations, seule la dernière est exacte : pas de chant et encore moins de sermons ! De plus, pour certains l'oeuvre écrite du prophète Antoine n'est pas si abondante que ça, comparé à la production de Mary Baker-Eddy, ou Joseph Smith. Ensuite, les propos de Mère, contenus dans les Tomes, ne sont pas lu en public dans le temple.
(11) Il s'agit bien d'une "sorte de clergé", car il n'y a que peu de hiérarchie dans l'antoinisme, le port du costume ne donnant droit en quelques sortes qu'à lire la Révélation en public, accueillir les frères et soeurs ou tenir un temple et donc être guérisseur.
(12) Mère s'est désincarnée en 1940, et non en 1920. Françoise d'Eaubonne faisait la même erreur.
(13) Le mouvement est régi par un collège des desservants, qui ne font pas que gérer les finances "prospères". Disons plutôt qu'il y a une direction morale et matérielle.
(14) Il s'agit de l'Arbre de la Science de la Vue du Mal.
(15) Il n'y a pas d'exégèse (Analyse interprétative d'un texte de la pensée d'un auteur) dans l'antoinisme, chacun pouvant se faire l'avis selon son degrés d'élévation morale.
(16) Rien n'existe à côté du culte public. Tout est dans la Révélation qui est en vente et lu dans les temples. Qui serait les "authentiques continuateurs du Père et de la Mère ? Je ne peux le dire... c'est secret ;) Il n'y a que les Tomes qui sont disponibles qu'aux costumés en France. Mais ils ne contiennent rien de secret et encore moins d'initiatique. Jean-Marie Defrance, dans Réveil, l'Apôtre de Jemeppe et sa Révélation dit lui au contraire : "Ce que je viens de découvrir n'est pasune confrérie fermée ou limitée à l'une ou l'autre caste, où l'on se chuchote des 'secrets' périms. On ne vous demande pas : 'Avez-vous volé ou tué ?' ou 'Etes-vous contagieux ?' On sait que vous avez d'autant plus besoin d'amitié que vous êtes plus malheureux." (p.6)
(17) Inutile de recopier cette partie qui est à lire dans le Couronnement de l'Oeuvre Révélée, en vente et lu également dans les temples. La cabbale hébraïque n'a aucun rapport avec l'interprétation de Louis Antoine, le rapprochement vient uniquement du fait que la source est la même : l'Ancien Testament ou Torah.
(18) Les auteurs se contredisent, souvenons-nous qu'ils disaient que les "ouvrages, rédigés dans un style simple, sont accessibles à de braves gens peu cultivés, mais bon et sincères".
(19) Autant dire que les auteurs n'ont rien compris. Ils confondent la charité matérielle et la charité morale, il parle de l'absence de Dieu puis cite un passage de la Révélation disant qu'il est l'auteur de toutes choses...
(20) Il n'y a pas d'échange de mutuelles promesses devant la communauté pour célébrer un mariage. Mère disait seulement que pour les personnes le souhaitant, le couple pouvait assister aux Opérations générales durant la semaine, et demander une pensée lors d'une consultation. De même pour les "baptêmes".
(21) Il n'est pas précisé que cette réunion n'a pas lieu dans le temple, le corps d'un désincarné ne représentant que de la matière, il n'y a plus sa place.
(22) Un discours n'est pas le mot, c'est le chapitre Réincarnation qui est lu. Si un discours veut être dit, c'est cependant possible.
(23) C'est possible, mais il est aussi possible d'avoir son nom et une pierre, parfois avec l'Arbre représenté.
(24) C'est malheureux à dire, mais vous ne trouverez aucun de ses livres en vente dans les temples ! Il est clair maintenant pourquoi les auteurs n'ont rien compris à l'antoinisme. Ils n'ont pas lu l'essence de la Révélation. Mais comme pour eux tout est secret et initiatique, ils ont préféré s'en remettre uniquement à l'ouvrage de Lucien Roure, publié 30 ans avant. Donc l'Enseignement d'Antoine le Guérisseur a été brûlé par le Père lui-même. Il n'est plus en vente, puisqu'il ne doit rester que 2 ou 3 exemplaires maximums dans quelques rares bibliothèques ou greniers. La Révélation d'Antoine le Généreux (1910), ne porte plus se titre depuis 1912. On peut acheter la Révélation par le Père Antoine, ou simplement la Révélation par le Père, telle que révélée dans son temple, à Jemeppe-sur-Meuse de 1906 à 1909.

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René Guénon - L'Erreur spirite (1984) et le Théosophisme (1965)

Publié le par antoiniste

Titre        Le théosophisme: histoire d'une pseudo-religion
Auteur        René Guénon
Éditeur        Éditions traditionnelles, 1965
Longueur    477 pages
à télécharger sur archive.org

et

Titre        L'erreur spirite
Auteur        René Guénon
Éditeur        Editions traditionelles, 1984
Longueur    406 pages
à télécharger sur megaupload.com

    Critique l'Antoinisme en les rapprochant de ses influences, le spiritisime et la théosophie.

source : Google Books

L'Erreur spirite

DISTINCTIONS ET
PRÉCISIONS NÉCESSAIRES
Définition du spiritisme p.7
Les origines du spiritisme p. 17
Débuts du spiritisme en France p. 31
Caractère moderne du spiritisme p. 41
Spiritisme et occultisme p. 61
Spiritisme et psychisme p. 75
L'explication des phénomènes p. 93
EXAMEN DES THÉORIES SPIRITES
Diversité des écoles spirites p. 125
L'influence du milieu p. 135
Immortalité et survivances p. 149
Les représentations de la survie p. 159
I.a communication avec les morts p. 183
La réincarnation p. 197
Extravagances réincarnationnistes p. 227
Les limites de l'expérimentation p.247
L'évolutionnisme spirite p. 275
La question du satanisme p. 301
Voyants et guérisseurs p. 329
L'Antoinisme p. 349
La propagande spirite p. 363
Les dangers du spiritisme p. 385
CONCLUSION p.399

Résumé de l'Avant-Propos
    Les spirites ont été, dès l’origine, divisés en plusieurs écoles, qui se sont encore multipliées par la suite, et qu’ils ont toujours constitué d’innombrables groupements indépendants et parfois rivaux les uns des autres. Mais beaucoup de gens font du spiritisme isolement, sans aucun rattachement à une organisation spirite quelconque.
“[…] si le spiritisme était uniquement théorique, il serait beaucoup moins dangereux qu’il ne l’est et n’exercerait pas le même atrait sur bien des gens; et nous insisterons d’autant plus sur ce danger qu’il constitue le plus pressant des motifs qui nous ont déterminé à écrire ce livre.” (p. 3)
    Les nouvelles théories concernant le sacré sont désigné par René Guénon selon le nom de «néo-spiritualisme», ou «contre-vérités», ou «pseudo-religion».
    Le spiritisme, bien qu’il affiche souvent des prétentions scientifiques en raison du côté expérimental dans lequel il trouve la base et la source de sa doctrine, n’est au fond qu’une déviation de l’esprit religieux, conforme à cette mentalite «scientiste» qui est celle de beaucoup des contemporains.
source : http://elkorg-projects.blogspot.com/2005/07/ren-gunon-lerreur-spirite-note-de_29.html


