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Salle de la rue des Grands-Augustins (Paris Soir, 18 septembre 1931)

Publié le par antoiniste

Paris Soir 18 septembre 1931

LES SENTIERS DU PARADIS

grand reportage par Fernand POUEY

V - Les amis d’Antoine

    La rue des Grands-Augustins, à quelques mètres des quais, est joyeuse et animée. Boutique de fruitiers et crèmeries projettent sur les trottoirs étroits leurs étalages diversement parfumés. Raisins, poires, pommes, prunes, melons, beurre et fromage se succèdent comme les matins d’une gamme perpétuellement jouée par les ménagères. Peu d’entre elles, cependant, s’arrêtent à une devanture où, de prime abord, apparaît à peu près pareille aux autres. Derrière, on soupçonnerait facilement sans trop d’imagination, un marchand plus méticuleux et plus méfiant que ses collègues, protégeant avec plus d’âpreté sa marchandise contre les mille tentations de la rue. Ayant caché, dirait-on, ses primeurs et ses œufs, attendant la clientèle. Après un seconde d’hésitation, j’ai doucement poussé la porte de cette curieuse boutique… A l’intérieur, c’était tout noir.
    J’étais dans une chapelle antoiniste.
    Royaume de la nuit. Encore ces mots ont-ils plus de résonance qu’il n’en faut pour désigner cette pièce et cette pénombre… Par une fenêtre, au fond, le jour pénètre difficilement dans une petite salle. Il est si fatigué, d’ailleurs, qu’il n’a pas la force d’en éclairer les coins, ainsi abandonnés à la plus franche obscurité. Pour le reste, on distingue, sur le parquet propre et net, quelques bancs bien alignés, bien cirés, bien frottés. Sous la fenêtre, un pupitre, surélevé comme une chaire de professeur, s’enorgueillit d’un peu de lumière. On songe irrésistiblement à une salle d’école pour un cours du soir, dans une municipalité pauvre.
    Or, – l’après-midi que j’y fus – il y avait là trois femmes.
    Derrière le pupitre, une femme noire.
    Sur un banc, une autre femme, noire aussi.
    A un autre banc, une autre femme, noire encore.
    La première lisait : on ne voyait pas son visage, placé à contre-jour. On ne pouvait non plus distinguer la figure des autres, placées à des endroits que la lumière n’atteignait point. Toutes trois, vêtues d’ombre, baissaient la tête... autant du moins qu’il me le parut.
    Elles s’étaient réunies là pour le service du soir. Une sorte de pudeur me conseillait de repartir. Avais-je vraiment le droit moral d’assister à un culte aussi confidentiel. Non, sans doute. Mais la femme qui lisait continuait sa lecture – celles qui écoutaient ne levaient pas les yeux... Alors, je suis resté.
    Bras croisés, j’ai penché le visage dans l’attitude classique de la méditation, Et J’ai essayé sincèrement de suivre le fil de la lecture, Hélas ! mon désir de s’instruire sombra dans ce seul effort. Il me semble que, rajeuni, je me trouvais au catéchisme de persévérance et je fis à nouveau, naïvement, les gestes de mon enfance. Tout fut perdu. Je m’amusai à jouer avec le bois lisse du banc, à rechercher du bout des doigts les rares éraflures susceptibles de déchirer les pantalons des jeunes garçons impatients. De la main gauche, j’attaquai à plusieurs reprises les premières mesures de la « Marseillaise », puis de « l’Internationale ».
    Je comptais aussi, mentalement, les secondes... Quand j’arrivais à soixante : « Voilà une minute, murmurais-je avec satisfaction, qui me rapproche de la fin ».
    Du temps passa...
    Lorsque, enfin, je repris conscience de la situation, j’entendis que la femme continuait à lire d’une voix monotone et basse, son évangile qui me demeurait étranger. Ses compagnes, immobiles, n’avaient pas bougé.
    Aux murs étaient inscrits des mots que je ne pus lire. Sur une tablette, une sorte de réveille-matin marquait l’heure. Je considérai avec un soupir la marche lente de l’aiguille.
    Cela dura environ une demi-heure encore. Après quoi, soudain, l’ombre, qui lisait ferma son livre. Les ombres qui écoutaient se glissèrent vers la porte. Et je me retrouvai moi-même dans la rue. Il pleuvait. Au sortir de cette grisaille, je tendis avec plaisir mon front à la caresse d’une vraie pluie. Le nez en l’air, je savourai avec délices l’air frais et réconfortant. Un jeune livreur, qui déballait des œufs, manqua d’en faire une omelette, car je le heurtai, perdu dans mes nuages.
    D’un mot, d’un seul, il évoqua l’ombre de Cambronne. Sans doute ambitionnait-il de froisser à jamais ma dignité. Mais :
   – Comme il est vivant, celui-là ! pensais-je.
    Et je souris de contentement, tel un explorateur saluant après un long voyage, des habitudes plus chères à son cœur que les plus dangereuses découvertes. Un ami mystique, à qui je contai le fait, le commenta dans un sens différent :
    – Il vous a suffi, me dit-il, d’un moment de méditation à la chapelle antoiniste pour devenir meilleur et pratiquer l’oubli des injures.
    Désireux de ne rien négliger pour mon salut, je décidai, dans ces conditions, de poursuivre l’épreuve.
    Au fond du XIIIe arrondissement, derrière la Glacière, les Antoinistes, qui ont des chapelles à travers Paris, ont aussi leur cathédrale où est révélée la vérité due à l’ouvrier Antoine. Un jardin sans gaité et sans fleurs précède l’église, qui ne porte pas de croix. Il y a là, derrière, un bâtiment bas avec une porte basse : le presbytère. Le tout est austère, honnête, sans élégance.
    J’ai attendu l’heure de l’office. L’église antoiniste ne diffère guère de ses chapelles. Mêmes bancs ; même chaire de professeur. Cette fois, un homme l’occupait ; un homme vêtu de noir qui lisait, lui aussi, d’une voix assez désagréable, des phrases dont je parvins à saisir celles-ci :
    – Si nous disons que Dieu est notre père, ajoutons que le Démon est notre mère qui nous nourrit de son sein et nous est utile. L’enfant n’appartient-il pas pour les trois quarts à sa mère ? Nous sommes donc plutôt enfants du Démon ! S’il faut l’épreuve pour guérir le mal, ne devrions-nous pas adorer le démon dont l’amour nous fournit le moyen d’abréger nos souffrances ?
    Ils étaient une vingtaine qui l’écoutaient, muets eu recueillis ; ouvriers aux vêtements bien brossés, femme en cheveux. Comme le décor, comme le jardin, comme l’église, ils semblaient, eux aussi, honnêtes sans gaité.
    Le jour permettait ici de lire les inscriptions murales. On pouvait en effet déchiffrer : « Culte antoiniste. L’auréole de la conscience. Un seul remède pour guérir l’humanité : la Foi. C’est de la Foi que nait l’amour. L’enseignement du père Antoine, c’est l’enseignement du Christ révélé à cette époque par la Foi. »
    On entendit :
    – Mes frères, au nom du Père, merci.
    La cérémonie était terminée. Les fidèles s’écoulèrent dans le petit jardin et l’homme qui avait lu se coiffa de son chapeau haut de forme. Car les Antoinistes ont conservé le culte du gibus, ce qui leur vaut régulièrement un succès considérable auprès des gamins de la rue. Les victimes ne se soucient pas outre mesure de ces enfantines manifestations. Les projectiles qui, parfois, font sauter les gibus hors de leurs crânes leur apparaissent probablement comme l’amicale chiquenaude du Démon.

