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Doute et croyance

Publié le par antoiniste

    Les croyances sont très importantes, car ce sont elles qui orientent nos désirs et nos actions. Les gestes en apparence les plus absurdes, paraissent plus cohérents si on les met en rapport avec les croyances de ceux qui les ont posés. Ainsi en est-il des suicides collectifs, lorsque les adeptes croient se débarrasser uniquement de leurs enveloppes charnelles pour entreprendre un voyage extra-terrestre. Plus une croyance est forte, et plus elle influence nos actions. L'état de croyance est calme et agréable.
    Au contraire, le doute est un état de malaise et nous rend incapables d'agir. Il laisse nos questions en suspens et en crée de nouvelles encore plus irritantes. Le doute nous pousse à chercher de nouvelles réponses afin d'abolir l'état de malaise qui l'accompagne et de le remplacer par un nouvel état de croyance. La croyance est une habitude agréable; le doute est un état de déséquilibre qu'on tente de surmonter par la recherche de « la vérité ».
    Lorsque nous adhérons à une nouvelle croyance, nous supposons alors que cette opinion est vraie, et nous sommes satisfaits, que cette croyance soit « objectivement » vraie ou fausse importe peu dans la mesure où, si nous y croyons, nous pensons forcément qu'elle est véridique.
    Mais d'où viennent nos croyances ?

source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fixation_de_la_croyance_selon_Peirce

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Jean Vernette - Dictionnaire des groupes religieux aujourd'hui (1995 & 2001)

Publié le par antoiniste

Titre :     Dictionnaire des groupes religieux aujourd'hui : Religions, églises, sectes, nouveaux mouvements religieux, mouvement spiritualistes
Auteurs :     de Jean Vernette, Claire Moncelon
Broché :     360 pages
Editeur :     Presses Universitaires de France - PUF (23 octobre 2001), réédition en format poche de l'édition de 1995
Collection :     Quadrige

    "avec un souci d'information scientifique et objective, sans porter de jugement de valeur sur les croyances", nous promet la 4e de couverture :

 Antoinisme (p.18-19)

    Eglise guérisseuse fondée par Louis Antoine (1846-1912) dit "le Père Antoine". Mineur en Belgique, puis ouvrier métallurgiste, il voyage en Allemagne, en Pologne, avant de se fixer à Jemmepe-sur-Meuse en 1888. Catholique, il s'initie au spiritisme dans l'espoir de communiquer avec son fils décédé à l'âge de 20 ans. Il se découvre des dons de médium et devient guérisseur mystique, pensant avoir reçu des révélations. Avec sa femme Jeanne-Catherine Collon - "la Mère" - il fonde une sorte de religion nouvelle à partir du groupe de ses premiers disciples, "les Vignerons du Seigneur", ayant rompu avec le spiritisme en 1906. (1)

DOCTRINE - Mélange de spiritisme, de théosophie et de christianisme, résumé en dix Principes (2). Jésus n'était qu'un médium guérisseur. Le Père Antoine révèle son enseignement. Croyance à la réincarnation. L'homme est naturellement bon. Le seul péché est de croire au mal. Nous sommes les seuls auteurs de nos souffrances. Tout est Dieu et Dieu est en tout. Il existe au sein de l'homme : "Ne croyons pas en Dieu, n'espérons jamais rien de lui, mais croyons en nous et agissons naturellement". La vie du corps est illusion. Le Père Antoine veut avant tout "soulager l'humanité souffrante". Son but n'est pas de convertir mais de consoler et de guérir par la foi. Il a écrit La révélation de l'auréole de la conscience, résumé de son enseignement. (3)

FONCTIONNEMENT - Le culte est ouvert à tous : pour consoler et guérir par la foi, car la guérison est la conséquence de celle de l'âme. La couleur des temples et des ornements est le vert, symbole d'une nouvelle vie sur cette terre, meilleure, après la réincarnation (4). L'emblème de l'Eglise est un arbre de la Science, composé de sept branches représentant les sept péchés capitaux ; de deux yeux dans les branches symbolisant la vue de la matière et du mal ; d'un tronc représentant le Moi intelligent, et de racines rappelant ce qui nous relie à la matière, l'intelligence. L'ensemble de l'arbre symbolise ce dont l'homme doit se libérer peu à peu pour retrouver Dieu (5). Le culte n'empiète pas sur le terrain de la médecine, et se limite à l'enseignement et à la prière. Il veut respecter toutes les croyances et ne lie personne à l'Antoinisme. On célèbre cependant baptême, mariage et enterrement, mais pas l'eucharistie (6). Les cinq premiers matins de la semaine se déroule "l'Opération" au nom du Père, pour couper les fluides qui valent l'épreuve, accompagnée de prière silencieuse et de la lecture des Dix Principes. La lecture de l'Enseignement du Père est faite tous les soirs à dix neuve heures sauf le samedi. Le dimanche dans les temples a lieu à nouveau l'Enseignement du Père et l'Opération générale (7). Imposition des mains parfois, mais en privé le plus souvent (8). Fêtes principales : le 25 juin, anniversaire de la "désincarnation du Père", le 15 août, souvenir de l'inauguration du premier temple, le 3 novembre, jour de la désincarnation de la Mère Antoine ; et les principales fêtes chrétiennes.

