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Emeutes à Jemeppe et plainte pour coups contre Louis Antoine

Publié le par antoiniste

    En lisant le récit de Roland A.E. Collingon, La Vie tourmentée de Louis Antoine, on peut être surpris par la violence du monde dans lequel vivait Louis Antoine. En effet, ce texte parut après celui de Robert Vivier n'est pas du tout dans les mêmes teintes : anachistes, émeutes, pistolets... Mais aussi épidémies, inondations, corruptions... Robert Vivier avait pour but de raconter "l'histoire d'une âme", "il cherche à offrir de son personnage une image plausible, cohérente, qui puisse rendre compte de l'oeuvre accomplie" (Lecture de Claudine Gothot-Mersch, p.364, in Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, Editions Labor - Espace Nord). Du coup, il manque nettement un rappel des faits de l'histoire générale. Rolant A E Collignon restitue ces faits.
    Avec l'aide de journaux de l'époque, voyons à quoi ressemblait le temps à la fin du XIXe-début du XXe siècle, dans la région liégeoise. Mais rappelons d'abord quelques fait :
- en 1830, la Belgique prend son indépendance deu Royaume des Pays-Bas : Roland A E Collignon commence son récit : L’Europe de 1830 assiste au réveil des nationalités. Un pays vient de naître ; il porte le nom que lui donna Jules César à l’époque des conquêtes : Belgique. Si le concept est mal défini, il n’est pourtant pas le fruit du hasard et sert plutôt d’alibi à des ambitions précises. A l’étranger, on demeure circonspect sur l’avenir de ce territoire que l’on regarde plutôt comme une entreprise rentable à l’avenir incertain. En France, les paris sont ouverts sur la réussite du projet et surtout sur sa durée éventuelle. Durera ? Durera pas ? En attendant, les groupes qui se forment au sein de l’Etat naissant distribuent déjà les rôles, on se répartit les taches en vue de se partager les futures parts du gâteau. Tout ce beau monde établit un programme d’exploitation digne d’enrichir la nation et tout est bon pour y parvenir le plus rapidement.
- en 1839, une partie du Limbourg doit être cédée aux Pays-Bas ; 
- Louis Antoine né en 1846 ;
- le spiritisme, issu du spiritualisme, voit le jour aux Etats-Unis en 1848 et en France en 1857 : En 1848, quand les soeurs Fox apprirent à faire craquer leurs orteils, le monde occidental était le théâtre de maints remous. L'Europe voyait ses anciens empires menacés. La révolution industrielle plongeait dans une misère croissante, les classes laborieuses, engendrant la montée du socialisme. L'Amérique était déchirée par la honte de l'esclavage. Même la religion était malmenée, compte tenu notamment de son incapacité à suivre l'évolution de la société. En Angleterre, les réformistes prêchaient que le christianisme, historiquement parlant, s'était au mieux montré indifférent à la souffrance humaine et, au pire, l'avait nourrie. Aux Etats-Unis, la rigide hiérarchie cléricale représentait une sorte d'affront pour la démocratie jacksonienne. Le fait d'imposer un dogme  et de placer des intermédiaires entre Dieu et l'homme froissait l'esprit individualiste des Américains, après avoir en son temps scandalisé Martin Luther ; or, l'essentiel de l'action déployée au cours de ce siècle par le renouveau religieux visait à démocratiser l'Eglise. En un sens, le spiritisme prolongeait la réforme. (Les Mystères de l'inconnu, L'invocation des esprits, p.23) ; ce mouvement sera sévèrement condamné dès 1864 par l'Eglise Catholique perdant de plus en plus de terrain parmi le population ouvrière déchristianisée ;
- en 1870, une guerre éclate entre la France qui perd une partie de l'Alsace-Lorraine et la Prusse désirant de dominer les Etats indépendants allemands et ayuant des vues sur la Belgique ;
- en 1871, l'Empire allemand est fondé devenant une des principales puissances en Europe pouvant rivaliser contre le Royaume-Uni, la France et la Russie ;
- en 1871, la Garde nationale et les ouvriers de Paris refusent d'accepter la défaite et prennent le contrôle de la capitale le 18 mars, mettant en place un gouvernement insurrectionnel : la Commune de Paris, qui sera combattue puis écrasée, avec l'accord tacite des Prussiens, lors de la « Semaine sanglante » (21-28 mai) ;
- de 1871 à 1876, Louis Antoine travaille en Prusse dans la région industrielle de la Ruhr puis de 1879 à 1884, en Pologne russe, près de Varsovie ;
- en 1878, deux attentat, commis par des individus agissant seul, ont lieu contre l'Empereur allemand ;
- en mars 1886 éclate plusieurs émeutes dans la région de Liège et notamment à Jemeppe et Seraing.
- de 1885 à 1908, Léopold II fait du Congo sa propriété ;
- la fin du XIXe et le début du XXe siècle, voit la montée des nationalismes et des impérialismes, ainsi qu'une forte rivalité économique issue de la Révolution industrielle ;
- en 1898, le Parti ouvrier social-démocrate de Russie d’inspiration marxiste mettant en avant la classe ouvrière, est fondé ;
- en 1901, le Parti socialiste révolutionnaire, mettant en avant la classe paysanne, né à Berlin ;
- dès 1905, un conflit semble inévitable entre la France et l'Allemagne qui ne peut obtenir de zones d’influence dans les colonies ;
- un campagne internationale menée par le Royaume-Uni qui contraignit la Belgique à assumer le Congo en 1908, faisait de celui-ci sa colonie ;
- en 1905 et 1917, après la Révolution industrielle et des mouvements de grève prenant de plus en plus d'ampleur, a lieu les Révolutions russes, durant laquelle s'affrontent l'armée rouge des Socialistes et l'armée blanche des tsaristes ;

