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La Révélation, Le devoir impose la pratique des lois morales, p.105 (§2, l.6)

Publié le par antoiniste

    Nous ne pourrions résoudre aucune question, rien faire de bon ni de durable sans puiser dans l'amour.

La Révélation, Le devoir impose la pratique des lois morales, p.105 (§2, l.6)

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La Révélation, Le devoir impose la pratique des lois morales, p.105 (§2, l.6)

Publié le par antoiniste

    Nous ne pourrions résoudre aucune question, rien faire de bon ni de durable sans puiser dans l'amour.

La Révélation, Le devoir impose la pratique des lois morales, p.105 (§2, l.6)

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La Révélation, Le devoir impose la pratique des lois morales, p.105 (§2, l.1)

Publié le par antoiniste

 

   Quand nous aurons compris que l'édifice à construire repose tout entier sur l'amour, nous serons convaincus que, quel que soit le travail, il intéresse l'âme et jamais le corps.

La Révélation, Le devoir impose la pratique des lois morales, p.105 (§2, l.1)

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La mine et la métallurgie

Publié le par antoiniste

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Fan Noli et l'église orthodoxe albanaise

Publié le par antoiniste

illustration sonore : Bible orthodoxe en albanais - Lluka 1 (www.shqiptarortodoks.com)

Theofan (Fan) Stilian Noli (pron. "Fann Nolyi", Qyteza, 6 janvier 1882 - Fort Lauderdale, 13 mars 1965) était un évêque orthodoxe et un homme politique albanais qui fut Premier Ministre et régent d'Albanie en 1924.

Le 9 février 1908 à Brooklyn, à l'âge de 26 ans, Fan Noli est fait diacre. Et le 8 mars, Platon, évêque orthodoxe russe de New York, l'ordonne prêtre. Deux semaines plus tard, le 22 mars 1908, Noli célèbre pour la première fois la liturgie en albanais dans le Knights of Honor Hall de Boston, transformée en Église Orthodoxe Albanaise de Saint Georges (seuls les Croates pouvaient alors, dire la messe dans leur langue propre). Deux ans plus tard, il devint le premier évêque de cette nouvelle église.

Le 1er août 1911, Noli part pour trois mois en Europe, inaugurer la célébration des messes en albanais dans les communautés de Kichinev, Odessa, Bucarest et Sofia.

Le 12 avril 1937, le patriarche de Constantinople reconnaît officiellement son Eglise.

source : wikipedia

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Emile Zola - Germinal - Justice descendant du ciel

Publié le par antoiniste

    D’une voix ardente, il parlait sans fin. C’était, brusquement, l’horizon fermé qui éclatait, une trouée de lumière s’ouvrait dans la vie sombre de ces pauvres gens. L’éternel recommencement de la misère, le travail de brute, ce destin de bétail qui donne sa laine et qu’on égorge, tout le malheur disparaissait, comme balayé par un grand coup de soleil ; et, sous un éblouissement de féerie, la justice descendait du ciel. Puisque le bon Dieu était mort, la justice allait assurer le bonheur des hommes, en faisant régner l’égalité et la fraternité. Une société nouvelle poussait en un jour, ainsi que dans les songes, une ville immense, d’une splendeur de mirage, où chaque citoyen vivait de sa tâche et prenait sa part des joies communes. Le vieux monde pourri était tombé en poudre, une humanité jeune, purgée de ses crimes, ne formait plus qu’un seul peuple de travailleurs, qui avait pour devise: à chacun suivant son mérite, et à chaque mérite suivant ses œuvres. Et, continuellement, ce rêve s’élargissait, s’embellissait, d’autant plus séducteur, qu’il montait plus haut dans l’impossible.

Emile Zola, Germinal
Troisième partie, chapitre III

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André Thérive - Sans âme (résumé et critique du livre)

Publié le par antoiniste

    1934, Paris. Rive gauche. Julien Lepers... ou Julien Verhaege... Elève de l'Ecole de Hautes Etudes pour un professeur occupant une chaire au Collège de France. Il s'occupe du Laboratoire de Physiologie des religions, en dilettante. Son intérêt pour l'Antoinisme et les théories de son logeur ne mène au aucune considération sociologique. Il est plus intéressé par de nouvelles connaissances féminines. En cela, Lydia, et Lucette le contenteront... Mais quand on n'assume pas son nom, saura-t-on assumer son amour ? Ses amours ? Et assumera-t-il son nom et son milieu d'origine ? Peut-être ses conquêtes l'aideront à y voir clair, peut-être pas ?...