DIFFUSION - Le culte antoiniste est répandu dans une quinzaine de pays, surtout en Europe et plus particulièrement en Belgique (27 temples, 100 salles de lecture) et en France (32 temples, 93 salles de lecture)(9). Les 2 500 desservants des temples (titre bénévole et gratuit) acceuillent quelques 200 000 personnes qui passent occasionnellement (les chiffres sont imprécis et contestés)(10). Un journal : L'Unitif (11). Principal temple à Paris. Siège mondial à Jemmepe-sur-Meuse. Le développement du mouvement s'est ralenti.

(1) On voit donc ici qu'elle a été la source principale de Paul Ariès pour écrire sa description dans Les sectes à l'assaut de la santé. Voir ce qu'en dit pour ce livre. Sauf, que chez Paul Ariès, l'erreur dans le nom de Jemmepe-sur-Meuse est corrigé. Il n'a donc pas fait qu'un simple copier-coller, cependant il ne cite pas ce livre dans sa bibliographie, mais uniquement Régis Dericquebourg, Religions de guérison, et d'autres, tous critiques, sur les sectes.
(2) Cela explique donc pourquoi Paul Ariès ne se donnera pas la peine de lire les ouvrages du Père, en se contentant d'extrapoler à partir uniquement des Dix Principes. Je me permet une question ici à Mgr Jean Vernette : peut-on dire que le Décalogue est le résumé de la Bible ?
(3) A croire Mgr Jean Vernette, il n'y a dans l'Antoinisme que des résumés de résumés.
(4) Je ne le savais pas moi-même. Mais quand on ne donne pas assez de matière à un auteur et qu'il faut quand même remplir une page d'un livre, on finit par chercher des détails et généraliser ce qu'une personne a pu dire pour en faire un dogme.
(5) Là encore cette idée n'est pas générale à tous les adeptes, en tout cas en Belgique, cette idée est inconnue. Elle est déjà présente chez Paul Lesourd, en 1973. Peut-être cela vient d'une interprétation de frère Pestalozzi, dont Régis Dericquebourg nous dit que ces commentaires de la Révélation, sans être institutionnaliser, furent bien suivis ?
(6) Ce sont des adeptes qui avait demandés à Mère ce qu'on pouvait faire pour célébrer les moments de la vie. Sa réponse avait été, pour ceux qui le souhaitent, d'essayer d'assister aux 4 Opérations dans la semaine, et de faire une pensée avec le desservant. La encore ce n'est pas institutionnalisé. Par contre on voit bien les croyances de l'auteur qui voudrait à tout pris qu'on célèbre l'eucharistie, "célébration ou le mémorial de la mort et de la résurrection de Jésus". La encore si un adepte veut le faire, il peut le demander en privée à un desservant qui lui concédera cette demande.
(7) A lire ce passage, on dirait que cela est une obligation à suivre pour tous les adeptes. Ce n'est pas le cas.
(8) On se rend compte ici que les sources de Mgr Jean Vernette sont son confrère le Père Chéry, et son Offensive des sectes, car on y lit la même erreur. Voir ce que j'en dis également.
(9) Je ne sais pas quelle est ici la source. D'accord pour les 27 temples (en déduisant ceux qui sont vendus (2) et ceux en attente de desservant), mais il n'y a plus de salles de lecture en Belgique depuis 1932. Pour la France, 32 temples est correct, mais le nombre des salles de lecture est largement surestimé. Régis Dericquebourg en comptait 44 en 1993.
(10) Il n'y a pas 2 500 desservants, mais il y aurait 2 500 adeptes costumés, qui peuvent avoir a remplir un rôle dans le temple. De plus, de dire "à titre bénévole et gratuit", n'est pas à mon sens objectif : on en déduit qu'ils fournissent un travail pour lequel ils ne sont pas payer, le travail moral doit être un désintéressement. J'aurais préféré "de façon désintéressé", ce qui aurait prouvé que l'auteur avait lu la Révélation, ce qui ne doit pas être le cas. De même "imprécis et contesté" est subjectif. Le Père Chéry disait : "Évaluation numérique globale impossible, les chiffres donnés à la source semblant fantaisistes". De quelle source parlait le Père Chéry, je ne sais pas, peut-être la brochure "Aperçu sur l'antoinisme" qui dit : "il semble que l'on puisse évaluer à 150.000 le nombre des pratiquants et à plusieurs millions le nombre de sympathisants". C'est certainement fantaisiste pour des prêtres qui considère qu'il faut un baptême pour être membre d'un groupe religieux. Par pratiquant, il ne faut donc pas comprendre le nombre de costumés, mais le nombre de personnes venant régulièrement. Les sympathisants sont toutes les personnes qui ont pu être soulagées un moment donné et dire simplement du bien de l'antoinisme.
(11) Le Journal a disparu. Il n'est plus édité depuis 1914 ! Le Père Chéry en parle comme un instrument de propagande, sans périodicité fixe (plutôt un tract), format journal. C'est ce que l'on peut acheter à Paris, rue du Pré-Saint-Gervais, pour (de mémoire) 50 centimes d'euro. Je tiens encore à corriger le nom de Jemeppe (1 m et 2 p, pas de s à la fin).

