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Berkeley - J'ai une propre notion de Dieu

Publié le par antoiniste

    En réfléchissant sur moi-même, en exaltant à l'infini mes puissances et en écartant mes imperfections, j'obtiens une "image ou ressemblance de Dieu". Je n'en ai pas une "idée", c'est-à-dire une perception, mais comme de toutes les substances spirituelles, j'en ai une "notion". La matière, au contraire, n'est ni perçue objectivement, ni pensable réflexivement, d'après autre chose. De même, je ne me perds pas en Dieu : j'appréhende immédiatement mes propres actions, l'activité divine ne m'est que médiatement percevable. A ce titre seulement, je puis dire que j'ai une "directe ou propre notion" de Dieu.
[...]
    De même que la vue ne "voit" pas la distance suggérée par le tact, de même que nous ne "percevons" par les esprits, bien que nous en ayons des "notions"; de même que je ne "vois" pas Dieu, je ne saisis pas la substance divine par un rapport immédiat, je le conclus par la nature, sa création, sa "grammaire". Le monde est la révélation de Dieu. Dieu me parle par le monde. Ce symbolisme d'immanence divine doit suffire à me pénétrer de Dieu. A qui ne comprend ce langage aucun autre ne pourra suffire. Telle est la grande pensée de la philosophie de Berkeley, la marque de son génie. Haute et puissante vue métaphysique, qui honore son intelligence !

    Jean Didier, Berkeley, VIII, La religion et la morale

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Nous devrions agir toujours naturellement

Publié le par antoiniste

Dans la Fable des abeilles (1708), The fable of the bees or private vices public benefits, Bernard de Mandeville veut prouver (c'est un poème) que les vices des particuliers sont des bienfaits pour la société. cet ouvrage, qui fut vendu comme pamphlet dans les rues de Londres, "dépeint une société d'abeilles à l'apogée de la prospérité et de la puissance. Toutes travaillent avec ardeur à satisfaire aux besoins communs. L'activité incessante, le mécontentement, a volupté, la vanité, l'imposture règnent, mais contribuent en somme au bien commun. La dépravation qui règne dans les parties individuelles de l'Etat fait précisément de l'ensemble un vrai paradis, de même que les divers sons discordants d'un morceau de musique relèvent l'harmonie de l'ensemble. Les pauvres mêmes vivent mieux que vivaient les riches. Mais quelqu'un vinrent qui se mirent à crier : Plus de corruptions ! Grand Dieu, contentons-nous d'être honnêtes ! Et ce cri trouva un écho. Les imposteurs les plus acharnés mirent le plus d'acharnement à réclamer à grands cris l'honnêteté. Les cieux exaucèrent cet appel. L'hypocrisie disparut. Le luxe cessa. Il n'y eut plus de guerres de conquête. La domination des prêtres et la bureaucratie furent restreintes. La chose publique prit soin des pauvres. On se contenta des produits indigènes et l'on n'eut plus besoin d'importer des marchandises précieuses. Aussi,la navigation cessa-t-elle. La population diminua, et enfin, l'essaim tout entier se retira dans le creux d'un arbre. on était parvenu au contentement et à la loyauté, mais l'éclat et la puissance avaient disparu. - La morale est assez claire, conclut Höffding. Le bonheur et la moralité de l'individu ne peuvent subsister à côté de la civilisation et de la société." Mandeville s'oppose à Shaftesbury, à son optimisme et à sa doctrine du sens moral. Pour se concilier les théologiens, il déclare le créateur incompréhensible, et non cruel.
    C'est contre ces propagateurs de l'athéisme et de l'"amoralité" que s'éleva Berkeley. On ne comprend rien à son oeuvre, si on ne l'envisage sous cet angle : Berkeley est, avant tout, l'adversaire des libres penseurs de son temps. S'il supprime la matière, c'est que,  son avis, elle favorise l'athéisme; c'est pour ne laisser subsister que des esprits, pour poser l'activité unique de Dieu.