Mystification à propos d'un attentat contre Bismarck par un belge
    Nous avons donné récemment l'analyse d'un article de la Gazette de l'Allemagne du Nord, racontant qu'un nommé Duchesne-Poncelet, domicilié à Seraing (Belgique), avait proposé d'assassiner le prince de Bismarck, par lettres adressées à un archevêque français. Le journal officieux ajoutait que ces lettres avaient été communiquées par le prélat au gouvernement français et par celui-ci au prince de Bismarck.
    L'Indépendance belge d'hier dit à ce sujet :
    Nous recevons aujourd'hui de Seraing une lettre, signée Duchesne, qui nous explique longuement que complot, pris au sérieux par la presse allemande, n'a jamais été qu'une mystification imaginée après boire, et qu'il n'a pas été un seul instant question d'y donner suite.
    Voilà qui est parfait, et nous ne demandons pas mieux que de publier cette lettre ; mais un doute nous arrête : si nous étions mystifiés à notre tour ! Nous prions donc le signataire de cette lettre de justifier de son identité, de nous rpouver qu'il est bien le Duchesne dont a parlé la Gazette de l'Allemagne du Nord.
    Cependant il nous faut ajouter que peu de temps après nous recevions une autre lettre, émanant sinon de l'administration communale de Seraing, du moins de trois échevins de cette commune. Nous croyons devoir publier cette lettre officielle, d'où il semble résulter que la mystification a été plus complète encore qu'on n'eût pu le supposer :
   Province de Liége.
Administration communale de Seraing
                    Seraing, 24 décembre.
    Monsieur le rédacteur en chef,
    L'Indépendance, dans son numéro 356 du 22 décembre, reproduit un article de la Gazette de l'Allemagne du Nord au sujet d'un prétendu complot contre la vie du prince de Bismarck, et qui daterait déjà de 1873.
    Dans cet article, notre administration serait nominativement citée comme ayant donné à l'autorité supérieure des renseignements circonstanciés sur la façon de vivre et les opinions religieuses de M. Duchesne-Poncelet, appartenant, tant par lui que par son épouse, à des familles honorables de notre localité.
    Nous croyons devoir protester énergiquement contre les allégations de la feuille précitée, en ce sens que jamais l'autorité locale n'a transmis officiellement les renseignements relatés, et nous laissons toute responsabilité à quiconque a pu se servir de notre autonomie pour procurer aux divers journaux l'occasion de nous mettre en évidence dans cette circonstance.
    Persuadés que vous voudrez bien insérer la présente dans votre prochain numéro, nous vous prions, monsieur le rédacteur, d'agréer l'assurance de notre parfaite considération.
              S. Paul, échevin de l'instruction publique.
              L'échevin L. Renard.
              H. Fabry, échevin des finances.
Le Temps, Paris, 27-12-1874
source : Gallica

    Bulletin
    On écrit de Jemeppe  (Belgique) à la Meuse :
    « La commune de Jemeppe, une des plus importantes du bassin de Liège, a été cruellement éprouvée par l'inondation, qui l'a envahie avec la plus grande intensité.
    « Plus des deux tiers du village ont été submergés par les eaux, qui, dans beaucoup de rues, se sont élevées jusqu'à deux mètres de hauteur.
    « La population ouvrière, qui est très nombreuse, et le petit commerce sont dans une détresse navrante : nombre de familles sont réduites à la misère la plus profonde par suite du chômage forcé ot des pertes causées par le terrible
fléau.
    « Grâce aux mesures promptes et énergiques prises par l'administration communale et le dévouement de courageux citoyens, on n'a heureusement à déplorer que des pertes matérielles. »
L'Univers illustré, Paris, 15-01-1881
source : gallica

CURRENT FOREIGN TOPICS
BRUSSELS, March 21. - Rioting was renewed to-day at Jemeppe, Tilleur, and Seraing. At the latter place some shops and the houses of some of the municipal authorities were wounded and 10 persons arrested. A number of rioters armed with revolvers caused a slight panic in this city. The disorder was not serious.
The New York Times, March 22, 1886
source : http://query.nytimes.com/mem/archive-free/pdf?res=9807E7DB1330E533A25751C2A9659C94679FD7CF

The rioting in Belgium
BRUSSELS, March 22. - The earlier reports of the Anarchist riots at Jemeppe, Tilleur, and Seraing, in Belgium, on Saturday night, were all far short of the actual truth. A great amount of property was damaged or ruined at each place by the rioters. At Liege, on the same night, thare was an open conflict between the troops which had been massed there for the protection of the place and a large body of Anarchists who were marching against the twn for the purpose of attacking and looting it. The fight was severe and prolonged, but finally resulted in the repulse of the Anarchists. They were not driven from the field, however, until the troops charged upon them with fixed bayonets. A large number of men on both sides were injured. Some idea of the serious nature of the Anarchist demonstration may be formed from the fact that to-day no less than 6,000 regular tropps are on duty guarding the district disturbed by the rioters on Saturday. The gendarmes and strikers ar Seraing are in desorganized conflict to-day, and both sides have been firing on each other. Many persons have been wounded.
The New York Times, March 23, 1886
source : http://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=9A05E4DB1330E533A25750C2A9659C94679FD7CF

    Sur les évènements de Belgique en 1886, lire le long article de la Revue socialiste, sur gallica. Ainsi que les divers articles du New York Times.

    Le phénomène se répète durant l'année 1892 (cf. the New York Times, May 5, 1892 et December 9, 1892).

    Le 10 octobre 1885, Louis Antoine donne des coups à Denis Collon. Le 5 février 1886, Louis Antoine est condamné, par le juge de Hollogne-aux-Pierres, à une amende de deux francs. A cette époque, Louis Antoine était occupé, en qualité de portier et d'encaisseur, à la fabrique de Lexhy, près de la gare de Jemeppe. On peut penser que la situation au moment où Louis Antoine donne les coups et son procès, l'atmosphère devait déjà être des plus tendue entre les ouvriers et le pouvoir.
Pierre Debouxhtay, Louis Antoine et l'Antoinisme, p.50 et 299

    A quarante-deux ans, Louis Antoine se fixe définitivement à Jemeppe. Grâce à son travail et à celui de son épouse (qui a tenu une pension d'ouvriers à Varsovie), il a amassé un pécule. Il a fait bâtir plusieurs maison qu'il loue. Les loyers lui assurent une existence confortable. Cependant cette suffisance matérielle ne lui procure pas le bonheur. Sur le plan physique, il souffre de maux d'estomac. Sur le plan intellectuel, il est peu satisfait : il trouve la vie monotone, il est irritable au point qu'un jour il se bagarre et doit s'expliquer devant le juge. Il se morfond.
Régis Dericquebourg, Religions de guérison,
Antoinisme, Science chrétienne, Scientologie
, p.13
Cerf & Fides, Paris, 1988

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Notre Père chez Luc Chap.11, V.2-4

Publié le par antoiniste

11.2
    Il leur dit: Quand vous priez, dites:
        Père! Que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne.
11.3
        Donne-nous chaque jour notre pain quotidien;
11.4
        pardonne-nous nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous offense;
        et ne nous induis pas en tentation.

source : http://www.info-bible.org/lsg/42.Luc.html#11
cf. : http://fr.wikipedia.org/wiki/Notre_Père

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Il est tellement plus simple et rapide de prescrire une molécule miracle

