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Père Dor - Pratiques de son culte

Publié le par antoiniste

Roux-Wilbeauroux (Carte industrielle du bassin houiller de Charleroi par Félix Jottrand)(gallica)
extrait de la Carte industrielle du bassin houiller de Charleroi par Félix Jottrand

    Le Père Dor s'installe à Roux-Wilbeauroux en août 1909. Père Dor qui s'identifiant avec le Christ, considérait son oncle comme son saint Jean-Baptiste. Ayant laissé pousser barbe et cheveux, et s’étant revêtu d’une robe noire, il va dispenser son enseignement spirituel et recevoir les malades.
    On connaît de lui notamment une photo bénissant un malade comme le Christ guérisseur. Un petit fascicule, Catéchisme de la restauration de l'âme, est de couleur verte, et indique Un seul remède peut guérir l'humanité : l'amour du bien (c'est-à-dire désintéressement). Oh ! Amour du bien fluide béni et consolant : Heureux ceux qui te connaisse. Pour eux, la voie est éclairée, car tout le long de leur route, ils peuvent lire les moyens d'arriver au but. Cet amour résume tous les devoirs de l'homme et le mène sûrement à Dieu, c'est-à-dire à la charité pure.
    Lorsqu'il a fait construire le temple de l'Ecole morale, « le Temple de la vertu. Culte de la miséricorde » en 1912, pouvant accueillir cinq à six cent personnes, les visiteurs (pour la majorités de la classe bourgeoise : des commerçants, des adjoints de police, des chefs de fabrication, etc. dont certains ont été spirites et/ou théosophes, plusieurs ont connu son oncle, le Père Antoine) reçoivent une carte avec un numéro d'ordre. Il donnait 300 à 400 consultations quotidiennement. Pour guérir, il faut avoir foi en lui. On le consulte tous les jours ordinaires, excepté le Samedi, de 7 heures du matin à midi. Tous les Dimanches à 2 h. 30, il y a opération générale suivie d'une instruction morale. Un éclairage particulier de la grande salle de l’Ecole morale le fait baigner de clarté quand il arrive à la chaire. Les offices de la Toussaint ont une grande importance dans le culte doriste.
    Il ne demande pas d'argent mais vend 2 fr. 50 un livre de prières et sur sa doctrine, ainsi qu'un journal hebdomadaire, et des troncs récoltent les dons (les troncs sont remplaçaient ensuite par un plateau parcourant la salle à vue de tout le monde). On vend à Roux un portrait le montrant bénissant un enfant dans les bras de mère agenouillée. On appose sur un paquet de margarine une vignette : „Margarine du Père Dor”.
    On sait par un témoignage à son procès qu'au moins une fois un pèlerinage à sa maison natale, à Mons-Crotteux-lez-Liége, le 15 août 1914 (Dor empocha le prix de plusieurs coupons destinés à payer le voyage). Une adepte porte dans un médaillon le portrait du Père Dor.

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Henegouwen - Het Antoinisme (Belgisch dagblad, 9 juin 1916)

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Henegouwen - Het Antoinisme (Belgisch dagblad, 9 juin 1916)

Henegouwen.

 Het Antoinisme.

    Het Parket van Charleroi heeft een bevel tot inhechtenisneming uitgevaardigd tegen twee personen van Morlanwelz. Zij worden beschuldigd wegens ontvreemding van rijst, een zaak dateerende van de maand December, toen op aanklacht van het Amerikaansch Komiteit, een wagon rijst, welke op het punt stond verzonden te worden, in de statie van Morlanwelz in beslag genomen werd. Di wijze van optreden is dezelfde zooals overal inzake van opkoopingen: opkoospers die lieden zochten, die de hoeveel heden rijst, waarop zij recht hadden niet kochten, en welke zij dan aan groothandelaars gaven, die ze dan tegen de overdreven prijzen, zooals men die in den handel vraagt, verkochten. Het onderzoek van deze zaak zal wellicht tot nieuwe aanhoudingen aanleiding geven, daar binnen kort nieuwe getuigen zullen gehoord worden.
    Vader Dor is vroeger een werkman geweest, van zijn eigen naam Pierre Dor, die, zegt men, een verwant is van „Pere Antoine” de stichter van het Antoinisme, en die hier sedert eenige jaren een sekte „Lorisme” geheeten, ge sticht heeft; welke eenige overeenkomst heeft met den godsdienst van den Apostel van Jemeppe a/d Maas. Vader Dor wordt thans wegens het onwettig uitoefenen der geneeskunst vervolgd. Heden, toen hij de verhoorzaal verliet, heeft een menigte zijner aanhangers, welke om het Paleis van Justitie geschaard was, eene manifestatie van sympathie voor Vader Dor gehouden, en terzelfdertijd van protest tegen de vervolgingen waarvan hij het voorwerp is. Vrouwen begeleidden hen, bloemen werden hem aangeboden, kreten aangeheven, in 't kort te veel leven voor niets.
    Verleden Woensdagmorgen heeft de politie van Gosselies naar Marchienne een arme gekke vrouw teruggebracht die op de markt van Gosselies opgeraapt werd, waar zij, in het hartje van den nacht, aan het gillen was. Als identiteitsbewijs had de ongelukkige niets anders bij zich dan het portret van Vader Dor. Zij was een zijner volgelingen, of eerder, een slachtoffer van zijne theorieën.