Jean Didier, Berkeley, VIII, La religion et la morale

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Comment nos sens nous trompent 7 - des ronds peuvent-ils former une spirale

Publié le par antoiniste

 Est-ce une spirale ou des cercles de tailles différentes que nous voyons ?

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la mise en abîme

Publié le par antoiniste

La mise en abyme ou mise en abysme (on écrit aussi plus rarement[1] : mise en abîme) est un procédé consistant à incruster une image en elle-même, ou, d'une manière générale, à représenter une œuvre dans une œuvre de même type. On y retrouve le type d'« autosimilarité » qui constitue également le principe des fractales ou de la récursivité en mathématiques (wikipedia).

 Ici avec Eartha Kitt chantant C'est si bon (source : youtube Eartha Kitt - C'est Si Bon (Live Kaskad 1962))

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Tu aimeras ton prochain comme toi-même (pour les Musulmans)

Publié le par antoiniste

Encore une observation: alors que la doctrine chrétienne prescrit d'aimer son prochain comme soi-même, la doctrine musulmane prescrit d'aimer pour son frère (an yuhibba li-akhî-hi) ce qu'on aime pour soi-même. La formulation islamique de la règle d'or n'est pas motivée par des exigences linguistiques ou syntaxiques de la langue arabe, elle est plutôt intentionnelle : aimer non pas l'autre, mais « pour l'autre ce que [...] ». L'objet de l'amour se trouve au-delà de l'homme parce qu'il se trouve, à nouveau, en Dieu. Comme l'écrivit l'éminent théologien médiéval Ghazâlî (m. 505/1111), Dieu Seul est Celui qui mérite l'amour ; et l'amour de l'homme pour lui-même conduit directement à Dieu du moment que l'existence de tout homme est due à Dieu. 
Mais qui est celui pour lequel on doit aimer ce qu'on aime pour soi-même ? Un autre grand compilateur de propos et faits prophétiques reconnus comme canoniques, Tirmidhî (m. 278/899), rappelle immédiatement que « si tu aimes pour les gens ce que tu aimes pour toi-même, tu es musulman ». Et le frère aussi est musulman : d'après la littérature de Tradition pas très différente en celà de la littérature néo-testamentaire la fraternité est une idée liée avant tout à l'appartenance à la même confession : nombreux rappellent que le frère du musulman est le musulman, que le frère du croyant est le croyant, que l'on est frères dans la religion de Dieu et dans son livre, ou mieux dans le pacte de l'Envoyé, et que, lorsqu'il prie, même l'esclave est un frère. Le Coran même déclare que « les croyants sont tous frères » (Coran 49,10) qu' « Il a mis de l'harmonie dans le cœur, et pour Sa grâce vous êtes devenus frères » (Coran 3,102-103).
L'appel à l'amour fraternel doit donc être interprété, dans la plupart des cas, dans un sens confessionnel. Encore une fois Ghazâlî explorant les pêchés du cœur et l'envie, écrit que « la créature n'arrive pas à la véritable foi tant qu'elle n'aime pas pour les autres musulmans ce qu'elle aime pour elle-même ; ou mieux, il est nécessaire qu'elle soit coparticipante dans le bon et le mauvais sort. Les musulmans sont en effet comme un unique édifice dont une partie est reliée à l'autre, ils sont comme un seul corps où, si un membre souffre, le reste du corps souffre lui aussi » La règle d'or d'après l'islam peut donc se retraduire de la façon suivante : aime le Seigneur et aime Sa Parole selon le Coran, et ton amour envers Dieu, en d'autres termes ta foi, soit au bénéfice de toi-même et également au bénéfice de tous les musulmans. Il ne suscite donc aucune merveille que cette règle, si clairement marquée par les traits du confessionnalisme, soit devenue parfois, du côté islamique, une invitation à la conversion : le notable baghdadien Ahmad ibn al-Munajjim (IX-X siècle après J.-C) écrivit au chrétien Qustâ ibn Lûqâ en conclusion d'une lettre sur la vérité de l'islam : « J'ai achevé le bon conseil pour toi, j'ai aimé pour toi ce que j'ai aimé pour moi-même. Crains Dieu, Celui vers lequel tu vas, et reviens à la vérité qui est pour toi la chose plus digne vers où revenir » .
Il est clair que ce qui précède ne prétend évidemment pas de réduire ou de discuter le poids culturel et encore moins la portée de paix d'Une parole entre vous et nous ; mais plutôt de remarquer, comment il est désormais habituel de recueillir de grandes paroles qui sont sans aucun doute valables pour le dialogue, mais qui sont isolées, déracinées de leur contexte culturel. Il y va de même avec « lâ ikrâh fî al-dîn », le célèbre « aucune constriction dans la Foi » contenu dans la Sourate de la Vache (Coran 2,256), cité entre autre, dans la Déclaration universelle des droits de l'homme en Islam rédigée en 1981 sur initiative du Conseil islamique d'Europe, repris par Benoît XVI dans la lectio magistralis de Regensburg et ensuite dans la réponse suivante d'influents théologiens et juristes musulmans, la Lettre ouverte à Sa Sainteté le Pape Benoît XVI. Dans ce cas-là également, la parole coranique figurait partout sans relations de sorte, dans un sens général et absolu, comme précepte trans-historique, mettant de côté les nombreuses restrictions à ce sujet, des restrictions que l'exégèse coranique a bien illuminées au cours de sa longue histoire. Mais les particularités culturelles existent, même en matière de religions révélées. Que conclure ? Voilà une réponse difficile. Louis Massignon écrivit que le succès ne consiste pas à rechercher des mesures communes et des dénominateurs communs ; «Ce que nous devons essayer de faire converger est ce qui se trouve de plus authentique dans l'originalité de chaque religion». Cependant, constater la tendance à relire l'écriture à nouveau, mot par mot, sans pré-compréhension, est déjà important.

