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Paris. Reportage sur les Antoinistes - Fonds Marcel Cerf-1935-1936 #18

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Paris. Reportage sur les Antoinistes - Fonds Marcel Cerf-1935-1936 #19

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Paris - Rue Vergniaud (openstreetmap.org)

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Paris - Rue Vergniaud (openstreetmap.org)

Paris - Rue Vergniaud (openstreetmap.org)

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Paris - Demande en autorisation de bâtir du 15 déc 1913

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Paris - Demande en autorisation de bâtir du 15 déc 1913

13e arr. - Rues Wurtz et Vergniaud. - Prop., Temple Antoiniste. - Arch., M. Flegenheimer, 23, quai Voltaire. - Construction (1 étage).

La Construction moderne, 28 décembre 1913

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Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud - Marianne (6 janvier 1937)

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Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud - Marianne (6 jan 1937) Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud - Marianne (6 jan 1937)

 

 

Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud (auteur des livres Les Religions Nouvelles de Paris et Les petites Eglises de Paris)

Marianne (6 janvier 1937)

source : gallica.fr

 

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Paris rue Vergniaud janvier 2015

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Temple Antoiniste-Paris rue Vergniaud janvier 2015 (flickr - Michael C.).jpg

 

Temple Antoiniste-Paris rue Vergniaud janvier 2015 (source flickr : Michael C.)

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Inauguration de l'Église Antoiniste (Le Radical, 27 octobre 1913)

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Inauguration de l'Église Antoiniste (Le Radical 27 octobre 1913)

Encore un Messie

INAUGURATION
             de
l’Église Antoiniste

    Il y a toujours des messies. A peine le fabuleux zouave Jacob est-il mort que s’inaugure à Paris le temple du culte antoiniste.
    L’antoinisme est moins une religion mystique qu’une suite de pratiques thérapeutiques et médicinales.
    Son fondateur mourut, l’an dernier, à Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique.
    Mais sa femme, la « mère » Antoine, est venue hier à Paris, escortée de six cents disciples tout de noir vêtus propager le culte d’Antoine.
    Non point l’Antoine de Padoue monopolisé par la « bonne presse », mais bien Antoine le Guérisseur, messie des gueux et des « simples en esprit ».

             La nouvelle église
    Les antoinistes ont inauguré hier, à Paris, à l’angle des rues Vergniaud et Wurtz, quartier de la Maison-Blanche, leur nouvelle église. Il n’y a ni croix, ni statues, ni tableaux, ni symboles religieux d’aucune sorte. A l’extérieur comme à l’intérieur, les murs sont nus. On y lit des inscriptions comme celles-ci. Sur la façade : « 1913. Culte antoiniste. » Dans le temple, à l’entrée, et mise là comme une enseigne, cette autre : « Le père Antoine, le grand guérisseur de l’humanité, pour celui qui a la foi. »
    Dans le fond, cette maxime : « Un seul remède peut guérir l’humanité : la foi. C’est de la foi que nait l’amour. L’amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. Ne pas aimer ses ennemis, c’est ne pas aimer Dieu, car c’est l’amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir ; c’est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu’il est pur et de vérité. »
    Il n’y a point d’autels dans ce temple. Au fond, s’élève une chaire en bois très simple. Cloué au panneau de face, un cadre renferme sous vitrine, peint en blanc, un petit arbre. Une inscription en lettres blanches avertit que c’est « l’arbre de la science de la vue du mal », unique symbole du culte antoiniste.

             L’inauguration
    De nombreux curieux assistèrent, hier matin, à l’inauguration.
    Elle fut très simple, décente dans l’ensemble, et moins échevelée, certes que les terribles et dolentes processions de malades qui s’en vont vers la grotte de Lourdes solliciter des miracles.
    Là aussi, de pauvres loques humaines s’en vinrent, en quête de la guérison miraculeuse.
    Il ne se passe rien que de très ordinaire. Les miracles modernes, on le sait, n’ont plus lieu dans les églises, mais bien plutôt dans les laboratoires.
    Et chacun s’en retourna content, car chez les antoinistes, comme ailleurs, il n’y a que la foi qui sauve.