Le théosophisme: Histoire d'une pseudo-religion

Théosophie et théosophisme p. 7
les antécédents de Mme Blavatsky p.13
Les origines de la Société Théosophique p.19
La Société Théosophique et le Rosicrucianisme p. 33
La question des Mahatmas .. p.43
L'affaire de la Société des recherches psychiques p.61
Mme Blavatsky et Solovioff. p. 72
Pouvoir de suggestion de Mme Blavatsky p. 80
Dernières années de Mme Blavatsk. p.85
Les sources des ouvrages de Mme Blavatsky. p.93
le Bouddhisme ésotérique p. 102
Principaux points de l'enseignement théosophiste p.109
Le théosophisme et le spiritisme. p. 125
Le théosophisme et les religions p.140
Le serment dans le théosophisme p. 148
Les antécédents de M- Besant p. 155
Début de la présidence de Mne Besant. p. 160
Au Parlement des Religions p.169
Le Christianisme ésotérique p. 176
La duchesse de Pomar p.183
Le Messie futur p. 192
Les tribulations d'Aleyone p. 204
L'Anthroposophie de Rudolf Steiner. p.213
L'Ordre de l'Etoile d'Orient et ses annexes. p. 228
L'Eglise vieille-catholique. p. 236
Théosophisme et Franc-maçonnerie p.243
Les Organisations auxiliaires de la Société Théosophique .. p.253
Le Moralisme théosophiste ... p.267
Théosophisme et Protestantisme. p.276
Rôle politique de la Société Théosophique p.283
Conclusion p. 302

    Par sa prétention à distribuer un enseignement ésotérique de source orientale, la Société Théosophique ne pouvait manquer d'attirer l'attention d'un auteur qui se propose précisément de faire connaître aux Occidentaux les authentiques conceptions orientales. René Guénon a donc étudié d'une façon très détaillée les origine, les théories, l'histoire et le rôle de la société fondée par Mme Blavatsky et le colonel Olcott et qui constitue un des plus curieux aspects du monde moderne. Il résulte de dette étude que les théories théosophiques, bien loin d'être l'expression ultime d'une archaïque sagesse orientale, sont des produits déguisés de la pensée occidentale la plus moderne. Dans un dernier chapitre sur le rôle politique de la Société Théosophique, on aperçoit les causes probables, sinon de la création, du moins de la persistance et de la vitalité relative de cette organisation.

Panégyrique involontaire, 14 juillet 2003
Par "spiritus-mundi"
    Cet ouvrage est significatif à la fois des dons de polémiste et de la qualité de la documentation de René Guénon. Mais, cette fois, cette virulence se retourne pratiquement contre son auteur qui reconnaît implicitement l'importance de la Société Théosophique.
    Celle-ci apparaît en effet dans la plénitude du rôle, controversé mais indiscutable, qu'elle a joué dans l'ésotérisme contemporain et dans la vulgarisation d'idées nouvelles (corps subtils, réincarnation, maîtres spirituels, ...) qui nous sont désormais si familières qu'on en oublie l'importance de Madame Blavatsky et de ses (nombreux) successeurs.
    A lire donc comme un documentaire, la matière de cet ouvrage est suffisamment riche pour se faire une opinion clairement fondée.
source : http://www.amazon.fr/th%C3%A9osophisme-Histoire-dune-pseudo-religion/dp/2713800609

 

L’ERREUR SPIRITE, par René Guénon, Edition Rivière, 1923. 

Ce n’est pas la première fois que nous parlons de M. Guénon. Après que M. Léon James eut attiré l’attention des lecteurs de Foi et Vie sur son « Introduction à l’étude des doctrines hindoues » on a signalé dans cette revue le rapprochement que M. Guénon, dans son ouvrage sur le « Théosophisme » croyait pouvoir faire entre le protestantisme et les doctrines de Mme Besant. Aujourd’hui, c’est un gros livre sur le spiritisme que nous présente M. Guénon. Comme ceux qui l’ont précédé, ce livre n’est pas écrit en un style tendre ; il affirme, il tranche, il dénonce avec une rare vigueur. M. Guénon ne cherche pas à se concilier la faveur de personne au prix de louches compromission ; ce qu’il pense, il le dit sans ambages, avec une sincérité absolue, Le laconisme de son titre est significatif : « L’erreur spirite ». Voilà qui est net ; il ne s’agit pas d’hypothèse, de possibilité, d’approximation, mais d’erreur pure et simple. De tout autre que de M. Guénon cette intransigeance pourrait étonner, voire même scandaliser. Mais pour qui connaît cet esprit curieux et profond, pour qui sait quel homme se cache derrière cet impitoyable censeur et pour qui se rend compte de tout l’arrière fond intellectuel sur lequel sont arcboutées les affirmations massives de l’auteur, le tranchant des mots devient un charme ; car il fait partie d’un système d’idées point invulnérable à la critique assurément, mais à tout prendre fort original et très clairvoyant, et certainement fécond, ne fut-ce que par les horizons nouveaux qu’il ouvre. M. Guénon est un anti-moderne. C’est en disciple de M. Maritain qu’il étudie le spiritisme. Ce point de vue renouvelle une étude qui pouvait sembler épuisée où pour le moins banale. M. Guénon n’a pas entrepris, comme dans son « Théosophisme » de nous retracer l’histoire d’une pseudo-religion ; il y a bien quelque chose de cela dans son livre, mais tandis que le point de vue historique prenait le pas dans le « Théosophisme » sur le point de vue doctrinal, ici c’est l’examen du principe spirite qui occupe l’auteur plutôt que l’histoire d’une secte. Mais M. Guénon a à sa disposition une telle quantité de documents inédits, son érudition « es pseudo-religions », si j’ose dire, est tellement prodigieuse que les quelques 400 pages de son livre fourmillent de renseignements inédits et étranges sur tout ce que le monde a pu produire en fleurs de satanisme et de magie, blanches ou noires. Mais avant de nous égarer dans les inquiétants parages de l’occultisme, précisons le point de vue de M. Guénon sur le spiritisme. 

Il y a spiritisme pour M. Guénon, quand il y a croyance à la possibilité d’une communication sensible avec les morts. Le spiritisme n’est pas le psychisme et n’est pas l’occultisme. Après la première partie sur les distinctions et les précisions nécessaires, M. Guénon en vient à l’examen des théories spirites et s’en prend alors au principe même du spiritisme. Ce principe est une absurdité métaphysique. M. Guénon nous dit pourquoi au Ve chapitre de la seconde partie de son livre. Son point de vue est si différent de celui qu’on adopte en général pour discuter et même réfuter le spiritisme, que nous n’essaierons même pas de l’exposer. Le fait n’intéresse que médiocrement M. Guénon. La possibilité métaphysique seule lui importe et par métaphysique il entend, je ne sais pas exactement quoi, mais en tout cas quelque chose de très différent de la métaphysique officielle, universitaire et occidentale pour laquelle on ne saurait avoir, à ses yeux, assez de mépris. Il y a dans ce point de vue qui constitue l’originalité de l’ouvrage, comme un occultisme à rebours. M. Guénon nous parle constamment de la « vraie » métaphysique ; elle constitue un critère devant lequel le fait perd toute signification cruciale. Qu’est-elle exactement ?» « L’Introduction à l’étude des doctrines Hindoues » en parlait un peu, mais indirectement ; le « Théosophisme » y faisait allusion, l’« Erreur spirite » en fait sa charpente, c’est fort bien, mais M. Guénon doit à ses lecteurs de plus amples explications. On aimerait le voir exposer la vraie métaphysique pour elle-même, nous renverrait-elle à M. Maritain qui nous adresserait à Saint-Thomas, c’est probable ; mais j’aimerais savoir comment de Saint-Thomas on va aux Indes. M. Guénon nous le dira peut-être un jour. 