                          ~~~~

    A la sortie, j’ai interviewé l’homme au gibus. Le timbre de sa voix prenait, dans la conversation, des accents doux qu’il ignorait dans la lecture.
    Pourrais-je, lui dis-je, m’entretenir quelques instants avec vous des choses qui vous intéressent ?
    Il eut un pâle sourire.
    – Je vous écoute, répondit-il. Ici, nous sommes tranquilles.
    Au même moment, je rassemblais tout ce que je pouvais avoir de dignité pour faire front aux rires puérils qui nous encerclaient. Un gosse – haut comme une botte – chantait à tue-tête, sur un air que je croyais oublié, une chanson rengaine qui s’arrêtait pour lui à ce premier et seul « vers » :
    Il s’appelle Antoi-a-a-a-ne
    Ses copains choisissaient sur la place de menues pierres, pas trop lourde à leurs jeunes bras, mais suffisamment pointues pour causer « au chapeau » des préjudices appréciables.
    Le digne pasteur, grand, sec, blond, ouvrait sur eux des yeux d’un impeccable bleu lavé, qui semblaient voir en dedans. Il me dit :
    Nous sommes plus de deux cent mille.
    Ainsi, je n’avais pas le droit de le tenir pour un phénomène. Mon respect s’en accrut.
    – Nous sommes pauvres, continua-t-il. Sauf rares exceptions, nos fidèles ne sont pas riches d’argent. Riches, ils le sont cependant de biens à venir, placés dans l’éternité. Et notre loi est une loi d’amour !
    Le mot fut ponctué d’un coup sur le gibus. Un gamin plus adroit que les autres, ou mieux servi par le hasard, avait enfin atteint l’objectif d’une pierre coupante. Des clameurs enthousiastes accompagnèrent l’exploit.
    Mon interlocuteur leva le bras, ainsi que pour saluer. Ayant doucement soulevé son chapeau, il le ramena à hauteur des yeux, considéra les dégâts (en vérité assez minces) et brossa la peluche avec son coude, à petits gestes précautionneux.
    Il sourit encore !
    – Aimons-nous les uns les autres, fit-il.
    Puis, il ajouta :
    – Ah ! jeunesse ! avec un soupir.
    Un gosse, qu’il regardait amicalement, s’approcha, plein de gentillesse apparente. Mais sa main, derrière le dos, dissimulait un caillou.
    – Ange et démon, murmura le bon Antoiniste, je t’aime doublement, mon enfant.