source : http://www.arzillier.ch/images/Aimer%20le%20prochain%20pour%20l'islam.doc.

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Comment nos sens nous trompent 5 - ordre des lettres

Publié le par antoiniste

 Lire ce texte ne constitue par un grand problème, bien que les lettres de chaque mot soient mélangées, uniquement la première et dernière sont à leur place.

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Claire Lejeune - Tes lèvres trament une prière

Publié le par antoiniste

Tes lèvres trament une prière ;
J'ai oublié déjà les mots que tu diras.
L'esprit devance et déflore le geste,
Quand le corps accomplit,
L'écho s'est déjà perdu.

Claire Lejeune, Mémoire de Rien, La gange et le feu,
Editions Labor - Espace Nord, p.22

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Tu aimeras ton prochain comme toi-même (pour les Chrétiens protestants)

Publié le par antoiniste

« Aime ton prochain comme toi-même » possible ? On peut comprendre ce commandement de deux façons différentes. Soit il s'agit d'aimer son prochain comme on s'aime soi-même, pour aimer l'autre il faut donc commencer par s'aimer soi-même, soit il faut le comprendre comme si l'autre était un autre nous-même, autrement dit : ne fais pas à l'autre ce que tu ne souhaites pas que l'on te fasse.


Re : pasteur

- Q : Je comprends mieux la deuxième explication qui est plus facile à mettre en œuvre que la première, je me suis toujours demandé ce que cela signifiait de s'aimer soi-même.
- R : Oui d'autant que beaucoup de gens passent une bonne partie de leur vie à essayer de s'aimer, si ils y arrivent il ne reste plus beaucoup de temps pour les autres. Et celui qui n'y arrive pas cela le dispense d'aimer les autres.
- Q : C'est quoi s'aimer ? Se regarder dans une glace le matin et se dire : tu sais tu es un type bien, tu réussis tout ce que tu entreprends, t'es beau, toutes les filles sont amoureuses de toi... Moi personnellement je n'y arrive pas, moi le matin dans ma glace je ne me fais que des reproches.
- R : Au fond nous pourrions dire qu'aimer son prochain comme soi-même c'est faire de l'autre une sorte de miroir pour nous-même, voir dans l'autre des raisons d'exister et de continuer à faire ce que l'on fait, attendre sa réprobation ou son acquiescement.
- Q : Pour toi donc ce commandement d'amour c'est le commandement de se mettre en relation les uns avec les autres. Cela va de soi non ?
- R : Oui et non, parce qu'il dépend de nous, et des autres évidemment, que les relations que nous tissons soient sincères, qu'il n'y ait ni violence ni rejet qui viennent les rompre.
- Q : Mais moi j'ai toujours pensé que je ne serai capable que d'aimer un tout petit nombre de personnes.