Belgisch dagblad, 9 juni 1916

 

Traduction :

    Le père Dor était un ouvrier, de son vrai nom Pierre Dor, qui serait un parent de "Pere Antoine", le fondateur de l'antoinisme, et qui a fondé ici il y a quelques années une secte appelée "Lorisme" [sic], qui présente une certaine similitude avec la religion de l'apôtre de Jemeppe s/ Meuse. Le père Dor est actuellement poursuivi pour exercice illégal de la médecine. Aujourd'hui, lorsqu'il a quitté la salle d'interrogatoire, une foule de ses partisans, réunis autour du Palais de Justice, a organisé une manifestation de sympathie pour le père Dor, et a en même temps protesté contre la persécution dont il fait l'objet. Des femmes les accompagnaient, on leur offrait des fleurs, on criait, bref, beaucoup trop de bruit pour rien.
    Mercredi matin dernier, la police de Gosselies a ramené à Marchienne une pauvre folle qui avait été ramassée au marché de Gosselies, où elle criait au milieu de la nuit. Comme preuve d'identité, la malheureuse n'avait rien d'autre sur elle que le portrait du père Dor. Elle était l'une de ses adeptes, ou plutôt, une victime de ses théories.

Journal belge, 9 juin 1916

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Christ parle à nouveau - du Beau, du Bon et du Soulagement

Publié le par antoiniste

Christ parle à nouveau - du Beau, du Bon et du Soulagement

morceau de carton illustré collé sur la page de l'exemplaire de Christ parle à nouveau

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Père Dor plus âgé (photographie)

Publié le par antoiniste

Père Dor (photographie)

    Cette photographie était inséré un dans un exemplaire du livre Christ parle à nouveau. Elle était accompagnée d'un bout de papier avec écrit : Abbé Thomas à Soheit. S'agit-il donc de cet abbé Thomas ? Le col blanc peut nous le faire penser. Jean-Paul D'Haeyer soutient qu'il ne s'agit pas du Père Dor. Cependant un document en possession de aduclee (cf. son commentaire) prouve la grande ressemblance. Il doit donc bien s'agir du Père Dor, mais plus âgé.

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LE PÈRE ou le Messie du 20ème siècle

Publié le par antoiniste

LE PÈRE ou le Messie du 20ème siècle

    Il s'agit de la même photo (plan plus large), prise dans le Temple de la Vertu, qui a été inséré dans son fascicule Discours du jour de la Toussaint. On y voit le parquet et le chauffage central, sujet de la discorde entre Mme Délisée et le Père Dor, qui aboutira à un procès.

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Le Fort-Jaco. Uccle-lez-Bruxelles. Vue d'ensemble de l'Etablissement

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    Un indice pourquoi le Père Dor s'est installé particulièrement dans le quartier du Fort-Jaco, à Bruxelles. Ce quartier, proche de la Forêt de Soignies, abrite sur l'Avenue Jacques Pastur 43-45-47-49 le sanatorium Fort-Jaco depuis le début du 20e siècle.
    Créé par le docteur Théodore Marin de Mont, sur une parcelle défrichée du bois de Fond’Roy (Vronerodepark), l’établissement accueillaient plusieurs centaines d’indigents en proie à des problèmes psychologiques, psychiatriques ou de dépendances.
source : https://document.environnement.brussels/opac_css/elecfile/IF_EV_Parcs_Parc_Fond_Roy_FR.PDF

    L'établissement porte ensuite le nom de Clinique psychiatrique Fond’Roy, puis actuellement de Centre Européen de Psychologie Médicale « PsyPluriel-Pastur » (http://cluster006.ovh.net/~psypluri/).

