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Depuis le début, ce ''viol'' n'avait lieu que dans son imagination

Publié le par antoiniste

    Je me souviens de ce qui aurait pu être ma "première fois" si j'avais obéi aux ordres. L'interne d'un service où j'étais étudiant m'avait confié l'examen gynécologique d'une jeune patiente hospitalisée pour un problème... digestif. Il me déclara qu'il fallait bien que j'apprenne à faire un toucher vaginal et que ça faisait partie de l'examen complet. La patiente était une adolescente handicapée mentale, ce qui m'empêchât - du moins, je le pensais - de lui expliquer simplement le but de l'examen. Elle était d'une docilité totale et j'aurais pu user de l'autorité de ma blouse blanche. Je ne fis pas cet examen gynécologique car la seule idée de l'effectuer sans explication et sans motif me mettait terriblement mal à l'aise. Mais j'inscrivis dans le dossier, en style télégraphique : "Toucher vaginal : normal." Quand l'interne lut mon commentaire, il s'écriât : "Ben mon salaud, t'es gonflé d'être allé lui fourrer les doigts dans le vagin !" Je compris qu'il avait voulu me "bizuter" et que, persuadé que je ne ferais pas l'examen, il avait anticipé de pouvoir me reprocher mon manque de cran. Au lieu de quoi il me regarda avec dégoût, sans doute pour me donner le sentiment que j'étais un monstre, une sorte de violeur. Mais il ignorait que rien ne s'était passé. Depuis le début, ce "viol" n'avait lieu que dans son imagination.
    Cette histoire est assez typique d'une perversité très répandue dans le monde médical français. Elle s'ancre dans l'idée que les patents n'ont pas de libre arbitre et sont des jouets entre les mains des médecins. Dans cette vision des choses, les "bons" médecins seraient ceux qui "traiteraient bien" leur patients (au propre et au figuré) ; les "mauvais" médecins, ceux qui "en abuseraient". On sent ce que cette vision des choses a de paternaliste et de hautain, l'idéologie des médecins rejoignant ainsi celle des aristocrates de l'Ancien Régime, négriers à l'occasion, se distinguant par leur plus ou moins grande bienveillance envers serfs et esclaves.

Martin Winckler, C'est grave docteur ?
Ce que disent les patients, ce qu'entendent les médecins
, p.193
Editions de La Martinière, Paris, 2002

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Lætitia Carton - D'un chagrin j'ai fait un repos

Publié le par antoiniste

D'un chagrin j'ai fait un repos
un film de Lætitia Carton



C’est Jean Vigo qui t’a donné envie de faire ce film. Il disait qu’il voulait que ses films provoquent la nausée. Et qu’au moins au cinéma on ne puisse plus supporter la vue de ce qu’on regarde tous les jours avec indifférence, ou avec complaisance, en grandeur nature...

source : http://www.film-documentaire.fr/D%20un_chagrin_j%20ai_fait-repos.html,video,2035

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Notre Père chez Luc Chap.11, V.2-4

Publié le par antoiniste

11.2
    Il leur dit: Quand vous priez, dites:
        Père! Que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne.
11.3
        Donne-nous chaque jour notre pain quotidien;
11.4
        pardonne-nous nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous offense;
        et ne nous induis pas en tentation.

source : http://www.info-bible.org/lsg/42.Luc.html#11
cf. : http://fr.wikipedia.org/wiki/Notre_Père

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René Tregouët - Le temps existe-t-il ?

Publié le par antoiniste

    Depuis le triomphe théorique de la mécanique quantique, élaborée au cours du premier tiers du XX ème siècle, un débat fondamental ne cesse de diviser scientifiques et philosophes : les propriétés des objets existent-t-elles indépendamment de l'observateur et de la mesure ou sont-elles au contraire produites par ces mesures ? Une particule peut-elle réellement se trouver simultanément à deux endroits différents avant d'avoir été observée ?

