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fete du pere

Photos issues de A-Z Hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936

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 Des femmes antoinistes assistent à l'opération   Photos issues de A-Z Hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936

Photos issues de A-Z Hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936

 

Ouvrant la marche, un petit homme en noir,
à la figure tannée...

 

Photos issues de A-Z Hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936

Antoinistes attendant devant le Temple, à Jemeppe s/ Meuse.

Photographies issues de l'article A-Z hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936,
évoquant la Fête de Père du 25 juin 1936

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A-Z hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936 - Couverture

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A-Z hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936 - Couverture

Auteur : Paul Ruscart
Titre : Dans le sillage des dieux... VII - Chez les Antoinistes
Éditions : A-Z Hebdomadaire illustré n°19, 26 juillet 1936
Disponible en ligne sur le site de la KBR (avec un compte gratuit)

    L'article, fidèle et bienveillant, évoque la Fête du Père du 25 juin 1936 avec plusieurs photographies (Le Père, La Mère, Des Antoinistes).
    Le même magazine avait déjà publié en 1934 un reportage sur les Antoinistes, notamment de Liège.

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Anniversaire de la mort du Père (La Meuse, 26 juin 1929)(Belgicapress)

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Anniversaire de la mort du Père - foule (La Meuse, 26 juin 1929)(Belgicapress)

C'était mardi l'anniversaire de la mort du Père Antoine, fondateur du culte qui porte son nom. Voici la foule devant le temple antoiniste de Jemeppe.

Anniversaire de la mort du Père - Mère (La Meuse, 26 juin 1929)(Belgicapress)

Au cours de la cérémonie, la Mère Antoine a donné une bénédiction publique à la foule qui n'avait pu trouver place à l'intérieur du temple : le geste de la Mère Antoine a pu être saisi par l'objectif de notre photographe, qui a pris ainsi un cliché rare. - Un cortège a parcouru les environs du temple.

Voir les photos en meilleure qualité dans les Archives du Temple de Retinne

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A Sunday Morning at Jemeppe (Belgium's Christian Scientists, San Antonio Express, October 13, 1912)

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A Sunday Morning at Jemeppe (Belgium's Christian Scientists, San Antonio Express, October 13, 1912)

A Sunday Morning- muster of the faithful at Jemeppe, Belgium

de l'article Belgium's Christian Scientists, San Antonio Express, October 13, 1912

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Après la ''désincarnation'' - Antoine le Guérisseur (La Tribune de Genève, 3 juillet 1913)(e-newspaperarchives.ch)

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Après la ''désincarnation'' - Antoine le Guérisseur (La Tribune de Genève, 3 juillet 1913)(e-newspaperarchives.ch)Après la ''désincarnation''
Antoine le Guérisseur