Le Fort-Jaco. Uccle-lez-Bruxelles. Vue d'ensemble de l'Etablissement

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Avis sur l'Antoinisme (par Le Père Dor ou Le Messie du XXe siècle)

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Avis sur l'Antoinisme (par Le Père Dor ou Le Messie du XXe siècle)

     Dans le livre rassemblant quelques écrits du Père Dor, on peut lire un passage dans lequel il donne son avis sur l’Antoinisme, le premier acheteur du livre que je possède donne les pages en question :

Question.
    Père.
- Un de ces derniers dimanches, je me trouvais tout près d'une sorte d'église d'où je vis sortir un petit groupe d'hommes et de femmes revêtus de costumes peu ordinaires. Curieux, je m'adressai à l'une de ces personnes et lui demandai à quelle religion elle appartenait. Un homme s'avança et me dit : « Nous sommes Antoinistes, notre enseignement est celui du Christ, révélé, en ce temps, par la foi. »
    Je lui demandai ce qu'il entendait par la foi, il me répondit qu'il n'en savait rien, et ajouta :
    « Dire que l'on a la foi, c'est démontrer qu'on ne l'a pas, car il faut avoir la foi pour comprendre la foi. »
    Comme il ne m'appartenait pas d'entrer en matière de discussion avec cet homme sur sa réponse, je me contentai de me taire, quoique n'ayant rien compris pourtant, et le laissai continuer à parler de la puissance de la foi, seul remède, dit-il, pouvant guérir l'Humanité !
    Il me causa de la vertu, de l'épreuve, de la prière, aussi de l'esprit du Père Antoine.
    Après quelques questions que je me permis de lui poser sur l'esprit du Père Antoine, il me dit : « Notre est proclamé chez nous le sauveur du monde, nous Ie considérons comme étant Dieu, car sans cesse il veille nous. – Lorsque, affaiblis, nous allons à lui, pleins de confiance, nous le prions avec amour, et il nous soulage, nous guérit, il nous relève et ramène l'espoir dans nos cœurs en détresse, etc. »
    A ce sujet, mon Père je voudrais savoir si réellement un esprit, celui du Père Antoine ou un autre, peut avoir, par la croyance en lui, par la prière, le pouvoir de rendre la santé aux malades et de ramener l'espoir dans tous les cœurs endoloris ?

Réponse.
   
Comme l'on sait que je suis le neveu du Père Antoine, j'ai eu, à plusieurs reprises, l'occasion de causer de lui avec des personnes me rendant visite.
    Au cours d'une conversation avec l'une d'elles, elle me dit qu'elle avait une amie qui vénérait l'esprit du Père Antoine, et que, quand elle le priait pour un embarras quelconque, elle était souvent exaucée, et elle s'avouait coupable, en se disant qu'elle ne priait pas assez, quand elle ne recevait pas satisfaction.
    Cette personne me demandait ce que je pensais du Père Antoine, c'est-à-dire de son esprit, puisqu'il est désincarné.
    Je lui répondis ceci :
    Si les personnes qui prient l'esprit du Père Antoine pouvaient se rendre compte de son état d'âme, je vous assure qu'elle prieraient pour lui plutôt que pour elles-mêmes.
    Pensez bien, lui dis-je, que le père Antoine a été, dans les dernières années qu'il a vécues sur la terre, sous influence dominatrice d'un esprit sectaire, d'un esprit tout-à-fait contraire à l'amour du prochain et par lequel il s'est laissé surprendre, autrement, il n'aurait jamais commis la bêtise de créer une religion nouvelle : l'Antoinisme.
    Je dis la bêtise, car, comme je l'ai toujours dit, toutes les religions, indistinctement, sont l'effet d'un parti-pris, et le parti-pris n'existe que dans l'homme prétentieux, ambitieux, orgueilleux et ayant le fond dominateur.
    Or, bien compris, les sectes, les religions, comme l'athéisme, étant menées par l'esprit de parti, ne peuvent être, les unes et les autres, qu'exploitation obscure séduisant les hommes peu réfléchis. Donc, quiconque professe une religion est dupe d'une invention néfaste, malheureuse, qui cause un retard considérable pour son bien-être moral, c'est-à-dire pour son bonheur présent et à venir.