    En 1964, le physicien irlandais John Bell démontra qu'il devait exister des inégalités observables si notre monde était bien régi par la physique "classique" qui suppose des principes stricts de causalité spatiale et temporelle. Mais en 1982, dans une expérience historique réalisée à Orsay, Alain Aspect parvint à démontrer de manière rigoureuse, en utilisant deux photons émis d'une même source puis séparés par une grande distance, que les inégalités prévues par Bell étaient clairement transgressées et que le comportement de ces photons restait bien corrélés : toute mesure sur l'un des photons entraînait instantanément une modification du « comportement » de l'autre photon, exactement comme le prévoyait la théorie quantique.
    Cette expérience remarquable confirmait sans ambiguïtés la nature quantique de notre monde au niveau spatial en montrant que deux objets ayant interférés à un certain moment forment à jamais une espèce d'entité, quelle que soit la distance qui les sépare par la suite. Dans ce cadre étrange, toute mesure sur l'un de ces objets aura immédiatement un effet sur l'autre.
    En 1985, le physicien Anthony Leggett montra qu'il existait une inégalité similaire à celle de Bell, appliquée cette fois, non pas à deux objets séparés spatialement, mais à un seul objet mesuré à des instants diffèrents.Cette nouvelle forme d'inégalité fut dénommée« inégalité de Bell en temps ».
    En 2001, Antoine Suarez et son équipe parvint à démontrer à Genève, au terme d'une autre expérience tout à fait remarquable, que ces inégalités en temps n'étaient pas respectées au niveau quantique et que deux photons se comportaient toujours de la même façon alors qu'ils n'avaient eu, compte tenu du dispositif expérimental sophistiqué mis en œuvre, aucune possibilité de communiquer entre eux.
    Prolongeant celle d'Aspect, l'expérience de Suarez montrait que non seulement les deux photons agissait au niveau spatial comme s'ils constituaient une entité unique mais que l'ordre des évènements observés ne correspondaient à aucun ordre temporel précis et ne permettait plus de distinguer « l'avant » de « l'après » dans le déroulement de la causalité de cette fascinante expérience.
    Enfin, il y a quelques semaines, des chercheurs du CEA, au lieu d'utiliser un objet quantique comme un photon, un atome ou un électron, ont testé un circuit électrique macroscopique composé de jonctions Josephson et de condensateurs. En mesurant ce circuit, ils ont également montré que l'inégalité de Bell en temps était à nouveau violée. Cette expérience met donc en évidence des propriétés quantiques à un niveau macroscopique. Elle montre qu'en l'absence de mesure, le circuit n'a pas d'état électrique défini. A contrario, toute mesure de ce système modifie son évolution temporelle (1).
    Ces avancées de la physique montrent que le temps, tel que nous le concevons à notre échelle humaine ou à l'échelle cosmique, avec la relativité générale, change radicalement de nature et n'a plus de sens ou peut-être même d'existence au niveau quantique.
    Ces troublantes mais rigoureuses expériences nous conduisent plus largement à nous interroger sur la nature profonde du temps. S'agit-il d'une substance, existant indépendamment de tout objet, de tout observateur, ou d'une propriété émergente de la matière et de l'énergie, d'un simple paramètre physique ou d'une information que notre cerveau produit sur la nature ?
    Cette question essentielle reste plus que jamais ouverte mais elle déborde la science et passionne également les philosophes depuis l'Antiquité. Face à cet énigme insondable que constitue le temps, laissons le dernier mot au grand philosophe perse Avicenne qui, au début du XIème siècle donna du temps une définition d'une surprenante modernité qui intégrait cette dualité entre le temps ressenti par notre esprit et le temps physique : « Le temps est une forme déduite de la matière et produite par la conscience ».