Ce qu’il nous dit dès à présent, c’est le peu de bien qu’il pense des milieux spirites. Pour M. Guénon, ils ne seraient rien moins que recommandables, certains du moins ; non seulement ils tendent à déclancher une foule de maladies mentales, mais incitent trop souvent à un érotisme mal dissimulé. M. Guénon aurait à ce sujet des dossiers écrasants sur certains personnages bien connus dans les milieux spirites. Il n’y a rien d’étonnant à cela, les fiches de M. Guénon sont si riches et si diverses ; elles touchent à tous les mondes : psychisme, occultisme, magie, satanisme, rien de tout cela n’est mystérieux pour M. Guénon. Il connaît l’histoire de chacun des aventuriers du surnaturel ; il a noté leurs exploits ; il est au courant de leurs ‘desseins, tout se tient dans ce monde. A propos du spiritisme, M. Guénon est amené à nous informer de la magie et du satanisme. Ses opinions sur ce dernier point sont des plus curieuses. M. Guénon croit â Satan, il avoue être une exception dans le monde « cultivé » d’aujourd’hui, mais il ne redoute point l’originalité ; il est de bon ton de ne plus croire à Satan. C’est là, dit-il, la dernière rouerie du prince des ténèbres : se faire nier, pour mieux agir. Les chapitres si’ intéressants du satanisme et de l’occultisme, puis de l’antoinisme ne rompent-ils pas l’unité de l’ouvrage ? tout cela n’est pas à proprement parler du spiritisme. Mais cette question de composition est secondaire. Il demeure qu’on s’étonne et qu’on réfléchit, en lisant M. Guénon, de quelque sujet qu’il nous entretienne. 

Notons un à-côté de l’ouvrage. Au cours de 1’ «Erreur spirite », M. Guénon parle maintes fois du protestantisme. Un chapitre spécial du « Théosophisme » nous l’avait montré très peu sympathique à l’esprit protestant, symbole de toutes les dégénérescences occidentales. Dans l’« Erreur spirite », M. Guénon maintient sa thèse : l’esprit protestant se montre apparenté au spiritisme ; et cela en fait. Pour ce qui est de la question de principe, M. Guénon ne dit rien. Peut-on voir là une concession chez cet esprit tranchant et impérieux. Dans le « Théosophisme », il avait abordé la question de principe. A la page 307 de « L’Erreur spirite », (M. Guénon écrit en note : « On nous a reproché ce qu’on a cru pouvoir appeler un préjugé anti-protestant ; notre attitude à cet égard est en réalité tout le contraire d’un préjugé, puisque nous y sommes arrivés d’une façon parfaitement réfléchie, —comme conclusion, dans maintes considérations que nous avons déjà indiquées en divers passages de notre « Introduction à l’étude des doctrines Hindoues ». Point de concessions apparentes. Pourtant M. Guénon devrait bien distinguer entre les fâcheuses compromissions de l’esprit protestant et cet esprit lui-même. Le protestantisme n’est pas du tout prédestiné à s’acoquiner avec tous les aventuriers intellectuels du siècle ; les apparences sont contre lui, j’en conviens, et c’est très grave, mais le lien n’est pas nécessaire, ou du moins il reste à prouver qu’il le soit. C’est là un gros problème dont la solution rendrait à la cause protestante un singulier service. Pourquoi le protestantisme paraît-il se complaire aux mauvaises compagnies et pourquoi donne-t-il l’impression d’un fantôme inconsistant au travers duquel passent toutes les ombres plus inconsistantes encore d’un siècle en gésine ? L’anti-protestant a une réponse qui s’impose à son esprit : le protestantisme est un germe de mort, décrète-t-il. Le protestant « clairvoyant » reconnaît le fait, médite devant l’accusation, hésite, se lamente un peu, mais sait bien qu’à côté d’une intellectualité protestante anglo-saxonne plus ou moins anémiée, il y a un protestantisme latin profondément différent de l’esprit du siècle. Que dirait M. Guénon si, délibérément, on s’amusait à confondre la métaphysique officielle et occidentale avec la vraie métaphysique transcendantale et orientale ; il en serait certainement très fâché. Il en est absolument de même pour nous ; il s’obstine à confondre sous la formule générale d’ « esprit protestant » deux réalités extrêmement distinctes. Un historien comme lui devrait s’en aviser une fois pour toutes. Ses thèses en fait gagneraient en force. Comme il y a métaphysique et métaphysique, il y a protestantisme et protestantisme ; et dans les deux cas il ne s’agit pas de sectes, mais d’esprit.

Après avoir qualifié William James de « sataniste inconscient »,— il serait trop long d’expliquer pourquoi, — qu’on sache seulement que cette épithète un peu ahurissante est longuement justifiée, – M. Guénon écrit à ce sujet : « Nous avertissons d’abord nos contradicteurs éventuels, de-quelque côté qu’ils se trouvent, que nous tenons en réserve beaucoup de choses autrement grosses encore » (page 39) ; et, dans la conclusion de son livre nous lisons ces lignes : « L’histoire telle qu’elle est enseignée officiellement s’en tient aux événements extérieurs qui ne sont que l’effet de quelque chose de plus profond et qu’elle expose d’ailleurs d’une façon tendancieuse où se retrouve nettement l’influence de tous les préjugés modernes. Il y a même plus que cela, il y a un véritable accaparement des études historiques au profit de certains intérêts de parti & la fois politique et religieux. Nous voudrions que quelqu’un de particulièrement compétent ait le courage de donner nettement avec preuves à l’appui la manœuvre par laquelle les historiens protestants ont réussi à s’assurer un monopole de fait et sont parvenus à poser comme une sorte de suggestion leur manière de voir et leurs conclusions jusque dans les milieux catholiques eux-mêmes (C’est nous qui soulignons). Ce serait une besogne fort instructive et elle rendrait un service considérable » (page 404). On ne peut qu’approuver : ce serait une besogne « fort instructive », et son utilité serait a considérable », d’autant que nous avouons n’avoir aucune idée de ce qu’elle pourrait être. Mais, attention ! nous demandons qu’avant de commencer son enquête « l’homme compétent » – qui pourrait bien être M. Guénon – sache bien de quoi il parle, quand il chargera l’esprit protestant de toutes les manœuvres, falsifications et abominations imaginables, sa compétence éclatera s’il sait distinguer la religiosité protestante, la livrée anglo-saxonne de la religion protestante, à blason latin et français. S’il arrive enfin à faire cette distinction essentielle, nous l’assurons qu’il donnera le jour à une œuvre de la plus haute originalité, fort instructive, et non moins utile pour tout le monde, à commencer par les protestants « orientaux », pourrait-on dire, pour se faire entendre de M. Guénon. 

