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Simone de Beauvoir - L'attraction

Publié le par antoiniste

    Et saurait-on pourquoi les masses s'attiraient ? L'attraction : c'était un mot commode qui servait à tout expliquer ; était-ce autre chose qu'un mot ? Étions-nous vraiment plus savants que les alchimistes de Carmona ? Nous avions mis en lumière certains faits qu'ils ignoraient, nous les avions groupés en bon ordre ; mais nous étions-nous enfoncés d'un seul pas dans le coeur mystérieux des choses ? Le mot de force était-il plus clair que celui de vertu ? Celui d'attraction plus que le mot : âme ? Et quand on appelait : électricité, la cause de ces phénomènes qu'on provoquait en frottant l'ambre ou le verre, était-on mieux renseigné que lorsqu'on appelait Dieu la cause du monde ?

Simone de Beauvoir, Tous les hommes sont mortels
Folio n°533, Paris, 1992 (p.417-18)

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Ralph Waldo Emerson - Qu'est-ce qui est moral ?

Publié le par antoiniste

    L'évolution d'une société destinée à des fins supérieures doit être morale ; elle doit suivre le sillon des roues célestes. Elle doit avoir des buts universels. Qu'est-ce qui est moral ? C'est de respecter en agissant les fins catholiques ou universelles. Écoutez la définition que Kant donne de la conduite morale : « Agis toujours de telle sorte que le motif immédiat de ton vouloir puisse devenir une règle universelle pour tous les êtres intelligents. »

La Civilisation
Ralph Waldo Emerson
traduit par Marie Dugard (1911)
source : http://fr.wikisource.org/wiki/La_Civilisation

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La Révélation, La loi humaine comparée à la loi de la conscience, p.156

Publié le par antoiniste

    Quand elle n'est pas l'instrument de la conscience, l'intelligence se développe dans le vice ; tandis qu'elle devrait être la loi vivante, le reflet de celles qui ont été révélées pour servir d'exemple aux moins avancés ; voilà de quelle façon elle se pénètre plutôt du mal que du bien.

La Révélation, La loi humaine comparée à la loi de la conscience, p.156

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La Révélation, La loi humaine comparée à la loi de la conscience (p.154)

Publié le par antoiniste

    Lorsqu'elles ne correspondent plus avec la cause qui les a fait instituer, ces lois opèrent contrairement, même au détriment de ceux qui ont pour mission de les faire respecter parce qu'ils les envisagent pour punir et non pour éduquer.

La Révélation, La loi humaine comparée à la loi de la conscience, p.154

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Antoinisme et socialisme

Publié le par antoiniste

Introduction :
Une idéologie socialiste
«Nul doute que tout spirite devrait avoir une mentalité socialiste, en considérant les graves problèmes économiques et sociaux qui affligent le monde contemporain. Le spiritualisme spirite est la conception idéologique la plus sûre pour développer une interprétation idéaliste exacte de l’homme et de l’histoire. Car tout ce qui est dit pour rendre compte des processus économiques de l’histoire, demeurera insuffisant si cela ne repose sur des faits spirituels évidents.»
Tiré de «Parapsychologie et matérialisme historique», Humberto Mariotti, Buenos Aires
source : http://www.allankardecparis.com/cercle_spirite_allan_kardec_les_pionniers_suite.htm


    Robert Vivier semble distancier son héros du socialisme. Cf. p.172 (Ah ! fit Antoine avec malice, on voit bien que vous êtes socialiste, Gony. Le suffrage universel, voyez-vous, c'est bon pour la politique mais ça n'a rien à faire avec le spiritisme) et cité par Claudine Gothot-Mersch, p.366 : "Aucun souci politique chez le guérisseur : la rencontre d'un socialiste se déroule dans l'ignorance (qu'est-ce que c'est socialiste ?) et dans la réticence (Est-ce que les hommes ont à décider de la justice ? Dieu seul est juste) ; d'ailleurs, les socialistes sont violents, cela suffit à les rendre suspects.
    Il y avait d'ailleurs une défiance des deux côtés, car Jules Bois, dans le Miracle Moderne, finit son chapitre par "la spirituelle parole du socialiste belge, M. Demblon, "Le mysticisme naît la plupart du temps dans les villes où il y a trop de fumée." (Pierre Debouxthay, p.69),
    Cependant certaines idées, certes dans l'air du temps, son proche entre cette doctrine politique et cette autre spirituelle.