Note : 1. Une nouvelle preuve du caractère quantique du monde - CEA

René TREGOUËT (www.tregouet.org ; Sénateur honoraire, fondateur du Groupe de Prospective du Sénat), Le temps existe-t-il ?

source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2439_mecanique_quantique_temps.php

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Il est tellement plus simple et rapide de prescrire une molécule miracle

Publié le par antoiniste

   La législation récente a eu beau limiter à un mois la prescription des benzodiazépines, le nombre de patients ainsi dépendants ne diminue pas beaucoup. Les Français sont ainsi les champions du monde de la prise de tranquillisants. Et cela grâce à l'ignorance insondable des médecins de notre pays dans le domaine des médicaments ! L'enseignement de la thérapeutique a en effet longtemps été cantonné, en faculté, à de grandes généralités. L'internat, censé sélectionner l'élite des médecins hospitaliers, a jusqu'à une période toute récente complètement ignoré la pharmacologie et les dangers des médicaments pris au long cours. Outre les anxiolytiques, les antidéprésseurs lancés à coup de campagnes publicitaires ont un cote inégalée dans le corps médical. Il est tellement plus simple et rapide de prescrire une molécule miracle que de passer une demi-heure à écouter quelqu'un vider son sac. Et pourtant, de nombreuses études scientifiques ont démontré que, à long terme, l'accompagnement psychologique est aussi efficace, moins coûteux et plus durable sur l'anxiété et les sentiments dépressifs passagers que ne le sont les médicaments.

Martin Winckler, C'est grave docteur ?,
Ce que disent les patients, ce qu'entendent
, p.210
Editions de La Martinière, Paris, 2002

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Justinus Kerner, mesmériste allemand du début du XIXe siècle

Publié le par antoiniste

Illustration : Justinus Kerner (1852, Ottavio d'Albuzzi)(wikipedia)

Justinus Andreas Christian Kerner (18 septembre 1786 - 21 février 1862) fut un médecin et un poète allemand de Weinsberg (près d'Heilbronn). Il donna la première description détaillée du botulisme  et fut aussi le précurseur des applications thérapeutiques de la toxine botulique dont il expérimenta les effets sur lui-même et sur de nombreux animaux. Il est l'auteur d'un livre sur la voyante de Prevorst.

 Magnétisme animal
    En 1815 il avait obtenu le poste de médecin officiel du district (Oberamtsarzt) à Gaildorf et en 1818 fut transféré à Weinsberg, où il passa le reste de sa vie. À côté de ces œuvres littéraires, Kerner fut l'auteur de plusieurs livres médicaux populaires traitant du magnétisme animal. Il fut le premier à faire une recherche sur la vie de Franz Anton Mesmer et à rassembler des documents biographiques s'y rapportant.
    En 1826 se présenta Friederike Hauffe, fille d'un garde-forestier de Prevorst et somnambule extra-lucide dont Kerner relata l'histoire dans son livre Die Seherin von Prevorst, Eröffnungen über das innere Leben des Menschen und über das Hineinragen einer Geisterwelt in die unsere (La voyante de Prevorst, considérations inaugurales sur la vie intérieure de l'être humain et l'intervention d'un monde des esprits dans le nôtre) (1829; 6ième édition, 1892).

source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Justinus_Kerner

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Anthropocène

Publié le par antoiniste

    L'Anthropocène est le terme créé et utilisé par certains scientifiques, dont Paul Crutzen, prix Nobel de chimie, pour désigner une nouvelle époque géologique, qui aurait débuté vers 1800, avec la révolution industrielle et où l'action de l'espèce humaine est devenu une force géophysique agissant sur la planète. Cette époque nouvelle a été déclenchée par le déstockage de ressources fossiles enfouies telles que le charbon, puis le pétrole et le gaz naturel. Elle est caractérisée par l’impact devenu majeur de l’homme sur le système Terrestre (y compris climatique).
    L'anthropocène succèderait ainsi à l'holocène qui avait débuté il y a dix mille ans.

source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropocène

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Dans un autre domaine, ces deux planètes existent déjà