Nous voici loin du spiritisme, c’est que le livre et l’auteur, qui nous occupent dépassent de beaucoup le sujet qu’ils traitent. Il en est ainsi de bien des ouvrages contemporains où à propos de problème particulier se" posent à nouveau mille questions d’ordre général dans la perspective desquelles le protestantisme français est très directement intéressé. Malheureusement il ne suffit pas d’avoir des yeux pour voir. 

Paul ARBOUSSE-BASTIDE.
Foi et vie : revue de quinzaine, religieuse, morale, littéraire, sociale,
Les livres, 1 février 1924, Paris, pp.149-154

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Jean Deharveng - Histoire de la Belgique contemporaine, 1830-1914, Volume 2 (1930)

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Jean Deharveng - Histoire de la Belgique contemporaine, 1830-1914, Volume 2 (1930)

Titre        Histoire de la Belgique contemporaine, 1830-1914, Volume 2
Auteur        Jean Deharveng
Éditeur        A. Dewit, 1930

    Evoque l'antoinisme à la page 581. Peut-être le seul livre d'histoire de la Belgique qui en parle. L'auteur a également participé à Circonscriptions ecclésiastiques, Chapitres, abbayes, couvents en Belgique avant 1559, Cartes des diocèses, archidiaconés et paroisses par J. DEHARVENG, des chapitres, abbayes, prieurés et couvent par Edouard de MOREAU, Bruxelles (Edition universelle), 1948.

source : Google Books

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Jean Deharveng - Histoire de la Belgique contemporaine, 1830-1914, Volume 2 (1930)

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Jean Deharveng - Histoire de la Belgique contemporaine, 1830-1914, Volume 2 (1930)

Titre        Histoire de la Belgique contemporaine, 1830-1914, Volume 2
Auteur        Jean Deharveng
Éditeur        A. Dewit, 1930

    Evoque l'antoinisme à la page 581. Peut-être le seul livre d'histoire de la Belgique qui en parle. L'auteur a également participé à Circonscriptions ecclésiastiques, Chapitres, abbayes, couvents en Belgique avant 1559, Cartes des diocèses, archidiaconés et paroisses par J. DEHARVENG, des chapitres, abbayes, prieurés et couvent par Edouard de MOREAU, Bruxelles (Edition universelle), 1948.

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P. Thivollier - L'homme est-il maître ou victime de son destin (1959)

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Titre        L'homme est-il maître ou victime de son destin ?
        Illustrations hors texte
Auteurs        P. Thivollier (M. Pignal, R. Duval-Bresson)
Éditeur        Editions de l'Oasis, 1959
Longueur    224 pages

 

    Livre traitant de l'occultisme : La divination (cartomancie, chiromancie, astrologie), la voyance, la superstition, la magie et la sorcellerie (sorts et envoutements), les guérisseurs (hypnotisme, radiesthésie), le spiritisme, les revenants et les maisons hantées, enfin, la possession diabolique.
Source : GoogleBooks

 

    P. THIVOLLIER (d'après les travaux de R. DUVAL-BRESSON). — L'homme est-il maître ou victime de son destin ? Missions ouvrières paroissiales. Issy-les-Moulineaux (Seine), impasse Cloquet. 1954. 18 x 14 cm.  220 pages.
    Sous un titre qui annonce mal le sujet traité mais que précise heureusement la frise entourant la couverture, le P. Thivollier, dont on sait le remarquable effort de vulgarisation religieuse, nous présente, avec l'aide de la documentation fournie par M. Duval-Bresson, une somme, accessible à tous, des fausses sciences, dont le renouveau inquiétant est paradoxal au siècle de la science et de la technique.  Tour à tour sont présentés et jugés la divination (cartomancie, chiromancie, astrologie), la voyance, la superstition, les rêves, les sorts, les envoûtements ; l'hypnotisme, la radiesthésie, les revenants et les maisons hantées, la possession diabolique, le spiritisme. Ce dernier sujet fait l'objet des développements les plus complets. L'orientation générale de ce livre nous paraît assez heureuse. Fraude, abus de confiance et supercherie qui accompagnent si souvent ces pratiques sont dénoncées avec énergie ; la possibilité de phénomènes « parapsychiques » est réservée avec prudence. Sur ce point, le P. Thivollier à raison d'être moins radical que Noël Bayon (le spécialiste des guérisseurs, dont nous nous étonnons de ne pas voir cités les ouvrages sérieux, vivants et accessibles) ; on aurait cependant souhaité plus d'explications. L'unique page consacrée à la radiesthésie est trop sommaire : elle risque de laisser croire à des possibilités d'investigation en un domaine qui, jusqu'ici, ne semble pas en avoir apporté quelque fondement.
    Étude judicieuse, riche de faits, et d'une lecture facile, qui rendra service.
                                                    François Russo.
Source : Études (revue fondée en 1856 par des Pères de la Compagnie de Jésus, avril 1955 (Gallica)

 

    On peut en lire des extraits sur gallica (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3337917p).

 

    Dans le chapitre sur les Guérisseurs, on lit plusieurs références, généralement fausses, sur le père Antoine, par exemple que "le malade consultant est souvent invité à réciter la formule avec son guérisseur... et même à en porter sur lui le texte écrit comme une talisman. La récitation de la « prière qui guérit » est accompagnée de gestes variés. Ainsi procédait le fameux « Père Antoine ». [...] Partant des images saintes et vénérables places sur le mur, le Père Antoine faisait des gestes très spectaculaires d'apporter les « fluides » jusqu'au malade. Il procédait aussi par imposition d'images, de tuniques, de linges ayant appartenu à de puissants personnages... (p.149-50)

    Encore plus loin : "De la foi au pouvoir du guérisseur à la foi en la guérison, il n'y a qu’un pas.

    "Un exemple fort éclairant, à ce sujet, est, semble-t-il, celui du célèbre Père Antoine, le fameux guérisseur de Jemeppes, en Belgique... et dont la secte compte encore aujourd'hui quelque 500.000 adeptes. Il exigeait de ses malades une foi absolue excluant tout acte d'intelligence, tout raisonnement. A l'entendre, le mal n'existait pas..., mais la croyance au mal, était précisément l'origine de la maladie... Celui qui mettait sa foi dans le Père Antoine et qui donc pensait comme lui, à savoir que le mal n'existait pas, celui-là était sur le chemin de la guérison. L'emblème du Père Antoine – et aujourd'hui encore de ses disciples – c'était un arbre noir : l'Arbre de la Science de la Vue du Mal... Avoir cette science que le mal n'existait pas, voir que le mal n'existait pas, c'était le secret de guérir... Les passes « magnétiques » du Père Antoine, qui prétendait capter les fluides transmis par les Esprits répandus dans l'Univers, faisaient le reste... On ne peut donner meilleur exemple de suggestion… C’était vraiment « la foi qui sauve ». Comme l'a dit quelqu'un : « On croyait au Père Antoine parce qu'il guérissait et le Père Antoine guérissait parce qu'on croyait en lui. »"

    Evoque l'antoinisme encore à la page 187 dans le chapitre sur le Spiritisme. Le passage est court citons-le in extenso :