Le Radical, 27 octobre 1913

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Jacques Valdour, Ouvriers parisiens d'après-guerre (1921)

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Jacques Valdour, Ouvriers parisiens d'après-guerre (1921).JPG

    Au pied de la Butte-aux-Cailles, les Antoinistes ont édifié un petit temple. Une inscription, placée près de la porte, le proclame ouvert jour et nuit à ceux qui souffrent. J'y entre un dimanche matin, à l'heure de l'office. La petite salle, qui peut contenir un peu plus d'une centaine de personnes, est emplie de fidèles : une vingtaine d'hommes et de femmes, tous vêtus de noir ou d'étoffes sombres. Immobiles, le regard fixe, ils écoutent, dans un recueillement profond, la lecture des « Œuvres » du « père » Antoine, que leur fait l'officiant, un homme déjà âgé, vêtu d'une longue lévite noire, assis dans une petite chaire au-dessus de laquelle s'étale, peint sur un panneau de verre, un arbre défini par cette formule : « L'arbre de la science de la vue du mal. » Et le mur du fond porte, écrit en lettres capitales : « L'enseignement du Père, « c'est l'enseignement du Christ révélé à cette « époque par la Foi. Un seul remède peut « guérir l'humanité, la Foi. C'est de la Foi « que naît l'amour... »
    D'une voix lente et monotone, nue et grise comme les murs de cette salle, le lecteur laisse tomber les phrases obscures où, revenant sans cesse, les mots « foi », « croyance », « Dieu », « conscience », « Providence », « le Père », s'amalgament. Mais, tout d'un coup, dans cette rédaction brumeuse, fulgure l'erreur infâme : «... Ce n'est que par la forme que les religions différent... Si Dieu ne peut faire le mal, il n'est pas libre... C'est nous qui faisons Dieu à notre gré.., Croyons que nous sommes Dieu nous mêmes ; croyons que nous pouvons ce que nous voulons... Je puis maintenant vous révéler ce qu'il en est de la conversion d'Adam. Il est faux que nos premiers parents aient péché. Adam, c'est le moi conscient ; Eve, le moi intelligent. Tout être doit passer par l'incarnation pour jouir du vrai bonheur... Adam vivait en Dieu, mais ne pouvait le comprendre parce qu'il était inconscient. Adam est venu apprendre sur la terre le bonheur dont il n'avait pas conscience. Le serpent est la loi de la liberté. La loi divine n'interdisait pas à Adam d'aller à Eve. Nous allons à Dieu par l'amour du prochain. L'amour vrai anéantit toute loi , Nous ne ressentons l'amour qu'à travers notre semblable. En se rapprochant d'Eve, Adam fonde l'édifice de la solidarité. Disons, comme Eve, que le serpent était le vrai Dieu. C'est par un effet de la Providence qu'Adam va vers Eve pour développer l'embryon de l'amour... Eve lui apparaît avec l'arme de la vérité, le serpent. On ne peut aller à Dieu que par son semblable. Eve l'apprend à Adam. Lui montrant le serpent : Voilà, lui dit-elle, le vrai Dieu, auquel vous ne pouvez aller que par moi, par la solidarité ; alors les lois n'existeront plus pour nous ; l'amour les aura surmontées... » 
    Ainsi donc, « le Serpent, voilà le vrai Dieu ». Il est « la loi de la liberté». Libre, il « peut faire le mal ». Or, « nous sommes Dieu nous-mêmes », et par conséquent libres, et libres de faire légitimement le mal : « nous pouvons ce que nous voulons ». C'est « l'incarnation » qui permet aux êtres de « jouir du vrai bonheur » — donc, le bonheur charnel — dans « l'amour du prochain », amour que nous ne ressentons qu'à travers notre semblable », comme « Eve l'apprend à Adam »; et cet « amour vrai anéantit toute loi ». « Croyons que nous pouvons ce que nous voulons. » 
   Les élucubrations, dont Antoine a noirci des pages d'une incohérence rédactionnelle fatigante, cachent le vieux levain panthéiste et aphrodisiaque des manichéens et des cathares, et la perversion secrète de ces doctrines apparaît tout à coup, à certains détours du texte, en formules infernales. Autodidacte et à demi dément, Antoine retrouve dans ses rêves confus les vieilles inspirations familières aux religions sataniques et au Maçonnisme ; et il leur recrute, par des promesses de cures corporelles, tous les Imaginatifs, ignorants, crédules, névropathes, que les milieux populaires offrent toujours comme une proie toute prête pour les charlatans qui passent : le service rituel terminé, l'officiant se rend dans une petite pièce où il reçoit ceux qui viennent le consulter pour leurs troubles d'âme, leurs peines de cœur ou les maladies dont souffre leur corps. Ainsi s'établit la légende de l'antoinisme guérisseur qui, à l'imitation de la secte protestante des « Christian scientists », spécule sur les guérisons apparentes que la suggestion produit. A la porte du temple, à l'issue du service, se vendent un « Bulletin » mensuel et des brochures, comme L'Unitif, où je lis : « Nous sommes tous des dieux »(1). 
    Ainsi, dans ces milieux populaires, ignorants et déchristianisés, foisonnent et pullulent, comme sur un fumier de misère intellectuelle et morale, tous les champignons du Mal et du Pire. 

