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fete du pere

The ''Antoinists'' Meet (The Paris Times, 26 juin 1924)

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The ''Antoinists'' Meet (The Paris Times, 26 juin 1924)The ''Antoinists'' Meet

CURIOUS HEALING CULT

    One of the most curious cults of modern times and one of the least-known is that of the followers of “Antoine le Guerisseur,” or “Anthony the Healer,” who yesterday made their annual pilgrimage to Paris on the anniversary of the founder's death.
    More than 5,000 persons, most of them of humble station, gathered in the quiet Rue Vergniaud, in the Glacière quarter of the city, near the Gentilly gate, before the “temple” set up there to “The Healer.”

From Every Region.

    They came from every region in France and Belgium. Among them were scores of the lame, the halt, and the blind, for fundamental tenet of their faith, as laid down by the founder is that the ills of the flesh can be cured by the believer through prayer and meditation. Many marvellous cures are claimed.
    Antoine, a poor Belgian miner, founded the religion which bears his name in 1906, when he gave up working underground to convert his fellow-men to his belief.
    At Jemeppe-sur-Meuse, his native village, he easily made a number of disciples, and these disciples, with him, displayed such zeal for proselytising that at the death of Antoine, in 1912, thousands of converts had been made to the new faith.

Number Over 1,000,000.

    At the present time, it is estimated, there are more than 1,000,000 “Antoinistes” in France and Belgium together, and the cult has some fifteen “temples” in the two countries. These are located in such cities outside of Paris as Vervins, Tours, Vichy, Lyons, and Aix-les-Bains. There is one in the Principality of Monaco.
    “La Mère Antoine,” widow of “The Healer,” conducted the ceremonies yesterday in the little building in the Rue Vergniaud. They consisted principally of silent prayer in which all present joined and of an enunciation of the moral principles, laid down by “Le Père Antoine.”
    One of these, not the least curious, by sets forth: “Let not yourselves be mastered by your intelligence.”

The Paris Times, 26 juin 1924

 

Traduction :

Les ''Antoinistes'' se rencontrent

UN CURIEUX CULTE DE GUÉRISSEURS

    L'un des cultes les plus curieux des temps modernes et l'un des moins connus est celui des adeptes d'"Antoine le Guerisseur", qui ont fait hier leur pèlerinage annuel à Paris à l'occasion de l'anniversaire de la mort du fondateur.
    Plus de 5.000 personnes, la plupart de condition modeste, se sont rassemblées dans la tranquille rue Vergniaud, dans le quartier de la Glacière, près de la porte de Gentilly, devant le "temple" érigé là au nom du "Guérisseur".

De toutes les régions.

    Ils sont venus de toutes les régions de France et de Belgique. Parmi eux, des dizaines de boiteux, d'invalides et d'aveugles, car le principe fondamental de leur foi, tel qu'énoncé par le fondateur, est que les maux de la chair peuvent être guéris par le croyant par la prière et la méditation. De nombreuses guérisons merveilleuses sont revendiquées.
    Antoine, un pauvre mineur belge, a fondé la religion qui porte son nom en 1906, lorsqu'il a renoncé à travailler sous terre pour convertir ses semblables à sa croyance.
    A Jemeppe-sur-Meuse, son village natal, il se fit facilement un certain nombre de disciples, et ces disciples, avec lui, déployèrent un tel zèle pour le prosélytisme qu'à la mort d'Antoine, en 1912, des milliers de convertis à la nouvelle foi avaient été faits.

Un nombre supérieur à 1.000.000.

    A l'heure actuelle, on estime qu'il y a plus de 1.000.000 d'Antoinistes en France et en Belgique réunies, et que la secte compte une quinzaine de "temples" dans les deux pays. Ceux-ci sont situés dans des villes hors de la région parisienne telles que Vervins, Tours, Vichy, Lyon et Aix-les-Bains. Il y en a un dans la principauté de Monaco.
    "La Mère Antoine", veuve du "Guérisseur", a dirigé les cérémonies hier dans le petit bâtiment de la rue Vergniaud. Elles ont consisté principalement en une prière silencieuse à laquelle se sont joints tous les assistants et en l'énoncé des principes moraux, laissés par "Le Père Antoine".
    L'un d'entre eux, et non le moins curieux, dit : "Ne vous laissez pas dominer par votre intelligence."

