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Les Amish et le silence

Publié le par antoiniste

    Comme ils l'enseignent à leurs enfants, les Amish savent que "la violence commence toujours avec des mots". C'est pourquoi ils privilégient le "discours non verbal et un usage multiple du silence", selon John Hostettler. On tente donc d'éviter le plus possible les sujets qui pourraient provoquer la discorde, notamment les discussions théologiques et philosophiques.
    Pour le visiteur, ce silence est tangible lors des prières précédant et suivant les repas, ou le dimanche à la maison, quand les interruptions trop sonores ne sont pas tolérées. Pour les Amish, "le silence est un mode de vie, une façon de pardonner, une manière d'entourer la communauté de charité", souligne Hostettler qui poursuit : "Le membre qui confesse tout devant l'Eglise reçoit le pardon, on ne reparle plus jamais de la faute confessée."

Jacques Légeret, L'énigme amish,
Vivre au XXIe siècle comme au XVIIe, p.40-41
Labor et Fides, Genève, 2000.

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Lamennais, Esquisse d'une philosophie; p.48

Publié le par antoiniste

    Que si, contemplant l'Être infini, nous essayons de découvrir ses propriétés nécessaires, nous trouvons que l'idée de l'Être renferme premièrement celle de force ou de puissance : car, pour être, il faut pouvoir être, et l'existence implique la notion d'une énergie par laquelle elle est perpétuellement réalisée.

Lamennais, Esquisse d'une philosophie t.1. p.48

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Jérôme Bosch - Le concert dans l'oeuf

Publié le par antoiniste

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George Orwell - 1984 - Première Partie, Chapitre VIII

Publié le par antoiniste

    Il pensa avec une sorte d'étonnement à l'inutilité biologique de la souffrance et de la frayeur, à la perfidie du corps humain qui toujours se fige et devient inerte à l'instant précis où un effort spécial est nécessaire. Il aurait pu réduire au silence la fille aux cheveux noirs si seulement il avait agi assez vite. Mais c'était précisément l'imminence du danger qui lui avait fait perdre le pouvoir d'agir. Il pensa qu'aux moments de crise, ce n'est pas contre un ennemi extérieur qu'on lutte, mais toujours contre son propre corps.

George Orwell, 1984
Première Partie, Chapitre VIII

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Félix Mormand, La Belgique - Seraing

Publié le par antoiniste

    On dépasse d'abord Seraing, où la Meuse forme une sorte de renflement ou de vaste bassin que traverse un pont suspendu d'une enjambée audacieuse. Seraing, tout flanqué de vastes corps d'usines, et hérissé de ces vastes obélisques fumants qui, malgré le manque d'hiéroglyphes, suppléent avec avantage les fastueux, mais inutiles monolithes granitiques, Seraing, dis-je, est le village le plus industriel de la Belgique. Il est le siége des principaux établissements fondés par feu le célèbre John Cockerill, ex-marquis de Carabas de la métallurgie et de la mécanique, auquel la Belgique doit tant de créations gigantesques et d'une portée considérable pour l'avenir de ce pays. Le principal établissement de Seraing est une fabrique de locomotives à vapeur organisée dans de vastes et grandioses proportions.
    Le château moderne qui se profile, peu après, sur la droite du voyageur, c'est-à-dire sur la rive gauche du fleuve, au haut d'un mamelon rocheux et escarpé, est Chokier, manoir patrimonial de l'illustre maison du même nom, dont un des derniers représentants, M. Surlet de Chokier, fut président du congrès qui fit roi Léopold, et ensuite régent de Belgique dans l'interrègne. Un peu auparavant, on a pu apercevoir dans le lointain le château d'Aigremont, résidence favorite du Sanglier des Ardennes. Aigremont est bien nommé.

Félix Mormand, La Belgique, 1853, p.210-11
source : Googles Books

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Escher - Encounter

Publié le par antoiniste

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Etty Hillesum - conserver intact à travers les épreuves un morceau de son âme

Publié le par antoiniste

    Une fois, c'est un Hitler, une autre fois un Ivan le Terrible, par exemple, une fois, c'est la résignation, une autre fois, les guerres, la peste, les tremblements de terre, la famine. Les instruments de la souffrance importent peu, ce qui compte, c'est la façon de porter, de supporter, d'assumer une souffrance consubstantielle à la vie et de conserver intact à travers les épreuves un morceau de son âme.