    Un dérivé du Spiritisme, c'est l'Antoinisme, religion fondée par le Père Antoine, de son nom Antoine Louis, né en 1846 d'une famille de mineurs à Mons-Crotteux, en Belgique. A Jemeppes-sur-Meuse, où il était concierge d'une usine de tôlerie, il s'initia au Spiritisme. Doué pour faire tourner les tables il se découvrit soudainement médium… et chargé de la mission de faire connaître au monde les vérités que les Esprits lui révélaient par les tables… Déjà, il avait de nombreux admirateurs, quand son fils unique mourut… Accablé de douleur, il se sentit appelé à soulager les maux de l'Humanité… Des « esprits guérisseurs » lui donnèrent la science voulue et « l'esprit » de son fils, réincarné en un pharmacien de Paris, lui révéla des remèdes… Il devint bientôt un guérisseur de renom et les foules se pressaient vers lui pour qu'il leur imposât les mains… Le Père Antoine, vieillard à grande barbe blanche, déclarait, en imposant les mains selon un rite spécial, qu'un fluide guérisseur émanait de lui et de ses paroles… Il distribuait aussi des étoffes dites « magnétisées »… Et il prêchait une religion inspirée du Spiritisme d'Allan Kardec… Passant pour un saint, il se fit un nombre d'adeptes considérables, principalement parmi les gens du peuple… On éleva de son vivant un temple à Jemeppes… et il en existe une cinquantaine ailleurs… Encore aujourd'hui, 500.000 personnes se recommandent de lui. A sa mort (disons sa « désincarnation », puisque nous sommes en religion spirite), en 1912, sa femme devint pontife de la nouvelle religion : c'était la « Mère Antoine », vénérée presque à l'égal de son mari jusqu'à sa mort, en 1941…

    "Le gros succès du « Père Antoine » est dû aux guérisons qu'on lui attribue (voir à ce sujet le chapitre des guérisseurs, page 153), car les dix principes de la religion antoinisme sont très imprécis et très obscurs… Il s'agissait selon lui — et c'est encore aujourd'hui le cas pour ceux qui prient et guérissent en son nom — de capter « les fluides magnétiques » épars dans l'Univers et que les Esprits peuvent transmettre aux hommes qui entrent en communication avec eux… On le voit, l'Antoinisme s'apparente au Spiritisme."

 

    À lire cette partie, on comprend, par le nombre des …, qu'il s'agit d'un résumé… malheureusement « très imprécis et très obscurs ». Je vous laisse vous-mêmes chercher les erreurs, elles sont nombreuses, vous n'aurez pas de mal à en trouver. Bien sûr, l'Antoinisme, très proche du Spiritisme, est condamné au même titre que la « religion » d'Allan Kardec : « Si la pratique du Spiritisme est pernicieuse au point de vue spirituel, ajoutons qu'elle est également désastreuse sur le plan purement humain. » (p.188).

 

    Il est sûr qu'avec comme étude ce raccourci, on ne peut que pas comprendre ce qu'est l'Antoinisme. Pourtant en lisant certains autres passages, on aurait attendu plus d'indulgence du P. Thivollier pour ce mouvement. Par exemple, dans le chapitre sur la voyance (les conclusions de chaque chapitre sont presque identiques), évoque une solution rationnelle à l'origine de la croyance : L'important, c'est donc « d'avoir du flair ». Nul doute que l'habitude de recevoir des confidences ne donne une grande expérience du « métier » !… Mais on voit qu'il n'est pas nécessaire pour cela de s'afficher « mage », « fakir », « voyante extra-lucide »… Le chef du personnel d'une grande usine qui voit défiler des centaines d'ouvriers à son bureau d'embauche… l'avocat, le notaire, le médecin… le prêtre qui a un peu l'habitude du confessionnal et de la direction des âmes, sont bien placés pour « lire », pour « voir » dans la vie passée, présente et même future de ceux qui s'adressent à eux… Ils pourraient aussi prédire à celui-ci ou à celui-là ce qui lui arrivera s'il continue à marcher dans la ligne qu'il s'est tracée jusque-là. Et la mère de famille, éveillée à son rôle d'éducatrice et douée de psychologie, peut souvent, mieux que personne, lire dans l'attitude de son enfant, dans son regard et ses manières, l'idée qu'il poursuit et la fredaine qu'il vient de commettre. Combien de parents ont prédit à tel ou tel de leur fils ce qui n'a pas manqué de leur arriver à leurs vingt ans !… (p.70)

 

    Un autre passage fait apercevoir les rapprochements qu'aurait pu tracer l'auteur avec la vraie voie du Christ, la seule à ses yeux qui vaille (cf. p.67 : Il n'est pas question ici du cas des Saints, de ces « Voyants de Dieu » qui reçoivent un don de clairvoyance extraordinaire, par une grâce toute spéciale.), s'il avait étudié réellement l'Antoinisme : Il n'est pas question d'engager ici un débat sur le problème de la liberté. Disons simplement ceci sur le sujet qui nous occupe. L'homme est maître de son destin. Bien sûr, il subit de grosses influences : tempérament, hérédité, éducation, milieu social... événements de la vie : maladies, épreuves, guerres, etc. Tout travaille à le façonner, à le modeler. Quand on connaît les circonstances dans lesquelles s'est déroulée une existence, on s'explique bien des choses. (p.69)

 

    Mais, non ! encore une fois, l'on doit se contenter d'un Professeur catholique d'une étude bâclée et étroite d'esprit. Dommage, mais tellement courant de la part de la religion du pardon... Pourtant, chose incroyable, il affirme p.71 : La célèbre Eusapia Palladino, qui fut soumise à de nombreux contrôles et dont le don de voyance fut reconnu, s'efforçait d'être loyale devant ceux qui l'observaient ; elle s'écria un jour : « Tenez-moi bien, je sens que je vais tricher ! ». Que le Père Antoine procédait de la même façon pour ses guérisons et ses révélations, le Professeur n'en a cure.

 

    L'auteur écrit encore : Il reste bien vrai que le Démon se trouve là même où nous sommes assis, dans ces tréfonds de notre âme où vivent la lâcheté, la paresse, l'appétit de vengeance, la sensualité, la passion du gain et du pouvoir, etc. Le Mal, il est dans le cœur humain. (139) Le Père ne dit pas autre chose, mais de manière différente... Dans le même chapitre sur les sorts et envoûtements, il écrit en conclusion que "celui qui nourrit des pensées de haine, même justifiées, contre son ennemi, celui qui entretient en lui des désirs de représailles alimente, qu'il le veuille ou non, les flammes de l'enfer" et que "les prières les plus communes et les plus ordinaires sont les plus efficaces, quand elles s'accompagnent d'un véritable amour de Dieu et du prochain et d'une résolution sérieuse de mener une meilleure vie" (p.141), ce qui, outre ce prêchi-prêcha classique, est très proche de ce que dit le Père.