                                        Fernand POUEY.

                                        FIN

Paris Soir, 18 septembre 1931 (illustration : Le temple Antoiniste de la rue Daviel)

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L'arrivée à Paris d'un pèlerinage antoiniste (Excelsior 26 octobre 1913)

Publié le par antoiniste

 Excelsior 26 octobre 1913 - page de titre

Excelsior 26 octobre 1913 - suite en page 2

 

Dimanche 26 octobre 1913

UN PÈLERINAGE ANTOINISTE

La “Mère”
vient opérer
à Paris

Avec quatre cents adeptes, la veuve
d'Antoine le Guérisseur est arrivée
hier, à Paris, pour inaugurer le
le temple de la rue Vergniaud.

    Décidément, la concurrence n'épargne personne, même pas les guérisseurs.
    Ceux-ci se multiplient, et pour un qui disparaît, dix nouveaux surgissent. Aussi des « précurseurs » dans la profession sont-ils obligés de faire maintenant de la propagande active, et même de se déplacer pour se créer des ramifications et fonder pour ainsi dire des succursales.
    Antoine le Guérisseur, qui mourut le 25 juin 1912, à Jemeppe-sur-Meuse, près de Liége, avait su faire de nombreux adeptes, — plus de trente mille – qui croient aveuglément en sa puissance et qui lui attribuent un pouvoir divin.
    Le culte de ce guérisseur s'est propagé très rapidement en France, et c'est ainsi que j'ai rencontré, en pleine dans un simple hameau du nom de Biollay, un temple antoiniste où une centaine de croyants viennent tous les dimanches entendre la lecture du « Grand Livre de la Révélation », et contempler « l'Arbre de la Science de la Vue du Mal ».
    Cependant, aucun temple antoiniste n'existait à Paris, où le « Père » – c'est ainsi qu'on appelait le fondateur de la secte – avait réuni six ou sept cents adeptes. Antoine mort, ou plutôt s'étant « désincarné », cela n'avait pas arrêté les conversions.
    Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation ».
    L'inauguration de ce temple est un événement d'autant plus considérable, que la veuve du « Désincarné » a voulu venir l'inaugurer en personne.
    Un grand nombre d'adeptes, les hommes avec leurs longues lévites noires et leurs chapeaux haut des forme ; les femmes en costumes et bonnets noirs, s'étaient réunis, hier, vers deux heures et demie, à la gare du Nord, pour attendre le train spécial amenant de Belgique la Mère et quatre cents pèlerins.
    A deux heures cinquante, le convoi entra sous l'immense hall. De tous les wagons de troisième se précipitèrent des adeptes vêtus comme ceux qui les attendaient à la sortie. D'un compartiment de seconde, la Mère, qu'aucun signe extérieur ne pouvait faire distinguer du reste des adeptes, descendit, accompagnée de M. Derégnancourt, qui est le grand prêtre du culte antoiniste, ou plutôt le président du Conseil d'administration.
    Sans de moindre apparat, la veuve du « Désincarné » gagna la sortie ; mais lorsqu'elle arriva au bout du quai, des sanglots éclatèrent : certaines adeptes parisiennes n'avaient pu retenir leur émotion en voyant la Mère qui tomba, pendant quelques secondes, dans une sorte d'extase.
    Le cortège des Antoinistes se dirigea alors vers le souterrain du Métropolitain, où un train spécial les attendait pour les conduire jusqu'à la station Corvisart. Dans la salle des Pas-Perdus, un homme à la haute stature, portant un petit bagage à mains, cherchait à s'échapper du flot antoiniste : c'était M. Ribot, le sénateur du Pas-de-Calais, qui s'efforçait de gagner son compartiment, et qui refusait obstinément de prendre les petits billets jaunes ou verts que lui tendaient en passant les Antoinistes.
    Chaque pèlerin était, en effet, muni d'un stock considérable de petits morceaux de papier portant la suscription suivante :

CULTE ANTOINISTE
    Frères, Mère Antoine consacrera au nom du Père le nouveau temple antoiniste de Paris, rue Vergniaud (XIIIe).
    La cérémonie aura lieu demain 26 octobre, à 10 heures. A cette occasion, Mère recevra les malades tous réunis dans le Temple comme Elle le fait à Jemeppe-sur-Meuse.
    Recevez, chers frères, toutes nos bonnes pensées.
                                            Le Conseil d'administration du Culte Antoiniste.