Publié le par antoiniste

   La législation récente a eu beau limiter à un mois la prescription des benzodiazépines, le nombre de patients ainsi dépendants ne diminue pas beaucoup. Les Français sont ainsi les champions du monde de la prise de tranquillisants. Et cela grâce à l'ignorance insondable des médecins de notre pays dans le domaine des médicaments ! L'enseignement de la thérapeutique a en effet longtemps été cantonné, en faculté, à de grandes généralités. L'internat, censé sélectionner l'élite des médecins hospitaliers, a jusqu'à une période toute récente complètement ignoré la pharmacologie et les dangers des médicaments pris au long cours. Outre les anxiolytiques, les antidéprésseurs lancés à coup de campagnes publicitaires ont un cote inégalée dans le corps médical. Il est tellement plus simple et rapide de prescrire une molécule miracle que de passer une demi-heure à écouter quelqu'un vider son sac. Et pourtant, de nombreuses études scientifiques ont démontré que, à long terme, l'accompagnement psychologique est aussi efficace, moins coûteux et plus durable sur l'anxiété et les sentiments dépressifs passagers que ne le sont les médicaments.

Martin Winckler, C'est grave docteur ?,
Ce que disent les patients, ce qu'entendent
, p.210
Editions de La Martinière, Paris, 2002

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la communauté des Frères du plateau

Publié le par antoiniste

Rencontre avec des membres de la communauté des Frères du plateau

Le Progrès 12 juin 2003 par Fabienne Mercier

[Texte intégral]

A la suite de la conférence de l'Avife, des membres de la communauté des Frères de Plymouth du plateau Vivarais-Lignon ont accepté de répondre à nos questions. Ils nous livrent les grandes lignes de leur pratique religieuse et évoquent certains aspects de leur mode de vie.

A la suite de la conférence de l'Avife (Association d'aide aux victimes des frères exclusifs) au Chambon-sur-Lignon, il nous a paru souhaitable de demander aux personnes appartenant à la communauté des Frères de Plymouth résidant sur le plateau Vivarais-Lignon, de réagir.
Cinq d'entre eux, présents mercredi soir à la maison des Bretchs, ont bien voulu le faire, lundi.

Il s'agit d'Yves Chastagnier, responsable d'une entreprise de métallurgie à Tence ; de Paul Mas, retraité de l'agriculture à Fay-sur-Lignon ; d'Edmond Pelissier, commerçant en matériel de protection contre l'incendie au Chambon-sur-Lignon ; de Gérard Vergnon, chef d'une entreprise de stores, protections solaires, à Saint-Agrève et son père, Jean, aujourd'hui retraité.

En préambule, ils exprimèrent le sentiment « d'avoir vécu une forme de lynchage, mercredi soir. Nous regrettons que l'Avife ne nous aient pas invités à assister à sa conférence. Aussi, avons-nous adressé, ce jour, un courrier au président de l'Avife, lui demandant qu'à l'avenir, si d'autres conférences sur ce thème devaient être organisées, nous puissions en être informés au préalable ».

Combien comptez-vous de membres dans vos rangs, sur le Plateau ?
« Autour de 250. En France, nous sommes 1 125 et dans le monde, quelques 45 000, plutôt concentrés dans les pays anglo-saxons, mais aussi en Espagne, en Italie, en Argentine etc. »

Où vous réunissez-vous ?
« Nous disposons de six lieux de rencontres : trois assemblées au Chambon-sur Lignon (une principale et deux plus modestes), une à Fay-sur-Lignon, une à Tence, une à Saint-Agrève. Ces assemblées sont gérées dans le cadre d'associations régulièrement déclarées, l'une au nom de l'association chrétienne du Grand pré, l'autre du Haut-Vivarais ».

Comment résumeriez-vous votre mode de fonctionnement ?
« S'il n'y a pas de hiérarchie, ce n'est pas l'anarchie pour autant. Dans nos assemblées, chacun peut prendre la parole (NDLR : les hommes uniquement et la langue habituellement en usage est l'anglais). La conduite parmi les Frères est totalement dénuée de caractère officiel. Des « Frères conducteurs » émergent dans les assemblées locales et, en ce qui concerne la communion universelle, il existe un Frère reconnu, spécialement aimé, dont la parole est considérée comme exprimant les instigations du Saint-Esprit Le dimanche est la journée du Seigneur, marquée par trois rencontres. Puis, chaque soir de la semaine, entre 20 et 21 heures, nous nous réunissons, dans l'une ou l'autre assemblée, pour des prières, des études de thèmes bibliques ».

Quelles sont les grandes lignes de votre mode vie ?
« Notre vie de chrétien est centrée sur la Cène du Seigneur. Notre vie sociale sur la communauté. Nous accordons un grand intérêt à la famille. La place des femmes est celle qui découle d'un principe établi dans la Bible. Il est exact qu'elles doivent garder la tête couverte, comme les écritures saintes le préconisent. Nous ne partageons de repas, de boissons qu'avec des membres de notre communauté. Nous n'écoutons ni radio, ni télé, n'utilisons pas l'informatique ».

Comment se déroule la scolarité des enfants ?
« Nous avons à coeur que nos enfants aient un bagage correct car nous sommes bien conscients que, pour une bonne insertion économique, un minimum est indispensable. Nous encourageons les filles, comme les garçons, à aller jusqu'au bac mais pas au-delà. Car nous considérons qu'il faut vivre sa foi chrétienne dans la simplicité. Il est clair que notre vie religieuse passe avant notre vie professionnelle. Toutefois, il faut noter qu'aucun d'entre nous n'est au chômage.
En primaire, en général, les enfants vont à l'école publique. Ensuite, nous considérons que la vie dans un collège est rarement compatible avec nos valeurs (problèmes de moralité, violence, drogue). Aussi, les enfants poursuivent leur scolarité avec les cours à distance. Cependant, nous avons souhaité les aider et avons mis en place, depuis deux ans, un centre de soutien, à Tence, les Cardamines, où sept professeurs diplômés - et non Frères - prennent en charge vingt élèves de la 6e à la 3e ».