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Critique de Henriette Charasson dans La semaine littéraire (p.20) de La Femme de France, 03-04-1928
source : gallica

Un nouveau roman d'André THÉRIVE. — Sans Ame (Grasset).

SANS AME, oeuvre magnifique, n'est pas un roman gai ? Mais quel roman du spirituel Thérive — si taquin pourtant dans la vie privée, si caustique dans ses critiques ! — a jamais donné une impression de gaieté ? On n'y trouve même presque pas ce son, amusé par moments à force d'écoeurement, de son maître Huysmans, on y entend surtout l'écho de l'immense sanglot d'un peuple surmené, épuisé par ses plaisirs comme par ses souffrances, et dont la civilisation moderne semble avoir pris à tâche d'étouffer cette lumière — humaine pour les uns, divine pour les autres — qu'on appelait l'âme. Car pour le pauvre qui ne voit pas de but à la vie, comment supporter gaiement son oppressante laideur ? Avec quel prodigieux talent André Thérive a accumulé, dans cette sombre oeuvre inoubliable, les tableaux douloureux, les descriptions amères, les évocations sinistres.
    Au milieu de ces êtres qui ne savent même plus pourquoi ils respirent, Julien, — Julien Lepers, qui signe Verhaege ses gravures, — est un mal adapté, un désaxé qui ne connaît, quasi, pas plus son âme que ne le fait la triste plèbe au milieu de laquelle il se complaît. D'une famille bourgeoise, avec un oncle libre penseur et des parents morts tôt, il ne sait même pas s'il a été baptisé ; nul règlement dans sa vie, nul réel souci du bien et du mal, et s'il n'est pas méchant, c'est par instinct, ce n'est pas par volonté : et ces êtres-là font quelquefois plus de mal que bien des vrais méchants. Outre ce que lui rapporte son art, exercé souvent en amateur, Julien reçoit mille francs par mois d'un oncle industriel, et à peu près autant pour de vagues fonctions de « préparateur », obtenues par piston politique au Collège de France, dans un très fantaisiste « Laboratoire de Physiologie des religions », dont le maître a plus figure de faiseur que de convaincu. Comme il n'éprouve pas du tout « la vocation de l'intérieur » et se contente d'une sorte de taudis, Julien ne manque donc pas d'argent de poche pour s'amuser. Mais s'amuse-t-il ? Non, il essaie de se le faire croire, et quelles qu'en soient les conséquences, car « il aime mieux sentir en lui l'inquiétude que l'indifférence ». Il ne peut pas arriver à l'inconscience paisible, parce qu'il est trop curieux : des autres êtres, de soi aussi.
    Dans cet admirable roman où André Thérive s'est dépassé lui-même, plusieurs études s'entre-croisent, sans toutefois nuire à cette unité
d'action que constitue la psychologie de Julien. C'est d'abord la vie populaire, non celle qu'on trouve dans ces ménages d'ouvriers ordonnés,
réguliers où, comme dans tant de foyers de France, le travail et le sentiment de la famille, des responsabilités acceptées, règlent tout : c'est la vie populaire des milieux un peu gouapes (pas trop) des ouvrières plus ou moins en rupture d'usines, des ouvriers un peu trop amis des congés, sur le chemin des « affranchissements » dont Jean Galtier-Boissière, voici quatre ans, nous a si bien conté l'enchaînement... La vie aussi des coulisses de music-hall : et la
peinture vive, caustique, gouailleuse qu'en donne Thérive tient le coup à côté même des tableaux de Colette et offre un aspect nouveau de son talent : dialogues argotiques des danseuses, scènes de loges, et ce Grand-Actionnaire hollandais qui craint pour ses tapis neufs :

    Il courait lui-même après les fumeurs; il menaçait les mannequins ou les petites femmes du tableau d'adieu : insensible, il essuyait des vedettes les injures en français, en anglais, en argot; il saluait jusqu'à terre le moindre journaliste; il gardait son cigare au bec devant la femme du directeur.