    A la station Corvisart, les Antoinistes quittèrent le Métro, et se formant en cortège, ils gagnèrent leur temple par le boulevard Auguste-Blanqui et la rue Vergniaud.
    Lorsque la Mère fut arrivée sur le seuil du temple, un adepte présenta à la foule « l'Arbre de la Science de la Vue du Mal ».
    L'intérieur de ce nouveau temple est analogue à celui de Jemeppe, mais en plus petit. Une chaire est adossée au mur, sur lequel on lit le précepte fondamental de la croyance antoiniste : « Un seul remède peut guérir l'Humanité : la Foi, etc... »
    C'est là que ce matin la Mère « opérera » les malades par sa seule présence. Cela est certainement moins dangereux que de leur prescrire des drogues ou des incantations comme les rebouteux ou les sorciers. Mais au point de vue médical, cela ne vaut peut-être pas mieux. – HENRY COSSIRA.

Excelsior, 26 octobre 1913

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Carta de Paris - Evocação ao Padre Antonio (O Paiz Rio de Janeiro 14 de março de 1912)

Publié le par antoiniste

Carta de Paris - Evocação ao Padre Antonio (O Paiz Rio de Janeiro 14 de março de 1912)

    Na rua Milton, proximo do "fauburg" Montmartre, a pouca distancia da "peste", acha-se hoje estabelecida uma concurrente da Virgem de Lourdes. E’ uma pobre costureira de olhos ladinos, sorridente e obsequiosa, que faz milagres, curando toda a custa de males, todas as doenças, todos os agonizantes, pela evocação pura e simples do espirito do "Padre Antonio", – um sento varão miraculoso da Belgica, que creou a seita religiosa do "antonismo", e que se diz ser nova ultima encarnação de Christo Deus todo o Poderoso!
    A costureirita da rua Milton tem no corpo e alma fluido milagroso do padre Antonio. E quando lhe apparece um doente, mesmo no estado o mais grave, basta-lhe fazer evocar a alma milagrosa do santarrão belga, para dar saude aos enfermos, supprimindo em poucos minutos a mais grave doença!
    E’ facto? E’ carapetão? Não sabemos, porque não acreditamos em bruxas e lobishomens. Mas o que sabemos é que ha dezenas e dezenas de pessoas que dizem ter sido completamente curadas pelos effluvios milagrosos da evocadora do padre Antonio belga.
    E nota curiosa: a rapariga curandeira não reclama dinheiro. Se lhe quizerem dar algumas moedas de cobre ou prata, aceita e agradece. Mas não pede nada. Cura pelo prazer de fazer bem.
    O culto do antonismo está cada vez mais florescente. Ha dezenas de capelas antoninas em toda a Belgica, na Hollanda, na França, na Allemanha e até na propria Inglaterra.
    E’ mistér não cofundir o antonismo com o culto de Santo Antonio de Lisboa ou Padua. Nada de mixordias entre os dois concurrentes. E a costureirita milagrosa da rua Milton só trabalha pelá gloria do seu querido Antonio belga, que ainda não ê nem mesmo "bemaventurado"!

O Paiz, Rio de Janeiro, 14 de março de 1912

 

Traduction :

