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Nous voyons tous le monde différemment - Le plus proche village

Publié le par antoiniste

    Mon grand-père avait coutume de dire : " La vie est étonnamment brève. Dans mon souvenir elle se ramasse aujourd'hui sur elle-même si serrée que je comprends à peine qu'un jeune homme puisse se décider à partir à cheval pour le plus proche village sans craindre que - tout accident écarté - une existence ordinaire et se déroulant sans heurts ne suffise pas, de bien loin, même pour cette promenade. "

Franz Kafka, La métamorphose et autres nouvelles
10 - Le plus proche village, p.151
Folio, Paris

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Marcel Moreau, Julie ou la dissolution (p.23)

Publié le par antoiniste

    La beauté de Julie s'est installée tout de suite aux quatre coins de la pièce, devenue silencieuse et inutile. Son oeil, d'une somptuosité hagarde, s'est placé au centre du groupe. Il prenait naissance au chat, mais sans aboutir à aucune forme connue. Ses lueurs, d'une eau rare, semblaient tourner sur elles-mêmes, en passant du vert au gris, puis au bleu, sous les cils sombres. C'est un fragment révulsé de la nuit. Un oeil d'anti-pietà : il pouvait se river indéfiniment sur je ne sais quel phallus dressé et liturgique, pour ne s'en détacher que crevé. Je dis tout cela, mais je maintiens qu'il est indescriptible.

Marcel Moreau, Julie ou la dissolution, p.23
Editions Labor, Espace Nord, Bruxelles, 2003

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Liesbeth List & Ramses Shaffy - Pastorale

Publié le par antoiniste

Pastorale
Lennaert Nijgh / Boudewijn de Groot


Mijn hemelblauw met gouden hallen,
mijn wolkentorens, ijskristallen.
Kometen, manen en planeten,
aah alles draait om mij.
En door de witte wolkenpoort
tot diep onder de golven boort
mijn vuur, mijn liefde zich in de aarde.

En bij het water speelt een kind
en alle schelpen die het vindt
gaan blinken als ik lach.

Ik hou van je warmte op mijn gezicht,
ik hou van de koperen kleur van je licht.
Ik geef je water in mijn hand
en schelpen uit het zoute zand.
Ik heb je lief, zo lief.

Ik scheur de rotsen met mijn stralen,
verdroog de meren in de dalen.
En onweersluchten doe ik vluchten
aah als de regen valt.
Verberg je ogen in mijn hand
voordat mijn glimlach ze verbrandt,
mijn vuur, mijn liefde, mijn gouden ogen.

Het is beter als je nog wat wacht,
want even later komt de nacht
en schijnt de koele maan.

De nacht is te koud, de maan te grijs.
Toe neem me toch mee naar je hemelpaleis.
Daar wil ik zijn alleen met jou
en stralen in het hemelblauw.
Ik heb je lief, zo lief.

Als ik de aarde ga verwarmen,
laat ik haar leven in mijn armen.
Van sterren weefde
ik het verre aah, het Noorderlicht.
Maar soms ben ik als kokend lood,
ik ben het leven en de dood,
in vuur, in liefde, in alle tijd.

Mijn kind, ik troost je, kijk omhoog,
vandaag span ik mijn regenboog.
Die is alleen voor jou.

Nee nooit sta ik een seconde stil.
Geen mens kan mij dwingen wanneer ik niet wil.
Geen leven dat ik niet begon.
Je kunt niet houden van de zon.

Ik wil liever branden, neem me mee,
wanneer je vanavond gaat slapen in zee
en vliegen langs jouw hemelbaan,
ik wil niet meer bij jou vandaan.
Ik heb je lief, zo lief.

Ik heb je lief, zo lief.
Ik heb je lief, zo lief.
Ik heb je lief, zo lief.
Ik heb je lief, zo lief.

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Pastorale
Lennaert Nijgh / Boudewijn de Groot



Mon ciel bleu avec des halos d'or,
mes tours nuageuses, de cristaux de glace.
Des comètes, des lunes et des planètes,
aah tout tourne autour de moi.
Et par les nuages blancs entr'ouverts
jusque sous les vagues
mon feu, mon amour est sur la terre.

Et près de l'eau un enfant joue
et tous les coquillages, qui volent
brillent par mon sourire.

J'aime ta chaleur sur mon visage,
J'aime le cuivre de ta lumière.
Je te donne l'eau de ma main
et les coquillages du sable salé.
Je t'aime, je t'aime tant.