 

(1) L'Unitif, n°6, page II. Dans l'Invasion, où M. Louis Bertrand a fait une description si approfondie de la vie et de la psychologie ouvrières, on remarquera, au milieu de traits d'une exactitude rigoureuse et évocatrice, l'étude de l'influence exercée sur quelques ouvriers par les sociétés théosophiques, filiales, comme la secte antoiniste, de la Franc-Maçonnerie. 

 

Jacques Valdour, Ouvriers parisiens d'après-guerre : observations vécues
Chapitre premier, La quartier de la gare (XIIIe arrond.)
Nettoyeurs de chaudières, §4. - La vie du quartier (p.76-81)
Arthur Rousseau, Paris / René Giard, Lille, 1921

Auteur également de Les mineurs où il évoque les Psychosistes.

Recension :

Jacques Valdour, Ouvriers parisiens d'après-guerre (1921)

Ouvriers parisiens d’après-guerre, 
    par J. Valdour, 1 vol. 89 p. 4 fr. 50 
     (Rousseau, édit., Paris et Giard, édit., 
    Lille, 1921). 

    A l’aide de la même méthode que celle suivie dans ses enquêtes précédentes, J. Valdour a expérimenté en 1920, le travail du nettoyeur de chaudières dans le quartier de la Gare (XIIIe arr.), du décapeur de métaux à Vaugirard, enfin du tourneur dans une fabrique d’outils de Saint-Ouen. Il n’a vu que la vie de l’ouvrier célibataire. 
    Les manœuvres gagnent de 15 à 20 francs pour une journée de huit heures, et les ouvriers qualifiés se font de 24 à 32 francs. Les salaires et le prix de la vie ont triplé depuis 1914, et l’ouvrier se trouve à peu près dans la même situation, c’est-à-dire que le manœuvre qui mange au restaurant arrive à mettre les deux bouts ensemble. Comme changements, J. Valdour note que l’ouvrier met de l’eau dans son vin en mangeant et que le cabaret est concurrencé par le cinéma. L’agitation communiste a atteint son maximum fin 1919 et début de 1920 et va en décroissant. 
    L’auteur note la disparition presque complète de l’anticléricalisme depuis la guerre, mais l’esprit religieux ne semble avoir fait quelque progrès que sous la forme de l’antoinisme, de la théosophie, 
etc. 
                                                                   P. D. 

La Science sociale suivant la méthode de F. Le Play, 1926 (A41, FASC7).

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Temple rue Vergniaud (Combat 17 mars 2001)

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Temple rue Vergniaud (Combat 17 mars 2001)

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L'Antoinisme et ses adeptes (La Croix, 7 mai 1930)

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La Croix 7 mai 1930

UNE RÉCENTE SUPERSTITION

 

L’ANTOINISME ET SES ADEPTES

    Parmi les superstitions engendrées ces cinquante dernières années par le spiritisme et la théosophie, l'antoinisme est certainement l'une des plus extravagantes. Quand on prend le courage et la patience de lire les Révélations et l'Enseignement du Père Antoine, dit le Guérisseur (ses disciples l'appellent même le régénérateur de l'humanité !) on se demande comment il peut se trouver des gens assez crédules pour se prendre à cette espèce de mystique incohérente, issue du libre arbitre protestant et du spiritisme d'Allan Kardec.
    Le fait est pourtant que le culte antoiniste a ses adeptes. En Belgique, d'où il est originaire, il est exercé dans plus de vingt temples, surtout dans les régions de Liége et de Charleroi ; on ne lui attribue guère moins de vingt mille adeptes.
    La secte s'est également développée en France : dans la province, on trouve des temples antoinistes à Lyon, Monaco, Tours, Vichy, Aix-les-Bains, Orange, Caudry, Vervins et Hellemmes.
    Il y en a deux à Paris. Je suis allé, il y a quelques jours, à celui de la rue Vergniaud qui est le principal et le plus fréquenté. Le gardien, sanglé dans la robe noire que le Père a imposée à ses disciples, m'a non seulement accueilli avec ses meilleurs « fluides », mais vingt minutes durant, il m'a célébré l'évangile antoiniste. Oubliant que le « deuxième principe » de la Révélation du Père condamne « l'intention de convertir », il m'a tenu un langage singulièrement apostolique. Il est vrai qu'il m'a déclaré, d'autre part, que l'antoinisme n'est exclusif d'aucune religion et admet gratuitement – les croyants de toutes les croyances et même les incroyants.
    Le Père Antoine aime d'un amour égal et comble de faveurs pareilles tous ceux qui souffrent ! Pas de privilèges dans l'antoinisme. Pas de hiérarchie non plus : les ministres du culte antoiniste sont les fidèles eux-mêmes, à tour de rôle. Ce culte est d'ailleurs réduit à la lecture de l'Enseignement : ni rite, ni liturgie. La lecture est faite tous les dimanches à 10 heures et tous les jours, le samedi excepté, à 7 h. 30 du soir. Il y a, en outre, des « opérations générales au nom du Père » qui ont lieu les quatre premiers jours de la semaine, mais j'en ignore le secret.