    Dans la rue Milton, près du faubourg Montmartre, à courte distance de la "peste", un concurrent de la Vierge de Lourdes est maintenant établi. C'est une pauvre couturière aux yeux chargés, souriante et obséquieuse, qui fait des miracles, guérissant tout au détriment des maux, de toutes les maladies, de tous les mourants, par l'évocation pure et simple de l'esprit du "Père Antoine", un homme miraculeux de Belgique, qui créa la secte religieuse de "l'antoinisme", et qui est dit être la nouvelle dernière incarnation du Christ, le Dieu Tout-puissant !
    La couturière de la rue Milton a dans son corps et dans son âme le fluide miraculeux du Père Antoine. Et quand une personne malade lui apparaît, même dans l'état le plus grave, il lui suffit d'évoquer l'âme miraculeuse du Saint belge, pour donner la santé aux malades, supprimant en quelques minutes la maladie la plus grave !
    Et les faits ? C'est une fadaise ? Nous ne le savons pas, car nous ne croyons pas aux sorcières et aux loups-garous. Mais ce que nous savons, c'est qu'il y a des dizaines et des dizaines de personnes qui disent avoir été complètement guéries par les effets miraculeux de l'évocation du prêtre belge Antoine.
    Et fait curieux : la guérisseuse ne réclame pas d'argent. S'ils veulent lui donner des pièces de cuivre ou d'argent, elle accepte et remercie. Mais elle n'a rien demandé. Il a été guéri pour le plaisir de bien faire.
    Le culte de l'antoinisme est de plus en plus florissant. Il y a des dizaines de chapelles Antoinistes dans toute la Belgique, en Hollande, en France, en Allemagne et même en Angleterre.
    C'est un mystère de ne pas confondre l'antoinisme avec le culte de saint Antoine de Lisbonne ou de Padoue. Pas de confusion entre les deux concurrents. Et la couturière miraculeuse de la rue Milton ne travaille que pour la gloire de son bien-aimé belge Antoine, qui n'est toujours pas "béni" !

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Cinq mille pèlerins célèbrent le culte d'Antoine le Guérisseur (Le Journal, 26 juin 1924)

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Cinq mille pèlerins célèbrent le culte d'Antoine le Guérisseur - Le Journal 26 juin 1924

Cinq mille pèlerins
célèbrent
le culte d'Antoine le Guérisseur

                 ––~~~––

    On eût pu croire, hier matin, qu'un pèlerinage en partance pour Lourdes avait été, par quelque erreur de parcours, dirigé sur le paisible, archaïque et lointain quartier de la Glacière. Si calme d'ordinaire qu'elle semble l'antichambre du désert, la rue Vergniaud regorgeait d'une foule aussi remarquable par son importance que par le pittoresque de sa tenue. On voyait des aveugles, des paralytiques, des ataxiques. On voyait aussi des familles entières, visiblement recrues de fatigue, dont chaque membre portait de pauvres bagages. Tous ces gens, qui semblaient venir de très loin, étaient accompagnés et guidés par une centaine d'hommes en lévite, coiffés d'un curieux chapeau s'apparentant à la fois au sombrero espagnol et au cronstadt des beaux jours de l'alliance russe. Des femmes, revêtues d'un costume mi-laïc, mi-religieux, secondaient les hommes en lévite dans leur tâche.
    Ainsi, au nombre de cinq mille, calmes, silencieux, émus sans doute, les Antoinistes de France, venus de toutes les provinces, allaient célébrer la fête de leur patron Antoine le Guérisseur, au temple voué au culte dont il fut l'initiateur.
    Antoine, ouvrier mineur belge, fonda la religion qui porte son nom à l'heure de sa retraite, en 1906. Il trouva facilement quelques disciples à Jemeppe-sur-Meuse et ceux-ci firent preuve d'un si beau prosélytisme que lorsque Antoine mourut, en 1912, il avait fait des milliers d'adeptes. Aujourd'hui une quinzaine de temples antoinistes s'élèvent tant en Belgique qu'en France.
    L'antoinisme proclame, au mépris de la science médicale et pharmaceutique, qu'un malade peut guérir par la prière et la méditation. Vous trouverez beaucoup d'antoinistes pour vous affirmer qu'ils sont eux-mêmes la preuve vivante de la véracité de cette affirmation.
    Hier, tandis que les fidèles s'empressaient à offrir leurs hommages à la mère Antoine, veuve du Guérisseur, venue spécialement de Belgique pour la circonstance, un frère antoiniste, taillé en colosse, qui canalisait de ses bras puissants le flot des assistants, s'exclamait :
    « Voyez, mes frères, j'étais faible et débile. J'ai prié : je suis guéri, Gloire au père Antoine ! »
    Gloire au père Antoine !... Avec quelle ferveur les fidèles firent écho à ce cri au cours de la cérémonie dans la chapelle aux murs nus.
    Ce fut d'abord une prière muette, impressionnante par sa durée, troublée à deux reprises par le sanglot d'une jeune femme aux yeux clos. Puis la mère Antoine et trois officiants rappelèrent les principes moraux énoncés par le père Antoine, dont le huitième, qui est peut-être le plus curieux et le plus significatif, ordonne : « Ne vous laissez pas maîtriser par votre intelligence. »
    A midi, le service prit fin... La foule des antoinistes reparut au seuil du temple. Un vieil homme perclus, dont les yeux reflétaient une joie extatique, s'écria : « Je vais mieux ; je sens que je vais mieux ! » Un taxi l'emporta vers l'inconnu...