The Paris Times, 26 juin 1924

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Défilé antoiniste avec l'Esprit Consolateur (photo 12x8.5)

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Montegnée - défilé antoiniste avec l'Esprit Consolateur (photo 12x8.5)

la carte est indiquée comme provenant de Grâce-Berleur (Montegnée, Saint-Nicolas), mais elle a été prise en descendant l'Avenue Guillaume Lambert, à Jemeppe. L'entrée du cimetière avec la tombe des Antoine est derrière la maison et le bus.

pour en savoir plus sur le panneau de l'Esprit Consolateur, voir le billet suivant.

Généralement, ou dans le temps, le panneau était accompagné par un autre :
PERE ANTOINE, le grand guérisseur de l'humanité pour celui qui a la foi

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Temple antoiniste de Marseille - Grands jours du culte (abc-des-abc-michea-jacobi.blogspot.com)

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Temple antoiniste de Marseille - Grands jours du culte (abc-des-abc-michea-jacobi.blogspot.com)

Les GRANDS JOURS DU CULTE ANTOINISTE
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LE 25 JUIN : FETE DU PERE

      Opération à 10 h. au nom du PERE, suivie de la lecture des 10 principes et des « Dernières paroles du PERE à ses adeptes ».
      Le soir, recueillement pour les âmes souffrantes, suivi de la lecture de l’Enseignement, p. 109 à 111, et des « Dernières paroles du PERE à ses adeptes ».

LE 15 AOUT : ANNIVERSAIRE DE LA CONSECRATION
DU TEMPLE DE JEMEPPE ET DE LA SCANTIFICATION DU CULTE

       Opération à 10 h. au nom du PERE, suivie de la lecture des 10 principes.
      Le soir, recueillement pour les âmes souffrantes, suivi de Lecture du Développement, depuis « l’Enseignement du PERE, c’est l’Enseignement du Christ… » jusqu’à la fin du premier chapitre.

LE JOUR DE LA TOUSSAINT

      Opération à 10 h. au nom du PERE, suivie de la lecture des 10 principes et du chapitre « Réincarnation ».
      Le 1er et le 2 novembre au soir, recueillement pour les âmes souffrantes, suivi de la lecture des chapitres « Réincarnation » et « Le Mystère de la Réincarnation », ainsi que le 2 novembre à 10 h. si c’est un Dimanche.

LE 3 NOVEMBRE : FETE DE MERE

      Opération à 10 h. au nom du PERE, suivie de la lecture des 10 principes et des « Dernières paroles du PERE à ses adeptes ».
      Le soir, recueillement pour les âmes souffrantes, suivi de la lecture de la Biographie du PERE et des « Dernières paroles du PERE à ses adeptes ».

LE JOUR DE LA NOEL

      Opération à 10 h. au nom du PERE, suivie de la lecture des 10 principes et du chapitre « Comment on doit interpréter tout ce qui a été révélé ».
     Le soir, recueillement pour les âmes souffrantes, suivi de la lecture du même chapitre.

LE DIMANCHE DE PAQUES

      Opération à 10 h. au nom du PERE, suivie de la lecture des 10 dernières pages du chapitre « L’arbre de la science de la vue du bien », dans l’Enseignement.

LE LUNDI DE PAQUES

       Opération à 10 h. au nom du PERE, suivie de la lecture des 10 principes.

LE JEUDI DE L’ASCENCION

       Opération à 10 h. au nom du PERE, suivie de la lecture des 10 principes.