    Une autre étude, où l'on retrouve le curieux d'hérésies du Plus grand Péché [autre livre de Thérive], c'est celle de cette étrange secte des Antoinistes, renouvelée de la Christian Science et comme avilie encore, démocratisée : là grince un peu le sourire huysmansien, car c'est dans de tels traits que le pessimiste qui se révèle immédiatement dans Thérive romancier condescend à montrer un peu d'humour et comme une sombre gaieté.
    Mais le relief principal du récit, c'est Julien Lepers qui nous le fournit, avec ses deux amoureuses qui sont cousines — Lucette qui a vingt-quatre ans, ex-cartonneuse, maintenant entretenue par un contremaître « dans le sucre », et Lydia, dix-sept ans, danseuse, qui travaille en perles chez elle, à l'hôtel, quand ça ne va pas fort. Lydia ne veut pas faire la noce ; seule au monde, elle a horreur des hommes qui lui courent après, c'est un petit être propre et vertueux, sans savoir pourquoi, car elle ne s'analyse pas ; elle aime son travail et ses bêtes. Une de ses camarades déclare d'elle : « Elle ne céderait
pas au pape, s'il ne lui plaisait pas. Et même s'il lui plaisait, j'en suis sûre, elle ne se le pardonnerait pas. » Là se trouve la clé de tout ce pauvre drame.
    Dans un petit cinéma de quartier, Julien a fait la connaissance de Lucette, Lucette qui a le Signe et qui par là le conquiert. Elle ne tarde pas à lâcher le contremaître pour lui ; auprès d'elle et de son frère, ancien champion sportif, du copain de celui-ci, un boulanger intellectuel et alcoolique, — un type digne de Dickens, — Julien s'encanaille. C'est qu'il ressent auprès de cette femme laide à la bouche abjecte « une ardeur triste que ne lui eût pas inspirée une femme plus belle, mais faite pour lui. » Il sait ce qu'elle est : pas sentimentale, dure et facile, violente, mal équilibrée, et peu séduisante ; chez lui, le dégoût alterne avec la passion aveugle, et de la douleur réside dans son ardeur. Il faudra que peu à peu il se rassasie d'elle, nourrissant de satiété ce dégoût obscur que certains hommes ont pour une femme trop connue, trop possédée, qui ne cache plus l'impureté, l'impudeur natives, à qui tout dire c'est trop, qui ne respecte plus en somme le secret de leur coeur, de leurs sens. Il faudra que peu à peu achève de se gâter ce bonheur a demi pourri, qui dès le premier jour recelait un vers et qui est le seul bonheur, en amour, que jusqu'ici les trente ans pervertis, ou tout au moins déséquilibrés, de Julien aient conçu et connu.
    Or, le premier jour que Lucette est venue chez Julien, elle s'est fait accompagner par sa cousine Lydia, la petite danseuse, ils l'ont reconduite à son hôtel, Julien sait donc où elle demeure. Cette enfant belle, mince, fine et presque pure ne parle pas aux sens faisandés de Julien, pourquoi se méfierait-il du sentiment qui le porte à chercher à la revoir ? et s'il n'en dit rien à Lucette, n'est-ce pas à cause de l'exécrable caractère de celle-ci ? Ce par quoi elle le touche profondément, c'est seulement par « l'expression d'une douceur naïve qui enchantait et pouvait consoler ». Julien n'avait jamais rencontré cela auprès des garces à qui son vice secret le condamnait. Comme il pensera souvent à cette enfant, comme il se plaira à l'aller revoir ! Et elle, si défiante, elle ne se défie pas trop de l'amant de sa cousine, parce qu'elle se sent très loyale et qu'il ne montre ni convoitise ni brutalité : au moindre indice, elle serait sur ses gardes. Aussi n'avoue-t-elle pas à Lucette les fréquentes visites de Julien. Il lui devient une chère habitude. Elle bavarde devant lui, lui révélant de jolies petites puérilités qui lui étaient inconnues et il admire qu'une vie artificielle ou instable laisse à un être tant de fraîcheur et de paix. Dans la complication d'un sentiment où, tour à tour, Lucette et Lydia lui apparaissent indispensables, il se sent lâche et bizarre et en jouit, sans repos.
    Quand Lydia retrouve du travail dans un music-hall, une jalousie le prend, à l'idée de ces gens qui verront « son corps et non pas la chose inconnue, l'âme peut-être, qui veillait dans cette chair fragile ».