Publié le par antoiniste

    Les écologistes, désespérés par l’épuisement des ressources et le déclin des écosystèmes, font remarquer qu’il nous faudra deux planètes pour survivre. Dans un autre domaine, ces deux planètes existent déjà, tout le monde sait bien qu’il y a une planète des riches et une autre des pauvres. La première, usurpée, n’est pas pour nous déplaire… Un milliard de riches occupe l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie, le Japon et un club très privé de privilégiés qui règnent tyranniquement sur les pays du Tiers-monde. Ce milliard de riches cache aussi sa misère (qu’on ne saurait voir) : Quart-monde dormant sur les trottoirs des quartiers boursiers, Enfants de Don Quichotte s’adonnant aux joies du camping urbain, gastronomes des restos du cœur, etc. Le solde de la communauté terrienne, soit un peu plus de 5 milliards et demi de gens dont le pauvre destin est joué d’avance, croupit dans le reste (et les restes) du Monde. Le premier Monde s’approprie (en tout bien tout honneur !) les 7/10 de l'énergie, les 4/5 du bois et autant des produits de la pêche, les 3/4 des métaux, les 5/6 des crédits d'éducation, les 9/10 des budgets de recherche et de développement, possède les 3/4 des automobiles, neuf avions sur 10, etc. Voilà des chiffres bien peu consensuels et équitables qui prouvent l’excessive mainmise du milliard de privilégiés dont la liberté de puiser et d’épuiser ne s’arrête pas où commence celle des autres 5 milliards soumis au diktat. Nous garantissons ainsi aux plus pauvres de continuer à stagner, voire à s’enfoncer, dans leur état de pauvreté. En terme d’empreinte écologique insoutenable, un Nord-américain ou un Français valent combien d’Africains ? L'état américain le moins densément peuplé qu’est le Wyoming (510 000 habitants) émet plus de CO2 que 69 pays en développement réunis et totalisant 357 millions de personnes.

Michel Tarrier, Démographie : la vraie vérité qui dérange
source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1494_demographie_la_vraie_verite_derange.php

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La dé-Création [Echap]

Publié le par antoiniste

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Maxence van der Meersch - Partout, la ruée vers le plaisir

Publié le par antoiniste

    A mesure que passe le temps, le flot humain coule vers la facilité. Plus les loisirs, plus les facilités de vie s'accroissent, et plus l'humanité décroît. Augmenter brusquement de 20% le salaire de l'ouvrier, cela peut paraître paradoxal, mais ce n'est rien faire pour lui, et c'est parfois lui nuire. Decraemer en avait sous les yeux la preuve. Opérettes, revues, cinéma, dancings, sévissaient partout. La consommation du tabac, de l'alcool, des aliments nuisibles, croissait avec les divorces, le cime, la folie, et les recettes des Monts-de-Piété. Du même train que les salaires ou les profits, l'amoralité croissait. Partout, la ruée vers le plaisir, dans les classes bourgeoises comme dans le peuple. Une salacité sournoise montait, flattait les bas instincts, aussi bien dans le roman que dans le journal, dans les spectacles que dans la publicité. Et les conducteurs, les chefs, le patronat, précipitaient cette chute, poussaient à la production d'une abondance médiocre, bien plus qu'à celle de produits de qualité. Faux luxe, carton-pâte, grande série, article réclame... L'ère du bas de soie artificielle s'ouvrait. Et impossible de réagir. Le seul spectacle, dans une rue, un théâtre, un café, d'une humanité sans cesse avalant, suçant, dégustant, digérant absorbée dans un perpétuel souci de jouissance égoïste, empêchait Decraemer d'espérer encore en elle. Il n'était pas jusqu'au spectacle de beaucoup de chrétiens, de leur formalisme, leur égoïsme, leur inhumanité, qui n'éloignât Decraemer du christianisme. Tout cela était si facile pourtant, quand Decraemer vivait dans le rayonnement de l'abbé Sennevilliers ! Ah ! s'il avait pu toujours être dans son sillage, dans son atmosphère ! De tels hommes réhabilitent leurs semblables. Mais combien en trouve-t-on, au monde ?

Maxence van der Meersch, Invasion 14, p.521
Editions Albin Michel, Paris, 1935

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