    Voilà ce qu'il faut retenir des effets de toute secte, de toute religion, voilà aussi l'œuvre du Père Antoine, et c'est ce qui est regrettable pour lui, attendu que celui qui commet une faute aussi grave : avoir créé un culte, une religion, ne peut être qu'obsédé lorsqu'il est désincarné ; car chacun est responsable de toute idée, de tout enseignement contraire à la loi morale, si d'autres sont victimes de ces idées, de ces enseignements.
    Quant aux guérisons, aux grâces que l'on obtient, en priant l'esprit du Père Antoine, je puis vous dire avec certitude, avec justice, que ce sont là des inventions.
    Tous ces racontars sont donc une grosse farce, une comédie jouée avec ruse, avec intérêt, afin d'influencer les esprits faibles de compréhension.
    Il faut remarquer, noter, que les personnes qui prient avec foi les Saintes et les Saints proclamés miraculeux, sont, dans les mêmes conditions, exaucées dans leurs demandes, dans leurs prières, que celles qui prient le Père Antoine.
    Et pourtant, ni Saints, ni Saintes, n'existent pas plus que des montagnes sans vallées.
Une bonne preuve que Saints et Saintes n'existent que dans l'imagination des gens qui y croient, c'est que ceux qui les ont dans leurs chapelles, dans leurs églises, n'y croient pas eux-mêmes.
    En effet, jamais on n'a vu le propriétaire d'une de ces chapelles, ni un prêtre, s'adresser aux Saints, lorsqu'ils sont malades. Au contraire, car malgré que l'on trouve plus de timbrés dans la profession médicale que dans toute autre, ces gens ont recours à la science, aux médecins, chaque fois qu'ils sont indisposés.
    A moins qu'il ne s'en trouve parmi eux comme certains que j'ai connus, et qui, étant menteurs de profession, finissaient, à force de voir qu'on les croyait, par croire eux-mêmes à leurs mensonges.
    Donc, avec un peu de réflexion, il n'est pas difficile d'admettre que ce qui est produit, tout ce qu'on obtient par la prière, par l'invocation de Dieu, des Saints, ou des esprits, n'est que l'effet de la foi.
    Or bien compris, l'Antoinisme, qui a pour base la foi et ses effets, ne peut être autre chose que toutes les autres religions : une tromperie.
    Je plains donc de fout mon cœur les gens qui ont la faiblesse d'y croire.
    Suite à cette instruction, on pourrait me demander ce qu'est réellement la foi ?
    Et bien, la foi fait partie d'une sorte de fanatisme, c'est la superstition même, c'est un fluide matériel qui se marie avec l'âme maladive, peureuse, craintive et paresseuse.
    Toujours est-il que les résultats obtenus par la foi, comme je viens de le dire, sont des obstacles et chose nuisible pour son bonheur présent et à venir ; en plus, les effets produits par la foi ne se font jamais sentir que pour un petit temps, alors quelle avance y a-t-il ? C'est pourquoi j'ai dit que la foi en elle-même est chose stérile pour ce qui concerne le bien-être réel et durable de chacun, car pour l'avoir trop bien servie, on la trouve ingrate et non pas reconnaissante.

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Le Père Dor (Les célèbres défenseurs), 16 mai 1917

Publié le par antoiniste

Le Père Dor (Les célèbres défenseurs), 16 mai 1917

Lucien Lebeau, avocat de Charleroi
Louis Morichar, avocat à la cour d'appel de Bruxelles

LES CÉLÈBRES DÉFENSEURS du CHRIST au XXe SIÈCLE
16 MAI 1917

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Un nouveau prophète au pays noir - Illustration (Excelsior, 13 janvier 1913)

Publié le par antoiniste

Un nouveau prophète au pays noir - Illustration (Excelsior, 13 janvier 1913)

 

Le père Dor, successeur d'Antoine le
Guérisseur
, qui vient de créer à Roux,
en Belgique, une nouvelle religion.

Illustration de l'article Un nouveau prophète au pays noir  (Excelsior, 13 janvier 1913), geste reproduisant celui de l'Esprit consolateur. Un photo existe, reproduite dans son livre Christ parle à nouveau.

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Un nouveau prophète au pays noir (Excelsior, 13 janvier 1913)

Publié le par antoiniste

Un nouveau prophète au pays noir (Excelsior, 13 janvier 1913)

Lundi 13 janvier 1913

   Un nouveau
      prophète
   au pays noir

C'est le père Dor, stimulateur
                des vertus.