    Des fêtes antoinistes ont été célébrées l'autre jour à Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique, à l'occasion de l'anniversaire de la mort d'Antoine.
    Il y a eu en effet un an mercredi dernier qu'est mort le visionnaire fameux, dont le renom est considérable tant en Belgique qu'à l'étranger : Antoine le Guérisseur.
    Cet homme, à qui son regard fulgurant et sa barbe de fleuve donnaient l'aspect d'un des anciens prophètes d'Israël, exerçait sur la plupart des gens qui l'approchaient un ascendant extraordinaire. Il disait posséder la révélation de la vérité. Il passait pour opérer, par le seul pouvoir de sa volonté, des guérisons miraculeuses.
    Mais l'antoinisme ne mourut pas avec Antoine, et le temple édifié à Jemeppe continue à être le centre d'un mouvement intense, centre où parviennent chaque jour, sous forme d'un courrier formidable, les plaintes et les vœux de l'humanité malheureuse.
    C'est qu'Antoine avait pris une sage précaution pour assurer la pérennité de son œuvre.
    Quand il fut sur le point de mourir, il fit savoir à ses disciples que sa femme lui succéderait, qu'elle pourrait s'assimiler à son fluide éthéré et il la chargea de recueillir et de lui transmettre les désirs des antoinistes.
    C'est en vertu de cette désignation que la veuve du guérisseur guérit à son tour, ou, du moins, s'y applique.
    Pour célébrer l'anniversaire de la désincarnation d'Antoine, celle qui fut sa femme conviait les antoinistes du monde entier à se rendre, mercredi dernier, à Jemeppe-sur-Meuse ; elle annonçait que les malades obtiendraient de grandes guérisons.
    Les antoinistes vinrent au nombre de plusieurs milliers. La Belgique, les Pays-Bas, certaines provinces du nord de la France fournirent le gros de cette armée singulière. Paris, qui compte quatre ou cinq groupes antoinistes, avait, pour sa part, envoyé environ cent-cinquante pèlerins.
    Les plus zélés suivent les recommandations du père Antoine à la lettre. C'est ainsi qu'ils s'imposent le port d'un costume disgracieux, dont le guérisseur fixa la couleur et la coupe : c'est, en serge noire, un vêtement sans nom, qui réalise une manière de compromis entre la soutane des prêtres maronites et la redingote de certains pasteurs américains ; comme coiffure, un « gibus » qui rappelle, avec moins d'ampleur, l'antique « bolivar », que nous pouvons voir, sur de vieilles gravures, couvrir le chef vénérable de nos arrière-grands-pères.
    Dans le temple antoiniste, c'est la Mère qui procède. La Mère, c'est la veuve d'Antoine, lequel n'est désigné par les antoinistes que sous le vocable le Père.
    Dans le silence qui précède les grands événements, les fidèles attendirent, regardant devant eux une tribune étroite et longue, sur le bord de laquelle était peint – blanc sur fond noir – l'arbre de la vie, symbole de s'antoinisme. Devant la tribune principale, quelques mètres plus bas, une autre tribune, plus petite.
    Au bout d'une demi-heure d'attente, un grand diable barbu et chevelu, avec les yeux perdus qu'on prête aux nihilistes russes, apparut sur la tribune la moins élevée et resta là, sans mot dire, le regard dans le vide.
    C'est, notre frère Deregnaucourt. Ainsi que la Mère a remplacé le Père, il remplacera la Mère le jour où celle-ci se désincarnera à son tour...
    Le frère Deregnancourt attendit... L'assistance était haletante et recueillie. Seule, la béquille d'un infirme, en tombant sur le plancher, troubla un instant le silence.
    Mais soudain, on entendit le tintement aigrelet d'une sonnette. Tous les pèlerins se dressent, d'un seul élan. C'est la Mère qui apparaît. Elle est sur la tribune. Toute blanche dans ses vêtements noirs, elle regarde vers le plafond, en se tordant les poignets... Avec un peu de bonne volonté, on peut retrouver dans l'expression de son visage l'air fatal et inspiré des anciennes sibylles... Cinq minutes, elle reste là, le regard fixe, les poings crispés... Puis elle s'en va... C'est fini. Les fidèles se retirent.
    C'est là « l'opération » annoncée. La mère dut la recommencer cinq fois, chaque fois devant cinq à six cents personnes.
    On avait aussi promis des guérisons. Mais c'est une autre affaire. Ce sera sans doute pour plus tard !
    Après les opérations, les antoinistes ont fait un pieux pèlerinage à travers le jardinet où tout en repiquant ses salades et en échenillant ses choux, le père Antoine sentit naître sa vocation de Christ nouveau...

La Tribune de Genève, 3 juillet 1913 (source : e-newspaperarchives.ch)

Reprend en partie l'article paru dans Le Matin du 30 juin 1913.

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Fête de Mère à l'occasion de la remise des portraits dans les temples (1970)

Publié le par antoiniste

Jemeppe, culte Antoiniste, photo carte

La Rue Bois-de-Mont a été baptisé alors Rue Alfred Smeets.

Sur la pancarte derrière le costumé on peut lire :
Cortège pour la Fête de Mère
et pour la remise des portraits
dans les temples.

Des cortèges de propagande furent organisé en 1963 et 1964 afin que Jemeppe remette les Images,
retirés depuis 1940, en espérant un changement. Le 3 novembre, ils firent de nouveau un cortège avec des images et lurent une allocution devant le Temple de Jemeppe.

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L'Antoinisme (Échos, in L'Événement, 26 juin 1924)

Publié le par antoiniste

L'Antoinisme (Échos, in L'Événement, 26 juin 1924)

                                                                                L' « Antoinisme »
     C'était hier, 25 juin, l'anniversaire de la mort, – de la désincarnation, comme disent les « antoinistes » – du père Antoine, ce simple mineur de Jemmapes qui a créé une religion véritable, laquelle compte de nombreux adeptes et possède des temples, à Paris, à Monaco, à Tours, Vichy, Lyon. Vervins, Aix-les-Bains, Caudry.
    Il y avait, hier grande affluence et recueillie, au sanctuaire parisien, rue Vergniaud. L'esprit souffle où il veut.