                    Le Père Antoine

    Le fondateur de cette religion, ou plus justement de cette superstition, Louis Antoine, est né, en 1846, à Mons-Crotteux, dans la province de Liége. La mine, où il travailla dans sa jeunesse avec son père, ne lui plaisait pas. Il quitta la Belgique pour aller travailler dans la métallurgie, en Allemagne et en Pologne, y revint pour se marier, fit un séjour en Prusse et s'établit enfin à Jemeppe-sur-Meuse, dans sa province natale. C'est là qu'il reçut l'initiation au spiritisme. Il ne tarda pas là acquérir une « fluidité » extraordinaire, et à l'utiliser pour la guérison de l'humanité souffrante : ce qui lui valut une condamnation pour exercice illégal de la médecine. Cependant, ce singulier guérisseur ne parvint jamais à se guérir lui-même d'une maladie intestinale qui, en 1912, entraina sa mort... pardon ! sa désincarnation ! De ce jour, sa femme, – la Mère Antoine – qui l'avait assisté et secondé jusque-là, devint la grande prêtresse et l'évangéliste de sa religion.

                    Théories et élucubrations

    Cette religion est contenue dans divers écrits, dus, pour la plupart, à un sténographe qui transcrivait, au jour le jour, les improvisations spirituelles du Père. C'est un rabâchage, souvent inintelligible, d'élucubrations obscures, incohérentes et ineptes, au milieu desquelles il arrive cependant de rencontrer un principe raisonnable, une idée juste, un précepte élevé.
    Dans cet Enseignement, la partie négative est la principale. Le Père Antoine bouscule hardiment les notions philosophiques reçues et plus hardiment encore les dogmes et la morale du catholicisme.
    La matière n'existe pas, enseigne notre prophète. « Elle est le doute, le mal, les ténèbres, l'obstacle de l’être qui désire s'épurer. » Aux premiers jours de la création, Adam (sachez, entre parenthèses, qu'il n'était pas du tout le premier homme !) eut le tort de s'imaginer qu'Eve était une réalité : ce n'était qu'une apparence.
    Le mal n'existe pas davantage. C'est nous qui l'imaginons. « Ce que nous appelons le mal n'est qu'un aspect de l'évolution des êtres. » On vous casse un bras ou une jambe : eh bien, dit le Père, je vais vous démontrer que le mal n'est pas plus réel que tout autre. Permettez-moi de vous faire remarquer que votre argument, si naturel qu'il vous paraisse, ne s'appuie que sur l'effet et non sur la cause ». Suit une espèce d'argumentation à laquelle il est impossible de comprendre quelque chose.
    Quant à Dieu, le Père ne lui reconnait pas d'existence transcendante, Dieu, c'est nous-même, quand nous sommes épurés, quand il ne reste en nous que les « fluides les plus éthérés », « qu'amour, intelligence et conscience ».
    Mais, voici que cette intelligence, qui contribue à notre divinité, va passer un mauvais quart d'heure et se voit presque maudite ! Le Père Antoine n'en est pas à une contradiction près ! « L'intelligence, enseigne-t-il, est le doute, l'erreur, la cause de toutes les contrariétés que nous rencontrons dans le cours de l'existence. » « Tâchez de vous pénétrer que la moindre souffrance est due à votre intelligence qui veut toujours plus posséder. » « Ne vous laissez pas maîtriser par votre intelligence ! » Cette peur et ce mépris de l'intelligence s'expliquent par cette raison que le Père Antoine n'en avait pas beaucoup : il savait à peine lire et écrire !
    Une autre illusion est l'existence des lois divines. « Si Dieu avait établi des lois pour aller à lui, elles seraient une entrave à notre libre arbitre. Toute loi doit avoir la conscience pour base. Ne l'appelons pas loi de Dieu, mais plutôt loi de la morale, loi de la conscience. » L'antoinisme, en conséquence, a remplacé les dix commandements de Dieu par dix « principes » qui contiennent des préceptes, ou plutôt des exhortations, dont la plupart sont nettement opposées à la doctrine catholique.
