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Jean-Marc Jancovici & Alain Grandjean - Le plein s'il vous plaît ! (p.98-99)

Publié le par antoiniste

    Si l'effort volontaire est si difficile, c'est notamment parce qu'il n'offre aucune garantie d'être imité par les autres dans un système sans contrainte. C'est le fameux : "je veux bien faire l'effort, mais pas si personne d'autre ne s'y met", ou la variante : "si je m'y mets seul, cela ne sera de toute façon qu'une goutte d'eau dans la mer". Mais il existe nombre de cas de figure où une même personne, qui n'est pas prêtre à faire un effort seule dans son coin, devient d'accord pour supporter une contrainte nouvelle partagée par tous.

Jean-Marc Jancovici & Alain Grandjean, Le plein s'il vous plaît !
La solution au problème de l'énergie
(p.98-99)
Editions du Seuil, Points sciences, Paris, 2006

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Joe Dassin - Et si tu n'existais pas (1975)

Publié le par antoiniste

Et si tu n'existais pas
Dis-moi pourquoi j'existerais?
Pour traîner dans un monde sans toi
Sans espoir et sans regret
Et si tu n'existais pas
J'essayerais d'inventer l'amour
Comme un peintre qui voit sous ses doigts
Naître les couleurs du jour
Et qui n'en revient pas

Et si tu n'existais pas
Dis-moi pour qui j'existerais?
Des passantes endormies dans mes bras
Que je n'aimerais jamais
Et si tu n'existais pas
Je ne serais qu'un point de plus
Dans ce monde qui vient et qui va
Je me sentirais perdu
J'aurais besoin de toi

Et si tu n'existais pas
Dis-moi comment j'existerais?
Je pourrais faire semblant d'être moi
Mais je ne serais pas vrai
Et si tu n'existais pas
Je crois que je l'aurais trouvé
Le secret de la vie, le pourquoi
Simplement pour te créer
Et pour te regarder

Et si tu n'existais pas
Dis-moi pourquoi j'existerais?
Pour traîner dans un monde sans toi
Sans espoir et sans regret
Et si tu n'existais pas
J'essayerais d'inventer l'amour
Comme un peintre qui voit sous ses doigts
Naître les couleurs du jour
Et qui n'en revient pas

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Un point bleu pâle

Publié le par antoiniste

« Regardez encore ce petit point. C'est ici. C'est notre foyer. C'est nous. Sur lui se trouve tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu. Toute la somme de nos joies et de nos souffrances, des milliers de religions aux convictions assurées, d'idéologies et de doctrines économiques, tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations, tous les rois et tous les paysans, tous les jeunes couples d'amoureux, tous les pères et mères, tous les enfants plein d'espoir, les inventeurs et les explorateurs, tous les professeurs de morale, tous les politiciens corrompus, toutes les "superstars", tous les "guides suprêmes", tous les saints et pêcheurs de l'histoire de notre espèce ont vécu ici, sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.
...Il n'y a peut être pas de meilleure démonstration de la folie des idées humaines que cette lointaine image de notre monde minuscule. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir ce point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue. »

Carl Sagan, Un point bleu pâle (Pale Blue Dot), chap. « You Are Here », p. 8-9

source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Un_point_bleu_p%C3%A2le

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Carson McCullers - L'esprit est tel une tapisserie

Publié le par antoiniste

    « L’esprit est tel une tapisserie richement tissée dont les couleurs dérivent de l’expériences des sens, et dont le motif serait tiré des circonvolutions de l’esprit. »

Carson McCullers, Reflections on a Golden Eye (trad. Reflets dans un œil d'or), 1941

source : wikipedia

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Jean-Marc Jancovici & Alain Grandjean - Le plein s'il vous plaît ! (p.86-87)

Publié le par antoiniste

    Ensuite, nous sommes aussi coupables de n'avoir pas bien lu le contrat avant d'aller voter. En effet, que dit le contrat entre la population et ses représentants en démocratie ? Que les élus sont censés être plus intelligents et mieux informés que la moyenne de la population ? Qu'ils sont censés se documenter suffisamment pour devenir des visionnaires, afin de nous prendre par la main pour aller vers un monde meilleur alors que nous ne le désirons pas, ou pas encore ? Que nenni ! Ils sont seulement censés nous représenter : la démocratie, ce n'est pas nécessairement la voix de la sagesse, c'est celle de la majorité. Employer le terme de "dirigeant" pour un député ou un ministre, c'est faire un mauvais usage du français : quand la première lecture du matin dans tout cabinet ministériel qui se respecte consiste en la revue de presse de la veille, et le sondage de l'avant-veille, ce n'est pas de dirigeants qu'il faut parler, mais bien de représentants.

