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La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité (p.136)

Publié le par antoiniste

 

 

 

    Croire qu'une personne peut nous soulager et refuser de lui demander assistance, c'est agir contre son progrès.

La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité, p.136

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La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité (p.131)

Publié le par antoiniste

    L'honnêteté et l'égalité sont inséparables de la foi. Quand nous posséderons cette vertu, nous jouirons de la fraternité.

La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité, p.131

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La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité (p.127)

Publié le par antoiniste

 

 

 

    Si de chaque acte de bien on recevait directement le salaire, on ne travaillerait plus qu'en vue de celui-ci, plutôt pour soi que pour le prochain. Voilà pourquoi il est dit que sans épreuve il n'est point d'avancement.

La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité, p.127

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Maxence Van der Meersch, Masque de chair - L'amour est vie !

Publié le par antoiniste

    Mais je viens de découvrir, sous la conduite de mon vieux prêtre, qu'il me restait un amour permis : le don de moi, non plus à une compagne chère, mais à tous, à tous ceux qui souffrent. La charité.
    Joie de la résurrection ! Joie de revivre ! Car n'avoir plus le droit d'aimer, c'est être un mort parmi les hommes. L'amour est vie !

Maxence Van der Meersch, Masque de chair
Albin Michel, Paris, 1958 (p.132)

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Marcel Moreau, Monstre - Le bourreau et la victime

Publié le par antoiniste

    Le bourreau et la victime procèdent de la même barbarie.

Marcel Moreau, Monstre (1986), p.9
Luneau Ascot Editeurs, Paris

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John Stuart Mill - En parler ouvertement

Publié le par antoiniste

    On ne peut ni prévenir, ni guérir les maux de la société, tout comme les maladies du corps, à moins d'en parler ouvertement.
                                                John Stuart MILL.

in Dr Georges DRYSDALE
LA PAUVRETÉ : Sa seule cause, son seul remède avec des vues sur la question sexuelle, l'amour libre, la suppression du mariage, du célibat, de la prostitution, de la guerre.
source : archive.org

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George Orwell - 1984 - Troisième partie, chapitre II

Publié le par antoiniste

    Dieu, c’est le pouvoir. Mais actuellement, le pouvoir, pour autant qu’il vous concerne, n’est pour vous qu’un mot. Il est temps que vous ayez une idée de ce que signifie ce mot pouvoir. Vous devez premièrement réaliser que le pouvoir est collectif. L’individu n’a de pouvoir qu’autant qu’il cesse d’être un individu. Vous connaissez le slogan du Parti : « La liberté, c’est l’esclavage. » Vous êtes-vous jamais rendu compte qu’il était réversible ? « L’esclavage, c’est la liberté. » Seul, libre, l’être humain est toujours vaincu. Il doit en être ainsi, puisque le destin de tout être humain est de mourir, ce qui est le plus grand de tous les échecs. Mais s’il peut se soumettre complètement et entièrement, s’il peut échapper à son identité, s’il peut plonger dans le parti jusqu’à être le Parti, il est alors tout-puissant et immortel.

George Orwell, 1984
Troisième partie, chapitre II

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Emile Zola - Germinal - Monsieur le curé