L'Événement, 26 juin 1924

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The Chicago tribune and the Daily news, New York (26 juin 1925)

Publié le par antoiniste

The Chicago tribune and the Daily news, New York (26 juin 1925)

Stove-Pipe Hatted Host Prays At
       Paris Shrine Of “Belgian Messiah”

    Several thousand disciples of one of the world’s strangest and most recent religions yesterday made a pilgrimage to the “Temple Antoiniste” in La Glaciere district of Paris, thereby observing the thirteenth anniversary of the “disincarnation” of their twentieth century Messiah, Pere Antoine, the Belgian healer.
    They came from all parts of France, attired in the bizarre costumes which were “revealed” to Pere Antoine. Consequently, the men all wore stove-pipe hats and long, black frock coats, buttoned tightly up to the chin. The women were attired in unrelieved black robes, small crepe bonnets and long black veils, giving them the appearance of nuns or mourners.
    The greatest pilgrimage was to Jemeppe-sur-Meuse, Belgium, the Mecca of this new religion, where “Mere Antoine” still lives, but the Paris shrine was crowded from morning to night with devout followers, who listened attentively as the revelation, which Pere Antoine had dictated to a stenographer, was read from the pulpit.
    Pere Antoine was a psychic healer, and his disciples claim that he has some fifty thousand cures to his credit. At least, most of those at the Paris Temple yesterday had been “healed,” or their relatives had been “cured,” of diverse ailments, and they wished to show their appreciation by this pilgrimage. When Antoine lived, Jemeppe was sometimes invaded by crowds aggregating twenty and thirty thousand, and one day, it is recorded, more than one thousand called at his home to be healed. He later elaborated his “spiritualistic gospel,” which somewhat resembles Christian Science, since he denies the existence of matter, disease, evil and death.
    From his church service, Pere Antoine banished the sermon (since there are no priests or pastors), all hymns, Scripture readings, and the collection. But, his disciples are so generous with free will offerings, given anonymously, that twenty-nine temples have been erected in France and Belgium, the Paris church being the second in importance.
    Yesterday’s pilgrimage continued well beyond midnight, and ended with the recitation of Pere Antoine’s new Ten Commandments

The Chicago tribune and the Daily news, New York, June the 26th, 1925

 

Traduction :

Invité coiffé d'un tuyau de poêle prie au
       sanctuaire parisien du "Messie belge"

    Plusieurs milliers de disciples d'une des religions les plus étranges et les plus récentes du monde se sont rendus hier en pèlerinage au "Temple Antoiniste" dans le quartier de la Glacière à Paris, célébrant ainsi le treizième anniversaire de la "désincarnation" de leur Messie du vingtième siècle, le Père Antoine, le guérisseur belge.
    Ils sont venus de toutes les régions de France, vêtus des costumes bizarres qui ont été "révélés" au Père Antoine. Ainsi, les hommes portaient tous des chapeaux en tuyau de poêle et de longues redingotes noires, boutonnées jusqu'au menton. Les femmes sont vêtues de robes noires jusqu'aux chevilles, de petits bonnets de crêpe et de longs voiles noirs, ce qui leur donne l'apparence de nonnes ou de pleureuses.The Chicago tribune and the Daily news, New York (26 juin 1925)
    Le plus grand pèlerinage se fait à Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique, la Mecque de cette nouvelle religion, où vit encore "Mère Antoine", mais le sanctuaire parisien est rempli du matin au soir de fidèles dévots, qui écoutent attentivement la lecture en chaire de la révélation que Père Antoine a dictée à une sténographe.
    Le Père Antoine était un guérisseur psychique, et ses disciples prétendent qu'il a quelque cinquante mille guérisons à son actif. En tout cas, la plupart de ceux qui se trouvaient hier au Temple de Paris avaient été "guéris", ou leurs proches avaient été "guéris", de divers maux, et ils ont voulu manifester leur reconnaissance par ce pèlerinage. Du vivant d'Antoine, Jemeppe était parfois envahi par des foules de vingt à trente mille personnes, et un jour, est-il rapporté, plus de mille personnes se présentèrent chez lui pour être guéries. Il élabora plus tard son "évangile spiritualiste", qui ressemble quelque peu à la Science chrétienne, puisqu'il nie l'existence de la matière, de la maladie, du mal et de la mort.
    De son service religieux, Père Antoine a banni le sermon (puisqu'il n'y a pas de prêtres ou de pasteurs), tous les hymnes, les lectures de l'Écriture et la collecte. Mais ses disciples sont si généreux en offrandes volontaires, données anonymement, que vingt-neuf temples ont été érigés en France et en Belgique, l'église de Paris étant la deuxième en importance.
    Le pèlerinage d'hier s'est poursuivi bien au-delà de minuit et s'est terminé par la récitation des nouveaux Dix Commandements du Père Antoine.