Quels sont les motifs qui peuvent conduire à l'exclusion d'un membre de votre communauté ?
« Ils sont extrêmement rares et découlent principalement d'une conduite incompatible avec les enseignements de la Bible, ainsi la fornication, l'adultère, le mariage hors de la communauté, les erreurs de doctrine M. Darby a écrit « la discipline d'exclusion est toujours effectuée en vue de la restauration de la personne qui y a été soumise et jamais dans le but de se débarrasser d'elle ».

source : http://www.prevensectes.com/rev0306.htm#12a


pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Brethren

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Musajjakawa Malaki (1875-1929), leader d'une église thaumatrugique en Uganda

Publié le par antoiniste

Malaki, Musajjakawa
c. 1875 to 1929
Malakite Church
Uganda

    Musajjakawa Malaki was a Christian leader who formed a separatist church, the Society of the One Almighty God, popularly known as the Malakites.
    Malaki, a Baganda, was twice refused baptism by Anglican missionaries, and in 1914 he founded the Malakite movement, which soon developed into a formal denomination that claimed more than 90,000 adherents within seven years. The Malakites were also the first independent church in Uganda.
    Although the Malakites were a religious group, they also carried the seeds of anticolonial dissent. The movement was confined almost entirely to the Baganda, Uganda's dominant ethnic group, which by 1914 was substantially Christian. Malaki taught that Western medicine was to be rejected, which created conflict with both the missionaries and the government. Perhaps more serious was his advocacy of land redistribution. The Malakites proposed that ancestral lands be the property of clans rather than of individuals. This proposal was a threat to the local chiefs. The incident that brought about the suppression of the Malakites by the colonial government, however, was their refusal to cooperate in a vaccination program. Malaki himself died as the result of a hunger strike.
    The movement declined swiftly from its peak in 1921 until it disappeared around 1930. The Malakites' church was among the very few large independent churches in Africa that have collapsed. Its appearance caused the missionary churches to reconsider their attitudes toward African religious aspirations.
Norbert C. Brockman

Bibliography:
Lipschutz, Mark R., and R. Kent Rasmussen. Dictionary of African Historical Biography. 2nd edition. Berkeley: University of California Press, 1986.

This article is reproduced, with permission, from An African Biographical Dictionary, copyright © 1994, edited by Norbert C. Brockman, Santa Barbara, California. All rights reserved.
source : http://www.dacb.org/stories/uganda/malaki_musaj1.html


    The Bamalaki (followers of Malaki) who called their movement K.O.A.B.-- an abbreviation of Katonda omu ayinza byona which means "God is omnipotent"-- were dissident protestants whose faith rested on their devotion to the Bible. Malaki was a disciple of Joswa Kate Mugema, a rich and influential Buganda chief who refused to recognize any authority but the Bible and differed from the protestants on many religious principles. He regarded Saturday as the Sabbath and requested the British authorities to accept this officially. To do so would have created difficulties at work and administrative problems, and thus Mugema clashed with the British on this issue. He began comparing himself to Moses who was sent by God to Pharoah (in this case, the British Government) and gave his nation a new code of laws. Mugema violently fought any sign of idol worship. He forbade his followers to eat pork, but allowed polygamy, claiming that the patriarch Abraham married more than one wife. In this too, he deviated from accepted Christian practice. But the most important principle in the new faith, which spread rapidly through Uganda (in 1921 there were about 100,000 believers), was violent opposition to the use of medicines and immunizations for humans and animals. Doctors were regarded as Satan's representatives. If God could save man from the burning fiery furnace (Daniel 3), he could definitely help them in time of illness, no matter how severe. There was no need for human aid--faith alone would suffice. The Malaki referred to the Old Testament on this question, quoting amongst many other verses, Jeremiah 46:11: In vein shall you use many medicines; for you shall not be cured. Their objection to immunization during an outbreak of plague resulted in violence between them and the British authorities. Their leader Malaki was exiled to northern Uganda in 1926 and died that year of a protracted hunger strike.
source : http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/Judaism/uganda1.html


    The main proponent of the spread of Malakitism in eastern Uganda was Semei Kakungulu, who - embittered with the colonial authorities after his retirmeent from the 'presidency' of Busoga in 1913 - heartily embraced the anti-establishmentarianism of the breakaway faith. Kakungulu withdrew from politics to focus his attention on spiritual matters, he soon started to develop his own variations on the established Malakite doctrines, leading to a dispute that would eventually split the Mbale Malakites into two opposing factions. The key issue was male circumcision, which most other Malakites regarded as sacrilege. The true reason behind the widespread Malakite objection to circumcision was rooted in Kiganda tradition, which forbade bodily mutilation of any sort. But this was rationalised away by claiming that circumcision was the way of the Abayudaya, people who don't believe in Jesus Christ.
    The present-day Abayudaya communitu was founded in 1920, when Kakungulu, fed up with the wuarrelling, announced to the Malakites that 'because of your insults... I have separated completely from you and stay with those who want to be circumcised: and wa wil be known as the Jews'. Kakungulu - at the age of 50 - was circumcised along with his first-born son. He circumcised all his subsequently born sons eight days after their birth, and gave all his children Old Tertament names. In 1922, he published an idiosyncratic Luganda religions text steeped in the Jewish religion, demanding complete faith in the Old Testament and all its commandments from himself and his followers.

Philip Briggs, Uganda, 5th: The Bradt Travel Guide, p.438-39
Bradt Travel Guides, 2007 - 512 pages
source : Google Books

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Paul Dubois, pionnier de la psychothérapie

Publié le par antoiniste

    Paul Charles Dubois, né le 28 novembre 1848 à La Chaux-de-Fonds en Suisse et mort le 4 novembre 1918 à Berne, est un neurologue, neuropathologiste et psychothérapeute suisse. Il est considéré comme l'un des pionniers de la psychothérapie.
    Fils et petit fils d'horlogers, il fait ses études de médecine à Berne ou il s'installe et pratique la médecine, notamment l'électrologie. Après avoir beaucoup publié sur le domaine et même avoir inventé un appareil, il se tourne vers ce qu'aujourd'hui nous appellerions la médecine psychosomatique. C'est ainsi qu'il construit sa technique psychothérapeutique sous forme d'un dialogue socratique. L'hypnose était sur le déclin, Freud allait élaborer sa théorie des névroses. Dubois était dans un sorte de middle-group de psychothérapeutes qui ne pratiquaient ni hypnose ni psychanalyse. Dans un dialogue, il cherchait à convaincre que ses patients (psychosomatiques) n'étaient pas malades. Il les examinait sur le plan somatique mais surtout et avant tout dialoguait avec eux dans un but de persuasion qui peut être vu comme une forme de suggestion. Dubois est resté éloigné de la psychanalyse qu'il connaissait et il n'est pas sûr que Freud ait eu connaissance de ses travaux. "L'homme aux loups" (Serge Pankejev) devait être initialement traité à Berne par Dubois, mais à Vienne, il a rencontré Freud, est devenu son patient et a renoncé à aller chez Dubois. Il a encore connu d'illustres patients qu'il a soignés à Berne selon un régime sévère : hospitalisation d'un mois, régime alimentaire, etc. Ce médecin pouvait faire preuve d'un acharnement thérapeutique parfois démesuré. Il s'est engagé politiquement en défendant des thèses pacifistes, et en promouvant activement la neutralité de la Suisse dans la guerre 14-18.