    Donc en effet, pas de jugement de valeur sur les croyances. Mais je ne dirais pas que l'information est scientifique et objective.

    Ce livre a fait l'objet de recensions :
http://www.religiologiques.uqam.ca/recen/vern.html
    Celui-ci note : plusieurs références sont vagues et imprécises ; absence de références bibliographiques aux différentes notices ; plusieurs erreurs, allant de la simple coquille à la publication d'informations inexactes.
et http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/assr_0335-5985_1995_num_92_1_1011_t1_0170_0000_6
    On y lit : Riche, informé, généralement sûr, parfois flou ou insuffisamment précis ; ne permet pas de vérifier quand on a un doute ; information vérifiée ou une rumeur, un on-dit ? ; on s'interroge sur le sens du projet.

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H.P.Blavatsky - le voile d'Isis

Publié le par antoiniste

    Comme ceux qui vécurent du temps des Psammétiques, nos philosophes d'à présent tâchent de « soulever le voile d'Isis », car Isis n'est que le symbole de la nature. Mais ils ne parviennent a contempler que ses formes physiques. L'âme qu'elles cachent se dérobe à leurs regards et la divine Mère ne leur répond pas. Certains anatomistes, incapables de voir l'esprit derrière les muscles, les nerfs et la matière terrestre qu'ils soulèvent de la pointe de leur scalpel, affirment maintenant que l'homme n'a point d'âme.

H.-P. Blavatsky, Isis dévoilée T. 1 (1915), p.91
source : gallica

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George Berkeley vers la fin de sa vie

Publié le par antoiniste

    Les controverses avec les libres penseurs, sa belle tentative d'évangélisation à Rhoode-Island, et ces années solitaires où le bon évêque anglican "habitant un canton sort reculé, entouré de pauvres, qui, faute d'un médecin dans les formes, avaient souvent recourt à lui". Durant ce quart de siècle, son âme et son intelligence, son coeur et ses conceptions se sont élevées du même essor paisible vers les hauteurs où, à force d'être bon et généreux, on voit se révéler plus claires les choses de l'esprit, et s'effacer, dans une insignifiance lointaine, le monde sensible. Au terme de sa carrière, l'ancien "ami des sens" avait doucement évolué et, avec ses préoccupations, le champ de son attention s'était déplacé d'un façon toute naturelle et imperceptible.

    On lit en effet dans Siris- the virtues of tar water (1747) :
72. To suppose that all distempers arising from very different, and, it may be, from contrary causes, can be cured by one and the same medicine, must seem chimerical. But it may with truth be affirmed, that the virtue of tar- water extends to a surprizing variety of cases very distant and unlike. This I have experienced in my neighbours, my family, and myself. And as I live in a remote corner among poor neighbours, who for want of a regular physician have often recourse to me, I have had frequent opportunities of trial, which convince me it is of so just a temperament as to be an enemy to all extremes. I have known it do great good in a cold watery constitution, as a cardiac and stomachic ; and at the same time allay heat and severish thirst in another. I have known it correct costive habits in some, and the contrary habit in others. Nor will this seem incredible, is it be considered that middle qualities naturally reduce the extreme. Warm water, sor instanee, mixed with hot and cold will lessen the heat in that, and the cold in this.

79. I have, known a bloody flux of long continuance, after divers medicines had been tried in vain, currd by tar- water. But that which I take to be the most speedy and effectual remedy in a bloody flux, is a clyster of an ounce of common brown rosin diffolved over a fire in two ounces of oil, and added to a pint of broth ; which not long since I had frequent occasion of trying, when that distemper was epidemical. Nor can I say that any to whom I advised it miscarried. This experiment I was led to make by the opinion I had of tar as a balsamic : and rosin is only tar inspissated.

82. The great force of tar-water, to correct the acrimony of the blood, appears in nothing more than in the cure of a gangrene, from an internal cause ; which was performed on a servant of my own, by prescribing the copious and constant use of tar-water for a few weeks. From my representing tar-water as good for so many things, some perhaps may conclude it is good for nothing. But charity obligeth me to say what I know, and what I think, howsoever it may be taken. Men may censure and object as they please, but I appeal to time and experiment. Effects misimputed, cases wrong told, circumstances overlooked, perhaps too, prejudices and partialities against truth, may for a time prevail and keep her at the bottom of her well, from whence nevertheless me emergeth sooner or later, and strikes the eyes of all who do not keep them shut.

source : Emile Mersch, Berkeley est-il empiriste ou spiritualiste ? (persee.fr)
George Berkeley, Siris- the virtues of tar water (1747)(archive.org)


    Négligée ou ignorée par les penseurs, Siris a été lue et relue, et traduite, à l'usage des malades, et aussi "des curés de campagne qui y trouveront un moyen facile d'exercer leur charité envers leurs paroissiens malades". Nous citons l'avertissement d'une édition liégeoise, sans date (Collette, Liège). La traduction est celle de Bouiller (Genève, 1748). L'éditeur - c'est caractéristique - ne donne que la partie pharmaceutique, et laisse de côté les considérations métaphysiques.