Publié le par antoiniste

    Dehors, la Maheude s'étonna de voir que le vent ne soufflait plus. C'était un dégel brusque, le ciel couleur de terre, les murs gluants d'une humidité verdâtre, les routes empoissées de boue, une boue spéciale au pays du charbon, noire comme de la suie délayée, épaisse et collante à y laisser ses sabots. Tout de suite, elle dut gifler Lénore, parce que la petite s'amusait à ramasser la crotte sur ses galoches, ainsi que sur le bout d'une pelle. En quittant le coron, elle avait longé le terri et suivi le chemin du canal, coupant, pour raccourcir, par les rues défoncées, au milieu de terrains vagues, fermés de palissades moussues. Des hangars se succédaient, de longs bâtiments d'usine, de hautes cheminées crachant de la suie, salissant cette campagne ravagée de faubourg industriel. Derrière un bouquet de peupliers, la vieille fosse Réquillart montrait l'écroulement de son beffroi, dont les grosses charpentes restaient seules debout. Et, tournant à droite, la Maheude se trouva sur la grande route.
    — Attends! attends! sale cochon! cria-t-elle, je vas te faire rouler des boulettes!
    Maintenant, c'était Henri qui avait pris une poignée de boue et qui la pétrissait. Les deux enfants, giflés sans préférence, rentrèrent dans l'ordre, en louchant pour voir les patards qu'ils faisaient au milieu des tas. Ils pataugeaient, déjà éreintés de leurs efforts pour décoller leurs semelles, à chaque enjambée.
    Du côté de Marchiennes, la route déroulait ses deux lieues de pavé, qui filaient droit comme un ruban trempé de cambouis, entre les terres rougeâtres. Mais, de l'autre côté, elle descendait en lacet au travers de Montsou, bâti sur la pente d'une large ondulation de la plaine. Ces routes du Nord, tirées au cordeau entre des villes manufacturières, allant avec des courbes douces, des montées lentes, se bâtissent peu à peu, tendent à ne faire d'un département qu'une cité travailleuse. Les petites maisons de briques, peinturlurées pour égayer le climat, les unes jaunes, les autres bleues, d'autres noires, celles-ci sans doute afin d'arriver tout tout de suite au noir final, dévalaient à droite et à gauche, en serpentant, jusqu'au bas de la pente. Quelques grands pavillons à deux étages, des habitations de chefs d'usine, trouaient, la ligne pressée des étroites façades. Une église, également en briques, ressemblait à un nouveau modèle de haut fourneau, avec son clocher carré, sali déjà par les poussières volantes du charbon. Et, parmi les sucreries, les corderies, les minoteries, ce qui dominait, c'étaient les bals, les estaminets, les débits de bière, si nombreux, que, sur mille maisons, il y avait plus de cinq cents cabarets.
    Comme elle approchait des Chantiers de la Compagnie, une vaste série de magasins et d'ateliers, la Maheude se décida à prendre Henri et Lénore par la main, l'un à droite, l'autre à gauche. Au delà, se trouvait l'hôtel du directeur, M. Hennebeau, une sorte de vaste chalet séparé de la route par une grille, suivi d'un jardin où végétaient des arbres maigres.
[...]
    Elle avait pris à gauche le chemin de Joiselle. La Régie, était, là, dans l'angle de la roule, un véritable palais de briques, où les gros messieurs de Paris, et des princes, et, des généraux, et des personnages du gouvernement, venaient chaque automne donner de grands dîners. Elle, tout en marchant, dépensait déjà les cent sous: d'abord
du pain, puis du café; ensuite, un quart de beurre, un boisseau de pommes de terre, pour la soupe du matin et la ratatouille du soir; enfin, peut-être un peu de fromage de cochon, car le père avait besoin de viande.
    Le curé de Montsou, l'abbé Joire, passait en retroussant sa soutane, avec des délicatesses de gros chat bien nourri, qui craint de mouiller sa robe. Il était doux, il affectait de ne s'occuper de rien, pour ne fâcher ni les ouvriers ni les patrons.
    — Bonjour, Monsieur le curé.
    Il ne s'arrêta pas, sourit aux enfants, et la laissa plantée au milieu de la roule. Elle n'avait point de religion, mais elle s'était imaginé brusquement que ce prêtre allait lui donner quelque chose.
    Et la course recommença, dans la boue noire et collante. Il y avait encore deux kilomètres, les petits se faisaient tirer davantage, ne s'amusant, plus, consternés. A droite et à gauche du chemin, se déroulaient les mêmes terrains vagues clos de palissades moussues, les mêmes corps de fabriques, salis de fumée, hérissé de cheminées hautes. Puis, en pleins champs, les terres plates s'étalèrent immenses, pareilles à un océan de mottes brunes, sans la mâture d'un arbre, jusqu'à la ligne violâtre de la forêt de Vandame.
    — Porte-moi, maman.
    Elle les porta l'un après l'autre. Des flaques trouaient la chaussée, elle se retroussait, avec la peur d'arriver trop sale. Trois fois, elle faillit tomber, tant ce sacré pavé était gras. Et, comme ils débouchaient enfin devant le perron, deux chiens énormes se jetèrent, sur eux, en aboyant si fort, que les petits hurlaient de peur. Il avait fallu que le cocher prît un fouet.
    — Laissez vos sabots, entrez, répétait Honorine.
    Dans la salle à manger, la mère et les enfants se tinrent immobiles, étourdis par la brusque chaleur, très gênés des regards de ce vieux monsieur et de cette vieille dame, qui s'allongeaient dans leurs fauteuils.
    — Ma fille, dit cette dernière, remplis ton petit office.
    Les Grégoire chargeaient Cécile de leurs aumônes. Cela rentrait dans leur idée d'une belle éducation. Il fallait être charitable, ils disaient eux-mêmes que leur maison était la maison du bon Dieu. Du reste, ils se flattaient de faire la charité avec intelligence, travaillés de la continuelle crainte d'être trompés et d'encourager le vice. Ainsi, ils ne donnaient jamais d'argent, jamais! pas dix sous, pas deux sous, car c'était un fait connu, dès qu'un pauvre avait deux sous, il les buvait. Leurs aumônes étaient donc toujours en nature, surtout en vêtements chauds, distribués pendant l'hiver aux enfants indigents.
    — Oh! les pauvres mignons! s'écria Cécile, sont-ils pâlots d'être allés au froid!... Honorine, va donc chercher le paquet, dans l'armoire.
    Les bonnes, elles aussi, regardaient, ces misérables, avec l'apitoyement et la pointe d'inquiétude de filles qui n'étaient pas en peine de leur dîner. Pendant que la femme de chambre montait, la cuisinière s'oubliait, reposait, le reste de la brioche sur la table, pour demeurer là, les mains ballantes.
    — Justement, continuait Cécile, j'ai encore deux robes de laine et, des fichus... Vous allez voir, ils auront chaud, les pauvres mignons!
    La Maheude, alors, retrouva sa langue, bégayant :
    — Merci bien, mademoiselle,.. Vous êtes tous bien bons...
    Des larmes lui avaient, empli les yeux, elle se croyait, sûre des cent sous, elle se préoccupait seulement de la façon dont elle les demanderait, si on ne les lui offrait pas. La femme de chambre ne reparaissait plus, il y eut un moment de silence embarrassé. Dans les jupes de leur mère, les petits ouvraient de grands yeux et contemplaient, la brioche.