The Chicago tribune and the Daily news, New York, 26 juin 1925

    Repris en partie par le Belfast Telegraph le lendemain :

 

 

Belfast Telegraph, Saturday 27 June 1925
(source : britishnewspaperarchive.co.uk)

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Commerces aux abords du Temple de Jemeppe (photo FaceBook Pierre Dock, archive Soeur Jeanne, Waremme)

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Commerces aux abords du Temple de Jemeppe (photo FaceBook Pierre Dock, archive Soeur Jeanne, Waremme)

Les adeptes devaient se restaurer, etc.

Aux abords du Temple de 4 bras, le 25 juin après la lecture de 15 hrs,
plusieurs cafés ouvraient leurs salles de fêtes et proposaient de la tarte au riz et autres tartes.

Le café ci-dessus est celui de la rue de la Station reproduit sur cette carte postale :

Jemeppe-sur-Meuse - Rue de la Station

 Une autre carte postale avec une vue rapprochée de ce pâté de maison le confirme :

Commerces aux abords du Temple de Jemeppe (photo FaceBook Pierre Dock, archive Soeur Jeanne, Waremme)

Il s'agit actuellement des numéros 80, 82 et 84 de la rue de la Station

Commerces aux abords du Temple de Jemeppe (photo FaceBook Pierre Dock, archive Soeur Jeanne, Waremme)

On retrouve la Rue de la Station lors d'un cortège antoiniste

Commerces aux abords du Temple de Jemeppe (photo FaceBook Pierre Dock, archive Soeur Jeanne, Waremme)

voir également cette série de photos

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Le 13e anniversaire de la mort du Père Antoine (La Dernière Heure, 26 juin 1925)(Belgicapress)

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Le 13e anniversaire de la mort du Père Antoine (La Dernière Heure, 26 juin 1925)(Belgicapress)LE MYSTICISME
CONTEMPORAIN

UNE ÉTRANGE CÉRÉMONIE
A JEMEPPE-SUR-MEUSE

LE 13e ANNIVERSAIRE
DE LA MORT DU PÈRE ANTOINE

(De notre envoyé spécial)

    Liége, 25 juin. – En ce siècle d'incrédulité, qui a vu s'émousser des croyances séculaires et se fondre les superstitions médiévales, on a pourtant vu naître un nouveau culte : celui d'Antoine le Guérisseur.
    L'Antoinisme compte, à l'heure actuelle, 25,000 adhérents qui ont déjà édifié 29 temples. La moyenne partie de ceux-ci se trouve au pays de Liége et en Belgique ; mais il y en a à Paris, à Lyon et à Monaco. Il y en a déjà un à Forest dans l'agglomération bruxelloise et l'on va en inaugurer un à Schaerbeek.

                  ANTOINE LE GUERISSEUR
    C'est une étrange figure que celle du père Antoine, le fondateur de la nouvelle religion. Il naquit à Mons-Crotteux. Il était d'humble extraction. Dans sa famille on était mineur de père en fils. Rien ne le signalait à l'attention de ses concitoyens, si ce n'est la ferveur de ses prières.
    Les panégyristes d'Antoine vous diront qu'il fut jusqu'à l'âge de 42 ans, un catholique convaincu, puis qu'il s'adonna au spiritisme. Son incursion dans le domaine du psychisme fit qu'il entreprit de guérir les malades.
    Antoine avait une méthode bien à lui. Ce n'était pas un rebouteux. Il ne se livrait point à la confection de philtres. Il n'imposait point les mains. Il agissait par auto-suggestion.
    La foi engendre des merveilles. Des malades guérirent et les bonnes gens de la vallée mosane crièrent au miracle. Les trompettes de la renommée portèrent le nom du guérisseur aux quatre points cardinaux et des maladies vinrent de loin pour demander au père Antoine la guérison de leurs maux.
    Cet apostolat dura 22 ans et ne prit fin qu'avec sa mort ou plutôt sa désincarnation, car les Antoinistes croient à l'immortalité de l'âme.
    Le vieux portier nous a dit que son maître avait un jour reçu 1,060 personnes.
    Ceux qui furent guéris vouèrent au père Antoine une reconnaissance telle que celui-ci se fit le protagoniste d'une religion nouvelle. Il rêva de régénérer la religion du Christ par la foi.
    En 1906, il eut un temple à Jemeppe-sur-Meuse où il s'offrit à la vénération de ceux qu'il avait soulagés.
    Il continua de guérir, mais à sa mort, en 1912 – il avait 66 ans – il léguait une œuvre volumineuse dont on fait chaque dimanche la lecture dans les temples antoinistes.
    Au physique, Antoine le Guérisseur était un grand vieillard à la barbe de patriarche qui parlait solennellement et en imposait par sa simplicité.