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H.P.Blavatsky - les hommes ont deux âmes

Publié le par antoiniste

    Ces philosophes soutenaient, d'accord avec les Hindous, que Dieu avait infusé dans la matière une parcelle de Son Divin Esprit qui anime et fait mouvoir chacune des molécules. Ils enseignaient que les hommes ont deux âmes, de nature diverse et différant tout a fait : l'une est périssable, c'est l'âme astrale ou le corps interne fluidique (le périsprit des spirites) ; l'autre est incorruptible et immortelle, c'est l'Augocidès ou parcelle de l'Esprit Divin. L'âme astrale, mortelle, périt à chaque changement graduel, au seuil de chaque nouvelle sphère, et se transforme, en se purifiant, a chaque nouvelle incarnation. L'homme astral, tout intangible et invisible qu'il puisse être pour nos sens mortels et terrestres, est encore composé de matière, subtile, il est vrai.

H.-P. Blavatsky, Isis dévoilée T. 1 (1915), p.89
source : gallica

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Swâmi Vivekânanda - Maîtriser l'univers tout entier

Publié le par antoiniste

    D'après le Râja Yoga, le monde extérieur n'est que la manifestation grossière du monde intérieur ou subtil. Le plus subtil est toujours la cause, et le plus grossier est l'effet. Ainsi le monde extérieur est l'effet et le monde intérieur la cause. De même, les forces extérieures sont simplement les parties les plus grossières d'un tout dont les forces intérieures sont les plus subtiles. Celui qui a su découvrir, qui a appris à diriger les forces intérieures, se rend maître de toute la nature. Le Yogi ne se propose rien moins que de maîtriser l'univers tout entier, de dominer toute la nature. Il veut en arriver au point où ce qu'on nomme « lois naturelles » n'aura plus d'influence sur lui, et où il pourra franchir leurs bornes, il sera maître de toute la nature aussi bien interne qu'externe. La civilisation et les progrès humains consistent simplement à dominer cette nature.

Râja-yoga (ou Conquête de la nature intérieure),
conférences faites en 1895-1896 à New York par le Swâmi Vivekânanda. (1910), p.13
source : gallica

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Paul Ariès - Les sectes à l'assaut de la santé (2000)

Publié le par antoiniste

Auteur :    Paul Ariès
Titre :        Les sectes à l'assaut de la santé, Le pluralisme thérapeutique en danger
Paru le :     26/07/2000
Editeur :     Golias (editions)
Collection :     les dossiers de Golias
Nombre de page : 123 p.

    Evoque l'antoinisme aux pages 49-50. L'introduction peut être consultée sur le site numilog.

    Le sous-titre a son importance : le pluralisme thérapeutique en danger. En effet la thèse intéressante du livre est qu'à force de combattre les sectes, on finit pas combattre tout ce qui n'est pas la norme. Mais le problème est donc de définir la norme. Ne se laissons donc pas avoir par le poteau rose. Il fallait un titre accrocheur, il a vite été trouvée. Trop vite peut-être, car le problème de la liste du rapport Parlement revient.
    La thèse est bonne, et elle permet de faire la critique aussi de ce qui devient la norme dans la médecine actuelle : la médecine scientifique marchande et technicienne. Celle qui calcule le besoin en médicament en fonction de ce qu'ils rapporteront aux laboratoires et celle qui déshumanise le patient en le compartimentant en organe sain ou non et qui oublie d'écouter ce que le patient veut pour sa guérison. Et donc qu'il participe à cette guérison, qu'il devient "un sujet et non un objet" (p.13).
    En ça, la médecine a à apprendre de certaines "sectes". Cependant l'auteur pense qu'un patient parcellisé se trouve protégé à l'égard du praticien, et donc échappe à l'emprise du médecin et apprend a se méfier de l'extrémisme des groupes sectaires. De plus l'auteur, citant le docteur Abgrall, précise qu'il y a parfois certaines médecines qui abritent des remèdes douteux (p.9) mais il oublie de dire qu'il peut y avoir des gens de bonne foi (sans mauvais jeu de mot) faisant partie de groupes stigmatisés comme secte, et que leur réprobation a parfois, comme le disait Mgr Jean Vernette, secrétaire national de l'épiscopat français pour l'étude des sectes et nouveaux mouvements religieux, amener à considérer que cette liste « comportait de semblables qualifications abusives pour certains groupes épinglés faussement comme sectes avec toutes les conséquences désastreuses pour leurs membres et leurs activités, la liste étant largement publiée dans les médias. Or aucun n'avait été entendu. Aucun n'a pu obtenir réhabilitation ou nouveau jugement, car aucune instance ne se reconnaît qualifiée pour reprendre le dossier. La chose est grave dans un état de droit et l'on s'inquiète qu'elle risque de se renouveler par un autre biais ». (http://fr.wikipedia.org/wiki/Lutte_antisectes_en_France). D'où la constitution d'associations de défense de ces mouvements religieux contestés (comme le CAP-LC ou le CICNS). Concernant Vernette, cependant, il se vente d'écrire des livres objectifs et neutre et l'on verra aussi que ce n'est pas le cas, mais on est quand même pas dans le même fiel que Paul Ariès, nous le verrons.