Emile Zola, Germinal
Deuxième partie, chapitre II, p.83

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Benoîte Groult - Ainsi soit-elle - Belle Déclaration, Belles Paroles

Publié le par antoiniste

    En France, quand les moeurs sont en avance, ce sont les lois qui résistent. Et quand les lois précèdent les moeurs, elles ne sont tout simplement pas appliquées ! Deux siècles après la Déclaration des droits de l'homme, il faut encore lutter pour qu'elle s'applique à l'espèce humaine tout entière.

Benoîte Groult, Ainsi soit-elle (p.130)
Le Livre de Poche, Paris, 1975

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Emile Zola - Germinal - Du pain ! du pain ! du pain !

Publié le par antoiniste

    — Du pain ! du pain ! du pain !
    Alors, il se fâcha, il cria furieusement dans le vacarme :
    — Du pain ! est-ce que ça suffit, imbéciles ?
    Il mangeait, lui, et il n’en râlait pas moins de souffrance. Son ménage ravagé, sa vie entière endolorie lui remontaient à la gorge, en un hoquet de mort. Tout n’allait pas pour le mieux parce qu’on avait du pain. Quel était l’idiot qui mettait le bonheur de ce monde dans le partage de la richesse ? Ces songe creux de révolutionnaires pouvaient bien démolir la société et en rebâtir une autre, ils n’ajouteraient pas une joie à l’humanité, ils ne lui retireraient pas une peine, en coupant à chacun sa tartine. Même ils élargiraient le malheur de la terre, ils feraient un jour hurler jusqu’aux chiens de désespoir, lorsqu’ils les auraient sortis de la tranquille satisfaction des instincts, pour les hausser à la souffrance inassouvie des passions. Non, le seul bien était de ne pas être, et, si l’on était, d’être l’arbre, d’être la pierre, moins encore, le grain de sable, qui ne peut saigner sous le talon des passants.
    Et, dans cette exaspération de son tourment, des larmes gonflèrent les yeux de M. Hennebeau, crevèrent en gouttes brûlantes le long de ses joues. Le crépuscule noyait la route, lorsque des pierres commencèrent à cribler la façade de l’hôtel. Sans colère maintenant contre ces affamés, enragé seulement par la plaie cuisante de son cœur, il continuait à bégayer au milieu de ses larmes :
    — Les imbéciles ! les imbéciles !
    Mais le cri du ventre domina, un hurlement souffla en tempête, balayant tout.
    — Du pain ! du pain ! du pain !

Emile Zola, Germinal
Cinquième partie, chapitre V

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