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Sans âme par André Thérive (La Revue hebdomadaire mars 1928)

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Titre :   La Revue hebdomadaire, Volume 37
Publié : mars 1928

Sans âme par André Thérive (La Revue hebdomadaire mars 1928)

    Je lui ferai un grief plus sérieux de son goût extrême pour l'antoinisme. Savez-vous de quoi il s'agit? C'est une secte religieuse, une fraternité, ou, si vous préférez, une initiation dont les adeptes pratiquent surtout, autant que j'aie pu comprendre, la purgation du mal par la non-résistance. N'est-ce pas en vertu d'nn hasard étonnant, et même arbitraire, que Julien Lepers, où qu'il se tourne, se cogne à des antoinistes, comme si c'était, en notre temps, la seule forme de l'aberration religieuse? Quelle bizarre coïncidence, par exemple que la servante de l'oncle Drémoncourt soit une adepte, tout comme les vieux qui ont recueilli Lydia ? L'antoinisme a-t-il reconquis chez les simples tout le terrain perdu par le catholicisme ? En sommes-nous infectés à ce point? Que dire alors de la maçonnerie, de la magie, de l'occultisme, de la métapsychie, sans parler de la drogue, qui est bien devenue une initiation, une religion, elle aussi? J'aimerais connaître les raisons d'une telle préférence. 

    Mais qu'André Thérive n'aille pas croire qu'en finissant je lui cherche querelle. Ce qui importe, ce qui est probablement précieux et rare, je m'excuse d'y insister, c'est ceci un livre qui paraît d'abord d'hier, parce que fait de main d'ouvrier, et qui est de demain plutôt que d'aujourd'hui, parce que gonflé du pressentiment de cette grande inquiétude spirituelle qui va de nouveau bouleverser notre vieux monde, repu et déçu par l'épais ennui d'un progrès tout matériel..., inquiétude dont le bolchevisme et le fascisme, affamés de mystique, ne sont que les premiers signes, les premières crises. 

FRANÇOIS LE GRIX. 

 

Chroniques et documents
Les livres et nous
Sans âme, par André Thérive

 

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La Belgique et ses dieux (1985)

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La Belgique et ses dieux (1985)La Belgique et ses dieux (1985)

Auteur : Michel Voisin et Karel Dobbelaere
Titre : Sectes et nouveaux mouvements religieux en Belgique (p.359-362)

in

Titre        La Belgique et ses dieux: églises, mouvements religieux et laïques (with English introduction and summaries)
Auteur        Liliane Voyé, Karel Dobbelaere, Jean Rémy, Jaak Billier
Éditeur        Cabay, 1985 - Recherches Sociologiques, Volume XVI, numéro 3 (spécial), 1985, quatrième partie (religions non catholiques et sectes) - Université Catholique de Louvain (Belgique). Cf. https://sharepoint.uclouvain.be/sites/rsa/Revues/1985-XVI-3.pdf
ISBN        2870773196, 9782870773192
Longueur    430 pages


    Cet ensemble de dix huit exposés, introduit et conclu par les quatre éditeurs, se présente comme la contribution belge à la 18e Conférence internationale de sociologie religieuse (C.I.S.R., Leuven-Louvain-la-Neuve, août 1985) et sous le patronage de la revue Recherches sociologiques : "bilan de la recherche en sociologie des religions" telle qu'elle est conduite en Belgique et sur la Belgique. Quatre parties : religion et modernité, catholicisme et politique, évolutions récentes du catholicisme, religions non catholiques et sectes. Flandres et Wallonie sont équitablement représentées (ont eût aimé au moins une étude sur Bruxelles et son agglomération), même si l'auditoire international semble parfois un peu oublié : on y donne des chiffres et des pourcentages sans indication (sauf erreur) de la population totale : on y emploie des mots néerlandais non traduits (vrijzinningheid, etc.), ou traduits mais non commentés (verzuiling : pilarisation). Tout ne va pas de soi pour tous les lecteurs, même si les plus anciens habitués des Archives savent pouvoir se reporter au N°8 (Actes du Ier Colloque européen de sociologie du protestantisme, mai 1959) pour y trouver chez J.P. Kruijt l'explication de cet important phénomène, le Zuil (p.106).
    L'ouvrage comble un vide. Tout n'y est pas d'égale qualité. J.Rémy et L?Voyé, aidés par A.Tihon, ouvrent le feu avec un chapitre rapide, anecdotique, parfois approximatif, sur "L'Eglise catholique de Belgique et la transaction avec la modernité", mais se rattrapent avec une excellente analyse, "Perdurance des clivages traditionnels et différences d'enjeux prioritaires". Le catholicisme s't taille la part du lion, avec son originalité, sa vitalité, ses difficultés : c'était inévitable en ce "pays de monolithisme religieux". Deux chapitres sont consacrés à la religion des jeunes, un aux pèlerinages en Wallonie. P.Delooz fait le point démographique des prêtres diocésains, séminaristes, religieux et religieuses. Une attention particulière est donnée aux minorités religieuses, véritablement minoritaires : protestantisme (entre 50 et 100 000), judaïsme (35 000, essentiellement Anvers et Bruxelles), islam (reconnu depuis 1974, environ 200 000), antoinisme (seul mouvement d'origine belge, fondé en 1970, 150 000 au début du siècle, en déclin sans chiffres connus à ce jour), Témoins de Jéhovah (20 000 proclamateurs), Eglise de scientologie (6 à 7 000), entre une et quelques centaines pour les "sectes de type nouveau" ; minorité spécifique, la franc-maçonnerie (14 000) et ses liens avec la pensée laïque.
    Les deux chapitres consacrés à cette pensée laïque auraient pu être la grande nouveauté du volume. Celui d'Hubert Dethier (Flandres) est d'un acteur impliqué plus que d'un sociologue ; celui de Claude Javeau (Wallonie), qui semble lui donner la réplique (n'est-ce qu'une apparence ou le signe du débat en cours ?), est d'un sociologue impliqué et distancié, mais trop cursif. On apprend beaucoup à lire H.Dethier et d'abord sur le "contentieux laïque" dont il est le témoin : mais comment s'étonner qu'entre une libre pensée militante et une Eglise confessante, le heurt soit frontal ? En revanche, apparaissent deux problèmes qui auraient mérité plus de développement. H.Dethier revendique de l'Etat belge une "reconnaissance légale de la philosophie laïque" et que "l'absence de pratique de tout culte" soit subventionnée au même titre que les cultes reconnus. A quoi Cl.Javeau objecte : "Ne va-t-on pas, à côté des Eglises avec Dieu, vers la constitution d'une Eglise sans Dieu" et à donner des allures ecclésiales à une laïcité institutionnalisée qui engendrera "ses propres effets d'orthodoxie" au détriment du principe de libre-examen individuel dont elle se réclame ?
    Le second problème tient à la réalité même de ce "pilier laïque" face au "pilier catholique", c'est-à-dire à l'unité postulée de cette laïcité qui s'évanouit dès qu'on cherche à la cerner, mais dont l'affirmation masque la véritable réalité : le conflit de classes entre bourgeoisie libérale et travailleurs socialistes. H.Dethier doit bien le reconnaître. Les efforts pour jeter une passerelle entre ces deux p$oles ont échoué : "Il faut croire que les clivages sociaux empêchèrent toute entente" (p.37). La libre pensée libérale "se trouvait à des lieux des idéologies prolétariennes" (p.40). Les maçons socialistes un court moment réunis aux maçons libéraux, vers 1870, étaient "issus de la bourgeoisie libérale" (p.42). En vérité, le grand absent de cet ensemble, c'est le socialisme dont l'idéologie et les adhérents méritaient d'être étudiés par une sociologie religieuse.
      Emile Poulat