    L'autre thèse est que les sectes recyclent des thèses et des thèmes d'extrême-droite (p.8), profitant "du contexte de détresse et du contenu fantasmagorique qu'exprime ce culte de la 'santé parfaite'" (p.113), inaccessible du fait du "karma" et du système de la réincarnation, et donc qui provoque l'inégalité des malades en ce qui concerne la santé. Cette thèse n'est pas nouvelle puisqu'elle est reprise d'Alain Woodrow, dans Les nouvelles sectes (1977).

    Paul Ariès relativise la "pratique des listes" de sectes jugées dangereuses par l'Etat, en disant qu'elle "était sans doute nécessaire, à un moment donné, pour prendre conscience de l'ampleur d'un phénomène, mais elle est toujours suspecte d'amalgame" (p.18). Cependant il se servira de cette liste pour stigmatiser certains groupes, dont les Antoinistes.
    Et cela discrédite ainsi la thèse de départ. D'autant plus quand des erreurs grossières sont présentées pour prouver la dangerosité des sectes.

    Voyons le chapitre sur l'antoinisme pour s'en rendre compte, nous verrons qu'on est loin de "la description [...] juste et le ton modéré" dont nous parle le site vigi-sectes.org (http://www.vigi-sectes.org/biblio/nouveaux_livres.html) :
    On commence à un extrait des dix principes (c'est en général ce qui sert dès qu'on veut discréditer la Révélation de Louis Antoine) : "Tâchez de vous pénétrer que la moindre souffrance est due à votre intelligence qui veut toujours plus posséder ; elle se fait un piédestal de la clémence en voulant que tout lui soit subordonné". Sortons un extrait des Dix commandements et voyons ce que cela donne : "l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent. Et qui fais miséricorde jusqu'en mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements." (Exode  20,5-6). Ca donne envie d'être chrétien catholique !
    On lit ensuite une courte biographie de Louis Antoine et on apprend qu'il est très catholique, et qu'il fonde d'abord un groupe spirite Les Vignerons du Seigneur, puis qu'il "se sépare de l'Eglise. Il désire alors entrer en communion avec son fils, décédé à l'âge de 20 ans". Or, le fils même des Antoine avait participé à des séances spirites, et Louis Antoine devient spirite à part entière en 1889. La mort de son fils survient en 1893. Et le terme "entrer en communion" avec son fils est mal choisi. L'auteur voulait-il dire "en communication" ?
   Pour l'auteur, "il voyage en Allemagne et en Pologne". Là aussi, ce passage a lieu avant la période spirite. Le terme "voyage" est aussi particulièrement mal trouvé. Un ouvrier métallurgiste de la fin du XIXe siècle n'a pas le loisir de "voyager". Dans ces pays, il rencontre "l'occultisme et quelques Grands Initiés". Ce sont là des suppositions, on ne sait pas où Paul Ariès apprend ce moment important ignoré par Pierre Debouxhtay. Peut-être l'extrapole-t-il de Régis Dericquebourg.

    On suit la suite de la vie de Louis Antoine et la fondation du culte, ainsi que le travail de Mère. Là rien a signaler. Puis vient le moment où l'auteur décrit en quelques mots les pratiques de l'antoinisme : "ses fidèles pratiquent l'imposition des mains, récitent ses textes et chantent ses louanges. Le culte est ouvert à tous et on pratique la guérison en s'habillant de noir". Encore une fois, l'accusation d'imposition des mains qui n'a jamais été pratiqué par les guérisseurs antoinistes (ou alors en dehors de ce que demandait Mère qui avait à coeur d'institutionnaliser les textes de son mari et l'intercession des guérisseurs entre le Père et les malades par une pensée). Cependant ici on ne parlera pas du prosélytisme inexistant dans l'antoinisme, non plus de la liberté laissée aux adeptes, l'absence de quête et de dîme... bref, on ne signalera pas ce qui peut détruire le reste de la thèse du livre.
    Pour l'auteur, l'antoinisme "nie l'existence de la matière, donc de la maladie et de la mort mais aussi de Dieu et du mal". Il a donc compris à l'envers. Selon la Révélation, on subit la maladie, parce qu'on croit que l'intelligence nous fait croire en la matière. Si on oublie la matière, la maladie disparaît également, car l'Esprit divin, présent en chaque homme, ne peut souffrir étant parfait. Mais Louis Antoine était bien conscient qu'ignorer la matière n'était pas chose à la porté de tout le monde, et selon la foi du malade acceptait d'intercéder en sa faveur ou l'envoyait chez le médecin si le patient montrait qu'il avait moins de foi au prophète qu'au praticien. Ensuite on ne nie pas l'existence de Dieu, car il est dit plusieurs foi que nous sommes dieu nous-même. Mais l'auteur n'a pas pris la peine de parcourir la Révélation, c'est évident.
    Ensuite, on apprend que "la guérison est apportée lors de séances collectives où on rejette le Bien et le Mal". Là encore, voilà le processus de l'Opération bien ridiculisé et minimisé. Ce n'est pas à ce moment qu'on "rejette" le Bien et le Mal". Je dirais d'ailleurs qu'on ne le rejette pas, mais on le relativise.
    "L'antoinisme condamne la science (illusion) et la médecine, sauf à base de plantes." Là encore quelles sont les sources de Paul Ariès ? De plus l'Antoinisme ne condamne rien. Il ne va pas sur le terrain de la science, il traite l'âme. Quand l'âme sera guéri, le corps ne souffrira plus.
    "Il [l'Antoinisme] recourt également à l'imposition des mains, à l'eau bénie par le Père Antoine, etc. La guérison peut s'effectuer par correspondance grâce à du papier bénie et magnétisé." Encore l'imposition des mains. A force, je vais finir par la réclamer à mes guérisseuses qui n'ont jamais daignées me la pratiquer (gardons notre sens de l'humour, s'il vous plaît). Surtout je pense à la déception de beaucoup de malade qui se sont vue soignés "que" par une pensée ! L'eau bénie est une invention, encore une fois, où l'auteur a-t-il pu lire cela ? Ici l'auteur mélange certainement toutes les époques : l'époque où le Père invoquait les esprits pour guérir, se servait de papier magnétisé et imposait les mains. Alors que le Père abandonna après son procès cette méthode, comprenant (grâce à Léon Denis) que les passes et la matière étaient inutiles dans le processus de guérison. Dès lors, les guérisseurs antoinistes n'auront pas recours aux papiers magnétisés pour guérir. Il n'intercède encore une fois qu'entre le Père et le malade.
    Puis on apprend que parmi les 20 000 membres, une partie importante se trouve au Brésil. C'est certainement la raison pour laquelle il n'y a toujours pas de temple et qu'on y a même fermée une Salle de lecture.
    Mais selon Régis Dericquebourg, "pour ce qui est des opposants aux sectes, tant qu’on ne leur sert pas la soupe en dressant des portraits calamiteux et en faisant des analyses négatives des groupes religieux minoritaires, ils nous considèrent comme des apologistes", il est clair que Paul Ariès est un opposant ("ses travaux nourrissent largement les rapports parlementaires et ceux de la MILS qui le citent directement" lit-on sur wikipedia), et Régis Dericquebourg devient donc un apologiste (http://www.regis-dericquebourg.com/2009/12/29/tu-crois-quoi/).