    L'approche du concept de justice de Platon chercha a montrer que celle-ci était au profit des plus faibles, se rapprochant ainsi d'utopies sociales, de certains mouvements religieux ou laïcs antérieurs à 1789. D'autres le dateront à l'apparition de manifestations concrètes d'un mouvement identifié comme socialiste.
     Du point de vue idéologique, l’analyse matérialiste situe le socialisme dans une perspective historique de volonté de la suppression du rapport « dominé / exploiteur », et se place dans la lignée de la plupart des luttes d'émancipation depuis l'Antiquité.
    Du point de vue historique, ce mouvement nouveau a ainsi fait son apparition à l'époque des Révolutions industrielles du XIXe siècle et a trouvé un terrain de lutte intimement lié à la société moderne de classes (par opposition à la société des ordres), et notamment à la classe ouvrière. Le penseur principal de cette seconde phase est Karl Marx.
    Le socialisme est né aussi dans les années 1820-1830 avec des penseurs – les précurseurs – comme Saint-Simon qui s'inscrivit dans la lignée de l'école des idéologues. L'héritage de Saint-Simon sera multiple. Ses écrits ont été repris après sa mort en 1825 par Barthélemy Prosper Enfantin (polytechnicien), pour engendrer le courant du saint-simonisme (qu'on a évoqué ici dans la partie Les Utopies).
    Maintenant, de la pensée la plus proche à la plus éloigné de l'antoinisme :
- Le socialisme utopique, à l'image du Saint-Simonisme, a décliné après 1870 lorsque le marxisme s'est imposé comme la pensée majeure du socialisme. Il s'est cependant poursuivi à travers le mouvement coopératif et de nombreuses expériences communautaires auxquelles on doit rattacher les "milieux libres" libertaires, plus ou moins durables, plus ou moins organisées autour du travail, de l'épanouissement personnel (Les Rencontres du Contadour de Jean Giono), de valeurs morales (Les Communautés de l'Arche, etc. Et j'ajouterai ici l'Antoinisme.
- Le socialisme utopique prône la transformation sociale et l'édification d'une société idéale, fondée sur l'abondance et l'égalité. Le socialisme utopique repose sur une vision très optimiste de l'homme : l'homme est bon par nature, ce qui implique qu'on peut faire confiance en sa raison pour faire évoluer la société et aboutir à une civilisation de la Raison et du bien-être. Le socialisme utopique diffère d'autres socialisme par sa méthode. Il ne prône généralement pas de révolution, et ne fait pas confiance en l'action de l'État.
- Le socialisme chrétien tire sa source du message de Jésus Christ dans les évangiles, en particulier le sermon sur la montagne. Il se base sur l’idée d’égalité entre hommes (égalité des âmes), la fraternité entre hommes (tous frères car « fils de Dieu ») et la dignité humaine (les hommes sont faits « à l’image de Dieu »). Il prône en particulier un certain détachement personnel des richesses et plaisirs matériels (accusés de détourner l’homme du Bien) et l’aide aux plus pauvres et persécutés.
- Le socialisme marxiste est une théorie politique basée sur la conception matérialiste de l’Histoire, et caractérisée par l’objectif de la mise en commun des moyens de production et d'échanges ainsi que par la répartition des biens équitablement à tous. Ce courant a été principalement marqué par la pensée de Karl Marx, d'où le terme « marxisme ». Il lutte pour un monde sans classes sociales et sans oppression.

Quelques citations de Jean Jaurès :
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.
      Jean Jaurès, Discours à la jeunesse, 1903, à Albi, dans Anthologie de Jean Jaurès, Louis Lévy, Calmann-Lévy, paru en 1983, ISBN 2826605771, p. 273.

Mais dans l’ordre prochain, dans l’ordre socialiste, c’est bien la liberté qui sera souveraine. Le socialisme est l’affirmation suprême du droit individuel. Rien n’est au-dessus de l’individu.
      « Socialisme et liberté » (1898), dans Œuvres, Jean Jaurès, éd. Rieder, 1931, vol. 6, p. 87

«Quel que soit l'être de chair et de sang qui vient à la vie, s'il a figure d'homme, il porte en lui le droit humain.»

«La cruauté est un geste de servitude : car elle atteste que la barbarie du régime oppresseur est encore présente en nous.»

«La République c'est le droit de tout homme, quelle que soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté.»

«Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience.»

«Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir.»

«L’histoire humaine n’est qu’un effort incessant d’invention, et la perpétuelle évolution est une perpétuelle création.»

«Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire.»


    Dans l'ouvrage de Louis-Auguste Blanqui, L'Éternité par les astres (1872), élaboré il est vrai sur la fin de sa vie alors qu’il subit une fois de plus la prison, il expose que la combinaison d'atomes dont nous résultons se reproduit un nombre infini de fois (dans l'infinité de l'espace et du temps) de sorte que chacun de nous a une infinité de sosies.

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Ivan Sergeievitch Aksakof - L'église du village

Publié le par antoiniste


Dans un village se voit une église récemment bâtie grâce à l’offrande de marchands. Les offices divins y sont célébrés avec pompe. Devant les iconostases brûlent des cierges. Jeunes et vieux en entrant font leur prière, prosternés et saluant à droite et à gauche.

Les chants sacrés s’élèvent avec harmonie, et le diacre répète la parole de paix ; il rappelle à ceux qui prient ceux qui souffrent.

Et le long des murs de l’église rampe la fumée de l’encens, et ceux qui entrent voient de grands rayons lumineux coupant en biais les bandes de poussière sous le soleil tamisé par les vitraux dans le temple de Dieu.

Debout, le pauvre Aliaschka rayonne de joie ; il est heureux, car c’est la première fois qu’il a déposé dans le plateau du quêteur un kopeck qu’il a pris dans sa bourse de cuir et dont il a entendu le son de cuivre. Cette aumône, ce kopeck, il l’a gagné à grand-peine.

Et, par la fenêtre ouverte, monte au ciel la fumée bleue avec l’harmonie des chants.


Ivan-Sergeievitch AKSAKOF.

Recueilli dans Les grands écrivains de toutes les littératures,
Cinquième série, Tome quatrième.

source : www.biblisem.net

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Jules Laforgue - Fraternité

Publié le par antoiniste

FRATERNITÉ. - Nous disons : humains, et qu'on est tous frères ! Non, la femme n'est pas notre frère ; par la paresse et la corruption nous en avons fait un être à part, inconnu, n'ayant d'autre arme que son sexe, ce qui est non seulement la guerre perpétuelle, mais encore une arme pas de bonne guerre - adorant ou haïssant mais pas compagnon franc, un être qui forme légion avec esprit de corps, franc-maçonnerie - des défiances d'éternel petit esclave. O jeunes filles, quand serez-vous nos frères, nos frères intimes sans arrière-pensée d'exploitation ! Quand nous donnerons-nous la vraie poignée de main !


Jules Laforgue, Sur la femme
Oeuvres complètes de Jules Laforgue

source : gallica

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Henri Pirenne - La liberté de l'ouvrier

Publié le par antoiniste

    Toute la question sociale se réduisait au jeu de l'offre et de la demande. Toute intervention serait un trouble. L'harmonie ne résultait-elle pas de la concurrence ? Les crises même n'étaient-elles pas des cataclysmes aussi fatals que ceux de la nature ? Si le prolétariat grandissait sans cesse et si la misère des travailleurs était trop évidente pour qu'on pût la nier, c'était là un mal aussi inévitable dans l'organisme industriel que la maladie dans l'organisme physique. La liberté ne fournissait-elle pas d'ailleurs à l'ouvrier tous les moyens d'améliorer sa condition ? On lui avait donné des écoles ; en sa faveur on avait supprimé les octrois ; des caisses d'épargne étaient ouvertes ; s'il ne profitait pas de ces avantages, les seuls qu'on pût lui offrir sans le dégrader, à qui pourrait-il s'en prendre, sinon à lui-même ? [...] Par ignorance, mais surtout par piété, il se résignait à son sort. La propagande socialiste qui, avant 1848, n'avait pu mordre sur lui, avait cessé, et l'Église en lui faisant accepter sa misère, l'empêchait de protester.

Henri Pirenne, Histoire de Belgique,
volume 7. De la Révolution de 1830 à la guerre de 1914, p.281
source : archive.org

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La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité (p.137)

Publié le par antoiniste

    Souvent nous voudrions démontrer la réalité à quelqu'un qui ne pourrait encore la comprendre ; ne serait-ce pas entraver son libre arbitre, notre désir de l'éclairer n'est-il pas dicté plutôt par une faiblesse ?

La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité, p.137

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La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité (p.136)

Publié le par antoiniste

La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité (p.136)

    Notre foi nous inspire qui nous devons consulter afin de réaliser notre progrès.

La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité, p.136

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