    A cette heure il eût caressé un chien dans le ruisseau si ce chien avait su l'existence de Lydia.

    Et elle, elle sait qu'elle l'aime, mais elle sait aussi qu'elle a horreur de cette chose brutale qu'autour d'eux elle voit appeler l'amour. Et, un soir où il a été la contempler pour la première fois demi-nue sur la scène, où il la retrouve à la sortie du music-hall — parce qu'il montre sa tendresse, et qu'elle croit qu'il lui joue la
comédie pour la séduire, — la défense amère qu'elle lui oppose éteint sa naïveté, sa douceur, lui inspire précisément les pensées qu'elle voulait chasser.
    Il la possède, mouillée de larmes, et au matin elle le quitte durement en rappelant l'irrévocable adieu.
    Il faut vivre maintenant sans Lydia ; il n'a plus envie de Lucette ; il perd son emploi au Laboratoire, il n'arrive plus à placer ses gravures ; son oncle est mort, ruiné, ne lui laissant, tout comptes faits, qu'une douzaine de mille francs ; quelques mois lamentables passent et voilà qu'un jour, n'y tenant plus, ayant retrouvé la trace de Lydia, il apprend qu'elle a eu un accident dans son music-hall, elle n'a pas voulu aller à l'hôpital, on l'a portée dans son nouvel hôtel. Il y court aussitôt, dans le milieu de la nuit, on le laisse monter parce qu'on le prend pour le médecin...
    Ici, André Thérive a atteint à une hauteur où jamais encore nous ne l'avions vu monter, à une émotion contenue mais immense, profonde, dont j'avoue humblement que je ne le croyais pas capable. En lisant ces deux derniers chapitres de la plus sobre et déchirante beauté, on croit entendre de grands accords d'orgue, Thérive a réussi ce miracle de nous faire alors aimer son Julien, ce Julien bête, égoïste, brutal comme tous les hommes, mais bon aussi... comme un homme lorsqu'il aime vraiment.
    Dans cette misérable chambre d'hôtel, Julien trouve Lydia agonisante. De leur unique nuit il y a cinq mois, elle était enceinte ; sa chute a provoque un accident et la malheureuse enfant était seule. Elle qui jamais ne lui avait dit un mot de tendresse, lui demande de rester, lui crie : « Il n'y a eu que vous, je le jure ! » Et encore : « Allez, je ne vous en veux plus. »

    — Oui, oui, je vous pardonne. Vous savez pourquoi?
    Il fil signe que non.
    — Parce que je, parce que...
    Et tout bas, comme jadis, les lèvres faillirent articuler le mot d'aveu qui jamais entre eux ne devait sonner. Et une main se leva pour esquisser une caresse à l'homme coupable.
    Pour lui, il était affolé de cette révélation qui disait son indignité et sa honte. El il se cachait le visage devant ce visage qu'il eût vot lu ardemment regarder, aimer enfin à découvert.

    Ah ! Thérive, Thérive, nous ne vous savions pas aussi sentimental, et capable de soupirs comme ceux-là ! C'est dans Sans Ame que vous êtes poète, bien plus que dans vos vers. Cette scène de la mort de Lydia, comment la lire avec les yeux secs, tandis que l'enfant gémit : « Mourir, je veux bien, mais pas finir. » Et lui, tout bas, accroché à elle et qui la croit accrochée à lui, et qui la voit de tout près, à travers ses larmes (vous aviez donc enfin trouvé le don des
larmes, Julien Lepers ?).
 
    — On ne finit pas, vous savez. Il y a une âme.
    ... Pas finir ! disait la voix, et il comprit peu à peu que c'était une âme qui avait parlé, et qu'un sommeil plus profond l'avait saisie, l'avait enlevée dans ses bras.