    Une autre procédé de l'auteur nous étonne : l'auteur scinde les sectes guérisseuses en deux groupes : les sectes guérisseuses traditionnelles dont le but est de guérir des incurables (dont fait partie l'antoinisme) et les sectes guérisseuses modernistes qui pathologisent des biens portants (où est rangé la Science chrétienne, qui pour l'auteur n'est pas une secte : en effet, le rapport d’enquête n° 2468 de l’Assemblée nationale de 1995 l'a examiné mais non épinglé, cependant plusieurs organismes de lutte contre les sectes la perçoit comme sectaire. Pour la sociologue Anne-Cécile Bégot, la Science chrétienne est proche de la secte, pointant la « rupture avec le monde environnant (...) [et la] reconnaissance et soumission à une autorité », bien qu’elle considère qu’il faille nuancer ces éléments en France car le mouvement a dû s’accommoder de la laïcité environnante. En définitive, elle estime que le groupe tendrait « vers un type d’organisation religieuse intermédiaire entre la secte et l’Église : la dénomination ». Elle considère également que le mouvement est peu prosélyte en privilégiant « la qualité de ses recrues plutôt que la quantité » (wikipedia)). Paul Ariès, suivant le rapport, prend soin de ne pas trop flétrir la Science chrétienne, on le sent beaucoup plus neutre. Et il ne parlera pas des influences de Mary Baker (Phineas Quimby et Richard Kennedy). Même Philippe Delorme n'est pas aussi complaisant.
    Pour notre auteur, les sectes guérisseuses modernistes ne "s'adressent plus à des malades icurables ou gravement atteints, mais à des bien-portants". "Ces groupes sont modernes au sens où ils utilisent les images et normes dominantes". (p.58)
    Signalons que l'antoinisme ne sera repris nulle part ailleurs dans le corps de l'ouvrage pour le stigmatiser, sauf à dire qu'il est "épinglé par les rapports parlementaires", dont l'auteur dit lui-même le danger.
    Enfin, l'auteur souligne que le "transfert" (quand le malade s'en remet corps et âme au thérapeute dans l'espoir d'un guérison, opérant ainsi un glissement entre celui qui le soigne et lui qui guérit (ou non)) n'est pas en soi condamnable, "car il est une des conditions de l'efficacité" (p.112).

    Pour finir, la bibliographie marque le livre de Régis Dericquebourg sur les Religions de guérison comme source. Je pense que je vais devoir y jeter un oeil pour vérifier si Paul Ariès ne se serait pas servie uniquement de ce livre pour [mal] comprendre l'antoinisme. Je pense quant à moi, qu'il se serait surtout servi du livre de Mgr Jean Vernette, le Dictionnaire des groupes religieux aujourd'hui (1995 & 2001).

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Maxence van der Meersch, Corps et âmes - Si Dieu existe

Publié le par antoiniste

    Si Dieu existe, il ne peut être qu'une intelligence sans coeur, une machine à calculer, un esprit mathématique, puissant et monstrueux, pour qui la douleur ne compte pas, et dont le plan gigantesque et inhumain n'avait pas été fait pour être contemplé et compris par un être doué d'une sensibilité. Le plan de Dieu, un plan sauvage et grandiose, ne devait pas avoir prévu l'éveil de la conscience humaine. L'homme, ce témoin, avec son coeur et ses rêves de justices, a dû être un accident dans cette évolution.