                  LA NOUVELLE RELIGION
    Tout le fonds de la religion d'Antoine le Guérisseur est l'éducation de la volonté vers le bien vouloir.
    – Fais ce que tu peux et je ferai le reste, disait-il.
    Selon lui, le doute doit être banni. Nous devons obéir à la première impulsion de ce que nous sommes. On ne doit rien devoir qu'à soi-même. Son seul but était de faire des hommes forts ne doutant de rien, mais il se défendait de prêcher une morale.
    – La morale ne se prêche pas, on la donne en exemple, affirmait-il. La foi sans les œuvres est une foi morte.

                  LA GRANDE OPERATION
    Le père Antoine est mort le 25 juin 1912. Pour commémorer le 13me anniversaire de sa désincarnation, la mère a fait, jeudi, la grande opération. Dès le matin, des autos luxueuses, des autocars, des camionnettes, des chars à bancs, des tramways et des trains ont déversé à Jemeppe-sur-Meuse le flot des pèlerins.
    Parmi la foule bigarrée, nombreux étaient les adeptes en uniforme noir, les hommes en demi-buse et redingote rigide, les femmes avec leurs bonnets de tulle tuyauté et leurs voiles.
    Dès les premières heures du matin, la foule a envahi le temple. On voit des faces d'incurables et des bébés transis dans leurs langes. Le temple, avec sa galerie, ressemble à une salle de spectacle de campagne avec la seule différence que la scène est remplacée par un mur tout noir sur lequel s'inscrit en lettres blanches : Un seul remède peut guérir l'humanité : c'est la foi.
    C'est de la foi que naît l'amour, l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. Ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu, car c'est l'amour et nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir.
    C'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité.
    Au bas du mur, il y a une estrade avec un emblème : c'est l'arbre de science.

                  LA CEREMONIE
    La cérémonie commence. Des sonnettes tintent. Les chuchotements cessent. On n'entend plus vagir que des nouveau-nés ou geindre des bébés que le silence étreint. La foule se recueille. Les mains jointes et crispées, le frère président – un ouvrier mineur – dit, au nom du père Antoine :
    La mère va faire la grande opération. Ceux qui ont foi au père seront guéris.
    Alors, la mère paraît sur l'estrade, devant la foule hypnotisée. C'est une illettrée. Elle a 75 ans. Elle s'avance à pas pressés et menus, toute courbée par l'âge, mais face à la foule qui halète, elle se redresse, joint les mains avec un mysticisme intense.
    Elle marmonne des paroles inintelligibles. Elle paraît hallucinée. Elle étend les bras pour appeler sur les fidèles l'esprit du père et sa mimique se termine par un geste qui semble vouloir bénir.
    Elle se retire aussi vite qu'elle est venue. La grande opération est faite. Le frère secrétaire – un professeur d'athénée – lit les dix principes de la nouvelle religion et la cérémonie est terminée.

                  LA FOULE
    Mais le temple est trop petit. Au dehors il y a des milliers de personnes qui attendent, entravant toute circulation. Sous les averses, la foule forme une houle de parapluies luisants ; mais il y a des gens aux fenêtres des maisons voisines, il y en a dans les corniches et sur le faîte des murs. Pour toute cette foule qui attend, anxieuse, la mère renouvelle, du haut d'une tribune improvisée, au seuil du temple, la grande opération.

                  LES PELERINS MYSTIQUES
    Alors, un cortège se forme. En tête marchent les porteurs d'emblèmes représentant l'arbre de la science et une ceinture grossière. Ils vont évoquant l'esprit consolateur, une sorte de Christ penché vers des infortunés, puis vient la mère dans ses vêtements endeuillés marchant comme inspirée, une main levée vers le ciel et les adeptes en uniforme à la queue leu leu, les hommes à droite et les femmes à gauche, puis la foule suivant en cohue.
    Les pèlerins, par les corons populeux, sont allés se recueillir sur la tombe du père Antoine.
    L'après-midi, d'autres, par les moyens de locomotion les plus divers, ont fait un pèlerinage de six lieues. Ils sont allés aux Quatre-Bras, dans la campagne condruzienne, endroit où dans ses dernières années, le prophète de la foi nouvelle allait méditer.
    Ainsi s'est terminée une des plus étranges et des plus populaires manifestations du mysticisme contemporain.

                                                                           R. Hennumont

La Dernière Heure, 26 juin 1925 (source : Belgicapress)

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