Je déchire les rochers avec mes rayons,
dessèche les lacs dans les vallées.
Et les éclairs, je fais voler
aah pendant que la pluie tombe.
Masque-toi les yeux dans ma main
avant que mon sourire ne te les brûle,
mon feu, mon amour, mes yeux dorés.

Il est préférable de regarder encore
Car plus tard, la nuit vient
et brille la lune froide.

La nuit est trop froide, la lune trop grise.
Emmene-moi dans ton palais céleste.
Je veux être seul avec toi,
et les rayons dans le ciel bleu.
Je t'aime, je t'aime tant.

Tant que je chauffe la terre,
Je la laisse exister dans mes bras.
D'étoiles tisser
et le ver aah, la lumière du Nord.
Mais parfois, je suis tel du plomb en ébullition,
Je suis la vie et la mort,
dans le feu, dans l'amour, dans tous les temps.

Mon enfant, j'ai confiance, regarde, lève les yeux
Aujourd'hui je tends mon arc-en-ciel.
Ceci est pour toi seul.

Non, je ne reste pas une seconde encore.
Nul ne peut m'obliger si je ne le veux pas.
Nul vie que je ne puisse permettre.
Tu ne peut aimer le soleil.

Je préférerais brûler, emmène-moi,
quand tu ira dormir ce soir dans la mer
et voler le long de ton orbite céleste,
Je ne veux plus être loin de toi.
Je t'aime, je t'aime tant.

Je t'aime, je t'aime tant.
Je t'aime, je t'aime tant.
Je t'aime, je t'aime tant.
Je t'aime, je t'aime tant.

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Proverbe russe - le remède

Publié le par antoiniste

От всего вылечишься, кроме смерти.

Il y a un remède à tout, sauf à la mort.

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Oscar Wilde - la lune et les étoiles

Publié le par antoiniste

Shoot for the moon. Even if you miss, you'll land amoung the stars.

Il faut viser la lune. Car même en cas d'échec, vous finirez dans les étoiles.

Oscar Wilde.

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définition de ''extase''

Publié le par antoiniste

État particulier dans lequel une personne, se trouvant comme transportée hors d'elle-même, est soustraite aux modalités du monde sensible en découvrant par une sorte d'illumination certaines révélations du monde intelligible, ou en participant à l'expérience d'une identification, d'une union avec une réalité transcendante, essentielle. Les ravissements de l'extase; être plongé dans la béatitude de l'extase. Rien de ce qui se passe autour d'eux ne les frappe, tant est grande leur absorption, leur extase (Balzac, Physiol. mar., 1826, p. 91). Au retour de l'extase, le rêveur solitaire est « ramené à soi-même » (Béguin, Âme romant., 1939, p. 335) :

1. L'extase indique précisément ce mouvement du destin qui rend intérieur ce qui était extérieur et libre ce qui était nécessaire (...). [Elle] réalise donc l'unité de la conscience de soi et de la conscience de l'objet. (...) elle indique l'humanité dans la nature, l'intériorité dans l'extériorité.
J. Vuillemin, Essai signif. mort, 1949, p. 16 et 23.
P. hyperb. Ravir en extase. En une heure nous y vîmes de quoi ravir en extase tous les « Hellénistes » du monde (Courier, Lettres à M. Renouard, 1810, p. 262).
En partic., RELIG. État particulier d'une personne en union intime avec la divinité; élan religieux, transport mystique. Extase béatifique; un moine, un saint en extase; avoir des extases. Là, tombant à genoux dans une sainte extase, Elle pria longtemps (A. Dumas père, Caligula, 1837, I, 2, p. 41) :
2. ... l'âme cesse de tourner sur elle-même (...). Elle s'arrête, comme si elle écoutait une voix qui l'appelle. (...) Vient alors une immensité de joie, extase où elle s'absorbe ou ravissement qu'elle subit : Dieu est là, et elle est en lui. Plus de mystère. Les problèmes s'évanouissent, les obscurités se dissipent; c'est une illumination.
Bergson, Deux sources, 1932, p. 243.