source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Dubois_%28médecin%29

Pour aller plus loin :
Müller C., Paul Dubois, pionnier de la psychothérapie, Psychothérapies 2003/1, Vol. 23, p. 49-52.
Cet article est disponible en ligne à l’adresse :
http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=PSYS&ID_NUMPUBLIE=PSYS_031&ID_ARTICLE=PSYS_031_0049

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Maxence van der Meersch - Vie du curé d'Ars

Publié le par antoiniste

Type      Manuscrits
Établissement     Wasquehal
Cote     VDM_VCA_D05
Fait partie de     Livret imprimé et corrigé ; 1942 ; Livret imprimé, 10x10 cm

Vie du curé d'Ars ; 1941 et 1942
Biographie du curé d'Ars, Jean Marie Vianney, qui convertit sa paroisse par ses prédications et sa sainteté à partir de 1818.

Archives de Maxence Van der Meersch
Mots-clés     Littérature ; Religion
1789-1870
Ars-sur-Formans (Ain) ; Hagiographie ; Vianney, Jean-Marie

à lire en ligne sur le cite de la Bibliothèque numérique de Roubaix, dans le fond Maxence van der Meersch.
source : http://www.bn-r.fr/fr/notice.php?id=VDM_VCA_D05&from=&searchurl=%2Ffr%2Frecherche-resultat.php%3Ffrom%3D%26q%3Dreligion%26fl%3D%26start%3D120%26sort%3Dtri_annee%2520asc%26version%3D2.2

Le livre peut aussi être emprunté à la bibliothèque du temple antoiniste de Jemeppe.

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Pierre Debouxhtay - L'Antoinisme (1945)

Publié le par antoiniste

Auteur :     Pierre Debouxhtay
Titre :     L'Antoinisme (1945)
Editions :     La Pensée Catholique (Imp. Soledi, Liège), 35 pages

    L'Antoinisme
    I. Le guérisseur. Le révélateur
    II. Les livres sacrés
    III. Les doctrines
        A) DIEU
        B) LE MONDE MATERIEL
        C) L'HOMME
        D) LA MORALE
        E) LES SOURCES DE LA DOCTRINE ANTOINISTE
    IV. Le culte
        LE TEMPLE ANTOINISTE
        L'OPERATION GENERALE
        L'OFFICE DU SOIR
        LES FETES
        LA CONSECRATION DES TEMPLES
        LES SACREMENTS ANTOINISTES
        ENTERREMENT
        L'EMBLEME
        LE COSTUME
        LES MINISTRES DU CULTE
    V. Cause du succès de l'Antoinisme. Etat actuel
    VI. Du point de vue catholique que penser d'Antoine et de sa religion ?
        OBJECTIVEMENT
        SUBJECTVEMENT
    APPENDICE
        Dix Principes en prose révélés par le Père Antoine
    NOTRE BIBLIOGRAPHIE