Archives des sciences sociales des religions, 1986, Volume 62, pp. 336-337
source : persee.fr

 

Auteur : Michel Voisin et Karel Dobbelaere
Titre : Sectes et nouveaux mouvements religieux en Belgique (p.359-362)
in La Belgique et ses dieux
CABAY - Recherches Sociologiques, Volume XVI, numéro 3 (spécial), 1985, quatrième partie (religions non catholiques et sectes) - Université Catholique de Louvain (Belgique). Cf. https://sharepoint.uclouvain.be/sites/rsa/Revues/1985-XVI-3.pdf

 

    Dans ce papier les auteurs étudient huit mouvements religieux en Belgique, dont l'Antoinisme est le seul d'origine belge. La foi mondiale Baha'ie, le Mormonisme et les Témoins de Jéhovah ont émergé au siècle dernier ; l'Eglise de l'Unification, la Scientologie, le Rasjneeshisme et l'Association Internationale pour la Conscience de Krishna sont de nouveaux mouvements religieux. Ces groupes, les Témoins de Jéhovah excepté, ont un succès très relatif en Belgique. Il semble aussi que les particularités belges n'ont presqu'aucune incidence sur le recrutement et la structuration de ces mouvements. Les nouveaux mouvements religieux et les Baha'ie recrutent surtout auprès des cadres moyens du secteur des services, les autres auprès des ouvriers et employés du secteur productif. L'article analyse entre autres les différentes fonctions sociales qu'ont ces groupes religieux pour ces diverses catégories sociales.

 

Introduction

    On ne trouvera pas ici une information exhaustive sur les sectes et les mouvements religieux en Belgique, pas davantage qu'une typologie de ces mouvements, dont la littérature rapporte un grand nombre d'essais. Notre sélection est volontairement arbitraire : elle a été dictée par les informations déjà disponibles. Seules quelques investigations complémentaires ont été effectuées, pour actualiser nos données. Nous avons cependant veillé à ce que les nouvelles sectes n'éclipsent pas complètement les anciennes. C'est délibérément que nous avons ignoré le problème de l'appellation exacte qu'il convient de donner à ces différents mouvements, réservant cette discussion pour un autre moment. Le fil conducteur de notre analyse a été de voir ce que l'existence même de ces mouvements pouvait nous apprendre sur la société belge et son évolution.

    Les huit mouvements religieux que nous allons présenter ici sont apparus à différentes époques sur des fonds culturels divers. Nous parlerons tout d'abord de l'Antoinisme, fondé en Belgique au début du XXème siècle. Nous poursuivrons en évoquant trois sectes datant du siècle passé : le Baha'ie, originaire de Perse, le Mormonisme et les Témoins de Jéhovah, deux sectes chrétiennes d'origine américaine. Les quatre autres mouvements dont nous parlerons sont apparus après la Deuxième Guerre Mondiale, et s'apparentent, à des degrés divers, à la religiosité asiatique.

 

I. Le culte Antoiniste

    L'Antoinisme, ou culte antoiniste, est sans doute la seule secte d'origine belge dont la notoriété et le succès ont largement débordé nos frontières, tout particulièrement en France. Son fondateur est Antoine Louis (1846-1912), ouvrier métallurgique d'origine liégeoise, qui abandonne le catholicisme à l'âge de 42 ans pour s'intéresser aux associations spirites, alors florissantes. S'étant découvert des dons de guérisseur, qu'il exploite sans se faire payer, il transforme sa maison en cabinet de consultation où il reçoit journellement 50 à 60 personnes en 1900, de 500 à 1200 en 1910. Les moyens utilisés sont d'abord la prière, l'imposition des mains, la liqueur Koene, le papier et le linge magnétisés, etc. A la suite d'un procès pour exercice illégal de la médecine, il abandonne ces pratiques pour ne conserver que la prière et l'imposition des mains. En 1906, il se sépare du mouvement spirite dont il désapprouvait, sans doute sous l'influence de la théosophie, "l'expérimentation scientifique", c'est-à-dire les séances d'entretien avec les disparus. Son groupe, d'abord appelé les Vignerons du Seigneur, devient alors le Nouveau Spiritualisme. Antoine développe son œuvre de Révélateur pendant trois ans. Son enseignement est recueilli par des adeptes dont les notes, revues par le Père, constitueront bientôt les livres sacrés : La Révélation par le Père Antoine (en deux parties : L'Enseignement et Le Couronnement) et Le Développement de l'Enseignement du Père. Sera également révélée la robe caractéristique des antoinistes que portent les adeptes qui le souhaitent : lévite noire et chapeau haut-de-forme pour les hommes ; jupe plissée, corsage, châle et bonnet noirs pour les femmes.

    Le culte est officiellement constitué en 1910 avec la consécration du premier temple à Jemeppe-sur-Meuse. Lors de la "désincarnation" du Père, le culte fut dirigé par Mère, son épouse, jusqu'à son propre décès en 1940. Cette date marque le déclin de l'Antoinisme, accentué par une guerre de succession entre le neveu d'Antoine, le Père Dor, et son concurrent. Le succès de l'Antoinisme fut grand au début du siècle : environ 150.000 adeptes, dont 50.000 en France selon Woodrow (1977:53). Il s'est particulièrement bien implanté dans les milieux ouvriers du bassin liégeois et dans un certain nombre de villes françaises (cf. liste in Debouxhtay, 1945:25-26). Le dernier temple belge fut consacré en 1968, à Retinne (ancienne cité charbonnière comptant une forte population immigrée) et un nouveau temple doit être prochainement ouvert dans la région parisienne. Ces dernières créations ne doivent cependant pas faire illusion ; le culte est en forte régression, ses adeptes sont âgés. Selon son desservant, le temple de Retinne accueille environ 50 personnes chaque semaine mais il ne précise pas si ces "adeptes" participent au culte (avec ou sans la robe) ou viennent seulement "consulter" (les guérisons par la Foi se pratiquent dans un petit bureau annexé à la salle du culte). Il y aurait aujourd'hui 31 temples en Belgique, 28 en France et environ 150 Salles de Lecture (souvent des habitations particulières) où l'on procède seulement à la lecture de l'Enseignement. En dépit d'un déclin qui est sans doute lié à celui de l'activité charbonnière, les brochures (jaunies) parlent de progrès constant et signalent des implantations au Brésil, aux Etats-Unis et dans divers pays d'Europe. Aujourd'hui, l'activité principale des desservants est de prodiguer des conseils spirituels pour résoudre des problèmes de toute nature.

    La doctrine, le culte et les temples où ils se pratiquent sont d'une grande simplicité. Faisant face à la tribune, l'emblème (portant l'inscription : Culte antoiniste. L'Arbre de la Science de la vue du Mal") et aux portraits géants de Père et Mère, les fidèles peuvent se réunir les quatre premiers jours de la semaine à 10 heures, pour "l'opération générale". C'est une brève cérémonie durant laquelle le desservant reproduit les gestes des fondateurs : élévation spirituelle, distribution des "fluides" et imposition des mains. En soirée, on procède également à la lecture de l'Enseignement.