                                 Geo London.

Le Journal, 26 juin 1924

    Article repris dans La Gazette de Charleroi du 28 juin 1924 et La République française du 28 juin 1924.

Cinq mille pèlerins célèbrent le culte d'Antoine le Guérisseur (Le Journal, 26 juin 1924)

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Christophe Bourseiller, Guide de l'autre France (2014)

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Christophe Bourseiller, Guide de l'autre France (2014)temple antoiniste
34 rue Vergniaud
75013 Paris

    Nourrissant depuis toujours un intérêt soutenu pour les dissidences de tout poil, je ne pouvais qu'être attiré par ce clocher vert et ce joli temple dédié à l'antoinisme, qui domine le croisement de la rue Wurtz et de la rue Vergniaud. Cette religion minoritaire a été fondé en 1910 par Louis Antoine. Le culte est apparu en Belgique mais a rapidement essaimé, sans pour autant détrôner le catholicisme romain. Disciple du spirite Allan Kardec, Louis Antoine manifesta toute sa vie des dons de guérisseur. Il est décédé en 1912. L'antoinisme compte sur le territoire français trente et un temples. On ne peut pas ne pas remarquer l'accoutrement des femmes qui tiennent celui de la rue Vergniaud, car il y a là quelque chose d'un peu bigoudin.

 

temple antoiniste
8-10 impasse Roux
75017 Paris
ouvert tous les jours.

    Les antoinisme défendent une esthétique très spécifique. Leurs temples aux toits pentus évoquent un peu les maisons anciennes de la Nouvelle Angleterre. C'est le cas de ce site ancien fondé en 1955 dans une discrète impasse du XVIIe arrondissement, qui donne dans la rue Desrenaudes. Flotte ici un parfum d'inhabituel, d'insolite, comme un coup de canif dans la réalité. Au fronton, cette inscription laconique : « Culte antoinisme ».

 

Christophe Bourseiller, Guide de l'autre France :
Lieux underground, cool, minoritaires, ésotériques ...
Fayard, 2014 - 288 pages 

    Le même auteur évoquera encore le temple antoiniste de la rue Vergniaud dans son autre Guide de l'autre Paris.

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Rues Vergniaud et Wurtz peu avant la construction temple

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rues Vergniaud et Wurtz en 1899

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Une visite aux disciples du Père Antoine (Le Journal 1922-08-29 (N10908))

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Une visite aux disciples du Père Antoine (Le Journal 1922-08-29 (N10908))UNE VISITE
aux disciples
du père Antoine

    Là-bas, derrière la place d’Italie, près les « fortifs », au carrefour des rues Vergniaud, David et Wurtz, au milieu d’usines et de terrains vagues, seule, proprette, toute blanche, une petite église dresse son minuscule clocher vers les cieux.
    Un jardin grillagé, un perron de deux marches, une façade d’une absolue sobriété où se détache cette simple inscription :

           1913
CULTE ANTOINISTE

constituent les seuls ornements du temple où les disciples d’Antoine se réunissent. Qui ne se souvient du mineur belge et de ses guérisons miraculeuses ? Ses adeptes et continuateurs font de nouveau parler d’eux et annoncent le passage à Paris de la « Mère Antoine », qui inaugurera dimanche prochain, à Lyon, le cinquième temple antoiniste en France.
     Nous avons été reçu, au temple de la rue Vergniaud, par la servante du culte, qui fut une des premières adeptes du guérisseur.
    « Le Père Antoine, nous dit-elle, est le fondateur du « nouveau spiritualisme » ; son enseignement est celui du Christ révélé aux temps modernes par la foi raisonnée.
    » Nous ne sommes pas une secte chrétienne. Le Père Antoine est le continuateur de Jésus-Christ. La religion catholique vient des hommes, mais le christianisme vient de Dieu.
    » – Permettez-nous de vous demander, madame, si vous considérez le Père Antoine comme un dieu ?
    » – Non. Comme le Christ, le Père Antoine est un révélateur, mais, cette fois, la Vérité est une et immuable, car, tandis que les Evangiles nous ont été donnés par les apôtres, trois siècles après le révélateur du Nouveau Testament, celui de notre Père a été dicté par lui-même.
    » – Les guérisons physiques que vous obtenez sont sans doute dues à des phénomènes d’autosuggestion ?
    » – Pas du tout. Seule la foi peut sauver.
    » – La foi en quoi ?
    » – Seul peut comprendre la foi celui qui possède la foi. »
    Nous nous inclinons et, sur notre prière, notre interlocutrice nous fait les honneurs du temple.
    Même simplicité, même sobriété à l’intérieur qu’à l’extérieur : des murs mi-blanc mi-violet, des rangées de bancs uniformément bruns, une chaire – réservée à la Mère Antoine – et un pupitre l’occupe la « servante » pendant les saintes lectures.
    « Puis-je vous demander de ne parler de nous que sérieusement ! prie, en nous reconduisant, la gardienne du temple. C’est si important !
    » Notre maison est ouverte jour et nuit aux personnes souffrantes et tout le monde est reçu gratuitement. »
    La recommandation est superflue : les grandes vertus – même naïves – ne prêtent jamais à rire.