    "Culte à visées universalistes, l'Antoinisme est, croyons-nous, un phénomène social unique en Wallonie ; que dans la suite, il s'étiole ou continue à provigner peu importe : il mérite d'être étudié impartialement" (p.1-2). Malheureusement, hormis l'auteur même et très récemment Régis Dericquebourg ou Anne-Cécile Bégot, l'Antoinisme a peu été étudié. On rejoint ce que dit l'auteur : c'est dommage, car c'est un phénomène unique en Wallonie, mais peut-être même dans le monde parmi le milieu ouvrier.
    Une note indique que l'on trouvera plus de détail dans l'ouvrage précédent de l'auteur. En effet, on a ici en grande partie un résumé, avec en plus les doctrines qui devaient faire l'objet d'un deuxième volume jamais paru, et une vision de la secte d'un point de vue catholique.
    On retrouve donc une biographie neutre. C'est assez rare pour le signaler. "Acquitté [lors de son premier procès], Antoine aurait continué de prescrire des drogues et n'aurait très probablement jamais eu recours exclusivement à la foi ; il serait resté guérisseur sans devenir fondateur de religion" (p.3). L'auteur résume donc "les trois phases dans la thérapeutique antoiniste :
- Première phase : Antoine recourt non seulement aux procédés des magnétiseurs thérapeutes et des médiums-guérisseurs, mais, en outre, il prescrit des drogues, notamment la liqueur Koene. Il faut toutefois noter que les prescriptions étaient dictées ou inspirées par l'esprit du Dr Caritas, du Dr Demeure, du curé d'Ars, ou de quelque autre habitant de l'erracité.
- Deuxième phase : En 1901, Antoine abandonne les drogues et même les procédés médianimiques (1) qui pourraient le faire condamner de nouveau. Il ne retient comme moyens thérapeutiques que la prière, les "bonnes paroles", l'inscription du nom du malade dans un registre, des passes, l'imposition des mains, ou le simple attouchement de la main sur la partie malade ou sur le front du patient.
- Troisième phase : Plus encore que le docteur Sangrado (2), Antoine simplifia l'art de guérir toutes les maladies. Le maître de Gil Blas renfermait "le fin de l'art salutaire" dans deux points : saigner et faire boire de l'eau. Le thaumaturge de Jemeppe qui, semble-t-il, n'avait jamais saigné personne mais avait fait boire beaucoup d'eau, se contenta d'imposer les mains à la foule, du haut d'une tribune, au cours de l'opération générale. Aux jours d'opération générale, les visiteurs sont introduits dans le temple. La préparation à la venue du Père ayant été faite par un disciple, Antoine apparaît ; il étent la main droite pour répandre les fluides sur la foule, puis se retire. Alors un adepte annonce : "L'opération est terminée. Les personnes qui ont la foi sont guéries ou soulagées." La cérémonie a duré à peine un quart d'heure." (p.3-4).
    Voilà où nous en sommes encore actuellement : le Père intercède toujours pour le malade par l'intermédiaire de la Mère puis des guérisseurs antoinistes. Donc pas d'imposition des mains, pas de papier magnétisé, pas de tisane... On peut ensuite être reçu dans le cabinet pour recevoir de "bonnes paroles" et faire une pensée (prière silencieuse). Du haut de la tribune, le desservant joint les mains simplement, pendant qu'un autre adepte costumé se tient à la petite tribune également les mains jointes.
    Après avoir cité l'histoire de l'origine des textes sacrés de l'Antoinisme, l'auteur précise plusieurs fois que leurs compréhensions est difficile et qu'on y remarque des contradictions (remarquons ici qu'il en est de même pour la Bible) ; contradictions dues au fait, nous dit l'auteur "d'un changement de perspective : une évolution de pensée".
    "On trouve dans l'antoinisme des aspirations morales, mystiques, un effort pour trouver en soi la source et la norme de la religion. Dans cette religion prévalent les valeurs de la "conscience", qui en pratique semble s'identifier avec le sentiment (3)(p.7).
    L'auteur voit beaucoup de contradictions donc, en ce qui concerne la doctrine : Dieu est à la fois bon, mais aussi mauvais ; il est le Dieu-Créateur de tout, mais aussi celui qui n'aurait pu créer ce qui est incompatible avec Lui (donc la matière) ; le rôle providentiel de la Divinité est à la fois rejeté et accepté... L'auteur oublie que ces contradictions s'annule avec ce qu'il aborde ensuite l'inexistence de la matière dans la doctrine antoiniste. Dieu a tout crée, car tout existe depuis toujours, mais nous n'en avons la perception que par nos sens biaisés qui imagine la matière : "Toute création n'existe qu'en apparence ; c'est nous qui l'imaginons tandis qu'elle n'est que l'ombre de la réalité, car ce qui existe réellement a toujours existé... Tout se résume en nous" (Développement, p.252)(p.10).
    Dans la morale antoiniste, l'auteur évoque la non existence du mal, ce qui annule également le fait qu'on puisse imaginer Dieu bon ou mauvais. Comme le dit la Bible "il est celui qui est", et tout a sa raison d'être donc tout est bien. "Dans cet enseignement, d'aucuns sentiront peut-être un relent quiétiste. Mais Antoine n'avait sûrement pas lu Molinos" (p.11)(4).
    Puis l'auteur explique que pour le guérir, il suffit de chasser l'imagination du mal, et se demande s'il faut "voir dans ce précepte une influence de la Christian Science ? Cette influence est possible ; cependant il ne semble pas qu'Antoine ait connu les oeuvres de Mary Baker-Eddy" (5). De fait, l'auteur n'évoque plus la Science Chrétienne dans les sources de la doctrine antoiniste. Il évoque cependant Hegel, citant l'abbé Léopold Brabant, mais réfute cette idée, en disant simplement qu'il ne faut pas prendre toutes pensées panthéiste comme ayant pu influencer Louis Antoine. Nous le suivons la dessus.
    Pierre Debouxhtay précise : "ce qui nous semble certain, c'est que dans ses livres sacrés, Antoine n'est pas un plagiaire, comme nous pourrions prouver que l'a été son neveu, le Père Dor, autre prophète wallon, qui s'identifiant avec le Christ, considérait son oncle comme son saint Jean-Baptiste. Ce qu'Antoine a emprunté, son esprit assez inculte l'a remanié et simplifié à sa façon, d'une façon que certains jugent parfois dépourvue de clarté : les adeptes proclamant d'ailleurs que l'enseignement est au-dessus de la compréhension de ceux dont l'intelligence n'a pas abdiqué en faveur de la conscience. Coeur pétri de bonté et de religiosité, Antoine n'avait pas la tête métaphysique" (p.15).
    Donc comme influence, l'auteur note : le spiritisme, qui prépara le terrain à la théosophie et ses doctrines panthéistes, christianisme et une mystique qui verse vers un panthéisme également. De la théosophie, "notre hiérophante (6) a éliminé les termes rébarbatifs dont sont farcies les oeuvres théosophiques. Ceux qui ont eu le vertige en tâchant de s'assimiler les doctrines occultes comprendront aisément que l'intellect du métallurgiste liégeois n'ait pu s'accommoder de ce jargon. Rejetant les oripeaux du vocabulaire, renonçant à s'aventurer dans le dédale des régions, plans, sous-régions, et sous-plans, Antoine a retenu les notions principales qu'il a élaguées pour les mettre à la portée de ses ouailles, gens du peuple pour la plupart (7). Quant à montrer qu'Antoine aurait eu présents à la mémoire ou sous les yeux tels ou tels passages d'oeuvres qu'on pourrait citer comme sources, c'est là une tâche longue et délicate, impossible à traiter dans une brève notice". (p.16). (8)
    Mais rappelons ce que l'auteur disait plus haut : "dans ses livres sacrés, Antoine n'est pas un plagiaire". Et comme la doctrine antoiniste est concentrée dans les textes sacrées, voire même uniquement dans le Couronnement, comme nous le précise l'auteur, on peut en conclure logiquement que la doctrine antoiniste est somme toute innovante.
    Concernant le culte, qu'il décrit dans les grandes lignes, Pierre Debouxhtay nous apprend que les antoinistes dissidents se proposent de célébrer l'anniversaire de la désincarnation de la Mère Antoine le 4 novembre. Est-ce une erreur de Pierre Debouxhtay, ou la date de désincarnation n'est pas la date de l'enterrement, et il y a eu un moment d'hésitation ? En tout cas, la fête de Mère est maintenant le 3 novembre. On en apprendra plus sur cette "dissidence", qui n'en est pas vraiment une, et auquel j'ai déjà consacré un billet.
    Concernant les ministres du culte, Pierre Debouxhtay fait une parallèle avec le catholicisme : "Au sommet de la hiérarchie antoiniste, se trouve le Représentant du Père (9). De même que le Pape est le vicaire de Jésus-Christ, chef invisible de l'Eglise catholique, ainsi chez les antoinistes le Père Antoine reste le chef réel, quoique invisible, du culte ; les ministres ne sont que ses instruments.
    "Le représentant du Père a la direction morale et religieuse de l'Antoinisme : il désigne les desservants et les lecteurs des temples. Les femmes peuvent être choisies aussi bien que les hommes comme ministres du culte.
    "L'administration du culte est entre les mains d'un conseil qui se compose du Représentant du Père et de huit membres. Chaque année, après la réunion du conseil, le bilan du culte est publié aux annexes du Moniteur Belge." (p.24).
    L'auteur en vient maintenant à la situation de 1945. A cette époque, le Représentant du Père ad intérim, Joseph Nihoul, décide de revenir à l'état du Temple du temps de Père et retire entre autre les photos à Jemeppe et dans les temples belges. "Le 1er avril 1943, un groupe dissident, se proclamant fidèle à la véritable tradition antoiniste, ouvrait un temple à Angleur, rue de Tilff, 84. Dans ce temple, qui contient cent et dix places assises et où le portrait du Père Antoine surmonte la tribune, les offices sont célébrés en semaine et le dimanche, jour où la salle est d'ordinaire comble. Alors que tous les temples, sauf celui de Jemeppe, sont fermés le 25 juin, le temple d'Angleur est resté ouvert et on y a célébré la fête du Père." (p.27)
    Ensuite l'auteur aborde la question du point de vue catholique concernant Antoine et sa religion. Influencés par la Théosophie, c'est une secte hérétique ou schismatique, donc des ennemis de la religion. Objectivement les doctrines s'opposent en plusieurs points. Subjectivement, l'auteur déclare : "pour être juste, il aurait fallu ajouter que dans l'ensemble les adeptes sont de fort braves gens, très charitables et très serviables" (p.29). Pierre Debouxhtay, finit son livre, en se définissant comme historien objectif et déclare que Louis Antoine, comme pour le vicomte E.-M. de Vogüe concernant Dostoïevski : "Je crompris que cette âme... échappait à notre mesure, fausse parce qu'elle est unique ; je remis le jugement à celui qui a autant de poids divers qu'il y a de coeurs et de destinées." (p.30). C'est à se demander si l'auteur ne serait pas devenu antoiniste, car il dit lui-même que dans l'antoinisme "l'homme est donc son propre législateur et son propre juge". (p.13). En tout cas, il nous enjoint à prendre cette règle pour juger de l'antoinisme et de son fondateur. C'est tout à son honneur.