LE LUNDI DE LA PENTECOTE

       Opération à 10 h. au nom du PERE, suivie de la lecture des 10 principes.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------      Dans chaque temple, on affiche le jour de fête, seulement pour le temple intéressé, 3 semaines à l’avance. L’écriteau du 25 Juin est placé dans le porche des temples de France le Lundi de Pâques. L’écriteau de la fête de Mère est placé de même le 15 Août. Quand un jour de fête arrive un Vendredi ou Samedi, on fait le recueillement pour les âmes souffrantes le soir, suivi de la lecture. Le jour de la Noël, quand il y a deux recueillements, on lit le chapitre jusqu’au mot « primitivement », sinon on lit le chapitre entier. Les jours de la Noël et de la Toussaint, à 10 h., on lit le chapitre debout ; celui qui a la pensée de s’asseoir peut le faire.
      Les jours de Fête, on ne change pas les lectures dans les groupes rapprochés des temples.

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Un Souvenir de Jemeppe

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Un Souvenir de Jemeppe

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Une curieuse cérémonie au temple antoiniste (La Liberté, 26 juin 1925)

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Une curieuse cérémonie au temple antoiniste (La Liberté, 26 juin 1925)

 L'ANNIVERSAIRE DU “ GRAND GUÉRISSEUR ”

 Une curieuse cérémonie
au temple antoiniste

     Les adeptes du culte antoiniste célébraient ce matin l'anniversaire de son fondateur, le Père Antoine, cet ouvrier mineur, presque illettré, que ses fidèles appellent le grand guérisseur de l'humanité. Ils étaient venus là, plus d'un millier, dans le lointain quartier de la Glacière, non pas seulement de Paris, mais des quatre coins de la France, réunis, malgré la pluie autour du petit temple de la rue Vergniaud, plus austère, plus modeste que la plus humble des églises de campagne. Hommes et femmes, en vêtements noirs, s'abordent en échangeant l'évangélique salutation : « Bonjour, frère. ­ – Bonjour, sœur », et se quittent en prononçant la formule d'adieu rituelle : « De bonnes pensées. »
    Nombreux sont les frères et les sœurs qui ont revêtu le costume des fidèles : longue lévite noire, boutonnée jusqu'en haut, chapeau de feutre dur, à la forme évasée, aux bords plats pour les hommes ; robe noire, sans ornement, voile de béguine pour les femmes. Tenue toute de simplicité, d'austérité, comme la doctrine.

Un enseignement d'amour

    Comment rendre intelligible, avec des mots, une telle doctrine qui professe pour l'intelligence et l'imagination, ces deux maîtresses d'erreur, le plus profond mépris ? Foi dans le libre arbitre, effort toujours plus sincère pour écouter la voix de la conscience, élans de l'âme, effusions, méditations, voilà ce que les antoinistes appellent leur culte, qui ne comporte ni pompes, ni liturgies, ni chants, ni prières rituelles. La nudité complète de leur temple symbolise ce dédain pour tout ce qui est extérieur, pour tout ce qui s'adresse aux sens. L'idée de Dieu, pour eux, doit demeurer tout intérieure, et ne s'exprimer par rien autre qu'un amour toujours plus actif et plus épuré.
    Sur les murs, des inscriptions le disent : « L'enseignement du Père Antoine est basé sur l'amour, la foi et le désintéressement. Nous ne sommes divisés que par l'intérêt. Un seul remède peut guérir l'humanité : la foi. C'est de la foi que naît l'amour, l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. Ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu, car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir. C'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité. »

Un cortège pacifique

    Tous parapluies ouverts, une procession silencieuse fait le tour du temple. En tête, porté par un frère, l'emblème du culte : l'arbre de la science de la vue du mal. Les fidèles suivent, sans mot dire, figures extatiques ou douloureuses, visages placides, enfants aux yeux graves. Les vagues et flottantes formules de l'enseignement du Père parlent-elles vraiment à ces esprits qui cherchent, plus encore que la vérité, une raison de croire et d'espérer, une consolation ?