Jean-Marc Jancovici & Alain Grandjean, Le plein s'il vous plaît !
La solution au problème de l'énergie
(p.86-87)
Editions du Seuil, Points sciences, Paris, 2006

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Auguste Herbin - Réalité spirituelle (1938)

Publié le par antoiniste

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Thomas Sankara - Sommet de L'OUA 29 juillet 1987 - discours sur la dette

Publié le par antoiniste

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Max Elskamp - En soi

Publié le par antoiniste

As-tu assez aimé ?
Tu n'en es pas bien sûr,
Et si tu t'es donné
Etait-ce de foi pure ;

Avais-tu résigné,
Accepté toutes choses,
Même ce que l'on hait
Sans en savoir la cause ;

As-tu cru tout en foi
Et sans pouvoir douter,
Etait-il paix en toi
Comme d'éternité ?

As-tu assez aimé
Pour que chait se soit tue
En toi ce matin né
Ou à nuit descendue,

Et que le désir mort,
Ce soit les yeux levés
Que tu aies vu le port
Qu'est le ciel de clarté,

Pour y monter ton âme
Comme une nef ailée,
Sous des soleils de flammes
Dans de l'air tout doré ?

Tu as couru le monde,
Tu as connu la vie,
Et sur la terre ronde
Ta voie, tu l'as suivie,

Et ton rêve fut vrai
Si tu en fais la somme,
Sauf en ce qui a trait
A ce qui est des hommes ;

As-tu assez aimé ?
Tu n'en es pas bien sûr,
Mais tu t'es tout donné
Pour que Dieu te pardonne.

Max Elskamp, XI - En soi
Aegri Somnia, Fleurs vertes, 1924
Editions Labor, Espace Nord, Bruxelles, 1987
La chanson de la rue Saint-Paul, p.168

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Fiodor Dostoievski - Le Grand Inquisiteur