(1) synonyme, un peu vieilli cependant, de médiumnique.
(2) "Saignée" en espagnol, le Docteur Sangrado est un personnage du roman picaresque publié par Alain-René Lesage de 1715 à 1735, Histoire de Gil Blas de Santillane. Lesage a procédé dans le roman comme au théâtre, ainsi derrière le docteur Sangrado  dont les principes médicaux se résument à la saignée et à la consommation d’eau chaude, c’est la pratique de la médecine tout entière dont se moque Lesage. (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Gil_Blas_de_Santillane)
(3) Wikipedia nous dit : Le sentiment est la composante de l'émotion  qui implique les fonctions cognitives de l'organisme. Il renvoie à la perception  de l'état physiologique du moment.
Le TLFi :
I. − Domaine des sens (excepté la vue et l'ouïe). Conscience que l'on a de soi et du monde extérieur.
II. − Domaine de l'intellect., de l'intuition. A. − Connaissance, conscience plus ou moins claire que l'on a de quelque chose. B. − Faculté de sentir, de comprendre ou d'apprécier un certain ordre de choses, de valeurs.
III. − Domaine de l'affectivité. A. − 1. État affectif complexe, assez stable et durable, composé d'éléments intellectuels, émotifs ou moraux, et qui concerne soit le « moi » (orgueil, jalousie...) soit autrui (amour, envie, haine...).  B. − Absolument. 2. Ensemble des états affectifs et, en partic., des états affectifs altruistes visant le bien de l'humanité.
(4) Doctrine mystique inspirée des œuvres de l'Espagnol Molinos, répandue en France à la fin du xviie s., suivant laquelle la perfection chrétienne réside dans la quiétude, c'est-à-dire l'« amour pur » et la contemplation de Dieu, en l'absence de toute activité propre de l'âme (TLFi). Miguel de Molinos (1628-1696), est à l'oigine du quiétisme, doctrine  mystique consistant en un itinéraire spirituel de « cheminement vers Dieu ». Il vise à la perfection chrétienne, à un état de quiétude « passive » et confiante. Cet itinéraire passe par un désir continuel de « présence à Dieu », de quiétude et d’union avec Dieu aboutissant au terme du cheminement, à un dépassement mystique des étapes qui ont permis le cheminement lui-même (pratiques ascétiques et respect des contraintes de la vie liturgiques). Pour les quiétistes l'union à Dieu bien avant la mort est le but de la vie chrétienne (http://fr.wikipedia.org/wiki/Qui%C3%A9tisme).
(5) Régis Dericquebourg et Anne-Cécile Bégot ne parle pas d'influence, mais de parcours identique, de la souffrance à la mystique. Maxence van der Meersch fait le même parallèle avec les autres religions sans évoquer la Science chrétienne.
(6)  ANTIQ. GR.  Prêtre qui, dans les religions à mystères, notamment à Éleusis (ville au nord-ouest d'Athènes), instruisait les futurs initiés en leur montrant solennellement les objets sacrés (TLFi).
(7) C'est ce qui fait dire à Régis Dericquebourg que la doctrine théosophique était dans l'ai du temps à l'époque dans les milieux spirites et que Louis Antoine en aurait eu connaissance par l'intermédiaire d'une vulgate, c'est-à-dire un résumé faisant foi de la doctrine.
(8) Notons que les oeuvres de H.P. Blavastky, à l'origine de la doctrine théosophique, sont également en grande partie à la limite du plagiat d'autres oeuvres. Ce qui rendra encore plus difficile la tâche de retrouver l'origine de la doctrine antoiniste.
(9) Remarquons que cette hiérarchie s'arrête aux Représentant du Père, il n'y a pas de niveau plus haut, et le niveau plus bas est l'adepte costumé (qui sera appelé à faire la lecture ou l'Opération au nom du Père et peut être desservant d'un temple). Ensuite il y a les adeptes non costumés. Mais costumés comme non costumés sont au même niveau de la hiérarchie. Et le Répresentant du Père, fonction qui a disparu pendant un moment en Belgique, et qui est de même encore actuellement non remplie, n'est que qu'une fonction de conseil.

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Thomas More - Des religions de l'Utopie

Publié le par antoiniste

    Les religions, en Utopie, varient non seulement d’une province à l’autre, mais encore dans les murs de chaque ville en particulier ; ceux-ci adorent le soleil, ceux-là divinisent la lune ou toute autre planète. Quelques-uns vénèrent comme Dieu suprême un homme dont la gloire et la vertu jetèrent autrefois un vif éclat.
    Néanmoins, la plus grande partie des habitants, qui est aussi la plus sage, rejette ces idolâtries, et reconnaît un seul Dieu, éternel, immense, inconnu, inexplicable, au-dessus des perceptions de l’esprit humain, remplissant le monde entier de sa toute-puissance et non de son étendue corporelle. Ce Dieu, ils l’appellent Père ; c’est à lui qu’ils rapportent les origines, les accroissements, les progrès, les révolutions, et les fins de toutes choses. C’est à lui seul qu’ils rendent les honneurs divins.
    Au reste, malgré la diversité de leurs croyances, tous les Utopiens conviennent en ceci : qu’il existe un être suprême, à la fois Créateur et Providence. Cet être est désigné dans la langue du pays par le nom commun de Mythra. La dissidence consiste en ce que Mythra n’est pas le même pour tous. Mais, quelle que soit la forme que chacun affecte à son Dieu, chacun adore sous cette forme la nature majestueuse et puissante, à qui seule appartient, du consentement général des peuples, le souverain empire de toutes choses.
    Cette variété de superstitions tend de jour en jour à disparaître et à se résoudre en une religion unique, qui parait beaucoup plus raisonnable. Il est même probable que la fusion serait déjà opérée, sans les malheurs imprévus et personnels qui viennent mettre obstacle à la conversion d’un grand nombre ; plusieurs, au lieu d’attribuer au hasard les accidents de ce genre, les interprètent, dans leur terreur superstitieuse, comme un effet de la colère céleste, comme une vengeance que le Dieu, dont ils s’apprêtent à délaisser le culte, tire de leur apostasie.