Maxence van der Meersch, Corps et âmes, t.2, p.46
Le Livre de Poche, Paris, 1943

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Philippe Delorme - Les Aventuriers de Dieu (critique du livre)

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    Les Aventuriers de Dieu, le titre est bien choisi. En effet, pas d'hagiographie, pas d'Evangiles, on est ici dans le registre biographique simplement, "loin de tout esprit polémique" comme le souligne la 4e de couverture.
    Et on suit donc les aventures de ces héros : aventure prestigieuse, saga familiale, histoire célèbre, mais toujours évènement spirituel.

    Le biographe est un professionnel (spécialiste des familles royales et journaliste à Point de Vue, il est l'auteur d'une vingtaine de livres traitant des grands destins et des « têtes couronnées ») : c'est intéressant à chaque chapitre, on se passionne pour ces vies hors du commun, pourtant l'auteur sait aussi parfois nous faire redescendre sur terre par un mot ou un phrase qui remet en contextes historique et actuel (il faut s'en remettre à la bonne foi de Joseph Smith concernant ses révélations, un chapitre de Science et Santé de Mary Baker-Eddy censuré depuis lors pour raisons doctrinales, Ramakrishna qui chemine aux périlleux confins de la folie...). Bref une sorte de suite de l'ouvrage de Paul Lesourd sur les Solutions religieuses, sans prosélytisme, mais juste pour découvrir l'origine de la croyance des autres.
    Sans prosélytisme, car l'auteur met en garde dans sa bibliographie : "Avec toutes les réserves, mises en garde d'usage, et l'ardent conseil au lecteur d'exercer son discernement à l'encontre de certains groupes dont le fonctionnement sectaire voire dangereux a pu être dénoncé ici ou là...".
    En effet, outre de présenter les portraits de sept fondateurs de religion, aux XIXe et XXe siècles, comme l'annonce le site de l'auteur (http://phidelorme.free.fr/phid/), le livre se termine par quelques autres Aventuriers de Dieu, dont Gilbert Bourdin qui dirigea la communauté du Mandarom à Castellane, Lafayette Ron Hubbard, fondateur de la Scientologie, Alexandre Freytag, fondateur des Témoins de Jéhovah, Sun Myung Moon, fondateur de la célèbre secte Moon (en janvier 1975, Ouest France est le premier organe de presse du monde à utiliser l'expression « la secte Moon »), Claude Vorilhon, alias Raël, et Gabriele Wittek, fondatrice de Universelles Leben, la Vie Universelle.
    Mais aussi Sri Aurobindo, Auguste Comte, Jiddu Krishnamurti, Ngo Minh Chieu, Maharishi Mahesh Yogi, Mirza Ghulam Ahmad, Yoshikazu "Kotama" Okada, Sathya Sai Baba, Rajneesh Chandra Mohar (Bhagwan Shree Rajnesh ou Osho), ou Menahem Mendel Schneersohn, qui sont des personnages plus difficiles d'accès et qui, jusqu'à maintenant du moins, n'ont pas donnés lieu à des 'dérives sectaires".
    Si les baha'is croient que les prophéties se sont arrêtés avec le Bab et Baha'u'llah, d'autres croient que de nouvelles révélations ont et auront lieu, comme les Mormons, Gabriele Witteck, qui est quant à elle en communication transcendantale avec Jésus-Christ. Profitons alors de ces liens entre les dieux et nous pour en apprendre plus sur nous-mêmes, mais sachons aussi qu'un lien entre la divinité et l'homme est possible sans intercesseur, comme nous l'apprend le Père et le Védanta, selon lequel, "chaque école spirituelle indique un itinéraire vers l'Absolu, une chance supplémentaire donnée aux hommes de s'immerger dans l'Atman, l'Âme universelle (p.144).

    L'auteur nous présente donc un point de vue neutre, et sans erreur (un détail, ça ne sera pas à la frontière néerlandaise que Louis sera cantonné, ça sera la seule erreur notée pour Louis Antoine), aussi les élans de poésies que l'on peut trouver dans ces textes fondateurs de nouvelles religions.
    Ainsi chez Joseph Smith pour l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours : "Notre religion est entre notre Dieu et nous. Leur religion est entre leur Dieu et eux".
    Pour Mary Baker-Eddy, pour la Science chrétienne : "La prière, la vigilance et le travail, unis à l'immolation de soi, sont les moyens accordés par la grâce de Dieu pour l'accomplissement de tout ce qui a été fait avec succès pour la christianisation et la santé du genre humain".
    Pour le baha'isme, "O fils de poussière ! Rends-toi aveugle, afin que tu puisses contempler ma beauté ; bouche-toi les oreilles, afin que tu puisses entendre la douce mélodie de ma voix ; vide-toi de toute science pour que tu puisses partager mon savoir, et purifie-toi des richesses, afin que tu puisses obtenir une part durable de l'océan de ma richesse éternelle".
    Pour Ramakrishna, "La connaissance conduit à l'unité, comme l'ignorance à la diversité, se plaira-t-il à répéter. En fait, jnana et bhakti ressemblent à deux droites parallèles qui convergeraient à l'infini. Si l'une plonge dans la matérialité - Maya -, alors que l'autre lui nie tout degré d'existence, elles sont toutes deux en quête du Divin, quelque forme - ou non-forme - qu'on lui assigne : Maya est à Brahman ce que le serpent en mouvement est au serpent en repos. Maya est la force active, Brahman la force potentielle. Brahman et Maya sont comme l'eau de l'océan, parfois calme et parfois soulevée par les vagues. L'océan calme est Brahman, et l'océan tumultueux Maya".
    Pour Simon Kimbangu, "Ils [les protestants] me dirent que je devais être catéchiste ; mais chez moi on me dit que je n'avais pas d'esprit. Je me cachai dans ma maison. Je me jetai la face contre terre et je priai. Alors j'eus un songe et Dieu me dit : 'J'ai entendu votre prière : les gens pensent qu'il faut de l'esprit pour faire mon oeuvre, mais je vous donnerai ce qui surpasse'."
    Pour Michel Potay : "Dieu a fondu Jésus en Lui, en a fait un Dieu, au sens du retour de l'homme à 'l'image et ressemblance' divine, à quoi tout croyant est appelé".