Publié le par antoiniste

    Le récit s'articule autour du dialogue entre Ivan, le narrateur, et son frère Alexeï. Il s'agit pour Ivan d'ébaucher les traits d'un poème dans la verve de ces poèmes monastiques moscovites dans lesquels on théâtralise la vierge et les anges et où il ne s'agit pas moins que d'infléchir les décisions divines. Ces histoires mythologiques laissent à l'auteur une certaine liberté d'imagination à l'égard du divin, permettant la mise en scène de situation absurdes (i.e. qui n'ont pas lieu d'être). Cette prose fictive met donc en exergue les limites de l'interprétation des textes en ce qu'elle dénonce l'utilisation de la religion contre elle-même.
    Après ce préambule sur les motifs de son entreprise, Ivan entame son récit par sa situation dans le temps. Ainsi, l'histoire se déroule à Séville, à l'époque de l'Inquisition, et met en scène le retour du Messie (au sens chrétien) en cette période sombre de l'Histoire quand « dans de superbes autodafés on brûlait d'affreux hérétiques ».
    Jésus, mêlé à la foule, produit quelques miracles (en référence aux miracles dans les Évangiles) ; les gens Le reconnaissent immédiatement et L’adorent. Toutefois, Il est arrêté par les sbires du Grand Inquisiteur et condamné à mourir le lendemain au bûcher. Le Grand Inquisiteur le visite dans Sa cellule et Lui dit que l’Église n’a plus besoin de Lui. La suite du récit relate les propos de l’inquisiteur expliquant à Jésus pourquoi Son retour n’est pas le bienvenu et interférera avec la mission de l’Église.
    L’inquisiteur formule son jugement autour des trois questions posées par Satan à Jésus durant la Tentation du Christ dans le désert. Ces trois tentations sont : la tentation de changer les roches en pains, la tentation de sauter du Temple et se laisser attraper par des anges et la tentation de se proclamer Roi du Monde. L’inquisiteur argue que Jésus a rejeté ces trois tentations au nom de la liberté et que Jésus a mal jugé la nature humaine. Il pense que la grande majorité de l’humanité ne peut pas soutenir cette liberté que Jésus leur a donnée. Ainsi, l’inquisiteur suggère que Jésus, en leur donnant cette liberté, a exclu cette majorité de l’humanité de la rédemption, et l’a condamnée à souffrir.
    Ivan souligne que l’inquisiteur est athée. Après avoir recherché Dieu toute sa vie, il abandonne, frustré. Il conserve néanmoins son amour de l’humanité et son désir de ne pas la voir souffrir. En ce sens, il a cédé à l'une des tentations, celle du pouvoir. De là l'intérêt philosophique du passage autour du concept de liberté : Jésus l'avait offerte aux hommes, et ceux-ci l'ont rendue aux Inquisiteurs : « leur liberté, ils l'ont humblement déposés à nos pieds". La raison principale de cet abandon est le poids qu'elle représente pour les fragiles épaules des hommes. Ainsi, aux dires de l'inquisiteur, elle est inconciliable avec leurs besoins naturels : « ils ne sauront jamais répartir [le pain] entre eux ! » Le renoncement s'explique par la nécessité de l'aliénation aux inquisiteurs pour que ceux-ci les nourrissent. L'image du pain symbolise toute la responsabilité que sous-tend l'idée de liberté. Elle fait peur à l'homme parce qu'elle est le synonyme du choix douloureux entre le bien et le mal, de la prise de décisions et aussi de la prise en compte des conséquences de l'action. Or, l'homme est une créature trop faible pour ne pas redouter cette charge ; dès lors, à ceux qui se proposent de régner sur les hommes, d'assumer pour eux tous ces choix, est offerte leur liberté. On retrouve ici l'idée de La Boétie, qui dans le Discours de la servitude volontaire affirme en substance que si l'homme est privé de sa liberté, c'est qu'il y consent.
    Le récit est aussi une critique de l'Église catholique romaine qui vise la domination universelle avec son armée et des jésuites, car l'inquisiteur représente cette Église que Jésus vient déranger. L'inquisiteur dit même qu'il est avec le démon : « Nous ne sommes pas avec toi, mais avec lui, depuis longtemps déjà. » Il se propose de berner les humains : « Ils mourront paisiblement, ils s’éteindront doucement en ton nom, et dans l’au-delà ils ne trouveront que la mort. »
    L’inquisiteur assure Jésus que le genre humain vivra et mourra heureux, dans l’ignorance. Même s’il les mène vers la mort et la destruction, ils en seront heureux. L’inquisiteur sera ainsi un martyr, passant sa vie à choisir pour l’humanité.

source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Inquisiteur

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Explique-moi la mort ! (le frère de Marcel Béliveau)

Publié le par antoiniste

Deux jours avant qu’il ne meurt, je rendis visite à mon frère, à l’hôpital. Il souffrait terriblement et il savait que la fin était proche. Je posai ma main gauche sur son front. Il leva les yeux vers moi et me dit :
-Je sais que je vais mourir et j’ai très peur. Explique-moi la mort.

Il me prit par surprise, un peu comme un jeune enfant qui vous demande comment on fait les bébés. Il me fallut trouver des mots, ces mots qui expliquent l’inexplicable.
-Vois-tu, lui dis-je, si je te tire les cheveux ça te fait mal, parce qu’ils sont vivants. Mais si je coupe une mèche de tes cheveux et que je la jette par terre, tes yeux peuvent regarder ces mêmes cheveux sans aucune émotion.

Ils sont morts et inutiles.

Lorsque ton âme et ton esprit quittent ton corps, ils deviennent la mèche de cheveux.

Je ne sais pas pour mon frère, mais moi j’y ai cru...


source : http://marcel-beliveau-philosophe.blogspot.com/2010/01/explique-moi-la-mort.html

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