    Et tout ce qui lui reste d'argent, Julien le donne pour les funérailles, pour la tombe de son unique bien-aimé. Il a pris une place dans le bureau de publicité d'un grand magasin, il sera maintenant un de ces misérables salariés assujettis qu'il dédaignait naguère, et il sent qu'il sera beau d'expier un peu, qui sait ? le crime d'avoir méconnu et perdu une âme ». Longtemps, il rêve au retour de l'enterrement, appuyé sur le parapet d'une voie de chemin de fer, versant des larmes si molles et si douces qu'une tendresse absurde y semblait vaincre le désespoir :

    Pourquoi les amours véritables ne se reconnaissent-ils pas sur terre ? Faut-il que la mort seule les libère de la honte et de l'impureté ? Il le croyait à ce moment, aidé par les pleurs. Jamais il ne s'était senti moins seul ; une présence universelle l'entourait, la conscience d'une souffrance humble et nécessaire, qui rachetait l'ignominie et l'aveuglement des gens heureux.

    Et la rêverie monte, monte jusqu'à n'être plus qu'une sorte d'admirable poème en prose baudelairien sur lequel finit le livre, dans une étonnante grandeur de forme et de pensée.

Henriette Charasson.

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La personne dans la langue - ''Je'' c'est ''il''

Publié le par antoiniste

Illustration sonore : Nina Simone - I Loves You Porgy (Rare Live Footage) 1960


    La personne dans la langue
"Je" et le reste - Rapports entre les personnes/
a) Thèse de la "non-personne". - Dans les grammaires classiques, on regroupe au sein de paradigmes les unités qui, en chaque langue, signifient "je", "tu" et "il" ; "il" est même donné d'abord comme 1er personne, par les anciens grammairiens hébreux et indiens. Le Grec Denys de Thrace (IIe-Ier siècles avant J.-C.) ne fait que renverser l'ordre en parlant des "trois personnes, la 1er, dont part le discours, la 2e, à qui il s'adresse et la 3e, sur qui il est tenu" (Teknê, 13). Cette tradition a été critiquée dans divers travaux et surtout dans un article qui cite des langues où la troisième personne, l'"absent" des grammairiens arabes, est soit zéro, soit marquée par des formes hétéroclites ; il pose deux personne "il", et une subjectivité : "je" / "tu"; Divers fits confirment cette thèse :
 - relation d'inversion (sauf substitution ludique) entre "je", désignation du locuteur par lui-même, et "tu", nom qu'il donne à l'auditeur, qui à son tour se désigne par "je" et lui répond par "tu" ; mais "il" ne peut être appelé "je", sauf à citer son discours, et il peut référer à n'importe quoi (cas extrême, "ils" en sierra popoluka (Mexique) a la marque du pluriel inanimé, même pour des humains) ;
 - usage de la 3e, dans les langues à affixes personnels, quand il n'y a pas de rticipant 'structure justement dite impersonnelle).
 - la 3e n'a de forme propre que dans 24% des langues (ex. germaniques, slaves) ; dans 76% il s'agit en fait de classificateurs, d'anaphoriques (ex. latin, langues altaïques) ou d'ostenseurs (ex. stade roman des langues néo-latines, ou aléoute (I. de la mer de Béring), qui possède plus de vingt termes selon la position vis-à-vis d'ego) ;
 - fréquente divergences, dans des langues apparentes qui ont pour "je" des mots de même racine ainsi que pour "tu", entre les divers équivalents de "il" ;
 - "tu" est souvent utilisé pour un ensemble vague, c'est-à-dire au sens de l'indifini "on", lequel est attesté, à côté de "il", dans 12% des langues (ex. tuburi (Tchad), guiliak (Sibérie orient.), français, ù l'on trouve en outre un réducteur de personnalité, le 'ça' de 'ça pense trop'). Ainsi, l'emploi de "je" semblerait lié au seul locuteur, et la diversité des "il" dans nombre de langues s'expliquerait par le fait que contrairement aux participants du dialogue, dont les noms de discours sont "je" et "tu", un tiers a bien des désignations possibles.
b) "Je", "tu" et "il". - i) La notion de personne. - Il existe cependant des langues où les noms de discours ne suffisent pas : "je" et/ou "tu" distinguent formellement un masculin et un féminin en sémitique, khasi (Inde), thaï, koasati (Louisiane), biloxi (langue sioux éteinte où même l'âge était marqué aux deux premières personnes), certaines langues d'Australie. D'autre part, bien qu'il existe universellement des personnels ou expressions équivalentes, les coutumes restreignent souvent l'usage direct des 1er et 2e personnes : en Asie orientale, beaucoup de langues les ont tirées de noms supposant une hiérarchie (ex. "prince", "seigneur", "oncle" -> "tu" ; "serviteur" -> "je"), et leur préfèrent généralement, dans le dialogue, d'autres procédés, comme en japonais l'intonation, les formes verbales de politesse 'impliquant "tu") ou le choix même du verbe de modestie (impliquant "je"), tous procédés qui rendent ego omniprésent alors même qu'il n'y dit pas couramment "je". Au surplus, "je" et "tu" peuvent eux-mêmes, en français par exemple, renvoyer à des absents (ex. dialogue épistolaire), ou, à l'inverse, ne pas désigner des interlocuteurs (ex. 'je' didactique dans 'si je dis "non", 'je nie' ou 'je' littéraire, non adressé à un 'tu' précis (de là peut-être l'étrangeté du 'vous' par lequel, tout au long de son roman 'La Modification', l'écrivain Michel Butor apostrophe le lecteur comme acteur), etc.), ou être remplacés par autre chose : formules d'occultations comme 'on, l'auteur de ces lignes', etc., 'nous' de majesté ou 'exposé savant, au sens de "je", ou 'nous' familier (ex. 'comment allons-nous'), au sens de "tu". Enfin, il existe des emplois de "tu" ou "il" valant "je" (ex. russe parlé), et, dans certaines langues des "il" de politesse valant "tu". En appelant donc "non-personne", la 3e, on semble suggérer tout ensemble, à tort, que son référent est absent et qu'il 'est pas une personne. Tout cela montre, en fait, que "personne" est un terme ambigu, morphosyntaxique dans une acception, sémantico-référentiel dans l'autre. Or de ces deux points de vue, la 3e est bien intégrée : d'une part les personnels se comportent, tous trois au même titre, comme des noms pour l'accord) ; d'autre part, "personne" signifie aussi soit "individu bien attesté", soit "être humain ou non-chose", et en ce sens encore, "il", bien que seul à être, en même temps que 'pronom' ou indice, un 'substitut', car seul il peut, comme certains ostenseurs, 'tenir lieu' d'un nom, s'intègre bien, en tant que "ni je ni tu", à une structure qu'il y ait ou non une forme propre de 3e personne. Le locuteur peut même objectiver son discours : ex. anglais familier 'I says', où "je" est accordé à la 3e personne (-s) pour ponctuer une autocitation.