Thomas More, L'Utopie,
Livre second - Des religions de l’Utopie
1516 - Traduction : Victor Stouvenel, 1842
source : http://fr.wikisource.org/wiki/L'Utopie

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César Danneels - Mythes & légendes (1913)

Publié le par antoiniste

Auteur :    Edouard Daanson, pseud. pour César Danneels
TItre :     Mythes et Légendes, Etude sur l'origine & l'évolution des croyances religieuses par la comparaison des textes originaux
Editions :    Bruxelles : Chez les principaux libraires. [Bruges, l'Imprimerie Sainte Catherine], 1913, 412 pages (source : archive.org)

Recension :

César Danneels - Mythes & légendes (1913)(Revue archéologique 01 1914)

    Edouard Daanson. Mythes et légendes. Etude sur l’origine et l’évolution des croyances religieuses par la comparaison des textes originaux. Bruxelles, chez l’auteur et les principaux libraires, 1913. Gr. in-8, 417p., avec nombreuses gravure(1). « Ce livre d’histoire et de critique religieuse n’est pas, comme on pourrait le croire, l’œuvre d’un sectaire : c’est l’anthologie… d’une foule de textes éparpillés en un grand nombre d’autres. » II n’est pas donné à tout le monde de bien compiler. L’auteur a raison de faire cas de Saintyves (pseudonyme d’un savant libraire), mais il a tort de ne pas s’inspirer de sa méthode prudente. M. Daanson prend de toutes mains et, comme il arrive en pareil cas, chez les mauvais auteurs plus que chez les bons. Nous assistons là à une sarabande effrénée de fiches qui ne sont pas toujours exactement copiées. P. 171 : « Voici, d’après M. Bouché-Leclerc (sic), une partie du texte qu’on peut encore lire sur les inscriptions de Priène, d’Apamée, d’Eumeneia, d’Harlicarnasse » (sic). M. Bouché-Leclercq n’a jamais rien dit de pareil. Cà et là, il est question de saint Victor évèque de Tumonès (p. 220), d’Apollonius de Rhodès (p. 43), de l’indianiste Holdenberg (p. 46), du dieu Athys (p. 41). P. 159 « On a beaucoup discuté, on discute encore, on fait des phrases et des phrases et l’on entreprend régulièrement des polémiques avec des théologiens de tous degrés et de toutes sortes. » — P. 279 : « De la comparaison des différents textes entre eux, il n’est pas impossible qu’on ne trouve, un certain jour, un rayon de lumière ». Forme et fond, tout cela laisse à désirer.

                                                                                       X.

(1) 1. Comment se forment les légendes. — Il. Comment évoluent les mythes. — III. Jésus de Nazareth. IV. Le paradis des légendes. V. Origines et évolution de la légende de Jésus.

 

Revue archéologique, janvier 1914


    Evoque Antoine le Guérisseur aux pages 304-306 :
   Notre esprit moderne n'admet pas facilement pourtant que des légendes aussi bien échafaudées que celle du Christ aient pu être acceptées comme historiques par tout un peuple et plusieurs nations civilisées. C'est une erreur pourtant, car il naît encore tous les jours de nouvelles religions. La Russie, l'Angleterre et l'Amérique en foisonnent. Je citerai celle d'Antoine le Guérisseur, en Belgique, à peine née de quelques années, et qui dans le pays de Liège compte déjà plusieurs milliers d'adeptes. Il y en a même déjà à Paris où l'on vient d'ériger un temple antoiniste, rue Vergniaud. Antoine le Guérisseur était un thaumaturge comme le Christ. Il alla chercher sa doctrine en Russie. C'était un parfait ignorant qui, de même que Jacob Boehme en Allemagne, se crut, un jour, inspiré et se mit tout à coup à donner son opinion sur des questions théologiques. (Le vulgaire qui ne comprend rien à ce que raconte le théomane, est impressionné par la profondeur — c'est-à-dire l'incohérence — de sa parole — ou de son charabia, et croit facilement qu'il a affaire à un être supérieur, c'est-à-dire à un inspiré par Dieu). Il se trouve même des intellectuels pour gober les paroles d'Antoine. Ils croient et cela suffit pour déraisonner. Des gens atteints d'hystérose se présentèrent, et par auto-suggestion, purent comme à Lourdes, comme à Bénarès, et comme, jadis, à l'Asklépion d'Athènes, être guéris des maladies suivantes :
TROUBLES DE LA PEAU :     Anesthésie et hiperesthésie.
            Analgésie et hiperalgie.
            Autres troubles de la peau,
TROUBLES DES TISSUS PROFONDS : Fausse arthrite, Fausse tumeur blanche, Fausse coxalgie, Fausse arthralgie du genou, Sacrodynie.
TROUBLES DES ORGANES INTERNES : Anorexie, Gastralgie, Vomissement incoercible. Hématémèse, Fausse péritonite, Ovarie ou ovaralgie, Angine de poitrine, Fausse phtisie, Hémophtisie, Sein irritable, Mammite, Testicules douloureux. Fausse orchite, Priapisme et Frigidité.
TROUBLES DE LA VUE : Amaurose. Trouble de la perception des couleurs.
Modification du champ visuel.
TROUBLES DE L'OUIE : La surdité.
TROUBLES dE L'ODORAT : Anesthésie et analgésie olfactives.
TROUBLES DU GOÛT : Perte de la sensibilité gustative.
TROUBLES DU SYSTÈME NERVEUX :
    DU CERVEAU : Fausse méningite ; attaque convulsive. Folie hystérique ; attaque de délire, attaque de sommeil.
    DE LA MOELLE ÉPINIÈRE : Paralysie monoplégique. Paralysie hémiplégique. Paralysie paraplégique. Paralysie avec atrophie musculaire.
Bégaiement.
Aphasie.
Mutisme.
Dr. Rouby, "La Vérité sur Lourdes".

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