                        *
    Essayons de démêler, dans le fouillis des Révélations du Père, la substance de l'Enseignement.
    L'homme est un être fluidique. Ces fluides sont à notre merci, à nous de les « manier », de les « raisonner », de les « épurer », de les rendre le plus « éthérés » possible, car « plus sont-ils éthérés, plus renferment-ils d'amour ».
    La conscience est infaillible ; les actes qu'elle dicte sont nécessairement bons. Aussi devons-nous suivre notre conscience et notre conscience seule.
    Il faut toujours obéir à la nature, ne jamais la violenter ni en nous ni dans les autres. « Je vais vous enseigner ceci, dit le Père : Faites le mal, ne cherchez pas à faire le bien ou si vous ne pouvez vous abstenir, cachez-vous pour le faire, faites-le plutôt la nuit, que nul ne puisse le voir. Mais, pendant le jour, faites le mal, agissez d'après votre naturel ». (Tiens, mais le Père oublie que « le mal n'existe pas ! ») Du moment que la nature ne doit pas être frustrée, on voit les conséquences : c'est la licence, c'est l'anarchie morale. La notion du péché est complètement absente de cet enseignement. Nous sommes revenus au Pecca fortiter, crede fortius, de Luther. Et quelle pédagogie nous promet une telle doctrine ! Le Père l'avoue d'ailleurs sans vergogne : « En conséquence de cette doctrine, dit-il, toute éducation est nuisible. Nous déformons les enfants, en prétendant les discipliner. »
    « Quel que soit l'âge de nos enfants, ajoute-t-il nous devons respecter leur libre arbitre ». Ce libre arbitre peut les conduire, par exemple, à tuer : eh bien, dit le Père « comparons le bourreau avec le martyr : si nous revenons à la cause, nous trouverons en celui-ci un bourreau non moins grand ». Et, dans sa mansuétude, il ajoute qu'il faut « témoigner beaucoup d'indulgence aux criminels, imputer leurs méfaits à l'ignorance, à la brutalité de la nature ». Il est vrai que la clémence et le pardon sont aussi enseignés par la religion catholique, mais dans un esprit singulièrement différent !
    Voulez-vous enfin connaître la conception antoiniste de la Providence ? Dieu ne peut pas nous épargner « les maladies, les accidents, les fléaux » qui nous viennent du démon... « Si nous disons que Dieu est notre Père, déclare le Père Antoine, ajoutons que le démon est notre mère qui nous nourrit de son sein et nous est utile. Et l'enfant n'appartient-il pas pour les trois quarts à sa mère ? Nous sommes donc plutôt enfants du démon qu'enfants de Dieu. »

    Voilà le dernier mot de l'antoinisme. Par la voie du protestantisme, nous sommes amenés au satanisme. Et c'est ce qu'on nous appelle... le nouveau spiritualisme ?

                                             JEAN REVEL.

La Croix, 7 mai 1930

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L'antoinisme à Paris (Comoedia, 26 juin 1926)

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Comoedia - 26 juin 1926 - Paris, rue Vaugirard

L'antoinisme.

        Il ne s'agit pas ici de théâtre, mais du culte que quelques hommes consacrent au père Antoine, cet ouvrier mineur qui, sans grand savoir, prêcha la foi en soi-même pour la perfection de la conscience humaine.
    L'antoinisme a fait des adeptes et ces adeptes font la boule de neige.
    Hier matin, rue Vaugirard, ils étaient relativement nombreux qui, vêtus de costumes d'une simplicité rigoureuse et de toilettes à la mode de jadis, s'en allaient en procession au petit temple du père Antoine, moines et religieuses laïques de cette religion toute mystique et portant l'emblème de l'arbre de la science de la vue du mal.
    C'était l'anniversaire de leur fondateur et, chaque année, les Antoinistes vont honorer son temple.

Comoedia,  26 juin 1926

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