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Jean-Jacques Rousseau - Pygmalion et Galathée

Publié le par antoiniste

    J'allais tomber à ses pieds !... délire effréné !... fatal égarement ! - Mais que de charmes !... O Galathée !... Vénus même est moins belle que vous... Vanité... faiblesse humaine... je ne puis me lasser d'admirer mon ouvrage... je m'enivre d'amour propre... je m'adore dans ce que j'ai fait... non... rien de si beau ne partu dans la nature - Quoi ! tant de beautés sortent de mes mains !... Quoi !... Pygmalion... tes mains heureuses... - je vois un défaut... ce vêtement jaloux dérobe trop aux regards le soupçon des charmes qu'il recèle... ils doivent être mieux annoncés.

Il prend son maillet a son ciseau, puis s'avançant lentement, il monte, en hésitant, les gradins de la statue qu'il semble n'oser toucher : enfin, le ciseau déjà levé, il s'arrête.

    Quel tremblement...! Quel trouble... ! Je tiens le ciseau d'un main mal assurée... je ne puis... je n'ose... je gâterai tout...

Il s'encourage et enfin présentant son ciseau, il en donne un coup : saisi d'effroi, il le laisse tomber, en poussant un grand cri.

    Dieux !... Je sens la chair palpitante... et repousser le ciseau.

Il descend, tremblant et confus.

    Vaine terreur !... Fol aveuglement ! - non... Je n'y toucherais point... non... cette puissance inconnue... cet effroi respectueux...

Il s'interrompt et considère de nouveau la statue.

    Eh !... que veux-tu changer ?... regarde... quels nouveaux charmes veux-tu lui donner ?... ah ! c'est sa perfection qui fait son défaut... Divine Galathée... moins parfaire, il ne te manquerait rien - rien !

Tendrement, après un instant de silence.

    Il te manque une âme... ta figure ne peut s'en passer.

Il se fait un moment et reprend avec plus d'attendrissement encore.

    Que l'âme faite pour animer un tel corps doit être belle !

Jean-Jacques Rousseau - Pygmalion, scène lyrique (1878)
source : archive.org

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Jankélévitch et l'organe-obstacle - le vivant a besoin du poison dont il meurt

Publié le par antoiniste

    "La vie, dit V. Jankélévitch, s'affirme malgré la mort et contre la mort et en dépit de la mort, mais en même temps et au même point de vue, la vie n'est vitale que parce que voué à la mort ; la mort est l'organe-obstacle de la vie". De même que la formule "credo quia absurdum" constate l'indicibilité de la mort par similitude métaphysique (la croyance n'est pas un credo quamvis absurdum), de même la mort joue sur l'équivoque infinie d'une "organe-obstacle" : l'esprit est toujours ramené à des successions de contradictions qui ne se résolvent jamais en "ruses d'ingénieur" car "si l'obstacle seul nous permet dérisoirement de vivre, l'organe continue tragiquement à nous en empêcher. En somme le vivant a besoin du poison dont il meurt". Le vieillissement, en particulier, s'explique par ces ballottements de la pensée entre obstacle et organe qui correspondent à la temporalité vécue. L'être se déploie en niant le non-être de la mort, mais le temps qu'il recrée à son image est celui d'une mort progressive.
    L'ambiguïté de "l'organe-obstacle" amène sans cesse aux rapports de la pensée au corps, cet "organe-obstacle de l'âme". L'âme représente une déviation du fonctionnement des organes mais aussi le "principe d'animation sans lequel la chair inerte ne serait que charogne". Réciproquement, "la chair alourdit, défigure et dément l'esprit". La vie et la pensée entretiennent une parenté profonde alors que le corps possède une inertie qui le rapporte de manière préférentielle à la mort. L'idéalisme de Jankélévitch, son "vitalisme spiritualiste" se découvre là. "Généralement, dit-il, l'organe-obstacle est surtout un organe, un organe contrarié et compliqué : ainsi le cerveau est l'organe-obstacle de la pensée, l'oeil, l'organe-obstacle de la vision, le langage l'organe-obstacle du sens".

Jean-Claude Beaune, Les spectres mécaniques (1988)
L'erreur de Semmelweis, p.141
source : GoogleBooks

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Etgar Keret - Un trou dans le mur

Publié le par antoiniste

    Alors il compris enfin que rien de tout ce que l'ange avait dit n'était vrai, que ce n'était même pas un ange, mais un simple menteur avec des ailes.

Etgar Keret, Crise d'asthme, p.43
Babel, Actes Sud, 2002

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Tony Allen - Bukky Leo (Black Egypt) - The Vision

Publié le par antoiniste

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