La Liberté, 26 juin 1925

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Fêtes du 15 août 1911 et des années suivantes

Publié le par antoiniste

    Pour la première fête d'anniversaire de la consécration, en 1911 donc, on se réunit, après l'opération, dans une salle de fêtes de Jemeppe, ce qui froissa plus d'un antoiniste. "L'an passé, écrit un adepte d'Anvers (L'Unitif, octobre 1912, p.15), en arrivant dans une salle de fête et de plaisirs je fus désorientée et mon recueillement fut comme paralysé : beaucoup étaient dans mon cas. Cependant nous avions pu puiser à l'opération un fluide réconfortant et nous étions partis du Temple dans un fluide homogène qui nous réunissait tous dans la seule et même pensée sous l'égide du Père. Mais l'aspect de la salle où avait lieu la réunion était si peu en harmonie avec le sentiments de notre cœur que pour ma part j'en fus frappé et souhaitai qu'on fit un autre choix à l'avenir."
    Ce vœu fut exaucé : en 1912, la cérémonie eut tout entière dans le Temple.
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.226-27

    Cette date est la seconde grande fête antoiniste : c'est l'anniversaire de la sanctification du culte et de la consécration du temple de Jemeppe.
    Cet anniversaire fut célébré, pour la première fois, en 1911. Cette année-là, l'Opération se déroula au Temple. Puis on se réunit dans une salle de fêtes de Jemeppe. Ce qui froissa de nombreux Antoinistes.
    C'est pourquoi, dès 1912, la cérémonie se déroula en entier dans le Temple.
Ce jour-là, même si cela tombe en dehors des 4 jours d'ouverture des Temples, il y a Opération Générale à 10H00. Dans les Temples "avec photos", l'Opération Générale est suivie de la lecture des "Dix Principes".
source : http://antoinisme-documentation.skynetblogs.be/

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Cortège pour la Fête de Père à Jemeppe

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Cortège pour la Fête de Père à Jemeppe (doc Jean-Marie Rouveroy sur FaceBook)

Procession des Antoinistes vers le cimetière

La maison en brique forme le coin de la Rue des Housseux et de l'Avenue Guillaume Lambert.
À droite, l'ancienne ligne de chemin de fer (à nouveau maintenant) s'appelait le Limbourgeois parce dans l'histoire de l'industrie le train amenait des travailleurs venant du Limbourg flamand. Au fond, Le Bois de Cochon.
L'agent de Police est Romain Ottenborgs (né le 21/12/1914, décédé le 12/02/2011 à l'âge de 96 ans). Avant d'être dans la police, il était Maraîcher et avait un magasin de fruits et légumes qu'il tenait avec sa femme, rue du Bois de Mont, mais partait aussi faire sa tournée avec son cheval Gamin et sa charrette.

Document de Jean-Marie Rouveroy sur FaceBook

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Quand les Antoinistes fêtent leur saint patron (La Revue hebdomadaire, 26 juin 1932)

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Quand les Antoinistes fêtent leur saint patron (La Revue hebdomadaire, 26 juin 1932)Quand les antoinistes
fêtent leur saint patron...