    BRUXELLES, 12 janvier (Dépêche particulière d' « Excelsior »). – On n'a certes pas oublié Antoine le Guérisseur, ce brave homme mort l'an dernier et qui, dans son village natal, à Jemeppe-sur-Meuse, près de Liége, au cœur du pays wallon, avait fondé une religion nouvelle. De très loin venaient le voir de pauvres malades qui mettaient en lui, dans son curieux pouvoir de suggestion, leur dernier espoir de guérison.
    La grande presse, dans le monde entier, a consacré de nombreux articles au Père Antoine et à ses fidèles en lévite. L'antoinisme, sa religion, n'est pas mort avec lui. Sa veuve, la Mère Antoine, ainsi qu'on l'appelle, continue à professer, avec quelques lieutenants dévoués, son enseignement moral. Mais ils sont loin d'avoir cette autorité, cet incontestable prestige du maître qui furent pour beaucoup dans le succès de sa très simple doctrine de charité. D'ailleurs, l'antoinisme menace d'être détrôné par une religion nouvelle, celle de « la fraternité universelle », que professe, dans son temple, dans son « école morale », de Roux-lez-Charleroi, un nouveau thaumaturge, le Père Dor, surnommé le « Stimulateur des vertus » ou le « Docteur sans médicament ».
    Il y a là un nouvel avatar de ce mysticisme étrange qui persiste dans certaines régions industrielles de la Wallonie.
    La Flandre conserve farouchement, depuis la domination espagnole, sa foi dans la doctrine de l'Eglise catholique. Le Père Dor, qui a aujourd'hui une cinquantaine d'années, est originaire de Mons-Crotteux, près de Liége. C'est un parent d'Antoine le Guérisseur. Comme lui, après avoir exercé de durs métiers, et notamment celui de terrassier, il fut en Russie où, sans doute, il rencontra des moines guérisseurs en qui les moujiks ont une aveugle foi. Ils sont légion là-bas. D'aucuns ont une noblesse d'âme singulière (qu'on se souvienne du Père Zossima des Frères Karamazow). L'actuel Père Dor subit leur prestige et, revenu en Belgique, il voulut les imiter.
    Il affirme guérir les malades qui viennent le consulter de très loin, de partout et spécialement de la province de Namur et du nord de la France : pauvres femmes atteintes de maladies nerveuses, ouvriers rongés de tuberculose. Il ne m'étonnerait point que le Père Dor eût réussi dans certains cas, sur certaines malheureuses capables de grandes réactions nerveuses et facilement suggestionnées de réelles guérisons. Sa tête de Christ aux longs cheveux bouclés qui lui retombent sur les épaules, ses grands yeux noirs lui donnent un air fort imposant. Mais pour quelqu'un d'un peu intelligent, le prestige s'évanouit bien vite, car le nouveau prophète, être des plus incultes, s'exprime péniblement dans un charabia où reviennent sans cesse quelques clichés : amour, loi morale, le bien, le mauvais fluide, etc.
    Le dimanche après midi, a lieu au temple de Roux – un vaste temple tout neuf inauguré il y a quelques mois — un office qui s'ouvre par une « opération générale » — le Père fait agir les fluides sur l'assistance — suivie d'une consultation. L'un de ces derniers dimanches, nous avons assisté à un de ces offices. Il y avait là plus de 600 personnes. Le Père Dor était debout dans une vaste chaire haut suspendue, dans une attitude de profond recueillement. A chaque instant, un fidèle, se levant, rompait le silence et, d'une voix tremblante, posait au Père une question. On l'interroge sur les sujets les plus abracadabrants. Une bonne femme lui a demandé devant nous s'il fallait détruire les punaises quand on en a sur soi !... Un électeur voulut savoir s'il ne manquait pas à la loi morale en exerçant son droit de vote. La réponse fut affirmative.
    Vraiment, cette assemblée de pauvres gens, malades pour la plupart, n'avait rien de risible, mais, au contraire, de très attristant : quelle somme de détresses affolées elle représentait !
    A l'intérieur du temple, comme dans les tracts, on trouve l'avis suivant :
    Le Père vous recommande de ne rien lui présenter pas plus en cadeaux qu'en argent. De plus, il vous prie de ne rien lui envoyer, pas même anonyme. Car faire ceci, c'est encore croire qu'il aime l'argent ; c'est, en un mot, douter de sa personne. Or, douter de quelqu'un, c'est manquer de confiance et, par conséquent, c'est empêcher la satisfaction.
   
Mais, alors, de quoi vit le Père Dor, qui n'est pas riche ? Sans doute, de quelques subventions que lui versent des fidèles de condition aisée et du produit de la vente des brochures et du journal qu'il publie. On vend à Roux le portrait que nous donnons ici.
    Dès à présent, le temple de Roux a des succursales dans plusieurs communes du bassin industriel de Charleroi, à Bruxelles, à Lavaqueresse (dans l'Aisne) et même... à Porto-Félise, dans l'Etat de Sao-Paulo, au Brésil (quelque émigrant, sans doute...)
    Les médecins n'ont qu'à bien se tenir : ils vont avoir, dans le Père Dor, un redoutable concurrent. – PAUL DESENNE.

Excelsior, 13 janvier 1913

    Cet article repris par d'autres journaux est un résumé de l'article en deux parties publié dans Le Soir (8 et 9 janvier 1913).

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