Claude Hagège, La Structure des langues, p.95-98
Que sais-je ? n°2006, Paris, 1995

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Le Développement de l'Œuvre Révélée, Les lois se réduisent toutes à l'unité (p.243)

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Le Développement de l'OEuvre Révélée, Les lois se réduisent toutes à l'unité (p.243)

    Je suppose que nous fassions une page d'écriture, une simple virgule que nous y ajoutons est un fluide, puisqu'elle nécessite une pensée, et celle-ci est une loi. Toutes les lettres ou signes que contient la page sont autant de pensées qui toutes sont des lois. Prenons le mot Père, par exemple, la lettre P, comme je viens de le dire, a son fluide et celui-ci sa pensée qui est une loi dont nous ne pourrons nous dispenser si nous voulons écrire ce mot. Il en est de même des lettre qui suivent, pour le compléter ; elles ont toutes leur pensé qui est une loi, puisqu'il nous est impossible d'écrire aucun mot sans que chacune de ses lettres ne soit indispensable pour le faire.

Le Développement de l'Œuvre Révélée, Les lois se réduisent toutes à l'unité, p.243

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Le Développement de l'Œuvre Révélée, Les lois se réduisent toutes à l'unité (p.243)

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    Je suppose que nous fassions une page d'écriture, une simple virgule que nous y ajoutons est un fluide, puisqu'elle nécessite une pensée, et celle-ci est une loi. Toutes les lettres ou signes que contient la page sont autant de pensées qui toutes sont des lois. Prenons le mot Père, par exemple, la lettre P, comme je viens de le dire, a son fluide et celui-ci sa pensée qui est une loi dont nous ne pourrons nous dispenser si nous voulons écrire ce mot. Il en est de même des lettre qui suivent, pour le compléter ; elles ont toutes leur pensé qui est une loi, puisqu'il nous est impossible d'écrire aucun mot sans que chacune de ses lettres ne soit indispensable pour le faire.

Le Développement de l'Œuvre Révélée, Les lois se réduisent toutes à l'unité, p.243

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