    On est donc loin des livres sur, ou plutôt contre les "sectes" qui sont en ventes partout encore actuellement. Comparons les méthodes de Philippe Delorme avec Paul Ariès, "spécialiste des sectes, de la pédophilie et de la mal-bouffe", auteur de Les sectes à l'assaut de la santé, 2000. Le premier commence chaque récit de "prophète" par un passage de l'Apocalypse (pour Louis Antoine, chapitre 10-1 : "Puis je vis descendre du ciel un autre ange plein de force, enveloppé d'une nuée. Au-dessus de sa tête était l'arc-en-ciel"). Le second commence chaque chapitre par un bout des écrits, hors-contexte, contexte qu'il ne cherche pas à comprendre, qu'il ne remet absolument pas dans l'époque, et qui ne veut donc plus rien dire. On reviendra à ce livre. La bibliographie de Philippe Delorme montre que les sources pour son livre ont été premièrement les textes des "prophètes" même, ce qui est un point important quand on veut comprendre une spiritualité.

    Chaque chapitre des Aventuriers de Dieux évoque également la communauté actuellement : pour l'antoinisme, p.224 : "Sous l'impulsion de Catherine Antoine - la "Mère" - la nouvelle religion connaîtra un essor considérable durant l'Entre-deux-guerres. Si depuis lors, un certain reflux s'est fait sentir, cent cinquante mille fidèles vénèrent encore l'ancien mineur de Jemeppe, et lui demande la guérison physique ou spirituelle. Les plus convaincus arborent un costume noir, à l'image du Père et de la Mère Antoine : lévite pour les "frères", robe plissée, bonnet et voile pour les "soeurs". Ainsi, selon la belle expression de Robert Vivier, biographe du prophète wallon : "les antoinistes passent dans un monde frivole ainsi qu'une procession sévère". On compte aujourd'hui une soixantaine de temples, essentiellement en Belgique et en France. Et dans chacun de ses lieux de culte, chaque matin à dis heures sauf le vendredi et le samedi, le "desservant" procède silencieusement à l'"opération", au nom du Père...".

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L'Unitif, format journal

Publié le par antoiniste

    Un tract imprimé format journal, L'Unitif, publie de temps à autre des extraits de la "Révélation".

    Un journal, sans date, L'Unitif, avec sous-titre : Nous sommmes arrivés à nous améliorer (L'Unitif).
Jacques Michel, Antoine, l'Antoinisme, les Antoinistes, 1949

    Comme instruments de propagande, les Antoinistes ont une petit journal sans périodicité fixe (plutôt un tract) intitulé L'Unitif.
H.Ch. Chéry, o.p., L'Offensive des sectes, p.97 & p.265
Les éditions du Cerf, Paris, 1954

    En illustration, un exemplaire dernièrement acheté au temple de la rue du Pré Saint-Gervais, au prix (si ma mémoire est bonne) de 50 centimes d'euro. En médaillon, le format de l'Unitif original, encore en vente à Jemeppe.

    Il porte en sous-titre : nous sommes arrivés à nous améliorer. Et comporte les textes suivants :

- Comment le Père a commencé à guérir par la foi.
    - La croyance en Dieu résulte de l'intelligence ; la foi qui en est l'opposé, le rend palpable dans le connais-toi.
    - La prière.
    - Réponse du Père à un adepte.

- Biographie du Père (de Frère F. Deregnaucourt et soeur M. Desart).
- Révélation par le Père, le grand guérisseur de l'humanité pour celui qui a la foi.
- Mes frères (par soeur M. Desart).

- Les dates de fêtes du culte : 25 juin, fête du Père ; 3 novembre, fête de Mère.
- Du travail dans les temples antoinistes : Dans tous les temples antoinistes, le Père fait l'Opération suivie d'une lecture dans l'Enseignement, le dimanche et les quatre premiers jours de la semaine à 10 heures. Lecture de l'Enseigement du Père tous les soirs à 7 heures excepté le samedi. Tous les temples sont ouverts aux personnes souffrantes du matin au soir. Tout le monde est reçu gratuitement.

- Révélation des dix principes de Dieu par le Père.
- Adresses des temples de Belgique et de France.

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