     Jamais peut-être les messies n'ont été moins rares qu'en notre siècle de peu de foi. Comme si le besoin s'en faisait sentir, on invente chaque jour des religions nouvelles. Parmi celles qui ont percé définitivement, une des plus connues est sans doute l'antoinisme, qu'on prétend fertile en miracles...
    L'antoinisme groupe en France et en Belgique des milliers d'adeptes, parmi lesquels on peut citer un auteur dramatique fameux, M. André de Lorde [sic], et un savant chimiste, M. Jolly.
    Les antoinistes de Paris, auxquels s'étaient joints plusieurs de leurs coreligionnaires de province, célébraient hier la fête du « Père » Antoine, à l'occasion de l'anniversaire de sa « désincarnation », survenue le 25 juin 1912.
    Rue Vergniaud, dans un temple au fin clocheton, qui évoque une chapelle gallicane, se serrait un public modeste. Beaucoup de vieilles personnes, mais aussi quelques mamans, portant leur bébé dans leurs bras. Cependant, à la porte, quelques étincelantes limousines attestaient que l'antoinisme n'a pas converti que des pauvres.
    Ce sanctuaire, que d'humbles vitraux baignent d'une clarté verte, est vraiment minuscule. Au fond, devant une chaire toute nue, se dressait une sorte de bannière figurant un arbre dont la racine plonge dans un cartouche où se lit l'inscription : « Arbre de la Science de la vue du Mal ». A côté, un portrait du père Antoine et de son épouse, le Père avec de longues moustaches, une longue barbe, de longs cheveux...
    Au-dessus de la chaire, de saintes inscriptions blanches sur fond bleu :
    « L'auréole de la conscience... Un seul remède peut guérir l'humanité : la foi... Ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu... »
    En avant, priaient des fidèles en costume : les « sœurs », tout de noir vêtues, avec, sur leur chevelure bien tirée, une coiffe agrémentée d'un ruché ; les « frères », gainés d'une hermétique redingote noire, et chapeautés d'un petit tromblon qui faisait songer au sombre Javert...
    L'assistance, mains croisées, était sage et recueillie. Des pancartes, d'ailleurs, lui adressaient cette injonction superflue : « On ne doit pas parler dans le temple. »
    Les offices antoinistes sont toujours fort simples. En ce jour anniversaire même, on ne dérogea pas aux usages. Un frère fit, d'une voix dépouillée, la lecture de l'un des textes sacrés laissés par le père, puis, après un instant de méditation, tout le monde se leva.
    Alors s'organisa une procession bizarre. « Frères » et « sœurs » en costume prirent la tête, portant l'arbre de Science et l'effigie du Père et de la Mère Antoine. Suivis des autres fidèles, ils sortirent en silence sur le parvis étroit. Après un lent défilé de quelques mètres dans la rue Vergniaud, la procession rentra dans le petit temple par une porte latérale chargée de verdure nouvelle.
    Ainsi fut célébrée la fête d'un homme de bien qui se plut à prêcher l'amour, la bonté, le désintéressement. En cette ère où le scepticisme mine non seulement la foi religieuse, mais encore la foi tout court, je n'ai pas trouvé cela si ridicule. – Romain Roussel.

La Revue hebdomadaire, 26 juin 1932

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Les Antoinistes ont fêté hier le Guérisseur (L'Œuvre, 26 juin 1924)

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Les Antoinistes ont fêté hier le Guérisseur (L'Œuvre, 26 juin 1924)Les Antoinistes
ont fêté hier
le Guérisseur

    Hier matin, devant ce temple en miniature, perdu dans les scieries de la rue Vergniaud, ils arrivèrent en groupes compacts : frères serrés dans des redingotes haut boutonnées de clergymen et coiffés de chapeaux cylindriques demi-hauts, sœurs aux robes noires et aux voiles d'uniforme.
    C'était le 25 juin, anniversaire de la « désincarnation » du Père Antoine « grand guérisseur de l'humanité pour ceux qui ont la foi ».
    On s'écrasa sur les bancs minuscules, entre les quatre murs couverts de maximes philosophico-thérapeutiques, pour écouter « l'enseignement » légué par la mineur de Jemeppe.
    Puis, trois officiants, moustachus, debout à la place de l'autel, levèrent une sorte de pancarte comme on en promène dans les manifestations : « culte antoiniste ». Et les adeptes, silencieux, se recueillirent.
    A la porte, le contingent habituel d'aveugles, de goutteux et de paralytiques était là. Ils venaient déposer leurs enveloppes adressées « au Père et à la Mère Antoine ». Car, bien qu'un des frères en uniforme portât en bandoulière une très ecclésiastique sacoche, la cérémonie ne comportait pas de quête. Chez les Antoinistes, l'offrande est anonyme.
    Après l'« opération », frères et sœurs s'attardèrent sur le parvis à deviser des petites affaires du culte. Et l'on apprit ainsi qu'il existe à Vervins, à Tours, à Vichy, à Lyon, à Aix-les-Bains, à Caudry et à Monaco, d'autres temples antoinistes, et que le nombre des fidèles s'élève en Belgique et en France à un million.
    Il était midi, et il faisait chaud. On vit alors des frères se découvrir et, avec beaucoup de simplicité, retirer de leur chapeau un mouchoir pour éponger leur front.
    L'uniforme antoiniste ne comporte, paraît-il, qu'un nombre fort limité de poches.

L'Œuvre, 26 juin 1924

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Mère Antoine à Jemeppe avant 1940 (doc. Mme Dumont)

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