    Tout en se défendant de pratiquer des "sacrements", les Antoinistes ont des rites de baptême, de mariage et, les plus connus, d'enterrement. La bière est recouverte d'un drapeau vert, couleur de la secte, et est portée, si possible, par des adeptes revêtus de la robe. On procède à la lecture des "Dix Principes" à la maison mortuaire et à celle de la "Réincarnation" sur la tombe.

    Les ministres du culte sont bénévoles. Des panneaux indiquent que tous ces services sont rendus gratuitement. L'Antoinisme refuse toute aide extérieure : ses ressources ne proviennent que des dons anonymes des membres. On ne vend rien, sinon les livres sacrés, et on ne fait pas de prosélytisme.

    L'enseignement d'Antoine, plus moral que religieux, bien que révélé, est basé sur la croyance en la réincarnation, le mépris de l'intelligence (opposée à la "conscience") et du monde matériel, l'inexistence du mal, la divinité de tout être, l'amour du prochain, etc. L'ascèse doit consister à briser la domination de l'intelligence, qui "nous a détournés du vrai chemin", à nous dégager de la matière, pour suivre les inspirations de la conscience qui "ne peut nous tromper". L'enseignement ne s'accompagne d'aucune obligation explicite mais recommande à tous égards l'humilité, la réduction des besoins factices, l'éloignement des plaisirs qui écartent de Dieu – message qui ne devait logiquement trouver un écho qu'auprès des plus démunis.

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Marius Boisson - Coins et recoins de Paris (1927)

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Titre        Coins et recoins de Paris
    Nombreuses illustrations ; couverture illustrée.
    Les filles du Topol. Les maisons de rendez-vous à Montmartre. Phénomènes de Montparnasse. Adieux à la place Maubert. Chronique de la Villette. Monjol.
Auteur        Marius Boisson
Éditeur        Éditions Bossard, 1927
Longueur    362 pages

    Evoque à la page 314 l'antoinisme.

source : Google Books

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Un précruseur de l'antoinisme, Christophe Ozanne (1633-1713)

Publié le par antoiniste

    Simple paysan, du hameau de Chaudray près de Mantes, acquit, à la fin du dix-septième siècle, une réputation extraordinaire par les cures qu'il opérait à l'aide de quelques médicaments et de simples. Coulanges écrivant à Mme de Sévigné le 27 janvier 1696, lui disait : "Le duc de Nevers partit avant-hier pour aller dans le voisinage de la Roche-Guyon, consulter Christophe aux Anes, qui est un laboureur, mais un homme admirable pour la guérison de tous les maux par la connaissance qu'il a des simples, qu'il tient de son père ; ce qu'il laissera, faute d'enfants, à un de ses neveux... On ne parle que des cures étonnantes qu'il fait et de son désintéressement. Il donne aux pauvres ses remèdes pour rien ; il les fait payer aux riches précisément ce qu'ils valent, n'exige pour toute récompense que trente sols ou un écu qu'il fait mettre dans un tronc pour les pauvres... Le Duc de Gramont et Turmenies sont guéris par lui ; le dernier lui a envoyé cent pistoles qu'il lui a renvoyées aussitôt." On peut voir dans le tome VIII des Diversités curieuses de l'abbé Bordelonn d'autres détails singuliers sur cet honnête charlatan, qui, très-différent de ceux de notre siècle, ne dut à ce qu'il paraît toute sa renommée qu'à la recommandation qu'il faisait à ses malades d'observer une diète austère et de boire beaucoup d'eau. La poésie lui paya son tribut de reconnaissance : plusieurs pièces de vers furent composées à son sujet ; nous ne citerons que celle-ci qui paraît être l'ouvrage d'un homme qui se croyait en droit de se plaindre de la faculté :
    Ozanne n'eut jamais dessein
    De s'ériger en médecin ;
    L'honneur qu'un lui fait le chagrine :
    Lui médecin ! Comment ? Par où ?
 Il guérit ceux qu'il traite, et n'en veut pas un sou ;
 Deux points essentiels contre la médecine
    Le portrait de Christophe Ozanne a été gravé par Bonnart et par Lochon : il destinait, comme le dit Coulanges, son neveu Jean Ozanne à lui succéder ; mais aucun mémoire ne nous étant parvenu sur ce dernier, nous présumons qu'il aura renoncé à l'art de guérir pour reprendre sa charrue.
      M-É.

source : Biographie universelle, ancienne et moderne ou histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes, 1822, p.320 (Google Books)

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Carl Havelange - Les figures de la guérison, XVIIIe-XIXe siècles (1990)

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Carl Havelange - Les figures de la guérison, XVIIIe-XIXe siècles (1990)Titre        Les figures de la guérison, XVIIIe-XIXe siècles: une histoire sociale et culturelle des professions médicales au pays de Liège
Volume 255 de Bibliothèque de la Faculté de philosophie et lettres de l'Université de Liège, Université Liège Faculté de Philosophie et Lettres
Auteur        Carl Havelange
Éditeur        Librairie Droz, 1990
ISBN        2251662553, 9782251662558
Longueur    510 pages

    Evoque Louis Antoine à la page 367. L'auteur a été une référence pour Régis Dericquebourg pour mener à bien sa réflexion sur le phénomène des religions de guérisons. Il est aussi l'auteur d'un article intitulé "Quelques aspects du discours médical à Liège" (BTNG-RBHC, 16, 1985, 1-2, pp 175-211).

 

    Deux mois auparavant venait de mourir, à Jemeppe, Antoine le guérisseur, ancien mineur de fond, magnétiseur et mystique à la porte duquel se pressait, depuis plus de dix ans, une foule ininterrompue de malades et de fervents. Il avait été condamné, en 1901, à 26 francs d’amende pour exercice illégal de l’art de guérir ; en 1907, il comparaît une nouvelle fois devant le tribunal correctionnel de Liège, soutenu par “une foule grouillante, énorme, passionnée”, mais il est cette fois acquitté, les faits qui lui sont imputés n’ayant pu être établis à suffisance.
    Acquitté ou condamné, Antoine poursuit sa carrière sans trop se préoccuper des lois. Il a pour lui les forces inébranlables de ses convictions et de sa popularité. Pour les praticiens non patentés de grande envergure — aussi différents puissent-ils être les uns des autres — le passage au tribunal est plus souvent un piédestal, à la fois consécration et mesure de leur succès, qu’une épreuve dissuasive. A ces occasions, s’élève des salles d’audience toujours bondées un murmure admiratif et bienveillant : dans une société dominée par les inégalités et les conflits sociaux, celui-ci formule l’espoir toujours recommencé et l’enchantement de guérir, de comprendre le monde selon les lois de son propre désir.


Carl Havelange, Les Figures de la guérison (XVIIIe-XIXe siècles)
Quatrième partie. Enthousiasmes et résistances : le corps médical sur les chemins du pouvoir (1830-1914)
Chapitre III. A l’ombre du discours médical : récurrences et doléances
p. 345-398 
1. Au cœur du débat : la concurrence des empiriques
source : http://books.openedition.org/pulg/377?format=toc

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