Etty Hillesum, Une vie bouleversée,
Traduit du néérlandais par Philippe Noble,
Edition du Seuil, 1985. p. 155
source : http://users.swing.be/paul-malvaux/hillesum.html

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Emile Zola - Germinal - le havage

Publié le par antoiniste

    Les quatre haveurs venaient de s'allonger les uns au-dessus des autres, sur toute la montée du front de taille. Séparés par les planches à crochets qui retenaient le charbon abattu, ils occupaient chacun quatre mètres environ de la veine ; et celle veine était si mince, épaisse à peine en cet endroit de cinquante centimètres, qu'ils se trouvaient là comme aplatis entre le toit et le mur, se traînant des genoux et des coudes, ne pouvant se retourner sans se meurtrir les épaules. Ils devaient, pour attaquer la houille, rester couchés sur le flanc, le cou tordu, les bras levés et brandissant de biais la rivelaine, le pic à manche court.
    En bas, il y avait d'abord Zacharie ; Levaque et Chaval s'étageaient au-dessus ; et, tout en haut enfin, était Maheu. Chacun havait le lit de schiste, qu'il creusait à coups de rivelaine ; puis, il pratiquait deux, entailles verticales dans la couche, et il détachait le bloc, en enfonçant un coin de fer, à la partie supérieure.
    La houille était crasse, le bloc se brisait, roulait en morceaux le long du ventre et des cuisses. Quand ces morceaux, retenus par la planche, s'étaient amassés sous eux, les haveurs disparaissaient, murés dans l'étroite fente.
    C'était Maheu qui souffrait le plus. En haut, la température montait jusqu'à trente-cinq degrés, l'air ne circulait pas, l'étouffement à la longue devenait mortel. Il avait dû, pour voir clair, fixer sa lampe à un clou, près de sa tête ; et cette lampe, qui chauffait son crâne, achevait de lui brûler le sang. Mais son supplice s'aggravait surtout de l'humidité. La roche, au-dessus de lui, à quelques centimètres de son visage, ruisselait d'eau, de grosses gouttes continues et rapides, tombant sur une sorte de rythme entêté, toujours à la même place. Il avait beau tordre le cou, renverser la nuque : elles battaient sa face, s'écrasaient, claquaient sans relâche. Au bout d'un quart d'heure, il était trempé, couvert de sueur lui-même, fumant d'une chaude buée de lessive. Ce matin-là, une  goutte,
s'acharnant dans son oeil, le faisait jurer. Il ne voulait pas lâcher son havage, il donnait de grands coups, qui le secouaient violemment entre les deux roches, ainsi qu'un puceron pris entre deux feuillets d'un livre, sous la menace d'un aplatissement complet.
    Pas une parole n'était échangée. Ils tapaient, tous, on n'entendait que ces coups irréguliers, voilés et comme lointains. Les bruits prenaient une sonorité rauque, sans un écho dans l'air mort. Et il semblait que les ténèbres fussent d'un noir inconnu, épaissi par les poussières volantes du charbon, alourdi par des gaz qui pesaient sur les yeux. Les mèches des lampes, sous leurs chapeaux de toile métallique, n'y mettaient que des points rougeâtres. On ne distinguait  rien, la taille s'ouvrait, montait ainsi qu'une large cheminée, plate et oblique, où la suie de dix hivers aurait amassé une nuit profonde. Des formes spectrales s'y agitaient, les lueurs perdues laissaient, entrevoir une rondeur de hanche, un bras noueux, une tête violente, barbouillée comme pour un crime. Parfois, en se détachant, luisaient des blocs de houille, des pans et des arêtes, brusquement allumés d'un reflet de cristal. Puis, tout retombait au noir, les rivelaines lapaient à grands coups sourds, il n'y avait plus que le halètement des poitrines, le grognement de gène et de fatigue, sous la pesanteur de l'air et la pluie des sources.

Emile Zola, Germinal
Première partie, chapitre IV

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Comment nos sens nous trompent - les illusions de Freud

Publié le par antoiniste

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Auguste de Villiers de l'Isle-Adam - Des mirages de mondes illusoires

Publié le par antoiniste

    D'ailleurs, qu'avons-nous besoin de nous créer des mirages de mondes illusoires ? En avons-nous envie ?... Nous allons les chercher et nous les découvrons en réalité, — témoins les deux Amériques, l'Australie et les centaines de mondes de l'Océanie.

Auguste Villiers de l'Isle-Adam, Isis
Chapitre VII - La bibliothèque inconnue

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