- R : Mais ce commandement n'a rien à voir avec l'intensité de la relation que tu entretiens avec telle ou telle personne, on ne te demande pas d'avoir une intensité égale avec tout le monde, ça c'est impossible. Dans la parabole du « bon samaritain », le samaritain ne va pas vivre jusqu'au restant de ses jours avec le blessé, il a simplement tissé une relation éphémère avec le blessé en attendant que celui-ci soit à l'abri. Les souffrances du blessé l'ont atteint personnellement.

Citation Calvin
« Nous ne sommes que terre et poudre et toutes nos vertus ne sont que fumée qui s'écoule et s'évanouit », sermon sur la résurrection

Citation biblique« Maître, quel est le plus grand commandement dans la loi ? » Jésus lui déclara : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C'est là le grand, le premier commandement. Un second est aussi important : tu aimeras ton prochain comme toi-même » Matthieu 22, 36-38.

source : http://www.erf-rp.org/actualites.php?rub=4&id=5&tag=3610

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Tu aimeras ton prochain comme toi-même (pour les Juifs - 2e vision)

Publié le par antoiniste

La forme grammaticale employée dans le texte en hébreu n'est pas la même que celle employée dans le verset "Tu Aimeras ton Dieu" qui est VEAVHTA mais précisément VEAHAVTA LE REYAKHA , que l'on pourrait traduire par
" tu aimeras, en allant vers ton prochain"

L'accent étant mis sur les actes et le comportement plus que sur les sentiments. Aimer son prochain c'est avant tout s'abstenir de lui faire du mal., Hillel Grand Rabin de Jérusalem, le traduit par
"ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasses.Voilà toute la Thora, le reste n'est que commentaire" Talmud de Babylone, Chabbat 31.
Et c'est aussi l'empêcher de faire du mal.

Notre histoire individuelle s'inscrit dans l'histoire du monde, il est donc impossible de juger ce qui est bon pour l'autre, et même pour soi, ne dit on pas "Il y a des richesses qui sont gardés pour être donné à certains pour leur plus grand malheur".l'Ecclésiaste.
Seule la connaissance de la loi permet de ne pas se tromper; et même si son application n'est pas dictée par un amour spontané envers l'autre , il devient un véritable amour de Dieu.

Selon Rachi, prochain et Dieu sont désigné par le même mot. la reconnaissance de Dieu permet d'aimer l'autre. .
Aimer l'autre, c'est aimer Dieu. L'amour altruiste est une invention de la Thora.
Il ne s'agit pas d'aimer son prochain dans le but d'être aimé mais parceque je suis l'Eternel. Les humains méritent d'être aimés parcequ'ils ont été créés à Son image.
Chaque commandement porte en lui une transcendance qui va modifier le réceptacle qu'est l'homme, son égo va se refermer pour laisser la place à l'autre, c'est le dépassement de soi.

Claudine Douillet

http://www.alliancefr.com/judaisme/cyberthora/transmission/amour.html

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Comment nos sens nous trompent 2 - lignes horizontales ou non ?

Publié le par antoiniste

    Les lignes sont-elles rigoureusement horizontales ou forment-elles des vagues ?

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