Le Journal, 29 août 1922 (N10908))

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L'arrivée à Paris d'un pélerinage antoiniste (Excelsior, 26 octobre 1913)

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Excelsior 26 octobre 1913 . L'arrivée à Paris d'un pélerinage antoiniste

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Les Antoinistes rue Christine

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    Les Antoinistes rue Christine. - La rue Christine ne manque pas de titres de gloire. On sait que, tracée depuis le XVIIème siècle sur une partie de l'emplacement de l'Hôtel et des jardins du Collège de Saint-Denys, elle porte le nom d'une fille de Henri IV. C'est bien au souvenir de cette fille royale qu'allusionne bien sûr, la somptueuse enseigne de fer forgé au coin de la rue, du côté de la rue des Grands-Augustins. Encore que surgisse dans l'esprit, à l'appel de ce nom, la mémoire d'une autre Christine, cette étonnnante Christine de Stommeln, à laquelle J.-K. consacre de nombreuses lignes du chapitre XIV de "la Cathédrale". Dans ce même coin (soit la grande salle actuelle) à un temple Antoiniste, lequel à son tour avant la deuxième guerre, fut remplacé par le restaurant actuel. Depuis 1948, les fidèles de Huymans y célèbrent, chaque 1er jeudi du mois, leur auteur de dilection. Le jeudi 7 janvier dernier, notre éminent ami André Thérive a fait un petit historique fort savoureux sur ce coin de la rue Christine, un lieu où, rappelait-il, a « soufflé l'esprit ». Et où il souffle toujours, car, c'est dans cette même salle, où s'assemblaient les fidèles Antoinistes pour écouter les prêches du Père, et recevoir le fluide envoyé de Jemmeppes-sur-Meuse, que les huysmansiens tiennent leurs réunions. Ce Culte Antoiniste est une sorte de néo-gnosticisme, précisa André Thérive et a toujours de nombreuses chapelles. Paris en comptait trois : rues Vergniaud, du Château, du Pré-Saint-Gervais. Seul le temple rue Vergniaud subsiste. Il en existe en province : Nice, Chambéry, Lyon, Valenciennes, Reims, Tours, Vichy, Monaco, et la Belgique compte vingt-sept temples.
    André Thérive fit lecture de nombreuses pages de son roman "Sans Ame", consacré à cette petite religion. Ce roman qui parut en 1927 à la Revue de Paris, et fut édité en 1928, chez Grasset, puis en 1933 chez Ferenczi, pourrait être placé sur un rayon déjà chargé, non loin des "Petites Religions de Paris" de Jules Bois.
    Notre ami remporta le plus grand succès.
                                      G.-U.-L.

Bulletin de la Société J.-K. Huysmans
n° 27 (27e année) - 1954, p.111

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Une Nouvelle Religion - Littoral 06/11/1913 - Page 02 (archivesjournaux.ville-cannes.fr)

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Une Nouvelle Religion

    C’est Mistral, je crois, qui pleurait sur le manque d’enthousiasme, sur la banalité, sur le prosaïsme de l’époque.
    L’excuse des grands poètes – de certains grands poètes – c’est qu’ils ressemblent à l’astrologue de la fable. Ils regardent si haut si loin, qu’ils ne voient point ce qui se passe près d’eux, en bas, chez nous.
    Quelle est la marque la plus authentique de l’enthousiasme poètique dans une société ? C’est incontestablement que des prophètes, que des fondateurs de religion puissent trouver des disciples dans une société.
    Or, si j’en crois le Temps, car, de Cannes, je n’ai pu voir cela, Paris posséderait depuis hier une nouvelle Eglise, un nouveau culte, un nouveau Messie. Une brave femme de Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique, est venue, suivie de six cent fidèles, tout de noir habillés propager en France le culte d’Antoine : non point du saint personnage dont Flaubert, après Téniers et Jacques Callot, immortalisa les tentations, mais d’un bon vieillard qui mourut l’an dernier, entouré du respect et de la reconnaissance d’un peuple entier.
    Qu’était le père Antoine ? Un jour, un obscur ouvrier reconnut en lui la vertu qui fait les prophètes. Il s’en alla vaticinant, et comme il était convaincu, il persuada les hommes qui l’entendaient. Il y avait parmi ceux-ci des malades, des infirmes. A la voix du nouveau Messie, les paralytiques se levèrent, les aveugles virent : ils l’assurent du moins. Car des six cent fidèles qui, un petit sac à la main, vêtus, les hommes d’une lévite noire et coiffés d’un chapeau mat à bords plats, les femmes d’une robe noire et couverte d’un voile, débarquaient hier à Paris, au grand émoi des badauds, il n’en est guère qui ne soient prêts à témoigner du miraculeux pouvoir du père Antoine.
    Miraculeux en effet, le culte antoiniste dédaigne les formes extérieures qui sollicitent l’admiration des foules. Il suffit de posséder la foi pour être guéri des maux du corps et de ceux de l’âme. Foin des drogues, des thérapeutiques grossières, des chirurgies sanglantes ! La mère Antoine, dépositaire après décès du pouvoir spirituel de son mari, étend la main sur la foule recueillie et chacun s’en retourne guéri ou amélioré selon la ferveur de sa foi ; le mécréant seul s’en va comme il était venu, car les dieux ne prennent soin que de leurs fidèles.
    Pour les croyants français, on a donc institué, au fond de la Glacière, rue Vergniaud, un temple que la mère Antoine inaugurait ce matin. C’est un vilain petit monument de style indéterminé, surmonté d’un clocheton minuscule et possédant pour tout mobilier une manière de chaire adossée au chevet, devant laquelle est un panneau portant l’image sommaire d’un arbre avec cette inscription : « L’arbre de la science de la vue du mal ». Langage hermétique évidemment. Le plus grand miracle de la foi antoiniste est sans doute de le rendre clair aux sectateurs du vieil ouvrier guérisseur.
    D’autres inscriptions ornent le chevet : ce sont des formules dogmatiques : L’enseignement du père, c’est l’enseignement du Christ révélé à cette époque par la foi... Un seul remède peut guérir l’humanité : la Foi ; c’est de la foi que nait l’amour, qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même.
    Le rédacteur du Temps qui est allé voir cela et nous conte ces détails a profité du voyage pour interroger un des prêtres de la religion nouvelle, un frère antoiniste.
    Celui-ci lui a dit :
    – « Le Christ venant après les prophètes, marquait une étape nouvelle dans l’évolution morale : à la rigoureuse loi du talion, il substituait le pardon des offenses. Le Père (c’est Antoine) a fait mieux : comme nos ennemis sont les meilleurs auxiliaires et les seuls guides de notre progrès, en nous révélant à nous-mêmes les défauts qui ternissent la netteté de notre conscience, ils sont les véritables instruments de notre épuration. Il ne suffit plus de leur pardonner ; nous devons reconnaître en eux nos fidèles amis et les aimer comme tels.
    « Il faut, ajoutait notre interlocuteur, retourner à l’essence même, au principe initial des religions : à la loi de la conscience ; il faut dégager cette loi de toutes les formes extérieures, de tous les rites, de toutes les liturgies qui en obscurcissent la notion. Puisque nous vivons entourés d’un fluide fait de tous les actes et de toutes les pensées commis ou conçues pendant nos existences antérieures – fluide que le Père maniait à sa volonté et d’où il tirait ses guérisons, – il faut l’exalter au cours de l’existence actuelle en pratiquant le désintéressement le plus absolu. La douleur, les épreuves nous sont envoyées pour nous permettre de nous élever successivement jusqu’à la quasi-perfection morale et à l’amour universel...
    – Mais dit notre confrère, inquiet, ce dogme des réincarnations n’est-il point hérétique. Ne sentez-vous pas quelque peu le soufre ?
    – Nullement, cher monsieur, nous respectons toutes les religions : nous remontons seulement à leur principe commun.
    – Mais vous ne les pratiquez pas ?
    – Nous sommes les fidèles du Père. Il est pour nous la réincarnation du prophète qui parut plusieurs fois pour révéler au monde la loi de la conscience…
    – Et votre foi justifie vos miracles ?
    – Assurément.
    – Et vos miracles justifient votre foi ?
    – Sans doute... comme dans toutes les religions, ajoute le frère antoiniste.
    Et voilà, pour le moment, ce que je puis vous répéter sur le propos de cette religion nouvelle.
    Je dis « pour le moment ».
    Il est en effet plus que probable que les antoinistes viendront quelque jour nous apporter la bonne parole sur la Côte d’Azur.

                     NICOLAS JOSEPH.

Littoral, 06/11/1913 - Page 02
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